Les personnages d'Assassin's Creed appartiennent à Ubisoft
La famille Keller est mon invention
Hazel Grace était levée depuis une bonne heure quand Helen enroula ses bras autour de son oreiller, au beau milieu d'un rêve dans lequel elle avait été conviée à un dîner on ne peut plus festif. Elle salivait devant une ribambelle de plats plus appétissants les uns que les autres et s'apprêtait à porter un premier amuse-bouche à ses papilles lorsque deux petits coups au carreau de sa fenêtre la firent revenir à la réalité. Les yeux bouffis par le manque de sommeil et l'estomac dans les talons, elle se redressa et ses cheveux formèrent une sculpture étonnamment aérienne avant de retomber petit à petit sur son visage.
Deux nouveaux coups sur la vitre et elle réalisa que quelqu'un tentait de communiquer avec elle. « Arthur ? » Lança-t-elle en dégageant les rideaux.
La fenêtre ouverte, elle se pencha en avant et trouva des traces de pas sur la fine pellicule de neige qui recouvrait les tuiles. Elle plissa les yeux sans réussir à apercevoir qui que ce soit, jusqu'à ce que sa main entre en contact avec quelque chose.
« Oh ! »
Une enveloppe fine trônait sous une petite pierre. Quand elle trouva la fameuse invitation à l'intérieur, Helen sourit jusqu'aux oreilles. Apparemment, Jacob Frye n'était pas quelqu'un de rancunier. Une pensée qui se confirma lorsqu'elle trouva un petit mot écrit à la vas-vite :
« Avec mes plus plates excuses,
Signé : Un goujat. »
Un instant, la rouquine se demanda à qui appartenait cette invitation et qui allait donc se voir refouler à l'entrée de l'Alhambra. Mais rapidement, la faim balaya sa pensée et elle enfila un pantalon ainsi qu'un vieux pull pour se rendre à la cuisine.
Hazel Grace faisait clairement la tête. Occupée à éplucher une sacrée pile de pommes de terres, elle se contenta de saluer sa petite sœur sans chercher à converser avec elle. Elle gardait la tête haute et les lèvres pincée, ne songeant sûrement qu'à sa soirée à venir, et à la robe qu'elle allait mettre. Helen haussa les épaules et engloutit plusieurs tranches de pains à toute vitesse. Confiante sur la suite des évènements, elle attendait avec impatience le moment où elles se retrouveraient face à face au théâtre. Un petit sourire espiègle illumina son visage rien qu'à imaginer sa tête.
« Où est-ce que tu vas, Helen Keller ? » Demanda Hazel, voyant la rouquine sur le point de passer la porte.
« Errh… Le travail ne se trouve pas tout seul. »
La jolie blonde lui envoya un regard soupçonneux auquel Helen répondit par un clin d'œil.
/
Lorsqu'elle entendit le loquet s'ouvrir, Helen frétilla d'impatience. C'est un Arthur ensommeillé qui lui ouvrit. « Qu'est-ce que… ? » Elle le bouscula pour entrer et grimpa directement dans la chambre du jeune homme pour lui expliquer son plan.
« Helen, qu'est-ce que tu fais là ? » Demanda son ami, baillant aux corneilles.
« T'as fait des folies de ton corps cette nuit ou quoi ? »
Le jeune homme s'étira longuement. « Si seulement. » Soupira-t-il en s'asseyant à son tour sur son lit défait.
Helen sourit, devinant qu'il avait dû faire la ronde jusqu'à des heures pas possibles, et qu'elle l'avait brutalement tiré d'un sommeil amplement mérité. Tous les deux se connaissaient depuis bientôt 15 ans, et d'aussi loin qu'elle s'en souvienne, Arthur avait toujours eu sa propre chambre. Un luxe qu'Helen lui enviait beaucoup, bien que cela lui ait sauvé la face chaque fois qu'ils rentraient trop éméchés d'un Pub.
