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Chapitre 7 : Joyeux Noël !

Deux soirs suivirent et furent occupés par des corrections de copies moins désagréables que d'habitude pour le professeur Rogue. Harry lui tenait encore compagnie, et tous deux appréciaient la présence de l'autre, et en étaient arrivés à s'estimer mutuellement. Rogue s'était aperçu de la présomption de ses préjugés et Harry se régalait des sarcasmes qu'il considérait désormais comme plus... affectueux. Deux jours avaient suffi pour faire comprendre à l'un et à l'autre combien leur supposée antipathie n'avait reposé que sur des idées dépassées. Rogue ne voyait plus Harry comme le digne fils de son père, et Harry ne jugeait plus que Rogue était un mangemort lâche et sournois. Ils reconnaissaient en eux des qualités qu'ils respectaient, et des défauts qu'ils acceptaient. L'orgueil, l'ambition, la jalousie, mais aussi la solitude, le courage, le désir de protéger des êtres chers les habitaient tous deux, et enfin, dans les yeux de l'autre, ils se retrouvaient, et par conséquent, atteignaient cette reconnaissance qu'ils désiraient tant. Mais cela n'était jamais dit, ils le sentaient, le vivaient en partageant de simples conversations qui consistaient essentiellement à se plaindre de certains élèves, à plaisanter sur la douce folie du directeur, à se charrier avec un naturel qui semblait avoir toujours été là. Deux jours, et enfin, ils étaient certains de leurs sentiments, et ne s'en plaignaient pas.

Le 23 décembre au soir, Harry pénétra dans les appartements de Rogue dans ce même état d'esprit. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il les découvrit prodigieusement décorés ! Les coins étaient dissimulés derrière des sortes de boules de cristal dont Harry admira l'éclat presque hypnotique (il soupçonna la magie d'y être pour quelque chose), le plafond donnait l'incroyable illusion d'être dentelé grâce à des guirlandes qui changeaient de couleur régulièrement, quant aux pierres froides du sol, elles avaient été recouvertes d'un gazon qui poussa Harry à le caresser de sa main pour en savourer la douceur. Même le lit n'était plus bordé du drap sombre que Harry connaissait, mais par une couverture rouge et verte ! Il écarquillait les yeux, doutant un instant d'être dans le bon appartement, jusqu'à ce que son ébahissement fut interrompu par Rogue qui sortit de sa salle de bain. Il eut une grimace dégoûtée :

« C'est horrible, je sais.

- Mais non !

- C'est un tour de Dumbledore qui se produit à tous les Noël, tous les appartements sont affreusement décorés et affublés de piteuses guirlandes...

Harry savait que le directeur parfois fantasque en était bien capable, mais il trouvait l'idée charmante, peut-être un peu déplacée ici mais charmante. Il partagea son opinion.

- Au contraire ! Je trouve que c'est... mignon. »

Le terme arracha une exclamation désespérée à Rogue qui leva les yeux au ciel et songea sérieusement à mettre fin à ses jours, ici et maintenant. Harry ne prêta pas attention à ce comportement, s'y étant attendu sans doute et alla s'asseoir pour reprendre ses corrections là où il s'était arrêté la veille. Il en était toujours aux copies des premières années tandis que Rogue s'était déjà chargé de deux paquets, mais il devait s'avouer que la tache était difficile : il fallait non seulement faire appel à toutes ses connaissances sur le Polynectar, mais en plus rassembler tout son sang-froid et son tact pour ne pas se montrer trop horrible dans ses commentaires. C'était, au final, un véritable défi, et Harry se disait que Rogue en avait fait un art. Les heures passèrent en silence consciencieux et la soirée arriva à son terme. Harry se sentait toujours aussi triste de partir, mais il le faisait, il n'allait tout de même pas s'imposer, après tout il vivait pour l'instant un grand bonheur et il était conscient de sa chance.

Le lendemain matin, Harry fut réveillé par des coups de bec insistants. Hedwige lui mordait l'oreille avec une lueur de reproche au fond des prunelles. Parfois, le gryffondor se demandait si la chouette n'était pas douée de pensée. L'idée étant assez effrayante, il la chassait à chaque fois de son esprit. Elle lâcha une feuille de papier sur laquelle était écrit : « Rendez-vous dans la grande salle à neuf heures ». Harry jeta un coup d'oeil à sa montre, il avait déjà cinq minutes de retard. Effaré, encore engourdi par le sommeil, il enfila le premier jean qu'il trouva à sa portée, et le recouvrit de sa robe de sorcier. Pourquoi diable fallait-il encore se lever pendant les vacances ? Encore une idée de Dumbledore...

