Merci à Dumini et à Missquetaire pour leur gentille review : je vous dédie ce chapitre

Toujours se méfier de l'eau qui dort. Conseil fort avisé qu'Aramis ne risquait plus d'oublier. Allard avait tout d'un homme calme, maître de lui. Presque affable en fait. Mais lorsque l'eau se réveille, elle peut faire chavirer un navire, détruire des villes … et Allard pouvait visiblement étrangler un mousquetaire.

Aramis se massait discrètement le cou. Allard l'ignorait depuis sa petite « crise ». Ce qui était une bonne chose si Aramis souhaitait rester en vie. D'autant qu'il était parvenu, une fois encore, à subtiliser la croix de Renée (l'idée de la savoir entre les mains d'Allard lui avait paru insupportable, entre se défendre et récupérer la croix, le choix n'avait pas fait de doute dans son esprit).

Calé contre la banquette, yeux clos, Aramis réfléchissait. En fait, il se sentait un peu honteux de ne pas avoir anticipé la situation. Quel piètre mousquetaire il faisait ! Et il pouvait presque entendre Porthos : « Et qui est le meilleur juge des caractères maintenant ? (58) ». Bien sûr, Athos renchérirait immédiatement : « La tête, Aramis, la tête pas le cœur ! (59)» (mais Aramis était la voix du cœur, que serait-il sans lui ?). Et d'Artagnan … que dirait d'Artagnan ? Rien, il lui sourirait en haussant juste les épaules. Penser à ses amis lui redonna du courage. Il rouvrit les yeux et se mit à observer Allard.

Ce dernier avait déplié une carte sur ses genoux et l'examinait attentivement.

- Nous serons bientôt arrivés, vous devriez vous reposer, lâcha Allard sans regarder Aramis. Demain, nous nous rendons à l'Abbaye de La Réole (60). Nous aurons plusieurs heures de route.

Il leva les yeux de la carte.

- Vous avez rendez-vous avec un des abbés les plus célèbres de l'Eglise, dit-il en souriant. On dit de lui qu'il fut l'un des esprits les plus brillants de son temps. C'était un oblat (61) de l'abbaye bénédictine de Fleury (62). Un peu comme vous, il n'était personne. Il aurait du rester dans la boue qui l'a vu naître. On ignore la date précise de sa naissance après tout ! Mais Dieu … Dieu en a décidé autrement. Dieu l'a choisi. Et il a réalisé de grandes choses en son nom.

- Et quel trésor cet abbé a-t-il emmené avec lui dans la tombe ? Demanda Aramis.

- Oh, le plus précieux de tous.

ClacClacClacClac.

Aramis se redressa sur la banquette. Les sabots des chevaux claquaient sur un sol pavé ce qui ne pouvait dire qu'une seule chose …

- Ah ! S'exclama Allard en refermant la carte. Nous sommes arrivés. Vous devez avoir hâte de découvrir votre nouvelle maison. »


Maison ... Aramis avait un autre nom pour la pièce dans laquelle il se trouvait :

« Une niche, grommela-t-il, assis sur le lit, un des rares meubles se trouvant dans la pièce où il avait été enfermé.

(Un lit au châssis recouvert de draperies somptueuses, agrémenté, aux quatre coins du ciel, de vases en passementerie, un paravent en drap orné de galons de soie et une baignoire (63). Une niche certes mais une niche de luxe).

L'endroit était étonnant et Aramis en aurait certainement admiré l'architecture (64) s'il avait été un visiteur mais il était … il était ... Bon sang ! Il ne savait même pas quel statut il avait dans cet endroit, parmi ces fous furieux !

Aramis avait été un soldat la plus grande partie de sa vie, il avait déjà été capturé par l'ennemi. Il savait quoi attendre en tant que prisonnier de guerre mais ça …

Il soupira et s'allongea. Depuis qu'Emilie l'avait enlevé, il avait perdu, en même temps que sa liberté, tous ses repères. Il porta la main à son front et grogna. Génial, voilà qu'il se comportait comme la parfaite demoiselle en détresse.

Son arrivée au château de Duras confirmait en tout point cette charmante description.

