Confiance dominante
Disclaimer: Remercions les deux créatrices ainsi que les studio MAPPA pour cet anime du paradis, mes enfants.
Genre: Romance, amitié, vie de couple, léger BDSM mais surtout, beaucoup de fluff,
Rating: M
Personnages/Couple: Viktor x Yuuri (Viktuuri)
Résumé: Viktor et Yuuri sont fiancés, installés ensemble et vivent leur petite vie de couple en parallèle de leur vie de patineur et d'entraineur à la perfection. Maintenant que Yuuri a un peu plus confiance en lui, il tente de creuser les désirs de Viktor
Note: Je ne pensais pas le finir un jour ce chapitre, mais j'ai réussi à mettre tous les petits kinks que je voulais. Certains seront peut être plus exploités dans d'autres chapitres, mais je voulais vraiment rester sur le thème principal! N'hésitez pas à me dire ce qui vous a plu, voire ce que vous aimeriez voir comme fantasmes ;) Bonne lecture à tous.
C'est à la Saint Valentin que Yuuri découvrit un des plus gros points faibles de son fiancé.
Le 14 février n'était pas synonyme de grand évènement pour lui. D'une part parce que même au Japon, cela se résumait plus à une fête de popularité qu'une réelle fête d'amoureux, et d'autre part, même dans le deuxième cas, il n'avait jamais eu personne à qui la dédier. Mais depuis qu'il était considéré comme en couple, et vivait en plus dans un pays où cette date du calendrier lui imposait plus ou moins un geste romantique envers son partenaire, il ne pouvait plus vraiment l'ignorer. Ou plutôt, il avait désormais une bonne excuse pour ne plus l'ignorer.
À l'occasion de ce qui était considéré comme la fête des amoureux, le Japonais voulait frapper un grand coup pour le sien. Bien sûr, il n'attendait pas le reste de l'année pour démontrer son affection, mais peut-être que cette occasion lui permettrait justement d'aller plus loin et d'essayer de nouvelles choses. Maintenant que leur relation était dans une stabilité harmonieuse, et ce même dans leurs moments les plus intimes. Entre désirs et limites, chaque instant était propice à se découvrir un peu plus l'un l'autre.
C'était l'opportunité de faire un bond en avant.
Mais de quelle manière? C'était la question que se posait Yuuri en cette fin d'après-midi encore hivernale. Assis sur le canapé, Makkachin sur ses jambes, il réfléchissait à un moyen de surprendre Viktor lors de cette soirée. Tout était déjà planifié: un dîner aux chandelles, une ambiance tamisée et la décoration de la chambre revisitée pour l'occasion sous le signe des pétales de roses et du satin. Son fiancé était d'un romantisme frôlant parfois le kitsch, mais Yuuri ne pouvait pas lui en vouloir, appréciant aussi cette partie extravertie de sa personnalité.
Ils étaient déjà tombés d'accord pour s'offrir mutuellement une nuit inoubliable.
Et c'est précisément dans ce but que le jeune patineur réfléchissait. Mine de rien, ils avaient déjà exploré pas mal de pistes lui et son amant, surtout du côté de la domination. Il pourrait bien sûr prendre les rênes comme il l'avait fait pendant leurs "débuts". Viktor avait aimé, et Yuuri estimait avoir gagné assez d'assurance entre temps pour leur faire passer un moment encore plus délicieux, mais... Ce n'était pas assez. Il avait besoin d'un petit quelque chose en plus, qu'ils n'avaient encore jamais fait avant et qui, à coup sûr, ferait chavirer son amant.
Malheureusement, Yuuri était très peu renseigné sur les fantasmes de Viktor au-delà de ce que ce dernier lui avouait.
Il avait vu une phase immergée de l'iceberg, mais le Japonais était sûr qu'il y avait encore d'autres fantasmes à découvrir qu'il n'avait pas encore abordé. Le souci, c'est qu'il était exclu de demander directement au concerné, sous peine de trahir totalement sa surprise. Si tant est que le russe accepte de lui avouer une partie de ses secrets les plus intimes, ce qui, malgré son comportement outrageusement partageur sur ce type d'anecdote, n'était pas tant gagné d'avance. Même lui avait des fétichismes jugés honteux socialement, alors il ne prendrait pas le risque que son fiancé le prenne pour un pervers.
Pour trouver cette information, il allait devoir chercher ailleurs...
C'est en parcourant passivement son instagram qu'il eut alors une idée.
Une idée qui allait certainement le perdre, mais qui valait le coup si jamais elle aboutissait à quelque chose. Sans réfléchir, il passa dans la messagerie et envoya un texte court demandant une conversation skype. Sitôt fait, il nota le pseudonyme du destinataire comme étant celui de Christopher Giacometti. S'il y en avait un qui connaissait mieux que tout le monde la vie sexuelle de Viktor Nikiforov, c'était bien lui. Il saurait sans doute le conseiller comme un expert.
OoOoOoOoOoOoO
Viktor n'avait aucune idée de ce qui l'attendait.
Il avait organisé cette Saint Valentin dans la naïveté la plus totale, bien plus concentré sur le menu du soir. Il avait décidé de tout prendre en main, jusqu'à demander son après-midi ainsi le lendemain comme jour de repos pour tous les deux à Yakov. L'entraineur divorcé en avait bien sûr perdu une bonne masse capillaire mais avait cédé sous les caprices de son élève, sachant que c'est ce genre d'ânerie qui maintenait aussi sa passion. Le quintuple médaillé d'or avait donc pu prendre tout son temps pour préparer le dîner.
Dîner qui se passa à merveille. Sitôt que Yuuri fut rentré de son propre entraînement, il l'avait accueillit comme un roi, au point qu'il en fut embarrassé. Viktor faisait rarement quelque chose de ses dix doigts en dehors du patinage, mais il ne faisait jamais les choses à moitié, et le repas fut... correct. Ce serait mentir de dire que c'était digne du meilleur traiteur, mais ce n'était pas infâme non plus. C'était juste imparfait dans la présentation, et mal dosé pour certains ingrédients. Mais serait-ce cliché de dire que ça avait un goût d'amour? Certainement.
Le cadeau, en revanche, fit mouche.
