Bonjour tout le monde !

On avait laissé Hermione en mauvaise posture ! ^^

Donc, trêve de blabla, bonne lecture !


Chapitre 7 :

Pansy écoutait d'une oreille le babillage de Parvati. Elle ne quittait pas des yeux Gwendoline qui tripatouillait sa montre en lâchant une bordée de jurons.

- Je reviens, chuchota-t-elle à l'ancienne Gryffondor avant de s'approcher de la blonde. Un problème ?

- Ouais... Pas de nouvelle d'Hermione depuis 15 minutes et je n'arrive pas à la géo-localiser. Cet appareil de merde déconne... Putain de Q ! pesta-t-elle en donnant un coup sur le cadran.

Un frisson parcourut le dos de la Serpentard.

- Elle a encore du temps avant la reprise de la partie, non ? Et puis, peut-être que le système s'est détraqué quand elle s'est battue tout à l'heure… Mais qu'est-ce que je raconte, c'est toi qui dois me rassurer ! Elle était partie faire quoi ?

- Elle devait surveiller Malefoy et me prévenir quand elle l'avait en visuel... Merde !

Gwendoline prit son téléphone et composa rapidement un numéro.

- On a un problème. Besoin de réinitialisation de ma montre et renfort demandé immédiatement.


Hermione n'avait plus vraiment conscience de son environnement. Elle avait mal dans tout son corps, son avant-bras était en feu, ses poumons la brûlaient et sa gorge était douloureuse à force d'avoir trop crié.

- Je vais te laisser, sang de bourbe, susurra le Vert et argent à son oreille, et même si tu m'as bien diverti, il est temps que je m'occupe de ta… trainée. Ne t'en fais pas, je lui parlerai un peu de toi, je ne suis pas un monstre.

Les paroles du blond traçaient leur chemin avec beaucoup de difficultés dans l'esprit de l'ancienne agent secret. Toutes ses perceptions semblaient se brouiller.

- Amusez-vous un peu si vous voulez et quand vous en aurez fini, tuez-la, ordonna Malefoy en se relevant, avant de tourner les talons et de s'éloigner.

La brune tenta de se redresser mais un de ses tortionnaires posa son pied sur son visage, l'obligeant à rester plaquée au sol.

- Reste à ta place. C'est pas parce que tu fais jouir quelqu'un qui n'est pas de ton monde que ça t'élève. T'as juste sali sa réputation à elle. Maintenant, va falloir qu'on la rééduque, ricana-t-il en essuyant sa semelle sur la joue de la procureure.


- Enfin ! Il était temps ! pesta Gwendoline alors que sa montre affichait un point lumineux. Bon, c'est quelque part sous nos pieds.

La porte menant à l'extérieur s'ouvrit et Rolanda Bibine fit son entrée, son regard perçant analysant les moindres recoins de la salle de jeu. La blonde s'approcha de sa supérieure, échangea quelques mots, puis s'éloigna en direction des escaliers de secours.

Pansy la suivit rapidement et la rattrapa.

- Tu comptes aller où ? murmura la médicomage.

- Chercher Hermione. Reste avec M.

- Pas question ! gronda la Serpentard.

Un bip se fit entendre et les portes d'un ascenseur s'ouvrirent sur Malefoy se dirigeait vers la table de jeu, son éternel sourire satisfait aux lèvres. Cameron plaqua Parkinson dans un coin et l'embrassa à pleine bouche. Pansy se raidit, tétanisée, alors que les lèvres de Gwendoline dansaient sur les siennes.

La médicomage finit par la repousser et Cameron évita une gifle.

- T'es dingue ! rugit Parkinson avant de s'essuyer la bouche. Ne refais plus jamais ça !

- Je voulais pas que Malefoy nous vois. Merde... marmonna Gwendoline en attrapant la main de Pansy. Finalement, c'est une bonne idée que tu viennes, on aura sûrement besoin d'une médicomage.

Les deux sorcières s'engouffrèrent dans les escaliers, suivant le chemin menant au point lumineux.


