Bonjour, bonsoir à toutes et à tous,

J'attaque direct par les réponses aux reviews.

RaR :

Abella : je te remercie pour ta review qui me fait plaisir, je suis heureuse de voir que tu te laisses porter par mon histoire, la situation change tu l'as remarqué. Il fallait bien finir en beauté si je puis dire ainsi :p

Ne t'en fais pas, je continue d'écrire (et surtout des MinAlba ^^), bises !

o

Cette fanfiction touche à sa fin, encore un chapitre et tout sera fini. Je me suis régalée finalement à l'écrire, même si ce fût un casse-tête chinois que de montrer une relation à distance, parce que finalement : il ne se passe pas grand-chose. Mais je voulais changer mon approche pour ce pairing merveilleusement abominorable ! (clin d'œil à ma carambole des îles).

Bonne lecture,

Kyss fra Peri.


Chapitre 7

Amour copié-collé

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La relation entre GriffonNorge et Crimson Cascade prit un autre virage, à cent quatre vingt degré. De l'état d'ennemi, ils passèrent par divers stades pour en arriver à courtisant. Tout dérapa depuis ce fameux soir de tchat. A présent, dès qu'ils en avaient la possibilité, ils se retrouvaient des heures durant pour parler encore et encore. S'envoyer moultes photos, se raconter leurs journées trépidantes et leurs aspirations. Albafica éprouvait toujours ce pincement au cœur lorsqu'il pensait à Minos étant donné qu'il appartenait déjà à un autre homme. Ses remords se noyaient avec son envie d'être avec lui. Parfaitement, « être » dans le sens large du terme. Malheureusement, la barrière de la distance mettait un autre frein à sa nouvelle idylle. Ce fût dans un état d'esprit partagé entre mélancolie et joie que le pépiniériste naviguait sur cette mer inconnue. De toute façon rien n'était prévu entre lui et Minos.

Le norvégien se languissait de sa petite rose empoisonnée comme il l'appelait. En bon hypocrite, dès que Rune tournait le dos, il s'empressait d'envoyer des messages à Albafica. D'ailleurs ils s'échangèrent leurs numéros respectifs pour plus de liberté. C'est ainsi qu'ils s'envoyaient des textos du matin au soir et ce à toutes les heures. Les plaisanteries du début firent place à des déclarations plus enflammées. Quelques fois Minos allait trop loin, mais le bleuté ne lui en tenait pas rigueur car cela restait toujours correcte – dans la mesure du possible. Le norvégien vivait une liaison à distance qui ravivait la flamme de la passion. Son attirance pour la personnalité d'Albafica s'intensifiait tout comme son besoin de le voir en chair et en os, de le tenir dans ses bras. Il ne savait pas ou tout ça le conduisait, sûrement à des ennuis incommensurables. Qu'importe, il s'engouffrait dedans les yeux fermés et appréciait chaque moment passé en compagnie de son prétendant. Car dorénavant, ils ne se voilaient plus la face.

Albafica recevait presque chaque midi un petit message à son intention pour lui souhaiter un bon appétit. Son sourire s'égayait et son aura irradiait son entourage. Ses amis ainsi que sa famille virent une différence. Même Minos s'adoucit avec son concubin. Etait-ce le poids des remords qui l'accablait ou cette attraction qu'il suscitait ? En tout état de cause, son sarcasme et son insatisfaction s'amoindrirent pour le plus grand bonheur de Rune. Cependant, ce ne fût pas pour autant qu'ils se touchaient plus, chacun veillant à bien rester dans leur partie du lit.

L'amant de l'homme de loi n'était pas d'un tempérament démonstratif, encore moins câlin. Minos s'en accommodait depuis toutes ces années, le laissant venir quand il le désirait. Or depuis qu'il connaissait Albafica, tout prenait un autre aspect. La froideur de Rune l'insupportait, son manque d'entrain également. Là où le second argenté laissait les « choses » se faire, le bleuté se montrait plus expressif. En complimentant Minos par exemple, en le soutenant lorsqu'il lui racontait ses misères professionnelles et en le valorisant, chose qui ne lui arrivait plus. Non qu'il doutait de sa valeur mais de se l'entendre dire par la personne qui comptait à ses yeux apportait tout son sens.

Son caractère rude n'empêchait pas la culpabilité de s'installer. Son compagnon ne méritait pas d'être trompé, pourtant Minos plongeait tête baissée dans l'univers de l'infidélité. Albafica devenait son obsession, son soutien quotidien. Rune représentait le confort d'une vie sans surprise.