Cela faisait un moment qu'il avait repéré cette montre qui faisait de l'oeil à son fiancé, lequel évidemment dans sa modestie, n'avait pas émis l'ambition de l'acquérir. Viktor savait que Yuuri n'était pas très matérialiste, mais cela ne l'empêchait pas de vouloir lui offrir les plus beaux objets qu'il désirait. Ce n'était pas un problème d'argent pour lui après tout. Et même si Yuuri le gronda à moitié pour avoir dépensé autant pour quelque chose d'aussi cher, le russe savait qu'il garderait l'accessoire au poignet à chaque occasion.
De la même manière que lui-même garderait cet adorable pull à oreille à l'effigie de Makkachin. Beaucoup trouveraient sûrement ce genre de présent comme inconvenable pour une occasion telle que la Saint Valentin, mais l'argenté s'en fichait. Il y avait dans ce vêtement tout l'amour que son cher et tendre lui portait, et il était beaucoup plus chaleureux que ce qu'il aurait pu lui offrir de commercial ou luxueux. La seule raison pour laquelle il ne le portait pas encore était ce qu'ils avaient prévu juste après.
Yuuri lui avait dit d'attendre dans la chambre, comme d'habitude, le temps de se préparer.
Assis sur le rebord du lit comme demandé, Viktor était assez appréhensif sur la suite. Bien que leur vie intime était en arrêt pour le moment, principalement parce qu'ils n'avaient ni le temps pour l'un, ni l'envie pour l'autre, le russe ne pouvait s'empêcher d'espérer quelque chose de cette soirée. Si l'absence de sexe faisait partie d'un quotidien amoureux qu'il avait embrassé sans hésiter, une partie de lui devait admettre apprécier leurs relations sexuelles justement après autant de temps de non-activité, et attendre impatiemment la prochaine fois, sans pour autant s'en frustrer.
C'était toujours une surprise, et c'est ça qui le faisait frémir d'impatience, plus que l'acte en lui-même.
"Mmh, Viktor, tu es prêt?" Interrogea la voix de Yuuri derrière la porte.
"Depuis un moment mon coeur, tu viens?" Répondit l'homme aux cheveux argentés.
Il haussa un sourcil au silence qui suivit, imaginant sans peine son fiancé se triturer les doigts sous le stress palpable de sa part.
"Yuuri?" Fit-il plus doucement. "Qu'est-ce qu'il y a? Si tu ne veux rien faire ce soir, je comprendrais. Un câlin, c'est déjà..."
"Ce n'est pas ça!" Rétorqua le Japonais. "Juste... promet moi que tu ne te moqueras pas de moi."
"Mais enfin, jamais!"
Même si Viktor aimait rire avec son fiancé et le taquiner, il comprenait la délicatesse de la situation. Surtout cette situation où il avait visiblement prévu quelque chose de différent. Peu importe ce que c'était, le russe se promis de retenir toute mimique moqueuse. Il se doutait qu'un moment ou un autre, il aurait envie de lâcher un petit rire amusé, il fallait juste éviter que ce soit mal venue s'il ne voulait pas ruiner totalement les efforts du japonais. Là, par contre, il serait vraiment frustré.
Installé sur le bord du lit, les mains jointes, le médaillé d'or appela son protégé:
"Peu importe ce que tu as prévu, je ne me moquerais pas, c'est promis."
Cela sembla encourager son fiancé. Le premier son sec au sol lui donna déjà la puce à l'oreille. Il vit une jambe dépasser de la porte, et cela lui aurait sûrement attiré un sourire s'il n'avait pas vu de quoi elle était recouverte. Un bas en nillon remontant au moins jusqu'à la cuisse, retenu par un porte-jarretelle en dentelle noire. Son coeur manqua un battement lorsqu'il vit le pied recouvert d'une magnifique espadrille rouge. Ses doutes commençaient de plus en plus à se confirmer, mais il s'obligea d'attendre la suite avant de déboucher à n'importe quelle conclusion.
Le reste du corps suivit, et Viktor ne pouvait plus calmer le rythme de son coeur.
Les attaches passaient au-dessus d'une fine culotte, de la même matière. Un corset rouge et noir en galbe-taille rattaché au porte-jarretelle, également décoré de dentelle aux motifs floraux, remontait jusqu'à la poitrine du japonais. De fins rubans d'un ras le cou sombre harmonisé avec ses sous-vêtements tombaient sur sa clavicule. De longs gants noirs en satin remontaient jusqu'au-dessus de ses coudes pour parfaire la tenue. Pour être en harmonie, le russe réussit à remarquer, à travers son ahurissement, que son partenaire s'était plaqué les cheveux en arrière et même maquillé légèrement les yeux et la bouche.
L'expression embarrassée de son visage contrastait totalement avec la tenue fatale qu'il portait.
"J'en ai peut-être trop fait mais je sais que tu aimes ce genre de chose... Enfin il paraît..."
Viktor saisit vaguement d'où Yuuri avait pu tirer cette information, mais c'était le dernier de ses soucis. Actuellement, il voyait uniquement son fiancé habillé de manière absolument délicieuse. Il eut juste à peine assez de dignités pour fermer sa bouche et faire signe à son fiancé d'approcher. Ce dernier d'exécuta maladroitement, tentant de ne pas trébucher à cause des chaussures avec lesquelles il n'avait pas l'habitude de marcher. Malgré sa démarche peu gracieuse, le son et la tenue qui l'accompagnaient suffisaient pour garder de son charme.
Une fois arrivé à la hauteur du russe, ce dernier tendit les mains, chacune d'un côté de la taille du japonais, sans oser se poser dessus. Ses yeux glacés semblaient refléter à la fois de l'excitation et du doute. Était-ce bien Yuuri en face de lui, et non le fruit d'un rêve qu'il alimentait depuis trop longtemps? N'allait-il pas rompre le charme sitôt le contact physique effectué? Après tout, rien au monde ne justifiait qu'il ait le droit à ça. Il n'était qu'un humain. Un humain talentueux, mais un humain quand même, et ce qui était en face de lui tenait du divin.
Finalement, ce furent d'autres mains qui décidèrent à sa place, guidant les siennes jusqu'à la taille serrée dans le vêtement à lacet.
"Oh..."
Un soupire bien plus profond qu'il ne l'aurait pensé sortit de la bouche de Viktor en sentant le tissu fin sous ses doigts. Machinalement, il commença à tracer la courbe dessinée de haut en bas de son amant. Parfait. La tentation le gagnait de descendre au-delà des limites du tissu pour aller savourer la chair exposée des cuisses. Comme s'il avait senti son hésitation, Yuuri fit glisser de nouveau ses mains jusqu'à ses hanches, lui indiquant que la voie était plus que libre. Pourtant, il lui semblait que les mains gantées étaient légèrement tremblantes et incertaines malgré leur audace.
