C'est moi que vlaaaaaaaaaaaaaa!

*arrivée légendaire en glissade sur les genoux. Gun n'arrive pas à s'arrêter à temps et heurte violemment le mur*.

Si j'tenais l'abruti qu'a trop ciré le parquet...

Pitivier: Si j'tenais l'abruti qu'a fait sauter le pont...

Okay. Là ça devient un peu étrange, même pour moi. *aperçois Chaussange avec un Swiffer à la main*. Mouais. J'enverrai le Sieur Pompom enquêter sur l'affaire. En attendant chers lecteurs, voici un nouveau chapitre rien que pour vos yeux-merveilleux-en-or-qui brillent-de-mille-feux-sous-le-sunlight-des-tropiques tellement vous êtes les meilleurs lecteurs du monde!

Nnoitra: maintenant c'est toi qui cire des pompes? Et tu te plains du parquet?

Au programme, un tournant dans le scénario (parce que, OUI, il y a un scénario), je pensais commencer à tout faire exploser ce chapitre, mais en l'écrivant certaines choses se sont imposées, c'est donc plus un chapitre révélation-entrée en scènes de personnages (que vous connaissez tous) qui se dévoile sous vos yeux ébahis.

Ocha commence tout doucement à s'affirmer. Mais je vais vous laisser la surprise.

Je réponds aux review à la fin, comme d'habitude. Je vous souhaite une agréable lecture, et puis on se retrouve en bas!


Compte rendu d'Ha Hakusho

Jour de captivité numéro 2, environ 22 heures.

Ait passé la soirée à questionner le vice-capitaine Shiba. Rien à faire, il est resté muet comme une carpe. Le troisième siège de la première, Magsu, vient seulement de reprendre ses esprits. Elle est atterrée de « ce que Magsu a pu laisser arriver », et n'a pas arrêter de sangloter. Kaien Shiba a été très amical avec elle, la rassurant sans cesse. Jusqu'à ce qu'ils l'emmènent. Il a été volontaire. Droit et déterminé, il a insufflé son courage à tous. Toute cette prévenance, ces faux semblants…

Je me demande bien ce qu'ils cachent.


Jour de captivité numéro 4, aux alentours de 3 heures du matin.

Avons presque tous été interrogés. Sauf qu'on nous avait bandés les yeux, nous rendant plus aveugles que des chauves-souris. L'ennemi n'est pas stupide, pas du tout même. J'ai entendu comme des frottements pendant mon interrogatoire, ainsi que le renâclement de doigts tapant sur diverses surfaces dures. L'image d'un laboratoire peuplé de machines sophistiquées ne m'a pas quitté.

Aucune trace du Vice-Capitaine depuis tout ce temps.


Jour de captivité numéro 7, vers 5 heures.

Il n'en reste plus beaucoup d'entre nous dans un état valide. Après une semaine, tout le monde est passé à l'interrogatoire au moins deux fois, personne n'a craqué. La deuxième fois est beaucoup plus violente que la première, qui était plutôt axée sur la psychologie. Heureusement, les tortures n'ont pas laissées de séquelles trop profondes. Magsu Aozora n'a jamais semblé si mal en point.


Jour de captivité numéro 7, entre 7 et 8 heures .

Début des hostilités: Environ H - 9.

Maggy a été emmenée une nouvelle fois. Je ne l'avais jamais vue aussi pathétique. Blafarde, décoiffée, le visage marqué par les coups, les yeux hagards. Le vice-capitaine est enfin revenu des salles de tortures, en très mauvais état. Quelques anciens de la quatrième division font de leur mieux pour rafistoler tout le monde comme ils peuvent. Iwa s'est déplacé la clavicule, à force d'essayer d'enfoncer les murs à coup d'épaules. Ça n'a pas l'air de le déranger plus que ça, puisque maintenant il fonce tête baissée contre tout ce qui ne bouge pas. Un ahuri de taureau. Quant à Kaju, je l'ai rarement vu aussi perturbé…

*TOC*

-Je ne suis PAS perturbé.

-Tu l'es. Et arrête de lire par-dessus mon épaule, espèce de pivert voyeur, j'ai horreur de ça !

La réplique arracha un demi-sourire à 'Ju, qui ramassa la pierre polie qu'il venait de lancer à son ami.

-Tu as considérablement maigri, Ha, fit remarquer le Shinigami en faisant tourner son caillou nerveusement entre ses doigts. Le peu qu'ils nous donnent, tu ne le manges pas. Si tu continues comme ça, tu vas disparaître pour de bon.

-Je n'ai pas tant maigri que ça, marmonnais-je en vérifiant si je n'avais pas fait de fautes d'accords en écrivant dans mon carnet.

-Si tu te mets de profil en tirant la langue, tu ressembles à une fermeture éclair.

Nous rîment longuement, de concert. L'inquiétude ne quittait malgré tout pas totalement le visage de mon camarade de longue date.

-Tu te fais du souci, mmh ?

-Bien sûr, je m'inquiète de notre avenir à tous. On est dans une sacrée merde, Ha, je sais pas si t'as remarqué, mais si les renforts ne viennent pas bientôt de l'extérieur je crois bien qu'on aura plus jamais l'occaz' de faire d'autres patrouilles.

-Non, ce n'est pas ça, ce que je voulais dire, c'est que tu te fais du souci pour Yum-…pour Ocha.

L'étonnement de 'Ju ne peut se dépeindre. La comparaison qui s'imposa dans mon esprit fut celle d'un hamster déconfit.

-Je ne vois pas pourquoi il faudrait s'inquiéter pour cette entar-thé, me répond-t-il, non sans une certaine chaleur dans l'intonation. Elle nous a abandonnée, elle doit être bien planquée en sécurité chez ses parents, pendant ce temps. Il n'y a rien à attendre d'elle de toute façon.

-Je te sens déçu.

-Pfff, dommage pour elle ouais ! Elle a eu une occasion de montrer qu'elle pouvait faire autre chose que de faire capo-thé les opérations. On se débrouillera beaucoup mieux sans elle. Un boulet de moins, tant mieux.

Il palabrait avec une aigreur certaine dans la voix, coutumière, au ton qu'il avait l'habitude de prendre lorsqu'il évoquait Ocha. De la condescendance, certes. Néanmoins, cette fois-ci, autre chose filtrait. Je n'avais jamais vu 'Ju aussi vulnérable qu'à chaque fois que Yume était dans le sujet de la conversation. Je me décidai à interpeller mon cinquième siège d'ami une bonne fois pour toutes.

-Pour la énième, et dernière fois, Ichijiku Kaju, dis-je vivement, déterminé à avoir la vérité une bonne fois pour toute, que s'est-il passé entre vous deux pour qu'elle te fasse de l'effet à ce point ?

-De quel effet tu pa-, s'offusquait déjà 'Ju.

Ils n'eurent pas le temps de se disputer. Déjà la porte de la cellule s'ouvrait. Deux grandes mains les saisirent, et le néant les happa tandis qu'un voile sombre s'abattait sur leurs yeux.


Inversons un peu le cours du temps pour revenir au moment où nous avons laissés Ocha…


Une semaine plus tôt

Jour de captivité numéro 1

-Quelle mission ?

-Celle que mon ami s'est juré d'accomplir. Je peux déjà prédire ta réponse, mais, as-tu déjà entendu parler de la Hollowification ?

-Halloween-machin-QUOI ? Et est-ce qu'on peut savoir qui est cet ami dont vous parlez sans cesse ?

-Il…

-Oh~Oh~Oh, regardez qui voilà, Yoruichi-saaa~aaan, Ochan-saaann …


Espiègle. C'est le premier mot qui me vint à l'esprit pour qualifier la voix qui venait de chanter à mes oreilles. Redoutablement espiègle, ajoutais-je en mon fort intérieur, tandis que je me tournais et retournais en vain, pour tenter d'apercevoir notre nouvel interlocuteur.

