Euh….salut ?

Bon alors, faisons cela rapidement ; ouverture de la parenthèse des excuses pour ce retard impardonnable :

Je suis désoléééééé ! Ça fait presque deux mois que je n'ai rien posté, je suis navrée de vous avoir fait attendre si longtemps, vous qui ne cessez de m'encourager encore et encore à poursuivre. Qui avez dû supporter ma paresse (mais pas seulement, hein. J'ai aussi beaucoup, beaucoup, beaucoup de travail pendant ces dernières semaines) et l'attente pour ce fichu nouveau chapitre qui n'arrivait pas ! Gomennasai ! Sumimasen ! Pardonnez-moi par pitié, n'arrêtez pas de lire mon histoire à cause de ça s'il-vous-plait !

Parenthèse des excuses terminée, merci de votre attention. Reprenons, je vous prie :

Me revoilà avec ce septième chapitre. Souvenez-vous dans l'épisode précédent, Eren s'était retrouvé avec un duel sur les bras. Ce chapitre est donc axé là-dessus, qui sera le vainqueur ? Qui se fera humilier ? Toutes les réponses sont enfin là !

Mais avant, répondre aux reviews ! :

JungKookie14 : Moi aussi j'ai bien aimé écrire cette partie, ça m'a profondément détendu. Insulter les gens sur papier par le biais de ses personnages est très relaxant et permet de ne pas insulter les gens « en vrai ». donc voici le chapitre suivant où nous allons voir si Eren va sortir de sa merde ou au contraire si enfoncé plus profondément encore.

Valkyrie du Nord : Oui, c'est vrai que sur le coup, il s'est vite vexé mais pas seulement. Il a aussi très envie de voir la mer, ce qui peut être pris comme une marque de sensibilité. Ce qui est peut-être à ses yeux une faiblesse qu'il ne doit pas exposer. D'où son agacement de façade. Mais c'est pas faux, j'y suis peut-être allé un peu fort ^^'

Angelyoru : Eren te remercie de ton soutient et de ta confiance en lui. Maintenant, il motivé pour casser la gueule à son adversaire ! Sus à l'ennemi et bonne lecture !

MissHeilig : Oui, l'idée a du bon, avec les lames courbés. C'est vrai qu'Eren en prince arabe (ou pourquoi pas en brigand) et maniant deux épées courbées c'est vachement stylé, mais comme on est dans un pays appeler le Nord et où la température s'élève à maximum 2°C au-dessus de zéro, je trouve que ça casserait un peu l'ambiance les lames courbes. Mais bon c'est une idée. Ensuite pour ce qui est de l'agilité et de surprendre l'adversaire, je te laisse lire ce chapitre et me dire en commentaire si ça concordait avec ce que tu avais imaginé, si c'est passé à côté mais que c'était bien quand même, ou bien juste si tu n'as pas aimé.

Akane : Mais c'est moi qui te remercie de lire et de complimenter mon travail ! J'adore écrire et faire partager le résultats aux autres, et il n'y a rien de plus encourageant que les compliments comme le tien. Merci beaucoup pour ton commentaire et tes encouragements, voici le chapitre suivant en espérant qu'il sera aussi fluide et agréable à lire que les précédents ^^

Mirtie252 : C'est parfait si le Eren que je décris dans mon histoire correspond à celui de l'œuvre originale (ou en tout cas l'image que tu t'en fais) car c'était le but. Et Livaï, son seul défaut c'est vraiment de ne pas exister en vrai (pouuuuuurquooooooooiiiiiiii ?). C'est vrai que les conversations à demi-mots les intentions voilées, tout cela est tellement croustillant, je trouve que c'est ce qui fait le charme d'une fic sur le thème de la royauté. Il faut toujours comprendre les intentions des gens sous leurs paroles et leurs actes. Voyons maintenant si ce duel se passera bien pour notre petit Eren ^^ !

Une rose dans le desert : Mais la vie d'Eren (et celle de tout le monde d'ailleurs) n'est qu'une succession d'ennuis et de problèmes magistraux. Et c'est pour ça que c'est intéressant à suivre ! Après tout, une histoire où il n'y a jamais d'ennuis, ce serait franchement ennuyante. Vois maintenant avec ce nouveau chapitre plein d'action si ton angoisse était fondée ou pas.

Awakening : Des capacités spéciales ? Hmmm…tu verras plus tard ! Voici donc la suite petit curieux. En espérant qu'elle pourra faire passer mon histoire de « pas mal » à « trop cool » à tes yeux ^^

Aicelles : Waaah ta review aussi ! Merci du compliment, j'en rougis de joie (^/^)

LottiettolrahC : Et moi j'étais heureuse quand j'ai reçu le mail de ta review. Merci beaucoup d'avoir pris le temps d'écrire pour commenter ce chapitre ça m'a fait trop plaisir. Ensuite pour les dessins…OH MY GOD QUELQU'UN A FAIT DES DESSINS A PARTIR DE MON HISTOIRE ! Tu l'as peut-être compris à ma manière très subtil de le montrer, que ça m'a fait très plaisir. Non, en fait je suis ravie, transportée de joie sur un petit nuage d'euphorie profonde. J'espère aussi que tes petites idées sur le combats seront satisfaites avec ce chapitre. P.S Ta rentrée je n'ai qu'un mot ; veinarde !

GaiaCross : Oooooh merci de l'idée ! Je n'avais pas pensé à faire une conversation post- banquet mais plutôt post-combat. Mais maintenant, je crois bien que je vais faire les deux. Merci beaucoup pour l'idée…et pour l'exemple ça m'a vraiment bien fait rire xD. Mais maintenant assez parlé, place au combat !

Akahime-chan : Oui, c'est vrai que j'ai un peu l'impression de faire des chapitre trop courts. Mais c'est soit un long chapitre pour une trèèès looooongue attente, soit un chapitre moins conséquent mais avec une attente courte, une attente plus raisonnable. Mais je suis contente que tu trouves que j'écris de manière fluide et que tu lises mon histoire avec impatience au point que la fin arrive trop vite ^^, ça me touche beaucoup.

ooMe-Just-Meoo : Oooh que de compliments et de gentils mots, je rougis (^/^). Je suis touchée que tu prennes du temps rien que pour lire mon histoire. Ah bon, j'ai pas d'OC quel compliment ! Moi qui avait un peu l'impression parfois d'être à côté de la plaque quand je décrivais Eren ou Livaï mais je ne savais pas très bien en quoi. Heureusement que tu es là pour dire qu'en fait c'est bien. Ensuite pour le réalisme, la précision du décor, les règles du monde, ou encore la différence entre le Livaï officiel et le vrai, je suis vraiment contente que tu aimes la façon dont s'est fait, merci beaucoup ! J'espère que le combat sera à ton goût et qu'Eren pourra prouver sa valeur comme tu dis. C'est vrai que je prends beaucoup de plaisir à écrire cette histoire surtout si c'est pour recevoir et lire des commentaires aussi gentils et encourageants que le tien, donc ça m'embête un peu de devoir ralentir à cause de ma rentrée, mais je vais continuer à essayer de poster des chapitres de bonne qualité. Merci beaucoup d'avoir pris ton temps pour m'écrire cette review qui m'a énormément fait plaisir, bonne lecture.

ANAOT : Amoureuse ? A ce point ? Quel bonheur ! Je suis très touchée de ton enthousiasme. Merci beaucoup pour le follow, ça fait trop plaisir de rencontrer une autre fan de cape et d'épée j'espère que ça continuera à te plaire ^^

Mag-chan : Evidement qu'un Eren pas un peu suicidaire ce n'est pas un vrai Eren. Voici donc le combat Eren vs Lord Machin chose. Choisissez votre camp !

La bte : Hello alors la nouvelle, je suis ravie de t'accueillir. Merci beaucoup d'avoir la peine de m'écrire cette gentille review pour me dire que tu aimais mon histoire, je suis très flattée (^/^)

Reapersis : Voilà la suite et encore désolée qu'elle ait pris si longtemps avant d'arriver.

Akahime-chan (2) : Merci beaucoup pour ton petit message, c'est vraiment gentil de m'encourager et j'aurais adoré me remettre à écrire dès que je l'aies reçu mais comme j'étais en vacances (sans mon ordinateur, argh !) je n'ai pas pu et j'étais vraiment extrêmement frustrée….Arghhhhhhhh ! Mais maintenant, je vais tout bien et voici la suite petite curieuse.

Sasa875 : Mais bien sûr voyons ! Lemon hard. Lemon hard ! Je ne vis (presque) que pour ça, alors quand ça va arriver ça sera vraiment chaud, chaud, chaud ! Mais en attendant ce jour béni, profite bien de ce septième chapitre. J'espère qu'il te plaira autant que les précédents.

