Chapitre Deuxième
Dans une base clandestine…
«-Et voilà toute l'histoire docteur Einstein.
-Ma pauvre petite Chloé! dit Gudrun Einstein d'une voix mielleuse, Et c'est donc la raison pour laquelle nous t'avons trouvée étendue avec cette petite fourchette à côté de toi.
-Je n'arrive pas à croire que cette sale…menteuse ait essayé de me tuer. C'était évident que Mireille ne méritait pas de vivre. Elle n'a déjà pas été donnée à Noir mais en plus, elle a éloigné Kirika de son destin. Rien n'était prévu comme ça. Et maintenant, Noir est détruit.
-Tu peux toujours trouver ta place ici Chloé. Beaucoup de gens comme toi qui ayant failli perdre la vie sont revenus grâce à mes miracles et font quelque chose qui nous permet d'être prospères.
-Je n'ai plus rien à perdre docteur Einstein.
-Brave petite. Bella, conduisez cette enfant à sa chambre. Elle a besoin de s'habituer à son nouveau cœur.
-Bien docteur.»
Bella obéit et le Gudrun Einstein se remit à leurs affaires ignorant que Chloé n'avait aucune intention de rester avec eux.
Dans une usine désaffectée…
«-Mlle Matsumoto, ne craignez-vous pas que les sœurs Ikida réagissent?
-Non Bernard. La plus jeune, Ayae, n'est qu'une faiblarde inoffensive. En ce qui concerne l'ainée Kozue, elle n'osera rien tenter de risqué si ça mets davantage sa sœur en danger. Tout ce que je veux, c'est de l'argent et je l'aurai. Je ne crains rien pour ma vie.
-Soit madame. Mais je m'inquiète quand même un peu.
-Si jamais elles avaient l'idée folle d'engager un tueur, je sais bien que je peux compter sur vous et vos hommes Bernard. Vous vous êtes mis à mon service sans poser de question ou réclamer de l'argent. Ce qui est parfait. Je me demande d'ailleurs pourquoi vous ne vous inquiétez pas plutôt pour vous.
-Je connais mes capacités et celles de mes gardes du corps Mlle Matsumoto. Nous sommes en sécurité dans cette usine désaffectée et isolée.
-Je n'en doute pas Bernard. Bien, allez-vous reposer. Je vais demander à quelqu'un de vous relever.
-D'accord Mlle Matsumoto.»
Chez deux très jeunes tueuses…
«-Kirika, j'ai reçu la photo d'Ichie Matsumoto. Viens voir.
-Elle a vraiment une sale tête. Elle correspond bien au profil de maître-chanteur que les sœurs Ikida nous ont décrit.
-Maintenant, reste à savoir où est-ce qu'elle peut se cacher pour l'éliminer. A mon avis, si elle veut absolument être payée par les sœurs Ikida, elle ne doit pas être loin de Paris. La question est de savoir où.
-Il n'existerait pas un coin isolé où elle pourrait facilement se cacher?
-Je ne pense pas qu'il s'agisse d'un «coin» comme tu dis mais plutôt d'un lieu désaffecté ou souterrain. Une bonne cachette difficile à trouver.
-Dans ce cas, il sera difficile de faire notre petite enquête.
-Je ne pense pas que nous allons pouvoir passer par cette phase.
-Qu'est-ce que tu racontes Mireille? Je pense que ces femmes disent la vérité mais on ne sait jamais. Ça m'étonne de ta part. Tu as toujours été très à cheval sur ce genre de détail.
-Qui te dit que je ne le suis plus?
-Hein?
-Tu vois Kirika, tu as toujours su mieux te débrouiller que moi pour improviser des armes ou avoir le dessus sur plusieurs adversaires à la fois mais tu manques malgré tout d'un certain sens de la réflexion et de l'observation. A mon avis, en demandant une somme pareille, Matsumoto a dû s'assurer d'être bien entourée pour être sûre que les sœurs Ikida ne tenteraient rien contre elle.
-Bien entourée? Tu veux dire qu'elle aurait fait appel à des gardes du corps? Mais qui aurait voulu la protéger?
-Quand on manque d'argent, on peut avoir des connaissances qui prennent soin de nous sans rien demander.
-Par exemple?
-Regarde Matsumoto. Elle a peut-être une tête d'antipathique et de garce, elle a quelque chose qui peut intéresser un certain type de personnes.
-Tu veux dire qu'elle est jolie?
-Exactement. Et étant donné que c'est un maître-chanteur, elle doit également être quelqu'un usant de ses talents et ses charmes sur des hommes et il est difficile d'y résister.
-Un peu comme les trois mafiosi qui étaient entrés au service d'Intoccabile sans rien demander en retour.
-Oui. Oui, si tu veux.»
En disant ça, Mireille avait perdu le ton assuré qu'elle avait et s'était renfrognée sur elle-même en baissant la voix. Ni elle, ni Kirika n'avaient reparlé de Silvana Gleone depuis la mort de cette dernière. La jeune adolescente comprit qu'elle avait évoqué un sujet qu'elle aurait sans doute dû éviter.
«-Excuse-moi Mireille, je n'aurais pas dû parler de ça.
-Ne sois pas désolée Kirika. Tu cherchais à comprendre alors tu as fait une comparaison, c'est tout.
-Je ne suis quand même pas adroite.
-Ne t'inquiète pas, je ne suis pas en colère.»
Silence.
«-Bon, dit Mireille, Remettons-nous au travail. Ce que nous devons faire, c'est fouiner un peu vers les coins désaffectés aux alentours. Si nous voyons quelqu'un, ça veut dire que quelque chose d'anormal se passe dans les environs. Nous devrons alors capturer quelqu'un afin de lui soutirer des informations. A mon avis, ce ne sera pas difficile de faire en sorte qu'il nous mène jusqu'à Matsumoto.
-Mais si jamais c'est un innocent et qu'il voit nos visages…
-Ne t'inquiète pas, j'y ai pensé. Je n'aurais jamais pensé le faire un jour mais…Nous allons devoir porter des masques.
-Oh!
-Je sais comment me débrouiller pour qu'on ne voie pas du tout nos visages. Viens, allons-nous préparer.»