Leur longue amitié était devenue une évidence aux yeux de leurs familles respectives. Il n'était pas étonnant de les trouver toujours ensemble, quelque part, à faire les 400 coups. C'était simple : il avait toujours semblé normal à tout le monde qu'Arthur finirait par demander Helen en mariage, mais ils avaient tout faux. Leur amitié n'avait pas évoluée dans cette voie. Elle était chaque jour plus robuste, et même si Helen s'était déjà demandé quel impacte cela aurait s'ils décidaient de passer ce cap, ni l'un ni l'autre n'avait pris le risque d'essayer.
Pourtant, Arthur était un garçon plutôt séduisant, et qui savait prendre soin de lui. Avec ses cheveux noirs et ses yeux bleus, il avait son petit succès dans le quartier. Son visage était allongé et taillé à la serpe, mais il dégageait une étonnante maturité. Depuis peu, il laissait pousser une petite moustache dont Helen avait pris l'habitude de se moquer, par principe.
« T'aurais pu ramener le petit-déj'. » Maugréa-t-il d'une voix rauque, le visage encore endormi.
« Il est bientôt quatre heures. » Répliqua Helen, tirant de sa poche son invitation qu'elle lui tendit.
Arthur n'eut aucun mal à relier cette carte au fait que son amie lui ait demandé de la conduire jusqu'aux Frye la veille. Cependant, il visualisait mal Helen à une soirée mondaine.
« … Et ? Qu'est-ce que j'ai à voir là-dedans ? » Demanda-t-il en lui rendant son précieux document.
« Toi ? Rien du tout. Mais tu as une sœur, et j'ai besoin d'une robe. »
/
« Tu réalises bien sûr que si elle apprend que tu es venue fouiller dans ses affaires, c'est moi qu'elle va éventrer ? » Murmura le jeune homme en surveillant dans l'encadrement de la porte que sa sœur ne rentre pas à l'improviste.
« C'est juste un emprunt. » Rectifia Helen, perdue dans un amas de tissus plus lourds les uns que les autres. « Et puis à une soirée comme ça, y'a peu de risque qu'elle prenne feu tu sais. »
A vrai dire, la rouquine était convaincue qu'elle allait s'ennuyer à mourir. Néanmoins, elle tenait absolument à garder un œil sur Hazel, pour s'assurer que son 'prince charmant' n'ait pas un nom qui commence par un « R » et qui termine par « Oth ».
« Ah ! » Elle tira enfin un cintre et fit signe à Arthur de l'aider à transporter la robe jusqu'à sa chambre.
Une fois à l'intérieur, elle retira son pantalon ainsi que son pull pour commencer à enfiler les nombreux jupons. Arthur soupira en ramassant ses affaires laissées en plan, qu'il dissimula sous ses draps.
« T'as vraiment aucune pudeur Helen. »
Cette dernière le regarda avec une innocence sincère, puis se mit à rire en imaginant la même scène devant n'importe quel autre homme. « Roooh Arthuuuur… Tu vas pas faire ton pisse-froid ! Aide-moi plutôt à mettre ce corset. »
Comme toujours, il céda et ajusta les rubans en tirant de toutes ses forces, jusqu'à ce que son amie le supplie d'arrêter. Quand elle se redressa, elle se teint au rebord de la cheminée pour trouver son équilibre, puis laissa Arthur s'occuper des détails.
Quand elle trouva son reflet dans le miroir, elle écarquilla ses grands yeux noisette, et laissa glisser ses longs doigts le long de l'étoffe sur son ventre. Pour la première fois, elle se trouvait… Jolie. Non pas belle à tomber, ni même séduisante. Mais jolie. Juste, jolie.
« Compte pas sur moi pour te poudrer le nez. » Lança Arthur d'un ton railleur, tirant son amie de la rêverie.
