Coucou !

Une petite suite, écrite en cours XD publiée rapidement afin de me rattraper de toute l'attente pour le chapitre précédant. J'espère qu'il va vous plaire

Au plaisir de me faire lire,

Yuyu.

Chapitre 6 : "Mais qui est Tom ?"

"Monsieur Kaulitz, vous avez demandé un rendez-vous en urgence n'est-ce pas ? Avez-vous un soucis si important, pour que ma secrétaire accepte votre requète, et vous ai un rendez-vous si vite ?, pourquoi m'avoir choisi moi ?, demanda-t-il d'un air sceptique, s'attendant presque à une farce peut-être.

-Et bien, bégayais-je, je... J'ai eu un accident de voiture, et depuis... un... un esprit, ou peut-être mon imagination... me... hante, me poursuit. Je... - je regardais alors Andreas du coin de l'œil – je le vois partout en fait... Je ne sais plus quoi faire... J'ai pensé que vous seriez, vous, plus à même de m'éclairer sur ce qu'il m'arrive...

Le psychologue ferma les yeux. Il semblait se concentrer. Andreas me regardait fixement, d'un air exaspéré, et à la fois dégouté. Avait-il compris que "je voyais" quelqu'un d'autre, faisant comme si de rien n'était, essayant de me garder en étant comme je voulais qu'il soit ? Certainement. Du moins, son regard n'exprimait que ça. Je tournais finalement complètement la tête vers lui. Il tremblait désormais, il était comme une bombe à retardement, et il fallait que je fasse quelque chose pour ne pas qu'il explose. J'allais donc tendre la main afin de l'inciter à se calmer, mais ce geste fut, contrairement à ce que je voulais, ce qui le déclencha. Il se leva avec une telle force qu'il envoya le fauteuil en arrière, provoquant un grand bruit qui fit sursauter tout le monde. Le regard mauvais, il me cracha à la figure tout un monologue.

"Je m'attendais à entendre que tu ne m'aimes plus. Mais je ne m'attendais pas à une telle mise en scène pour ça ! Encore moins à une connerie pareil ! Tu aurais pu me dire que tu as rencontré quelqu'un, tu aurais même pu m'avouer être finalement amoureux de Jack !, mais non, tu me sors une histoire de FANTOME ? Comment veux-tu que j'ai confiance en toi après ça ?, et ton accident presque mortel, c'était aussi de la mise en scène, non ? Rha, mais j'y crois pas... Après tout ce temps... J'y crois vraiment pas... Tu me dégoutes, Bill, tu entends, tu me dégoutes ! Me mentir à ce point !... Tu sais quoi ?, je rentre de suite moi. Comme ça, le temps que tu rentres, tes valises seront prête. Tu vires de chez moi. Et tu te démerde, demande à ton Tom de te prendre chez lui... Ah non, c'est vrai, il est mort. Alors suicide toi donc afin de le rejoindre tant que t'y es !"

Ses mots résonnaient en moi, pareil à un sifflement de vipère enragée. Andreas regarda vaguement les personnes qui étaient présents, puis parti en claquant la porte. Lentement, je me retournais de sorte à être face au bureau. La tête baissée, je m'excusais pour cette scène de ménage assez bruyante. L'homme en face de moi me souriait désormais, gêné. La secrétaire toujours présente se dandinait tellement elle ne savait plus où se mettre. Je n'avais plus qu'une envie, disparaître de là. Me suicider ?, se serait une solution, mais pas avant que j'ai résolu cette affaire. Pas avant que je n'ai eu le fin mot de l'histoire.

C'est alors que la jeune femme tendit un dossier au psychologue, ce dernier le feuilleta. Seul le bruit des feuilles se faisait entendre. Visiblement, elle avait donné un premier diagnostique, selon ce que je lui avais raconté la veille. Il rajouta quelques notes, de ses impression personnelles. Elle pencha la tête sur le coté. Puis secoua la tête en signe d'approbation. J'avais l'impression d'assister à une discussion silencieuse, et ce n'est qu'un instant plus tard que l'homme s'adressa à nouveau à moi. Son air était grave. Trop pour m'annoncer que Tom existait réellement.