C'est effectivement lui qu'il découvrit comme centre des attentions en entrant dans la grande salle, juste avant que tous les regards ne le fixent. Il marmonna une excuse et accourut au milieu du groupe. Il rejoignit Luna, qui se tenait à côté de Rogue, visiblement en pleine appréhension de ce qui allait sortir de la bouche du directeur... Il ne fut pas déçu :

« Chers élèves et professeurs, comme vous avez pu le constater, nous ne sommes pas nombreux cette année !

Il sourit à l'assemblée d'une vingtaine de personne si chaleureusement que presque tous répondirent à son sourire. Sauf Rogue qui ne le quittait pas des yeux avec un visage plutôt pâle.

- Alors je pensais que nous pourrions faire une exception et proposer notre aide aux elfes de maison !

D'un geste ample, il désigna une petite créature que Harry n'avait pas vue jusque là. C'était Dobby !

- Pour cela, nous irions à Pré-au-Lard acheter des provisions pour le repas de ce soir, et ce serait l'occasion de faire des achats de Noël ! Je suis moi-même assez en retard et j'ai eu un message éloquent de mon neveu ...

Harry émit un petit rire qui se transforma en éclats joyeux lorsqu'il vit la tête de Rogue. Il était passé de la plus extrême pâleur à une rougeur furibonde. Les mots peinèrent à sortir calmement de sa bouche, si bien qu'il articula démesurément et attira le regard amusé de Dumbledore et de ses collèges (il allait sans dire que les élèves évitaient de croiser son regard) :

- Monsieur le directeur, si je puis me permettre...

- Mais permettez-vous Severus, permettez-vous... le coupa Dumbledore avec un ton guilleret qui contrastait avec l'expression glaciale de son interlocuteur.

- Je pense que ma présence ne sera pas nécessaire et je ne voudrais pas vous indisposer, alors peut-être pourrais-je ne pas me joindre à cette...

Il prit une profonde inspiration, si théâtrale que Harry dut tousser pour cacher son hilarité, avant de reprendre :

- ...chaleureuse sortie.

- Mais vous avez tort Severus ! Votre présence nous est indispensable et je la requiers ! Venez avec nous cela vous fera le plus grand bien !

Rogue ne put répliquer, Dumbledore avait immédiatement poursuivi en invitant les élèves à former des groupes, par mesure de précaution. Harry et Luna s'étaient naturellement regardés, ils furent rejoints par Dobby et une fois que le directeur eut annoncé qu'un professeur se joindrait à chaque groupe, Rogue se rapprocha d'eux, au plus grand plaisir de Harry. D'un seul coup, Dobby s'agenouilla devant son libérateur et lui prit les pans de sa robe. Harry ne fut pas très étonné de l'entendre déclarer avec une profonde solennité :

- Je vous protégerai Harry Potter, par mon sacrifice s'il le faut !

- Heu c'est bon Dobby ça va, je risque rien.

- Harry Potter a été bon avec moi, si Harry Potter a besoin de quelque chose...

- Dobby je te dis que je n'ai besoin de rien, sinon que tu arrêtes de t'occuper de moi !

Rogue écoutait cet échange, incrédule, et lorsque Harry le remarqua, il lui expliqua la situation :

- C'était l'elfe des Malefoy, je l'ai libéré et il m'est reconnaissant.

Le mot n'était pas assez fort pour décrire le sentiment de loyauté que ressentait Dobby envers Harry.

- Je vois, un autre admirateur.

- Ne vous moquez pas de Harry Potter ! »

Harry éclata de rire et Rogue haussa les épaules. Luna quant à elle, regardait le plafond encore étoilé.

