Désolée, ça fait quasi un mois que je n'ai pas publié. Déjà parce que les cours ça me prends du temps, que je me suis lancée dans une autre histoire Omegaverse (oui oui je fais autre chose alors qu'ici ça traîne pardon) et que j'ai beaucoup dessiné. Voilà. Mais la suite est finalement là!


Elizabeta caressait Turul, son faucon, d'un air distrait. Sur son bureau était posée la lampe magique, permettant d'avoir une certaine forme de communication avec les fantômes. Alice la lui avait envoyé lors de leur dernière conversation via mégascope, un appareil magique servant à la fois à la communication et la téléportation. Il était composé de plusieurs cristaux magiques, généralement montés sur trois pieds. Elle soupira, sa main libre posée sur une lettre. L'écriture était brouillonne mais paradoxalement bien droite, celle de Gilbert. Il lui disait qu'il poursuivait sa quête auprès de la jeune magicienne mais qu'ils peinaient à trouver des pistes. La Chasse Sauvage n'était pas réapparue depuis ce village sur l'île de Undvik. Elle-même tentait d'enquêter de son coté mais sans rien trouver de concret. Une vague rumeur courait comme quoi les Moires des terres désolées de Velen s'étaient activées pour la venue de quelqu'un, un événement important. Belleteyn sans doute, une fête païenne pour la fertilité où on buvait, mangeait et faisait l'amour. Chaque année les Moires choisissaient trois jeunes hommes et trois jeunes femmes pour les rejoindre. Cependant, cette année semblait spéciale. La magicienne ignorait si cela pouvait bien avoir un rapport avec Lily, espérant à la fois que non pour sa sécurité mais pourtant que oui pour avoir une piste solide.

- On dirait qu'il s'y attache... Qu'en penses-tu?

L'oiseau se faisait les plumes, guère intéressé par ce que disait sa maîtresse. Il agissait comme un animal ordinaire or il était né de sa magie et non par la nature. Il ne vieillissait donc pas mais si il pouvait être tué, elle pouvait également le ramener à ses cotés. Elizabeta ne savait que penser du fait que le sorceleur s'attache à la jeune fille. Une pointe de jalousie peut-être... Elle avait passé tant d'années auprès de lui mais si leur relation avait été tumultueuse, torride, chaotique et dangereusement érotique, elle n'avait malheureusement pas été tendre et douce, un amour tranquille qui pourrait perdurer. A force de se retrouver et de se déchirer, ils avaient fini par écouter la voix de la raison et y avaient mit un terme. La magicienne en gardait pourtant un goût d'inachevé.

Gilbert errait en ville, se demandant où était passée la sorcière. Elle était venue ici avant lui, il en était certain. Mais il ne la trouvait pas. Le paquet remit par l'aubergiste émanait de magie, assez pour faire réagir son médaillon de sorceleur. Faute de mieux, il se dirigea vers le cabaret d'Antonio, le Thym et Romarin.

Les portes franchies, il fut assaillie par le bruit de la musique, des rires et du son des choppes qui s'entrechoquent. Une véritable marée de soldats aux armoiries blanches sur fond bleu. Une voix connue attira son attention.

- Oyé mes amis! Buvons! Buvons à la Temeria libre!

Une acclamation de joie vint comme réponse depuis la foule en liesse. Quelqu'un mit de force une bière entre les mains de Gilbert, celui-ci bu machinalement, regardant sauter de la table, tel un cabri, Francis. Ce dernier était félicité et acclamé de tous cotés, peinant à répondre à tous. Une voix de femme surgit derrière son épaule.

- Regarde le, un vrai poisson dans l'eau.

- Ça faisait un bail, Lucile.

- C'est vrai, tu as revu le commandant mais nous ne nous sommes pas croisés.

- Vous avez fait quoi pour que la fête soit si grandiose?

- Oliver Vizimir Radowid Kirkland, roi de Rédanie, est mort.

- Sacrée victoire, concéda-t-il après un silence.

