Encore une fois, la publication ne se fait pas attendre. Je compense avec le fait que puisque je serais certainement en Espagne la semaine prochaine, puis en bivoique, je ne pourrai rien poster. En tout cas, j'espère que ce chapitre vous plaira, je vous dis à la prochaine, salut les gens ! (Conscience : C'est même pas de toi, MisterEnzor la déjà dit. Et même MrAntoineDaniel Moi : Chuuut !). A bientôt

Réponses aux reviews.

LuneXD : Je le fais juste pour le « kiff » puisque je t'ai déjà répondue. Mais pour en revenir à la relation d'Edward avec les profs, son insolence ne va s'éterniser, notamment avec Rogue ). Sinon, merci encore une fois (je ne le dirai jamais assez XD) pour ton commentaires et à bientôt !

Nina : Non pas que je n'aime pas ton pseudo mais… Non en fait, je regarde trop Fullmetal Alchemist, c'est pour ça… Ouais mais bon… Nina… Nina quoi !

J'arrête de te charrier sur ton pseudonyme (et peut-être prénom, sait-on jamais) et merci pour ton commentaire, ça fait plaisir.

Donc, en second lieu, bonjour peut-être ? (je suis une impolie. J'aurais dû le faire avant de t'embêter !)

Pourquoi la ponctuation des dialogues n'apparait qu'à partir du chapitre 4 ? Bah en réalité… Je ne sais pas XD Le site a fait sa propre mise en page j'ai l'impression, refusant tout bonnement de donner la parole à nos personnages peut-être… Je vais essayer de régler ça dès maintenant. D'ailleurs, j'ignore si ce chapitre apparaîtra correctement … Tu me diras ça.

En tout cas merci pour ton très gentil commentaire et à la prochaine (j'espère ))

Chapitre 6 : Préjugés

« Edward est un mangemort! »

Hermione leva les yeux au ciel, exaspérée, et Ron se mordit la lèvre inférieure en signe de dépit.

-Harry! C'est de la paranoïa! D'abord Malfoy, puis Edward! Je sais qu'en ce moment tu es troublé mais quand même, marmonna le rouquin en enfonçant les mains dans ses poches.

Il sentait la bombe humaine qui leur servait de meilleur ami sur le point d'exploser.

-Je ne suis pas parano, s'écria Harry avec indignation. Je suis réaliste! Souvenez-vous, il a parlé d'un supérieur qui semblait terrifier Storm! Et il lui a montré quelque chose sur son bras droit! Il est évident qu'il parlait de Voldemort et qu'il porte la marque des ténèbres! C'est pour ça qu'il refusait de retirer ses gants.

Ron frissonna au nom du mage tandis qu'Hermione, agacée, répliqua un peu sèchement :

-Crois-tu sincèrement que Tu-Sais-Qui voudrait d'un élève de sixième année même pas expérimenté dans ses rangs?

Harry rétorqua que Voldemort ne refusait jamais de nouveaux alliés et la jeune fille explosa, hors d'elle.

-Bon sang, Harry! Ecoute, premièrement, si Ed était un mangemort, il ne le crierait pas sur tous les toits, secondement, la marque des ténèbres est censée se situer sur le bras gauche, et dernièrement, il a laissé sous-entendre que Dumbledore connaissait son identité, et je ne pense pas qu'il garderait un mangemort à Poudlard. Maintenant arrête de voir des alliés de Tu-Sais-Qui partout où tu vas sinon on t'enfermera à St-Mangouste! S'écria la jeune fille.

Sur ce, elle s'éloigna, d'une démarche qui se voulait digne. Harry vit avec effarement son ami roux lui emboîter le pas en prononçant un « elle n'a pas tout à fait tort » à peine audible mais qui ulcéra le brun. Il poussa un juron accompagné d'un coup de pied rageur dans l'armure à côté de lui, qui tomba sur le sol de pierre dans un vacarme assourdissant.