A peine les chevaux arrêtés, Léonce et ses amis avaient littéralement déchargé Aramis de la carriole. Engoncé dans le large manteau, épuisé tant moralement que physiquement, Aramis n'avait opposé aucune résistance. Un des hommes de Léonce – un mastodonte qui devait dépasser Porthos d'une bonne tête – l'avait tout simplement pris dans ses bras et transporté dans sa nouvelle maison.

Un nouveau soupir lui échappa. Il fallait qu'il se ressaisisse, qu'il trouve le moyen de -

Clic, clic.

La serrure ! Aramis se redressa sur le lit immédiatement.

Léonce entra dans la pièce suivi par Emilie et trois femmes de chambre aux bras chargés de draps et de baquets d'eau chaude.

Un seul homme (non armé de surcroît nota Aramis). Cinq femmes. Aramis était plus que jamais fixé quant à son statut : il était vraiment une « demoiselle » s'il devait en croire le peu de mesures de sécurité prises à son encontre.

Restait à savoir s'il était « en détresse ».

« Aramis, annonça Emilie, vous allez pouvoir vous rafraichir. Je reviendrai vous chercher pour le diner dans une heure.

Elle claqua dans ses mains. Deux des femmes de chambre disparurent derrière le paravent et s'affairèrent à la préparation d'un bain. La troisième disposa près d'Aramis des vêtements propres.

- Ouaf, ouaf, répondit juste Aramis.

- Pardon ? S'exclama Emilie prise au dépourvu par le caractère incongru de cette réponse.

Aramis, qui s'était rallongé et fixait le ciel de lit (le drap figurait un entrelacs complexes d'arabesques et de fleurs stylisés, un bel ouvrage) lui répondit sur un ton sec :

- Je ne vois pas ce qui vous surprend. C'est ce que vous attendez de moi, non ? Que je sois docile et obéissant, comme un chien. Vous m'avez même installé dans un chenil en bois, dit-il en désignant de la main la carène renversée qui donnait en effet à la pièce les allures d'une niche. Je me demande ce qui se passerait si je refusais de prendre ce bain, de me changer ou encore de partager votre repas ? Le brave et taciturne Léonce ici présent à certainement une petite idée de la réponse.

Ce fut au tour d'Emilie de soupirer.

- Vous faites, une fois encore, le difficile.

La remarque de la jeune femme élicita un petit rire ironique de la part d'Aramis.

- Je fais le difficile. Je suis donc un animal capricieux. Le dressage s'avère plus ardu que vous ne l'aviez prévu peut-être ?

- Ne soyez pas ridicule, s'énerva Emilie. Vous êtes … vous êtes …

Aramis daigna finalement lever les yeux vers elle et haussa un sourcil interrogateur.

Emilie leva les mains au ciel.

-Vous êtes désespérant ! Cria-t-elle furieuse avant de sortir de la pièce en trombe, les femmes de chambre sur ses talons.

Léonce resta un moment à fixer à Aramis mais finit lui aussi par sortir de la pièce.

- Charmant, grommela Aramis.

Il se rassit au bord du lit et se passa la main dans les cheveux. Du moins il essaya : ces boucles semblaient s'être transformées en sac de nœuds.

L'idée du bain ne lui apparut soudainement pas si mauvaise que ça. Il renifla le pan de son manteau et fronça le nez de dégoût à la forte odeur de transpiration qui en émanait. Il examina la plante de ses pieds. Noire.

Aramis examina les vêtements qui avaient été disposés sur le lit. Une chemise au col finement ouvragé, un pourpoint, des hauts-de-chausses, des bas de soie. Il prit la dernière pièce du costume et la posa sur ses genoux. Il ne savait pas s'il devait rire ou pleurer.

Des pantoufles. En soie et broderie fine. Elles auraient certainement été plus seyantes aux pieds d'un bourgeois qu'à celle d'un mousquetaire.

Aramis se voyait mal enfiler tout ce beau linge sur la crasse accumulée depuis son enlèvement. Il devrait sans doute s'estimer heureux qu'Emilie le juge digne de ne plus se balader nu sous un simple manteau ! C'était décidé. Il allait prendre ce fameux bain mais avant …

Il récupéra un des draps du lit et le coinça sous la porte de la pièce. Si quelqu'un voulait entrer, il faudrait qu'il force la porte. Cela ne résisterait pas longtemps mais au cas où, ça lui laisserait le temps de sortir du bain. Ces gens faisaient peu de cas de sa dignité. Aramis voulait s'accrocher à cette illusion qu'il avait un peu de contrôle sur sa vie.

