Chapitre 7 :
La fête venait de se enfin terminer. J'étais impatiente de rentrer pour pouvoir enfin ouvrir la lettre que Lucius Malfoy m'avait donné.
À peine arrivée, j'ai rapidement dit bonne nuit à mon oncle et ma tante puis j'ai monté à l'étage en faisant bien attention à ce que Barty aille dans sa chambre et qu'il n'écoute pas aux portes, comme d'habitude.
Je n'ai même pas pris le temps de me changer, je me suis installé sans grâce sur mon lit et j'ai sorti l'enveloppe pliée en deux de mon décolleté.
L'enveloppe en elle-même était de la couleur d'un vieux parchemin, mon nom entier figurait sur le devant : Elerinna Charis Chang. Mon deuxième nom me venait de ma grand-mère maternelle Charis Black-Croupton. Ma mère avait négocié avec mon père pour que j'ai une partie de sa famille dans mon nom...
Impatiente j'ai retourné l'enveloppe et j'ai constaté qu'il y avait un élégant sceau de cire vert représentant le serpent de Serpentard.
« C'est vraiment un cliché, me dis-je en soufflant et ouvris la lettre délicatement »
Quelques lignes étaient écrites d'une manière très classe et aristocratique :
Miss Chang,
Suite à votre discussion avec mes « amis » je me suis permis de faire des recherches sur l'incendie de votre maison.
La perte de personnes aussi pure est inacceptable !
Les responsables paieront !
Nous nous rencontrerons en temps voulu pour en discuter...
PS : Quelques livres à la réserve de Poudlard vous mettrons sur la voie. N'en parlez à personnes. La lettre s'autodétruira après la lecture.
Un allié
Je lâchai la lettre d'un coup, effectivement elle brûlait toute seule. Je fis les cent pas dans ma chambre et dis tout haut :
« Les responsables ? Mais qu'est-ce-que ce soi-disant allié voulait dire par là ? »
Je réfléchissais à toute vitesse. J'ai toujours pensé que mes parents avaient été tué mais en avoir la confirmation sans les explications était plus que frustrant.
C'était qui d'ailleurs cet allié ? Pourquoi ne devais-je pas en parler ? J'avais encore plus de questions en tête qu'avant. La seule chose dont j'étais sûre était que cette personne était une adepte du sang-pur vu le terme qu'elle avait employée dans la lettre, elle ne parlait pas de pureté de l'âme ou autres conneries, ça j'en étais sûre.
J'étais de plus en plus énervée, un incendie criminel ! criai-je dans ma tête. J'enlevai mes ballerines avec rages et les jetai contre la porte. J'étais dans un état de stress, une crise d'angoisse allait arrivée, je posai mes mains tremblantes sur ma coiffeuse et m'observai. Mes yeux étaient rougis par les larmes, je ne m'étais pas rendus compte que je pleurais, leurs couleurs tirés plus sur le marron que sur le vert habituel comme à chaque fois que j'avais des émotions fortes. J'arrachai avec force mon collier et me fixai pour me calmer, cela ne fonctionnait pas je respirais plus difficilement.
La porte s'entrouvrit et je regardai l'intrus, Barty qui pour une fois ne me regardait pas avec dégoût mais avec curiosité. Il entra, ferma la porte et observa ma chambre, il s'attendait sûrement à ce qu'elle soit saccagée vu mon état. Il ne disait toujours rien donc sans hésiter je parcourus le peu de distance qui nous séparait et enroulai mes bras derrière sa nuque, mis ma tête dans le creux de son cou et pleurai toutes les larmes de mon corps.
Barty se raidit puis fini par s'appuyer sur la porte et s'accroupir dos contre elle. Il m'assit sur lui et je continuai de pleurer mais sa proximité me calma peu à peu.
Il ne disait toujours rien bien que ça devait lui brûler la langue de me demander ce que j'avais... Il ne tint pas le coup longtemps :
« C'est ce sale sang-de-bourbe ! C'est ça hein ? grognait-il »
« Non, reniflai-je, Caleb n'y ait pour rien, ajoutai-je en pleurant »
« Qui est-ce alors ? s'énervait-il. Personne n'a le droit de te faire pleurer sauf moi ! s'écria-t-il »
Cette phrase me rendit le sourire, c'était sa façon de dire qu'il tenait à moi. Je me levai, lui tendis la main pour le relever et dis :
« Je ne peux pas t'en parler, en tous cas pas pour l'instant »
Il fit une mine renfrognée, il aimait tout savoir, surtout quand il s'agissait de moi...
