Chapitre sept

Les deux demoiselles atterrissent juste devant le petit portail blanc en bois de la maison des Lully.

-« Gaëlle bouche toi les oreilles. Leur sonnette est assourdissante, c'est une vraie corne de brume de bateau. »

Une fois que la blonde à ses deux mains en position, l'inspectrice appui sur le bouton et déclenche un son d'une puissance impressionnante. Dix secondes plus tard une femme, toute en noir, vient leur ouvrir.

-« Bonsoir madame Lully, je suis l'inspectrice Alix Delibes. Je suis responsable de l'enquête sur la mort de votre mari. Voici mademoiselle Gaëlle Saint-Saëns l'expert scientifique qui m'aide. J'aurais quelques questions à vous poser à vous et à votre fils. »

Madame Lully, étonnée :-« Une enquête ! Mais il ne s'agit pas d'une crise cardiaque ? »

-« Madame, il me semble préférable que nous soyons avec votre fils et à l'intérieur pour parler de cela. »

-« Suivez-moi. J'appelle mon fils pour qu'il vienne. »

La femme sort son portable et le prévient. La maison est de plain-pied et plutôt basse pour résister aux tempêtes. L'intérieur est composé d'une pièce principal. Trois portes dans son fond ouvrent, surement sur les chambres et la salle de bain. La décoration est plutôt rustique. On ne serait pas étonné d'apprendre que rien n'a bougé depuis des siècles. Un écran plat et un ordinateur se trouvent, tout de même, dans un coin.

Madame Lully, leur présentant une vieille dame aveugle, en train de tricoter une très longue écharpe :-« Voici ma mère, elle est venue me soutenir dans cette épreuve. »

Gaëlle et Alix, ensemble :-« Bonsoir madame. »

-« Maman, voici l'inspecteur et l'expert qui s'occupe de l'enquête sur la mort de George. »

La mère, arrêtant son ouvrage et les fixant comme si elle les voyait :-« Vous devriez plutôt vous occuper de votre couple. Vos Auras sont bien trop éloignées. »

Madame Lully :-« Maman ! Ce n'est pas tes affaires. »

La mère :-« C'est l'affaire de tous quand il s'agit de la première alliance pour l'unité depuis des siècles. »

Alix et Gaëlle, ensemble, à nouveau :-« Mais nous ne sommes pas en couple ! »

La mère :-« Vous devriez ! Ecoutez votre cœur plutôt que votre tête et le monde n'en sera que mieux!»

La vieille dame reprend son tricot et ne s'intéresse plus à rien d'autre.

Les demoiselles sont très surprise et se laissent conduire par la maitresse de maison jusqu'à deux fauteuils situé près de la cheminé où un feu les réchauffe.

Madame Lully, à voix basse :-« Excusez ma mère, s'il vous plait. Avec l'âge, elle n'est plus du tout diplomate. Mais sachez qu'elle ne s'est jamais trompée sur ce genre de chose. (A voix haute) Voulez-vous boire quelque chose en attendant mon fils ? »

Les demoiselles :-« Quelque chose de fort. »

Madame Lully, avec un petit sourire :-« J'ai du chouchen fait maison. »

Les demoiselles :-« C'est parfait. »

Aucune des deux n'ose regarder l'autre en attendant leur verre d'alcool. Elles évitent même de penser aux paroles de l'aveugle de peur que leurs joues deviennent écarlates.

Madame Lully ramène un plateau sur lequel se trouvent la spécialité bretonne et plusieurs verres. Au même moment, son fils pénètre dans la maison. Elle fait les présentations avant de servir tout le monde. Elle s'assoie, ensuite sur le canapé, près de son garçon. Tout ceci est une diversion accueillie avec soulagement par les deux jeunes femmes. Elles sont ravies d'avoir la possibilité d'occuper leur esprit à autre chose que les propos de la vieille dame. La boisson, bien que plus alcoolisée que ce qu'elles ont l'habitude de boire, est très bonne.
Les personnes qu'elle désirait interroger étant là, Alix prend la parole.

Alix, guettant les réactions des Lully:-« Voilà, si nous sommes venues chez vous, aujourd'hui, c'est que nous avons la triste charge, de vous annoncer que monsieur Lully a été assassiné. »

C'est l'effroi sur les visages de la femme et du fils. Celle-ci est la première à réagir.