Le charme du village de Pré-au-Lard réchauffait les coeurs des élèves et professeurs de Poudlard. Le ciel bleu clair éclairait la mince couche de neige qui recouvrait les toits des boutiques qui arboraient toutes des teintes chaleureuses annonçant les fêtes. Harry avait commencé à aimer Noël à partir du moment où il avait pu le fêter à l'école de sorcellerie. Ici se trouvait sa vraie maison, sa famille et désormais, son désir et son amour. Il marchait alors d'un pas leste, soulagé aux côtés de Luna, Dobby et Rogue. Il demanda à la jeune fille en se souvenant de leur conversation au début des vacances :

« Ton père s'est débarrassé des Schtroumpfs joufflus ?

Luna le regarda les yeux ronds avant de répondre :

- Tu veux dire les Trinfes joufflues ?

- Oui, c'est ça, les Trinfes joufflues...

Rogue leva les yeux au ciel et Dobby se rapprocha pour écouter la conversation.

- Pas encore non, il paraît qu'elles ont pactisé avec des nains de jardins.

Harry ne regrettait pas d'être avec son amie peu ordinaire.

- Vraiment ? Fit-il intéressé, j'imagine que ça doit pas être facile parce que des Trinfes joufflues avec des nains de jardin...

Il n'acheva pas sa phrase, comme si la suite était logique. Rogue ne put se contenir plus longtemps et s'écria :

- Les Tronches joufflues n'existent pas !

Luna le regarda avec une lueur qui semblait dire qu'elle en savait plus que lui sur le sujet et elle répliqua :

- Les Trinfes joufflues sont aussi réelles que vous et moi, seulement, certaines personnes fermées d'esprit ne sont pas capables de les voir, mais toi Harry, je suis convaincue que tu les verrais !

Rogue fulminait devant cet amas d'ignorance et d'affirmations farfelues et Harry prit la parole avant que son aîné ne hurle sur la jeune sorcière.

- Peut-être, en tout cas, j'espère qu'il s'en sortira.

Ils avancèrent jusqu'à une confiserie devant laquelle Dobby s'arrêta en tirant les pans de la robe de Harry.

- Harry Potter peut-il m'accompagner à l'intérieur pour acheter des gâteaux ? Un elfe est souvent moins bien accueilli lorsqu'il est seul.

- Vraiment ? Eh bien oui je viens avec toi.

- Une minute Potter, pourquoi ne vous êtes-vous pas adressé à moi ? Ajouta-t-il à Dobby.

L'elfe serra les poings et déclara avec colère :

- Dobby sait qui vous êtes, Severus Rogue, et il ne vous aime pas.

Harry jeta un coup d'oeil effaré à l'elfe et lui intima de s'arrêter là par un regard expressif, en vain. Dobby reprit, impassible, sous les yeux ébahis des deux élèves :

- Vous êtes mauvais...

Rogue réagit enfin et lâcha, menaçant :

- Je ne vous connais même pas...

- Moi je vous connais, Harry Potter a souvent parlé de vous...

Harry pressentait le désastre. Inévitablement, ill vint :

- Il disait que vous n'étiez qu'un bâtard graisseux cruel et qui n'aime que lui.

Le désespoir noya l'auteur de ces paroles, maintenant fixé par un Rogue scandalisé. La dernière fois qu'il avait eut ce sentiment, c'était face à un détraqueur, seulement là, il savait quoi faire. Il tenta malgré tout de se justifier :

- C'était il y a longtemps, et puis je ne le pensais pas complètement, je ne voulais pas dire ça, d'ailleurs, je ne me souviens pas d'avoir employé les termes de bâtard graisseux...

Mais Dobby hocha la tête à plusieurs reprise avec certitude. Luna suivait l'échange comme si elle était spectatrice d'une pièce de théâtre et haussa les épaules quand Harry murmura pitoyablement :

- C'était pour rire...

Rogue lui lança un regard glacial et entra dans la première boutique sur sa droite. C'était chez Madame Guipure... Le maître des potions s'en rendit compte trop tard, la vendeuse tenait déjà son mètre autour de ses épaules. Comme il n'arrivait pas à s'en défaire, il brandit sa baguette et elle le laissa enfin partir, en lui chantant « vous reviendrez soyez-en sûrs ! ». Rogue grogna un « c'est ça » furieux avant de leur crier :

- Qu'est-ce que vous attendez, allez donc chercher ces gâteaux !

Dobby et Harry se précipitèrent dans la confiserie sans demander leur reste. Luna paraissait quant à elle tout à fait étrangère à la scène.