Edward regarda tour à tour les trois jeunes sorciers. Depuis le début du repas, s'immisçait entre eux un lourd silence, difficile à supporter. Chacun évitait par tous les moyens de croiser le regard de l'autre, lançant des éclairs dans les directions opposées. Aucun des trois ne daignait adresser la parole à Ed, si bien qu'il en vint à se demander s'il n'était pas la cause de leur dispute.

-Euh... C'est que vous m'en voulez encore? Se risqua-t-il en engloutissant sa huitième part de tarte aux pommes

Hermione le rassura en affirmant que ce n'était pas de sa faute si les rapports étaient aussi tendus. Elle accompagna ses mots d'un regard assassin dirigé vers l'Elu qui le lui rendit bien.

-Tant mieux... Il faut que je me dépêche, je dois aller à la bibliothèque, annonça-t-il avec un bâillement.

-Pourquoi? S'enquit Harry, le regard soupçonneux.

Ron poussa un soupir las et prit un morceau de poulet rôti, faisant profil bas.

-Bien, j'ai quelques petites recherches à effectuer. Bref, j'y cours! A plus tard.

Tandis qu'il se levait pour sortir, un immense nuage de plumes recouvrit le ciel artificiel de la Grande Salle. Des centaines de hiboux volaient dans tous les sens dans des hululements stridents, avec une lettre ou un paquet accroché à l'une de leurs pattes. Une magnifique chouette des neiges aux plumes immaculées laissa tomber devant Ron et Harry un colis ainsi qu'une carte cramoisie.

-Ah! Ça doit être maman! Soit des affaires qu'on a oubliées, ou bien des petits pâtés comme elle nous avait promis! J'espère qu'elle n'a pas mis de Corn and beef dedans, grimaça Ron.

Edward sursauta lorsqu'un hibou grand-duc au plumage cuivré lui donna un coup de bec dans la main, l'air courroucé. Lorsqu'il aperçut la missive, le jeune alchimiste fut plus que surpris. Il décrocha la lettre de sa patte avec empressement, jusqu'à ce qu'il prenne connaissance de sa provenance.

Monsieur Elric Edward,

A destination de Poudlard. En provenance du QG central de l'est, Amestris.

Loin d'être transcendé par cette lettre dont l'auteur n'était autre que son cher supérieur tant adoré, Ed la roula en boule, sous le regard stupéfait de ses amis.

-Tu ne l'ouvres pas? demanda Ron en engouffrant dans sa bouche un pâté à la mousse de canard.

-Pas la peine. Ce n'est que de l'administratif, déclara-t-il en s'étirant. Je vous rejoindrai à la Salle-Commune.

Il leur fit un signe de la main en sortant précipitamment.

Alors qu'il était en train de poursuivre ses recherches dans la bibliothèque, le jeune Amestrien sentait que quelque chose n'allait pas. Tout d'abord, il n'avait pas la tête à penser à la Pierre Philosophale, ensuite, il n'avait pas le moral pour une raison qui lui échappait.

-Rah, impossible de se concentrer! Râla Ed en reposant violemment le livre sur la table, s'attirant ainsi le regard indigné de madame Pince qui lui rappela que cet ouvrage n'avait commis aucune offense envers qui que ce fût.

Depuis qu'il avait quitté la Grande Salle, un sentiment étrange lui tiraillait le cœur. Quand il avait aperçu les visages ravis de Ron et d'Harry à la vue du paquet, une étrange sensation lui était remontée jusque dans sa poitrine. Peut-être était-ce ça, la jalousie. Après tout, ça faisait longtemps qu'il n'avait pas reçu de lettres privées, venant d'un ami ou d'un proche. Une ou deux fois peut-être, mais elles étaient toujours écrites par un membre de la Team Mustang et parlaient essentiellement des ordres de missions ou des idylles éphémères de ce pauvre Havoc.

Il se sentait mal, également vis à vis de son petit frère. Au lieu de jouer les malins devant les professeurs, il aurait mieux fait de lui écrire.