En levant la tête dans un sursaut de conscience, le russe put voir le visage carmin de son partenaire regarder ailleurs dans un embarras palpable.
C'est vrai, il ne savait toujours pas s'il avait fait les choses bien, étant donné que le choc avait laissé le médaillé d'or muet. Ce dernier voulait parler, exprimer toutes les convoitises qui venaient naître en lui. Mais aucun son ne voulait sortir de sa bouche. Aucun mot n'était assez puissant pour transmettre à son amant les désirs contradictoires qu'il ressentait. Cette envie de le toucher lui et, Dieu, tout ce tissu léger qui accentuait chaque parcelle de sa peau. Et en même temps cette urgence de tout arracher pour se délecter de chaque centimètre d'épiderme qui lui était offert.
C'était comme être en face d'un magnifique cadeau que l'on voulait déchirer pour profiter de ce qu'il contenait. Tuer la beauté qu'il offrait pour se repaitre de son délice intérieur.
Sans lâcher ses mains, Yuuri prit la parole pour briser le silence pesant:
"Si tu en as envie, dis-le-moi clairement. Sinon je vais me changer."
"Non."
Bien qu'exprimé dans un ton calme, ce mot portait toute la détresse de celui qui l'avait prononcé. L'idée que ce moment touchait à terme sous la décision de celui qui l'avait initié suffit à dénouer sa langue. L'asiatique, confus par cette réponse qui voulait dire une chose et son exact opposé en même temps haussa un sourcil dans l'attente de la suite. Viktor comprit que s'il ne voulait pas tout gâcher, il avait intérêt à sortir de sa transe, quand bien même il n'avait pas encore totalement remis les pieds sur terre.
"Reste comme ça. "
"Qu'est-ce que je dois faire?"
"Approche toi."
Yuuri s'exécuta et se pencha légèrement vers son partenaire, à moitié curieux et à moitié angoissé. Les mains de Viktor ne l'avaient pas quitté et le guidèrent pour qu'il vienne s'asseoir à califourchon sur ses cuisses. Ainsi le patineur russe put observer de très près tous les détails de broderie et même de perle sur ses vêtements. Le jeune homme brun se sentit dévorer du regard, la moindre parcelle de son corps découvert à la merci d'une faim naissante qu'il eut du mal à saisir.
Tandis que Viktor osa toucher ses fesses pour les pétrir à travers les différents tissus qui les recouvraient, le japonais vint à son tour poser ses deux paumes sur le torse bombé de son amant. Il descendit lentement mais sûrement le long de son torse, frôlant de son ventre par-dessus les habits pour finir à cet endroit qui les intéressait tous les deux. Il fut surpris de sentir une dureté déjà bien épaisse tendre le pantalon sous ses doigts.
Il comprit alors.
Depuis le début, son fiancé était excité. Son mutisme venait simplement d'un désir aussi soudain que violent, mais ses gestes ne trompaient pas. Sa tenue plaisait au russe. Plus que lui plaire, elle semblait réveiller ses plus bas instincts, le transformant malgré lui en poupée muée par une convoitise incontrôlable. Cette réalisation, non seulement rassura Yuuri, mais le gonfla en plus d'orgueil et d'assurance pour la suite. Avec cette même sensation familière de domination qui l'envahissait lorsqu'il se sentait avoir l'ascendant sur Viktor, le noiraud commença lentement à masser la bosse.
Les premiers gémissements ne tardèrent pas à se faire entendre de la part du russe qui se mit à pétrir la chair molle en guise de contre-attaque.
L'asiatique y répondit dans une symphonie sans ôter ses mains. Les liens de ses jarretières menaçaient de céder à chaque mouvement sur ses fesses, mais pour rien au monde il ne voulait que ça s'arrête. C'était la première fois que son partenaire s'acharnait autant sur son postérieur en le massant, et c'était étonnamment bien plus agréable qu'il ne l'aurait pensé. Mais pour cette soirée, Yuri était déterminé à prendre au moins une bonne partie des choses en mains. Aussi, après avoir longuement taquiné l'érection de Viktor jusqu'à ce que son pantalon soit sur le point de craquer à tout moment sous la pression, il consentit enfin à le libérer.
À ce moment, une voix suppliante l'arrêta.
"Yuuri... tes gants..."
"Tu veux que je les enlève?" Interrogea le japonais en ôtant ses mains.
"N... Non! Au contraire! Caresse moi... avec... s'il te plaît..."
Yuuri regarda Viktor pendant quelques secondes, tentant d'assimiler sa demande. Ils n'avaient encore rien fait de concret pourtant, et il était déjà dans un état de quasi-jouissance. Un sourire de chat étira ses lèvres avant qu'il ne prenne le sexe du russe d'une seule main pour le pomper lentement. Le gémissement de plaisir qui sortit de la bouche du plus vieux n'eut rien de contrôlé, ou même de maîtrisé. Ils venaient de commencer, et pourtant le plus jeune avait l'impression d'avoir gagné un terrain conquit d'avance.
Tout ce qu'il lui restait à faire, c'était d'en explorer chaque parcelle pour découvrir toutes les merveilles qu'il cachait.
"Voilà un fantasme que je ne connaissais pas, Vitya ~ " murmura-t-il à l'oreille de son amant. "Combien d'autres encore en as-tu?"
"Si tu savais..." Réussit à murmurer le concerné entre deux halètements qui lui coupaient la respiration.
Le jeune homme brun ne savait pas. Mais il était bien déterminé à s'instruire. Il décortiquerait chaque désir, chaque envie, chaque fragment d'imagination de son fiancé afin de les mettre à jour pour les assouvir et s'en nourrir. Lentement, un à un pour pouvoir mieux les savourer. Il prendrait son temps sur chacun, même si cela devait lui prendre toute sa vie. Pour le moment, il n'y en avait qu'un seul sur lequel il devait se concentrer, et il était bien déterminé à arracher de Viktor toutes les perversités qu'il lui cachait.