"Et bien, mon cher Bill – j'eu un frisson d'angoisse alors qu'il prononçait mon prénom – je pense que nous allons nous voir plus souvent que vous ne le pensiez. Et vous pourrez rassurer votre ami dans le sens où Tom n'existe pas, qu'il est purement et uniquement le fruit de votre imagination, il me regardait alors d'un air désolé, je me décomposais certainement à vue d'œil.

-Vous... Vous voulez dire que je suis fou ?, m'inquiétais-je alors.

-Vous n'êtes pas forcément fou. Disons que vous êtes juste un peu schizophrène. Ce n'est rien de grave ! Je vais vous donner des calmants, vous allez rentrer chez vous avec votre conjoint et tout ira mieux. Nous allons nous revoir afin d'assurer le suivi indispensable en plus des comprimés.

-Je... A vrai dire, je ne peux pas... Retourner là bas. Je... Il est dans une colère noir, je vais tout simplement prendre mes affaires et trouver un abris pour cette nuit... Quitte à vivre seul, je préfère vivre avec Tom, réel ou non...

-Vous ne devriez pas...

-Je sais., le coupais-je. Et vous avez tout à fait raison. Mais mon choix est fait. Je trouverais moi-même ce qu'il en est, vous m'avez dis qu'il n'existe pas d'une certaine forme, vous m'avez beaucoup aidé. C'est ce que je voulais savoir. Maintenant, c'est à moi de m'en sortir. Je n'ai besoin de l'aide de personne.

Et sans le laisser dire quoi que se soit, ignorant la jeune femme qui me disait de rester et de reprendre rendez-vous, je partis. Claquant mes béquilles au sol afin de leur faire entendre ma détermination. Ce n'était pas sans mal que j'avais descendu la rue pentue, et ce n'était pas non plus sans mal que j'avais remonté la suivante. Je parcourus ainsi quelques deux ou trois kilomètres. Mes mains me brûlaient, mes bras tremblaient de fatigue, la nuit tombait. Et j'avançais seul, dans les rues sombres. Enfin, seul... Je fus vite rejoins par un Tom tout penaud. Il trainait les pieds à coté de moi, me regardait comme un enfant venant de faire la pire bêtise de sa vie. Il passait ses bras de temps en temps dans la direction où je penchais, afin de m'éviter de tomber. Moi, je ne m'arrêtais pas, je ne freinais pas, gardant la même cadence, mais tout en l'ignorant. Alors comme ça il n'était pas réel ?, je me parlais donc à moi-même ? Voilà qui était dur à envisager, alors que quelques instants plus tôt j'étais encore persuadé qu'il était une personne à part entière dont j'étais tombé amoureux. Parfois, j'osais des regards en sa direction. Il semblait parfois pleurer, ce qui me fendait en deux. Je ne voulais pas m'attacher encore plus à lui. Après tout, il n'étais pas réel. Il était MOI.

Le froid commençait à se faire sentir, et mes mains endolories me brûlaient encore plus. Je n'allais pas tenir longtemps. Fort heureusement, la maison approchait de moi. De loin, je remarquais que mes affaires étaient devant la porte. Il devait en avoir eu marre de m'attendre, ou alors refusait catégoriquement de me voir. Je posa mes béquilles en équilibre sur un muret, et me baissa afin de ramasser ma valise, et ma petite valise de toilette. Tom se baissa à ma place, et les ramassa avant moi. Il faudra qu'on m'explique comment, il arrivait à faire ça, puisqu'il n'était pas réel. Enfin, je le laissais faire, et repris mes béquilles. Il portait tout, et me tendait quand même un bras en guise de protection. Il était devant moi, et je le suivais sans vraiment regarder où il m'amenait. Je le laissais me guider, car, après tout, je n'avais nul part où aller. Et puis, s'il était moi, je pouvais lui faire confiance.