Convaincu qu'il ne pourrait pas avancer ce soir au niveau de ses recherches, Edward se mit en tête de rédiger une longue lettre destinée à Al, Winry et mamie Pinako, histoire de donner quelques nouvelles. Il trempa sa plume dans l'encrier et... rien. Même avec tous les efforts du monde, la feuille s'obstinait à rester vierge, ou plutôt, c'était lui qui s'obstinait à ne rien écrire... Agacé par cette tâche fastidieuse, Ed replia ses affaires et sortit.

Harry consulta pour sa montre pour la énième fois. Il était presque huit heure et quart et il avait rendez-vous avec Dumbledore à la demie. Il s'agissait de son tout premier cours et il était impatient de savoir à quoi le directeur voulait l'entraîner. Il pourrait également lui faire part de ses doutes quant à la véritable identité d'Edward. D'ailleurs, celui-ci était parti depuis deux bonnes heures et, d'après la carte du Maraudeur, n'était plus à la bibliothèque et Harry eut la quasi-certitude qu'il préparait un mauvais.

Au moment même où cette idée lui effleurait l'esprit, le tableau de la salle commune pivota pour laisser entrer un Edward trempé jusqu'aux os et pantelante. Il vint s'assoir, ou plutôt d'affaler, sur un pouf à côté du jeune sorcier qui demanda, suspicieux :

-Où étais-tu?

Ed arqua un sourcil, surpris par tant de froideur, et répondit avec nonchalance :

-J'étais simplement allé voir Hagrid. Il était très déçu de ne pas vous avoir à son cours, il a donc partagé sa peine avec moi, entre une bouteille ou deux d'hydromel, que je me suis empressé d'aller vider dehors pour ne pas qu'il tombe complétement saoul.

Harry ressentit un élan de culpabilité l'envahir. Il s'en voulait de ne pas avoir été voir leur grand ami Hagrid alors qu'Edward, que le géant connaissait à peine, lui avait rendu visite. D'autant plus qu'ils auraient dû venir s'excuser auprès du garde-chasse pour avoir délaissé sa matière au profit de d'autres options.

-Bon, je reconnais que ce n'était pas l'unique raison qui m'a poussé à lui parler, avoua le blondinet en réduisant sa voix à un chuchotement. En fait, je voulais lui demander des informations sur la pierre philosophale.

Le sang d'Harry ne fit qu'un tour. Il avait raison, Edward complotait quelque chose et si cela avait un quelconque rapport avec la pierre, alors ses desseins étaient sans doute malsains.

-Pourquoi ? Questionna Harry d'un ton sec.

-Juste comme ça... Mais tu étais concerné par cette histoire, à l'époque. Sais-tu ce qu'elle est devenue?

Que faire? Dire la vérité? Peut-être bien. Mais si Ed avait des idées saugrenues derrière la tête, il risquait sa peau.

-Non, mentit-il finalement en se levant pour ranger ses devoirs. Non, je n'en sais rien et même si je le savais, je ne te dirais rien!

Sur ces mots, il quitta en trombe la Salle Commune.

Persuadé qu'il avait raison sur la véritable identité d'Edward, Harry évita soigneusement d'adresser la parole à Ron et Hermione. Pourtant, au bout de quelques jours, il fut forcé d'admettre que ses deux amis avaient mieux analysé la situation que lui.

Les capacités d'Edward en matière de magie laissaient à désirer. Elles étaient même désastreuses pour ne pas dire minables. Pire que lamentable, sa magie se révéla inutile car les seuls sortilèges qu'il maîtrisait plus ou moins pour l'instant étaient ceux de lévitation et d'annulation. Et encore. D'après Hermione il avait failli mettre la bibliothèque sens dessus dessous en exécutant un Wingardium Leviosa qui avait fait s'élever dans les airs tous les meubles autour d'eux. Le professeur McGonagall avait dû intervenir car Ed refusa de rompre le sortilège par peur de se recevoir un secrétaire sur la tête. Harry était à présent certain que jamais Voldemort ne demanderait à un sorcier de niveau première année débutant, aussi intelligent soit-il, de venir rejoindre ses rangs.