Et là, son amant l'agaçait au plus haut point. Minos attendait que Rune s'en aille à son cercle de lecture, seulement il restait suspendu au téléphone avec l'organisateur de la réunion. Apparemment une tempête de neige sévissait dans le département, ce qui bloquait les accès routiers. Autant dire « la poisse » ! A cet instant, ce fût tout juste si notre ronchon n'aurait pas poussé son compagnon dans la poudreuse pour partager un moment d'intimité avec son ami clandestin. Il tournait en rond dans le salon, verre d'Aquavit dans la main en scrutant Rune intensément de son regard tranchant. Ce dernier raccrocha enfin un peu dépité.

— Bon, il a dit quoi ton bonhomme ? Tu pars ?

— Non enfin ! Il y a une tempête de neige, ce n'est pas la peine de courir un risque pour une réunion. Il faut rester calfeutrer chez nous en attendant. En plus, peut être que demain ça ne sera pas dégagé, on ne pourra pas aller travailler.

— Formidable ! s'exclama Minos.

— Je n'y peux rien moi, que veux-tu que je te dise ?

— Rien, ne dis rien.

Rune allait et venait entre le salon et la cuisine sous le regard inquisiteur de son amant, comme si la faute lui incombait. Quant à Minos, lui soupirait d'exaspération parce que la soirée défilait et qu'il ne pouvait pas contacter son beau peintre ni même lui expliquer la situation.

Assis devant la télévision, notre homme martelait sa cuisse de ses doigts en fusillant du regard le pauvre Rune. Ce dernier sentit le poids des reproches silencieux de son amant. Il détourna la tête pour lancer de façon narquoise.

— Tu as un problème Mimi chéri ?

— Tu as vraiment besoin de m'appeler comme ça ? Non, je n'ai pas de problème, pourquoi cette question ?

— Je ne sais pas… Sans doute parce que tu me regardes comme si l'envie de m'assassiner te submergeais. Je te dérange peut être ? Tu voulais faire quelque chose de précis ?

Les yeux de Minos jetèrent des éclairs. Il se redressa pour s'assoir bien droit et prononça le plus calmement possible afin de dissimuler son anxiété.

— Nullement. Tu te fais des idées. Seulement le programme que tu as mis ne m'intéresse pas, je vais monter dans la chambre.

— On peut changer s'il n'y a que ça pour te faire plaisir.

En se levant, Minos répondit.

— Ne te dérange pas, je vais au lit. A toute à l'heure.

Sa mauvaise foi ne connaissait aucune limite. Il monta cependant agacé, se réfugier dans sa chambre, ordinateur portable sous le bras.

Aussitôt, il engagea la conversation avec son confident par écrit pour ne pas faire de bruit.

« Minos : bonsoir petite rose, que fais-tu ?

Albafica : j'ai cru que tu n'allais pas venir. Je discutais avec un ami. Tu vas bien ?

Minos : quel ami ? Je le connais ?

Albafica : non, c'est Manigoldo un bon ami à moi.

Minos : tu veux dire dans ton cercle de proche ? C'est ton mec ? Tu ne me l'avais pas dit ! »

Dans le ton employé, on discernait parfaitement une colère contenue. Albafica ne souhaitait pas se prendre la tête, ni vexer Minos. Il tenta une approche toute en douceur.

« Albafica : je n'ai personne dans ma vie. Je le connais depuis des années, nous ne sommes que de bons copains c'est tout. Dois-je te rappeler que celui qui est en couple ici c'est toi ?

Minos : inutile de me le rappeler, je sais merci ! D'ailleurs c'est à cause de lui que je n'ai pas pu me connecter. Il devait partir mais sa séance de lecture a été annulée.

Albafica : et pourquoi tu n'es pas avec lui en ce moment ?

Minos : parce que je suis avec toi ! Tu le fais exprès ? Tu veux toi aussi m'énerver. Vous vous êtes tous donnés le mot aujourd'hui ?

Albafica : ne te fâche pas. Ce n'est pas un reproche. Enfin…

Minos : quoi ? Albafica. Je suis en train de cacher à mon fiancé que je parle à quelqu'un d'autre juste pour être avec toi et tu me casses les noix ! »

Cet élan d'animosité conjugué à la réalité fracassante, ébranla notre artiste. La vérité lui sauta aux yeux : Minos ne serait jamais à lui puisqu'il était fiancé. Ce lapsus révélateur en disait long. Instantanément il ferma son ordinateur, les larmes aux yeux. Toute cette histoire était allée bien trop loin, voilà qu'il s'attachait à cet homme caractériel. Ce ne fût pas tant le ton de Minos qui lui causa de la peine mais la phrase lâchée à l'arrachée.

