Avant d'oublier : chère Angel622demonia, je ne peux pas te répondre si tu n'autorises pas les PM sur ton profil.

Libertinage au crépuscule - 7

- Avez-vous approfondi ma leçon, une fois que nous nous sommes quittés ?

- Humm, je dois avouer que oui. Je suis déçue que vous m'ayez percée à jour. Je voulais vous en faire la surprise.

- La bonne élève que voilà! Et pouvez-vous me détailler les teneurs de ces approfondissements, je vous prie ?

- Avec Alice, nous avons exploré mutuellement notre corps, par des baisers et des caresses. Je voulais relever ainsi les zones qui étaient plus sensibles.

- Et qu'avez-vous constaté?

- Quasiment toutes les parties permettent d'éprouver du plaisir quand il existe un état d'excitation latent, par contre quand celui-ci disparaît certaines parties peuvent se révéler fort chatouilleuses. Les parties les plus innervées sont les plus sensibles aussi, ce dont je me doutais.

- Pouvez-vous me citer vos préférées?

- La poitrine, les lèvres, le cou et même les oreilles!

- Bien…Vous m'étonnez un peu, mais admettons.

- Que voulez-vous dire? Vous m'inquiétez.

- Êtes-vous sure d'avoir pratiqué l'exercice de façon à n'oublier aucun endroit ? Vous ne m'avez indiqué que des points se trouvant dans le haut du corps.

- Heu, nous nous sommes endormies avant d'avoir fini. Avoua-t-elle penaude.

- Je peux vous assurer que si cela avait été avec moi, je ne vous aurais pas laissé fermer l'œil de la nuit ! Me moquais-je.

- Il faut dire que nous étions levées depuis l'aube ! S'énerva-t-elle.

- L'aube ! Qui vous oblige à vous lever de si bonne heure ? Peu de nobles éprouvaient le besoin de voir poindre les premières lueurs du jour, à moins de n'avoir pas fermé l'œil de la nuit.

- Aimée, la gouvernante nous traine à laudes (9) tous les matins.

- Rien que ce fait devait suffire à vous dégouter de la religion !

- J'en conviens.

- Pour la suite de la leçon, j'aurais besoin de la présence de Jasper. Il est difficile d'évoquer la nature sans contempler sa création. Elle se rua sur la sonnette dès ma demande. Que j'aime cette diligence. Nous continuâmes à bavarder, bûmes et mangeâmes tranquillement en attendant l'arrivée des deux compères qui se firent attendre. Enfin, ils se manifestèrent.

- Avant que nous ne commencions, chère Bella, avez-vous étudié l'anatomie humaine?

- Ma foi, Monsieur, oui, un peu. Aro Volturi, mon professeur d'italien et de sciences avait assisté à des dissections anatomiques. Il m'a ainsi transmis ses connaissances. Bien sûr, il reste encore beaucoup de données inconnues. Là aussi, l'Église a freiné toutes avancées en ce domaine jusqu'à peu. René Descartes en son temps (10) n'affirmait-il pas qu'il était plus facile de parler de l'esprit que de traiter du corps des êtres humains ?

- Effectivement, je vois que vous avez été à bonne école. J'avais en tête une exploration bien plus simple à vrai dire. Pas de scalpel nécessaire pour notre expérience. Je vous propose que Jasper ici présent soit notre sujet.

- Heu…C'est gênant.

- C'est gênant, s'il est gêné. Jasper, qu'en penses-tu ? Jasper enlevait déjà sa chemise en répondant.

- Et bien, je ne suis pas pudibond. Il continua à se déshabiller prestement en lançant au fur et à mesure ses affaires à la femme de chambre qu'elle attrapait. Alice le fixait en passant par toutes les couleurs. Quelle jeune femme délicate ! Bella et elle, étaient vraiment à croquer. Et les ogres que nous sommes, allions n'en faire qu'une bouchée.

- Me voilà prêt Maitre, où me voulez-vous ? Son corps mince et musclé, couvert de cicatrices prenait de jolis reflets à la lueur des bougies. Sa beauté n'échappait à aucune des trois personnes présentes, moi compris. Son sexe à demi érigé focalisait aussi les regards. Les filles auraient pu gober des bocaux entiers de mouches avant de s'en être rendu compte.

- Sur l'ottomane, mon beau. L'invitais-je enjôleur. Il s'exécuta tout sourire en m'adressant un clin d'œil. La crise nommée Alice semblait être passée. Je retrouvais mon complice d'orgies. A ma grande surprise, Bella prit le relais en posant une question directe.

- D'où vous viennent toutes ces cicatrices, Jasper?

- Des guerres que Notre bon Roi a bien voulu faire ces dernières années. Mais vous racontez ma vie n'est pas le but recherché, il me semble. Répondit-il en lui adressant un sourire narquois, les yeux brillants d'excitation.

- Chevalier, procédez.

- Oui, revenons à nos moutons. Approchons-nous, l'invitais-je en me saisissant de son coude pour la guider. Alice toujours tétanisée se tenait de l'autre côté du meuble, des vêtements plein les bras. Ce sceptre de Vénus, que vous voyez sous vos yeux, est le premier agent des plaisirs en amour : on le nomme membre par excellence il n'est pas une seule partie du corps humain dans laquelle il ne s'introduise (...) et quel que soit enfin celui de tous les endroits qu'il préfère, on le voit, après s'être agité quelques instants, lancer une liqueur blanche et visqueuse dont l'écoulement plonge l'homme dans un délire assez vif pour lui procurer les plaisirs les plus doux qu'il puisse espérer de sa vie(4).

- Je vous remercie. Le premier moment de gêne passé, je vois à quel point cette instruction est impérative pour l'étude de la matière qui nous tient à cœur. Si j'osais…

- Osez, ma belle.

