Merci à tous! Voici l'heure du chocolat quotidien. ;)
Chapitre sept
En fin d'après-midi, Kate devait se rendre à l'évidence: l'optimisme de Lanie était exagéré, Castle n'était pas venu en courant après avoir entendu le message suppliant de la détective. Au contraire, il était resté dans les bras de sa blonde et n'avait pas daigné se montrer au poste de la journée. Résignée, Beckett surprit tout le monde en annonçant qu'elle rentrait chez elle à seulement dix-sept heures.
- Déjà? S'étonna Ryan.
- Je ne vois pas ce que ça a de si surprenant, répondit-elle en haussant les épaules. On n'a pas d'affaire, ma paperasse est à jour...
- C'est que d'habitude tu es une droguée du travail, ajouta Esposito. Un nouveau petit copain?
- Ça, ça ne te regarde pas mon cher! Rétorqua Beckett. Et si tu veux rentrer chez toi à une heure aussi décente, arrête de remettre au lendemain et fais ta paperasse.
Elle quitta le poste sous les regards éberlués des gars, qui se tournèrent ensuite vers leurs bureaux où plusieurs dossiers les attendaient encore.
- Pfff... Pas de soirée jeux vidéo ce soir, soupira Esposito.
- Mhm... Quand est-ce qu'elle a eu le temps de tout faire? Demanda Ryan.
- Quand on buvait des bières au bar des sports sans doute...
Dans l'ascenseur, Beckett repensait aux réactions des gars. Était-elle une droguée du boulot? Elle devait bien reconnaître qu'en dehors du temps qu'elle passait au poste, sa vie était plus que calme. Cela faisait presqu'un an qu'elle se remettait de la fusillade et quelques mois maintenant qu'elle se cachait derrière cette excuse pour rester dans le cocon confortable d'une vie sentimentale sans prise de risque. Et voilà où ça l'avait menée: Castle était avec une hôtesse de l'air et l'ignorait totalement. Si ça se trouvait, bientôt, il déciderait de ne plus la suivre dans ses enquêtes et mettrait Nikki Heat au placard! Cette pensée la fit frissonner. Serait-elle capable de reprendre le train train qui était le sien quand Castle ne faisait pas partie de son quotidien?
Elle ne se souvenait que trop bien de ses journées douloureuses passées à chasser les pires monstres de la ville et à compatir à la douleur des familles, réveillant au passage ses propres meurtrissures. Elle ne souriait pas beaucoup à l'époque. Montgomery l'avait remarqué. C'était pourquoi il avait toléré la présence de Castle dans son poste de police. Grâce à lui, sa protégée était plus souriante, plus heureuse. Elle ne voulait pas redevenir cette Beckett! Elle ne voulait plus de cette vie morne et sans saveur!
De retour chez elle, Kate continuait de ressasser ses pensées. Elle se maudissait d'avoir été aussi stupide et d'avoir peut être laissé passer sa chance de trouver le bonheur. Elle poussa un long soupir puis attrapa son téléphone. Elle n'était pas du genre à se lamenter sur son sort, elle allait se battre jusqu'au bout! Elle composa le numéro de Castle tout en s'encourageant mentalement à ne pas flancher.
" Aloha! Vous êtes bien sur la messagerie de Richard Castle, si vous ne l'avez pas deviné, je suis à Hawaï, où je prends du bon temps avec ma nouvelle petite amie. Laissez-moi un message et je vous rappellerai peut être entre deux mojitos!"
A Hawaï ?! Il était reparti en vacances !? Et il avait parlé d'une petite amie. Cette nouvelle lui fit l'effet d'une gifle. Tout espoir était perdu pour elle. C'était terminé. Au bout de quelques minutes de silence, elle se rendit compte qu'elle était toujours en ligne avec sa messagerie et se résigna à lui laisser un message :
- … Euh… Salut Castle… C'est Beckett… Je suis désolée... J'ai dû faire quelque chose qui vous a vraiment blessé et j'en suis désolée. J'espère que vous serez heureux avec elle et que nous resterons amis tout de même...
Elle ne pût continuer, les trémolos de sa voix la trahissait déjà bien trop. Elle raccrocha et essuya les larmes qu'elle n'avait pas su retenir. Il semblait heureux loin d'elle. Ce soir-là elle ne prit pas de somnifère, lorsque les larmes se tarirent, elle sombra dans le sommeil où elle retrouva les jours bénis pendant lesquels son partenaire préféré l'accompagnait sur les scènes de crimes.
- Qu'est-ce que tu fais? Demanda Jacinda en revenant à l'intérieur de la suite somptueuse que Castle avait louée pour eux.
- Je cherche mon téléphone, répondit l'écrivain le nez dans sa valise.
- Le coucher de soleil est magnifique! Viens en profiter, tu le chercheras après.
- On est parti tellement précipitamment ce matin, j'aimerais appeler ma mère et ma fille pour les prévenir!
- Il ne doit pas être bien loin, répondit Jacinda en l'aidant à chercher. Quand l'as-tu vu pour la dernière fois?
- Ce matin... Quand on a réservé nos billets. J'ai changé la messagerie pour faire comprendre à ceux qui m'appelleraient que je ne serai pas disponible avant longtemps. J'espère que je ne l'ai pas oublié au loft.
- Il y a un téléphone ici, tu n'auras qu'à les appeler d'ici, répondit l'hôtesse.
- Tu as raison, sourit-il. Allez, viens, nos cocktails et le coucher de soleil nous attendent!