Il se débarrassa du manteau et se glissa dans l'eau. La température était parfaite. Il s'immergea complètement et après avoir récupéré le savon (66), se frotta vigoureusement. Il se lava aussi les cheveux puis sortit de l'eau. Il se sécha rapidement à l'aide des draps apportés par les femmes de chambre et passa les vêtements. Il n'avait aucun miroir pour vérifier son apparence mais une chose était sûre : il n'avait jamais été aussi richement vêtu.

- un chien de salon, maugréa-t-il en grattant sa barbe.

Un soupir émanant de derrière le paravent le fit sursauter

- Emilie a raison, dit une voix masculine, vous êtes vraiment quelqu'un de difficile. »


D'Artagnan allait être malade. Vraiment malade. Il était un mousquetaire du Roi, il avait vu des victimes de strangulation, d'empoisonnement mais ça … il réprima un frisson. Non, rien ne l'avait préparé à ce dont il était témoin. Et s'il devait en croire les visages décomposés de ses deux compagnons, il n'était pas le seul à se sentir nauséeux. La jolie teinte verdâtre d'Athos ne devait, pour une fois, rien à un lendemain de beuverie.

Tout ça à cause d'un petit bout de femme. Un petit bout de femme qui se trouvait être sa cousine.

Non. En fait, ce n'était pas possible. La femme qui se trouvait devant lui ne pouvait pas être Guillemette. Sa Guillemette ne menacerait pas un homme de le …de le … Tudieu, il ne parvenir même pas à le dire !

«Je ne vais pas me répéter, docteur, grogna Guillemette. Ou .Est. IL ?

Son ton était glacial. Froid et coupant comme une lame … comme la lame que Guillemette utilisait. Elle avait déjà fait plusieurs entailles. De jolies petites lignes droites et parallèles, à quelques pouces à peine d'une certaine partie sensible de l'anatomie du malheureux Robert Poitevin. En fait, les entailles se faisaient de plus en plus menaçantes pour les dites parties (et c'était certainement par empathie avec ces dernières que d'Artagnan, Athos et Porthos croisaient les jambes).

Poitevin pendait, accroché à un des crocs à viande du cellier de la ferme de Guillemette.

Guillemette soupira. Elle posa le couteau sur un des étals et fit mine de réfléchir à « l'instrument » de torture qu'elle allait utiliser. Ses mains se baladaient sur les couteaux qui étaient accrochés sur le mur.

Et lorsqu'il vit ce sur quoi Guillemette avait arrêté son choix, les yeux de Poitevin s'élargirent comme des soucoupes. Il se mit a secouer la tête de gauche à droite et tout son corps se mit à trembler, prit de panique.

Dans un mouvement que d'Artagnan jugea un chouïa théâtrale, Guillemette, sourire machiavélique aux lèvres, approcha de Poitevin la tenaille qu'elle venait de prendre … et les yeux de Robert Poitevin roulèrent dans leur orbite.

- Ooooh, soupira Guillemette, visiblement déçue.

- « Oh » en effet, répliqua Athos qui posa sa main sur le cou de Poitevin.

Juste inconscient. Le médecin s'était évanoui.

- Vous savez, reprit Athos, il est généralement recommandé de ne pas bâillonner la personne à qui vous posez des questions si vous voulez entendre ses réponses.

Guillemette tourna vers lui un sourire un rien malicieux. Elle reposa la tenaille sur l'étal et haussa les épaules :

- mais c'est beaucoup moins satisfaisant.

- moins … satisfaisant ! s'exclama D'Artagnan. Gui', une femme ne -

Guillemette leva les yeux au ciel.

- Oh bon sang, d'Artagnan ! Tu m'affubles d'un surnom masculin depuis des années. Ne vient pas me seriner maintenant sur la place d'une femme ou sur la bienséance. Je gère cette ferme depuis des années, Loupiot. Seule.