-Tiens toi tranquille, soupirait Yoruichi en me fracassant le crâne d'un coup de patte, m'envoyant de ce simple geste, agoniser au fond de l'eau. Je me débattais, tentant de dénouer mes bras et jambes, et émergeait enfin, une nouvelle fois aveuglée par l'amas de mes cheveux qui entraient par tous les orifices possibles de mon visage.

Tandis que je parvenais enfin à dégager d'indomptables mèches de mes cheveux de mes narines, je fus assaillie d'une obscurité soudaine. La pensée de m'être crevé les yeux avec mes cheveux m'effleura, je l'avoue, l'esprit, et j'allais considérer la chose sérieusement quand je sentis que ce qui m'obstruait la vue était en fait un kimono, jeté négligemment sur ma tête.

Sans attendre, j'enfilais le lourd vêtement au tissu agréablement molletonné, légèrement rugueux. Je sortais avec précaution du bassin, sans manquer d'éclabousser abondamment le bas de mon nouvel habit, et constatait avec gratitude qu'une pile de serviettes était disposée à côté de mon sac et de mon uniforme. J'emportais le tout derrière un rocher suffisamment large pour me cacher-encore que je ne sois pas sûre que mes hanches fussent totalement à couvert-, et me séchais et m'habillais rapidement.

Je passais la main en grimaçant dans mes cheveux. Heureusement que ma brosse n'était pas perdue, sans brosse, bonjour la brousse.

Le mauvais calembour, charogne parmi les figures de style.

Ça va, j'ai pigé, mettons ce soudain accès aède sur les vapeurs étranges de cet onsen, qui ne l'est pas moins. Je me sens beaucoup mieux maintenant, cependant. Je n'ai jamais autant paru en forme. L'œil brillant, le corps en toute possession de ses capacités comme je l'ai rarement été depuis mon entrée à l'Académie. Je ressens une certaine élasticité dans mes muscles que je n'avais jamais éprouvée jusqu'alors. Sans doute n'étais-je pas transformée au point de pouvoir courir cent mètres sans ressentir de point de côté, mais au moins j'étais reposée, entière, et entièrement disposée à écouter ce que ce cinglé de chat voudra bien me dire.

En parlant du félin, où est passée sa queue ? J'eus beau scruter ce que mes yeux percevaient de l'immensité de la salle, je ne voyais ni n'entendais plus personne. Peut-être qu'ils étaient partis ailleurs pour discut-…

-OHAYO OCHA-SAAA~~~~~~~AAAAAN ! Chantonna soudain une forte voix derrière Yume, qui bondit littéralement de frayeur, sans se départir de son air neutre usuel. Curieuse scène.

Non, ils le font exprès là. J'ai failli retomber dans les pommes. Qui est ce…qu'est-ce que c'est que ce gus ?

Ocha détailla le nouvel arrivé. De quelques centimètres plus grand qu'elle, infiniment plus baraqué, sans être une hideuse masse de muscle. Juste comme il faut. Il était vêtu d'un ensemble constitué d'un kosode et d'un hakama vert, lui-même surplombé d'un yukata sombre, sans obi. Les gettas dont il était chaussé claquaient tandis qu'il avançait vers Yume, qui se remettait toujours intérieurement de ses émotions. Quand il fut assez près, elle distingua, sous un (horrible, selon Ocha) bob vert rayé de blanc (ou blanc rayé de vert, je ne suis toujours pas décidée…), un visage anguleux, mal rasé, surplombé de cheveux blonds cendrés. Le reste de son visage, excepté sa bouche, demeurait dissimulé dans l'ombre issue de son couvre-chef. Impossible de le dire avec certitude étant donné que son faciès était en partie cachée, mais il ne semblait pas particulièrement vieux. Pourtant, il avait une canne à la main.

-Navré, je ne voulais pas te faire peur, affirma-t-il d'un ton mesquin, un GRAND sourire venant démentir cette dernière affirmation. Je me présente, Urahara Kisuke.

-Ouh-la-la Keskecé ?

-Ki-su-ke, Urahara. Tu peux m'appeler Kisuke si c'est plus simple pour toi.

-Kisuke-san, reprit alors Yume, testant le mot, claquant la langue contre ses dents et son palais, pour en arriver à la déduction que ce nom semblait étrangement mélodieux, même familier. Ocha Yume, se présenta-t-elle à son tour.

Ils avancèrent leurs mains et elles scellèrent une première salutation. Leurs regards se croisèrent, celui inexpressif mais dont on percevait néanmoins une lueur intéressé de Yume, qui pour la première fois aperçu les yeux de Crisecardiaqueman par-dessous son bob. Leur couleur or lui fut, encore une fois, familière. L'individu, dans sa physionomie et ses manières, lui rappelait son père tel qu'elle s'en souvenait pendant ses jeunes années. Cela dissipa un peu le malaise qu'inspirait l'aura de cet énigmatique individu. En même temps que leurs mains se séparaient, il semblait qu'un accord tacite venait d'être conclu entre eux. Comme si elle venait d'accepter les termes d'un pacte dont elle n'avait pas eu la connaissance explicite.

-J'ai beaucoup entendu parler de toi, Yume, le sais-tu ?

-Je ne suis pas sûre que ça soit quelque chose de très positif.

-Ça ne l'est pas, intervint Yoruichi, venue de nulle part, juchée sur l'épaule de l'homme au bob et aux gettas.

-Voyons, Yoruichi-san, ne sois pas aussi décourageante d'emblée avec notre invitée, nous n'avons plus beaucoup de temps et il faut la mettre au courant de tout. Dis-moi Yume, sais-tu ce qu'est un Senkaimon ?


Plus tard

Ce mec est tout bonnement ahurissant. A peine eus-je le temps de lui répondre qu'il s'agissait d'un « machin qui permettait de se rendre dans le monde des humains » qu'il m'applaudissait en tournoyant autour de moi, l'air fou. Avant que je n'ai eu le temps de poser de plus amples questions, il avait attrapé mon bras et j'étais traînée de force à travers la porte. Je commençais à être sérieusement agacée d'être trimballée d'un bout à l'autre de cet univers-ci et d'autres, sans comprendre ce qui se passait, et sans que les personnes autour de moi me permettent d'agir selon ma volonté propre.

J'en. Ai. Ras. Les. Cheveux.

Vu comme ils montent haut, c'est un état d'esprit assez impérieux.

Rhaaa, silence le public ! C'est décidé de toute façon, le prochain énergumène qui me tombe dessus au dépourvu verra de quel thé se chauffe Ocha.

-Ou pas, marmonnais-je après ces pensées révolutionnaires, en voyant un colosse moustachu dont l'éclat des lunettes voilait le regard me saluer et m'enjoindre à passer dans une pièce.

-Merci beaucoup, Tessai, fit-joyeusement Urahara, alors que j'étais installée quasi de force autour d'un kotatsu où attendait sagement une bouilloire chantante et une pyramide de fruits multicolores, dont l'odeur sucrée emplissait délicieusement l'atmosphère, parfumant de leurs parfums délicats l'air ambiant.

-Sers-toi, je t'en prie, invita Urahara toujours souriant, alors que Yume avait déjà fini de découper ses poires. Pardon de faire tout ça de façon un peu triviale, mais je ne suis jamais tranquille trop près de l'enceinte du Seireitei. Nous ne serons pas intempestivement dérangés ici, pose toutes les questions que tu voudras. Je m'engage à y répondre dans la mesure du possible.

Yoru, restée tout ce temps agrippée à l'épaule de celui qui semblait être son ami, bondit avec légèreté et se lova dans un coussin pourpre brodé de fils d'or, prévu à son usage exclusif semble-t-il, ses yeux dorés scintillants d'un intérêt nouveau. Kisuke semblait … différent, avec celle-là.

Yume ne répondit pas immédiatement. Elle s'affairait à la juste répartition des feuilles de thé Jun Shan Yin Zhen afin qu'elles soient disposées dans la tasse de façon à pourvoir en extraire tous les arômes. Elle avait remit le mini-réchaud qui accompagnait la bouilloire en route, afin que l'eau chanta continuellement, en une ébullition constante dont elle seule connaissait l'utilité. Après quelques savants mélanges, elle laissa la mixture mitonner paresseusement dans la théière de céramique ouvragée.