Lors du deuxième jour de cours, il avait malencontreusement brûlé les trois quarts de sa robe de sorcier en voulant simplement exécuter le sortilège de réparation. L'heure suivante, il devait changer la pustule d'un Clabbert en bille de verre et, au lieu de cela, l'avait faite éclater. Le résultat étant que la moitié des élèves de la classe s'étaient vus recouverts d'une étrange substance violette malodorante. Harry commençait à se demander pourquoi Dumbledore avait accepté de le compter parmi les sixièmes années.

Cependant, il se révéla d'une grande aide pour les devoirs car, outre sa froide logique, Edward était devenu, peut-être même devant Hermione, le meilleur en termes de théorie. Aucun sujet ne semblait avoir de secret pour lui, encore moins l'alchimie dont il semblait connaître les moindres détails. Même en histoire de la magie, il parvenait à attirer l'attention de Binns par ses questions pertinentes et réfléchies, rendant le cours vivant comme il ne l'a jamais été. En omettant la métamorphose ou tout ce qui nécessitait l'utilisation de sa baguette, Ed était incontestablement le meilleur de la classe.

Résigné et légèrement honteux, Harry donna raison à Ron et à Hermione et se décida enfin à faire la paix avec eux. Il restait néanmoins persuadé de quelque chose : si Edward ne semblait pas être un Mangemort, il était certain qu'il détenait un secret et Harry se jura, foie de fouineur expérimenté, de le découvrir.

Assis au coin du feu de la Salle Commune, Edward faisait distraitement léviter des morceaux de parchemins déchirés à l'aide d'un régulateur de magie que lui avait dégoté Hermione, tandis que les trois autres terminaient leurs devoirs.

-Edward, puisque tu as fini, tu voudrais bien me relire, s'il te plait? Demanda Hermione en lui tendant son argumentation d'histoire de la magie.

Feignant de répondre, il prit tout de même la feuille que le jeune fille lui tendait et dit d'une voix ensommeillée :

-Ta problématique est mauvaise et ne correspond pas suffisamment au sujet... Désolé, mais peut-être que si tu formulais ça comme ça...

Il lui rendit le parchemin sur lequel il avait gribouillé quelques notes, alors que Ron marmonnait quelque chose comme "J'y crois pas, il donne des conseils à Hermione !" à l'oreille de Harry. La jeune fille avait finalement accepté le fait que quelqu'un pouvait la battre dans de nombreux domaines et qu'elle ne pourrait pas rester en tête éternellement. Elle était plutôt bonne joueuse et cela mettait en jeu son sens de la compétition.

-Merci... fit-elle. Tu sais, tu devrais t'entraîner à exécuter les sortilèges basiques, car vu ton niveau, excuse-moi Ed, mais tu auras du mal cette année, d'autant plus que le programme est très chargé.

Le garçon grogna que dans ce cas, elle n'avait cas lui apprendre à maîtriser sa puissance car il y avait de grandes chances pour que Poudlard se retrouve détruit après cette première semaine de cours. Il illustra ses propos sarcastique en donnant machinalement un petit coup de baguette.

Aussitôt, le vase sur le buffet explosa en mille éclats et plusieurs personnes sursautèrent. Pattenrond, le gros chat roux d'Hermione, alla se réfugier à l'ombre d'une grande armoire, terrorisé. Sa maîtresse leva les yeux au ciel.

-Eh bien, ce n'est pas gagné...

Et pourtant, au bout de trois jours, l'alchimiste avait acquis presque tous les sorts de niveau première année et, même si sa magie restait défectueuse et incontrôlable, elle avait le mérite de ne plus à mettre le feu à n'importe quoi, ce qui fut un vrai soulagement pour les élèves de la classe, qui en avaient assez de se retrouver avec les sourcils ou les cheveux roussis à chaque cours.