Maintenant que cela est fait, voici la suite désirée !


Eren Jaeger avait déjà fait beaucoup de bêtises et d'erreurs dans sa vie. De sa plus tendre enfance, à son adolescence agitée, on pouvait dire qu'il les avait cumulées au point de se tailler une jolie réputation de tête brûlée, champion toutes catégories des coups foireux.

Au fil du temps, ses parents, ses amis ainsi que l'ensemble de la population du Sud avaient fini par trouver ça normal. Mais la réprimande qui arrivait invariablement après les faits était quelques chose de particulièrement gênant et désagréable pour Eren. Ce qui ne l'avait jamais empêché de recommencer, parfois – voire souvent – le jour d'après. Mais là, planté devant le bureau de Livaï, son regard acier bleuté fixé sur lui avec l'attention d'un prédateur jaugeant sa proie, il regrettait amèrement d'avoir répondu aux provocations de cet imbécile de Lord Diegenstein-bidulemachinchose. Il éprouvait une profonde envie de se tortiller tel un asticot, sous le regard brûlant que son fiancé posait sur lui, assis confortablement dans son fauteuil derrière son bureau, le menton posé sur ses mains jointes et les coudes sur le plateau. Ses doigts dissimulaient le bas de son visage et ne laissait voir que ses yeux glaciaux et brûlants à la fois.

Eren sentait bien que la discussion qui allait suivre n'aillait vraiment pas être agréable. Surtout pour lui.

Le silence qui régnait dans la pièce fut rompu par la prise de parole de Livaï :

- J'espère que tu as conscience que tu es dans une situation très délicate.

Eren serra les dents puis répondit :

- Oui, j'en suis bien conscient et je m'excuse sincèrement pour vous avoir forcé à intervenir. J'espère ne pas vous avoir mis dans une trop mauvaise position.

Il avait beau le penser sincèrement, ses mots lui écorchait la bouche. S'excuser et admettre ses erreurs n'avait jamais fait partie des points forts d'Eren. Mais il savait (ou plutôt qu'il l'avait déduit d'après certaines observations) que le Roi avait dû prendre un risque pour essayer de le tirer de ce mauvais pas. Le jeune Prince du Sud avait remarqué que les relations entre les familles nobles et son futur mari étaient passablement tendues. Aucun des deux camps ne semblaient apprécier ni même soutenir ou approuver son rival. Pendant tout le reste du banquet, il avait senti une forte hostilité de la part des convives envers lui, mais surtout envers Livaï. La bonne entente ne semblait pas régner dans la Cour du Nord. Pour la énième fois, Eren maudit le Destin ne l'avoir plongé de ce merdier.

- Je me contrefous de tes excuses gamin. Ce qui compte c'est les actes, pas la parole !

Eren tiqua sur le qualificatif utilisé :

- J'ai vingt ans vous savez, je ne suis plus vraiment un « gamin » à proprement parler.

- Le seul fait que tu m'aies repris sur le terme prouve que tu es encore pétri d'immaturité, répliqua froidement Livaï faisant trembler la résolution d'Eren par ses mots crus et son regard acéré. Et la situation dans laquelle tu t'es mis tout seul, sans l'aide de personne achève de le confirmer.

Eren serra les poings et les dents et ne put retenir sa hargne en répondant vertement :

- C'est facile pour vous. Le Nord ainsi que vos sujets n'étaient pas visés. Mais cet homme a sciemment insulté mon pays et mon peuple en les rabaissant et en s'imaginant supérieur à eux.

Sur un élan de colère, il s'approcha du bureau de Livaï et fit sèchement claquer sa main contre la surface vernie du bois, il se pencha ensuite en avant jusqu'à ce que son visage soit seulement à quelques centimètres de celui de son fiancé. Puis, il continua sa tirade enflammée sans lâcher son interlocuteur des yeux :

- Que ce soit bien clair ; je veux bien être la greluche juste bonne à se marier si cela peut faire perdurer la paix et préserver mon pays du besoin et du danger. Mais je n'accepterai jamais que quiconque, qu'il soit du Nord, de l'Ouest ou de l'Est, n'insulte ainsi, publiquement ou pas, mon Royaume et ses habitants qui ont énormément souffert de cette guerre inutile, qui ont perdu des proches ou des gens auxquels ils tenaient beaucoup. Ce sont des personnes honorables et bonnes qui veulent juste vivre heureuses et qui essayent de guérir leurs blessures passées. Alors je refuse qu'un homme aussi détestables que ce Lord Diegenstein dise du mal de ses gens qui se sont battus avec courage pour préserver ce qui leur était cher alors que lui…que lui…il…il….

- Il ? demanda Livaï qui n'avait toujours pas bougé malgré la fougue d'Eren.

- Qu'il trouve le moyen de se vanter de cette guerre à laquelle il n'a même pas participé me donne envie de vomir.

Il y eut un silence pendant lequel Eren tenta tant bien que mal de se calmer alors que le Roi du Nord le regardait faire, tranquillement assis dans son fauteuil.

- C'est pour ça que tu es venu ici ?

La question posée sur un ton beaucoup plus avenant que les précédentes, mais toujours d'un air blasé, fit relever la tête à Eren. N'ayant pas très bien compris où le Roi voulait en venir il demanda :

- Pardon ?

- C'est pour ça que tu es venu ici ? Dans cet endroit froid et glacial où tu n'es pas le bienvenu ? Parce que tu te sentais redevables envers tes sujets ? Tu aurais pu refuser si tu avais voulu. Personne ne t'aurait forcé. Personne ne t'en aurais voulu ou fait le moindre reproche. Alors pourquoi ?

Sûrement sans le savoir, Livaï avait touché une corde encore sensible pour Eren et celui-ci s'écria en se redressant pour crier sur le Roi de toute sa hauteur :

- Je l'ai fait parce que c'était mon devoir envers mon peuple qui sert et protège ma famille depuis plus de cent ! Ce mariage…j'y ai consenti pour les protéger tous. Pour que des gens qui ne demandaient qu'à vivre heureux, ne souffrent pas d'une décision égoïste de ma part. Je l'ai fait pour la sécurité de ma famille et des gens que j'aime !

« Même si ça implique de ne presque jamais les voir et de vivre loin d'eux ». Eren se mordit la lèvre pour ne pas se mettre à pleurer au souvenir de ses parents, d'Armin, de sa sœur Mikasa, il serra les poings, enfonçant ses ongles dans ses paumes pour se focaliser sur autre chose que la boule de plomb, de regret et de solitude qui encombrait sa poitrine et l'empêchait de respirer.

- Donc tu l'as fait par pure générosité ? Sans aucune arrière-pensée ? Sans aucune autre raison que le bien-être des autres ?

- Evidemment que non ! Pourquoi en faudrait-il ?

Cette discussion devenait horrible. Eren avait envie de courir hors de cette chambre et ne jamais y revenir. D'arracher cette horrible tenue verte qu'il portait encore et que lui avait offert cet homme odieux qui allait devenir son mari d'ici peu. Son envie d'éclater en sanglot, revint toujours plus virulente et il se sentait sur le point de craquer.

Il voulait partir d'ici et vite !

- Tu es vraiment incroyablement généreux, fit Livaï en se levant lentement avec toute sa grâce féline qu'Eren se mit à détester immédiatement.

- Et alors ? Vous trouvez ça puéril ? Naïf ? Faible peut-être ?

Au Diable la diplomatie et la politesse, cet homme ne le méritait pas !

- Non…

Le Grand Roi du Nord commençait à s'approcher lentement de lui en contournant son bureau avec grâce, et presque inconsciemment, Eren recula d'un pas pour lui échapper. Mais quand le noiraud plongea ses profonds yeux gris dans les siens tous ses membres se figèrent et il fut gelé sur pied.

Quand Livaï ne fut plus qu'à deux pas de lui, il lui saisit délicatement le poignet gauche, leva sa main à la hauteur de son visage et se mit à jouer distraitement avec ses doigts sans pour autant rompre le contact visuel intense qui s'était établi entre eux. Eren sentait ses jambes s'affaiblir progressivement. Cet homme avait beau être un arrogant prétentieux et détestable, toute sa personne n'en était pas moins fascinante et dangereusement attirante. C'était un peu le même effet qu'une lumière éclatante et mystérieuse sur de pauvres petits papillons de nuit si subjugués par cet éclat qu'ils ne voient pas qu'ils sont en train de se brûler lentement les ailes.

