Chapter Six
Burn your wings, bright butterfly.
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On était vendredi matin et Harleen avait passé deux jours à éviter toute tentative de contact avec le Joker et Megan.
Elle s'était cloîtrée chez elle, reportant les séances de son patient et supprimant systématiquement chaque nouvel appel de sa soeur. Un peu comme on évincerait des prétendants lourds, elle avait entreprit de faire une croix sur eux deux le temps de faire le point. D'abord son patient. Ensuite sa soeur.
Harleen devait s'occuper d'eux de façon méthodique, s'occupant de ses problèmes un par un. Elle avait tendance à attendre que le temps les règle tout seul, mais cette fois, elle ne pouvait pas les éviter. Alors autant foncer droit dedans.
Pour Megan, elle avait réfléchi. S'était installée sur les genoux d'Ethan en lui demandant son avis.
Lui prétendant qu'elle devait la voir, aller prendre un café pour que toute cette histoire soit éclaircie. Qu'enfin, elle sache toutes les réponses à des questions qu'elle préférait enterrer dans un coin de sa tête, et puis, avait-il émis doucement, elle devait se sentir mal. Très mal. Megan, par sa faute, avait brisé la règle de professionnalisme entre un patient et son docteur.
La psychiatre avait été surprise par la maturité d'Ethan. Pour une fois qu'il l'écoutait, expliquait calmement son point de vue, au lieu de lui imposer de force... Ses arguments avaient fini par la convaincre, et leur rendez-vous était fixé à ce soir, dans un restaurant de Gotham.
Quant au Joker... Elle refusait toujours de le voir. Son supérieur l'avait convoquée à ce propos, après son entretien du moment avec Alice. Ils ne comprenaient pas. Il ne comprenait pas. Elle ne voulait pas arrêter de voir son patient, elle ne... pouvait pas. C'était devenu trop habituel, leurs entretiens. Elle en avait besoin.
Mais elle avait aussi besoin d'une pause. Elle devait... faire le point. L'éviter un moment pour pouvoir repartir sur de nouvelles bases. Pour qu'il continue sur la voie de la guérison. Pour qu'il puisse être réinséré dans la société.
Soudain le son d'un crayon qui tombe la fit sursauter, la sortant de ses pensées tortueuses où elle s'était plongée.
- Désolée, Alice. Même les adultes ont besoin de rêver un peu éveillés, s'excusa-t-elle.
La petite se contenta de sourire - et c'était déjà un grand pas en avant - lui tendant un énième dessin. Celle-ci s'était mise à cette oeuvre, noyant Harleen sous les reines de coeurs, les cartes humaines et depuis peu les reines blanches. Entièrement blanches. Seul le contour beige et noir faisant ressortir un peu de couleur.
- Merci. C'est très joli. Mais... Harleen s'arrêta.
Elle ne savait pas vraiment comment représenter ce qu'elle avait devant elle. Un demi-moitié de corps avec du rouge, du noir, du bleu. Une autre moitié de corps avec du blanc et du beige. Un demi-reine de coeur. Une demi-reine blanche. A quoi... A quoi est-ce que ça rimait ? Est-ce que la petite voulait transmettre quelque chose ?
- Tu te sens divisée ?
Un non flagrant. Alice se leva, alors qu'Harleen la suivait des yeux, et vint se poster devant elle, posant son doigt en haut de la poitrine de la psychiatre. Sûrement une volonté de désigner le coeur. C'est alors qu'elle compris, baissant les yeux pour regarder le doigt. Que...
- Moi ?
Acquiescement.
Alice retourna s'asseoir, laissant Harleen encore plus perdue. Divisée ? C'était sûrement le cas. Entre l'envie de revoir son patient et la raison, sachant qu'il fallait instaurer rapidement de nouvelles règles entre eux. Peut-être migrer vers une pièce avec une vitre entre eux. Divisée entre la curiosité, l'envie de savoir les raisons de Megan, ce qui l'avait motivée et la rancoeur.
- La reine de coeur représente le mauvais côté, c'est ça ? chercha à confirmer Harleen.
Oui. Un hochement.
Elle comprenait.
- Et tu te situerais où ? Plus près de la reine de coeur ou la reine blanche ? Ou les deux ?
Le doigt posé sur la reine rouge.
Harleen sentit son coeur se serrer. Si jeune, si adorable avec ses grands yeux bleus, et pourtant restant obstinément murée dans le silence. Qu'est-ce qui pouvait se passer chez une petite fille pour qu'elle se considère comme mauvaise ?