Durant les jours qui suivirent, la préparation d'un procès pour le bureau du procureur permit à Beckett de ne pas trop penser à Castle, durant la journée au moins. Elle avait un aperçu de ce qu'aurait pu être sa vie si sa mère n'avait pas été assassinée. Elle réalisa qu'elle aimait beaucoup ce travail, il y avait énormément à faire, mais l'ampleur de la tâche ne l'effrayait pas le moins du monde. Peut-être devrait-elle reprendre ses études pour revenir à sa vocation première. Sa mère ne lui en voudrait pas, elle le savait et depuis la fusillade au cimetière, elle se demandait si cette enquête justifiait qu'elle risquât sa vie et surtout celle de ses proches. L'idée que cette balle aurait pu atteindre Castle la faisait encore frissonner. Et si l'assassin décidait de s'en prendre à ses proches pour la dissuader de continuer? Elle ne supporterait pas de perdre son père, Lanie ou un des gars... À quoi bon s'entêter? Cette enquête lui avait déjà coûté Castle, c'était déjà plus qu'elle ne pouvait en supporter.
- Ça va Beckett? Demanda Ryan alors qu'elle était perdue dans ses pensées.
- Quoi? ... Oh oui! Ça va! La préparation de ce procès est vraiment intéressante!
- C'est vrai que tu voulais devenir avocate au départ.
- Mhm...
- Et... Sinon, ça va toi?
Elle le fixa, surprise par sa question.
- Euh oui... Je rentre même à une heure décente chaque soir! C'est formidable.
- Je parlais de Castle...
- Il est parti, Ryan. Il n'y a rien à dire de plus.
- Vous vous êtes disputés?
- Non. Il a dû se lasser, c'est tout, soupira-t-elle.
- ...
Devant l'air concerné et inquiet de son petit frère de cœur, elle sourit et décida de changer de sujet de conversation.
- Il y a une nouvelle affaire?
- Oui, mais c'est plutôt calme, un type a tué sa femme adultère, ce sera très vite bouclé. Esposito m'attend pour l'interroger.
- Bien! Ne le fais pas trop attendre. Et si vous avez besoin d'aide, je ne suis pas loin.
- On se débrouillera, ne t'en fais pas. Gates nous a interdit de te déranger, ce procès est vraiment très important apparemment.
- C'est important oui, mais si vous avez besoin d'aide, vous savez que vous pouvez compter sur moi.
- Okay, à plus tard Beckett!
- À plus tard Ryan.
Les gars étaient vraiment de formidables amis, ils veillaient sur elle comme des frères, elle avait de la chance de les avoir. Elle n'était pas seule. Même si l'absence de Castle était difficile, elle s'en remettrait avec l'aide de ses amis. Cette pensée lui fit le cœur un peu plus léger.
Vers cinq heures de l'après-midi, elle quitta le poste comme chaque jour depuis qu'elle préparait ce procès et se rendit à la morgue. Depuis que Castle ne venait plus au poste, elle ne passait plus beaucoup de soirées seule dans son appartement, elle voulait éviter les crises de larmes. Elle les passait soit avec Lanie, soit avec son père ou encore avec son amie Madison. Ryan et Jenny l'invitaient aussi de temps en temps. Leurs présences lui faisaient un bien fou, elle se sentait moins seule. Elle faisait contre mauvaise fortune bon coeur et ne laissait pas ses amis voir à quel point elle se sentait triste.
- Je fini ça et je suis à toi! Lança Lanie alors qu'elle passait la porte de la morgue.
- Prends tout ton temps, sourit Beckett en s'avançant. Je suis sûre que monsieur...Euh
Elle attrapa l'étiquette accrochée au gros orteil du cadavre pour y lire son nom avant de continuer :
- Graddy appréciera de ne pas passer la nuit les tripes à l'air !
- Il est mort, Honey, il se fiche pas mal de ce que je fais subir à son corps...
- Peut-être, mais s'il se réveille à l'état de zombie cette nuit, il sera moins embêté pour se déplacer si ses boyaux ne traînent pas par terre.
Lanie la regarda stupéfaite.
- C'est toi qui me parle de zombie? Qu'est-ce qu'il t'arrive? Où est mon amie?
Beckett éclata de rire.
- Ne t'en fais pas, j'ai besoin d'entendre des âneries parfois, quatre ans, ça vous donne des habitudes qui ont la vie dure.
- Oh! Chérie...
- Ne tire pas cette tête, je vais bien.
- Tu es sûre?
- Mais oui. J'ai repris ma vie en main, je ne suis pas seule, je vais mieux! Bien sûr j'ai des regrets, mais c'est comme ça, il faut que je m'y fasse.
- Wah! Tu as mûri dis donc!
- Ce n'était pas moi la gamine de neuf ans qui touchait à tout!
- Non, toi tu étais celle qui préférait se cacher derrière le boulot et un masque de froideur pour ne pas avoir à affronter tes sentiments ! Ce qui te donnait l'âge mental d'une adolescente complexée.
- Mhm... J'ai fini par me rendre compte qu'en faisant ça, je passais à côté de ma vie.
- Hé ! Ça se fête ça! Et si on allait danser? On pourrait peut-être même draguer du beau mâle!
- D'accord pour danser, mais pas de drague! Je ne suis pas prête pour ça!
- Ça marche, on restera sage ce soir. Mais garde bien dans un coin de ta tête qu'il faudra te remettre en selle un jour ou l'autre!
- Ouais, on verra...
