Voici le chapitre sept, un grand merci à tous ceux qui lisent ma fic, j'espère que vous aimerez ce chapitre.

Encore mille mercis à Lessawatberg pour toute l'aide et le soutient que tu m'apporte 33


Chapitre sept :

« Je vis ici maintenant. »

Ce fut la première phrase qui vint à l'esprit de Harry quand il se réveilla.

Hier lui semblait flou, mais bon il se dit qu'avec la fièvre c'était sans doute normal.

Des rayons de lumières perçaient à travers les volets fermés dans la chaude pénombre de la chambre, projetant des points de lumières aléatoirement sur le mur derrière la tête de lit.

Il leva la main pour leur permettre de chatouiller sa peau.

Il regarda un moment le soleil, en tâches multiples, danser sur ses doigts.

Il se sentait bien.

Il appréhendait un peu de voir Sirius, objectivement il n'y avait aucune raison, mais il appréhendait.
Il s'amusait à faire glisser un rayon de lumière d'une main à l'autre.

C'est l'idée de voir dans les yeux de Sirius une lueur changée, teintée de pitié ou de dégoût qui angoissait Harry.

Il rabattit d'un geste sec ses couvertures, il était las de se sentir pitoyable.

-"Un peu de courage." se dit-il tout haut en se mettant sur ses jambes.

Il descendit l'escalier, toute la maison baignait dans une douce quiétude propre aux matinées d'été.
Une quiétude que Harry n'avait jamais connu en un mois de juin et qu'il découvrait dans cette maison à l'allure du siècle passé.

Sirius était dans la cuisine, bien sûr...Mais à quelle heure se levait-il ?

La pièce sentait bon le café.
-"Oh bonjour !" dit-il en voyant son filleul, en lui adressant un sourire éblouissant, il continua :
-"Regarde, j'ai fait des pancakes !"
-"Sirius, je viens de me lever et tu es beaucoup trop radieux." râla Harry

Le sorcier rigola joyeusement en posant une assiette et une tasse devant le jeune homme.

-"Waaaa ça à l'air bon."

-"Ça l'est." répondit l'homme avec modestie en reprenant sa place devant sa propre assiette.

Harry se rendit compte qu'il était affamé.
Ils mangèrent tranquillement.
-"Oh !" s'exclama soudain Sirius, le garçon leva les yeux vers lui :
-"Avec tout ça je ne t'ai pas montré le sort que j'ai trouvé pour le jardin ! Finis de manger et on ira voir !

...…

Le jeune homme ne pouvait qu'admettre que le jardin avait meilleure mine, il n'y avait plus une seule mauvaise herbe, seulement une jolie pelouse un peu haute et bien verte avec dessus un parasol et une table en bois.

-"Trop cool ! dit Harry avec admiration.
-"N'est-ce pas ? Que dirais-tu de manger dehors ce midi ?"
-"C'est une très bonne idée !"
-"Qu'est-ce que je pourrai faire à manger ? Quelque chose de frais ... peut-être dans le genre d'un pique-nique."

Sirius s'était perdu dans ses pensées. Harry sourit, il n'y avait plus rien à en tirer.

Ils rentrèrent dans la maison qui, comparé au soleil brûlant qui régnait dehors, était agréablement fraîche.

Harry regarda son parrain fouiller joyeusement dans les placards.

-"Je monte me doucher, appelle-moi si tu as besoin d'aide." signala le Gryffondor en quittant la pièce.

Il savait que son parrain ne l'appellerait pas. En fait Sirius prenait tellement à cœur que son filleul se repose qu'il ne lui demandait jamais rien. Harry ne pouvait cependant pas s'empêcher de lui proposer.

-"Pas de souci." répondit distraitement le sorcier en observant d'un œil soupçonneux un bocal de verre, rempli d'une substance que Harry n'essaya pas d'identifier.

Il remonta les escaliers d'un pas léger.

Son parrain ne s'était pas comporté différemment de d'habitude, Harry en oubliait presque la soirée d'hier.