Remontant ses manches, elle s'attaqua aux fruits.

Elle se saisit d'une pastèque, qu'elle coupa en deux parts égales, qu'elle vida dans un plat apporté par Tessai et prévu à cet effet. Ce dernier regardait la scène avec des larmes d'éblouissement dans les yeux, et devinait instinctivement de quels ustensiles elle devrait bientôt avoir besoin. Ocha effectua la même opération avec le contenu d'un melon, dont la chaire orange s'alliait parfaitement avec le rouge grenadine de son cousin gorgé d'eau.

Elle se chargea ensuite de tailler de façon artistique les coupes à base de peaux de fruits ainsi obtenues, où elle s'affaira à disposer en fonction du goût et de la couleur de chaque fruit, abricots, poires coupées en petits cubes, parant élégamment le contour des coupes de pastèques ainsi improvisées. A l'aide d'une cuillère à glace, elle entreprit ensuite de former des boules de pastèques et de melon, qu'elle disposa avec goût au sein des coupes. Puis elle disposa à sa guise framboises, fraises, mûres et feuilles de menthe odorantes. Elle paracheva les quatre coupes ainsi constituées par un délicat filet de miel, venant comme vernir la délicate organisation de fruits.

Puis, elle disposa les quatre cratères ainsi garnis, les deux moitiés de pastèques et les deux moitiés de melon, au centre de la table, et disposa à côté de chacune d'entre elle, une tasse de thé fumant dont les vapeurs achevaient d'embaumer l'air d'un délicieux parfum. L'ensemble était simplement éblouissant, purement estival.

Yume s'essuya mains et front à l'aide de la petite serviette chaude que lui avait tendu le colosse à lunettes, qui n'avait eut de cesse de prendre des notes tout au long de la préparation.

Il prit enfin les mains de Yume, les larmes aux yeux, en lui exprimant sa profonde admiration et son émerveillement à voir un art culinaire aussi accompli, comme il n'en avait pas vu depuis des lustres.

Se munissant d'une petite cuillère, Ocha arracha un morceau de cette salade de fruit à son hanap improvisé, et entreprit de le déguster en entrecoupant ses bouchées de gorgées brûlantes de son thé jaune brillant.

Aucun mot n'avait été échangé pendant la préparation, et rien ne filtra de la bouche d'aucune des quatre personnes présentes dans cette pièce, hormis les exclamations étouffées de Tessai à chaque bouchée reprise.

-Ces melons en salade de fruits étaient divins, réaffirma ce dernier une fois que les coquilles de fruits furent vides. J'ai pris note de chaque étape avec soin, Ocha-san. Me permettez-vous de vous emprunter cette recette ?

-Eeuh…tentais-je d'articuler, interloquée par tant de formalisme, oui…oui je suppose, il n'y a aucun problè-

-Merci infiniment, Ocha-sensei, me fit le géant, s'étant avancé sans que je n'ai pu le voir arriver et qui me gratifiais à présent d'une étreinte qui fit craquer tous mes os. Je tâcherais de me montrer digne de vos enseignements.

Il effectua un salut solennel, et sortit peu après, me laissant seule avec un chat et un certain blond au sourire narquois (non, il ne s'agit pas de Drago Malefoy. Remarquez, j'aurais presque préféré).

-Quoi ? Me défendis-je, en envoyant des ondes de désabusement à mes deux interlocuteurs. Si vous préférez, la prochaine fois je vous laisserais manger ça n'importe comment.

-C'est une surprise, me répondit nonchalamment Yoruichi en nettoyant ses pattes avant.

-Quoi donc ?

-De voir que malgré ton inutilité chronique de Shinigami, il existe malgré tout quelque chose que tu sais à peu près bien faire.

Je ne sais pas si je dois me sentir insultée ou flattée. L'un dans l'autre, je m'en fiche. J'ai bien mangé, je peux passer à l'interrogatoire maintenant. Et ces deux ploucs qui n'ont cessés de me pourrir depuis un moment déjà vont regretter de m'avoir trop secouée.

-Je suis prête, Yoruichi-san, Kisuke, affirmais-je en les regardant tour à tour dans les yeux, impassible. L'êtes-vous ?

-Absolument, commence donc, Yume-chan, souffla d'une voix légèrement plus grave Urahara, son regard brillant de malice.


-Bien, récapitulons. Vous vous nommez présentement Urahara Kisuke. Vous êtes, je cite, « l'humble mais sexy gérant d'un magasin de bonbons », appelé Urahara Shop. Vous êtes assistés de Tsukabishi Tessai, qui est votre assistant. Et Yoruichi est un chat errant que vous avez recueilli par bonté d'âme un jour de pluie. Du reste, vous n'avez jamais mis les pieds au Seireitei. Vous restez éloigné du Gotei 13 autant que possible, parce que vous avez un « mauvais feeling », à propos de « tous ces gens là ».

-Un résumé on ne peut plus complet de la situation, approuva joyeusement le crétin au bob, en tentant de cacher son large sourire derrière un éventail.

-D'accord. De toute façon, j'ai l'habitude qu'on se paie ma poire, alors une fois de plus, une fois de moins…dis-je avec une totale indifférence en me servant une nouvelle tasse de thé.

L'interrogatoire avait été éprouvant. Plus pour moi que pour lui. Ru n'a, finalement, dit que peu de choses, se chargeant de recadrer Urahara de temps à autres, quand il allait trop loin dans ses délires. Kisuke a lui, passé la plupart du temps à esquiver mes questions sérieuses par des réponses fantaisistes. Il est un étrange mélange d'exubérance et de vanité, ponctué de quelques accents de perversité.

Kami que cet homme m'agace, ne puis-je m'empêcher de penser en le regardant s'esclaffer en faisant mu-muse avec les pa-pattes de Yoruichi. Il y a comme un air de déjà-vu.

-Yume, reprend le tenancier de la boutique, dont le visage est maintenant agrémenté de sérieuses griffures, il y a certaines choses que je ne peux pas te révéler dans l'immédiat. Tu dois comprendre et apprendre certains éléments par toi-même. Si je te racontais tout ici et maintenant, je ne ferais que jeter de la suspicion entre mon équipe et toi. Pour l'instant, la seule chose que tu dois savoir est que tu peux me faire confiance.

-Et qu'est-ce que cette confiance est supposée m'apporter ?

-Dans un premier temps, je t'assisterais et t'aiderais à libérer le groupe de Shinigamis avec lequel tu es venu.

-Je suppose que vous trouvez un intérêt à agir de la sorte ?

-Dans un deuxième temps, poursuivit-il, un sourire jouant sur le coin des lèvres, je te révèlerais, chère petite Yume, pourquoi et comment tu t'es retrouvée enrôlée au Gotei 13. Il se pourrait même bien que je puisse t'aider à réaliser ta plus chère ambition : te défaire de ton travail de Shinigami.

Je fixais l'homme au bob avec méfiance, les yeux légèrement plissé. Son aura avait changé du tout au tout. Il paraissait plus mature. Plus dangereux. Cet air sérieux semblait en dire long sur la véritable personnalité de ce type. Il était, indéniablement, manifestement, suspect. Créer des salles secrètes aux proportions démesurées, savoir ouvrir des Senkaimon clandestin, et prétendre pourtant ne rien avoir à faire avec les Shinigamis. Il semblait que cet homme avait quelque chose de vraiment très grave à cacher. Ça ne l'en rendait que plus dangereux. Il était susceptible de me trahir à tout moment. Plus probablement, de me tuer après m'avoir utilisée.

Pourtant, quelque chose d'inexorable poussait Yume vers cet homme. Quelque chose de plus fort que la tentation d'être libérée du fardeau que lui avaient imposé ses parents. Plus fort même que ses aspirations personnelles.

Elle replanta son regard dans le sien.