Ce fut sûrement à cause de tout ce qui se mélangeait dans sa tête en ce moment, pour qu'elle manque de professionnalisme à ce point, mais la blonde s'agenouilla à côté d'Alice. Elle lui prit une main entre les siennes, la serrant, en lui adressant un sourire. Plongeant ses yeux dans ceux, presque identique, de sa... patiente.
- C'est faux, Alice. Ne dis pas ça. Tu es une personne magnifique. D'accord ? Tu as vécu des choses horribles, des choses qui laisseraient n'importe qui bouleversé, mais tu es forte. Tu tiens le coup. Alors ne dis plus jamais que tu es mauvaise, parce que c'est faux.
L'autre hocha lentement la tête, serrant aussi une des longues mains fines d'Harleen entre les siennes, petites et pas encore terminées. La psychiatre lui adressa un dernier sourire avant d'aller se rasseoir, compatissante. Le fait de ne plus avoir J comme patient pour le moment l'avait faîte réfléchir, se pencher plus sur le cas d'Alice.
Et elle en avait pitié.
Pas cette pitié méprisante, pas cette pitié qu'arboraient les gens en voyant un clochard, déplorant sa condition, ayant honte d'en avoir dans sa ville, son pays, mais qui ne faisaient pas un geste, pas cette pitié hypocrite lorsqu'il vous arrivait un malheur. Pas cette pitié que ce monde traître et répugnant avait dans ses yeux.
Non.
Elle compatissait. Elle comprenait. Et la pensée de cet incendie la remplissait de colère. Pourquoi ? Pourquoi des gens innocents devaient-ils mourir aussi injustement alors que d'autres vivaient leurs vies tranquillement ? Pourquoi des parasites continuaient de ramper alors qu'une famille entière avait brûlé ? Pourquoi ?
La donne devait être rétablie. Rééquilibrée.
Harleen comprenait donc certaines actions de son patient. Celles où il exécutait les lâches sous-fifres de la pègre, qui n'hésitaient pas à enfoncer des couteaux - des tronçonneuses - dans les dos de leurs amis pour monter. Elle comprenait qu'il n'ait pas de remords. Mais assassiner des innocents ? Une balle en pleine tête de sang-froid ? Elle en frémit.
Impensable.
- Votre temps est écoulé. Veuillez sortir de la salle, docteur Quinzel, la prévint un des gardes, entrant sans frapper dans la salle. Le docteur Weston vous attend dans son bureau.
- Je sors. Merci, le remercia Harleen, récupérant ses affaires et le nouveau dessin, alors que la petite allait jusqu'à lui faire un signe de la main. Elle y répondit avec joie, alors que même le maton esquissait un sourire amusé.
- Ça faisait longtemps que l'on n'avait pas eu à vous rappeler l'heure de départ, doc', fit-il remarquer.
Elle se tourna vers lui, amusée à son tour.
- Il faut croire que cette fois-ci j'étais bien trop plongée dans notre discussion.
- C'est sûr que c'est différent qu'avec l'autre taré... Elle est à plaindre cette petite. Avez le droit de dire ce qui s'est passé ?
Si Harleen grimaça à l'insulte, ce fut une moue triste qu'elle afficha lorsqu'il mentionna Alice. Est-ce que... Et puis après tout, si elle ne donnait qu'une légère information...
- Normalement non, mais... Alice est adorable, vraiment, souligna-t-elle. Toujours agréable même si... Même si elle ne parle pas. Elle a perdu sa famille dans un accident qui l'a laissé dans un état catatonique pendant plusieurs mois, avant qu'elle n'arrive, un peu rétablie, en psychiatrie.
Il siffla, écarquillant les yeux.
- Wow... Dur parcours.
Ils arrivèrent devant la porte d'entrée de son supérieur, alors que le garde s'inclinait avec une pirouette. Elle lui décocha un énième sourire - bizarrement c'était à Arkham qu'elle se détendait - tandis qu'il reculait, toujours incliné avec un chapeau imaginaire.
- C'est ici que je vous laisse. Bon courage, vous en aurez besoin avec lui.
Harleen éclata de rire, alors qu'elle posait la main sur la poignée. Elle chuchota un "Merci, ça va m'être utile " à son égard alors qu'elle entrait.
- Docteur Quinzel, la salua son boss. Je vous attendais. J'ose espérer que vous savez ce qui m'a conduit à vous convoquer.
Elle acquiesça alors qu'elle pénétrait à pas hésitants dans la salle. Sur un hochement de tête de son supérieur, elle alla s'asseoir dans le fauteuil qui lui faisait face, serrant ses genoux et tordant ses mains sous la tension. Elle savait d'avance que ce ne serait pas vraiment une partie de plaisir, mais... Allez. Ce n'était qu'un mauvais moment à passer.