Ses progrès considérables étaient le résultat de ses nuits blanches passées à s'exercer sur certains sortilèges, à les décortiquer, à les comprendre et à s'entrainer à réguler son énergie.

Le soir, alors que tout le monde était couché, il allait à la bibliothèque, que Dumbledore avait entièrement mise à sa disposition, même de nuit. Il pouvait ainsi effectuer ses recherches à l'abri des soupçons et s'entraîner. Malheureusement, faute de concentration sans doute, rien ne le mettait sur la piste de la pierre philosophale. Mais jamais il n'abandonnerait, même si cela voulait dire passer des jours et des nuits sans dormir, à chercher un moyen de rendre son corps à son frère...

Un grincement sonore le tira brusquement de ses pensées. Il retint sa respiration, inquiet puisqu'il était censé être le seul ayant accès à la bibliothèque à cette heure-ci. Une ombre se dessina sur le sol et une silhouette tourna à l'angle d'un rayonnage. Dans une attitude militaire, Edward sauta aussitôt sur ses pieds, le cœur battant. L'intrus s'approchait lentement et il sursauta quand la faible lueur de sa chandelle éclaira le visage du nouveau venu.

-Mon dieu professeur vous m'avez fait une de ces peurs, gémit Ed, une main sur sa poitrine

Rogue, inébranlable se contenta de faire courir son regard sur les innombrables manuscrits de son élève.

-Je vois que vous êtes en apprentissage intensif.

Ed soupira.

-Un apprentissage intensif, mais bien stérile, rectifia-t-il en croisant les bras derrière la tête.

-Mais vous vous ne laissez pas démonter. Je venais vous voir à propos de la retenue que je vous ai administrée quelques jours plutôt.

Le jeune alchimiste lui lança un regard interrogateur.

-Compte-tenu de vos obligations envers l'ordre et l'armée, j'ai pris la décision d'amoindrir votre sentence à une retenue de deux heures.

Edward sonda Severus un long moment.

-Vous n'avez pas besoin. Ma punition est entièrement méritée et je ne tiens pas à m'en défiler. J'avais juste besoin de vérifier quelque chose. Genre si vous êtes fiable.

Un rictus tordit le visage cireux de l'ancien maître des potions.

-Votre arrogance est une qualité qui vous aurait valu un passage à Serpentard.

-Dîtes ça à votre directeur. C'est lui qui m'a imposé ma maison. Les Gryffondors sont bien sympathiques mais autrement j'aurais opté pour Serdaigle. Ou Serpentard malgré le fait qu'il y'ait cette petite lopette de Malfoy. Enfin, selon la décision du Choipeaux.

Rogue ne tiqua pas à l'insulte proférée à son élève préféré et prit place à côté du jeune alchimiste qui s'était replongé dans ses recherches. Les heures défilèrent au rythme lent du balancier de l'horloge sans qu'un d'eux ne décrochât un mot, l'un par concentration, l'autre par respect. Lorsque l'aube pointa, le plus âgé se redressa et, sans un mot, quitta la bibliothèque silencieuse, sanctuaire sacré des fidèles érudits assoiffés de connaissances.

Pour Harry, la semaine passa avec une extrême lenteur, et ce fut un grand soulagement que de voir le vendredi arriver. A leur grand désarroi, avec tous les devoirs qu'ils avaient à faire, il leur serait difficile de trouver du temps pour se détendre durant le week-end, sans compter la première saison de Quidditch qui approchait à grand pas et qu'il devait préparer assidûment. Il pensa alors, nostalgique, à ses premières années, si peu contraignantes.

Durant le cours d'histoire de la magie, qui avait pour défaut d'être la dernière heure de la journée, Harry ne cessait de jeter un œil sur l'horloge deux fois dans la même minute. Dieu que c'était long!