Se sentant pris d'une bouffée d'audace, Yuuri descendit des genoux de Viktor, à la grande surprise de ce dernier. Sans perdre son sourire, il resta quelques secondes debout en face de lui, juste pour le laisser admirer la vue, puis il s'agenouilla et se fraya un chemin entre ses jambes. Ses mains se posèrent sur les genoux écartés pour les caresser en remontant le haut des jambes jusqu'aux cuisses tandis qu'il avançait dangereusement de son entrejambe. C'était la première fois qu'ils étaient dans une telle position, aucun des deux n'ayant d'ordinaire le courage de le proposer à l'autre.
Mais aujourd'hui, le japonais avait assez de contenance pour le faire.
Il n'avait même pas encore mis son plan à l'oeuvre que son partenaire était déjà à moitié perdu: ses yeux bleus écarquillés le fixaient avec un mélange de surprise et de convoitise, avec une légère appréhension. Il aimait ce qu'il voyait. Yuuri à genoux entre ses jambes, vêtu de sous-vêtements en dentelle, avec ce charme dominant qui l'avait tant séduit sur la glace. Comment ne pouvait-il pas aimer cet Éros qui prenait petit à petit le dessus? C'était justement ça qui lui faisait peur. Il adorait beaucoup trop ça.
"Yuuri... Tu... Tu n'es pas obligé de..."
"Shh. Je vais faire exactement ce que tu m'as demandé."
Laissant Viktor confus sur ses intentions, Yuuri vint saisir de nouveau son sexe érigé de sa main droite et commença lentement à le pomper. Ses yeux noisette ne quittèrent pas les iris glacés qui semblaient se dilater au fur et à mesure qu'il progressait. La sensation chaude du membre était étrange à travers le tissu très fin du gant, mais ce n'était pas foncièrement désagréable. C'était juste différent. Et c'est ce qui semblait plaire plus que de raison au russe qui laissa échapper des gémissements de plus en plus forts.
Bientôt, du liquide pré-éjaculatoire commença à fuiter du bout, fluidifiant les gestes du japonais, mais tachant également son gant. Loin de s'en dégoûter, ce dernier décida de prendre les choses à deux mains et accéléra la cadence. La réponse qu'il eut à cette décision sous la forme de soupir de complaisance résonna comme le plus doux des encouragements. Se redressant légèrement pour le regarder et rapprocher son corps du membre humide, il lâcha un petit rire conquérant.
"Ça te plaît, Viktor? ~"
"Oh bon sang, oui Yuuri... Continues s'il te plaît... "
Et Yuuri continua. Il ne prétendait pas être expert pour beaucoup de choses dans le domaine du sexe, mais force est que son non-intérêt, couplé avec l'envie de satisfaire son amant, l'avait mené à savoir exactement comment n'utiliser rien d'autre que ses mains. La gauche à la base qui massait de la paume, la droite qui se concentrait plus à le taquiner avec ses doigts, c'était comme ça qu'il arrivait à lui faire plaisir le plus efficacement possible. Taquin, son index taquina la fente du pénis, tournoyant sadiquement comme s'il ne s'agissait que d'un jouet.
Du coin de l'oeil, il vit les propres mains de Viktor tellement serrées sur les côtés du fauteuil qu'elles en devinrent blanches et tremblantes. Son partenaire luttait clairement, sans doute pour ne pas lâcher des sons beaucoup moins humains sous les sensations nouvelles qu'il lui procurait, mais il semblait avoir autre chose qu'il retenait. Son visage était crispé de plaisir, mais aussi de frustration, comme s'il adorait ce qui lui arrivait, mais qu'il lui manquait quelque chose pour pleinement l'apprécier.
Le japonais comprit alors qu'il retenait simplement son orgasme.
"Non, non, Vitya ~ Tu vas venir."
Ce n'était pas une prédiction, c'était un ordre. Il n'avait même pas besoin d'être autoritaire pour être obéi. Yuuri savait que son amant était moins endurant que lui à ce niveau. Il suffisait de continuer ses caresses, d'accélérer puis casser le rythme et surtout, lui faire sentir toute la texture du tissu recouvrant ses mains sur chaque parcelle de peau. Ses gants étaient devenus transparents avec le fluide les rendant humides, glissant sur le sexe avec une aisance délectable. Yuuri su qu'il n'en avait plus pour très longtemps lorsqu'il sentit le membre palpiter sous ses doigts.
Un dernier toucher, et Viktor vint malgré lui dans un râlement désespéré. Anticipant son orgasme, le Japonais couvrit le membre de ses deux mains afin de contenir la semence qui menacer de gicler sur lui. Quand son amant eut fini, ses gants dégoulinaient de sperme blanchâtre, contrastant avec leur noirceur terne et immaculée. Mais le reste du corps du plus jeune n'avait rien reçu. Loin d'être satisfait, le russe lâcha un soupir de complaisance à cette vision. Il retint son amant qui était sur le point de se redresser.
"Nous n'avons pas encore fini."
Le médaillé d'argent le regarda avec surprise et interrogation.
"Mais tu viens de..."
"Ce serait un crime de s'arrêter, alors que tu es juste... là, comme ça."
La voix rauque et à peine contrôlée déclencha un frisson incontrôlé chez Yuuri. Il n'avait pas l'habitude de voir Viktor aussi avare, aussi affamé de sexe. Il était généralement très compliant et se contentait de peu lors de leurs moments intimes. Peut-être que sa tenue était en partie la cause de la hausse de cette libido, peut-être que satisfaire un de ses fantasmes avait déclenché en lui une envie d'en avoir plus. Cela attisa la curiosité et l'effronterie du plus jeune qui sourit de nouveau à la perspective de continuer.
"Tu as raison Viktor. On commence à peine ~ "
S'il s'était pris la peine d'enfiler toute cette dentelle, c'était bien pour engager quelque chose de nouveau par rapport à leur routine habituelle, et donner des opportunités de plaisir à tous les deux. Voir que Viktor se laissait aller à ses désirs était déjà un bon pas en avant. Il voulait repousser les limites, voir ce que son amant cachait sous cette gentillesse et cette intention envers lui. Il n'en doutait pas, bien sûr, et il appréciait cette partie de lui sans laquelle il n'en serait pas là, mais ses fantasmes existaient malgré tout, et c'est ce que le japonais voulait mettre en exergue.
Et il semblait sur la bonne voie lorsque l'argenté enclencha en premier:
"Enlève les."