D'autant plus qu'elle n'avait pas vraiment hâte d'être à ce soir, et d'aller au dîner qu'elle avait organisé avec sa soeur. Très franchement, Harleen aurait préféré une soirée calme avec Ethan, peut-être un cinéma.
Ce n'était pas tant pour le film mais plutôt pour ses mains qui effleuraient son cou, sa joue... Ses légers baisers déposés discrètement, entre deux éclairages plutôt sombres. Et cette partie de jambe en l'air gentille qui finissait toujours par aboutir. Faute de son éducation - ou grâce ? - Harleen n'avait jamais...huh... expérimenté autre chose. Mais ça lui convenait parfaitement, cette vie rangée.
- On m'apprend que vous n'avez pas vu votre premier patient depuis presque trois jours. Est-ce qu'il y a quelque chose dont je devrais être mis au courant ? commença-t-il sévèrement.
Elle se mordit les lèvres, détournant le regard. Elle avait manqué à sa règle d'or. Et la sanction pour ça... Dans un asile tel que celui d'Arkham, avec un patient aussi... spécial que le Joker ? Elle ne savait pas jusqu'à où ça pouvait monter.
- S'il a commis une faute, a fait quelque chose qui vous déplu ou bien vous a choquée, vous pouvez très bien arrêter quelque temps ou définitivement de vous occuper de son cas. Un autre psychiatre sera chargé de son dossier, continua-t-il doucement alors qu'elle haussait deux sourcils surpris. Vous êtes jeune, vousêtes talentueuse - et vous avez déjà fait vos preuves - et je préfère garder un élément tel que vous et changer son affectation plutôt que de vous perdre dans la folie ou le suicide. N'oubliez pas à qui vous avez affaire.
La psychiatre hocha la tête. Bien sûr qu'elle le savait.
- Aucune sanction, aucune remarque ne vous sera faîte. Vous vous chargez d'une affaire que refusent les autres psychiatres, préférant leur santé au détriment de la reconnaissance publique. Vous pouvez très bien déclarer forfait, Harleen, vous avez déjà bien avancé.
- Non !
Le cri était parti du coeur, alors qu'elle se redressait sur sa table. Elle posa ses mains à plats dessus, se penchant en avant.
- Je ne peux pas. C'est une question d'éthique, de morale, docteur. Je mène ce projet de le réhabiliter et je compte le mener à bien et ne pas abandonner en cours de route et ce peu importe à quel point il peut me surprendre. Mais...
- Mais ?
- Il connaît mon prénom, avoua-t-elle avec une grimace. J'aurais préféré... J'aurais préféré qu'il l'oublie. Et c'est le seul point qui me gêne.
Le docteur Weston éclata de rire, avant de toussoter et de se reprendre. Il fit un vague geste de la main, signifiant que tout ceci n'avait pas d'importance, et faisant arborer une moue surprise à Harleen. Pas d'importance ?
- Nous avons déjà eu ce cas de figure, aucune inquiétude n'est à avoir. Il ne s'en souviendra plus demain, nous prendrons les mesures... nécessaires.
Elle grimaça. Ça, ça signifiait qu'ils allaient sûrement lui offrir un tel mélange de médicament que s'il souvenait de son propre surnom ce sera déjà une grande surprise. Et ça n'était absolument pas ce qu'elle avait voulu.
- N'est-il pas possible d'utiliser un autre... genre de moyen ?
- Vous éprouvez de la compassion docteur Quinzel ? lui demanda-t-il. Pour un homme qui tuerait un enfant, une gosse comme votre patiente, d'un bâton de dynamite dans un doudou ou en lui tailladant le visage ? Vous éprouvez de la compassion pour ce genre d'homme ?
Elle en resta bouche bée, ne sachant quoi dire. Non, bien sûr mais... C'était barbare... Rendre aussi léthargique un humain... Le plonger dans cet état de catatonie permanente, elle n'aurait souhaité ça à quiconque et ce peu importe son passé. Et étrangement à discuter aussi normalement avec le Joker lui faisait oublier ce qu'il était après tout.
Un criminel.
Un simple et vulgaire criminel.
- Je... Je vois. Est-ce que ça sera tout ? Finit-elle par demander.
- Vous pouvez partir si rien ne vous dérange. Je compte vous voir lundi dans sa cellule.
- Bon week-end, docteur. A lundi.
Elle se leva en vitesse de sa chaise, se précipitant presque dehors. Sauf qu'il l'arrêta sur le pas de la porte.
- Harleen.
Harleen se retourna, masquant une grimace. Encore une. Il la gratifia d'une oeillade sévère et d'un sourire suggestif.