Hermione sentait son esprit dérailler. Elle entendait des sons qui ne pouvaient pas être, gémissements douloureux couverts par les rires gras de ses tortionnaires.

- Je ne suis pas une sang de bourbe, répétait-elle, la voix brisée.

- T'as de la chance tu sais, discerna-t-elle dans son délire tandis qu'un des sbires s'agenouillait à ses côtés, c'est moi qui viens de gagner le premier passage. Et par rapport aux autres, je suis un doux, ricana-t-il en arrachant la chemise de la brune. Joli p'tit lot, siffla-t-il en laissant courir ses mains sur la peau dénudée.

La procureure tenta de se rebiffer lorsque l'homme la détacha de la chaise mais il lui asséna un coup de poing qui l'étourdit assez pour qu'il ait le temps de lui lier à nouveau les poignets ensemble. Elle entendit ensuite, plus qu'elle ne vit à travers ses paupières gonflées par les coups, le bruit d'une ceinture qu'on déboucle. Lorsqu'elle sentit le poids de l'homme assis sur ses cuisses, la panique commença vraiment à l'envahir. L'instant d'après, un souffle humide et une langue baveuse dans son cou faisaient se révulser ses entrailles. Dans un ultime effort, Hermione passa ses poignets entravés derrière le cou de l'homme et tira violemment tout en projetant sa tête vers l'avant. Le choc fut brutal et le bruit assourdissant dans ses oreilles.

Le fait est que, au même moment, Gwendoline propulsait la porte de la buanderie hors de ses gonds, décapitant presque proprement au passage l'un des tortionnaires. Il ne fallut qu'un instant à la blonde pour suivre la porte à l'intérieur de la pièce dans un roulé-boulé efficace. Accroupie derrière une machine à laver industrielle, elle commença à balancer des sorts, tout en cherchant du regard 007. Pansy resta sur le seuil, observant le chaos dans la pièce, avant de remarquer un corps inanimé sur le sol. Elle frissonna en reconnaissant Padma Patil, une auréole de sang sur son vêtement, et maudit la folie de Malefoy qui semblait sans limite.

Hermione était encore cachée à sa vue par le molosse qui hurlait au-dessus d'elle, le nez en sang, tentant de se dépêtrer de la prise maladroite mais efficace de la brune. Dans les brumes de la drogue administrée, gavée de coups, la procureure percevait la réalité autour d'elle dans un délire de sons et de formes. Les traits de son assaillant auraient tout aussi bien pu être dessinés par Picasso qu'il n'aurait pas pu paraître plus effrayant. Elle hurla une nouvelle fois lorsque son tortionnaire réussit à se déprendre de sa prise en lui brisant un poignet.

En entendant le cri, Pansy n'eut aucun doute. Sans égard pour sa sécurité, elle fonça tête baissée vers son origine. Des traits de couleurs fusaient à travers la pièce et elle pria Merlin qu'aucun de l'atteigne. Mais le spectacle qui l'attendait la figea un instant. Un homme, le pantalon sur les chevilles, gesticulaient au-dessus d'une Hermione recroquevillée au sol, ensanglantée et partiellement dénudée. Elle blêmit et la fureur qui s'empara d'elle suffit à la propulser, armée d'un fer à repasser qu'elle attrapa au vol, vers l'assaillant de la Gryffondor. Elle abattit l'objet avec tant de force sur le crâne de l'homme qu'elle put entendre distinctement les os s'émietter malgré le fracas de la bagarre.

Hermione eut l'impression passagère que le ciel lui tombait dessus, l'empêchant de respirer. Puis le poids soudain fut retiré sans ménagement avant qu'une main douce caresse sa joue. Même léger, le geste l'agressa et elle tenta de façon désordonnée de mettre ses mains entre elle et la personne qui s'approchait, cherchant en même temps à s'en éloigner. Cette vision de son amante fut douloureuse pour Pansy qui sentit une main froide étreinte son cœur.

- Ca va ? lança Cameron, après s'être débarrassée du dernier sbire de Malefoy. Merde, elle a morflée grave, siffla-t-elle en découvrant la procureure.