- Au contraire…

Cette voix grave et profonde fit sursauter Eren et lui envoya des dizaines de petits papillons très agités (justement puisqu'on en parlait) dans l'estomac. Et avant qu'il ait pu parfaitement analyser le sens de ce début de phrase, quelques chose de dure percuta l'arrière de son dos et de son crâne. Peut-être à cause du choc, Eren ne réalisa pas tout de suite qu'il s'agissait en fait du bureau de Livaï et qu'il se trouvait maintenant à l'horizontal, allongé dessus avec le Roi qui le surplombait, sa main tremblante toujours emprisonnée dans la poigne solide du souverain. Dès l'instant où l'ensemble de son organisme fut informé par son cerveau de cette situation pour le moins…inhabituelle il s'appliqua à réagir en fonction et de manière totalement disproportionnées. Aussi son cœur accéléra si brutalement qu'Eren crut qu'il allait sortir de sa poitrine, ses joues chauffèrent à la manière d'une machine à vapeur, et curieusement, alors qu'il sentait l'adrénaline se répandre dans son corps, absolument tous ses membres se déconnectèrent en même temps jusqu'à ce qu'il se retrouve totalement paralysé à la merci des lubies d'un monarque à la réputation plus que douteuse.

- …c'était un compliment, acheva Livaï alors qu'Eren ne savait même plus de quoi il parlait, tant leur proximité occupait toutes ses pensées.

Eren fit un énorme effort pour ne pas laisser ses pensées et sa raison se disperser aux quatre vents et dire d'une voix calme :

- Pouvez-vous me lâchez ? Cette position n'est absolument pas adaptée à notre discussion.

- Sans blague ? répondit Livaï sans même le regarder, préférant s'attarder sur la contemplation des petites mèches caramel qui s'enroulaient autour des oreilles (extra-sensibles actuellement) d'Eren.

Le monarque s'amusa à replacer les plus rebelles derrières les pavillons du jeune Prince qui avait le plus grand mal à ne pas se mettre à crier de toutes ses forces « AU VIOL, A L'AIDE ! ». Il se retenait surtout parce que sa fierté ne survivrait surement pas si quelqu'un – quel qu'il soit – le voyait dans cette position beaucoup trop suggestive avec le souverain et répandait alors, il ne savait quelles rumeurs sur leur compte.

Voyant que celui-ci n'avait vraiment aucune attention de bouger avant un bon moment, Eren décida de prendre les choses en main. De sa main libre (l'autre étant toujours fermement serrée dans celle de Livaï), il repoussa le torse du souverain de façon à pouvoir se redresser et le regarda droit dans les yeux :

- Je vous rappelle, Votre Majesté, que nous avons un problème beaucoup plus urgent que ma coiffure sur les bras, dit-il en voyant que Livaï continuait à s'affairer – vainement – sur ses pauvres mèches trop rebelles.

Seul un grognement agacé lui répondit et il se raidit brusquement, craignant la réaction du souverain contrarié.

Mais il se contenta de simplement s'éloigner de lui (au plus grand soulagement d'Eren) et de s'approcher d'une petite étagère incrustée dans le mur de pierre et recouverte de plusieurs bouteilles de toutes les tailles et de toutes les formes. Des liquides allant du rouge sang à la clarté de l'eau en passant par l'ocre et l'ambre y séjournait. Livaï se saisit de l'une d'elle (une petite flasque ronde remplie d'un liquide brillant et presque orange) et se servit un verre avant de revenir s'appuyer tranquillement contre son bureau avec l'air de réfléchir intensément. Eren l'observa sans rien dire (s'éloignant du bureau par précaution). Le Roi finit par demander de sa belle voix grave en le fixant soudainement droit dans les yeux :

- T'as un plan pour t'en sortir demain ?

Eren se mordilla légèrement la lèvre inférieure. En vérité des plans, il n'en avait pas des masses. Aller au combat, éclater Lord Diegenstein, rétablir son honneur et aller se coucher illico presto. Dans le Sud, les duels existaient encore, mais on ne s'en servait que très rarement. Généralement présenté ses excuses de manière officielle suffisait largement. Mais il arrivait que deux personnes ne soient pas d'accord entre elles au point que l'on en arrive à un duel pour les départager. A l'épée, au poignard ou bien à mains nues, les combats étaient toujours gérés par un arbitre impartial (souvent le Roi lui-même) et la mort malencontreuse de l'un des deux rivaux ne faisait pas partie des options possibles. Mais l'instinct d'Eren lui soufflait que ce n'était pas forcément le cas au Nord.

- Pas vraiment…vous avez quelques choses à m'apprendre sur lui ?

Livaï fit tourner lentement le liquide dans son verre et l'observa en penchant la tête sur le côté comme s'il réfléchissait intensément. Il finit par dire :

- Je ne sais pas grand-chose car je ne l'ai jamais vraiment vu à l'œuvre. Mais je sais qu'il est assez vieux et qu'il a, depuis presque un an, des problèmes respiratoires. Son endurance n'est pas terrible du tout et il n'est plus tout jeune.

- Et donc, vous pensez que…

- Je pense qu'il va essayer d'en finir le plus rapidement possible. Son maître d'arme était Keith Shadis comme tout ceux qui ont fait l'armée dans ce pays. Sa spécialité, ce sont les attaques rapides et mortelles qui mettent l'adversaire hors d'état de nuire en seulement quelques secondes de combat. Le but étant de déstabiliser son rival pour l'empêcher de riposter et découvrir au fil d'un long combat ses faiblesse et ses failles.

Eren buvait littéralement les paroles du souverain. Son enseignement militaire prenant le contrôle de son esprit. Des dizaines de stratégies prenaient place dans son cerveau qui tournait à plein régime. Le souverain surprit son air concentré et cessa de parler pour l'observer tout en buvant sa liqueur. Eren était tellement absorbé par ses pensées qu'il ne s'en rendit même pas compte.

Pour finir il s'exclama :

- Où se trouve la salle d'entrainement ?

Livaï le nez dans son verre haussa un sourcil élégant en le fixant de son regard blasé suffisamment longtemps pour que l'envie de se tortiller remonte en Eren. Puis, il finit par dire avec tout le naturel du monde :

- Prends le couloir et tourne à droite, avance tout droit et prend le deuxième couloir à gauche. Ensuite tourne deux fois à droite et se serra la troisième porte sur le côté gauche.

- Euh…merci, dit Eren qui commençait déjà à se réciter mentalement les paroles du souverain comme une comptine pour être sûr de ne rien oublier.

Il ploya légèrement les genoux et la tête en guise de révérence et s'apprêtait à sortir quand la voix de son fiancé l'arrêta net :

- Oï gamin…

Il se tourna lentement vers celui qui l'avait interpellé et frissonna en croisant son regard gris glacial qui semblait le fixer jusqu'aux tréfonds de son âme. Il eut un mal fou à articuler un « oui ? » légèrement tremblant. Le monarque ne répondit pas tout de suite, mais quand sa voix grave et vibrante retentit, Eren eut du mal à empêcher ses genoux de trembloter légèrement.

- Ça m'embêterait vraiment que tu meurs demain.

Malgré son malaise croissant, le jeune Prince ne put retenir son ironie :

- Ça va peut-être vous étonner, mais moi aussi.

Le roi ne répondit pas, continuant de le fixer de son regard glacial mais qui a contrario suffisait à allumer un feu dans les joues d'Eren. Rien à faire, les yeux magnifiques du souverain le mettaient toujours extrêmement mal à l'aise. Comme s'il était nu et sans défense face à lui. C'était…extrêmement déplaisant.

- Fais de ton mieux demain et reviens vivant, finit par achever Livaï, toujours assis sur son bureau les jambes croisées et le dos droit. Eren remarqua qu'il tenait toujours son verre d'alcool (c'était sûrement de l'alcool cette boisson).

Un peu pris au dépourvu, Eren ne bougea pas tout de suite. Puis, voyant que Livaï se contentait de le fixer en ayant visiblement rien d'autre à ajouter, il hocha vaguement la tête et sortit en refermant soigneusement la porte derrière lui.

Une fois séparé de son terrifiant fiancé par une certaine épaisseur de bois, Eren se remit à respirer normalement. Il soupira profondément, sentant toute la tension qui l'habitait auparavant le quitter. Ça c'était vraiment beaucoup mieux passé que ce qu'il avait imaginé. Il ne comprenait juste pas pourquoi le Roi l'avait soudainement plaqué contre le bureau. Peut-être pour le faire taire ? Si c'était pour ça, il y avait bien d'autres manières de le faire, non ? Décidément, les habitants du Nord n'étaient qu'une bande de rustres et de sauvages qui ne pensaient qu'à s'étriper entre eux dans des duels sanglants. Enfin…Eren aurait aimé ne penser qu'à ça, mais son cerveau prenait à malin plaisir à lui rappeler combien cette proximité soudaine l'avait troublé.