Harry se demandait s'il achèterait quelque chose pour Rogue, il en avait envie mais il craignait sa réaction. C'était peut-être un peu ridicule. Il y renonça. Quelques minutes plus tard, le groupe avait rejoint les autres au chaudron baveur. Dumbledore portait une dizaine de paquets qui encombraient la table, il s'exclama, enjoué :

« Noël est la meilleure époque pour montrer notre amour à nos proches !

- Albus, combien de proches avez-vous exactement ? Demanda McGonagall.

- Eh bien, il y a la famille, les amis, les anciens alliés, les anciens élèves, mon banquier, mon voisin moldu, mes collègues,... »

Harry ne l'écoutait plus, sa phrase l'avait fait réfléchir, après tout, peu importait la réaction de Rogue, il pouvait bien lui montrer qu'il tenait à lui. Il s'excusa et sortit de l'auberge pour se rendre chez Madame Guipure. Il y acheta une chemise noire avec de fines rayures vertes qui irait à ravir au maître des potions. A son retour au chaudron baveur, il fut déçu de découvrir que Rogue était parti et participa aux conversations avec moins d'enthousiasme.

Harry, vêtu de sa nouvelle robe de soirée, quittait son dortoir d'un pas allègre. Le dîner de Noël était toujours exceptionnel. Les elfes de maison se dépassaient chaque année, et les décorations étaient sublimes. Une fois encore, ils s'étaient tous surpassés : des chandelles éclairaient d'une faible lueur le plafond étoilé et exhalaient des parfums qui remplissaient Harry d'un sentiment peu commun de bien-être, de grandes toiles suspendues faisaient briller les différentes couleurs de Poudlard, et une table somptueuse avait été dressée au centre de la grande salle. Autour d'elle se tenaient déjà quelques convives, les professeurs étaient en majorité présents, manquaient seulement Rogue et Trelawney. Les élèves également s'étaient pour la plupart attablés, riant de bon coeur. Harry alla s'asseoir à côté de Luna. Il engagea une conversation sur la nouvelle gloire du Chicaneur, journal qu'il appréciait désormais. On parlait de voyages, de souvenirs, de farces dans une ambiance festive et agréable. Enfin Trelawney entra dans la grande salle, à la surprise des élèves qui la voyaient rarement descendre de sa tour, suivie de peu par Rogue. Harry se retourna pour les regarder arriver et il fut subjugué : Rogue était plus beau que jamais. Il était sans doute le seul à penser cela mais le sentiment était ferme, jamais il ne l'avait trouvé aussi... parfait. Quelques mèches de ses cheveux lui tombaient sur le visage, ce qui le rajeunissait en lui ajoutant un air presque mélancolique, et il portait une robe noire plus large que d'ordinaire, et d'un drapé plus tracé qui descendait jusqu'à ses pieds. Harry était comme figé, il reprit sa position brusquement par peur de n'être pas très discret. Il croisa le regard de Dumbledore qui lui adressa un sourire.

« Merde, pensa Harry ».

Trelawney venait d'arriver à leurs côtés mais alors qu'elle s'apprêtait à tirer la chaise à la droite de Harry, une main s'y accrocha fermement et elle dut se résigner à s'asseoir à côté de McGonagall. Le gryffondor en fut soulagé et remercia Rogue d'un signe de tête.

« Je suis bien content que vous soyez venue Sibylle ! Dit Dumbledore.

- J'ai consulté ma boule de cristal et apparemment il fallait que je vienne ce soir pour que la réussite soit de mon côté le mois prochain.

Harry et Rogue poussèrent un soupir agacé. Vexée, Trelawney leur jeta un regard noir et déclara :

- Il se trouve que dans votre cas messieurs, l'avenir ne montre qu'une persistance dans l'étroitesse de vos esprits !

- Tant mieux, je pourrai mieux me consacrer à des domaines qui méritent mon attention.

Trelawney se crispa mais resta silencieuse tandis que Harry souriait de la victoire de Rogue. Dumbledore qui avait suivi l'échange fit remarquer pour détendre l'atmosphère :

- Il se trouve que les pensées de ces deux-là sont obscures Sibylle, avec tout votre talent, je crois que vous n'apprendriez rien d'eux. Severus me cache quelque chose je le sens, et il refuse de me voir, je me demande parfois s'il ne craint pas de s'exposer à la legilimencie, malgré qu'il soit un très bon occlumens.