« Je te demande juste une chose Barty. »
« Oui ? répondit-il »
« Ne t'éloigne plus jamais de moi ! Et je le serrais une fois de plus dans mes bras »
Il me rendit mon étreinte, se passa la langue sur le coin de la lèvre, ce qui voulait dire qu'il se retenait de dire quelque chose du genre :
« Tant que tu es avec ce sang-de-bourbe, n'y penses même pas ! »
Puis il quitta ma chambre, me laissant seule avec mes questions. Des questions qui m'ont tenues éveillée toute la nuit.
Juin 1975 :
Vingt-deux heures : Severus et moi quittâmes les cachots en silence afin de nous rendre à la réserve. Depuis le retour des vacances de pâques je n'avais pas vraiment eu le temps de plancher sur la cause de la mort de mes parents du aux devoirs de fin d'année. J'avais donc embarqué Severus avec moi qui connaissait Poudlard comme sa poche bien qu'il soit loin d'être enchanté de sortir après le couvre-feu...
« Et si on se fait prendre par Rusard ? Les points durement acquis cette année nous passerons sous le nez, murmura-t-il, avec détermination »
Il pensait vraiment pouvoir me convaincre...
« Et d'ailleurs tu ne m'as toujours pas dit pourquoi tu dois aller à la réserve ? me questionna-t-il avec suspicion »
Je soufflai et dis : « Tu sais que je ne peux pas t'en parler, n'insistes pas »
Il soupira et répliqua : « Si je perds des points ou si je me fais mettre en retenue, j'aimerais bien savoir pourquoi... »
« Ne t'inquiète pas, demain c'est les vacances, les points sont déjà comptabilisés et je t'ai déjà dit que je ne pouvais pas t'en parler »
Il se renfrogna mais laissa tomber et nous continuâmes d'avancer lentement vers la bibliothèque...
Nous arrivâmes devant la porte de la réserve, Severus l'ouvrit et me laissa entrer en première. D'un lumos nos baguettes éclairèrent les rangées. La lumière du clair de lune se reflétait dans la pièce. Severus tout de noir vêtu entouré de livres et sous cet éclairage avait l'air dans son élément, un rictus satisfait illuminait son visage.
« Alors qu'est-ce-que tu cherches ? »
Je lui tendis le symbole que j'avais dessiné à plusieurs reprises et le lui donnai. Il l'examina pendant plusieurs secondes et fit la moue, agacé de ne pas reconnaître ce symbole. Il me conseilla de regarder dans les livres de runes pendant qu'il cherchait dans ceux de défense contre les forces du mal...
Au bout de deux heures nous étions toujours bredouilles, les livres de défense contre les forces du mal n'avaient rien donné Severus a donc décidé de m'aider avec ceux de runes. J'étais plongeai dans le livre : Hiéroglyphes et logogrammes magiques quand je sentis quelqu'un toucher mon épaule. Je sursautai et eu le réflexe de lever ma baguette, Severus leva les mains en guise de paix et je soufflai de soulagement...
Il me sourit et dit : « Il est minuit... »
J'acquiesçai, rangeai correctement le livre à sa place et dis : « D'accord on va se coucher »
J'entrepris de quitter la pièce mais il me retint et dit : « Il est minuit... »
Je fronçai les sourcils et ne voyais pas où il voulait en venir et là, il m'expliqua :
« Il est minuit, ce qui veux dire que nous sommes le vingt-deux. Ce qui veux dire que tu as quinze ans aujourd'hui, joyeux anniversaire, me dit-il en me tendant un paquet »
Je lui souris, le remerciai et voulus ouvrir le cadeau quand un miaulement retentit.
Severus et moi nous nous regardâmes avec de gros yeux, il mit un doigt sur sa bouche et nous quittâmes la pièce les baguettes éteintes et sur la pointe des pieds.
Nous accélérâmes le pas dans les couloirs en faisant le moins de bruit possible mais nous tombâmes malheureusement sur l'esprit Peeves qui s'écria :
« Des élèves hors du dortoir ! Des élèves hors du dortoir ! »
Severus lui lança un Petrificus Totalus mais trop tard, Rusard n'était pas loin.