Yuuri resta figé quelques secondes avant de comprendre que son amant parlait de ses gants tachés. Le fluide dégoulinait encore, menaçant d'atteindre le plancher, ou de toucher sa peau s'il relevait trop les bras. Le plus jeune eut une mimique provocatrice, et se saisit du bout du tissu recouvrant son majeur avec les dents. Il tira la forme du doigt jusqu'à ce que le reste du gant suive et glisse délicatement pour découvrir sa main immaculée. Il fit de même avec l'autre, laissant l'accessoire sale tomber à ses genoux.
Son spectateur n'en manqua pas une miette et retint son souffle devant une telle audace.
Puis ils se relevèrent tous les deux, à taille presque égale grâce aux talons rouges du plus petit. Son ainé lui fit signe vers le lit, où le brun partit s'installer en tailleur sans poser de questions et sans enlever ses chaussures. Cela ne sembla pas déplaire à son compagnon, au contraire, lorsqu'il s'approcha à son tour sur le lit pour s'y mettre à genoux et saisir une de ses jambes. Délicatement, il le fit basculer sur le dos afin de pouvoir relever les deux cuisses recouvertes du nylon noir des bas retenus par le porte-jarretelle.
Viktor admira un instant l'élégance de la broderie sur le haut du vêtement, trouvant qu'il n'y avait pas meilleur cadre à cette oeuvre que le corps de son amant.
Puis il posa un baiser sur l'aine. Et un autre, plus bas. Et un autre, plus à droite. Il continua ainsi, s'assurant que chaque parcelle de peau soit recouverte de son affection. Les soupire de complaisance de Yuuri l'encourageait à continuer, jusqu'à atteindre son pied recouvert d'une magnifique espadrille carmin. Yuuri vit dans les yeux de son fiancé qu'il était pris à un dilemme, qu'il devinait entre enlever ses chaussures pour profiter pleinement de ses pieds ou garder ces chaussures qui faisaient frémir ses fantasmes.
Il les laissa finalement à leur place et remonta le corps de son fiancé pour se retrouver face à lui. Ce dernier lui adressa un sourire clairement narquois, rapidement avalé par un baiser autoritaire. Il y répondit avec autant d'hardiesse, enroulant ses bras autour des fortes épaules. Pendant que Viktor semblait déterminé à effacer toute trace de rouge à lèvres, Yuuri en profita pour laisser ses mains glisser le long de la colonne vertébrale de son amant jusqu'à atteindre la ceinture du pantalon. Il se faufila sous la chemise afin de pouvoir sentir la chaleur de la peau.
À ce moment, le russe se détacha pour se redresser sur ses genoux.
Gardant le Japonais allongé en dessous de lui, il défit lentement sa cravate pour déboutonner sa chemise sous des yeux noisettes très attentifs. Un à un, les attaches cédèrent pour dévoiler le torse sculpté par le sport de l'athlète. Les doigts de son homologue ne résistèrent pas longtemps avant de venir apprécier les fines courbes de ses muscles, tout en délicatesse. Ils remontèrent doucement jusqu'à la poitrine avec de chuter aux hanches. Celles-ci firent une ondulation vers l'avant par réflexe, engageant un premier contact entre leur bassin.
Viktor avait toujours une sensibilité à la domination, même dans cette position.
Mais ce soir, il semblait décidé à garder les choses en main malgré les taquineries effrontées du noiraud. Avec un sourire complice, il lui saisit délicatement les poignets pour les embrasser chacun leur tour avant de venir faire la même chose sur ses lèvres, plaquant les deux mains au lit. Yuuri se laissa totalement aller, tant au baiser qu'à l'autorité du russe. Leur bouche resta longtemps à se dévorer l'une l'autre, puis celui du dessus relâcha son partenaire pour venir flatter à son tour son corps.
Ses lèvres se posèrent dans sa nuque, frôlant le ras le cou. Descendant sur sa poitrine, bombée par le corset, il ne résista pas à l'envie de prendre un des mamelons pointant en bouche. Son amant soupira d'extase. Rassasié, il passa par son ventre pour atteindre le haut de la culotte noire où il sentit déjà une légère bosse se former. Il embrassa la texture du tissu, arrachant un soupire de complaisance. Son regard monta jusqu'aux yeux noisette pour leur faire un malicieux clin d'oeil. Ses mains, ayant libéré leur emprise, attrapèrent les deux bords du sous-vêtement pour le faire glisser avant de rencontrer l'obstacle des portes jarretelles.
Le médaillé d'argent se redressa en le voyant interdit et se rendit compte du léger souci technique qu'il rencontrait.
"Je n'y avais pas pensé." Réussit-il à dire au bout d'un long moment pour briser le silence.
Le champion du monde leva son regard vers lui à ce moment, et ils ne purent s'empêcher de pouffer de rire face à l'absurdité de la situation. Tout en défaisant les attaches une à une, le plus vieux déclara:
"La personne qui t'a conseillé a oublié ce détail visiblement ~ "
Un nouveau rire accompagna la dernière attache. Aucun d'eux ne voulait citer le nom d'un certain suisse derrière tout ça, mais ils n'en pensèrent pas moins. Cependant, il ne resta pas bien longtemps en tête, d'autres choses focalisant leur attention. Reprenant son activité initiale, Viktor libéra le membre de son amant du tissu noir qui l'entravait et prit le temps de remettre les attaches de chacune des portes-jarretelles aux bas en nylon. Il y avait quelque chose d'incroyablement érotique à voir l'intimité de Yuuri à la fois dévoilée et encadrée par toute cette dentelle qui cachait le reste de sa peau.
Sa tête et le reste de son corps bougèrent inconsciemment lorsqu'il se pencha pour embrasser le bout du sexe.
"Vi... Viktor!" Soupira le Japonais sous ce contact inattendu.
Il ne savait pas si la brûlure sur ses joues était due à la gêne d'être aussi exposé sous le regard affamé de son fiancé ou le plaisir qu'il ressentait justement d'être l'objet de ses convoitises. Le russe leva la tête vers lui, attendant son feu vert, et Yuuri ne put que hocher la tête, ses yeux marrons tout aussi vitreux de désir que les siens. Alors les lèvres s'entrouvrirent pour laisser passer une langue qui lécha à son tour le gland. Ses mains ne tardèrent pas à le rejoindre, caressant gentiment la base de son pénis. C'était différent de ses soins oraux ordinaires, beaucoup plus délicats, fins, légers...
C'était à la fois délectable et frustrant.