- Ou bien il se peut que je ne sois pas disposé à vous accueillir chez moi sous prétexte que vous souhaitez connaître les raisons d'une préoccupation inexistante.

- Allons Severus, je vous connais depuis longtemps maintenant ! Je suis bien capable de savoir quand quelque chose vous tracasse...

Les plats apparurent, mettant fin la conversation qui intéressait particulièrement Harry.

Les desserts arrivèrent bientôt, offrant une occasion de plus de se régaler. La bonne humeur régnait à table, même Rogue avait le sourire. Les élèves perdaient leur timidité et parlaient avec leurs professeurs, Dumbledore avait fait apparaître un chapeau de Noël et s'amusait à en faire sortir des lapins, expliquant à ses spectateurs :

« Les moldus pratiquent la prestidigitation, c'est leur magie ! C'est assez impressionnant comme il sont capables de maintenir l'illusion !

Les élèves qui avaient tous grandi dans des foyers sorciers buvaient ses paroles.

- Ils font apparaître et disparaître jusqu'à des êtres vivants !

Un lapin sortit du bonnet rouge et sautilla sur la table jusqu'à Harry qui le caressa, avant de se mettre sur ses deux pattes arrières et de regarder Rogue avec des yeux si attendrissants qu'il était dur de résister à l'envie de passer sa main sur sa fourrure.

- Il vous aime bien Severus ! Vous pouvez le garder si vous voulez.

Mais Rogue sortit sa baguette et d'un petite geste indifférent, il fit disparaître l'animal.

Enfin, des étincelles rouge s'échappèrent du chapeau et se transformèrent progressivement en père Noël. Il marchait d'un pas lourd derrière eux et parfois son célèbre rire résonnait. Dumbledore était ravi, il fit un clin d'oeil à Harry et lui murmura :

- C'est une nouveauté des frères Weasley, je l'ai eu à prix réduit ! »

Harry s'esclaffa, les jumeaux commençaient à avoir une vraie clientèle dans l'école, ils lanceraient leur boutique avec succès à la fin de l'année. Enfin, les assiettes se vidèrent et peu à peu, les premiers élèves quittèrent la table. Trelawney prit soin également de sortir avant le treizième convive, qui n'était autre que Harry. Celui-ci aurait préféré rester plus longtemps mais il voulait aller chercher son cadeau et attendre Rogue devant chez lui. Or, ce dernier se leva en même temps que Harry, ce qui mettait à l'eau son projet. Tous deux saluèrent les dernières personnes attablées et marchèrent ensemble jusqu'aux grandes portes.

Dans le hall, Harry ne sachant plus quoi faire, se retourna vers Rogue. Il s'était arrêté aussi.

« J'ai un cadeau pour vous.

- Un cadeau ? S'étonna Rogue.

- Oui, un cadeau, vous m'accompagnez aux dortoirs ?

Rogue sembla hésiter un instant puis acquiesça et le suivit. Ils firent le chemin en silence. Devant le portrait de la grosse dame, Harry se rendit compte que Rogue n'était sans doute jamais venu chez les Gryffondor, il se demanda si c'était possible. Après tout, c'était le directeur des Serpentards...

- Vous pouvez entrer n'est-ce pas ?

- Oui.

- Je n'étais pas sûr... Dragon du Nord !

Le portrait pivota et découvrit la salle commune des Gryffondor. Ils entrèrent. Harry invita Rogue à s'asseoir dans un fauteuil et il courut trouver son cadeau.

Rogue contemplait le feu de cheminée, confortablement assis dans un large fauteuil de cuir. La salle commune des Gryffondor avait tout des Gryffondors, des couleurs vives, du rouge et or dans les moindres recoins, une atmosphère chaleureuse... S'il avait cru un jour entrer ici...

Il laissa ses pensées de côté lorsque Harry revint, un paquet à la main. Il regrettait presque de ne rien avoir acheté lui-même, ce n'était pas très poli...

- Tenez.