- Et pas que des coups, elle est en plein délire paranoïaque, marmonna la médicomage.

- Vous croyez ? C'est peut-être juste les coups et… est-ce qu'elle a été... ?

- Non, il n'a pas eu le temps, répondit Parkinson en inspectant du regard la pièce. Là-bas, sous le meuble, il y a un flacon on dirait. Allez me le chercher.

Le temps que Gwendoline extirpe la fiole de sa cachette, Pansy avait rapidement joué de sa baguette. Elle avait jeté un sort calmant à son amante, immobilisé la fracture du poignet, posé un large pansement sur l'avant-bras torturé, et nettoyé son visage meurtri. En sentant le contenu de la petite bouteille, la médicomage grimaça.

- J'ai fait tout ce que je pouvais sans potion, mais elle a besoin d'être emmenée rapidement vers un hôpital, grommela-t-elle en posant sa main sur le front de la brune qui gémissait encore.

- Je ne suis pas une sang de bourbe...

- Je sais ma chérie, calme-toi, fit doucement Pansy. Ca va aller, on est là.

Gwendoline prit son téléphone et appuya sur deux touches.

- M, l'endroit est sécurisé et on a récupéré le coli. Besoin d'assistance médicale de toute urgence. Restez avec Patil, sa soeur est morte. Annoncez lui avec tact, si vous en êtes capable.

Un bruit incongru se fit entendre et la blonde baissa les yeux. Elle soupira, navrée, en voyant Hermione à genoux, vomissant dans un panier de linge sale.

- La partie de poker est annulée. Essayez de récupérer les fonds pendant qu'on s'exfiltre, poursuivit la blonde.

- Non...

L'agent 009 fronça les sourcils en entendant le faible murmure. Hermione se remettait péniblement debout, sa main valide prenant appui sur Parkinson.

- J'ai besoin d'une bouteille de vodka et d'une chemise propre... J'vais me le faire, cet enfoiré... marmonna la brune.

Elle tourna le dos et Pansy grimaça en voyant son amante s'enfoncer deux doigts dans la gorge pour vomir. Elle lui tendit une serviette propre avant de poser sur ses épaules dénudées une sortie de bain d'un blanc éclatant.

- Tu veux vraiment y retourner ? demanda la médicomage en écartant doucement une mèche collée au front en sueur de la brune.

- Ca va lui foutre les boules... J'veux qu'il sache qu'il a perdu... Tu voudras bien m'accompagner ? demanda la procureure en frissonnant.

- Je ne te lâche pas d'une semelle de mes escarpins, répondit la Vert et argent en passant sa main dans le dos de son amante.

Gwendoline agita sa baguette et une bouteille d'alcool fort apparut. 007 s'en saisit, en but une longue gorgée et se remit à vomir dans le panier à linge.

- J'me sens mieux... lâcha-t-elle en s'essuyant la bouche.

Pansy lança un sort et répara la chemise de la procureure pour la deuxième fois de la soirée. Elle l'aida à la passer, la boutonna et refit le noeud de papillon avant de lui enfiler sa veste.

- Tu me trouves toujours aussi sexy ? tenta de plaisanter Hermione.

- Ton côté mauvais garçon peut-être, lui sourit Parkinson.

La brune ajusta maladroitement la manche de sa chemise sur l'attèle et inspira profondément.

- On y va ? demanda-t-elle d'une voix qu'elle espérait assurée.

La Serpentard s'avança vers les lèvres de son amante et l'embrassa délicatement, tout en prenant son bras.

- Allons leur montrer leurs défaites.


Quand Hermione regagna la salle de casino, ses doigts se contractèrent sur la main de Pansy. La médicomage la rassura d'une caresse du pouce et les deux femmes se dirigèrent vers la table de poker. Malefoy leva les yeux vers le couple qui avançait et son visage perdit toutes ses couleurs alors que la brune s'installait en face de lui. Les autres joueurs la regardaient, se demandant ce qui avait bien pu lui arriver pendant la pause.

- Excusez mon retard, commença-t-elle avec un léger rictus ironique. J'ai été retenue par un mauvais perdant.