Elle hocha la tête en réponse, buvant son verre. Lucile était une femme petite et menue mais d'une agilité remarquable. Un duel de tir à l'arc entre elle et Taina, la femme du Jarl Berwald, serait formidablement intéressant. Francis s'avança finalement vers eux, tel un Messie traversant sa mer de fidèles. Il prit Lucile et Gilbert par les épaules, un immense sourire peint sur ses lèvres. Il ne vit pas sa seconde rougir, à son grand bonheur.

- T'as entendu la nouvelle Gil?!

- Ouais, j'ai entendu. Comment ça va se passer du coup?

- Je t'expliquerais tout ça après. Bois et mange! On fête un renouveau.

- En parlant de fête et de renouveau, tu te souviens d'une certaine dryade rencontrée pendant Belleteyn?

- Aileen? Bien sûr, comment l'oublier!

- Elle ne t'a pas oublié non plus. J'ai promis de te rappeler son bon souvenir si je te croisais sur la Voie, je n'ai pas eut l'opportunité avant mais voilà, c'est fait.

Le soldat soupira fortement, son regard perdant légèrement son éclat.

- Aileen est l'héritière de Brokilone. Aussi belle soit-elle, elle n'est pas pour moi. Le peu de temps passé avec elle fut profondément merveilleux et j'aurais souhaité qu'il ne se termine pas mais... C'est impossible. Elle est dryade et je suis humain. La situation est bien trop périlleuse.

Lucile baissa la tête, laissant le soin à sa somptueuse chevelure d'or de cacher son visage qui affichait une joie malvenue. Elle savait le faible que Francis éprouvait pour cette non-humaine mais il venait d'avouer lui-même qu'il n'y donnerait jamais suite. Cela lui ouvrait la porte de l'espoir.

- J'entends. Peut-être devrais-tu le lui dire, histoire qu'elle cherche vraiment un bon mâle pour la féconder au lieu de t'attendre depuis sa forêt.

- Tu as raison. Dès que je le pourrais, je le ferais.

- Je te laisse à tes hommes, je dois parler à Antonio. Merci pour la bière et félicitations pour l'avancée de ta quête.

- Que les Dieux te guident sur la Voie, Gilbert. Sincèrement.

Ils se sourirent puis le sorceleur s'éloigna, buvant sa bière sur le chemin.

Antonio jouait du luth tout en récitant l'une de ses chansons épiques, l'une de celles contant les aventures d'un sorceleur et d'une belle magicienne. Un Loup Blanc courant follement après ou contre son Destin. Gilbert ne parlait jamais vraiment de lui mais Antonio était son ami depuis longtemps et sous sa voix de velours, ses souvenirs devenaient des histoires qui ne lui appartenaient plus vraiment, lui permettant de s'en détacher. Ses deux femmes étaient assises à ses cotés, se faisant manger l'une l'autre des grains de raisin, sous les yeux fascinés des hommes près d'elles. Leurs corps à la peau délicatement dorée, leurs luxuriantes chevelures brunes, leurs formes opulentes, elles étaient des gravures de beauté, des statues dédiées à la déesse de l'Amour venues à la vie. Gilbert admettait qu'il se laisserait volontiers tenter, leur talent pour les armes ne les rendant qu'encore plus attirantes à son goût. Le chant s'arrêta mais la musique continua alors que le conteur le fixait d'un regard perçant.

- Il y a foule ce soir.

- Je pense que ça n'est pas pour ça que tu es venu.

- Non. Je suis venu pour m'excuser de t'avoir laisser en plan, la sorcière ne m'avait pas laissé le choix.

Le propriétaire du cabaret souffla un grand coup puis se leva, faisant signe au sorceleur de le suivre. Ce qu'il fit. Les deux femmes se levèrent à la suite, provoquant un murmure de déception parmi leurs nombreux admirateurs.

La chambre d'Antonio avait beaucoup de tapis, d'objets décoratifs et des tableaux mais elle était moins encombrée que la suite Rubis. Il reconnaissait cependant son goût pour les couleurs chaudes. Les deux filles originaires de Zerricanie partirent s'allonger sur le lit, se câlinant. Gilbert les regarda un moment, jusqu'à ce que l'autre ne le rappelle à l'ordre en toussotant.

- Elles sont superbes mais on n'est pas là pour ça.

- Ça ne m'aurait pas dérangé.