Quelque kilomètres plus loin, voyant certainement que je n'en pouvais plus, il s'arrêta et posa mes affaire sous le porche d'un grand immeuble. Je n'avais aucune idée d'où je pouvais bien me trouver, mais je me laissa tomber au sol. Mes cotes heurtèrent les marches que je n'avais pas vu, mes bras étaient gelés, mes jambes n'en pouvaient plus. Tom s'assit à mes cotés, présentant ses genoux afin que j'y mette ma tête pour un meilleur confort. Il faudra une fois encore qu'on m'explique comment se pouvait-il qu'il soit de chair comme moi... Ou alors, j'étais complètement déconnecté de la réalité. Au point que je réinventais un monde. Peut-être avais-je porté moi-même mes valises, imaginant que mon Tom le portait à ma place afin de ne pas me rendre compte de ma pauvre nouvelle situation. Peut-être que je me persuadais de sa présence afin de ne pas voir ma solitude nouvelle. Quoi qu'il en soit, sur ses genoux ou pas, je m'endormis.

La nuit fut agitée, et glaciale. Un orage avait éclaté peut de temps après que je me sois endormi, me réveillant en sursaut à cause du tonnerre et du vent sifflant entre les branches des arbres. J'étais enroulé dans une couette que j'avais trouvé sur moi à la place de Tom, donc je ne souffrais pas trop du froid tranchant. Mais je tremblais de peur. L'eau montait drôlement vite sur la route. Un arbre en face de moi bougeait dans tous les sens. J'étais protégé du plus gros de la pluie grâce à un toit sur ma tête, mais le vent poussant les gouttes dans tous les sens arrivait à me mouiller quand même. Cette nuit là, je cru que j'allais mourir, de froid, de faim, de solitude, de fatigue.

Mais, alors que j'étais en train de faire une vaine prière, j'entendis la porte derrière moi s'ouvrir rapidement, puis un homme qui râlait. Soudain, je sentis qu'on me souleva. Puis j'entendis le bruit de mes valises qu'on soulevait. J'étais tenu comme on tiendrait un enfant, légèrement pendant par dessus l'épaule. Je n'arrivais pas à ouvrir les yeux que j'avais fermé en essayant de trouver le sommeil dans le déluge. J'étais terrifié. Ce n'était pas Tom. Je ne reconnaissais pas son odeur, et ce n'était pas non plus celle d'Andreas. Je fut alors beaucoup secoué, et je devinais alors que l'homme inconnu montait les escaliers, peut-être deux par deux vu la vitesse. Il devait être grand et fort pour arriver à cela. La chaleur ambiante de l'immeuble, en plus de ma poitrine compressée contre l'épaule dure de mon "sauveur", m'empêchaient de respirer à mon aise, et je fus vraiment soulagé entendant une autre porte s'ouvrir. Je le laissa me poser sur quelque chose de mou après avoir posé mes valises à l'entrée. J'ouvris un œil, et vis Tom agenouillé devant moi. Encore lui... Il passa une main dans mes cheveux, et me murmura "Maintenant, tu es en sécurité, ne t'en fais pas, aie confiance en moi Bill...". Est-ce que c'était lui qui m'avait porté jusque là ?, impossible, non seulement il était fait d'imagination, mais en plus il était bien trop chétif pour accomplir une telle prouesse.

J'entendais des pas, dans la maison. J'avais refermé mes yeux pour ne pas voir qui était celui qui m'avait sorti de la tempête dehors, de peur de savoir qui il était réellement, j'avais eu assez de mauvaises surprises pour la journée. C'est alors que je sentis une nouvelle couette se poser sur moi, une bouillotte avait été calé au niveau de mes pieds. Je me sentais mieux. L'homme me parlait, mais moi je sombrais dans mon sommeil.

Tom m'avait dit que tout irait bien, et je lui faisais confiance. Peut-être un peu trop.