Madame Lully :-« C'est forcément monsieur Prokofiev, le responsable. Depuis que mon fils a révélé un secret de famille à sa fille qui le lui a répété, il n'a cessé de harceler mon mari quand il était à terre. »

Le fils Lully, effondré:-« Flora l'a dit à son père ! Elle m'avait pourtant juré qu'elle le garderait pour elle. Pourquoi vous ne m'avez pas parlé de cela ni de l'attitude de son père ? »

Madame Lully :-« Tu es amoureux de cette fille et nous voulions lui laisser le bénéfice du doute. En plus, nous n'avons jamais imaginé qu'il irait jusque- là. Alors ton père a pris sur lui. »

Le fils Lully, dépité et en pleure :-« Monsieur Prokofiev savait qu'en tuant papa, je deviendrais, comme toi maman, gardien du secret familial. Il s'est surement dit que sa fille obtiendrait facilement l'information avec ses dons de demi-vélane. Ensuite, il n'aurait plus qu'à se débarrasser de nous pour être tranquille. »

Madame Lully, consolant son fils :-« Arnaud, tu sais bien que Flora n'est pas comme ça, sinon ta grand-mère te l'aurait dit. C'est d'ailleurs pour cela que nous ne t'en avons pas parler. Nous étions sûrs, avec ton père, qu'elle n'y était pour rien. »

Le fils Lully :-« J'espère de tout cœur maman. »

Alix :-« Y-a-t-il des témoins de cet harcèlement? »

Madame Lully :-« Bien sûr que non ! Le hameau est constitué de quatre maisons. L'une est celle de mon fils qui passait ses jours de repos auprès de Flora. Les deux autres sont à des moldus que nos sortilèges éloignent pour qu'ils ne voient pas les Sharaks et autres serpents de mer que nous pêchons et revendons aux Potions Prokofiev. »

Alix, étonnée :-« C'est le propriétaire de l'un des plus prestigieux fabriquant de potion pour l'usage sorcier qui harcelait votre mari ! »

Madame Lully, bombant le torse :-« Oui mademoiselle ! Son entreprise périclite pour n'avoir pas fait de filiale commerçant avec les moldus, comme ses concurrentes. Il est donc aux abois. Il compte sur le secret de la famille pour la redresser. Mais jamais nous le lui révèlerons. »

Alix, au fils :-« Comment avez-vous fait la connaissance de mademoiselle Prokofiev ? »

Arnaud :-« Cette été, elle était venue avec son père pour les renégociations annuelles de contrat d'exclusivité de nos pêches. Avec papa, nous étions les meilleurs dans notre domaine, donc les plus convoités. De ce faite, pour ne pas nous perdre, cela a toujours été monsieur Prokofiev en personne qui venait. Et cette année, sa fille a voulu l'accompagné. Je lui ai fait visiter la région et je l'ai emmené en mer pendant que nos pères discutaient affaires. C'est au cours de ce temps passé ensemble que nous sommes tombés amoureux. »

Alix :-« Je suppose que vous ne me direz pas quel secret vous détenez pour que cela justifie le meurtre d'une personne. Même si cela compromet très certainement les chances d'arrêter les coupables. »

Madame Lully :-« Tout à fait. Mon époux se retournerait dans sa tombe si je le faisais. »

Alix, en rangeant son carnet et en se levant :-« Bon, pour que mon rapport soit complet, il ne nous reste plus qu'à fouiller vos deux maisons et leurs dépendances. "

La mère et le fils ensemble, choqués:-" Mais pourquoi?"

-" Pour nous assurer que ce n'est pas vous qui avez trafiqué la tablette. »

La mère et le fils, surpris attristés:-" Vous ne nous croyez!"

-" Là, n'est pas la question. Je me dois d'explorer toutes les pistes, sans n'en omettre aucune. Alors, pouvons-nous procéder à la fouille?"

Les deux heures de recherche ne permirent que de trouver le coffre aux trésors d'Arnaud, quelques coquillages et de vielles cartes de foot et de chocogrenouilles.
Après avoir saluées la famille Lully, les demoiselles retournent à la cours des miracles.