- J'ai déjà partagé des galipettes avec toi et de sublimes filles mais là n'est pas le sujet. Où est passée ta magicienne d'ailleurs?

- J'ignore où elle est. Je pensais la trouver ici puisqu'elle est arrivée à Novigrad avant moi.

- Je ne l'ai pas vu en personne.

- C'est à dire...?

Antonio se détourna le temps de fouiller dans un tiroir de l'une de ses commodes, enfouie sous un tas de vêtements colorés et luxueux. Il finit par sortir un papier, qu'il tendit à Gilbert. Il reconnu l'avis de recherche, typique, des chasseurs de sorcières.

- Si elle est dans la prison du Temple, aller la chercher va demander des trésors d'imagination...

- Tu ne penses pas si bien dire. Le commandant Jones la surveille lui-même d'après les on-dit.

- Il s'est rendu compte qu'il avait été roulé dans la farine... Faut que je réfléchisse à quoi faire. La situation est épineuse.

Le brun s'appuya contre le meuble, sourcil haussé. Clairement, il attendait que Gilbert explicite ses pensées. Ce qu'il finit par faire car Antonio avait sa complète confiance. Les filles étant, dans ce cas précis, considérées comme des extensions de lui.

- Tu sais qu'on cherche la princesse de Cintra et j'ai de quoi la trouver. Je sais que Alice préférerait que je cours après sa royale Majesté plutôt que d'essayer de la libérer.

- Mais tu ne connais pas cette princesse alors que tu voyages depuis des semaines avec la jolie magicienne.

- Tu insinues que je l'aime?

- Il ne serait pas étonnant que tu veuilles au moins partager son lit ou tout bêtement que tu l'apprécies après tout ce temps.

- Tu as raison, sur les deux points. Mais la guerre est derrière notre porte, une guerre violente. Je n'ai pas de patrie, à part peut-être la forteresse de Kaer Morhen, mais mes amis eux, ont une patrie et je n'ai pas envie qu'ils la perdent.

- Et on dit les sorceleurs dépourvus de sentiments.

- Nous sommes maltraités et entraînés à tuer. Je pense que l'adage est vrai pour pas mal d'entre nous.

- Mon coté romantique te dirait d'aller chercher ta belle Alice mais le coté raisonnable te dit d'aller trouver la princesse. Et puis, c'est ce que ta sorcière voudrait, non?

- Plus que tout au monde. Trouver et protéger cette Lily est l'objectif de sa vie.

- Alors tu connais ta réponse.

Il la connaissait en effet mais elle ne lui plaisait pas. Quand Antonio lui proposa un bain, il ne dit pas non. Encore moins quand les deux filles des Dragons le rejoignirent.

Reparti sur les routes sur son fidèle Gilbird, le sorceleur parcourait plaines, forêts et champs de bataille, suivant la carte magique traçant la route jusqu'à Lily et l'elfe mystérieux. Il ne pouvait qu'espérer que Alice ne subisse pas trop de dommages là bas, dans la prison du Temple. Cependant, elle lui en voudrait bien plus de ne pas aller chercher la princesse. Alors il parcourait le pays, à la recherche de cette fille qu'il n'avait jamais vu mais à laquelle il semblait de plus en plus lié. Gilbird étant un cheval bien entraîné, il pouvait facilement parcourir douze lieues en une journée malgré tout le matériel du sorceleur disposé sur ses flancs. En trois jours, ils avaient donc parcouru trente-six lieues, les ramenant donc à Velen et ses terres désolées. Passant dans un village, il s'arrêta à l'auberge pour se ravitailler et laisser Gilbird se reposer un moment. Après le repas et une partie de Gwynt qu'il gagna, récoltant ainsi de quoi payer son repas sans rien débourser de sa poche, il parti ensuite voir le panneau d'affichage. Il repéra une annonce concernant un Griffon. Intrigué, il la décrocha et parti voir l'ancien du village. L'homme lui indiqua qu'un autre sorceleur était déjà sur le coup. Curieux, Gilbert se rendit sur le chemin indiqué comme lieux des attaques de la bête. Au bout d'un moment, il vit un paysan parler vivement avec un homme portant deux épées dans le dos, symbole de sa caste. En s'approchant davantage, il reconnu la voix de son ami de Kaer Morhen.