Mais Yuuri ne se sentit pas capable d'exiger plus. Viktor était déjà tellement intentionné qu'il n'avait qu'à se laisser aller au plaisir, mais il ne voulait pas partir trop tôt. Même s'ils savaient faire durer le plaisir, ce genre de chose avait tendance à l'achever. Et cela ne s'améliorait pas vu que le russe avait décidé d'être particulièrement lascif. Après avoir flatté son membre dans tous les angles, il le prit finalement en bouche au trois quarts. Le plus jeune laissa échapper un gémissement sous le coup de la chaleur qui l'entourait.
La tête de Viktor commença alors des mouvements réguliers de haut en bas, laissant trainer sa langue sur la chair durcie. Ses mains quittèrent la base pour remonter le haut des cuisses, faisant passer les attaches de la jarretière entre ses doigts. Un petit soupir d'extase de sa part vibra directement sur le sexe de Yuuri qui n'arriva pas à retenir le petit cri de surprise. Les mains remontèrent jusqu'au ventre pour caresser le corset encore fermement serré sur la taille du jeune homme. À chaque appréciation du tissu, les vibrations reprenaient, électrisant de plaisir le brun qui n'était pas habitué à ce genre de sensation.
C'était comme si son partenaire prenait encore plus de plaisir que lui, alors qu'il était dans une position où c'est lui qui lui en donnait.
Sans doute était-ce le cas, rien qu'à juger la profondeur des gémissements du russe quand il l'engloutissait en entier. Se sentant sur le point de jouir, le médaillé d'argent trouva assez de force en lui pour tirer gentiment la tête afin de la faire cesser son activité. C'est avec réticence que les yeux bleus se relevèrent, brûlant d'une faim semblant insatiable. Le Japonais était sûr que s'il l'avait laissé faire jusqu'au bout, il aurait aspiré jusqu'à la moindre goutte. Il en frémissait rien que d'y penser, sachant que d'ordinaire, son amant était déjà très vorace.
Un coup d'oeil sur son pantalon suffisait à comprendre qu'il était à bout.
"Tu me veux, Viktor?" Demanda Yuuri en ramenant un de ses genoux vers lui pour mieux écarter les cuisses.
"Oh oui..." Répondit l'argenté après avoir dégluti sous la vue provocatrice. Lui qui se languissait de voir l'Éros de son fiancé, voilà qu'il s'offrait à lui sur un plateau d'argent. C'était dur de se retenir de se jeter sur lui et simplement se servir de tout ce qu'il avait à disposition. Il sentait que c'était ce qu'attendait son cadet, mais il devait encore se retenir, juste assez pour aller au bout de son fantasme.
Il sembla hésiter puis ajouta d'un ton plus maitrisé:
"Mon coeur, je sais que tu en as déjà fait beaucoup... mais est-ce que tu accepterais de te mettre... à genoux, dos à moi?"
Yuuri fut pris au dépourvu et perdit ses moyens, ne s'attendant pas à cette demande.
Pendant leur rapport intime, ils gardaient une position relativement simple et agréable pour tous les deux et ils n'avaient pas vraiment discuté de ce genre d'éventualité. Mais le Japonais n'était pas fermé, surtout pas dans ce genre d'occasion déjà très spécial. C'était juste horriblement gênant pour lui. Au début, il n'arrivait même pas à regarder Viktor pendant l'acte, de peur d'avoir un visage bizarre et se ridiculiser à ses yeux. Mais c'était toujours moins embarrassant que... Eh bien ça.
Il acquiesça néanmoins, ses joues brûlantes et se redressa pour se retourner. Puis il posa les genoux ainsi que les coudes sur le matelas, arrondissant inconsciemment son dos et serrant les cuisses. Non par peur, mais par honte. Le corset limitait ses mouvements, le forçant à garder une certaine posture qui le comprimait. La tête baissée, il se concentra uniquement sur ses mains serrées contre les draps. Sentant son malaise, Viktor posa délicatement une main sur son épaule en se mettant à côté de lui.
"Tout va bien, mon chéri. Je ne ferais rien sans te prévenir. Détends-toi... "
Tout en lui parlant à voix basse, sa main glissa lentement sur son dos pour suivre sa cambrure accentuée par le corset. Comme guidé par son geste, Yuuri creusa sa colonne vertébrale, avec une posture beaucoup moins désagréable. Les doigts de Viktor évitèrent astucieusement ses fesses dans leur descente pour s'arrêter sur ses hanches. Il s'y attarda plus que de besoin, supposant qu'il voulait laisser le temps à son fiancé de s'habituer à être touché de la sorte. Le sentant suffisamment en confiance, il passa à l'intérieur des cuisses pour l'inciter à les écarter.
Après quelques secondes, le japonais réussit à détendre l'entièreté de son corps.
"Prends ton temps, trésors. Je vais nous préparer."
Le son de la table de nuit fit comprendre au brun quelle serait la prochaine étape. Il déglutit malgré lui. Même s'ils l'avaient déjà fait, ses parties les plus intimes étaient toujours moins à découvert, moins exposées à la vue de son fiancé. Ce dernier eut un petit sourire attendri malgré lui. Peu importe le nombre de fois où ils le faisaient, chaque fois était toujours une découverte avec Yuuri. Il arrivait toujours à le surprendre avec quelque chose de rafraîchissant qui l'excitait plus que tout ce qu'il put connaître avant.
Sa main gauche se posa de nouveau sur sa chute de reins et vint flatter lentement la courbe d'une de ses fesses. Elle gardait un semblant de graisse malgré l'entrainement quotidien, mais ça ne la rendait que plus agréable à malléer. La sensation de ses doigts s'enfonçant dans la chair molle réveilla d'autres envies chez le russe. Il déglutit pour s'empêcher d'y penser. Une autre fois peut être, quand son partenaire sera un peu plus habitué à cette position et moins stressé. Pour le moment, il devait être attentif. Doucement, il s'aventura vers l'intérieur du sillon jusqu'à découvrir son entrée.
Son autre doigt enduit de lubrifiant la caressa du bout de la phalange pour étaler le liquide visqueux.
"Ah! C'est... froid..." Réagit Yuuri avec un petit sursaut.
"Désolé. Je vais entrer un doigt, ça ira."
"S'il te plaît, dépêches-toi. C'est tellement... gênant!"