Elle jaugea une dernière fois la scène du regard. Une chatte douée de parole et qui semblait ne pas encore avoir dévoilé le quart de ses mystères. Un colosse à la force impressionnante et dont le regard brillait d'une intelligence certaine derrière ces lunettes. Un patron de magasin qui semble se contredire et mentir sans cesse à chaque parole proférée.

Cette fois-ci, ce fut elle qui avança la main. Urahara scella délicatement leur seconde poignée de main. Le deuxième pacte était scellé.


Une semaine plus tard

Jour de captivité numéro 7

12 heures 00.

Début des hostilités: H - 3h00

-Ocha-sensei, il est l'heure de se réveiller…

-Mmmh, encore cinq minutes, et je me lève, grommelais-je, en me réfugiant sous la douce tiédeur de mes couvertures.

-C'est que, Ocha-sensei, ça fait déjà deux heures depuis la dernière fois que je suis venu vous réveiller…

-Mmmh…

-…et qu'avant ça, j'étais déjà venu vous réveiller une heure avant, parce que le réveil que je vous avais programmé semble avoir été brutalisé…

Le réveil, le réveil…ah oui ! LE réveil. Je l'ai balancé par la fenêtre avant même qu'il n'ait eu le temps de finir son odieuse sonnerie. Le mec qui a inventé ce machin n'était pas humain. Vous voyez le truc ? « Hé les mecs, j'ai un concept ! En fait c'est une boîte en métal, et tous les matins elle sonne à une heure programmée pour bien empêcher les gens de dormir ! »

-…d'ailleurs, il est de mon devoir de vous signaler que l'impact a brisé la vitre du voisin.

Je sortais la tête de mes couettes et ouvrait un œil, interloquée. Je ne l'avais pas lancé avec tant de for-…

Ocha se figea dans son élan. Quelque chose lui chatouillait le nez. Son seul œil ouvert détourna son regard de la fenêtre, qu'il avait fixé dans un premier temps, pour regarder droit devant.

Elle voulut reculer avec précipitation, sauf qu'elle était encore allongée. Elle se cogna la tête et se mordit la langue. Cela acheva de la réveiller. Acheva, parce que la vision d'un Tessai, tout poils et lunettes à moins d'un millimètre de sa figure avait bien failli l'envoyer au cimetière pour de bon, et avec plus d'efficacité que n'importe quelle attaque ennemie.

Revenant vite de ma surprise (de ma MAUVAISE surprise), je me levai et reculais hâtivement à l'opposé de la pièce, tentant de prononcer des injures, n'eut été le fait que ma langue était presque coupée en deux. Il avait recommencé. Tous les matins, depuis presque une semaine, je frôlais la crise cardiaque avec Tessai, qui n'a visiblement jamais entendu parler de la notion d'espace de sécurité, ou même encore d'espace vital.

Qu'est-ce qu'une débile comme toi a bien pu faire pendant une semaine ? Demandez-vous ? Kisuke m'a fait savoir qu'il faudrait attendre un peu que les derniers préparatifs soient réglés avant de pouvoir tenter quoi que ce soit. Il est quasiment resté enfermé tous les jours, du lever jusqu'à bien après le coucher du soleil, dans un laboratoire situé dans une sorte de hangar adjacent au magasin, qu'il ne m'a pas laissé approcher.

D'une manière générale, il ne m'a rien laissé approcher. Sauf la cuisine. Et encore.

Yoru a bien essayé de tester mes aptitudes physiques, mais elle a abandonnée après que je me sois ouvert la lèvre avec mon katana en bois, après quelques minutes de laborieux efforts.

C'est bien, au moins tu as duré plus longtemps que de coutume, Ocha, dites vous. Mais non, le truc c'est que je me suis fait mal en essayant d'ouvrir l'étui qui contenait le katana. J'ai tiré un peu trop fort sur l'emballage de caoutchouc (vous savez, ceux qu'on arrive jamais à défaire), ma main a dérapé, et je me la suis collée dans la figure, m'envoyant moi-même le visage dans les cailloux de la cour intérieure du magasin d'Urahara. Cinq points de suture, de la lèvre inférieure au menton.

Tessai a arrangé ça en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. J'ai été choquée de le voir appliquer un sort de soin aussi rapidement, avec autant de dextérité que le Capitaine Unohana elle-même. Il m'a recousue au matin, a désinfecté le soir, et le lendemain, la blessure avait disparue.

« Il n'y aura pas de cicatrice », m'a-t-il assuré. Encore un type trop doué pour être honnête. N'y voyez pas là une référence à Magsu, voyons.

Comme je ne m'entraînais pas (comprenez, il n'y a aucune capacité susceptible d'être entraînée), Urahara m'a demandé poliment (c'est-à-dire en riant allégrement derrière son éventail tout en marmonnant dans sa barbe de trois jours) d'aider Tessai au magasin, vu qu'il serait lui-même occupé… ailleurs.

« Je vais te montrer, Yume-chan, pourquoi j'ai tant besoin de toi pour remplir cette mission. Ou plutôt, je devrais te dire, pour qui… »

Yume porta ses mains à ses tempes, massant du bout des doigts son crâne douloureux.

Je le disais donc, j'ai tenté de donner un coup de main à Tsukabishi à la boutique. Ma maladresse chronique a fait le reste. Quand on me confiait des cartons à porter, ça finissait soit en explosion, soit en apocalypse intégrale. J'ai quand même réussi, d'une simple pression sur un carton quelconque, à faire s'effondrer les piles monumentales de boîtes stockées à la cave, classées avec soin par ordre alphabétique par Tessai.

Alors Urahara m'a placée à la caisse. Le seul petit problème, c'est que je n'avais pas de Gigai. Le premier client, qui passait récupérer une commande, s'est enfui en hurlant, l'écume aux lèvres, en voyant son carton se balader seul dans le magasin et atterrir devant lui. Et Ru qui me disait que les habitants de cette ville étaient reconnus pour leur forte pression spirituelle...Je crois que j'ai retrouvé mes semblables.

Ce qui s'est passé, finalement c'est que Yoru, ayant été je-ne-sais-comment informée de ma position au Seireitei, m'a trouvé une place « à la hauteur » de mes « talents ». Chouette me suis-je dis, je vais pouvoir investir la cuisine. J'avais des étoiles dans les yeux tout au long du chemin, en suivant Tessai qui me menait à mon nouveau poste.

C'est vrai que la tâche qu'on m'a confié ne m'est pas complètement inconnue. Disons qu'en la matière, je sais y faire. Je fais même preuve d'un certain professionnalisme, parfois.

Ouais. Je suis de nouveau de garde de la porte.

L'avantage avec celle du « shop », c'est qu'elle est munie d'une clochette. Ainsi, ma masse (invisible pour les clients) risque moins de se prendre des coups de porte dans le nez à tout va. J'aime ma vie. Je dois surveiller les allées et venues des voleurs, mais en aucun cas les arrêter si jamais j'en vois un. A priori, la logique du patron serait plutôt de suivre le délinquant pour voir s'il n'a pas d'autres marchandises voler à nous refiler. Ce type a un GRAVE dysfonctionnement au niveau de l'aiguille qui pointe dans le sens de la justice. Si, si.

Monsieur Moustache m'a néanmoins gracieusement autorisé à utiliser sa cuisine à l'heure du thé. La blague consiste désormais pour lui, à 17 heures, d'appeler les autres habitants du magasin, par l'apostrophe suivante : « C'est l'heure d'Ocha ! ». Ha, ha.

Autrement, je suis interdite de séjour. Ils ont peur que je fasse une bêtise avec les couteaux, je crois. Pfouah.


Comme s'il s'agissait d'un calmant, la blaséeitude de Yume reprenant le contrôle sur son cerveau, mis fin à la douleur qu'elle avait ressentie après s'être mordue et cognée. Elle remercia Tessai de l'avoir réveillée, et celui-ci s'inclina en lui signifiant qu'elle était prestement attendue par le tenancier et son amie.