Elle lui envoya un regard complice puis s'arrangea pour coiffer ses boucles indomptables en un chignon un peu négligé. Ça ferait l'affaire. Elle utilisa la coiffeuse dans la chambre voisine pour poser un peu de fard sur ses joues et de quoi atténuer ses cernes, rien d'autre. Il serait dommage de ressembler à une poupée russe dans une si jolie robe.
Puis elle déposa un rapide baiser sur la joue d'Arthur avant de prendre la direction du théâtre, pimpante et d'humeur joyeuse.
« Cette fille m'épuise. » Conclu le jeune Rook en se laissant retomber mollement sur son lit, prêt à terminer sa nuit.
/
La soleil s'était couché et la brume avait laissé sa place à un vent glacial. Des flocons flottaient dans les airs, mais les rues restaient bouseuses et sales. La façade de l'Alhambra illuminait la place avec toutes ses ampoules et ses panneaux énormes. Une entrée en matière qui collait parfaitement à l'image d'un homme riche et prétentieux, pensa Helen en évitant les flaques pour ne pas salir les magnifiques chaussures qu'elle avait volée à Hazel. Vernies, comme elle les aimait.
Comme prévu, elle était arrivée suffisamment 'en retard' pour que la file d'attente ait disparue, et que sa sœur ne la remarque pas immédiatement. Pressée de la trouver à l'intérieur, Helen marcha d'un pas décidé vers l'ouvreuse, lorsqu'elle sentit une main gantée s'abattre sur sa bouche, et une autre l'empoigner par le bras pour l'attirer entre deux bâtisses.
Quand elle réussit à se libérer et à se retourner, elle arrêta la trajectoire de sa main juste avant que celle-ci ne heurte le visage de Jacob.
« Mr Frye ?! » S'exclama-t-elle en ajustant proprement son foulard sur ses épaules nues. « Décidément, il va falloir travailler nos méthodes de communication. »
« Amusant. » Lâcha l'assassin sans décocher un sourire. « Helen, je vous interdis d'aller dans ce théâtre. Rentrez chez vous. »
Elle le regarda d'un air ahuri, puis la stupéfaction laissa sa place à l'énervement.
« Bon ça suffit, laissez-moi tranquille. Hazel est à l'intérieur et je… »
« Je n'plaisante pas Helen, Roth a l'intention de rendre cette soirée inoubliable, si tu vois ce que je veux dire … Vas-t-en ! »
Le ton était dur, son expression également. Il prit son poignet et la jeune femme eut un sentiment de ras-le-bol quand il tenta de la maîtriser à nouveau.
« Mais vous me faites chier à la fin ! » Cracha-t-elle en lui balançant son poing dans l'estomac.
Elle profita de l'instant pour courir jusqu'à la place et tandis que Jacob la rattrapait, se mit à crier. « Cet homme a voulu m'agresser ! A l'aide ! » Puis elle sourit lorsque trois hommes à grands chapeaux vinrent lui porter secours, obligeant l'assassin à battre en retraite.
« Tout va bien Mademoiselle ? » Demanda l'un d'entre eux.
Helen balaya les toits du regard, puis feinta un profond soulagement en se laissant accompagner jusqu'au grand Hall du théâtre.
/
Cela faisait bien Vingt minutes qu'Hazel Grace tournait en rond, à la recherche du charmant gentleman qui lui avait fait parvenir son invitation. Elle avait retiré son masque depuis un moment, pour s'assurer que cette personne la reconnaisse, mais sans succès. Vêtue d'une magnifique robe à crinoline bleu pâle, avec une tournure à l'arrière, comme le voulait la mode actuelle, elle portait aussi une coiffure sophistiquée, relevée avec quelques boucles maîtrisées.
Frustrée de voir le spectacle débuter, la jeune femme repéra deux des agents de Roth supposés surveiller les lieux. Avec un peu de chance, ils auraient entendu parler un homme ou quelqu'un qui pourrait l'aiguiller. « Excusez-moi.. » Dit-elle timidement.