D'Artagnan se passa la main dans les cheveux, embarrassé. Quel idiot il faisait. Il savait pourtant que la valeur et le courage ne dépendaient pas du sexe. Il en avait la preuve à chaque fois qu'il était avec Constance.

- Ouais, moi, je dis qu'il faut changer ses foutues règles et laisser les femmes entrer dans les Mousquetaires, annonça Porthos qui fixait Guillemette avec admiration (ce qui fit rosir cette dernière).

Athos sourit. Il pensa à Ninon et à ses idées sur la place et le rôle des femmes. A son courage et à sa détermination. Il pensa aussi à Anne. Les femmes n'ont pas le choix de leurs armes, n'est-ce pas ? Et Anne … Non. Non, pas elle. Elle, elle avait choisi : elle avait fini de détruire l'innocence qu'elle avait peut-être un jour eu en tuant Thomas, en faisant disparaître Anne et en devenant Milady.

Il se racla la gorge.

- Et bien cette révolution sociale attendra un peu. Nous avons besoin d'une réponse à une question somme toute très simple …

Il fit un geste en direction de l'infortuné Poitevin.

Porthos ne se fit pas prier et gifla le médecin. Poitevin revint à lui, yeux clignant comme une malheureuse chouette. Porthos lui enleva son bâillon.

Guillemette qui venait de récupérer les tenailles se planta devant lui.

- Et donc, je vais pour la dernière fois reposer ma question : où se trouve Aramis ? »


Le prieuré de La Réole.

Athos grimaça. Ils avaient au moins six bonnes heures de route devant eux. Et c'était s'ils poussaient l'allure. Il faudrait qu'ils changent de monture s'ils voulaient arriver pour le petit matin.

Six heures pendant lesquelles Aramis seraient toujours entre les mains du comte. Et d'Emilie.

Et pour Athos et ses amis, c'était six heures de trop.

D'autant que la raison pour laquelle Aramis avait été enlevé leur était toujours inconnue.

Oh, on ne pouvait pas dire que Poitevin n'avait pas répondu à leur petit interrogatoire. A peine avait-il vu la tenaille qu'il s'était mis à parler. En fait, il était devenu intarissable, traînant dans la boue, sans aucune vergogne, l'homme qui était son protecteur. Mais Guillemette avait eu beau brandir non seulement la tenaille mais aussi un maillet à viande – au grand dam de D'Artagnan – tout ce qu'avait pu leur dire Poitevin c'était que le Comte avait absolument besoin d'Aramis au Prieuré de la Réole et que leur ami était quelqu'un de « spécial ».

- Spécial, grommela Porthos qui harnachait son cheval. Ouais, ça c'est sûr, il est spécial. Pour trouver les ennuis !

D'Artagnan posa la main sur l'épaule de Porthos.

- Hey, ça va aller. Tu as entendu Poitevin, ils ont besoin d'Aramis ce qui veut dire qu'ils ne lui feront pas de mal, rassura d'Artagnan.

Porthos secoua la tête.

- Tu connais Aramis, quoique ces gens veuillent de lui, il fera son possible pour ne pas leur donner satisfaction, ce qui veut dire qu'il va faire comme avec nous : il va les faire tourner en bourrique et là, j'suis pas certain qu'ils aient notre patience. Faut des années de pratique.

Cette fois, c'est Athos qui posa la main sur l'épaule de son ami.

- Nous allons le retrouver Porthos. Nous allons le retrouver et dans les vingt minutes qui suivront, tu rêveras de l'utiliser comme cible pour t'exercer au tir. Il sera exaspérant, irresponsable. En un mot, il remplira comme à son habitude son rôle d'empêcheur de tourner en rond.

Porthos se mit à rire.

- Ouais, mais il sera notre empêcheur de tourner en rond.

Un large sourire apparut sur le visage de D'Artagnan. Oui, ils allaient retrouver Aramis. Et ils allaient faire payer ceux qui croyaient qu'ils pouvaient s'attaquer à un mousquetaire.

S'attaquer à l'un des leurs.

Il avait le pied sur son étrier lorsqu'il remarqua que quatre chevaux étaient sellés. Il fronça les sourcils. Quelqu'un d'autre se joignait apparemment à leur mission. Il leva les yeux et reconnu immédiatement la personne en question.