Après une douche rapide et un dernier inventaire, elle chargea un sac en toile nouvellement acquis sur son épaule, et entreprit de descendre précautionneusement les escaliers. Arrivée au petit salon par lequel on accédait à la salle souterrain, elle constata que la trappe menant à ce dernier était ouverte. Elle emprunta le passage avec mille fois plus de précautions encore, et rejoignit ce petit attroupement en bas.

Je n'aime pas vraiment cet endroit. C'est vrai qu'il ressemble à celui où Yoruichi m'a ramené la première fois, dans le monde des esprits. Ce sont les mêmes pierres, certainement les mêmes proportions immenses. Sauf que je ne suis pas tranquille en venant ici, depuis qu'il m'a fait voir ça.

Ocha détourna son regard neutre d'un point précis où elle s'était déjà rendue avec l'homme aux gettas, s'efforçant de rester concentrée sur le senkaimon qui devait la conduire dans son monde.

-Aloo~oors, Yume~~e, tu t'es enfin décidée à venir te joindre à nous ? rit-il, le visage à demi-couvert comme de coutume. On dit que le réveil et toi vous êtes fâchés ?

Je soupçonne Urahara de bien s'amuser en repensant à l'explication qu'il a dû avoir avec le voisin. Le pauvre. Le malheureux. S'il y a bien quelque chose que j'ai réussi à déceler chez ce type, c'est que faire tourner les gens en bourrique est pour lui une vraie passion. Il met toujours du cœur à l'ouvrage. Heureusement, Yoruichi est souvent là pour le remettre à sa place. Même si elle n'est, elle-même, pas toujours en reste d'une boutade ou deux.

Ou trois, ou quatre, ou cinq…

-Souriiiis, Yume-chaaaaaan ! M'asticote le crétin au bob, me pinçant et me tirant les joues, provoquant chez moi un bâillement ennuyé. J'ai tenu à ajouter quelques une de mes…inventions, à tes affaires.

Et le revoilà sérieux comme un pape. Ce mec est bipolaire. Ou mal baisé.

-As-tu bien compris ce que j'attendais de toi ?

-Etant donné que ça fait une semaine que j'entends répéter la même chose, que ce soit par toi ou par Tessai-san, je crois pouvoir affirmer sans me tromper que je commence à avoir une vague idée de ce que je dois faire.

-Ravi de constater que les algues sont au dessus et non pas au-dedans de ton crâne, sourit-il niaisement.

-Kisuke, c'est l'heure, intervint Yoruichi, calme et impérieuse du haut d'un rocher.

-En effet, reprend le scientifique fou de sa voix la plus grave, néanmoins Yoruichi, tu es sûre de vouloir y aller comme… ça ?

Le félin sembla considérer la question. Et croyez moi, une telle expression sur un chat ça ne se voit pas tous les jours. Je vais continuer à creuser cette idée de Lolcat moi…

-Je me changerais peut-être sur place, finit-elle par trancher. Seulement si les circonstances l'imposent.

Changer quoi ? Changer de fourrure ? C'est une fourrure amovible qu'elle a ? Ça existe ? C'est pas un truc de yéti ?

Yoru et moi avançons au seuil de la porte. Moi pensive, l'esprit détourné vers ce livre, écrit par une certaine "Kichigai" et qui donne des astuces pour se débarrasser des Georges, et qui contient également une fabuleuse recette de soufflé de patates.

Je m'efforce de me remémorer la démarche à adopter une fois que nous serons de retour au Rukongai. Ça devrait marcher. Ça doit marcher.

Je me retourne, presque triste d'avoir à quitter cette joyeuse compagnie. Je ne suis même pas sûre de les revoir un jour.

-Au revoir, Ochan-sensei, me salue mon auto-proclamé disciple, en s'inclinant très bas. J'appliquerais les conseils que nous avons échangés cette semaine pendant toute ma vie. Je vous promets de ne pas faillir à la tâche.

Avec ce mec, tout prend décidément des proportions solennelles démesurées.

-Merci. Au revoir Tsukabishi-san, répliquais-je neutre, ponctuant néanmoins ces quelques mots d'un salut de la tête, histoire de pas avoir l'air trop sèche.

-Eh bien, au revoir, Yume-chan, me fait Kisuke, plus mutin que jamais. Je suis convaincu que nous nous reverrons.

-J'aimerais pouvoir te dire que tu n'es pas bien classé dans la liste des personnes que je souhaite revoir. Le problème, c'est que tu n'est même pas mentionné sur ladite liste, répliquais-je, blasée.

Loin d'être décontenancé, il m'offrit un sourire encore plus large. Je soufflais avec indifférence, et emboitait le pas à Yoruichi, dont la queue disparaissait déjà à travers le Senkaimon. Une pression sur mon bras me fit retourner à demi, alors que j'avais déjà un pied dedans. J'observais Kisuke du coin de l'œil, tandis que sa main remontait sur mon épaule, effleurait mon cou, et venait se poser délicatement sur ma joue. Il va me mettre une baffe ?

-Prend bien soin de toi, petite Yume, fit-il dans un souffle.

Une autre pression, sur mes omoplates cette fois-ci, me fit basculer de l'autre côté de la porte.

-Ou devrais-je plutôt dire, « petit bambooooouuuuu »! L'entendis-je chantonner avec une horrible voix de crécelle, alors que je disparaissais par la porte, les yeux légèrement plus ouverts que de coutume (ce qui chez moi équivaut à des yeux écarquillés). Ce surnom...


Urahara Kisuke observa Ocha disparaître par le Senkaimon, un petit sourire sur les lèvres, signe qu'il était satisfait de sa dernière boutade. C'était tellement amusant de lancer une phrase énigmatique au dernier moment. Il lui avait donné de quoi cogiter jusqu'à leur prochaine rencontre. Parce qu'il était déterminé à ce que celle-ci ait lieu…

Il se mit en chemin à travers des sentiers invisibles, tracés par sa mémoire, dans cet immense espace qu'il avait lui-même conçu. Il s'agissait bien plus que d'une simple histoire de Shinigamis en patrouille tombés au mauvais endroit, au mauvais moment. Les participants de cette expédition, à deux personnes près, n'avaient aucune idée de la situation dans laquelle ils se trouvaient.

D'après tout ce que lui avait dit la fille, les premières et douzièmes divisions étaient aux avant postes pour le récupérer. De ce point de vue là, tout allait pour le mieux. Il n'y avait absolument rien d'anormal, rien qui n'ait pas été prévu par son plan.

Les lèvres de Kisuke s'étirèrent en un sourire joueur. Son plan, oui. Il se déroulait parfaitement, sans anicroche aucune. Les pièces étaient à leur place. La partie d'échec pouvait continuer.

Toutefois, il ne put empêcher son sourire de se transformer en froncement de sourcils, signe de frustration. Bien sûr, pendant un jeu d'échec, il y avait forcément plusieurs Maîtres du jeu. Il était celui, assisté par Yoruichi, qui bougeait les pièces sur l'échiquier. Toutefois on ne joue pas aux échecs seuls. Il connaissait son adversaire, une personne plus que redoutable. Le dernier souvenir que ce shinigami, aspirant Dieu lui avait laissé ne cessait de le faire bouillir de rage. Il n'a encore répondu à aucun coup que Kisuke lui avait porté. Urahara ne baissait pas sa garde pour autant. L'inertie de son adversaire n'était nullement de bon augure, au contraire, elle laissait présager que de funestes évènements allaient certainement se produire bientôt.

Ayant marché quelques centaines de mètres déjà, l'ancien capitaine de la douzième division se trouve devant un grand bâtiment aux allures de laboratoire abandonné. Il inséra une clef à l'ouvrage compliqué dans la serrure prévue à cet effet, et actionna le mécanisme qui permettrait de faire pivoter la grande porte de métal, un peu rouillée, sur ses gonds. Cependant, cela ne suffisait pas. Pour entrer, il avait lui-même inventé un mécanisme complémentaire, mélange de technologie humaine et de kido. Il ne lui restait plus qu'à taper sur le clavier digital le code qui permettrait d'enclencher complètement le mécanisme d'ouverture.