Les deux Blighters se retournèrent et échangèrent un regard entendu avant de lui sourire.
« Je cherche quelqu'un. Auriez-vous… »
« Madame Hazel Grace Keller ? » Coupa l'un d'eux.
« Mademoiselle. » Corrigea mécaniquement la jolie blonde.
« Bien sûr… Suivez-nous, Monsieur vous attend. »
/
Helen ne résista pas à la tentation. Quand un serveur lui proposa un alcool servit dans ces magnifiques verres sur pieds, elle en descendit un tout sec. Puis elle en attrapa un second en découvrant des saveurs qu'elle ne soupçonnait même pas.
Un peu émerveillée par toute cette richesse apparente, cette nourriture et ces cocktails, elle en oublia presque son objectif premier. Presque. Un début d'angoisse lui tenailla l'estomac lorsqu'elle se rendit compte au bout de plusieurs tours de salle que sa grande sœur était introuvable. Elle manqua plusieurs fois de se casser la figure sur ses talons, mais malgré cela, personne pour lui reprocher sa conduite.
La respiration coupée par son corset – et tous les amuses gueules qu'elle avait eu l'erreur de se mettre dans le cornet – Helen sursauta en sentant quelqu'un glisser son bras autour de sa taille. Une odeur de cuir envahit ses narines.
« Jacob ! » Souffla-t-elle sans le repousser, pour ne pas plus attirer l'attention. « Je ne trouve pas Hazel. »
« Tu n'écoutes jamais rien Helen, fous le camp d'ici. »
« Pas sans ma s… »
« J'espère que vous avez apprécié cette soirée, Mesdames et Messieurs. Du moins autant que moi. » Les interrompit la voix rocailleuse de Maxwell Roth, sur le devant de la scène. « Avant notre final, j'aimerai rendre honneur à tous ceux qui sont venus nous rejoindre ce soir, pour célébrer la vie… Et la mort. »
Helen leva la tête en direction de l'assassin, et décela une pointe de frayeur dans son regard. Elle jeta un coup d'œil dans la foule naïve puis remarqua les torches que portaient les deux Blighters de part et d'autre de la scène. « Jacob… » Souffla-t-elle.
« ALLEZ ! GRILLEZ-LES ! » Hurla Roth, donnant l'ordre d'enflammer les énormes rideaux. « C'est à toi de jouer, Jacob, mon cher ! »
« Jacob ! » Lança la rouquine en attrapant les pans de sa veste. « Tu savais ?! » Peu lui importait finalement, puisque le jeune homme avait tenté à maintes reprises de la dissuader d'entrer. Ce qu'il fallait faire, c'était sauver sa sœur. « Jacob, aide-moi à trouver Hazel je t'en prie ! »
L'assassin la regarda douloureusement. Il se mordit la lèvre puis la poussa et lança son grappin en l'air. « Tires-toi j'ai dit ! » Helen tenta de s'accrocher à son bras mais il fut trop rapide et elle s'écroula sur le sol. « CONNARD ! » vociféra-t-elle avant de retirer ses chaussures et de commencer à courir dans tous les coins.
Elle cria sans arrêt le nom de sa sœur, espérant entendre le sien en retour. Sans arrêt bousculée par les Londoniens paniqués qui tentaient de fuir malgré les flammes grandissantes et la fumée, elle finit à bout de souffle, les cheveux ébouriffés et la peau luisante de transpiration.
Puis elle se sentit une nouvelle fois agrippée et pensa d'abord que Jacob avait changé d'avis. Jusqu'à ce qu'elle reconnaisse l'uniforme rouge de la brute qui la traîna sans délicatesse jusqu'à une petite remise dans laquelle il la balança à l'image d'un sac de farine, en lui envoyant un grand sourire « Avec les salutations de Roth. » Railla-t-il en refermant la lourde porte.