Arrivé dans sa chambre, il fouilla dans la lourde commode pour en sortir un jean et un tee shirt. La plupart des vêtements qu'il portait appartenaient à son parrain. Ils sentaient tous cette odeur orientale que dégageait le sorcier. Harry huma distraitement le tee-shirt, il en trouva l'odeur réconfortante.
Il entra dans la salle de bain, les crapauds sur les murs le fixèrent bêtement de leurs yeux peints.
Il regarda le miroir recouvert, il ne s'était pas vu depuis longtemps...

Depuis qu'il était là il avait seulement croisé son reflet dans les vitres.

Il se sentit poussé par la curiosité, et du bout des doigts, attrapa le tissu qui couvrait le miroir et le fit glisser lentement.

Sans pouvoir se l'expliquer il retient son souffle.

-"Merde..." laissa-t-il échapper quand un jeune homme famélique le fixa depuis le mirroir.

Sans s'être vu , il s'était fait une image de lui peu différente de ce à quoi il ressemblait à la fin de l'année scolaire.

Mais il ne ressemblait plus au garçon de Poudlard. Il passa une main sur ses joues creuses. Même si son parrain était content de sa reprise de poids il était toujours trop maigre. Il espérait qu'il pourrait reprendre vite du poids sinon impossible que ses camarades d'écoles ne se posent pas de questions à la rentrée.

Il enleva son tee-shirt et se tordit pour voir son dos.

Presque rien... pendant un instant il lui sembla pourtant s'être déjà regardé dans ce miroir ... Il était plus amaigri et avait des cernes noirs, mais c'était bien le même endroit.

Anormal.

Le mot apparut comme un flash à son esprit.

L'angoisse lui coupa le souffle...

Il s'agrippa d'une main à la porcelaine froide du lavabo.

Anormal.

Il se mit à haleter il n'arrivait plus à trouver son souffle, qu'est-ce qui lui arrivait ?

Sans savoir pourquoi il ramassa nerveusement le tissu au sol et le jeta sur le miroir avec empressement.

Une fois qu'il fut couvert il se sentit soulagé, doucement il arriva à réguler sa respiration.
-"Je perds la tête." se dit -il en se glissant dans la baignoire.

Après quelques minutes le jet d'eau emporta ses angoisses, accompagné d'une généreuse couche de mousse dans le siphon de la baignoire.
Quand il fut habillé il monta un peu jouer avec Buck, il était surpris que l'hippogriphe se fasse aussi bien à sa condition d'ermite.

-"Harrrrrryyyyy mon chéri ! " cria Sirius d'une étrange voix de fausset à travers les étages.

Il leva un sourcil.

-"Harrry à table !"

Le jeune homme pouffa quand il comprit finalement que son parrain imitait Molly Weasley.

-"J'arrive !" cria-t-il de la même voix aiguë.
La table du jardin était couverte de plats, tout avait l'air délicieux. Le sorcier s'était encore surpassé. Harry se demandait si son parrain ne compensait pas toutes ces années de repas frugaux qui étaient sous forme de bouillie qu'il avait reçu en prison.
Sirius n'en parlait quasiment jamais,
Après tout lui aussi à ses secrets, se dit Harry.

Il regarda son parrain celui-ci était déjà assis à table sous le parasol installé pour les protéger du soleil éclatant.

Il regardait sa main d'un air amusé.

Le garçon le détailla en s'approchant. Il était vêtu d'un simple jean, d'un tee-shirt blanc, il était pieds nus et avait ramassé ses cheveux en queue de cheval.
Harry se dit que son parrain était sans doute le genre de personne que les autres qualifiés de beau...

Il se laissa tomber sur une chaise en face du sorcier. On était à l'heure la plus chaude de la journée, et le jardin grésillait avec le chant des cigales.