La mâchoire de Kisuke se contracta, presque malgré lui. Il avait toujours des raideurs au moment de taper cette série de chiffres, qu'il n'avait pas choisi au hasard. C'était frustrant, peut-être même était-ce douloureux. Il avait cependant tenu à utiliser un digicode qui lui rappelait les évènements de ce jour là.

-12…5…2.

La porte s'ouvrit en grand, dans un grincement sinistre qui lui étant malgré tout familier.

-Bonjouu~uur à vous tous ! Voyons si l'état de mes chers patients s'est amélioré !

Urahara pénétra dans la pièce, calant le rythme de sa canne avec celui de ses pas. L'endroit ressemblait à une grande chambre d'hôpital, avec la même odeur aseptisée. Huit lits étaient alignés en un seul rang, sur toute la longueur de la salle. Le maître des lieux promena son regard sur les couches faiblement éclairées, ainsi que sur leurs occupants, dont les membres et organes vitaux étaient entubés et reliés à un impressionnant réseau de machines médicales. Malgré la présence de ces impressionnantes installations, aucun son n'était audible dans cette étrange salle. Seul un écho fait de bois et de gettas répondait au scientifique. Les corps allongés ne présentaient même pas le moindre signe de respiration. N'eut été les machines indiquant un rythme cardiaque régulier, on aurait pu les prendre pour des cadavres.

Kisuke s'avança pour consulter les données fournies pas les divers appareils connectés à l'occupant du premier des lits.

-Bien, bien, bien, murmura-t-il d'une voix sépulcrale. Comment allez-vous aujourd'hui… Capitaine Hirako ?


Seireitei

Jour de captivité numéro 7

12 heures 20.

Début des hostilités: H - 2h40

-Alors, les analyses ont-elles démontré une anomalie quelconque ? Mes chers Shinigamis sont-ils en danger ? (NDGDA: je vous jure, essayer de dire "Chers Shnigamis cinq fois sans vous mordre la langue...)

-Je regrette de ne pas vous accompagner dans vos excès de paranoïa -rendu largement excusables, au dire de ma chère consœur de la quatrième, par la maladie dont vous êtes atteint mais qui pour moi ne justifient rien (je précise d'ailleurs que, si un jour vous ressentez le besoin de confier votre maladie à un vrai professionnel du corps humain, je serais tout à fait disposé pour la dissection)- ou dans vos transports empreint de guimauve et d'une sentimentalité inexplicable envers ce ramassis antipathique d'asticots que vous nommez « Shinigamis », alors qu'ils sont à peine capable de se comporter en matériaux compétents, de bien piètres sujets de cobaye.

L'homme qui venait ainsi de s'exprimer avait débité sa tirade d'un seul trait, sans prendre de respiration.

-Je prend en compte votre avis, Capitaine kurotsuchi, pardonnez-moi cependant de ne pas le partager, répliqua d'un ton amical et avec un sourire chaleureux son interlocuteur. Permettez-moi cependant d'insister : êtes-vous absolument certains que les divers papillons de l'enfer que je vous ai apporté n'ont pas été modifiés par un quelconque artifice ?

-Êtes vous en train de dire que mes compétences de scientifique sont douteuse? Insinuez-vous que j'aie besoin d'une quelconque remise à niveau? J'ai effectué toutes les découpages nécessaires, j'ai tout analysé sans laisser la moindre particule de côté. Alors Permettez-moi d'insister en ce sens : les messages de votre Vice-Capitaine ont bien été prononcés et envoyés par votre Vice-Capitaine. Je suis seulement désolé d'apprendre que, selon ses propres terme, « tout va bien ». Moi qui espérait pouvoir remplir ma morgue personnelle de quelques corps supplémentaire…

-Votre professionnalisme vous honore, Capitaine, répondit d'un ton toujours aussi tranquille son collègue. Je m'en remet à votre analyse scientifique. La voix de Kaien m'est apparue néanmoins…différente.

-C'est quelque chose que j'aurais pu prendre en compte, et ce sérieusement, si cela venait d'un homme plus lucide que vous. Retournez donc philosopher sur la forme des nuages en nourrissant des carpes et en buvant de l'herbe. J'ai du pain spiritique sur la planche(1).

-Merci infiniment pour votre aide, Taicho. Je vous souhaite une agréable journée.

-C'est cela, allez donc enquiquiner quelqu'un d'autre avec vos questions, répondit Mayuri en se replongeant dans les entrailles du qu'-importe-ce-que-c'est qu'il disséquait.

Une fois que son crédule d'homologue eut franchit la frontière qui délimitait sa division de la treizième, Kuromachin ordonna à ses officiers d'aller voir ailleurs s'il y était (ce qu'ils prirent tous très sérieusement, étant donné l'avancée des travaux de clonage de l'ancien prisonnier), et se barricada seul dans son laboratoire. Ou presque.

-Nemu ! Empotée ! Que tu es lente à réagir, dépêche-toi de venir ici !

-Que puis-je pour vous, Mayuri-sama ?

Un coup d'épée en travers de l'abdomen lui répondit.

-Contacte les immédiatement, et somme les de faire leur travail un peu plus proprement la prochaine fois. Le Capitaine Ukitake a failli déceler quelque chose. Ça n'est pourtant pas si compliqué que ça de falsifier un misérable Papillon de l'enfer, si ?

Sans laisser le temps à sa fille de réagir à sa question rhétorique, il lui transperça le flan de son katana, comme pour manifester son exaspération face à l'incapacité chronique de ce soi-disant scientifique.

-Dois-je contacter la fille immédiatement, ou dois-je d'abord m'adresser à cette Associati…

-Association des … que signifie la seconde lettre, aurais-je oublié ? Cabillauds, cabochards…cagoules…

-Caïds, Mayuri-sama.

-Voilà, ça me revient ! Association des Caïds Nés pour Exterminer. Leur sigle fait quoi déjà...ah oui. L'acné.

-Le Monsieur a insisté pour que nous prononcions l'A.C.N.E.

-Je n'ai que faire des ordres du « Monsieur », sotte, idiote ! Établit la liaison, je veux les voir maintenant.

-A vos ordres, Mayuri-sama, répondit sa lieutenante en s'inclinant bien bas, du sang s'écoulant à torrent de ses plaies béantes pour venir s'écraser au milieu des liquides étranges sur le sol.


Jour de captivité numéro 7

12 heures 30.

Début des hostilités: H - 2 heures 30

-Hé Kuchiki ! Te laisse pas aller à l'inconscience, tiens bon ! Lieutenant, de l'aide!

-Elle a été sacrément amochée, en même temps vous avez-vu sa constitution toute frêle ? Comment un machin pareil a-t-il pu entrer dans le gotei ?

-Bah, tu sais, question de relations…

-Vous ne devriez pas médire, dans un moment pareil, intervint Kaien avec un sourire en coin. Messieurs, je crois que d'autres blessés ont besoin de votre assistance, je m'occupe de Rukia.

-B-bien Monsieur ! S'empressèrent de répondre les deux soldats.

-Je vais panser ta plaie avec ce que je pourrais, petite chose, fit Kaien à la petite forme qui gisait allongée, à peine consciente. Ils n'ont pas été de main morte avec toi, je suppose que tu as laissé fuser ta verve insolente, et que ça les a énervés ?

La remarque arracha un sourire à la petite Shinigami, qui sembla reprendre des couleurs. Son supérieur avait déchiré son uniforme au niveau de la manche gauche pour pouvoir panser une plaie au niveau de la carotide. Il s'attela à la tâche sans précipitation et avec une dextérité qui montrait qu'en la matière, il avait visiblement de l'expérience.

-Vous … ne me demandez pas si j'ai avoué quelque chose ?

-Pourquoi demanderais-je un truc aussi évident ? interrogea Kaien, un sourcil arqué. Il est évident que tous ici préféreraient mourir plutôt que de donner le peu d'informations qu'ils possèdent. Par contre, les questions qu'ils t'ont posées m'intéressent.