« Par ici, chuchotai-je, en lui montrant une statue »
L'espace entre le mur et la statue était très étroit, Severus était donc plaqué au mur tandis que j'étais dos à la statue donc face à lui. Severus perdit l'équilibre et se tient à moi mais je me rendis compte qu'il n'avait pas vraiment perdu l'équilibre mais plutôt que son dos appuyer sur le mur avait actionné un passage dans le mur.
« AH ! » nos cris retentirent alors que nous glissions dans cet étrange passage. Severus avait la tête en bas et j'étais toujours accroché à lui, sur lui. La vitesse accompagnée de la poussière qui me piquait les yeux faisait que ce drôle de moyen de transport était pire que les wagonnets de Gringotts... »
Le tunnel était raide et sombre, on n'y voyait rien. Au bout de plusieurs longues secondes, l'humidité se faisait sentir, quelques gouttes tombaient sur ma tête pendant que je me cachais le visage sur le torse de Severus. La sortie arriva et nous fîmes projeter quelques secondes dans les aires avant d'atterrir dans un grand « plouf » ... J'avais lâché Severus sur le coup qui lui avait plongé la tête la première à un mètre plus loin.
L'eau m'envahit les oreilles et je refis surface en reprenant mon souffle. Nous étions dehors et pas n'importe où, je pouvais voir le château au loin, nous étions tombés dans le lac noir !
Je nageai sur place et me retournai pour chercher Severus du regard, un plouf me fit sursauter. Je me retournai encore une fois, c'était le cadeau de Severus qui flottait...
« Severus ! criai-je, je ne voyais rien j'espère qu'il va bien »
J'entendis un bruit de toux sur la rive et une lumière aveuglante pointa vers moi. C'était Severus et son fameux Lumos.
« Elerinna, tu vas bien ? me demanda-t-il, inquiet en penchant un bras vers moi tandis que je nageai vers la rive où il était. »
À sa hauteur, j'attrapai son bras et il me tira hors de l'eau. J'étais gelée, nous étions en été depuis peu mais les lacs d'Écosse n'étaient pas réputés pour être les plus chauds.
« Oui ça va, répondis-je en claquant des dents, comment on est arrivé là ? »
Il pointa de sa baguette le bout du tunnel ou plutôt l'égout, beurk c'est ça cette odeur. Vu mon regard ahuri il m'expliqua.
« Ça m'a tout l'air d'être un chemin de traitement des déchets, ceux qu'ils utilisaient au Moyen-Age avant d'inventer les sorts appropriés. »
Il longea le lac du regard et lança un Wingardium Leviosa sur le cadeau qui par chance flottait toujours. Il le récupéra, me le tendit avec un air de chien battu, déçu de l'état de son cadeau.
« Je le sécherai ce n'est rien, ris-je et dis-je en posant une main sur ses cheveux en le caressant comme un bon petit chien »
« Ah ! s'écria-t-il, en dégageant ma main, il détestait que quelqu'un touche à ses cheveux, allez viens on rentre ! »
Je le suivais toujours en riant, ce qui l'exaspérer, lui qui ne voulait pas se faire repérer.
« Arrête de rire comme un lutin de Cornouailles ! s'énerva-t-il »
« Désolé, dis-je les larmes aux yeux, c'est juste le meilleur anniversaire de toute ma vie »
Il sourit et nous rentrâmes en silence dans nos dortoirs respectifs...
23 Juin 1975 :
Il était temps de quitter Poudlard pendant les grandes vacances. J'ai installé ma valise dans le compartiment de Jia, Bao et les autres mais j'ai décidé de passer le voyage avec Lily et Severus.
Severus était crispé pas très content de rentrer, il m'avait expliqué sa situation familiale dans les moindres détails ce qui prouvait que désormais il me faisait totalement confiance. Lily était joyeuse comme toujours, bien-sûr elle aurait Sev pour elle toute seule la veinarde, pensai-je.
« Alors Elerinna, me questionna Lily avec des grands yeux, pressé de passer tes vacances à Salem avec Caleb ? »
Severus n'écoutait pas vraiment, nous ne parlons jamais de ce genre de chose...