-"Regarde." lui dit délicatement son parrain en lui montrant sa main. Il y avait posé sur son index une minuscule coccinelle.
Il souffla légèrement et la coccinelle s'envola. Les deux sorciers suivirent des yeux son envolée jusqu'à ce qu'ils ne puissent plus distinguer sa forme dans l'aplat bleu du ciel.
Ils déjeunèrent tranquillement dans une ambiance paisible. En dessert ils mangèrent de grosses tranches de pastèque. Sirius se distrayait en essayant de cracher ses pépins sur différentes cibles.

Harry lui s'était allongé dans l'herbe pour profiter du soleil. Il ferma un peu ses paupières.

Environ quinze minutes plus tard quelque chose d'humide se posa contre son bras, il se retira vivement en ouvrant les yeux.

Un chien le fixait.

Harry beugua.

Il regarda le chien et le chien le regarda...

Ah oui c'est vrai !

Sirius aboya gaiement, sa langue pendant mollement de sa bouche.

Il se leva et entreprit de courir autour du jardin à un rythme effréné avant de se jeter pour se rouler dans l'herbe.

Le jeune homme suivit sont petit spectacle avec amusement.

Finalement le chien revient à ses côtés pour se gratter la tête de sa patte arrière. Harry toucha avec curiosité une de ses oreilles.
-"Cool." murmura-t-il impressionné.
Le chien lui jeta joyeusement sa langue dans la figure.
-"Argh dégeu Sirius..." Dit-il en s'essuyant avec son tee-shirt.

L'animal jappa, on aurais cru entendre un rire .

L'après-midi s'écoula doucement, ils étaient finalement restés dehors jusqu'à la tombée du jour.

L'air s'était progressivement rafraîchi :
-"Allez Harry, on se rentre, Rogue ne sera pas aussi conciliant si on doit le rappeler. " lui dit Sirius avec un sourire, Harry ne l'avait pas vu se retransformer en humain.

Le jeune homme acquiesça et suivit son parrain dans la cuisine. Il faisait encore très clair dehors et depuis ce matin Harry se sentait léger, peut-être que parler à Sirius lui avait vraiment fait du bien.

-"Je nous fais à manger non ?" dit son parrain en arrivant dans la cuisine.

Harry se sentit bizarrement ému par cette phrase : Je nous fais à manger.

C'était pourtant très simple, mais avec Sirius il se sentait bien.

Il avait souvent rêvé, petit, alors qu'il était enfermé dans son placard, d'une famille aimante comme il en avait vu une fois marcher main dans la main, dans la rue, devant la maison de son oncle et sa tante.

Bien-sûr il savait que le petit garçon entre les deux adultes souriants n'était sans doute pas un vilain petit monstre comme lui, mais il se plaisait à imaginer, une maman douce, un papa rassurant qui le trouvaient beau et gentil.

Son cœur se gonfla.

Est-ce qu'il méritait la gentillesse avec laquelle son parrain s'occupait de lui ?
Il s'était assis autour de la table de la cuisine et de sa nappe à fleurs. Il observa le dos de Sirius, le voir cuisiner était juste ...apaisant.

Il pensa que jamais Sirius ne lui casserait un bras ou ne l'affamerait. Que jamais il ne ferait un geste bizarre qui le mettrait mal à l'aise. Jamais il ne l'appellera « anormal ».

Encore une fois Harry eut envie de l'entendre dire qu'il aurait voulu l'avoir avec lui quand il était enfant, savoir que le rêve du garçon qu'il était dans le placard n'était pas si grotesque.

Il fut brusquement sorti de ses pensées quand son parrain posa une assiette devant lui. Sirius le considéra un instant :
-"Ça va ?" l'interrogea-t-il en s'installant à sa place.

Dehors, Harry pouvait voir le ciel se teintait de ses premières touches d'orange, annonçant bientôt le règne des lampadaires.
-"Oui désolé je pensais."
-"Ah quoi ?"
-"À toi en fait."
-"Ah ?" Sirius leva un sourcil intéressé tout en arrachant le quignon d'un pain de campagne pour le donner à son filleul, il prit ensuite un bout pour lui.
-"Oui, j'aurai rêvé...de ça, enfant."
-"Ça ?"