Agacé, il secoua la tête comme pour dire « non » et pour essayer de se remettre les idées en place. Il avait un duel demain ! Les enjeux étaient énormes, pour lui comme pour le Sud ! Il se devait d'être à la hauteur et n'avait vraiment pas le temps de se torturer l'esprit avec ses stupides histoires d'adolescents fleur bleue et pleins d'hormones. Il était Prince, il avait des responsabilités ! C'était à ça et uniquement à ça qu'il devait penser actuellement et rien d'autre ! Point à la ligne.

Mais tandis qu'il se dirigeait vers la salle d'entraînement en suivant les indications de Livaï, il ne pouvait s'empêcher de se demander ce que le Roi avait voulu dire par « ça l'embêterait qu'il meure ». Est-ce que cette phrase voulait dire que quelques parts au fond de lui, le Grand Roi du Nord tenait un petit peu à lui ? Le jeune homme eut beaucoup de mal à ne pas légèrement rougir à cette idée.


Le lendemain, on aurait dit que le Nord entier c'était donné rendez-vous dans la Cour de Givre du Palais.

Eren savait bien que ce n'était qu'une impression de sa part, le Nord était le plus grand territoire du Dernier Continent et comptait presque un milliard d'habitants, tous les travailleurs ne pouvaient donc pas abandonner leurs travaux juste pour venir le regarder se battre. En plus, il n'y aurait pas eu assez de place.

Quoique…au vu des dimensions titanesques de la salle, y loger un milliard de personnes n'aurait peut-être pas été un si gros problème. En tassant bien dans les coins on aurait sûrement pu y arriver.

Mais pour le moment, Eren était trop occupé à observer avec fascination son environnement pour se soucier du nombre de spectateurs possibles. La Cour de Givre méritait son nom. Entièrement taillée dans la glace (comme presque toutes les salles importantes du Palais), les murs reflétaient la lumière, créant une atmosphère éclairée voire légèrement éblouissante. Le plafond avait été finement sculpté de volutes délicats tout comme les murs et certaines parties du sol transparent et Eren s'émerveillait de la voûte majestueuse qu'il formait sans qu'il ait besoin du moindre pilier pour le soutenir. Pour couronner le tout, des stalactiques d'un beau bleu translucide s'enroulaient sur elles-mêmes depuis le plafond et formaient des sortes de lustres délicats. Alors qu'Eren s'émerveillait de tout, son adversaire, de son côté, se tenait bien droit, les bras croisés et le visage fermé sur une expression d'agacement extrême qu'Eren se fit un devoir d'ignorer.

Autour d'eux, la foule de spectateurs trépignait d'impatience, réclamant silencieusement mais très clairement du sang et des combats. Eren pouvait sentir leur avidité et réprima un frisson de dégoût. Et dire qu'il allait devenir le deuxième roi de cette bande de fous furieux.

L'idée l'emballait de moins en moins à chaque seconde qu'il passait dans le Nord.

Puis, Livaï fit son entrée et Eren oublia tout tant le charisme du Roi prenait toute la place.

Les cris et les huées se turent et un silence religieux s'installa seulement brisé par le bruit lent des pas assurés de Livaï. Il s'avança majestueusement vers un immense trône d'onyx sculpté de motifs guerriers très impressionnants. Vêtu d'une tenue de cuir noir brillant, de bottes épaisses et armé jusqu'aux dents avec sa traditionnel couronne d'argent sur la tête, le Grand Roi du Nord imposait plus que jamais sa présence à sa Cour. Laquelle s'inclina respectueusement dans un synchronisme parfait. Eren les imita avec un léger temps de retard. Il n'était pas encore tout à fait habitué à l'impression de puissance glaciale qui semblait émaner de son fiancé.

La voix forte de Livaï résonna dans la grande salle :

- Aujourd'hui nous sommes réunis pour un Duel d'Honneur. Celui de l'un de mes sujets a été bafoué et dans ses bons droits, il a réclamé réparation auprès de son adversaire. Et cette réparation fut accordée. Aujourd'hui, vous vous battez pour votre honneur, pour celui de votre famille, de vos proches, de vos ancêtres et de vos descendants. Mais aussi pour celui de votre pays. Faites honneur à tous ceux qui vous observent et combattez vaillamment. Montrez au monde votre ardeur, votre fougue et votre adresse. Le Duel se poursuivra jusqu'à ce que l'un des adversaires ne soit plus en état de se battre. Que le meilleur gagne !

A première vue, le discours de Livaï était celui du dirigeant que l'on attendait qu'il soit. Mais si on regardait de plus près, cette histoire avait juste l'air de profondément l'ennuyer. Mais Eren n'y prêta pas attention longtemps et vérifia plutôt que les épaulettes en cuir brun épais qui protégeais ses épaules, le haut de ses bras ainsi que son cou n'entravaient pas ses mouvements. Il régla soigneusement les sangles qui les maintenaient en place, échauffa un petit peu ses chevilles et ses poignets. S'assura que ses bottes ne lui faisaient pas mal aux pieds et que les semelles ne glissaient pas sur le sol glacé puis il fit quelques moulinets pour s'assouplir les poignets avec son sabre qu'il avait baptisé Karla en hommage à sa mère qui le lui avait offert à l'époque.

De son côté, son adversaire (qui affichait toujours une tête de snob constipé), portait un plastron en acier argenté sur une cote de maille qui protégeait ses épaules, son torse et ses bras. Il portait des jambières articulées qui partaient de ses chevilles jusqu'au haut de ses cuisses. Le tout grinçait un peu quand il bougeait et Eren (d'un point de vue parfaitement objectif) le trouvait légèrement ridicule.

Mais il n'eut pas le temps de s'en moquer intérieurement, que déjà Lord Diegenstein se plaçait d'un côté du cercle (ou plutôt l'arène de combat) délimité par les spectateurs rassemblés qui recommençaient déjà à s'exciter sur le combat à venir. Eren pouvait sentir leur soif de sang augmenter lentement et devenir de plus en plus oppressante. Il sentait sur lui les regards avides de prouesses et d'exploits guerriers et réprima un deuxième frisson de dégoût tandis qu'il gagnait sa place en face de son adversaire de l'autre côté du cercle. Il devait rester parfaitement impassible devant cette bande de vautours, sinon ça ne prendrait pas long avant que l'un d'eux ne se décide à lui planter un couteau dans le dos.

Une fois en place, il ferma les yeux et respira un grand coup pour calmer les battements erratiques de son cœur. Il devait rester zen. C'était un combat pur et dur. Il savait comment gérer cela. Il devait juste écraser son adversaire. Juste se battre et gagner.

Lentement, le vide se fit dans son esprit.

Sa respiration ralentit à chaque expiration. Son pouls également.

Il prit conscience de son corps, de chaque muscles qui le composaient et de l'énergie qui bouillonnait en lui.

Il en était capable. Il le savait. Il pouvait gagner.

Et même…il devait gagner.

Pour lui, pour sa famille et pour le Sud.

Tous les enchaînements, feintes et techniques qu'on lui avait enseigné, apprises ou qu'il avait lui-même inventés défilèrent derrière ses paupières closes à la vitesse de la lumière.

Une dernière inspiration et il ouvrit les yeux fixant son regard dans celui de son adversaire qui eut un léger mouvement de recul face à l'attitude prédatrice qui se dégageait du jeune Prince à présent. L'aura de guerrier qui semblait désormais l'entourer était presque comparable à celle de Livaï. Mais elle était également très différente.

Moins évidente. Plus sous-jacente mais toute aussi dangereuse.

L'excitation de la foule redoubla. L'attention du Roi du Nord aussi. Mais au milieu de cette agitation à peine contenue, personne ne s'en rendit compte. Pas même le principal concerné de cette attention qui restait entièrement concentré sur celui qu'il considérait officiellement comme sa cible.

Lord Diegenstein se mit également en place et les deux adversaires posèrent de concert leurs mains sur le pommeau de leurs épées, prêts à dégainer. L'arbitre frappa une première fois sur un immense gong de cuivre. Le coup sembla faire trembler l'univers entier et tous retinrent leurs souffles.

Puis un deuxième coup retentit et les deux adversaires se foncèrent dessus tel deux éclairs, l'un argenté l'autre brun.