Alors que lui et Ron dormaient à moitié en faisant de temps à autre un pendu ou un morpion, Ed et Hermione était complètement absorbés par le cours de Binns qui débitait comme toujours son cours de manière monocorde et magistrale. Edward, bien qu'attentif, semblait dormir debout et avait abandonné toute tentative de poser des questions auxquelles tout le monde s'intéresserait.

Lorsque la cloche sonna enfin, ils furent les premiers à sortir, avant même que le professeur n'eut eu le temps de finir sa phrase. Arrivé à la Salle Commune des Gryffondor, Harry se laissa tomber sur un fauteuil au coin du feu et grogna de plaisir.

-Enfin! J'ai cru que ça ne se finirait jamais ! Mais au fait, où sont Hermione et Edward? demanda-t-il en constatant leur absence.

-Ed est allé à la bibliothèque et Hermione est partie chercher son stupide chat, fit Ron en s'enfonçant dans un fauteuil moelleux à côté de lui.

-Il passe sa vie dans les livres! Pas étonnant qu'il ait sans cesse l'air d'un zombi sorti tout droit d'un jeu vidéo de Dudley ! S'exclama Harry qui avait remarqué la mine fatigué du blondinet. Bon ! Je vais le chercher. On fera un tournoi d'échec version sorcier après, ça te dit?

Ron se contenta d'hausser les épaules en baillant paresseusement.

Quand il arriva la bibliothèque, la seule personne encore présente à part madame Pince, était Edward, entouré d'immenses piles de livres qui penchaient dangereusement, à l'instar de la tour de Pise. Sauf que là, ce n'était pas franchement calculé pour que ça tienne.

-Rah, bordel! C'est coincé ! L'huile ! Elle est où ? Aïe ! Retentit la voix du petit blond.

Avec un petit sourire, Harry se fraya un chemin parmi les ouvrages maladroitement entassés. Edward lui tournait le dos et était visiblement très énervé.

-Stupide boulon! Allez, mince! grogna-t-il.

Harry se racla la gorge, attirant l'attention du garçon qui se retourna dans un bond, les mains derrière le dos, tel un enfant qu'on aurait surpris en train de voler des bonbons dans un magasin.

-Ah ! Harry, ça va ? S'écria-t-il, avec un rire peu convaincant.

-Euh oui... Qu'est-ce que tu faisais ? S'enquit le concerné cherchant à apercevoir ce qu'Ed tentait de dissimuler.

-Ce que je répar...heu, faisais ? Rien. Enfin, rien d'intéressant... Et toi ?

-Je te cherchais. La bibliothèque va fermer, tu viens ?

-J'...J'arrive ! Pars devant ! fit Edward, d'une voix plus aigüe qu'à l'ordinaire.

Suspicieux, Harry lui jeta un dernier regard inquisiteur avant de tourner les talons. Ce garçon était vraiment étrange, il le constatait chaque jour un peu plus. Il passait le plus clair de son temps enfermé dans la bibliothèque, ne dormait pas au dortoir et n'enlevait jamais ses gants. Les mystères qui planaient sur cet énergumène blond étaient difficiles à soulever.

Il s'était juré d'en apprendre plus sur lui, mais en ce moment, rien ne le mettait sur la voie, mise à part son mystérieux intérêt pour la pierre philosophale.

-J'ai encore gagné ! s'exclama Edward en déposant sa dernière carte sur la table.

-C'est pas juste... Ca fait la troisième fois! Laisses-moi me rattraper aux échecs ! Supplia Harry avec dépit.

-Hors de question! On y a déjà joué deux fois et j'ai gagné! Lui rappela le blondinet d'un air ravi en se levant plutôt brusquement.

Aussitôt, une dizaine de cartes tombèrent de sa manche droite, sous l'air déconcerté du brun.

-Tu as triché, j'y crois pas ! Rugit Harry en se jetant sur lui.