-« Gaëlle, est-ce que tu as le temps pour que nous discutions de l'affaire ? »

-« J'allais te le proposer. Peut-on faire cela dans le restaurant d'hier ? J'ai vu qu'il servait de la bièraubeurre et je voudrais en gouter. J'ai essayé une recette datant de 1588 trouvé sur le net et je voudrais savoir si cela ressemble. »

Alix, un sourire aux lèvres :-« Bien sûr. J'ai aussi essayé cette recette à la fac et mes camarades m'ont traité de petite fille parce que j'avais fait la version sans alcool. Mais j'avais bien aimé. »

-« Moi aussi. »

-« Je te préviens celle qui y est servi est aussi forte que le chouchen de madame Lully. »

-« Je prendrais alors de quoi grignoter parce que je n'ai pas vraiment l'habitude de l'alcool. »

Dans le restaurant, elles sont à la même table que la veille, la bulle d'insonorisation est installée. Devant les filles, une assiette de chiffonnade de jambon, une de saucisson, un bol de tomate cerise, un avec de petite carotte, un autre de chips et bien-sûr deux grand verre de bièraubeurre. Alix hésite entre l'amusement et l'effarement. S'en apercevant, Gaëlle s'explique.

-" Depuis que nous sommes sorties du salon de thé de Bérénice, hier, je n'ai mangé qu'un paquet de gâteau et un sandwich, ce midi. Comme je te l'ai dit, je n'ai pas l'habitude de boire, donc je prends mes précautions pour ne pas risquer d'être saoul et de dire des choses que je pourrais regretter plus tard."

-" Tu sais que cela ne fera que retarder l'effet?"

-" Si cela me permet de tenir jusqu'à mon appart, c'est suffisant."

Alix, avec un grand sourire:-" Qu'as-tu si peur de me révéler?"

-" C'est surtout de me couvrir de ridicule qui m'effraie."

-" Tu as eu de mauvaise expérience?"

:-" Non, j'ai vu dans les films ce que les gens pouvaient faire sous l'emprise de l'alcool."

Alix se souvient alors, que son amie a arrêté sa scolarité en seconde et est plutôt solitaire depuis. Elle n'a donc pas pu expérimenter les soirées étudiantes où l'occupation principale est les jeux à boire. Elle change alors de sujet pour ne pas la mettre mal à l'aise une nouvelle fois.

-" Bon, madame Lully a dit la vérité et Arnaud ne savait pas que sa copine avait parlé à son père. Mais plus important, leur secret est le mobile qui pousserait tout fabricant de potion au meurtre. Ils sont les gardiens du secret et les protecteurs de l'île où se trouve la forêt de Brocéliande. Depuis que Merlin y est enterré, cette famille s'est chargé de la cacher aux yeux du monde."

Gaëlle, étonnée:-" Dieu, tu es légilimens! (Inquiète et les joues un peu rose) Tu n'as pas lu mes pensées ? »

Alix, surprise:-" Evidement que je suis légilimens. Je peux faire tout ce que permet la magie. Et non, je n'ai pas lu tes pensées, même si ce n'est pas vraiment ce qui se passe. Je n'utilise cela que dans le cadre de mes enquêtes. J'ai payé, assez douloureusement, ma curiosité, la première année où j'ai acquis cette compétence, pour ne plus avoir envie de recommencer en dehors de mon travail. »

Voyant le trouble d'Alix à l'évocation de cet incident, La blonde se focalise immédiatement sur elle et en oublie ses précédentes craintes.

-« Tu veux en parler ? »

-« Oh, c'est depuis longtemps oublié. A douze ans, j'étais dans l'année du Bac et j'avais craqué pour un de mes camarades de classe de dix-sept ans. Après beaucoup d'hésitation, je me suis déclarée. Il partageait mes sentiments, nous avons donc entamé une relation. Je te rassure nous n'avons jamais été plus loin que de se tenir la main et de petit bisou du bout des lèvres. Il ne m'a jamais demandé plus. Un jour, j'ai entendu des copines dire qu'il était avec moi à cause d'un pari. Folle de colère, je suis allée lui demander ce qu'il en était tout en ayant recours au sort de légilimens. Je découvris, malgré qu'il me jurait m'aimer, qu'il y avait bien eu un pari. Après lui avoir envoyé une gifle, je le quittai. Il fit une dépression et en rata le Bac deux années de suite. C'est bien plus tard, quand en troisième année de fac, je fus avec un de ses amis que j'appris qu'il avait exécuté le gage, prévu s'il ne réussissait pas son pari, le soir même où nous avons été ensemble. Donc qu'il ne m'avait ni manipulé, ni menti.