Que représentait-il à ses yeux ? Une passade, un divertissement, un ami virtuel ?

Souffrir pour un homme inaccessible n'était pas dans ses prérogatives. En fait, trop tard, Albafica était accro à Minos. De réaliser qu'un autre homme le gardait dans son cœur lui provoqua un chagrin immense. Le seul être qu'il désirait, se manifestait engagé auprès de quelqu'un d'autre. Inutile espérer un miracle. Si encore Minos habitait près de chez lui, dans le même pays ou un limitrophe. Mais non.


Perdu devant sa page blanche, l'argenté ne comprit pas tout à la situation. Rêvait-il ou Albafica venait-il de lui raccrocher au nez sans plus de sommation ?

Le portable valdingua sur le lit pour être remplacé par le cellulaire sauveur de l'humanité.

« Minos : qu'est-ce que tu as ? Tu fais la tête ? »

Le têtu ne répondit pas, s'en suivit un déferlement de SMS dans le but de le faire flancher. Ce stratagème fonctionna puisqu'il confirma qu'il reprenait la conversation sur Skype une fois ses larmes séchées.

« Minos : je n'ai pas compris ta réaction, peux-tu m'expliquer ?

Albafica : tu as vu comment tu m'as parlé ? Je ne suis pas ton chien, si tu as des soucis avec ton mec, règle les mais loin de moi !

Minos : je ne vois pas le rapport. Je ne t'implique pas dans mes histoires que je sache. Je me suis emporté, je le reconnais.

Albafica : et ?

Minos : je m'excuse de t'avoir rabroué, tu n'y es pour rien. Seulement j'ai cru que j'allais te louper ce soir.

Albafica : ça devient difficile pour moi cette histoire.

Minos : comment ça ?

Albafica : tu as déjà un petit ami, j'ai l'impression d'avoir le mauvais rôle. Je ne suis pas comme ça, ça ne rime à rien de continuer de se parler comme on le fait. De toute façon tu habites à 3 000 kilomètres de chez moi. Ca serait mieux de mettre un terme à tout ça… »

Moment de flottement.

Le norvégien resta immobile, terrassé par cette nouvelle soudaine. Certes, son emportement fût exagéré, mais delà à couper court à tout il y avait une marge. Soudain, il comprit entre les lignes de quoi parlait son soupirant… En réalité, il devait espérer bien plus de son côté. Ce soir, Albafica dévoilait à demi-mot son intérêt pour lui.

« Minos : je ne veux pas te perdre. Tu es ma bouffée d'oxygène, crois-moi. Si, on pourra se voir, un jour.

Albafica : oui un jour… Génial… Je vais te laisser, cette conversation me fatigue.

Minos : non attends ! Je vais t'appeler.

Albafica : non, pas la peine. En plus tu es avec ton fiancé.

Minos : arrête de reprendre ce mot s'il te plait. Je ne vais pas te laisser comme ça. Je vais sortir prétexter un mal de crâne, je t'appelle.

Albafica : tu m'as dit qu'il y avait une tempête de neige. Tu ne vas pas sortir en robe de chambre quand même ?

Minos : si. Attends-moi, je t'appelle dans un quart d'heure au plus tard. »

Dehors, en tenue de nuit, Minos se gelait en appelant Albafica, tremblant de froid et d'appréhension. En fait il était sorti par la porte de derrière, planqué dans le jardin, aucune chance que Rune ne le surprenne.

Albafica décrocha au bout de la troisième sonnerie.

Oui ?

— Ca va mieux ? Je te sens bizarre ce soir. Oui, je sais c'est en partie ma faute, désolé.

Pour être franc, ça ne va pas non… Je ne supporte plus cette situation, c'est allé beaucoup trop loin.

— Comment ça ?

Au début c'était amusant de se chercher, seulement…

Le grec ne parvenait pas à s'exprimer, laissant des blancs entre chaque phrase. Il s'efforçait de rester fort sans montrer les émotions qui l'envahissaient. Car son souhait n'était pas de perdre Minos. Le choix demeurait un luxe qu'il ne possédait pas.

Trop de gens sont impliqués dans ce jeu. Je ne sais pas si pour toi s'en est un mais moi non. Je n'ai pas envie de souffrir plus tard, mieux vaut arrêter tant qu'il est encore temps.