-Il n'y avait pas grand choses, cela fait une semaine qu'ils nous répètent sans cesse les mêmes questions, à tous. Ils n'ont pas variés aujourd'hui, narra Rukia en se redressant, le menton appuyé sur son poing, pensive. « Quel est le but de votre mission », « Quelles sont les compétences de votre zanpakuto », « Dites-nous tout sur le pouvoir de vos supérieurs »…

-Rien de nouveau, en effet, murmura Kaien.

-Et puis, reprit Rukia les yeux soudain brillants, cherchant le regard de son mentor, il y cette question en particulier : « Où est le Shinigami manquant ? ». Vous croyez qu'ils ont peur que Yume Ocha-san prévienne du renfort ?

Kaien caressa son tatouage du bout des doigts, reformant inconsciemment le motif en spirale qui le paraît.

-Je pense qu'elle va revenir avec du renfort, oui. Mais pas avec le renfort que l'on pourrait croire. C'est une personne un peu excentrique, tu sais, blagua soudainement Kaien, le visage radieux, mais je suis sûre qu'elle nous réserve plein de bonnes surprises.

La bonne humeur de son commandant eut pour effet de faire sourire Rukia encore plus largement. Elle sentait sa force lui revenir. Quelle pitié que cette salle ait le pouvoir de sceller le kido…

-Shiba-san, j'ai une question un peu…délicate.

-Demande, n'ait pas peur Kuchiki, aucune question n'est insoluble pour ton super V-C, ha ha ha !

-Pourquoi ne nous ont-ils pas tous tués au moment de l'attaque ? Je veux dire, c'est assez évident maintenant que nous n'avons rien qui puisse les intéresser. Pas d'informations. Nous torturer doit leur être très agréable, mais je me doute que tout ceci fait partie d'un projet plus vaste. Alors, qu'est-ce qu'ils attendent pour se débarrasser de nous ?

-Ils attendent la même chose que nous.

Rukia et Kaien tournèrent vivement la tête vers un coin de la pièce ou 'Ju, fraichement débarqué des salles d'interrogatoire (œil au beurre noir à l'appui), fixait la porte, assis en indien, le dos raide. Ce n'était pourtant pas lui qui avait parlé. Affalé contre le mur, le nez et les lèvres en sang, Hakusho tentait tant bien que mal d'enrayer le saignement à l'aide de morceaux de tissus arrachés.

-Ils attendent la même chose que nous. Ils l'attendent, parce qu'ils savent tout de notre groupe. Ils ont eut accès au dossier de la mission, à nos noms, au trombinoscope, à notre nombre aussi. Ils savent que nous devions être vingt à partir, et que dix Shinigamis ont été ajoutés à la demande du Capitaine Ukitake qui n'était pas tranquille. Bref, ils en savent beaucoup trop pour des gens qui sont sensés nous soutirer des renseignements. De toute évidence, nous étions attendus, quelqu'un parmi nous est des leurs.

-Hakusho, c'est bien ça ? fit Kaien, l'air entendu, et tu as déduit tout ça en réunissant les informations obtenues par tes camarades et en écoutant attentivement lorsque tu étais toi-même emmené, c'est cela ?

-Oui, Monsieur, approuva Hakusho en inclinant légèrement la tête, repositionnant le chiffon qui lui épongeait le nez. J'ai fait comme vous, je pense, et nous en avons tirés les mêmes conclusions, aussi.

Le regard de Ha se posa imperceptiblement, furtivement, avec toutes les précautions du monde, sur Magsu Aozora qui était à leur opposé, apparemment endormie, pendant quelques dixièmes de secondes.

Kaien ne fit de signe ni pour le blâmer ni pour le conforter dans son raisonnement.

-Je ne saisis toujours pas, souffla Rukia, qu'est-ce qu'ils attendent et que nous attendons aussi ?

-On ne peut pas faire disparaître un tel groupe, avec des gradés qui plus est, dans la nature sans que cela éveille des soupçons, poursuivit Ha. Il faut trouver un prétexte. A l'heure qu'il est, ils ont du user de subterfuges pour que nos divisions ne se doutent de rien. Le Capitaine Commandant voue une confiance aveugle en son lieutenant, il n'a pas exigé de suivit journalier de la patrouille. Le Capitaine Ukitake est un homme confiant, il se repose sur vos qualités de meneur Fuku-Taicho, il ne donnera pas l'alerte sans être sûr qu'il se passe quelque chose de vraiment anormal. Et quand bien même il la donnerait, Yama-jii bloquera toute procédure si elle n'est pas appuyée par des preuves tangibles et irréfutables.

-Alors ? Insista la jeune fille.

-Alors afin d'obtenir ce qu'ils veulent et de pouvoir se débarrasser de nous, ils attendent ce que nous attendons.

-A savoir ? s'impatienta Rukia.

La réponse fut donnée par 'Ju.

-Un bouc émissaire.

Les quatre Shinigamis se turent. Il n'y avait en effet, rien d'autre à ajouter.


Une maison quelque part dans le Rukongai, un peu plus tôt.

Jour de captivité numéro 7

12 heures 45.

Début des hostilités: H - 2h15

-Notre pion est arrivé.

-Vous arrivez à déceler l'utilisation d'un Senkaimon à cette distance ? Vous êtes vraiment effrayant.

-Ne fais pas usage de cette fausse modestie, je sais parfaitement que tu l'avais repéré aussi. Urahara Kisuke est exactement l'homme que j'avais imaginé. Il est beaucoup trop confiant. Il pense que parce que je n'agis pas, je ne suis pas aux aguets. Je ne souhaite aucun imprévu dans cette affaire. C'est pourquoi je veux que tu te rendes toi-même sur place.

-Je pensais que vos subordonnés d'un autre genre devaient s'occuper de maquiller tout ça en accident un fois que Szayel -pardon, Fino- aura finit de tester le Hogyoku?

-C'est ce qu'ils feront. Toi, mon cher lieutenant, je veux que tu t'assures que notre petite mauvaise herbe ne fera ni plus ni moins que ce qu'elle doit faire.

-Tout ça pour un gosse, fit son acolyte, un long sourire malveillant venant barrer en presque toute sa largeur son visage. Ce pauvre enfant qui s'est vu confier une ébauche de Hogyoku sans le savoir. Comment s'appelle-t-il déjà ?

-Hanakari.

Aizen Sousuke ajouta un point final à sa calligraphie.

-Jinta Hanakari.


Rukongai, un coin de forêt quelconque.

Jour de captivité numéro 7

13 heures 30.

Début des hostilités: H - 1h30

-Permettez qu'on récapitule ensemble, j'ai peur d'oublier des éléments au fur et à mesure de notre avancée. Nous devons donc libérer les Shinigamis qui m'accompagnaient à l'aide des gadgets…improbables dont Kisuke nous a munis. Une fois que cela sera fait, nous devons les renvoyer à leurs divisions, exposait Ocha.

-C'est cela.

-Puis nous devons nous mettre en route afin de retrouver un certain « Jinta » qui possède un objet très important qui permet la Hollowification. Cet objet, Urahara l'a caché lorsqu'il est partit « en toute hâte », du monde des esprits. Et maintenant, il pense que quelqu'un de « trop mégalomane » veut le retrouver et se servir des Shinigamis venus patrouiller dans les parages comme nouveaux cobayes. Puis, une fois l'expérience finie, massacrer allégrement tout le monde, et faire porter le chapeau à la maladresse d'Ocha. Magsu est complice. On peut savoir qui est ce monsieur et pourquoi il en a tant après moi ? Je ne lui ai jamais rien fait, si? A moins que je ne me sois assise sur lui par mégarde un jour à la piscine, mais alors...

Un coup de griffe sur le dos de la main lui répondit, signe de négation.

-Urahara est un tocard né. Il devrait écrire un livre pour expliquer comment il fait pour embobiner les gens. Jai déjà le titre: « Parler pour ne rien dire ».

Un feulement lui indiqua que son sarcasme n'était pas le bienvenu.