- Et je ne veux plus voir votre ami ou votre famille dans l'établissement. C'est un lieu privé, souvenez-vous en.
Acquiescement gêné.
Harleen fit pivoter la porte, poussant un soupir soulagé lorsqu'elle fut fermé derrière elle. Elle se laissa glisser contre le mur, plongeant sa tête entre ses mains. Pourquoi est-ce que tout devait être forcément aussi compliqué ? Ne pouvait-il pas y avoir une seule solution, contentant tout le monde ? Non. Le monde était anarchique, chaotique, et rien ne se passait comme prévu.
Voilà pourquoi il ne servait à rien de tenter de prévoir des choses à l'avance, décida-t-elle brusquement.
Après tout, aurait-elle cru des mois auparavant qu'elle serait toujours à Gotham, Arkham qui plus est, et pour soigner le Joker et une petite fille ayant perdu sa famille dans un incendie ? Clairement, non.
Voilà pourquoi au lieu de rentrer directement chez elle, elle se décida sur un coup de tête, se relevant brusquement. Un délicieux frisson d'adrénaline et de danger parcourait ses veines. Elle ne l'avait jamais ressenti auparavant, cet éclat. Ce symptôme qui venait courir le long de système nerveux, danser sur les fibres cérébrales et chanter dans les veines.
L'excitation. Le panneau lumineux DANGER! qui s'affichait sur sa rétine à pleine vue.
Qu'elle ignorait délicieusement.
Harleen se releva rapidement, saisissant son sac et filant à toute allure dans les couloirs. Elle croisa des gardes, leur adressa un signe de tête rapide, avant de finir par trouver le couloir des cellules.
Celui qui l'intéressait.
Elle passa devant plusieurs patients, un homme à écailles dont s'occupait sa collègue faussement rousse, des hommes de mains de Falcone qui se faisaient passer pour fous - manque de preuves personne ne pouvait les renvoyer - une sorte de... semi-homme avant que son regard ne soit attiré par la rousse de l'autre jour.
Harleen s'arrêta une seconde fois devant sa cellule, attirant les coups d'oeils par son physique et sa présence ici.
La jeune femme semblait avoir son âge et s'était plantée derrière la vitre, gardant une expression neutre. Pas la moindre trace de sourire, de curiosité ou d'énervement. Elle semblait parfaitement saine.
- Bonjour ? finit par oser la blonde en posant la main sur la vitre.
Une main blanche-verte vint se poser de l'autre côté, alors que l'autre femme ne frémissait pas. Simplement sa main qui bougeait, toujours aucun signe d'expression.
Soudain elle eut envie de faire quelque chose pour elle. Pour cette jeune femme rousse qui croupissait dans un hôpital psychiatrique alors qu'elles avaient le même âge. Une patiente. Une docteur. Deux jeunes femmes qui n'auraient rien eu à faire à Arkham.
- Excusez-moi ? demanda-t-elle en interpellant un des gardes.
Celui se tourna vers elle - il y avait toujours au moins un garde dans un couloir de cellules - en haussant un sourcil interrogateur.
- Faîtes-lui livrer une plaquette de chocolat, voulez-vous ? Je vous paierai, sourit Harleen en décochant un léger sourire. Il hocha lentement la tête avec difficulté avant d'acquiescer en balbutiant.
- Oui...Oui bien sûr mais...
Il fut coupé par un éclat de rire discret. Et ce ne fut qu'en voyant les lèvres bouger que la psychiatre fut sûre que ça venait de la rousse. Et elle sourit à son tour, heureuse d'avoir suscité une réaction.
Harleen envoya un sourire à la patiente, avant de continuer son chemin, contente d'elle. Certes techniquement, ce n'était pas autorisé, mais elle pouvait faire une exception, et elle s'identifiait si facilement à la jeune femme ...
Quelques cellules et patients plus tard, elle s'arrêtait de nouveau devant une vitre et une porte, fixant résolument le lit et son patient endormi dessus. Elle en resta bouche bée quelques secondes. Bien sûr... Bien sûr, il était humain. Il avait des besoins vitaux comme les autres, se nourrir, se laver, dormir. Mais le voir lui donner une dimension surréelle, et elle en avait oublié à quel point il n'était qu'un homme.
Un homme au-dessus des autres, incontestablement, mais un homme.
Jetant un coup d'oeil derrière elle, elle vit le regard du garde fixé sur son dos. Harleen esquissa une grimace, contrariée. Comment échapper au regard du garde... Elle n'eut pas besoin d'y réfléchir car un éclat de voix le fit sursauter et se tourner, alors qu'elle en profitait pour sortir son pass et d'entrer précipitamment dans la cellule.