- La partie n'est pas finie, Granger, répondit froidement Drago.

- Elle ne fait que commencer, rétorqua Hermione sur le même ton tandis que Parkinson attrapait deux flûtes de champagne.

- Bien, dernier tour, prévint le croupier en distribuant deux cartes à chaque joueur.

La brune baissa un instant les yeux et, à travers ses paupières encore gonflées, avisa les valeurs. Elle reposa les cartes et attrapa son verre pour boire une gorgée. Elle sentit les mains de Pansy s'attarder délicatement sur ses épaules, les massant dans un geste expert et la procureure soupira d'aise.

- Ca, c'est le paradis... murmura-t-elle alors que son voisin de droite acquiesçait en riant.

Des jetons furent misés et Pansy s'occupa d'attraper les plaques de plastique pour les jeter sur la table.

- Check, fit Malefoy sans détacher son regard du couple.

Le croupier ajouta une carte et l'ancien mangemort dégagea une mèche de son front.

- Tapis ? proposa Hermione en leva les yeux vers la médicomage.

- Tapis... sourit Pansy en poussant au centre de la table les derniers jetons. La partie a assez duré, j'ai hâte de t'avoir rien qu'à moi.

Tous les joueurs suivirent et le croupier regarda les jeux un à un. Drago sourit en retournant ses cartes.

- Carré par les as, annonça le croupier alors que les participants grognaient, mécontents.

- Je t'en prie, ma chérie, fais-toi ce plaisir, susurra Hermione.

Parkinson se pencha et retourna les cartes une à une, se délectant des sourcils de Drago qui se fronçaient.

- Quinte flush, Miss Granger remporte la partie.

La brune se leva et sourit aux autres joueurs.

- Et bien, Messieurs, ce fut un plaisir de jouer avec vous.

Puis, elle regarda le blond et son regard se fit de glace.

- On se retrouvera bientôt, j'en suis sûre.

Aidée de son amante, elle ramassa l'ensemble des jetons et jeta trois ronds de cent mille gallions chacun au croupier.

- Pour le personnel...

Gwendoline s'approcha des deux sorcières et posa sa main dans le dos de la procureure.

- M a mis Parvati en lieu sûr. On récupère tes gains et on file. On a sécurisé une chambre pour toi à l'hôpital sorcier le plus proche.

- Malefoy ne peut pas s'en tirer, chuchota Hermione d'un ton dur.

- Tu n'es pas en état de lui courir après, ma chérie... fit Pansy d'un ton apaisant.

- On n'est pas assez nombreux pour s'en occuper et on n'a pas de plan, ajouta Gwendoline en l'amenant vers le comptoir. Mais son tour viendra, promis.

Hermione jeta un rapide coup d'oeil à Malefoy qui fulminait et, à la fureur du blond, elle sut que si elle ne le cherchait pas, lui la trouverait.


Pansy remercia Gwendoline qui s'éloignait pour rejoindre Parvati. L'ancienne Gryffondor avait appris la mort de sa soeur et était inconsolable. A quelques pas d'elle, M passait un coup de fil et aboyait des ordres. Agacée, Bibine raccrocha sèchement.

- Une bonne chose de faite... grommela-t-elle. Maintenant, 007...

L'agent secret avait refusé de passer la nuit à l'hôpital et, devant son air buté et décidé, Rolanda avait loué trois chambres mitoyennes dans un hôtel discret, mais pas trop délabré.

- Elle m'aura tout fait ! soupira M en roulant des yeux.

Elle se rapprocha de la chambre de la procureure mais Parkinson lui bloqua le passage.

- Vous et moi, on doit discuter, commença froidement la médicomage.

- Pas vraiment. J'ai surtout besoin de parler avec 007...

- Elle vous avait dit qu'elle ne voulait pas reprendre du service. Vous ne l'avez pas écoutée et voilà le résultat.

- Rien se s'est passé comme prévu. Sur le papier, Granger était parfaitement capable de gérer cette mission, rétorqua Rolanda. Si son dossier n'avait pas filtré sur internet, tout aurait fonctionné. Et le retour aux affaires de votre compagne n'est pas de mon fait, je n'ai fait qu'obéir aux ordres.