Le sorcier était attentif, il était rare que Harry évoque de lui-même son enfance.
-"Oui, d'une famille, un peu comme ça."
Sirius sentit son cœur se serrer, ses yeux le picotèrent.

Il reposa le bout de pain qu'il avait encore dans la main.

Il n'y avait pas de mots pour exprimer tout ce qu'il voulait lui dire, il se leva et par-dessus la table atteignit le crâne de son filleul qu'il ébouriffa tendrement.
-"Tu es chez toi maintenant."
Le garçon lui lança un regard si reconnaissant que Sirius se retint de faire le tour de la table pour l'enlacer

Il ne voulait pas mettre son filleul mal à l'aise.
-"Allez, mange." lui dit doucement le sorcier.

Plus tard, quand il se coucha il se dit que Poudlard ne lui manquait pas tant que ça ...ou alors juste ses amis et le Quidditch…

Il faisait obscur tout autour de lui.

-"Où je suis ?" se demanda-t-il.
Ah oui !

Il reconnaissait cet endroit, il se trouvait dans son placard à Privet drive, il était couché.

Soudain de petits coups furent frappés à la porte.

Le garçon déplia son petit corps et se leva à quatre pattes pour ouvrir.

Son oncle était accroupi devant lui, sa silhouette se détachait en contrejour dans la pénombre du couloir.

La seule lumière venait de la cuisine, elle était tamisée.

Il lui fit un sourire tendre, plus tard Harry compris que c'était le sourire d'un sadique.
-"Oh, tu dormais ? lui demanda-t-il comme s'il était vraiment étonnant qu'un jeune enfant dorme au milieu de la nuit, ça faisait partie de la mise en scène, l'apparente complicité.
L'enfant se contenta de hocher la tête encore endormi et incertain quant à ce qu'on attendait de lui, tout était silencieux.
-"Je t'ai ramené des gâteaux, tu aimes les gâteaux, non ?"
Harry hocha à nouveau la tête. Oui il aimait ça mais il n'en avait presque jamais .
-"Tu veux venir en manger avec moi dans la cuisine ?"
-"Oui." Il souriait.
-"Très bien si tu es d'accord, mais tu sais que ça doit rester notre secret. Comme pour le ragoût, d'accord ? Sinon je ne pourrais plus te faire plaisir, et tu ne veux pas ça arrive n'est-ce pas ?

Sa voix était très douce
Harry acquiesça.
Il tendit sa main et le petit garçon l'attrapa avec joie, il le guida dans la cuisine.
Il y avait sur la table un assortiment de pâtisseries.
Harry en fut émerveillé, même à son anniversaire il n'avait pas eu quelque chose de tel.
-"C'est pour moi ?" osa-t-il demander.
-"Bien sûr, tu veux bien de mettre sur mes genoux pour manger ?"

L'homme s'était installé à table devant les desserts.
Le garçon accepta.
Son oncle le prit sous les aisselles et l'installa sur ses genoux, bien calé contre son ventre.
-"Vas-y tu peux manger."
Harry ne se fit pas prier, il choisit une pâtisserie qui lui semblait être une tarte aux fraises miniature, et l'enfourna dans sa bouche.
-"C'est bon ?" lui demanda son oncle, en lui frottant le dos.
-"Hum hum." acquiesça le petit, la bouche pleine.
-"Très bien." lui dit Vernon

-"Et ça ne t'embête pas que je te frotte le dos ?"
Non ça ne l'embêtait pas.
Il continua passant doucement du dos aux bras, des bras aux cuisses, il effleura son entrejambe mais ne s'y attarda pas, au début.
Bientôt Harry sentit quelque chose de gênant entre les cuisses de Vernon mais ne se plaint pas de peur qu'il ne le trouve ingrat et le renvoie dans son placard.
Il en était maintenant à sa troisième pâtisserie. Il se demandait entre deux bouchées s'il était normal que son oncle ne mange pas avec lui.
L'homme commençait à passer ses mains sous ses vêtements, Harry s'inquiéta quand il commença à faire glisser son pantalon :
-"Ne t'inquiète pas, tu aimes nos petits moments rien qu'à nous n'est-ce pas ?"