— Arrête Albafica ! vociféra l'argenté qui se reprit immédiatement.

Un coup d'œil à la fenêtre de sa cuisine le rassura sur le fait que Rune n'entendit rien.

— J'ai parfaitement conscience que toute cette histoire est compliquée. Je ne pensais pas m'attacher à qui que se soit. Je ne veux pas te perdre, je ne le tolérerais pas.

Tu y as pensé à moi ? Je suis quoi dans l'affaire ? Un passe-temps à la morosité de ta vie de couple ?

— Pas du tout ! Tu comptes à mes yeux. Après c'est difficile parce que nous n'avons pas la possibilité de nous voir en vrai mais sache que j'en ai envie. Vraiment.

Tu… As envie de venir me voir ?

— Oui. Et j'ai envie de toi aussi. J'aimerais te serrer dans mes bras, toucher ta peau, sentir le contact de tes lèvres. Ce n'est pas un jeu et je peux t'assurer que j'en crève tous les jours que Dieu fait. Crois-moi.

Cette révélation crue, acheva Albafica. Tant de sincérité le désarma. L'incorrigible Minos se mettait à nu ce soir, divulguant ses sentiments.

Ne me dis pas des choses pareilles sinon je vais espérer encore plus.

— Ce ne sont pas des paroles en l'air. Je te promets de venir.

Comment veux-tu que je te fasse confiance alors que tu as ta vie en Norvège avec ton compagnon ! Tu vas en faire quoi de lui ? Le quitter ? Je ne pense pas. D'ailleurs je ne veux pas que tu ruines ta relation pour une passade.

— Ne dis pas n'importe quoi ! Je n'arrête pas de penser à toi. Albafica, ne me supprime pas de ta vie.

Notre relation est vouée à l'échec. Je n'ai pas envie de t'attendre pour rien, en plus ça nous apporte quoi ?

— Toi je ne sais pas mais moi tout. Tu m'apportes tout ce que je n'ai pas ici avec mon ami. Je vais devoir raccrocher, promets-moi de m'appeler demain.

Ce n'est pas une bonne idée.

— Je te harcèlerais, dit Minos d'une voix plus taquine.

Cette boutade fit rire le bleuté, atténuant un peu sa peine.

Je me doute, oui. Je subirais alors…

— Albafica… Je t'embrasse, à demain. Ne sois pas triste, même si je ne suis pas présent à tes côtés, mon cœur t'appartient.

Cette dernière phrase choc, remua le peintre au plus profond de ses tripes. Il ne put rien répliquer à cette déclaration. Il se mordit les lèvres, embarrassé mais heureux. Heureux car l'homme qui obnubilait ses pensées venait de le couvrir de mots doux, sincères. Probablement qu'un jour, ils se rencontreront, un jour prochain il aura l'occasion de sentir la chaleur de son confident l'embraser totalement. Cette effervescence, ils la savoureront en vrai.

~~Oo0oO~~

Pour l'heure Albafica ne savourait rien du tout si ce n'était l'amertume de la solitude. Pour se changer les idées, il visitait ses amis réels plus souvent, multipliait les sorties et se consacrait à la peinture.

Ses bonnes résolutions de mettre de la distance avec son flirt virtuel n'aboutissaient à rien, car il continuait de penser à lui tous les sacro-saints jours de la semaine, week-ends compris. La fatalité se manifestait impitoyable : le seul homme qui le faisait vibrer résidait loin de lui. Il n'avait même pas la possibilité de le rencontrer une seule fois.

Une fois pour vérifier si ses sentiments se calquaient à la réalité.

Une fois pour voir Minos de visu.

Une fois pour décider si oui ou non il continuait ou stoppait cette relation impossible.

Même dans l'éloignement de leurs échanges, Minos demeurait le seul être important dans sa vie. Il ne parla pas de cette relation sulfureuse à Dégel, vu qu'il ne désirait plus entendre parler de GriffonNorge, sûr qu'il ne comprendrait pas notre héros. En y réfléchissant de plus près, le français se faisait rare également. Moins présent sur le forum dédié à l'art et sur la messagerie privée. Albafica le contacta afin de prendre des nouvelles.

— Allo Dégel, je ne te dérange pas ?

Non bien sûr que non. Comment vas-tu Alba ? Cela fait longtemps que je ne t'ai pas eu au bout du fil, pardonne-moi.

— Pour quelle raison ? Tu n'as pas à t'excuser.