Il faut que tu sache que ce sort ne permet d'entendre que l'écume des pensées ou celle qui sont les plus fortes, au moment où il est lancé. Sa culpabilité m'a caché son réel amour. Depuis je ne l'ai plus utilisé. Même pour connaitre mes cadeaux de Noël alors que papa est le pire occlumens que je connaisse. »

Gaëlle est encore plus pâle que d'habitude. Elle finit d'une traite son verre et en commande un deuxième sous les yeux étonnée et interrogatif de l'inspecteur. Après avoir fermé quelques secondes les yeux, elle les rouvre et offre un sourire à la sorcière.

- Comme quoi la curiosité est un vilain défaut. Tu l'as contacté en apprenant qu'il avait été sincère avec toi ?

-« Evidement. »

Les lèvres et les phalanges de la blonde se crispent.

-« Je me suis excusée pour ma gifle et lui ai demandé de ses nouvelles. Il est maintenant marier et travail dans une fabrique de potion spécialisé dans l'extrait de rose. »

Gaëlle, tendue mais toujours souriante:-« Tu as donc évité de sonder ton petit ami actuel. »

-« Je n'ai pas eu à m'en empêcher, je n'en ai plus eu depuis. Et toi, tu as quelqu'un ? »

-« Oh non, mes soucis scolaire m'ont conduit à me refermer sur moi-même et depuis que je travaille avec monsieur Debussy, je ne suis entouré que de personne marié et ayant l'âge de mes parents. »

Elles se perdent dans leurs pensées jusqu'à l'arrivée de la deuxième bièraubeurre.

-« Cela coûte combien d'engager un tueur à gage ? »

-« Dans les quinze à vingt mille euros pour les bons qui ne laissent pas de trace comme dans notre affaire. »

-« Les pécheurs sorciers gagnent combien ? »

-« Tu penses donc que le commanditaire ne peut qu'être monsieur Prokofiev ! »

-« Oui, c'est le seul qui semble avoir les fond suffisant. »

-« Maintenant que j'ai ton super téléphone portable je vais pouvoir éplucher ses comptes et ceux de sa société, ainsi que ceux des pécheurs concurrents, pour savoir s'il a fait une grosse dépense ce mois-ci. »

-« En espérant qu'ils n'en ont pas dans des paradis fiscaux. »

-« Oui, parce qu'alors cela sera plus long et plus difficile.

-" Si c'est ce monsieur Prokofiev le commanditaire, je n'arrive pas à comprendre en quoi le faite de s'accaparer la forêt de Brocéliande va renflouer son d'affaire. S'il s'avère que c'est bien là qu'est enterré Merlin, l'Etat va la récupérer pour l'intégrer au patrimoine national et en faire une zone protégé. Il ne pourra pas l'utiliser pour se faire de la publicité."

-" Tu as raison, s'il le crie sur tous les toits. Mais il peut aussi y installer une unité de recherche, dans le plus grand secret, qui étudiera cette endroit vierge de l'action de l'Homme depuis 1500 ans et aux pouvoirs magiques sûrement inégalées. Il aura une biodiversité inconnue de tous ses concurrents à sa disposition, des créatures magiques disparu à cause de notre action et une forêt, redevenue primitive devant regorger de plantes inconnues, lui permettant, très certainement, d'inventer de nouvelle potion et de nouvelle médecine.
En plus, une fois qu'il aura élaboré tout ça, il pourra toujours contacter discrètement le gouvernement et s'arranger pour que l'île soit protégée avant d'en révéler son existence au monde. Ainsi, il empêchera ses concurrents d'y installer leur propre laboratoire, il bénéficiera de l'immense notoriété de Merlin pour ses produits et d'une couverture médiatique énorme parce qu'il paraît évident qu'il offrira son unité de recherche au secteur publique pour qu'il continue d'étudier les richesses de ce lieu."

-« Alix, tout ça demande du temps et des fonds. Ce qui fait que cela ne permettra pas de redresser son entreprise tout de suite. En plus, c'est incertain. Il peut, très bien, faire faillite avant d'avoir trouvé quoi que ce soit.

Commanditer un meurtre, dans ces conditions, me semble aux antipodes des préoccupations d'un chef d'entreprise sur le point de perdre l'œuvre de sa vie.

Pour moi, monsieur Prokofiev recherche du cash pour redresser la barre, tout de suite.

Donc il doit croire pouvoir trouver sur l'île soit un trésor qu'il revendra, soit une formule d'un produit miracle ou une substance, elle-même miraculeuse, qu'il pourrait immédiatement commercialiser. »

-« Tu as raison Gaëlle. J'ai réagis comme la fille d'une chercheuse en potion. »

Gaëlle, avec un sourire :-« Nous, on dirait comme une scientifique. Moi, j'ai réagis comme la fille d'un libraire qui a régulièrement des problèmes de trésorerie. »

Elles grignotent un peu et dégustent leur boisson.