Un bruit de lames qui s'entrechoquent monta au fur et à mesure que le combat devenait de plus en plus féroce. Les épées, alors réduites à de simples éclairs argentés presque invisibles à l'œil nu, fendaient l'air en sifflant tel des serpents pour se heurter brutalement. Ce bruit strident rappelait à Eren le Désert de Zahra où son père l'avait un jour emmené pour un voyage diplomatique. Cette région était de loin la plus dangereuse du Sud en grande partie à cause des Siffleuses. De mortelles petites vipères couleur sable qui produisaient le sifflement caractéristique qui leur avait donné leur nom et qui faisait fuir les prédateurs. Si bien que même si on ne les voyait pas, on savait qu'elles étaient là, tout près, et que si on avait le malheur de s'approcher, leurs morsures nous le ferait amèrement regretter.

Ce bruit est quasiment le même, songea Eren en parant une attaque particulièrement vicieuse de la part du Lord qui semblait s'agacer fortement de ce combat qui s'éternisait.

Tout en ripostant, il se remémora ce que lui avait dit son fiancé sur son adversaire :

Attaques rapides

Peu d'endurance

Problèmes pulmonaires

Vieillesse

Spécialisé dans le combat à courte durée

Son exact opposé en somme. On lui avait toujours enseigné qu'un combat se remportait souvent par l'endurance. On l'avait forcé à s'entraîner jusqu'à ce que ses bras et ses jambes lui en tombent. Son regard durcit, une nouvelle vague d'énergie lui enflammant les sens et d'un puissant coup contre la lame de son assaillant, le fit reculer de quelques pas.

Maintenant séparés de quelques mètres, les deux rivaux profitèrent de ce bref répit pour reprendre leurs souffles respectifs. Puis sans prévenir, Diegenstein s'élança vers lui, l'épée en avant et pointée directement vers le cœur d'Eren. L'attaque était vive, précise et rapide. Face à un autre adversaire, elle aurait sûrement fonctionné. Mais Eren était prêt. Il avait été entraîné avec et par sa sœur qui était cinq à six fois plus rapide que ce vieil homme un peu trop arrogant. Il n'eut donc aucun mal à le voir venir. Il avait presque l'impression qu'il courait au ralenti.

Il se déplaça rapidement sur le côté pour l'éviter, dévia légèrement son épée avec le plat de la double lame de Karla pour dégager son torse et plus particulièrement son ventre qui n'était pas protégé par des couches d'acier. Puis avant que l'autre n'ait eu le temps de comprendre, il lui balança violemment son genou en plein estomac, l'envoyant valser à l'autre extrémité du cercle, le souffle coupé. Des cris retentirent dans la foule.

Complètement galvanisé, Eren se rua sur son adversaire pour l'achever avant qu'il n'ait eut le temps de reprendre son souffle et ne se relève pour un deuxième round. Mais à mi-chemin, une ombre surgit devant lui, et lui barra la route. Eren ne sut jamais où il trouvât la présence d'esprit de reculer brusquement en voyant du coin de l'œil un éclair argenté fendre l'air glacial jusqu'à son ventre.

Il rétablit rapidement son équilibre pour faire face à ce nouvel assaillant imprévu.

C'était un jeune homme à peine plus âgé que lui, les cheveux bruns mi-longs, des yeux bleus, une belle carrure et un port de tête altier qui lui conférait un certain charme. Mais celui-ci était légèrement gâché par la lueur meurtrière qui dansait dans son regard. Il tenait à la main un poignard affûté et de l'autre une longue lame effilée, et portait pour seule protection une légère cuirasse de cuir noir qui lui protégeait le torse et des genouillères. Eren allait lui ordonner de dégager pour qu'il puisse terminer son combat tranquillement quand la voix du jeune homme retentit :

- Je suis Auric Diegenstein et je demande à prendre la place de mon oncle pour ce combat qui est de toute évidence inégale pour défendre l'honneur de notre famille aux yeux de la royauté et de la noblesse.

Eren haussa élégamment un sourcil, extrêmement offensé par les propos du jeune homme. Une lutte inégale ? C'était la meilleure !

- Votre…oncle, a lui-même réclamé ce combat pour laver son honneur. De quel droit vous interposez-vous ? S'il perd, se sera sa faute et se sera sa responsabilité pas la vôtre, dit le jeune Prince en se retenant de parler sur un ton outré.

Le jeune homme serra fermement les dents en le fusillant du regard. Il répliqua :

- Comme l'a dit notre Roi, c'est l'honneur de ma famille qui est en jeu. N'importe quel membre de cette famille peut se proposer pour le remporter.

Ce fut plus fort que lui, Eren éclata d'un grand rire ironique qui résonna fortement dans la Cour de Givre.

- Et vous me parliez de lutte inégale ? s'exclama-t-il une fois calmée. Vous ne manquez vraiment pas de culot ! Si je vous bats comme votre oncle avant vous, qui me dit qu'un autre ne prendra pas également votre place ? Un cousin, une cousine, votre sœur, votre frère, votre mère ou même votre père ? Où est l'égalité dans tout cela ? fit-il en écartant largement les bras, son épée décrivant un large arc de cercle argenté. Nulle part ! Si moi je venais à être vaincu par l'un de vous, qui prendrait ma place pour défendre l'honneur de ma famille comme vous le dites si bien ? Qui ? Je m'écroulerai rapidement d'épuisement si je dois affronter tous les membres de votre fratrie les uns après les autres sans aucun répit. Et quand finalement l'un de vous me vaincra, quel mérite aura-t-il ? Quel affront aura-t-il lavé ? Aucun ! Il ne saura peut-être même plus pourquoi il se battait. Non, vraiment, ce que vous me proposez là, est sûrement la chose la plus stupide que l'on ne m'ait jamais dite !

Et il repartit presque aussi sec dans son fou rire nerveux. Pendant ce temps, les gens rassemblés autour du cercle commençaient à murmurer furieusement en jetant des regards à Eren qui riait de plus en plus fort, au Lord Diegenstein qui gisait toujours misérablement au sol et à son neveu qui attendait, la mâchoire crispée et les poings serrés autour de ses armes, à deux doigts d'exploser.

Livaï, lui, regardait ce spectacle d'un air calculateur et jugea comme Eren que ce qu'avançait Auric était plus que ridicule. Lord Diegenstein avait de toute évidence perdu et le remplacer par quelqu'un d'autre était futile et de très mauvais goût.

- Votre Majesté…

C'était la voix de Petra. Livaï se tourna vers elle et croisa son regard entendu. Il hocha la tête et s'apprêta à déclarer la fin du combat en faveur d'Eren quand celui-ci cessa brusquement de rire pour darder son adversaire d'un regard de prédateur.

- Mais très bien, fit-il d'une voix de défi et légèrement moqueuse. Venez donc vous battre (il pointa son arme droit sur son nouvel adversaire comme pour le désigner), mais si vous perdez malgré cela, assumez votre défaite jusqu'au bout !

Et il s'élança, aussi rapide que la lumière, léger comme une plume, invisible comme le vent et mortel comme un tigre.

Son adversaire fut rapidement débordé, essuyant des attaques toujours plus rapides et fourbes. Et surtout douloureuses. De minuscules entailles apparaissaient sur ses bras et ses jambes. Pas vraiment sérieuses, il était suffisamment habile avec son poignard et son épée longue pour ne pas se faire mettre hors-jeu aussi rapidement que son oncle mais elles n'en étaient pas moins particulièrement désagréables.

Mais quand fatigué de ses incessantes attaques, il voulut reculer pour analyser la situation et essayer de reprendre l'avantage, son ennemi lui faucha impitoyablement les jambes. Il tomba à la renverse mais avant que son crâne ne heurte le sol, Eren lui décocha un puissant coup de pied dans la tempe, l'assommant proprement et l'envoyant rejoindre son oncle au sol.

On aurait pu croire que c'était terminé mais au contraire, une jeune femme à l'éclatante chevelure rousse tenta de le poignarder dans le dos. Il pivota juste à temps et le couteau ripa sur le cuir épais de l'épaulette. Il continua sur son élan et frappa la fille du poing en plein ventre. Elle serra les dents et encaissa le coup, pour contre-attaquer d'un puissant coup de coude dans les côtes du jeune homme. Ses protections l'aidèrent à ne pas flancher mais il ne put retenir un grognement de douleur. Mais plutôt que de reculer, il préféra lâcher son arme pour attraper l'avant-bras de son adversaire à deux mains et la faire basculer part dessus son épaule. Il la projeta au sol de toutes ses forces, et elle atterrit brutalement sur le dos qui émit un craquement sinistre. La fille gémit sourdement et ne bougea plus quand Eren la lâcha.