Rogue déplia délicatement l'emballage en papier froissé sous les yeux de Harry qui était appuyé contre le mur. Il dégagea une chemise sombre, sobre et à la texture assez douce. Sans vraiment se poser de questions, il se redressa et retira sa robe noire. Harry, la bouche ouverte, le regardait faire. Il n'était désormais vêtu que d'une tenue moldue, faite d'un pantalon et d'une chemise. Il la retira, faisant toujours face au feu. Les flammes se reflétaient sur son torse nu, flamboyant, il était plus séduisant que jamais. Mais cela ne dura pas, il passa les manches de la nouvelle chemise. Harry ne pouvait plus se maîtriser, il s'approcha, discrètement tandis que les flammes crépitaient. Il se tenait juste derrière lui, son visage dépassant de l'épaule droite de Rogue. Dans cette position, il ne pouvait voir le sourire de félicité animer son visage si souvent impassible. Il avait cessé le moindre mouvement. Les bras ballants, mais d'un charisme incroyable, Severus Rogue murmura d'une voix profonde et sensuelle :

- Potter vous jouez à un jeu dangereux...

Mais Harry ne l'entendait plus, il ne voyait que ses mains qui avaient cessé de boutonner la chemise. Il s'approcha de Rogue complètement immobile, et lui caressa l'oreille de son souffle.

- Ne m'appelez pas Potter...

Rogue soupira et se détourna du feu qui semblait grandir à mesure que leur désir augmentait. Son regard ténébreux et intense accrocha celui de Harry, les prunelles du Gryffondor brûlaient d'une envie ardente. Il était complètement à la merci de Rogue.

- Très bien, Harry...

Le jeune homme frissonna et releva sa tête de quelques millimètres. Il n'écoutait plus que son désir... Il plaça ses deux mains sur les pans ouverts de la chemise de Rogue, et entama une remontée sans le quitter du regard. Il fit glisser ses mains sur ses épaules et prit le col de la chemise entre ses doigts, dans un mouvement presque paresseux tant il était lent il enleva la chemise à celui qui la portait. Severus Rogue, à nouveau torse nu inclina la tête pour mieux plonger son regard dans les yeux verts de Harry.

- Décidément, c'est une manie que nous nous voyions torse nu, on pourrait croire que ce n'est pas un simple hasard... »

Ses paroles s'évanouirent à mesure que son visage se rapprochait de celui de Harry, et son visage n'étant plus qu'à quelques centimètres du sien, il agrippa avec force le cou de Harry de sa main gauche, et le força à venir s'emparer de ses lèvres chaudes. Harry les dévora, respira le souffle accéléré de Rogue, enfonça ses doigts dans son dos et y laissa l'empreinte de son étreinte. Sans interrompre leur baiser, Rogue entraîna Harry à reculer, il faillit trébucher en rencontrant le mur dans son dos mais son partenaire le maintenait fermement. Acculé contre les pierres froides, il gémissait en sentant les mains plus entreprenantes de Rogue se faufiler sous son tee-shirt. Le contact de ses mains expérimentées sur son torse lui arrachait de grands soupirs. Ils relâchèrent leur étreinte un instant, le temps que Harry retire son tee-shirt, puis reprirent leur baiser de plus en plus torride, encouragés par le plaisir que procurait les effleurements continus de leurs corps. Les mains de Harry se promenaient langoureusement sur la taille de Rogue avant de passer dans son dos, ce qui incita Rogue à amplifier ses caresses... Il redressa son genou, balança son corps en avant et colla sa jambe entre celles de Harry. Le gryffondor ferma les yeux. Rogue pouvait sentir l'effet qu'il lui faisait à travers son pantalon, lui-même était dans un sacré état, il commençait à en souffrir... Comme s'il avait lu dans ses pensées, Harry passa sa main sur son entrejambe, déclenchant un gémissement sonore, et retira à une vitesse phénoménale le vêtement, avant de faire de même avec le sien. Ils étaient nus, face à face, et leurs virilités sensibles provoquaient des sensations violentes dès qu'ils se frôlaient. Rogue passa son bras autour des épaules de Harry et par ce geste, l'invita à se retourner. Le jeune homme avait bien compris, il se mit droit devant le mur avant de se courber en s'appuyant de ses mains. Il n'en pouvait plus d'attendre, il lança un regard désespéré à Rogue qui s'empressa de répondre à ses désirs. Il gémit de douleur sous les premiers va-et-vient réguliers de son partenaire, puis de délice et bientôt de jouissance. Petit à petit Rogue augmenta le rythme et se fit plus bestial. La magie du plaisir qui traversait leurs deux corps était aussi physique que mentale, résultat de l'amour entre deux personnes. C'était un moment de parfaite solitude entre eux deux, d'accord avec les éléments primitifs, la pierre froide, le feu vif, la nuit claire, leur passion se concrétisait enfin dans un monde qui n'était plus un obstacle. Ils étaient libres. La tension arriva à son comble et ils tremblèrent ensemble, comme un seul corps jouissant de bonheur sensuel. Les respirations irrégulières couvrirent les crépitations qui venaient de la cheminée, puis se calmèrent. Cette nuit serait mémorable pour les deux sorciers, c'était bien le meilleur Noël qu'ils avaient connu...