Son souffle était chaud dans son oreille, il n'aimait pas ça.

Il ne savait pas pourquoi mais il sentait que son oncle ne devrait pas le toucher comme ça.

Quelque chose n'était pas normal.
Quelque instant plus tard il était nu, son oncle aussi avait enlevé son pantalon, et Harry n'aimait plus du tout ce qui se passait.

Il ne savait plus à quel moment son oncle l'avait mis à quatre pattes sur le carrelage, il avait mal aux genoux et le carrelage était froid.
L'homme frottait quelque chose contre le bas de son dos.

Soudain il se sentit déchiré.

Il hurla.

Son oncle colla immédiatement une énorme main sur sa bouche l'empêchant presque de respirer.
-"Chut, ça va aller, c'est presque fini." lui dit-il entre deux râlements rauques.
C'était horrible.

Dans sa douleur, entre ses larmes Harry ne vit qu'une boucle d'oreille qui brillait, égarée sous le se concentra sur cette lumière comme sur une lumière au fond d'un tunnel, et s'évada loin de ce qui arrivait dans cette cuisine à ce garçon qui pour l'instant n'était plus lui.

Il se réveilla en hurlant.
Il était dans un lit.
Il faisait noir.
Quelqu'un le tenait.
-"LÂCHE MOI ! LÂCHE-MOI !"

Hystérique il hurla, il se débattit comme un dément. Il frappa, griffa et mordit.

-"LÂCHE MOI !"
-"PITIÉ HARRY CALME-TOI !" Entendit-il crier

Son assaillant l'avait lâché.
Il ne voyait rien il essaya de reprendre son souffle, son cœur cognait dans sa poitrine à un rythme assourdissant.
Quelque chose n'allait pas.
-"Lumos."
La pièce s'éclaircit, Harry vit alors son parrain qui le regardait accroupi sur le sol de la chambre, sa baguette projetant une faible lumière. Il avait les yeux écarquillés et son arcade sourcilière était ouverte.
Le garçon ouvrit la bouche de stupeur. Aucun mot n'en sortit.
Sirius!
Son parrain se remit sur ses pieds.

Il s'approcha du lit en éclairant prudemment le visage de son filleul, son autre main était levée pour bien montrer qu'il ne voulait lui faire aucun mal.
-"Harry, ...Ça va ?" dit-t-il doucement d'une voix blanche, il semblait choqué.
-"Sirius...je...pardon...je." Il hoquetait en pleurant, effrayé par le sang qu'il voyait couler sur la joue de son parrain.
-"Chut, non tout va bien ! Ce n'est rien !" dit précipitamment son parrain en s'asseyant au bord du lit, il caressa doucement les cheveux de son filleul.
-"Tout va bien, Chut." Il le berça tendrement essayant de calmer ses tremblements, il sentait les larmes du jeune homme mouiller son tee-shirt.
-"Pardon Sirius, pardon." murmurait en boucle le garçon.
- "C'est rien, Harry, c'est rien."

...…

Quand Harry ouvrit à nouveau les yeux, le jour s'était levé.
Il se sentait épuisé.
Il resta à fixer le plafond un long moment, il se sentait vide.

Je suis devenu un danger pour les autres. Constata-t-il amèrement.

Il regarda ses bras, il avait une légère marque là où Sirius l'avait empoigné.

En descendant il croisa Kreattur qui nettoyait la rambarde de l'escalier avec un chiffon beaucoup plus sale que la rambarde elle-même.

En le voyant, l'elfe lui lança un regard mauvais, et se mit à marmonner pour lui-même. Harry ne s'en émut pas, ça lui rappelait assez ses tuteurs.

Dans la cuisine il vit Sirius assis tranquillement à sa place, comme à son habitude. Mais aujourd'hui son visage paraissait soucieux, il avait l'air fatigué.

Il regardait pensivement par la fenêtre.
-"Oh Harry !" dit-il.