Le sifflement d'une lame venant de derrière lui l'empêcha de culpabiliser de sa conduite fort peu galante. Il évita souplement le sabre acéré d'un homme d'âge mûr mais visiblement très bien conservé. Là, il devait admettre qu'il n'était pas vraiment un posture de force, puisqu'il avait lâché Karla quelques secondes auparavant pour se défaire de son dernier adversaire. Il manquait donc un peu de marche de manœuvre en matière défensive ou offensive. Il recula donc lentement en évitant habilement les larges moulinets que l'homme décrivait de la pointe de son arme, cherchant une solution en essayant de ne pas paniquer.

Puis en voyant du coin de l'œil, les corps gisants de ses anciens ennemis vaincus, une idée lui traversa l'esprit. Il fit un bond en arrière pour échapper pendant quelques instants à son envahissant adversaire et se saisit de l'arme du jeune homme qui avait été son deuxième adversaire. Elle était un peu lourde pour lui et trop longue mais il se dit que c'était vraiment mieux que rien et s'élança vers son assaillant, leurs lames se heurtant violemment lorsqu'elles se rencontrèrent. Les coups s'enchaînèrent alors, un peu plus lents pour Eren qui était quelques peu déstabilisé par cette arme qui n'était pas la sienne. Mais il parvint néanmoins à faire reculer son adversaire de quelques pas suffisants pour qu'il ramasse rapidement Karla et se remette au combat avec plus d'ardeur que jamais mais cette fois avec deux lames.

Une profonde entaille à la cuisse gauche força l'homme à abandonner le combat. Le sang écarlate giclait, tachant le sol immaculé, mais Eren n'eut pas le temps de s'y attarder. En se retournant, il fit alors face à deux combattants en même temps, visiblement des frères et sœurs au vue de leur ressemblance physique. Le sourire railleur qu'il leur adressa semblait clamer au monde entier « voyez comme vous êtes faibles ! Obligés de vous mettre à plusieurs contre moi qui suis seul pour essayer de me vaincre ». Les deux frangins eurent l'air de comprendre le message et s'enlacèrent contre lui, bien décidés à lui faire la peau pour venger leur honneur. Ils n'avaient pas l'air de comprendre qu'en faisant cela, ils ne faisaient que se ridiculiser aux yeux de la Cour et du Roi. Mais ils étaient trop aveuglés par la soif de vengeance pour ne serait-ce qui penser.

Pendant ce temps, autour d'eux, la foule devenait folle.

Les gens hurlaient, brandissaient le poing, criaient des insultes ou des encouragements à qui mieux mieux sans que l'on sache vraiment à qui ils étaient adressés. Mais cela Eren s'en moquait éperdument. Son sang battait à ses tempes, son cœur semblait vouloir battre un record de vitesse et son instinct de guerrier chantait sa joie. Il se sentait fort, il se sentait puissant et invincible. Il libérait enfin toute la frustration qu'il ruminait depuis son arrivée dans le Nord et remettait enfin à leurs places toutes les personnes qui avaient cassé du sucre sur son dos en toute impunité. Si la force était la seule chose qui était respectée et valorisée dans ce pays, il allait leur en donner la plus belle démonstration qu'ils n'aient jamais vu.

Il fit reculer son premier adversaire d'un large mouvement d'épée et la fille tenta de l'embrocher sur le côté, mais avant qu'elle n'ait pu l'atteindre, Eren leva brusquement la jambe à la verticale et la fille recula en criant de douleur en se tenant la joue. Une large entaille sanglante la décorait désormais, faite par la petite lame qui était sortie de la pointe de la botte d'Eren. Une petite goutte de sang pourpre s'écrasa sur le sol quand le jeune Prince reposa le pied par terre. Pour l'achever, il lui entailla la main qui tenait son arme et sans lui laisser le temps de reculer, l'assomma en lui frappant la nuque avec le pommeau de son épée. elle s'écroula au sol et ne bougea plus. Fou de rage, le garçon (qui ne devait pas avoir plus de dix-sept ans) se rua sur lui en poussant un cri de guerre. Eren l'évita juste avant qu'il ne lui tranche le bras et lorsqu'il se retrouva dos à lui, emporté par son élan incontrôlé, il abattit impitoyablement son épée, brisant sa côte de maille, tranchant le tissu de la tunique et lacérant son dos, créant une blessure profonde mais pas mortelle sur le dos de son assaillant qui s'écroula au sol en criant de douleur pour ne plus bouger, le sang coulant de sa plaie.

Eren n'écoutait plus rien. Ni les cris de la foule, ni ceux de douleurs de ses anciennes proies. Il n'entendait plus que les battements sourds de son cœur et le sang qui chantait à ses oreilles. Il avait encore envie de rire de sa puissance mais il n'en eut pas le temps que déjà un dernier rival se précipita vers lui, sabre au clair, l'air déterminé.

Le jeune Prince du Sud comprit qu'il était le dernier. Que s'il triomphait de cet homme, plus personne n'oserait le défier. Il se mit donc rapidement en position et para l'attaque que lui administra l'homme en guise de coup de semonce. Le choc fut si puissant qu'il se répercuta jusque dans les os du Prince. Il sentit que son adversaire ne se laisserait pas battre aussi facilement que les précédents et qu'il risquait d'en baver avec lui qui était frais et plein d'énergie alors qu'il sentait la fatigue pointer le bout de son nez. La foule de spectateurs eut l'air de le comprendre car l'agitation s'accentua tandis que l'homme assaillait Eren de toute part, ne lui laissant aucun répit pour essayer le faire plier, trébucher et tomber.

Un coup de genou dans la hanche fit grimacer Eren de douleur, et il recula en chancelant, appuyant la paume de sa main contre la zone douloureuse en incendiant son adversaire du regard.

Il ne devait pas perdre maintenant. Il ne voulait pas perdre maintenant. Pas alors que la victoire était si proche de lui. A portée de lame.

Armée d'une nouvelle détermination et snobant totalement sa douleur à la hanche, Eren fonça sur l'homme en face de lui qui l'attendit de pied ferme, bien calé sur ses appuis, prêt à encaisser. Au moment où il ne fut plus qu'à un mètre de distance de son but, Eren lança Karla en l'air, la faisant tournoyer sur elle-même comme une longue hélice argentée et très affûtée. Par un réflexe naturel, l'homme leva les yeux sans comprendre et Eren en profita pour lui administrer un puissant coup de pied latéral à la hanche gauche, le faisant grogner et reculer de quelques centimètres. Au même moment, Eren tendit la main et rattrapa Karla par la lame, son gant de cuir le protégeant de la morsure de l'acier et d'un grand mouvement circulaire, il abattit le pommeau d'acier poli décoré d'ivoire blanche sur la lame tendue de son ennemi qui se brisa net en deux sous le choc.

Dans l'incapacité de se défendre, l'homme recula d'un pas en levant les mains pour déclarer forfait mais Eren ne l'entendit pas de cette oreille, et d'un mouvement souple et calculé, l'assomma avec le pommeau de son épée d'un coup sur la tempe, l'envoyant rejoindre sa famille au pays des songes.

Le silence se fit dans la Cour du Givre, tous retenaient leurs souffles en attendant qu'un nouvel ennemi se désigne et s'avance pour combattre encore. Mais personne ne bougea d'un pouce.

Un tonnerre d'applaudissements retentit soudainement, brisant net le calme qui s'était installé.

Eren, pour sa part, se tenait toujours debout au milieu des corps inanimés de ses ennemis défaits, les pieds dans une flaque pourpre. Il n'entendait plus qu'un léger bourdonnement extrêmement désagréable qui faisait trembler ses tympans. L'adrénaline désertant lentement son organisme, il ne saisit pas tout de suite qu'il avait gagné.

Puis, quand il comprit enfin, une profonde fatigue mais également un soulagement intense s'abattirent sur ses épaules comme une chape de plomb, lui donnant une furieuse envie de s'endormir à même le sol, pour au moins deux semaines. Le monde tournait devant ses yeux et le vacarme environnent de l'aidait pas à recouvrer ses esprits. Il avait une vague envie de vomir et de hurler aux gens de se taire et de quitter les lieux tout de suite. Il commença à vaciller légèrement sur ses jambes devenues faibles et crut pendant un instant qu'il allait s'évanouir devant toute la Cour du Nord.

Puis son regard accrocha celui bleu acier de son fiancé et le boucan se tut. En tout cas, pour lui car les gens continuaient de hurler tout autour de lui. Il ne les entendait juste plus.