-« Je ne pense pas que ce soit un trésor fait de pierre précieuse et d'or ou la formule contre l'acné ou les boutons de fièvre. Cela doit être quelques choses de dangereux pour l'humanité, sinon toutes les générations d'une même famille, pendant 1500 ans, n'accepterait pas de passer leur vie à préserver le secret de l'existence d'une île. »

-« Je suis d'accord avec toi. Si c'était un trésor que l'île abritait, cela aurait été extraordinaire qu'aucun membre de la famille ne s'en empare au cours des quinze siècles. »

-« C'est clair. Je vais me renseigner. Il faut que nous sachions, au cas où monsieur Prokofiev arrive à ses fins. »

-« Tu as raison. Mieux vaut s'y préparer. »

Elles boivent toutes les deux une gorgé de leur bièraubeurre.

-« Alix, si tu as été obligé de faire appel à moi pour l'expertise de la tablette, c'est qu'aucun sorcier ou parent proche de sorcier ne s'est intéressé à la réparation d'objet moldus ?

-« Je voudrais pouvoir te dire que c'est parce que tu es la meilleure mais, pour être honnête, je dois avouer que c'est pour cela. »

-« Mais comment cela se fait-il ? Il y a 130 milles sorciers en France, vivant tous comme des moldus ! Le premier d'entre vous qui s'installe comme réparateur, fera fortune. »

-« Je pense que c'est une question de tradition. En plus, à Beauxbâtons, au lieu de nous expliquer le fonctionnement de l'électricité, de l'électronique ou d'un moteur de voiture, on nous conditionne seulement à les utiliser correctement pour éviter les accidents. »

-« Donc les sorciers vont avoir une tendance naturel à avoir peur de la technologie et n'envisage pas une seconde à s'y intéresser. »

-« Oui, surtout que ne nous ne sommes pas nombreux et que tous trouvent du travail dans la communauté. »

-« Donc le sorcier qui a essayé d'utiliser un fer à soudé pour réparer la radio du marchand de sommeil est une étrangeté dans ton monde ? »

-« Oui ! (Après deux secondes de réflexion) Tu penses que cela peut être lui le tueur ! »

-« Je me dis surtout que nous savons que lui connait le monde magique et s'est intéressé à la technologie. »

-« Tu as raison c'est un début même si cela ne va pas être évidement de le retrouver puisque tout est sur papier. »

-« Il serait vraiment temps que vous vous informatisiez. »

-« A qui le dis-tu ! Mais temps que nos dirigeants ont tous plus de cinquante ans, il ne faut pas rêver. »

Les demoiselles passent, ensuite, un moment à juste picorer et boire en parlant de tout et de rien.

Gaëlle, avec un grand sourire:-" Tu crois que je pourrais monter une entreprise de réparation en engageant un sorcier pour me transplaner chez les gens et que je formerais?"

Alix, sérieuse:-" Oh, non! Monsieur Debussy m'a dit que tu pouvais espérer un très brillant avenir d'ingénieur et ton cadeau, fabriqué en une nuit, le confirme. Tu ne vas pas te contenté de cette vie?"

Gaëlle, un peu contrariée:-" Rien au niveau de la magie ne t'es impossible et tu as décidé d'être flic. Pourquoi je ne pourrais pas être réparatrice d'objet, j'aiderai à ma façon mes concitoyens."

-" Gaëlle, quand j'ai découvert l'étendu de mes capacités magiques, j'ai longuement réfléchi à comment l'utiliser pleinement. J'ai alors compris que ce n'est qu'un don égoïste qui permet d'être la mieux armé pour vivre sur cette Terre. Or, à l'heure actuelle, ce n'est plus d'aucune utilité puisque la civilisation et la technologie vous le permettent tout autant. J'ai alors décidé de faire le métier qui m'a toujours intéressée, policier. Mais toi, ton don est celui de la création. Je suis certaine que tu peux inventer la technologie du futur, celle qui sauvera peut-être la planète. Alors, vouloir te contenter d'être réparatrice d'électroménager, c'est limite un crime contre l'humanité."

Gaëlle, très émue:-" Alix ne recommence pas. Cela fait quatorze ans que je suis en échec. Je ne veux pas m'emballer pour découvrir, au final, que je n'ai aucun don et que je ne suis qu'une dyslexique. »

Alix, lui prend la main et la regarde droit dans les yeux pour lui parler.