Harleen jeta un coup d'oeil discret au Joker, toujours endormi. Très bien.
Dehors, le garde pestait seul, déplorant sa disparition. Elle eut un micro-sourire, amusée malgré elle. Ces hommes... Levant les yeux au ciel, la psychiatre fit signe de ne rien dire au patient d'en face qui la regardait avec de grands yeux. Il posa son doigt sur ses lèvres avec un sourire, retournant s'asseoir sur sa couchette alors qu'elle-même délaissait la vitre au profit de son patient.
Harleen s'assit sur le sol, en tailleur, observant chaque parcelle du visage de son patient.
Etrangement, il semblait détendu. Plus de sourire ou de rictus crispé, simplement le visage d'un homme qui dort. Le maquillage s'était presque totalement écaillé à présent, ne laissant qu'une mince trace rouge au niveau des cicatrices, et quelques touches de blanc sur son front. Harleen se surprit à le trouver plutôt bel homme, grimaçant à l'entente de cette pensée.
Mais elle avait raison. Sans son maquillage, son visage totalement détendu et endormi, il semblait un homme normal tout à fait différent, et qui ne la laissait pas indifférente. Ses cheveux avaient même perdu ce vert éclatant pour n'en laisser que des reflets au milieu de blond. Si le Batman avait vu cet homme... Si les autres avaient vu cet homme... Comment pouvaient-ils le traiter comme une bête et ne pas croire en sa réinsertion ?
Elle s'approcha un peu plus, le regardant d'avantage.
Un sourire s'épanouit sur son visage. Elle en était sûre à présent, elle pourrait le réinsérer en société. Comment ne pas y croire en le voyant si loin de son costume trop ... retentissant ?
Harleen résista à l'envie de toucher la joue. Avait-il la même consistance rugueuse que la peau d'Ethan ou au contraire comme ses propres joues, lisses ? Même les cicatrices, ressemblant plus désormais à un vestige de guerre lui donnait un air soldat qui enlevait cette apparence de clown. Mais... même s'il semblait véritablement très bien comme ça, parfaite illustration d'une beauté du monde moderne, il... manquait quelque chose.
Elle devait sûrement être trop habituée au maquillage. Mais cette beauté était... incomplète. Il manquait ce rouge éclatant qui symbolisait tout son état d'esprit, elle n'arrivait pas à l'imaginer sans... Sans tout ça. Son maquillage, ses tics de langages, ses cicatrices, sa possessivité.
Peut-être qu'il ferait un homme convenable pour Gotham une fois guéri mais... Mais étrangement, Harleen ressentait l'envie qu'il ne guérisse pas. C'était cruel, c'était horrible, elle le savait.
Mais elle s'était attachée à cet homme. Elle s'y était attachée et le voir réinséré, tout à fait normal, sans qu'ils ne puissent discuter à nouveau, sans qu'elle ne puisse avoir cette boule dans son coeur appréhendant mais adorant leurs entretiens, lui procurait une sorte de malaise. C'était malsain comme attachement, elle le savait très bien.
Mais rencontrer quelqu'un d'aussi... unique, original, ne pouvait procurer que deux sensations. Une haine profonde ou bien une attraction immédiate.
Sauf qu'Harleen était psychiatre. Et ça voulait dire que soigner des gens était son métier, alors elle le soignerait, parce que la société ne pouvait être victime de son égoïsme et que ses pensées ne valaient rien face aux actions violentes du Joker. Il était malade. Fascinant mais malade. Et cette fascination cesserait quand il serait guéri, elle le savait.
Alors elle tourna les talons, et sortit de la salle, s'empressant de retourner à son propre rendez-vous.
Inconsciente qu'une seconde plus tard, un oeil s'entrouvrit dans la même cellule, avant que le deuxième ne suive. Et le sourire tordu s'étira anormalement, inquiétant.
Faisant résonner un rire sinistre dans l'ensemble du couloir.
Je réponds tout de suite au reviews ;)
Je ne suis pas des masses satisfaite de ce chapitre, mais vous savez, il est incontournable !
Pour récompense dans le chap' prochain, un POV J et ce fameux rdv entre Megan et Harley avec les explications mises sur table.
INFO : Je vous remercie énormément pour les favs et follows ! Mais ça serait sympa de se manifester un peu afin d'aider à des paruptions moins éloignées ;) Les auteurs ne le disent pas forcément mais les reviews aident énormmééément à poster plus vite !
INFO DEUX : Malade et donc une humeur plutôt sombre dans le chap.
A écouter avec Crazy de Gnarls Barkley xD