- Qui a décidé de ça ? gronda Pansy.

- Quelqu'un de haut placé, mais je n'ai pas son nom, répondit M.

- Qui avait-il d'écrit dans le dossier d'Hermione pour que Malefoy arrive à... ce résultat ?

- Je n'ai pas à vous répondre. Si vous voulez savoir, demandez-lui ou allez sur internet.

- Finalement, vous ne savez rien, vous ne faites rien et vous ne dites rien ! Vous savez vous rendre utile à quelque chose ? fit narquoisement la vert et argent prête à mordre.

M ne répondit pas et regarda sa montre.

- Dites à Granger que je l'attends demain à 10 heures au petit-déjeuner, finit-elle par dire.

Elle tourna les talons et, quelques secondes plus tard, fermait la porte de sa chambre derrière elle. Pansy souffla son exaspération avant de pénétrer dans la pièce qu'elle partageait avec Hermione pour la nuit. Malgré l'obscurité qui régnait, elle avisa son amante allongée sur le lit et sut à sa respiration qu'elle ne dormait pas.

- Tu me réembaucherais à la clinique ? murmura la brune d'une voix rauque.

La médicomage s'approcha du lit et prit le temps de contrôler que les potions qu'elle lui avait administrées après les avoir récupérées à l'hôpital faisaient effet. Puis elle s'allongea à côté de la brune et l'installa confortablement contre elle.

- Je pourrais faire ça si c'est ton souhait, commença-t-elle en lui caressant les cheveux. Mais tu vas t'ennuyer encore plus vite que comme procureure, on le sait toutes les deux. Ce qui est sûr aussi, c'est que M ne peut pas te rappeler quand bon lui semble. Tu joues ta vie sur des réflexes que tu n'as plus. Et ça, je ne le permettrai pas une nouvelle fois.

Hermione allait prendre la parole, mais la Serpentard posa son index sur ses lèvres.

- Je préfère que tu reprennes tes anciennes activités, à temps plein, et lorsque tu en seras fatiguée, tu pourras encore travailler comme instructrice pour les jeunes recrues.

Pansy se pencha pour embrasser le front de la procureure.

- Si je regrettais d'avoir abandonné ce métier, la soirée que je viens de vivre a balayé tous mes doutes. Je… Je ne veux plus jamais revivre ça. Je ne le supporterai pas.

- Ce que tu ne veux plus revivre, ce sont les tourments que t'a infligés Malefoy… Je ne sais pas contre quoi tu dois te battre mon ange, mais sache que la drogue qu'il t'a fait prendre à décupler tes peurs… je suis bien placée pour le savoir. Tu m'as aidée à affronter mes démons Hermione, je ferai la même chose pour toi.

La brune se mordit la lèvre et se pelotonna contre la médicomage.

- L'année où Harry, Ron et moi recherchions les horcruxes de Voldemort, nous avons été capturés et conduits au manoir Malefoy. C'est là que Bellatrix Lestrange m'a soumise au doloris, je t'en ai déjà parlé. Mais ce que je ne t'ai pas dit, c'est qu'elle a gravé les termes « sang de bourbe » sur mon bras. Elle m'a marqué comme du bétail, devant les mangemorts présents, dont Malefoy. Je me souviens de mes cris couverts par leurs rires, de la peur, de la douleur. Et ce soir… il m'a fait revivre la scène.

- Ce n'est pas la première fois que... qu'on te torture, commença la médicomage en frissonnant, qu'est-ce qui rend cette fois-là différente ?

- Ca renvoie à une époque où j'étais haïe, chassée pour ma naissance. Cette période représente pour moi le pire de ce que peut faire l'être humain. C'était une année difficile. Des mois de solitude, de peur, de doute… Je me sentais faible, à la merci du moindre sorcier.

- C'est ce qu'il y a dans ton dossier, n'est-ce pas ?

Hermione hocha la tête.