- Je vous dis que bourrer un mouton mort de viande pourri et de poudres ne tuera pas le Griffon!

- Et moi j'vous dis qu'j'ai un cousin qui l'a fait et qu'ça a marché!

- Un souci Vlad?

Le blond se retourna et son visage s'éclaircit en reconnaissant son camarade.

- Gilbert! Aide moi à convaincre ce gueux de ne pas crever comme un imbécile. Peut-être que deux sorceleurs arriveront à le convaincre!

Il esquissa un sourire et ils parlementèrent longuement avec le paysan qui finit par abandonner son idée, et le cadavre du mouton fourré à leurs pieds. Ils s'en débarrassèrent puis examinèrent les cadavres et le chariot défoncé gisant sur le bas coté. Leurs sens de sorceleurs leur permirent de remonter la piste, bien qu'elle ne fut plus fraîche car datant de deux jours, jusqu'à un moulin abandonné.

- Je pense qu'il niche là haut, déclara le blond.

- J'ignorais que tu avais enfin apprit à penser.

- Oh la ferme. Tu m'aides pour la mission? Mais tu n'auras que le quart des gains, j'étais dessus le premier.

- Ça me va. Tu ne rentres pas à Kaer Morhen pour hiberner?

- Justement, je suis sur la route. Je viens de Sodden. Ça se reconstruit là bas et il y avait du marché pour moi.

- J'ai de mauvais souvenir de Sodden...

- Elizabeta a été pas mal amochée. Brûlée, un membre arraché entre autres, de ce que je me souviens.

Le silence de Gilbert en dit long et Vlad se sentit coupable d'en avoir rajouté une couche. Pour changer de sujet, il revint sur la bête à tuer. Après tout, ils étaient des adversaires coriaces et leur force ne devrait pas être sous-estimée. Obstinés et agressifs, ils faisaient un usage mortel de leur capacité à voler pendant le combat et s'abattaient sur leurs ennemis pour les frapper sur le sol et les déchirer en lambeaux avec leurs griffes et leurs becs. Humains comme chevaux.

- Le paysan et son idée d'appât n'est pas idiote. Nous allons demander une chèvre et la placer bien en vue, proche de son moulin. Comme nous sommes loin du village et que l'endroit est dégagé, ça sera pratique pour le combat.

- Effectivement Gil. Faisons comme ça. Au fait, tu vas où comme ça?

- Sur l'île des Brumes.

Vlad secoua la tête d'incompréhension. Cette île légendaire n'était-elle pas au large de Skellige, quelque part dans les eaux froides? Pourquoi faire un si grand détour? A vrai dire, Gilbert se l'était aussi demandé mais l'elfe avait tracé ce chemin alors il lui suivait, bon gré mal gré. Ce détail ne regardant pas son camarade, il le garda donc sous silence. Il valait mieux ne pas ébruiter le fait qu'il ait en sa possession le moyen de retrouver la princesse de Cintra. En terre conquise, beaucoup de Nilfgaardiens déambulaient dans le coin.

Gilbert et Vladimir avaient préparé leurs stocks de bombes Ruches, fabriquées à base de calcium et de salpêtre, afin de faire des dégâts de feu sur la bête. Leurs épées d'argent étaient enduites d'huile contre les hybrides, elle-même faite avec du suif de chien et des pétales de myrte blanc. Les connaissances de base des sorceleurs leur permettaient réellement de se sauver la vie ou du moins ici, de prendre un avantage sur un adversaire beaucoup plus fort et féroce. Gilbert monta sur le dos de Gilbird, Vlad se chargerait du combat au sol et lui de pourchasser la bête afin de la ramener vers Vlad quand elle s'éloignerait. A l'affût, les sorceleurs attendirent que le Griffon fonde sur la chèvre...