- GUI' ?! Oh non, pas question. Tu restes ici. Gui', tu as entendu Poitevin, les gens qui travaillent pour le Comte sont d'anciens soldats. Ils sont armés et certainement pas avec des … des maillets à viande !

Guillemette fixa un long moment son cousin.

- Je suis responsable de ce qui est arrivé, Charles. Ma naïveté est à l'origine de ce qui est arrivé. L'enlèvement de ton ami. La mort de gens qui étaient mes amis, des gens qui m'ont fait confiance, qui m'ont cru lorsque je leur disais combien le Comte était merveilleux, qu'il était notre sauveur. Alors oui, je viens avec vous. Pour eux. Je veux être là lorsque vous trainerez le Comte devant le prévôt (67). »

D'Artagnan hocha la tête. Guillemette l'appelait rarement par son prénom. Et quand elle le faisait, c'était qu'elle était sérieuse. Très sérieuse.

- D'Artagnan.

D'Artagnan se tourna vers Athos.

- Laisse-là venir. Elle fait partie de la famille.

Porthos sourit.

- Durfort Comte de Duras n'a aucune chance : quatre contre quoi, une petite armée ? Du Gâteau.»


(58) Saison 1.

(59) Episode 8, Duel pour l'honneur, saison 1.

(60) La Réole est une ville fortifiée autour d'un ancien (et large !) prieuré. Elle se trouve en Gironde qui était autrefois dans la jolie province de … Gascogne !

(61) Un oblat (« offert » en latin) désignait autrefois l'enfant consacré à Dieu et donné par ses parents à un monastère.

(62) Cette abbaye se trouve dans le Loiret à Saint-Benoît-Sur-Loire. Yep, PAS en Gascogne pour une fois !

(63) La salle de la charpente du château de Duras est une petite merveille ! Il s'agit d'une charpente en chêne, entièrement chevillée, sous la forme … d'une carène de frégate renversée. L'originale fut construite vers 1740 mais a été détruite et a été entièrement reconstituée en 1950.

(64) Pas de baignoire sous le règne de Louis XIII ! Depuis la Renaissance les bains sont déconseillés par les médecins. On associe en effet l'eau à la propagation de maladies. A cette époque, on se lave donc seulement le visage et les mains. Les plus riches masquent les odeurs avec du parfum et autres cosmétiques. En revanche, on change souvent de linge de corps et la partie visible de ces derniers doit être blanches (col, poignet). Contrairement à ce que l'on veut nous faire croire, l'hygiène au Moyen Age était meilleure que sous l'Ancien régime.

(65) Abbon de Fleury (940 ( ?) – 1004) fut un des plus grands savants de l'An Mil (il excellait notamment en arithmétique, astronomie et astrologie). Exilé en en Angleterre, il y devint grammairien. Il fut aussi juriste et surtout canoniste. Son influence de réformateur s'étend de la Grande Bretagne à l'Allemagne. Selon Jean-Pierre bordier, professeur de littérature française du Moyen-Age, il contribua largement à l'élaboration de la doctrine sur le pouvoir pontifical et fut l'un des premiers à raviver et à développer dans ses écrits le vieux thème indo-européen de la tripartition fonctionnelle au sein de la société (Clergé – Etat – Force productrice). Il lutta aussi contre le relâchement des moines (trop centrés sur la recherche des plaisirs et des richesses), dont le seul but doit être, selon lui, la contemplation et la prière (liturgique et privée) dans la retraite et dans l'étude. Il cherchait à réformer le prieuré de La Réole quand il fut mortellement blessé au cours d'une rixe entre des moines et leurs serfs.

(66) Le savon existe depuis plus de 4000 ans …Mais au XVIIème siècle, l'on pensait que l'eau favorisait la contagion, il a donc été remplacé par les parfums. Très vite cependant, le savon revient avec les grandes savonneries de Toulon, puis, plus connues, de Marseille (avec un édit de Colbert qui concède à cette dernière un monopole

(67) Je suis juriste et si vous trouvez que l'organisation judiciaire de notre pays est compliquée, laissez-moi vous dire que ce n'est rien comparé à celle de l'Ancien régime. Baillis, sénéchaux, prévôts … un gros bordel moi je vous le dis !