Helen bondit à quatre pattes pour se batailler avec la poignée mais elle comprit très vite que rien n'y ferait, et que cette porte resterait fermée. Elle comprit également qu'elle allait mourir asphyxiée, sans même savoir si sa sœur était en sécurité.
« Helen ? »
La jeune femme eut un hoquet. « Hazel ?! »
Elle se retourna et se retrouva nez à nez avec son aînée, elle aussi décoiffée par les évènements. Un soulagement intense parcouru les entrailles de la rousse, qui se jeta dans ses bras. « Oh mon Dieu Hazel ! Tu es vivante ! »
Les deux femmes restèrent enlacées plusieurs instants, profitant du moment pour effacer tous leurs désaccords et savourer ces retrouvailles, malgré leur contexte. Puis Hazel se recula et resta penaude.
« Tu avais raison petite sœur… Il n'y avait pas de prince charmant. »
Elle semblait tellement déçue et embarrassée que Helen en eu presque le cœur brisé pour elle.
« C'est ma faute Hazel. » Dit-elle en prenant ses mains dans les siennes. « Roth est un malade, et il a cherché un moyen de me faire du mal après que j'ai ruiné des plans impliquant le Premier Ministre. »
« Tu penses que c'est Roth qui m'a envoyé l'invitation ? »
Helen acquiesça d'un signe de tête, puis songea qu'elle lui avait carrément facilité la tâche en fonçant dans la gueule du loup. Ce soir, Maxwell Roth en aurait deux pour le prix d'une…
« On va mourir, Helen ? » Demanda la belle blonde, un sanglot dans la voix.
La température devenait insupportable, et il n'y avait pas la moindre issue. Elles étaient entourées de quatre murs solides, et d'une porte infranchissable. L'unique ampoule commença à clignoter, puis elle rendit l'âme pour de bon et Helen sentit la main de sa sœur empoigner fébrilement la sienne.
« Il y avait encore des gens. » Répondit la rouquine. « Il faut crier. »
/
Jacob rangea son mouchoir tâché du sang de Roth dans son manteau et bondit sur les deux Blighters qui le tenaient en visée pour leur régler leur compte. De retour sur l'avant de la grande scène, il eut tout le loisir de voir le théâtre s'effondrer doucement, dévoré par les flammes.
Il balaya le hall du regard mais ne trouva aucune trace ni d'Helen, ni de sa sœur. Estimant qu'elles s'étaient finalement retrouvées et enfuit, il prit la direction de l'entrée principale mais manqua de peu de se prendre les restes d'un rideau enflammé sur la tête. Un appel d'air balaya des braises et ce point de fuite devint absolument impraticable.
Il courut en direction d'une autre sortie mais deux voix familières raisonnèrent dans sa tête, et il détermina rapidement leur provenance. Approchant d'une porte en chêne massif, il sortit un pistolet au nez long, puis il tira plusieurs balles dans la serrure et ordonna aux filles de s'écarter.
Un coup de pied violent, et ce fut comme ouvrir la porte d'un four.
Helen eut une furieuse envie de lui sauter dans les bras, tant elle n'espérait plus rien. A la place, elle aida Hazel à se relever et de l'autre main, attrapa ses belles chaussures. « Je pensais que tu étais déjà au Pub. » Lança-t-elle, trop soulagée pour imaginer une réplique cinglante.
« On n'est pas encore tirés d'affaire… » Lui fit remarquer l'assassin, cachant son nez avec son écharpe.
Le trio se mit à courir vers chaque sortie possible, mais la malchance semblait les poursuivre puisque chacune d'elle s'était effondrée. Les balcons au-dessus d'eux commençaient à tomber en morceaux brûlants et la fumée s'épaississait de minute en minute. Bien qu'habitué aux conditions extrêmes, Jacob n'y voyait presque plus rien. Il leva le nez en l'air comme dernier espoir et remarqua une lucarne encore accessible.