En réfléchissant à sa question, je me rendis compte que j'étais stressé de retourner dans la ville de mon enfance là où il y avait tous mes souvenirs, mes anciens amis et surtout la tombe de mes parents.
« J'appréhende beaucoup, me confiai-je, j'ai perdu le contact avec quelques amis mais surtout mon meilleur ami Alexandre de Chantérac »
« Chantérac, comme les balais ? me demanda Lily
« Oui son père est le directeur de l'entreprise de production de balais, lui expliquai-je »
« Waouh, répondit Lily avant d'ajouter, pourquoi vous ne vous parlez plus ? »
Severus leva les yeux vers moi, une querelle entre meilleur ami devait plus l'intéresser que les histoires de garçons...
« Nous étions amis depuis la première année mais il n'a pas supporté mon rapprochement avec Caleb, ils se détestent tous les deux, Caleb est très farceur, c'est un audacieux donc... »
Lily ouvra la bouche mais ne dit rien tandis que Severus me fusilla du regard et dit :
« Je vois... Je ne te pensais pas comme ça, laisser tomber ton meilleur ami pour un, pour un... SIRIUS BLACK numéro deux ! s'écria-t-il »
« Ça ne s'est pas passé comme ça et puis, Oh ! Pourquoi je m'explique ! m'exclamai-je en levant les bras et en quittant le compartiment avant d'ajouter : Bonnes vacances... »
En m'éloignant, j'entendis Lily réprimander Severus . Je me suis donc rendus au compartiment de Barty et ses copains pour lui dire au revoir...
J'entrouvris la porte et fis signe à Barty de me suivre.
« On se voit en septembre Chang ! me lança Regulus Black, avant que je referme la porte derrière Barty »
Je lui fis un sourire et refermai la porte. Barty était appuyé sur un mur du couloir, il me regarda agacé.
« Je sais ce que tu penses, commençai-je »
« Non justement, me coupa-t-il, tu te rends compte dans qu'elle situation tu mets la réputation de notre famille ? continua-t-il énerver »
« Je levai les yeux au ciel et dis : Écoute Barty, je posai ma main sur son épaule, ce n'est que provisoire, un mois et demi à Salem me permettra de faire le tri entre mon ancienne vie là bas et la nouvelle ici. »
« Tu sais que ce n'est pas ÇA le problème ! grogna-t-il »
« Oui c'est Caleb, soufflai-je, c'est un né-moldu et bla bla bla mais je ne veux pas que tu m'en veuilles, ce n'est pas comme-ci j'allais me marier avec lui, non ? »
« Il ne manquerait plus que ça, répondit-il, si jamais j'apprends qu'il t'a touché là-bas dans ton … ton Mystic Chose »
« Mystic Camp, le repris-je »
« Oui et bien il goûtera au Doloris ! cria-t-il »
« Ne t'inquiète pas, allez cousin dis-je en avançant mes bras vers lui, passe de bonnes vacances »
Il hésita une seconde avant d'accepter mon étreinte, il posa son menton sur ma tête et nous restâmes comme ça un petit moment avant de se lâcher.
Le train était à quai, j'aperçus mon parrain et ma tante au loin qui nous attendaient. Je descendis avec Jia et Bao qui disaient au revoir à leurs amis de Serdaigle et de Gryffondor. Bao faisait le pitre avec Sirius et Frank pour la dernière fois de cette année scolaire tandis que Jia regardait James avec envie, qui lui était limite en train de baver devant Lily. Severus me questionnait du regard, je ne lui en voulais pas, je lui ai donc souris ce qui le rassura puisqu'il me fit un signe de tête avant de rejoindre les parents de Lily qui le ramèneront chez lui, son enfer personnel. Il doit vraiment détester les vacances, pensai-je...
La gare était aussi animée que la première fois où j'y avais mis les pieds. Je rejoignis ma famille et regardai la gare une dernière fois avant de la retrouver en septembre prochain...
Voilà la quatrième année de Elerinna est terminée... Le prochain chapitre se passera pendant les vacances, à Salem dans le fameux Mystic Camp. Beaucoup de personnages sortant de mon imagination seront présent dans les prochains chapitres...
Dîtes-moi ce que vous pensez, une review fait toujours plaisir... Bisous à bientôt