Alix, toute douce:-« Gaëlle, tu n'es pas une dyslexique. Tu es une merveilleuse et superbe jeune femme, très intelligence et avec de grandes compétences. Dont l'humour et la compagnie sont un ravissement. Arrêtes de te focaliser sur tes difficultés scolaires. Elles ne sont pas toi. Elles sont justes ton rapport avec la lecture et l'écriture. »

Gaëlle, rouge pivoine :-« Merci. »

-« Que tu es ce don ou non, ne changera rien au fait que tu peux faire de grande chose en matière de science. Et cela n'empêchera pas de devoir étudier pour maitriser tous les sciences. »

Gaëlle :-« Alors, pourquoi vouloir que je vérifie si je l'ai ? »

Alix, la regardant droit dans les yeux :-« Pour que toi, tu es la preuve que tu as des qualités. »

La blonde reste sans voix et des larmes d'émotions envahissent ses yeux.

Alix, douce :-« Tu sais, ces deux jours m'ont permis de le comprendre. Il serait peut-être temps que toi aussi tu acceptes cela. (Espiègle) Mais attention, interdiction de prendre la grosse tête, sinon je te fais subir le même sort qu'à la tante Marge. »

Gaëlle, avec un sourire timide :-« Merci, je vais essayer. »

Alix :-« Comme dirait maitre Yoda, » Fais le ou ne le fais pas. Il n'y a pas d'essai. »

Gaëlle, surprise :-« Tu connais Star War ! »

Alix :-« Je te l'ai dit que maintenant les sorciers étaient parfaitement intégrés au monde non-sorcier. »

Gaëlle :-« Désolée, je suis trop imprégnée du livre de JK Rowling. »

Elles finissent tranquillement leur verre et Gaëlle englouti ce qui reste des apéritifs. Au moment de partir, c'est la blonde puis va régler sous les protestations d'Alix qu'elle a devancé.

-« C'était à mon tour. Tu m'as invitée à déjeuner ces deux jours. »

-« Mais, je t'ai dit que c'était le service qui payait. »

- Et là s'est moi qui est commandée et presque tout mangée. Il est normal que je paie. »

Pour couper court aux discussions, la blonde prend par le bras la brune et la raccompagne à l'air de transplanage.

-« Tu me laisses te ramener chez toi ? »

Gaëlle, ravie :-« Tu ne seras pas en retard ? »

-« Même si c'était le cas, je ne vais pas te laisser rentrer seule alors qu'il fait nuit. »

Gaëlle, avec un grand sourire involontaire :-« Merci. »

Cette fois-ci, elles atterrissent sur le palier de la blonde.

-« Je viens t'amener l'écran et le clavier demain matin. »

-« Oh merci comme cela, je vais pouvoir faire la recherche sur l'états des finance des protagonistes. »

-« Tu penses que je dois faire l'expertise des autres objets dès demain où je peux travailler au magasin ? Je ne voudrais pas trop abuser auprès de monsieur Debussy. »

-« Le commissaire a dit de se focaliser sur l'affaire en cours donc l'expertise peut attendre jusqu'à lundi. »

-« D'accord. En tout cas je pense que demain quand je recommencerai à réparer, cela va me paraitre ennuyeux. Tu pourras me tenir au courant de toutes tes découvertes. »

-« Bien sûr, mais tu peux aussi m'appeler toi ! Tu connais le numéro de mon nouveau portable. »

-« Je ne voudrais pas t'embêter. »

Alix, se penchant pour lui faire la bise d'en revoir lui murmure à l'oreille :-« Jamais un appel de toi ne m'ennuiera. »

Gaëlle est reste sans voix.

Ravie de cette réaction, Alix va pour transplaner quand elle sent une main lui capturer la sienne et un baisé déposé sur sa joue.

Gaëlle lui murmurant, à son tour à l'oreille :-« Je n'y manquerais pas alors. Je m'en voudrais de ne pas satisfaire une magnifique jeune femme comme toi. »

Cette fois ci c'est l'inspectrice qui reste coi et dont les joues rosissent. La blonde en profite pour rajouter, avant d'entrer chez elle, un dernier mot.

-« Quand cette affaire sera fini, nous ferons ce test pour voir si j'ai un quelconque don. A demain !»

Alix, seule sur le palier à un immense sourire aux lèvres avant de transplaner chez elle.