« Helen, Hazel, écoutez-moi. » Dit-il en retirant l'écharpe. « On va devoir atteindre cette sortie avec le grappin… »
Les sœurs se regardèrent et échangèrent un sourire de soulagement.
« … Une à la fois. » Ajouta Jacob, conscient du risque que cela impliquait.
« Quoi ?! Mais tu vois bien que le théâtre est à deux doigts de s'effondrer sur lui-même ! » S'exclama Helen, sentant déjà la panique lui soulever le cœur.
« Ce n'est pas un objet magique Helen ! Il ne supportera pas le poids de trois personnes ! » Rétorqua l'assassin.
« Vas-y en première Helen, c'est à cause de moi que tu es ici maintenant. » Souffla timidement Hazel.
« Pas question ! » S'emporta la cadette. « C'est moi que Roth voulait voir souffrir, et bien soit ! » Elle serra la main de sa sœur et afficha un air déterminé.
« Mr Frye… » Gémit Hazel en le suppliant du regard.
Ils perdaient un temps précieux et le jeune homme comprit la supplique de la plus grande. Sans chercher à écouter les arguments d'Helen, il teint ses bras minces plaqués contre sa poitrine d'une main, et la serra contre lui en lançant la corde.
« Mais… ?! » Hoqueta la rousse.
« Ne t'inquiètes pas Helen, tout ira bien. Je n'ai pas peur. » La rassura Hazel en glissant sa main sur sa joue, au moment où Jacob activa son gantelet.
L'ascension fut tellement rapide qu'Helen eut à peine le temps d'apercevoir la silhouette de sa sœur disparaître derrière la fumée. Elle se mit à respirer très rapidement, sous la pression, et alors que Jacob avait un mal fou à la garder contre lui, le souffle de trois énormes explosions les expulsa violemment du toit.
Quand Jacob sentit le corps d'Helen lui échapper, il se retourna et réussit à attraper un morceau de sa robe fumante. Il la plaqua de nouveau contre lui et fit rempart de son corps lorsqu'ils rebondirent sur une rambarde puis atterrirent dans de la neige fraîche. L'assassin gémit, une douleur lui sillonnant la colonne. Helen reprit rapidement ses esprits et s'extirpa de l'étreinte de Jacob pour ramper dans la neige, pétrifiée par le spectacle sous ses yeux.
L'Alhambra était entièrement bouffé par l'incendie. Toutes les vitres avaient volé en éclats et d'énormes langues rouges et oranges léchaient les murs jusqu'au toit. « Hazel. » réussit-elle à articuler en une plainte aiguë.
« Helen ! »
Elle ne l'écoutait plus. Désespérée, la jeune femme rampa dans la neige pour tenter de retourner dans le brasier, y trouver sa sœur qui l'attendait, elle en était persuadée.
« HELEN ! »
Ses chaussures vernies toujours dans ses mains crispées au maximum, elle progressait rapidement quand Jacob parvint à se jeter sur elle malgré la douleur qui le tenaillait.
« LÂCHE-MOI ! » S'égosilla la rousse en lui assenant une pluie de coups au visage. « HAZEL ! »
A bout de force, Jacob lui donna un grand coup sur la nuque et les bras de la jeune femme retombèrent lourdement sur les pavés. Son regard se voilât, et elle eut l'impression que la fumée noire de l'incendie l'avait avalée.
[SPOILER - lisez le chapitre avant !]
Je m'attache toujours à mes personnages. Surtout celui d'Hazel Grace : une petit nana de 23 ans qui cherchait simplement à rendre service et à rencontrer un éventuel gentilhomme.
... C'est d'autant plus dur de leur faire du mal ┻━┻ミ\(≧ロ≦\)
- Prochain chapitre demain si tout va bien, c'est épuisant de tenir un rythme quotidien ^^' -