-C'est vrai, de nos jours, qui n'a pas une carte interactive du Rukongai implanté dans le cerveau ? Il me suffit de taper « Trouver Jinta » dans ma barre de recherche, et l'itinéraire va se tracer tout seul.

-Fais-lui confiance, dit Ru en sautant lestement, de façon à se jucher en équilibre parfait sur mon épaule, malgré le fait que je sois en mouvement. Pour le moment tu dois te concentrer sur ton but, libérer tes amis…

-Ce ne sont PAS mes amis.

-…et trouver Jinta.

Vous ais-je déjà signifié à quel point je haïssais ce chat ? En bref, me voilà lâchée dans la nature pour sauver des gens que je n'aime pas, et trouver un gamin que je n'ai jamais vu, et que je ne sais pas où, justement, trouver.

Voilà, maintenant vous savez ce qu'il faut faire, quand on vous propose un marché sans en préciser les détails. Il faut…pas faire comme moi.

-Tu veux abandonner ?

Je m'arrêtais brusquement. La question de Ru bourdonnait à mes oreilles.

Je suis peut-être blasée de la vie, et ma coupe de cheveux semble peut-être vouloir dire « j'en ai marre de vivre, achevez moi ». Je n'ai aucune force physique, aucune intelligence particulière. Je n'ai de Shinigami que l'uniforme. Mais c'est en partie parce que j'ai hésité à dénoncer Magsu (qui semble être le nœud de toute cette affaire) que l'équipe s'est faite surprendre.

« Tu veux abandonner ? ».

Je n'ai même pas besoin de considérer la question. Ça n'est même pas une pensée qui m'a effleuré l'esprit.

-Yoruichi-san, dis-je, la voix ferme et un peu plus expressive que d'habitude.

Je saisis délicatement sa fourrure lustrée et la soulevai de façon à ce que nous nous regardâmes, pupille contre pupille.

-Il n'est pas, il n'a jamais été, et il ne sera jamais question d'abandonner. Nos actes, on les assume jusqu'au bout. Et ce qu'on a commencé, on le porte à son terme. Alors après, je ne suis peut-être pas une Maggy qui règle les problèmes en un tour de main tout en se brushinguant sa soyeuse crinière de l'autre. Je suis très lucide. Si ça foire (et il y a de grandes chances pour que ça foire), tant pis. Ça ne sera qu'un échec de plus ajouté à mon tas de choses ratées, déjà particulièrement imposant. Mais on a un dicton dans la famille Ocha, c'est un peu notre devise. « Abandonner n'est pas ma tasse de thé ». Alors, comme ça n'est « Pas ma tasse de thé », je vais aller me préparer une infusion, un élixir de folie, et vous, Yoruichi-san, vous allez m'accompagner et voir de quelles feuilles de thé Ocha se chauffe.

Un peu essoufflée, les oreilles rouges, Yume reposa la Shihoin sur le sol. Celle-ci examina longuement Yume, avec un intérêt renouvelé.

-Allez, Yoru-san ! l'enjoignit Miss Algues en continuant de marcher, je suis sûre qu'on va bientôt les trouver, mon instinct me dit qu'ils sont quelque part par là. Et une fois qu'on les aura trouvé, on préparera à ces « arankars » et à cette chère Maggy, une surprise dont ils ne sont pas prêts de se remettre.

Le félin lui emboita le pas, restant légèrement en retrait de la jeune personne au visage parfaitement lisse et impénétrable, mais dont elle percevait l'interne ébullition. Elle-même était plus proche de la métaphore de la tasse de thé qu'elle ne le soupçonnait. Tout comme les feuilles de théier, elle avait patienté dans l'ombre tout le temps de la fermentation.

Il y avait, de son point de vue d'expert, une force de caractère et une brillance insoupçonnée chez Ocha qui une fois réveillés, se révèleraient dévastateurs. L'ennemi n'a qu'à bien se tenir, rit intérieurement la Déesse du Shunpo.

-Car ceux-là sont les plus imprévisibles d'entre tous.

-Que marmonnez-vous dans vos moustaches ? interrogea Yume, vous ne m'écoutiez pas ? Je me demandais si j'avais du chewing-gum en quantité suffisante pour ce que je projette de faire…


Très haut, juché sur la cime d'un arbre alentour, quelqu'un avait assisté à toute la scène.

-Voilà qui est intéressant, murmura-t-il, sa main effleurant avec délice le Zanpakuto accroché à sa ceinture.

Glissant tel un serpent, Gin Ichimaru se faufila à travers les feuilles, silencieux et invisible.


(1): Gloire à vous, si vous avez reconnus cette référence. Il s'agit d'une réplique que j'ai tiré d'un sketche des "Inconnus", immenses humoristes français. C'est une des lignes de texte prononcée par "Skippy", le "Grand Gourou", pendant le sketch "Les sectes". Je vous le conseille si vous ne l'avez jamais vu, ainsi que toute leur filmographie, ils sont tout bonnement incroyables.


Voilà! N'hésitez pas à me laisser vos questions/impressions en rewiews, de même que les critiques négatives/positives sont accueillies à bras ouvert (avec un supplément thé pour les bonnes :3)

Si vous souhaitez que Ocha vous cuisine un plat en particulier, je vous écoute.

C'est fou, j'avais un tas de choses à dire, et le chapitre est passé tellement vite, que ça fait encore plus de choses à dire pour la prochaine fois!

Concernant les réponses aux reviews, je réponds aux utilisateurs non-enregistrés ici, tous ceux qui sont enregistrés ont/auront bientôt un MP dans leur boîte.

Merci à tous de m'avoir lu!


Erowine:"LEGOLAS! WHAT DO YOUR ELF EYES SEE?"

Je me baladais sur youtube, et je suis tombée sur cette vidéo. J'ai pensé à toi xD je ne sais pas si tu l'as déjà vue, mais à titre personnel, elle m'a pliée de rire. Ben oui, forcément, Legolas fait l'encyclopédie parlante pendant 6 heures, il est normal qu'il se fasse parodier.

Tant qu'il continue d'onduler ses cheveux et de faire briller son joli minois au soleil de toute façon, il ne me dérange pas! :3

Saroumane *fait l'hélicoptère avec sa barbe*: et moi?

HIERK! Naaooon!

Concernant le chewing-gum, je dois t'avouer que ma fascination pour cet objet date du "Rabbi Jacob", avec De Funès, où il y a une scène à se plier en quatre dans une usine de chewing-gum. Je peut la regarder mille fois sans me lasser, elle me donne des idées. Elle me donne des idées VILAINES 3:D, de faire comme qui dirait des BÊTISES avec tout ce chewing-gum :D

Alors tu as pu le constater, le chapitre est rythmé avec un compte à rebours. C'est le décompte qui annonce le départ du super plan de Yume. A base de chewing-gum. A la chlorophylle, forcément, on est des fanas du vert ou on ne l'est pas?

Mouhaha, cette avalanche de compliment me laisse sans voix! Je ferais de mon mieux pour tâcher de ne pas te décevoir à l'avenir, j'espère que tu as passé un bon moment à la tar...avec Ocha! :3

Une avalanche de bisous, encore merci!

Starrk: une avalanche? C'est un jeu de mot avec les vacances de ski?

Allez, hop, tu veux un arrancar? *emballe Starrk dans du ruban bleu*, tiens, C'EST CADEAU! MOUHAHAHAHAH!

*se sauve en surfant tel Brice de Nice (donc pas très bien)*


D'ailleurs, chers lecteurs reviewers, ce soir c'est DISTRIBUTION D'ARRANCAR, OUI OUI OUI, PARFAITEMENT. Voilà, prenez le panier, servez-vouus!

Et je déplore toute responsablité concernant l'utilisation que vous en faites. J'insiste.

Je serais honorée si vous me faisiez la faveur de quelques reviews.

Je souhaite de bonnes vacances à ceux qui le sont. Je souhaite bon courage à ceux qui reprennent les cours.

Longue vie à vous, yeeee-haaaw!

*S'en va à dos de vache, un lasso à la main, chapeau de cow-boy sur la tête*