Le garçon l'esquiva sans peine et s'ensuivit alors une course poursuite dans toute la salle commune sous les yeux de tous leurs camarades qui contemplait ce spectacle singulier, amusés. Au bout d'un moment, Harry parvint à l'attraper par le bras droit qu'il tordit à moitié pour l'empêcher de bouger. Pour la première fois de sa vie, il pouvait s'attaquer à quelqu'un de sa taille.

-Bon j'arrête ! J'arrête ! Pardon ! Ok, j'ai triché au pouilleux, certes, mais ce n'est pas une raison pour essayer de m'arracher le bras!

Peu convaincu, le jeune sorcier resserra sa prise. Il entendit un craquement sinistre puis un bruit métallique assez désagréable qui le contraint à le lâcher.

-D'accord, j'accepte tes excuses... Mais à une condition! Accepta Harry le souffle légèrement court et un sourire en coin.

-Tout ce que vous voudrez Monsieur l'Elu ! Railla Edward en s'inclinant tel un vassal devant son seigneur.

-Tu fais ma dissertation de potion !

Vers onze heure du soir, Edward s'extirpa de ses draps et sortit du dortoir en essayant de faire le moins de bruit possible, les trois paires de chaussettes qu'il avait enfilées ne suffisant pas à masquer le bruit que faisait sa jambe gauche au contact de la pierre. Il fit pivoter le portrait et prit la direction de la salle de bain des préfets au cinquième étage, quelques livres sous le bras.

Il avait obtenu l'accord de Dumbledore, qui trouvait qu'il n'était pas au mieux de sa forme ces temps-ci et qu'il avait besoin de se détendre. Le directeur lui avait même donné le mot de passe pour passer la porte qui y menait, « Fraîcheur des Pins », et lui avait recommandé le bain à bulles. Un peu surpris, tout d'abord, le jeune alchimiste comptait quand même s'y rendre. Cela lui permettrait de prendre un peu de bon temps tout en continuant d'étudier.

Il marchait lentement dans les couloirs sombres, prêtant l'oreille à tout bruit pouvant lui indiquer la présence d'autrui. Finalement il atteignit le cinquième étage sans encombre et ce fut avec un soulagement non dissimulé qu'il entra dans la salle de bain. Elle était spacieuse, faite en marbre blanc et le bain incrusté au centre de la pièce avait la taille d'une piscine municipale. Une centaine de robinets d'or s'alignaient sur le pourtour de la baignoire, chacun contenant une substance différente destinée à colorer ou à parfumer le bain.

Ed s'amusa à en ouvrir quelques-uns au hasard, laissant s'écouler des robinets de l'eau très chaude, de la mousse et des bulles de toutes les couleurs, avant de se laisser glisser dans l'eau bouillante du bain complètement rempli. Une sensation de chaleur l'envahit et il plongea sa tête dans l'eau brulante. Il veilla cependant à avoir pied. Il tenait à sa vie et ce n'était certainement ni le moment ni l'endroit pour mettre un terme à celle-ci. Edward ferma les yeux avec un soupir d'aise et se concentra uniquement sur le léger clapotis de l'eau. Il se sentait si bien, si serein...

Au bout d'un certain temps, il se décida enfin à sortir, avant que tout son corps -du moins presque- ne se transforme en pruneau sec. Il prit soin de bien sécher ses automails car la moindre trace de rouille sur ses prothèses mécaniques condamnerait le crâne du garçon à subir les dommages considérables, encouragés par la clé à molette de sa tendre mécanicienne.

Il se revêtit et s'apprêtait à sortir, quand soudain, il se sentit observé. Il tendit l'oreille, s'arrêtant presque de respirer. Seul le silence lui répondit. Un léger bruissement dans la serrure le fit frissonner. Quelqu'un se tenait derrière la porte, sans aucun doute.

Lentement, Edward s'approcha, saisit la poignée et ouvrit d'un coup sec. Devant lui s'étala de tout son long, un Harry complètement dépassé par cette situation plus qu'inconfortable.