Un cri perçant retentit puis la bête mi-lion mi-aigle se posa dans la plaine, s'avançant vers la chèvre qui bêla de tout son saoule. Vladimir lança la première Ruche qui explosa près de l'aile droite du monstre qui se mit à crier plus fort encore. Perché sur Gilbird, le sorceleur aux cheveux blancs prit son arbalète et tira sur la bête qui s'envola, planant un moment. Il lança son cheval et continua de l'agresser, esquivant ses coups d'ailes ou de pattes. Au sol, Vladimir se jetait sur elle, épée en avant, dès que le Griffon touchait terre. La bête tournait et attaquait à tout va, s'épuisant dans la manœuvre, pourchassée autant dans les airs que sur terre. Hérissé, le Griffon hurla plus fort encore, déstabilisant Vladimir qui se prit un coup de bec sur le bras, arrachant une partie de son armure. Ne se laissant pas démonter, il lui balança une autre Ruche, se jetant à terre pour se protéger du souffle de l'explosion. L'arrière étant dégagé, Gilbert raccrocha son arbalète le temps de sortir son épée d'argent qu'il dirigea contre le monstre, lançant Gilbird au galop. Le sang gicla dans les airs, le sorceleur et sa monture s'en retrouvant tachés sans que ça ne les arrête. Vlad le tailladait également sur l'avant, ne laissant aucun répit au monstre qui était de plus en plus lent à se défendre, ne pouvant plus s'envoler à cause de ses ailes criblées de carreaux d'arbalète. Le blond leva son épée et l'enfonça profondément dans le torse du monstre, celui-ci tenta de lui donner un coup de bec mais ne pu finir son geste, une deuxième épée d'argent pénétrant violemment sa gorge. Vaincu, il tomba à terre, sans vie. Essoufflés, les deux sorceleurs prirent un moment pour reprendre leurs esprits. Vlad avala un élixir d'Hirondelle puis trancha la tête du Griffon en guise de trophée pour obtenir la récompense au village.

- Le quart, on est toujours d'accord?

- Ouais mais je veux les ingrédients intéressants du cadavre pour l'alchimie.

- Vas y, si t'aime tripoter les morts. J'ai assez d'ingrédients et de mutagènes en ce qui me concerne.

Attendant que l'élixir agisse, il s'assit sur un coté, laissant son camarade farfouiller la dépouille. Gilbert récupéra ainsi les griffes, les plumes, la langue et le cœur du Griffon. Il récupéra également le mutagène, utile pour une décoction de Griffon servant à mieux encaisser les coups pendant un combat, ou simplement à renforcer sa propre constitution physique en améliorant sa santé. Être un mutant avait parfois des avantages. Revenus au village, ils montrèrent la preuve de leur combat et se répartirent l'argent comme prévu. Après un bain, une nuit et un repas bien mérité, Gilbert était prêt à repartir sur les routes.

- Où vas-tu maintenant?

- Là où le destin me guide.

- Tu n'as jamais choisit le chemin facile Gil. Prend garde à ce que ça ne te tue pas.

- Je suis un sorceleur, la mort est mon quotidien tout comme le tien.

- On peut mourir demain comme dans cent ans. La mort nous veille comme elle nous nargue.

- Raison de plus pour lui faire des pieds de nez, tu ne penses pas?

Vladimir éclata d'un grand rire tout en acquiesçant vivement. Il monta alors sur son propre cheval et une fois tout deux à la même hauteur, ils se donnèrent une accolade.

- Je dirais aux vieux Hendrich que tu étais vivant la dernière fois que je t'ai vu. Tu ne lui donnes pas beaucoup de nouvelles.

- Tu vas pas me faire croire que toi si.

- Grands Dieux non. Bonne chance sur la Voie.

- La tienne aussi Vlad.

Ils se séparèrent enfin, l'un se dirigeant plein Nord et l'autre vers le Sud. Au moins ce Griffon lui aura permit de renflouer ses poches.

Le revoilà quasiment au point de départ songea-t-il aux abords de Brokilone. Le point magique sur la carte ne brillait plus sur l'île des Brumes mais ici, à la forêt des dryades. Alors qu'il allait y pénétrer, il se fit encercler par des elfes, arc et épée en avant.

- Ah, la Scoia'tel. Qui est le chef ici?

Un roux aux yeux vert s'avança alors, portant fièrement son chapeau d'où pendait une queue d'écureuil.