Comprenant ses tremblements d'appréhension, Viktor s'exécuta et fit glisser son index en premier. C'était serré, mais pas autant qu'il l'aurait cru. Rapidement, son partenaire se relâcha, le laissant ajouter un deuxième doigt. Il reçut un petit gémissement de plainte, mais aussi un encouragement a continuer. Le médaillé d'or continua donc, explorant et étirant suffisamment pour amoindrir la douleur de la pénétration. Alors qu'il prenait un avant-goût de l'intérieur de son amant, son regard traina malgré lui sur le bas des cuisses où tombaient les jarretelles. Son autre main bougea toute seule pour aller sentir les attaches noires.
C'est en sentant Yuuri remuer malgré lui son postérieur pour l'inciter à continuer ses mouvements qu'il comprit qu'il venait encore de se perdre.
"Ah... Viktor...pourquoi tu as arrêté de...mmhh."
Avec une inspiration, il retira ses doigts, arrachant une nouvelle plainte beaucoup plus érotique de son fiancé. Lui aussi était plus excité que d'ordinaire. La seule chose qui l'empêchait de le supplier de le prendre sur le champ était sa pudeur. Viktor se redressa en gardant ses yeux sur le dos vouté qu'il allait bientôt malmener. Avec un mélange de fierté et de soulagement, il sentit son membre de nouveau dur lorsqu'il passa sa main lubrifiée dessus. Son préservatif se déroula avec une aisance qui acheva de le rassurer: ça sera moins inconfortable pour son amant comme ça.
"Prêt, chéri? Parce que je risque d'être un peu moins tendre."
Pour la première fois, Yuuri tourna sa tête sur le côté pour le regarder par-dessus son épaule. Ce qu'il lut dans ses yeux n'était qu'un désir hardent retenu par un semblant de raison. Ses oreilles et une bonne partie de ses joues étaient aussi rouges que ses lèvres gorgées de sang. Quelques mèches noires décollées par la sueur tombaient sur son front, lui donnait un air plus sauvage. L'Éros à l'état brut.
"Viktor... Je ne m'offre pas à toi comme ça pour que tu me déçoives."
Difficile de résister à une telle provocation, même si y répondre était précisément ce que l'autre attendait. Et quelle réponse délectable. Le médaillé d'or rentra à moitié à l'intérieur de son adorable insolent, ce dernier le reçu avec un cri mêlant douleur et extase. Il n'avait même pas besoin de lui demander si c'était ce qu'il voulait rien qu'en sentant ses parois de chair se détendre autour de lui. Viktor réalisa que son fiancé n'attendait que ça depuis tout à l'heure. Il ne fallait pas gâcher ça.
D'un coup habile de hanche, il se retira lentement pour s'enfoncer encore plus profondément, bloquant les hanches d'une poigne de fer. Yuuri cria plus fort qu'il ne l'aurait voulu en prenant entièrement la sensation la pénétration. Il resta figé la tête penchée en arrière et la bouche ouverte sous le choc. Le russe se figea un instant, soudain inquiet de lui avoir fait mal dans son enthousiasme. Mais le Japonais se cambra un peu plus en lui jetant un nouveau regard lubrique par-dessus son épaule après avoir retrouvé son souffle.
"C'est tout?" Demanda-t-il taquin.
Viktor déglutit.
Très bien, il l'aura voulu.
Il recommença son geste. Encore. Et encore. Arrachant de nouveaux cris à chaque coup de rein qui secouaient son protégé. Un rythme soutenu et saccadé s'imposa, faisant monter le plaisir des deux patineurs. Le plus jeune en particulier découvrit de nouvelles sensations grâce à cette position qu'il n'aurait jamais soupçonnées. Le membre pourtant imposant se faufilait avec moins de résistances et frôla à plusieurs reprises son point sensible. C'était bon, beaucoup trop bon pour garder son esprit clair. Il ne se concentrait que sur les chairs frottant entre elles, l'électrisant à chaque impact.
Ils auraient pu continuer comme ça jusqu'à l'orgasme, mais les yeux bleus se bloquèrent sur les lacets du corset qui emprisonnaient le corps du brun. Hypnotisé par ses liens si fins, et pourtant entremêlés de façon si esthétiques, une nouvelle idée germa dans sa tête. Gardant entre ses mains la taille, il se pencha pour lui embrasser le haut de son dos. Puis il descendit jusqu'à atteindre le laçage qu'il attrapa entre ses dents. Et il se redressa brusquement pour le tirer de toutes ses forces, donnant un coup de rein supplémentaire à Yuuri.
"Aah! Viktor! Qu'est-ce que tu..."
La ficelle céda, relâchant alors le sous-vêtement qui se défit tout seul sous les mouvements brutaux du russe. Ses doigts vinrent de nouveau s'agripper à ses cuisses et s'entremêler dans les jarretelles qui retenaient encore ses bas noirs. Les frottements et l'agitation en avaient déjà décroché deux, il enleva les deux autres. La vue des attaches se balancer sur les cuisses de Yuuri au rythme de ses va et viens l'excitait bien plus qu'il ne l'aurait avoué. Viktor décida d'achever le travail en retirant ce qui restait pour séparer le serre-taille en deux.
Il pouvait enfin profiter de l'entièreté du dos nu de son amant, et il n'aurait jamais cru qu'il le savourerait autant dans de telles circonstances. Il l'embrassa, le lécha, suça la peau et y planta même ses dents pour se délecter de cette saveur. Les échos lointains des gémissements confus de son amant à chaque poussée lui parvinrent paresseusement. Il allait encore se perdre, mais il n'arrivait plus à se contrôler. L'odeur de Yuuri, l'enivrement de l'effleurer et la délectation de sa réaction.
En descendant ses mains jusqu'à sentir ses bas, il prit alors conscience qu'il ne sera pas totalement satisfait s'il terminait dans cette position.
Sans prévenir, il se retira entièrement du corps de Yuuri qui trembla de frustration, à en oublier sa position. Il était rouge, mais rouge de désir, un désir en feu qui n'attendait que d'être éteint, et dont il était privé par son fiancé. Il trouva la force de se redresser sur ses genoux et se retourna vers Viktor, légèrement furieux. Même s'il n'était pas attiré de base par le sexe, lorsque les choses étaient initiées, son corps beaucoup trop stimulé ne pouvait nier ce manque.
"Qu'est-ce que tu fabriques?"
"Tourne-toi... Sur ton dos..." Répondit simplement le russe, haletant, pas uniquement à cause de l'effort.