Une lueur nouvelle brillait dans les yeux de Livaï tandis qu'il fixait son fiancé épuisé par l'effort. Son regard qu'Eren préféra qualifier d'admiratif, lui donna la force de faire bonne figure jusqu'au bout.

Il s'inclina gracieusement face au Roi, planta dans le sol l'épée qui n'était pas la sienne, rengaina Karla d'un geste assuré, dans le fourreau qui se trouvait dans son dos et quitta la salle d'un pas fier et la tête haute. La foule toujours en délire se fendant en deux pour le laisser passer. Eren puisa dans ses dernières forces pour ouvrir seul la lourde porte de glace à double battants et ne relâcha son souffle que lorsqu'elle se fut refermée, étouffant les cris et les quelques promesses de revanche que criaient certains.

Et alors, enfin seul dans le couloir, il poussa un gros soupir de soulagement.


Assis dans l'immense baignoire remplie d'eau brûlante de l'immense salle de bain de la chambre qu'il partageait désormais avec Livaï, Eren ressassait chaque action du combat qui avait eu lieu et plus particulièrement les siennes.

Bonne nouvelle, il avait gagné. Ça c'était le principale. L'honneur du Sud était sauf.

Mauvaise nouvelle, il s'était probablement mis toute une famille de nobles nordiques à dos.

Fantastique ! Sa vie n'était déjà pas assez dure comme ça ! Maintenant, il allait craindre à chaque instant d'être poignardé au détour d'un couloir ou empoisonné dès qu'il mangerait quelques choses. Un vrai bonheur.

Eren n'était pas du tout habitué à tant d'hostilité entre membres d'un même groupe. Au Palais du Sud, il n'avait jamais eu à craindre de telles choses. Tout le monde s'entendait bien et se faisait naturellement confiance. Fraternité et confiance mutuelle, était même la devise du Sud. Comment pouvait-on autant se quereller entre membres d'un même pays ? Pourquoi ce besoin d'être toujours le plus fort ? Ce n'était pas utile ! On n'appréciait pas quelqu'un en fonction du nombre de personne auxquelles il avait cassé la gueule, si ?

Eren se regroupa sur lui-même, enserrant ses genoux entre ses bras, se sentant plus seul que jamais. Pour finir, ce combat ne lui aurait rien apporté de bien. Juste des ennuis supplémentaires et la haine de certains. Or, il ne voulait pas être haï, ni craint. Au contraire, il voulait être aimé ! Du peuple comme de la noblesse. Être apprécier pour ses qualités de dirigeant bienveillant et non pas celles de tueur impitoyable. Pendant un instant, il se demanda si Livaï ressentait la même chose. Être obligé d'être froid et intransigeant pour continuer à se faire respecter et conserver le pouvoir pour éviter que ce pays ne tombe en ruine. Il était possible que Livaï lui-même n'apprécie pas la façon dont la Cour se gérait mais qu'il ne pouvait pas expulser tous les nobles du Palais d'un coup de pied aux fesses. Eren soupira et maudit pour la première fois de sa vie la politique et toutes les emmerdes qu'elle apportait aux gens.

Il allait continuer à se morfondre quand il entendit la porte s'ouvrir et quelqu'un entrer. En un instant, il envisagea toutes les possibilités, allant du simple domestiques chargé du ménage à l'assassin envoyé pour l'égorger dans son bain pendant qu'il était seul et sans défense. Si c'était le cas, ils n'avaient vraiment pas perdu leur temps, ça ne faisait même pas une heure que le combat était terminé.

Discrètement, en faisant le moins de bruit possible dans l'eau, Eren se cacha derrière la fontaine en marbre en forme de dragon aquatique qui crachait de l'eau depuis sa gueule pleine de dents, grande ouverte et qui se trouvait au centre de la baignoire (qui sur le Dernier Continent avait une fontaine dans sa baignoire à part Livaï ?) et retint son souffle, attendant que son visiteur s'annonce. Il essaya de deviner en fonction de ce qu'il entendait. Le pas de son visiteur était beaucoup trop assuré pour que ce soit celui d'un domestique, lesquels avançaient toujours à petits pas discrets et silencieux. Ni celui d'un assassin, c'était beaucoup trop bruyant (ou alors, c'était un vrai débutant sans grand danger). Mais alors qui ?

Eren revit toutes les possibilités mais s'arrêta net en entendant un bruit de tissu qui tombe au sol ainsi que celui d'un corps entrant dans l'eau. Qui que soit ce visiteur, il avait visiblement l'intention de prendre un bon bain. Est-ce qu'il savait qu'il était là ? Et si non, comment lui annoncer sa présence ? En plus, il était totalement nu ! Eren rougit en songeant au moment, gênant qui n'allait pas tarder à arriver. Son cœur battait de plus en plus vite et sa respiration s'emballait. Aussi quand une voix retentit juste à côté de son oreille droite :

- Gamin…

Il poussa un cri de surprise très peu viril, et encore dopé à l'adrénaline de son ancien combat, il repoussa sans réfléchir son interlocuteur inconnu de toutes ses forces.

Celui-ci, déséquilibré, tomba à la renverse dans une grande gerbe d'eau.

Mortifié, Eren vit alors la tête de Livaï (Oh Déesse !) sortir de l'eau, totalement trempé, ses sourcils légèrement plus froncés que d'habitude et le regard assassin. Le jeune homme retint un cri d'horreur. Il avait failli noyer le Grand Roi du Nord, Livaï Ackerman ! Même si ce n'était pas volontaire, ça pouvait très bien être pris comme une tentative d'assassinat par les plus paranos. Prince du Sud ou pas, cette histoire avait très peu de chance de bien se terminer pour lui.

- Dis donc, gamin…ça va pas bien ?

Totalement paniqué, Eren se mit à réciter une cinquantaine d'excuses à la suite sans reprendre son souffle et si vite que l'on avait l'impression que les mots étaient collés ensemble :

«JesuissincèrementdésoléVotreMajestévousm'avezfaitpeuretj'airéagiparréflexejesuisnavréetjeferaisn'importequoipourquevousvouliezbienmepardonnercen'étaitpasvolontaireetjem'excusedemongesteexagéréetje…»

Et ainsi de suite.

Devant ce débordement d'excuses et de paroles, Livaï resta un moment sans rien dire, impressionné que l'on puisse parler autant sans respirer une seule fois. Puis voyant que le visage d'Eren commençait à devenir rouge sous le manque d'oxygène croissant, il dit :

- Stop, gamin. Calme-toi j'ai compris, c'était un accident. Excuse-moi si je t'ai fait peur.

Eren s'arrêta immédiatement, les joues rouges de honte (et de gêne, il était encore tout nu) et resserra sa prise sur ses genoux pour cacher sa nudité.

Livaï pour sa part, se passa la main dans ses cheveux mouillés, les ramenant en arrière et fixa son regard gris clair dans celui indigo d'Eren pour l'instant. Il observa pendant un instant les changements de couleur des yeux de son fiancé suivant les jeux de lumière ainsi que la coloration toujours plus prononcée de ses joues qui commençait à virer au carmin.

- Ça va pas ? demanda-t-il en voyant le gamin reculer tandis qu'il s'approchait de lui.

- Si, si, fit Eren quand son dos rencontra le corps sculpté d'écailles du dragon de la fontaine, l'empêchant de reculer encore.

- Pourtant t'es tout rouge, rétorqua Livaï avec tout son tact habituel, se rapprochant jusqu'à pouvoir toucher la joue de son fiancé avec sa main. Elle était brûlante et de plus en plus rouge. T'as de la fièvre ?

- Non, non. Tout va très bien, mais…vous pouvez reculer ? supplia presque Eren, qui n'osait pas regarder le Roi ailleurs que dans les yeux.

Livaï haussa un sourcil sans comprendre et aggrava la situation en se penchant un peu plus vers Eren qui commençait à avoir un peu de mal à respirer.

- Pourquoi ? demanda-t-il toujours aussi blasé mais néanmoins curieux de connaitre la source de ce trouble chez le gamin.

- Mais parce que…parce que….

- Parce que ?

- Parce que vous êtes nu !

Quoi c'était tout ?

- Et alors ? demanda Livaï le sourcil toujours levé avec un léger air d'incompréhension.

- Mais…mais alors moi aussi !

- C'est généralement ce que l'on fait quand on prend un bain gamin. On se lave rarement tout habillé, sauf quand on veut vraiment gagner du temps.

- Non, ce n'est pas ça, fit Eren qui commençait sérieusement à paniquer devant le corps musclé et totalement dénudé de son fiancé à quelques centimètres du sien. Son odeur musqué lui parvenait directement, plus intense que jamais et sa peau d'albâtre sous laquelle roulaient des muscles fermes était un véritable appel aux baisers les plus enflammés.