- Je suis Allistor, je dirige cette faction.

- Tu as des contacts avec Britannia, la Reine des dryades?

- Qu'est-ce que tu lui veux?

- Dis lui que Gwynnbleid est venue la voir.

Quelque chose remua dans les buissons à grande vitesse sans qu'aucuns ne bougent. Une dryade venait de filer avertir sa Reine. Le sorceleur fut descendu de cheval et conduit jusqu'au camp des elfes rebelles. Il ne fit aucuns gestes hostiles, non pas qu'il n'aurait pu les tuer ou au moins tous les désarmer mais courroucer les alliés de celle qu'il voulait voir pouvait poser soucis. Assit près du feu de camp, Allistor lui donna de la bière. Ils burent en silence.

- Toi, t'es un mutant. Les humains te détestent.

- C'est vrai.

- C'est eux qui t'ont créé.

- Il faut un monstre pour tuer les monstres, tu ne le sais pas?

- Je sais que si la Conjonction des Sphères n'avait pas permit aux elfes de coloniser ces terres, les humains seraient peut-être encore en peaux de bêtes à renifler le sol.

Gilbert haussa les épaules. Les elfes avaient été la plus ancienne forme de civilisation, il ne pouvait le nier. Mais la Conjonction avait également amené la magie et les monstres dans ce monde. Selon les mages et les sages elfes, il existait une myriades de mondes différents. Pour Gilbert, celui-ci était amplement sordide pour qu'il n'y en ai pas d'autres à gérer.

- Tu es un monstre selon eux, pourquoi ne rejoins-tu pas notre cause?

- Je ne ferais rien contre les humains ni contre la Scoia'tel si vous ne faites rien contre moi ou ceux qui comptent à mes yeux non plus.

- Mais pourquoi les soutenir?!

- Parce que j'ai été créé pour les protéger et qu'il y en a parmi eux qui méritent cette protection.

- Penses-tu que tous les elfes et les nains brûlés vifs le méritaient?!

- Je ne suis pas juge des humains. Vous avez Dol Blathanna et une Reine à servir. Vous avez ce que vous vouliez.

- Ce monde ne devrait pas appartenir aux humains, ils vont le détruire.

- Ça, Allistor, nul ne le sait.

Ils furent interrompus par une groupe de dryades venues chercher le sorceleur. Gilbert se leva puis les suivit, récupérant son cheval au passage.

Il fut accueillit au pied du grand arbre par Aileen, héritière de Brokilone. Il la salua d'ailleurs en ces termes, en Langue Ancienne.

- As-tu accompagné Aurhardd jusqu'à sa destination?

- Je l'ai fait et nous avons décidé de poursuivre sa quête ensemble.

- Pourquoi n'est-elle pas là alors?

- Beaucoup de choses se sont passées. J'aimerais en parler directement à ta mère.

La dryade aux cheveux rouges l'accompagna donc jusqu'aux appartements de la Reine. En chemin, il lui confia qu'il avait transmit son message à Francis et qu'il avait promit de revenir la voir. Elle eut un sourire heureux en l'apprenant. Quand ils entrèrent, Britannia n'était pas seule. Une jeune fille aux courts cheveux blonds était à ses cotés.

- Oh Gwynnbleid. Que viens-tu faire ici?

- Je cherche la Princesse de Cintra.

La jeune fille dégaina son épée, soudainement sur le qui vive. Gilbert mit la main sur la sienne mais la Reine se plaça entre eux.

- On dirait que l'elfe t'a mit sur la voie.

- J'ai trouvé la carte et elle m'a amené ici.

Britannia hocha la tête puis désigna d'un geste large et élégant du bras, la jeune demoiselle toujours sur ses gardes, bien que sa lame soit dirigée vers le sol.

- Gwynnbleid, je te présente la Dame du Temps. Héritière du Sang Ancien, autrefois princesse et aujourd'hui combattante. Lily est celle que vous cherchez.


Turul est le nom de l'aigle emblématique des armoiries de la Hongrie

12 lieues = 50 km

Vladimir = Romania

Allistor = Scotland

Aurhardd = Cheveux d'or, surnom d'Alice