La tiédeur des draps était bien agréable à la vue des fenêtres couvertes de craquelures. Le soleil se levait lentement, ses rayons faisant pénétrer une faible clarté à travers la fenêtre du dortoir des Gryffondor. Pas un bruit ne troublait ce silence matinal, si ce n'est la respiration endormie de Severus Rogue, couvert à moitié d'une couverture rouge et or. A ces côtés, la tête soutenue par une main, les lunettes de travers, les cheveux en bataille, Harry contemplait le visage paisible de son amant. Sa respiration se fit plus prononcée et enfin, il ouvrit à demi les yeux encore fatigués. Harry lui adressa un sourire comme salutation et Rogue soupira en changeant de position pour se mettre sur le dos. Il déclara d'un ton glacial :

« Eh bien Potter, qu'est-ce que vous faites dans mon lit ?

Harry écarquilla les yeux, troublé et déçu, comme si on venait de lui prendre un cadeau merveilleux des mains en lui affirmant qu'il n'y avait pas droit. Mais l'expression de Rogue changea, et il se mit à rire doucement :

- Je plaisante Potter.

Harry s'en voulut d'y avoir cru et reprenant ses esprits, il répliqua agacé :

- Tu ne vas pas recommencer avec Potter !

Le tutoiement était tout de même de rigueur, après ce qu'ils avaient partagé, d'ailleurs il ne choqua absolument pas Rogue qui répondit :

- Le problème est que je trouve ton prénom ridicule.

- Ridicule ? Et Severus alors, c'est pas idiot comme prénom ?

- Pas du tout !

Rogue fulmina puis sa rage se transforma en rire.

- Je n'ai pas encore l'habitude de te voir rire, tu es vraiment beau d'ailleurs quand ça t'arrive...

- Tu n'es pas mal non plus quand tu ne joues pas les rebelles attardés.

Ils sourirent puis un silence complice s'installa. La conversation prit alors une tournure plus sérieuse :

- Tu sais qu'on ne peut pas être ensemble, n'est-ce pas ? Demanda Rogue.

Harry s'énerva :

- Et pourquoi ?

- Ce n'est pas possible, je suis ton professeur, je suis bien plus âgé que toi, c'est interdit, je suis un Serpentard... Enfin, il y a suffisamment de raisons ! Et à moins que tu aies décidé de te faire expulser de l'école – et je pense que c'est tout à fait dans tes cordes – ou bien de me faire virer, je ne vois pas comment cela pourrait fonctionner...

- Personne n'a besoin de le savoir. De toute façon, personne ne croirait à ça...

- Oui j'imagine, comment m'imaginer avec quelqu'un comme toi ! Murmura Rogue sur le ton de la plaisanterie.

Vexé Harry lança :

- Et moi avec le bâtard graisseux !

- Ferme-la.

- Bon.

- Oui...

- Tu as vraiment envie qu'on attende la fin de mon année ? Demanda timidement Harry.

- Non pas du tout. Mais je ne crois pas qu'on aie le choix. Je ne garantis pas de ne jamais craquer.

- Et si c'est moi qui craque, tu me repousseras ?

Rogue fixa les yeux verts et dit naturellement :

- Non, bien sûr que non."


Fin du chapitre 7

Ca vous a plu ? J'espère que vous avez apprécié le passage disons physique, parce que c'est la première fois que je décris l'acte dans une fic.

Prochain chapitre : je vais essayer de le mettre avant vendredi parce qu'après je pars, mais je ne garantis rien. Le prochain chapitre sera sans doute le dernier, je me laisse encore le temps d'y réfléchir.