Ses iris azurs reflétait une telle faim désespérée que cela calma immédiatement le Japonais. Il n'avait pas peur, il ne se sentait même pas comme une proie ou une chose fragile qui allait se faire dévorer. Au contraire. C'était la première fois que son partenaire se laissait dompter entièrement par ses envies. Quelles qu'elles soient, Yuuri en était le seul et unique initiateur à ce moment précis. Rien au monde ne pouvait plus lui faire plaisir.
Avec un sourire aguicheur, il s'allongea en écartant de nouveau les cuisses.
"Laisse-toi aller."
Peut-être que Viktor l'avait entendu, peut-être qu'il avait été déconnecté à l'instant même où le Japonais se plia entièrement à son désir. Toujours est-il qu'il ne se fit pas prier et saisit les deux jambes de son amant pour les soulever et retourna au plus profond de son intimité avec beaucoup plus de facilité. Cela n'empêcha pas le jeune homme brun de gémir de nouveau. Il prit conscience alors que cet angle de pénétration était différent du précédent. Le sexe de son amant l'étirait d'une autre manière, stimulait d'autres points. Vaguement, il se demanda s'il y avait d'autres sensations à découvrir avec d'autres positions.
Le russe ne le laissa pas y réfléchir longtemps, mollestant cette partie de lui sans plus aucune délicatesse. Il mit toute sa douceur dans les baisers qu'il laissa trainer sur les jambes encore vêtues de nylon. Sans surprise, ses mains passèrent sous le fin tissu, flattant la peau grasse des cuisses. Sa bouche marqua tous les endroits accessibles de la jambe, du genou au pied, s'attardant sur ce dernier plus que d'ordinaire, notamment sur les espadrilles qu'il enleva avec tout autant d'attention, flattant la cheville au passage.
Et Yuuri le regardait faire, ses iris marron plongées directement dans les siennes, appréciant simplement le plaisir qu'ils s'apportaient mutuellement.
Une fois assuré qu'il avait tracé les deux jambes, il fit descendre les bas, les enroulant sur leur passage, pour finir par dévoiler l'intégralité des jambes musclées et fermes. Ces jambes qui portaient le patineur sur la glace, qui lui permettaient d'exprimer l'amour et la beauté qui se cachaient en lui. Pour lui, c'était un monument à chérir et à préserver. Et même si ce soir leur avait rendu un magnifique hommage, aucun bas, aucun pantalon, aucune jupe, aucune chaussure ne sauront les mettre à la valeur qu'elles méritaient. C'est nues qu'elles affichait le mieux leur perfection.
Viktor se crut partir lorsqu'elles frôlèrent ses joues pour s'enrouler autour de lui.
Et il le vit. Allongé. À sa merci. L'attendant patiemment. Ses bras étendus au-dessus de sa tête, son regard l'invitaient à prendre tout ce dont il avait envie. Sa poitrine se soulevait à rythme régulier mais profond, faisant bouger les ficelles du ras le cou, seul vêtement qu'il portait désormais. Sa bouche entrouverte implorait un baiser et retenait ses suppliques. Le médaillé d'or le lui accorda et goûta à nouveau ce rouge à lèvres carmin qui l'appâtait. Pendant que leur langue s'entremêlait, il reprit ses vas et viens beaucoup plus intensément, ses mains agrippées aux jambes de son partenaire.
La chambre n'était plus qu'une salle de concert de l'expression de leur plaisir. Ils étaient les seuls musiciens, les seuls chanteurs, mais la symphonie resonna bien au-delà des murs. Les vêtements défaits petits à petits ayant rejoint le sol constituaient leur barrière symbolique au pied même de leur lit. Le corset mêlé au pantalon, les gants tachés avec la cravate, les jarretelles au-dessus de la chemise. Il n'y avait plus qu'eux, et la chaleur de leur ébat qui les consommait sans répit.
Yuuri pensa un moment être entièrement dévoré par la convoitise de son amant, tant ce dernier collait l'intégralité de son corps contre le sien.
Son sexe se retirait à peine pour repousser toujours plus profondément son intimité, ses jambes étaient bloquées au-dessus de ses épaules, leur torse se frottait l'un à l'autre . Le plus jeune arrivait à peine à respirer entre les baisers langoureux et ses propres gémissements de plaisir. Il ne pouvait que se laisser emporter, et savourer l'insatiabilité de Viktor. Qu'il le prenne encore, qu'il le dévore, qu'il le malmène, qu'il fasse encore plus de choses obscènes qui le plongeront dans l'embarras sitôt l'euphorie passée. Le plaisir immédiat qu'ils en retiraient tous les deux en valait largement la chandelle.
"Oh Viktor! Encore! Ah! Je vais...!"
"Yuuri! Tu es si beau! Tu es magnifique!" Susurra Viktor sans le quitter une seule fois du regard.
C'était trop pour eux. Des fantasmes exacerbés pour l'un, de nouveau plaisir découvert pour l'autre. Ils ne pouvaient plus se retenir, et hurlèrent à l'unisson la jouissance qui les emportait. Leurs corps se crispèrent quelques secondes avant de se relâcher. Le plus âgé se trouva directement allongé sur son cadet sans trouver la force de se mouvoir. Ils étouffaient, mais il leur était impossible de faire le moindre geste avec un orgasme aussi violent. Cela dépassait tout ce qu'ils auraient pu espérer, l'un comme l'autre.
Au bout d'un petit moment de silence entrecoupé par leur forte respiration, Yuuri trouva assez de volonté pour entourer le dos de son fiancé avec ses bras. Ce dernier avec le visage plongé dans son cou, profitant sans doute encore de la seule pièce de tissu qui lui était offerte. Dire qu'il avait eut peur de se tromper en supposant que Viktor aimait la lingerie fine, il avait même encore été bien loin de la réalité. Il ne put s'empêcher de sourire en laissant sa main glisser dans la chevelure argentée.
"Joyeuse Saint Valentin Viktor."
Ils s'endormir pratiquement dans cette position, trop fatigué pour se décaler, encore moins se lever.
Le lendemain la honte et l'euphorie se mélangèrent entre eux. Aucun des deux patineurs n'arrivait à croire que le plus jeune ait osé. Pourtant, aucun ne regretta ce qui s'était passé. Ils trouvèrent même un accord sur le fait qu'ils n'attendraient pas la prochaine occasion spéciale pour explorer les fantasmes du plus vieux. Et si cette soirée avait permis de faire immérger une infine partie d'un iceberg, il restait encore beaucoup à découvrir.
Et Yuuri se sentait particulièrement l'âme d'un explorateur.