Si son esprit arrivait à rester lucide et réaliste, ce n'était absolument pas le cas du reste de son corps qui était en train de surchauffer et n'allait pas tarder à le trahir.

- Tu es gêné ?

La question stoppa les pensées paniquées d'Eren qui réalisa que le Roi était légèrement surélevé par rapport à lui et que sans le voir, en reculant, il s'était presque complètement allongé sur le dos, Livaï le surplombant et l'empêchant presque totalement de fuir, ce qui ne l'aida pas du tout à se calmer.

- Evi…dement, articula-t-il péniblement.

- Pourquoi ?

La réponse à cette question semblait si évidente à Eren qu'il crut pendant un instant que le Roi se moquait de lui. Mais non, il était très sérieux, il répondit faiblement :

- Mais parce que…vous êtes nu et moi aussi et que c'est…c'est gênant !

- En quoi c'est gênant ? Nous sommes tout les deux des hommes, non ? Tu n'as jamais pris de bain avec personne ? s'étonna Livaï.

- Mais…évidement que non !

- Pourquoi ?

- Mais parce que…ça ne se fait pas, tout simplement ! Vous le faites, vous ?

- Bien sûr. En campagne dans les Montagnes d'Argent en pleine guerre, tu crois vraiment que lorsqu'on trouve enfin une source d'eau chaude pour se laver après deux mois à se rouler dans la boue, on attend chacun son tour ? On y serait encore à l'heure qu'il est, si on faisait quelques choses d'aussi stupide et improductif.

- Mais là nous ne sommes pas en campagne ! s'exclama Eren qui commençait un peu à s'énerver de cette conversation ridicule qui ne menait à rien. Nous sommes dans une salle de bain ! On n'est pas pressé. Vous pouvez attendre que j'aie fini !

- Erreur, nous sommes dans ma salle de bain. Donc je décide quand j'y entre et quand j'y sors.

- Alors, laissez-moi sortir et j'irai quand vous aurez fini !

- Pourquoi ?

- Parce que je n'aie pas la moindre envie de me baigner avec vous !

- Pourquoi ? Le spectacle ne te plait pas ? demanda soudainement Livaï d'une voix beaucoup plus sensuelle qui fit revenir immédiatement le rouge de la gêne sur les joues d'Eren.

Le visage du souverain s'approcha soudainement du sien, et Eren ne pouvait pas reculer sa tête sans risquer de se noyer. Cette partie du bassin était suffisamment peu profonde pour qu'il puisse s'asseoir par terre sans avoir la tête immergée mais pour se coucher c'était une toute autre histoire.

Eren retenait son souffle et frissonna en voyant la petite lueur joueuse danser dans les prunelles anthracite de Livaï. Il n'avait encore jamais vu son fiancé (ni personne d'autre d'ailleurs) avec un tel regard à la limite de la perversion et de la malice coquine. Lui qui était habituellement si inexpressif, ce nouvel aspect de sa personnalité était tout bonnement inédit. Quoique les plus grands pervers étaient souvent ceux que l'on soupçonnait le moins.

Eren déglutit difficilement en voyant son visage d'albâtre s'approcher du sien, de plus en plus rouge.

- Alors Eren (c'était la première fois qu'il prononçait son prénom et le susnommé frissonna sous l'intonation employée, licencieuse et sensuelle), ça ne te plait pas ?

- Ce n'est…pas ça, articula-t-il difficilement. C'est juste que…

- C'est juste que quoi ? demanda sadiquement Livaï en coupant le contact visuel établi pour approcher dangereusement sa bouche du cou d'Eren, où le sang faisait pulser la carotide.

Eren ne savait plus. Il avait trop chaud. En parti à cause de la chaleur de l'eau qui lui montait à la tête mais aussi à cause de Livaï et de sa dangereuse aura qui était plus présente que jamais. Ses membres ne lui obéissaient presque plus, son cœur battait trop vite l'empêchant de réfléchir calmement et sa respiration devenait totalement anarchique. Il songea que c'était un véritable miracle de la Grande Déesse qu'il n'ait pas encore un énorme problème plus bas.

Lorsque la jambe nue de Livaï entra en contact avec la sienne, brûlante, sa respiration eut un à-coup.

Il sentit sa main du Roi effleurer en une caresse sensuelle sa hanche encore douloureuse de son combat, et il fut certain que son cœur loupa un battement.

Son torse s'approcha si près du sien qu'il pouvait sentir la chaleur qui s'en dégageait.

Il voulut le repousser d'une main, mais il ne put qu'être émerveillé par la puissance des muscles qu'il pouvait sentir sous la pulpe de ses doigts. Il ne put s'empêcher de continuer son chemin jusqu'à son épaule, palpant délicatement les deltoïdes du bout des doigts. Il sentit chacun de ses nerfs s'embrasser à ce contact.

Le souffle de Livaï contre la peau sensible de son cou s'accentua, et deux lèvres rendues humides par le souffle qu'elles dégageait l'effleurèrent, pour finalement l'embrasser franchement et de plus en plus ardemment. Eren sursauta, son esprit rationnel reprenant le dessus un court instant mais qui fut suffisant pour qu'il repousse Livaï en arrière et se dégage de sa prise. Il voulut sortir de l'eau mais une main solide lui attrapa le poignet, le stoppant net dans sa course vers la liberté.

Encore tout tremblant, Eren tenta de se dégager mais sans succès. Il avait presque autant de force qu'un chaton.

- Lâ…chez…moi, parvint-il à dire.

- Où tu vas ?

- Lâchez moi ! hurla-t-il paniqué soudainement tirant de toutes ses forces pour se libérer. Livaï, surprit par son cri, lâcha prise brutalement et Eren, emporté par son élan, tomba à la renverse dans l'eau, dans la partie la plus profonde du bassin. Il coula à pique, avalant une grande quantité de liquide qui le fit tousser sous l'eau, l'étouffant encore.

Il se débattit dans tous les sens pour revenir à la surface. Des points noirs commençaient à danser devant ses yeux, son cerveau totalement paniqué n'arrivait plus à analyser clairement la situation. Par réflexe il ouvrit la bouche pour chercher de l'air et une coulée de l'eau lui remplit les poumons, qui le brûlèrent. Suffocant, à deux doigts de s'évanouir, Eren sentit vaguement deux bras puissantes s'enrouler autour de sa taille et le tirer vers la surface.

Lorsque sa tête émergea enfin, il toussa et cracha (ou plutôt vomi) de l'eau partout autour de lui. Il hoqueta comme un perdu, et s'accrocha aux épaules de son sauveur comme un noyé à sa bouée, lequel lui tapotait gentiment le dos, attendant qu'il ait fini de vider ses poumons de tout liquide superflu.

- Si tu veux sortir de cette baignoire, essaye au moins de ne pas te noyer au passage. Tu viens à peine d'échapper à un Duel.

Eren reconnut facilement la voix de Livaï et se débattit faiblement pour se dégager de son étreinte. Fatale erreur, puisque le frottement entre leurs deux corps suggéra des tas de choses extrêmement peu religieuses à la partie la plus perverse de son esprit. Heureusement pour lui, le Roi ne résista pas longtemps et le relâcha de bonne grâce, en disant d'une voix légèrement moqueuse :

- La rumeur n'est pas totalement fausse ; vous êtes vraiment une bande de prudes dans le Sud.

Cette phrase piqua Eren au vif et le réveilla immédiatement. Il repoussa le Roi et le fusilla hargneusement du regard. Mais plutôt de se mettre à lui hurler dessus de toutes ses forces en lui exposant des tas d'éléments qui le contredirait, il préféra se draper dans sa dignité et sortir rapidement de l'eau en s'emballant dans une serviette. Puis dire en quittant la pièce d'un pas royal :

- Celle sur vous non plus ; vous n'êtes qu'un ramassis de pervers sanguinaire.

Et il claqua la porte en sortant.


Oh ma Déesse, c'était dur !

Bon sang, ça doit être le plus long chapitre que j'aie écrit (26 pages Word pour 11816 mots, j'suis trop fière !). Mais au moins ça compensera (j'espère) le temps qu'il a mis à sortir. Je m'excuse encore pour cet horrible retard et prie pour que ce chapitre me permette de me faire pardonner.

Excusez les fautes, j'ai pris très peu de temps à relire puisque que je voulais poster ce chapitre au plus vite pour ne pas vous faire encore attendre plus longtemps.

Adiòs amigos !