- Mais cette évaluation date du temps de ta relation, ô combien épanouissante!, avec Poil de carotte. Rien n'est comme avant aujourd'hui mon ange, je t'aime, pour ta naissance et ce qu'elle m'apporte pour comprendre le monde, pour toi et tout ce que tu fais pour moi. Si notre amour m'a permis de tourner la page la plus sombre de ma vie, il peut faire la même chose pour toi.

- Quand j'ai commencé ma carrière d'agent secret, j'avais quelque chose à prouver. Montrer au monde que je n'étais pas la sang de bourbe que Bellatrix Lestrange et les mangemorts pensaient. Mais depuis que tu es dans ma vie, je n'ai plus ce besoin. Et j'ai vraiment envie de travailler avec toi. Je n'ai aucun problème à ce que tu sois mon boss.

- On fera comme tu veux, mais … je suis une patronne impossible, lui sourit-elle en ponctuant sa phrase d'une pichenaude sur le bout du nez.

- Ca, je sais. Tu m'as virée au bout de quelques jours, sourit Hermione. Mais c'étaient quelques jours fabuleux... Ca, et notre rencontre au supermarché, quand tu croyais que j'étais une macho en jupon qui couchait avec tout ce qui avait des seins. Tu m'intriguais déjà, ta froideur apparente qui contrastait avec la passion que tu mettais dans ton travail...

- Je croyais ? Que nenni, tu mettais beaucoup de passion… à découvrir le corsage de Stéphanie ! Et ne me dis pas que c'était pour vérifier s'il y avait un micro ! s'amusa la Serpentard.

- Je faisais mon travail consciencieusement... rectifia la brune. Mais d'ailleurs, ça me fait penser que je devrais te fouiller. Qui sait ? M a peut-être caché des micros sur toi.

- Je ne pense pas que M ait envie de s'approcher de moi, gronda la vert et argent. Mais Gwendoline peut-être…

- Si elle fait ça, je devrais la tuer. Et elle sait que j'en suis capable, donc elle ne s'y risquera pas.

Elle se tut quelques instants, une ombre s'attardant dans son regard, et elle se frotta machinalement son avant-bras bandé, la où Malefoy avait gravé dans sa chair les mots qu'elle haïssait le plus.

- Je ne t'ai jamais posé la question mais... quand on était jeune à Poudlard, que tu me traitais de sang de bourbe... tu le pensais vraiment ?

- A l'époque, j'étais comme tous ces gamins qui naissent avec une cuillère en or dans la bouche. Je ne connaissais rien de la vie hormis ce qu'on m'en avait inculquée. Ca comprenait les sang de bourbe et les mariages arrangés… Les enfants ne sont pas responsables des erreurs de leurs parents, même s'ils savent se montrer cruels. Ce qui compte, c'est ce qu'ils deviennent les uns aux contacts des autres. Je regrette de t'avoir blessée, même si je sais que cela ne changera rien à ce que tu as vécu alors.

- Je ne te reproche rien, ma chérie. C'est grâce à ces insultes que j'ai donné le meilleur de moi-même dans la lutte contre Voldemort et que je devenue la femme que je suis aujourd'hui. Et grâce à toi, car tu m'as apporté ce qui me manquait le plus : la compréhension, l'amour, la stabilité.

- Et je t'ai sortie de ton misérable mariage, de tes aventures sexuelles, de tes …

Hermione fit cesser la liste par un langoureux baiser.

- Continue comme ça et je crée un syndicat dans ta clinique... Et tu vas détester négocier avec moi, Minerva m'a tout appris. Maintenant, si tu veux bien, je vais poser ma tête sur l'oreiller le plus confortable que je connais, murmura la brune en se calant sur la poitrine de la médicomage.

- Demain est un autre jour, murmura Pansy en lui caressant le dos pour finir de la détendre.

Elle sentit rapidement la tension quitter le corps de la brune qui s'abandonnait au sommeil, un air serein sur le visage.

- Et j'espère qu'il sera meilleur qu'aujourd'hui… soupira Parkinson.


Et voilà le travail ! ^^

Gros bisous et à jeudi,

Sygui et Link9