C'est-à-dire que je suis assez occupé ces temps-ci mais j'ai une bonne nouvelle ! Justement je comptais te téléphoner ce vendredi soir.

— Ah ! Tu m'intrigues !

Oui, en attendant de connaître la date exacte de mes congés de cet été je vais venir séjourner quelques jours en Grèce. Nous pourrons nous rencontrer en vrai !

— Mais c'est génial ! C'est vrai ? Depuis le temps qu'on en parle, je suis vraiment heureux, j'ai hâte ! Tu viendrais quand ?

Moi aussi, tu ne peux pas savoir. J'ai réussi à me libérer quatre jours pour les fêtes de Noël.

— C'est super ça ! Je suis impatient du coup. Tu vas loger où ? Viens chez moi si tu veux.

C'est très aimable à toi je te remercie, seulement j'ai déjà un hébergement.

— Ah oui, étonnant ! Tu connais quelqu'un sur place ?

Dégel émit un petit silence, histoire de se reprendre quelque secondes.

Pour tout te dire… C'est délicat, tu sais que je n'aime pas m'étendre sur ma vie privée…

— Oh non, ne te force pas ! le rassura Albafica.

Il n'y a rien de grave, rassure-toi. Bon, à toi je peux bien le dire j'ai confiance. En fait j'ai rencontré quelqu'un et je vais en Grèce pour le voir, voilà. Je sais que c'est un peu ridicule.

— Pas du tout !

Mes amis ici pensent que ça l'est. Je ne connais presque rien sur lui… Ce n'est pas totalement exact, nous communiquons depuis des mois pour être honnête. Comme je suis méfiant de nature, je n'ai pas voulu le voir de suite, pourtant il était prêt à me rejoindre en France pour un week-end. J'ai refusé… Mais je me décide enfin, et donc nous, nous pourrons nous rencontrer aussi. Je tiens absolument à te voir mon cher ami.

— Oh Dégel, c'est très beau comme histoire je trouve. Je t'approuve à cent pour cent, parfois il faut savoir prendre des risques. Et, tu as des sentiments envers cet homme ?

Je ne sais pas…

— Excuse-moi, ma question était trop intime.

Non, non. Seulement je ne préfère pas trop analyser ce que je ressens pour lui. Je n'arrête pas de réfléchir et plus je le fais, plus je me perds. Pour te répondre, je pense que oui j'éprouve quelque chose.

— La distance n'est pas un frein pour toi, vous, je veux dire ? Tu vas faire comment si effectivement tu t'aperçois que tu l'aimes ?

Un second blanc combla la conversation. Dégel se trouvait gêné par cette question puisqu'il ne trouvait pas de réponse.

Je n'en ai aucune idée. J'ai seulement la certitude qu'il faut que j'aille le voir, rattraper mon erreur lorsque j'ai décliné son invitation. J'ai raté beaucoup de choses dans ma vie à force de trop peser le pour et le contre. Pour une fois j'ai le besoin d'aller de l'avant, de foncer.

— Tu m'as l'air déterminé, je t'admire quelque part. Dis-moi, cet homme, il a l'air de t'avoir ouvert les yeux.

Oui, et c'est une personne formidable, je n'ai pas envie de la laisser s'échapper. C'est rare de s'accorder parfaitement avec quelqu'un de nos jours. Donc voilà, je t'ai tout dit… Tu n'essaies pas de me sermonner ?

— Bien sûr que non enfin ! Qui suis-je pour le faire ? Tout ce qui compte c'est ton bonheur. En plus j'aurais l'avantage de te voir, je ne vais pas m'en plaindre. Tu me le présenteras cet homme mystérieux qui te fait découvrir le monde autrement ?

Bien entendu Alba. C'est vrai que grâce à lui je vois les choses autrement, je me laisse plus aller à l'imprévu. Ce qui est une nouveauté extraordinaire. Je tâcherais d'être plus présent pour toi dorénavant.

— Je n'en doute pas, c'est toujours un plaisir de parler avec toi. Sache que je suis là au besoin.

Merci, tu es adorable. Je vais te laisser, je te recontacte dans la semaine, prends son de toi et à bientôt.

— Bonne chance avec ton ami, pas de soucis à plus tard.

Rassuré par ces confidences, Albafica envisagea son avenir plus sereinement. Sans le savoir, Dégel vivait approximativement la même chose à l'autre bout du continent. Ce qui apparemment, ne l'empêchait pas de profiter pleinement de son aventure. Pourquoi pas lui ?

(suite...)