- Je pourrais…toucher ? Avoua-t-elle en plissant les yeux comme si un cataclysme allait s'abattre sur sa tête. Elle était vraiment un rayon de soleil. Mon rayon de soleil. Depuis quand étais-je possessif?

- Jasper ? Demandais-je sans quitter Bella des yeux, j'en profitais pour tenter un premier geste en lui remettant une mèche derrière l'oreille et en caressant sa joue. Elle frémit à ce contact mais ne recula pas. Je me sentis plus vivant.

- Euh…Ça va être difficile de …vous savez…me contenir, Mademoiselle. Tenta d'expliquer mon compère.

- Je ne voulais pas bruler les étapes, mais voulez-vous assister au plaisir masculin maintenant que vous en connaissez les principes théoriques? Proposais-je.

- Vous aviez d'autres idées?

- A la vérité, oui. Mais avec votre vivacité d'esprit, rien qui ne puisse être rattrapé. J'exultais intérieurement. Quelle disciple! Elle s'approcha nerveusement sur la pointe des pieds et tendis une main tremblante. Le regard vide d'Alice s'anima, elle semblait revenir à elle comme par magie.

- NON! S'exclama-t-elle.

- Non? Demandais-je étonné. Bella avait aussitôt baissé sa main. Je maudissais cette servante pour son manque d'à propos. Elle venait de bloquer une progression qui s'était révélée fulgurante.

- Tu veux le faire, n'est-ce pas? Demanda Bella, sereine.

- Oui, Bella. Tu sais bien que oui. La supplia-t-elle.

- Alors fais-le pour moi, lui offrit-elle.

Alice s'empressa de jeter les vêtements en tas sur l'établi et de s'approcher fermement, main tendue. Je me saisis de mon fauteuil et le positionnais à bonne hauteur pour que Bella s'y asseye. Ce qu'elle fit sans difficulté. Je posais une fesse sur l'accoudoir, mon bras sur le haut du siège et me penchais vers son oreille pour commenter le spectacle. Le regard excité de Jasper s'était fait fiévreux. J'allais le perdre. Cela se confirmait.

- Voyez comme Alice saisit le vit et le caresse. De plaisir, celui-ci gonfle pour atteindre sa taille maximale. L'homme devient alors plus animal, il grogne, gémit pour manifester son contentement. Et effectivement, Jasper s'y entendait pour montrer sa satisfaction.

- J'ai déjà pu admiré quelques nus sculptés et je ne pensais pas que cela puisse à ce point s'étendre. Me chuchota-t-elle oppressée comme si le son de nos voix pouvaient avoir quelque effet sur le couple perdu dans les yeux l'un de l'autre.

- Dame Nature, est plus ou moins généreuse. Avec Jasper, elle a été prodigue. Ses mouvements s'appellent pollution et, en terme de libertinage, cette action s'appelle branler (4).

- Je vois pourquoi. Me dit-elle d'un ton complice en approchant sa tête sans y prêter attention. Un parfum de fraise me fit tourner la tête. Ma gorge se serra à cette proximité empêchant tout son supplémentaire de passer. Le monde entier aurait pu s'écrouler en fait que je n'aurais pas pu détacher mes yeux de ses lèvres tentantes. Elle acheva son œuvre en toute innocence en posant sa main blanche sur ma cuisse pour attirer mon attention. Et les boules qui se trouvent en dessous du membre? Revenant de mes égarements, ne sachant si elle voulait leur utilisation ou leur nom, je lui donnais les deux.

- Le mot technique est couilles...testicules est celui de l'art. Ces boules renferment le réservoir de cette semence prolifique, et dont l'éjaculation dans la matrice de la femme produit l'espèce humaine (...) mais nous glisserons sur tout ce qui tient au plat mécanisme de la population, pour nous attacher aux voluptés libertines dont l'esprit n'est nullement populateur (4).

- Les libertins n'ont pas d'enfant? Demanda-t-elle semblant déçue et retirant sa main.

- Pas s'ils peuvent l'éviter et ils ont pour cela de nombreux moyens dont nous nous entretiendrons. Cette déception que je vous vois afficher n'est que le résultat d'une propagande religieuse insidieuse entendue et répétée depuis votre plus tendre enfance. Mais brisons là notre discours, notre expérience aboutit. Comme je l'avais deviné, Jasper éructa le prénom de la soubrette en arrosant copieusement son torse pendant qu'Alice finissait son ouvrage. Cette fois Bella se fit plus entreprenante en m'attrapant la main et en me baisant les doigts avec délectation.

- Édouard, Édouard. Merci mille fois. Quel tableau divin! Sa ferveur à mon égard me transporta, j'étais comme possédé et je me levais en l'attirant à moi pour gouter ses lèvres soyeuses. Je ne savais plus qui perdait l'autre. Malgré les apparences, le pouvoir changeait de main. Sa bouche douce et fraiche suffisait à me faire connaitre plus de plaisirs que beaucoup de coïts. Je l'explorais avec ravissement, oublieux des deux autres personnes présentes, comme celles ci l'avaient été, il y a peu, de notre existence.

(9) Laudes, signifie "les louanges", en latin. C'est l'office de l'aurore, on rend grâce pour le jour qui se lève par des psaumes de louanges.

(10) René Descartes, 1596-1650. A l'époque, le corps humain est considéré en Europe chrétienne comme un réceptacle pour l'âme, l'étincelle divine que Descartes situait lui-même dans la glande pinéale.

26/01/11: 50 reviews - 34 alerts - 14 favs - Lecteurs chap 2: 610 - chap 6 : 213. Merci!

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