En le remarquant, son visage s'éclaira immédiatement :
-"Ça va ?"
Il fit directement léviter le déjeuner de son filleul sur la table.
Le garçon étudia le visage de son parrain, il n'y avait aucune trace de coups, pourtant ...

Sirius qui n'avait pas quitté son filleul des yeux, le vit l'observer intensément.
-"Quoi ?" demanda-t-il perplexe.
-"Je...ton arcade..."
-"Oh." dit Sirius en passant sa main dessus comme s'il avait oublié cet événement.
-"Ça m'a pris moins d'une minute pour la soigner !"

Il lui adressa un sourire radieux.
-"Ah." répondit simplement le garçon.

Il commença à jouer avec ses œufs brouillés, sous l'œil inquiet de Sirius :
-"Harry..." commença-t-il incertain.

-"J'aimerais bien que l'on parle de ce qui s'est passé cette nuit."
Le Gryffondor sentit une boule se former dans sa gorge.
Si son parrain lui disait qu'il n'avait pas la force de le garder avec lui, qu'il n'imaginait pas qu'il serait autant un poids...Il ne pourrait pas lui en vouloir.
Harry dut lui lancer un regard désespéré car le sorcier se dépêcha d'ajouter :
-" Ne t'inquiète pas ! Tu n'as rien à te reprocher, j'aimerais juste qu'on parle un peu de ton cauchemar."

Harry secoua la tête, effrayé, non il ne voulait pas lui raconter.
-"Je pense que ça te ferait du bien d'en parler."
-"Non." répondit-il, catégorique.
-"Harry..." l'incita doucement Sirius.

Le jeune homme ne répondit pas il se contenta d'éparpiller ses œufs dans son assiette.
-"Si tu ne veux pas m'en parler à moi, je comprends, mais tu pourrais envisager dans parler à quelqu'un d'extérieur."
-"Comme qui ?" demanda t'il perplexe.
-" Un médico-mage..." dit Sirius après un temps d'hésitation.
Harry releva vivement la tête.
-"Tu penses que je suis fou."

Il se sentait blessé.
-"Bien-sûr que non, Harry !" répondit vivement le sorcier :
-"Mais il serait bien que tu parles de ce que tu as vécu à quelqu'un qui pourra t'aider."
-"Non je ne veux pas."

Il ne se voyait pas arpenter les couloirs de St. Mangouste sous l'œil fouineur des autres patients. En moins de deux semaines toutes la communauté sorcière saurait qu'il a perdu l'esprit.

Son parrain lut dans son regard.
-"Je sais que tu as peur que ça s'ébruite. Mais si je te trouvais quelqu'un de confiance, qui se déplace ici, tu essayerais ?"

Aucune réponse.

Sirius prit finalement le menton de son filleul entre ses doigts pour le forcer à le regarder.
-"Harry s'il te plaît, je pense que ça te ferait du bien"

Le jeune homme détourna les yeux.
-" S'il te plaît essaye pour moi d'accord, je t'aime et je m'inquiète pour toi."
Harry plongea quelques instants dans le regard triste de son parrain.
-"D'accord..." dit-il finalement, il ne semblait pas très convaincu, mais il pouvait essayer, pour Sirius.
Ils finirent leur repas en silence.

-"Et si ce soir on faisait un grand repas ? Avec Remus, Albus, Alastor et les autres ? Hein, qu'en penses-tu ?" demanda Sirius alors que Harry mettait leur vaisselle dans l'évier.
-"Euh."

Il avait un peu de mal à se montrer enthousiaste.
-"Allez ! Ce sera sympa !"

Apparemment son parrain se montrait assez enthousiaste pour eux deux.
-"Tu as raison, ce serait cool." Réfléchit finalement le garçon.
-"Super, je vais voir s'ils sont disponibles."

Le sorcier quitta précipitamment la pièce laissant Harry seul devant son évier.
-"Sirius a raison, si je continue comme ça je vais devenir un ermite." pensa-t-il, et machinalement il se mit à laver la vaisselle.