Chapitre 6 - Cauchemar

Le ciel était d'une couleur inhabituelle, au dessus des quatre nuke-nins de l'Akatsuki. Rouge comme si il brulait de mille feux. Les animaux s'étaient tous enfui, comme si ils avaient senti un danger.

Les membres de l'Akatsuki s'interrogeaient. Cet incendie céleste, ce silence anormal.

On entendait rien. Rien du tout. Pas un bruit. Le silence absolu et total.

Et puis il y avait surtout cette odeur. Une puanteur infecte. Et si intense, si extrême, que les nune-kin tentaient de retenir leur respiration.

Pourtant, c'était une odeur qui leur était familière, une odeur qu'un ninja ne peut ignorer longtemps : l'odeur de la mort.

Et soudain, ils comprirent.

Devant eux, se dressait un spectacle effroyable. Leur sang se glaça. Leur respiration était haletante.

Devant eux, se dressaient plusieurs charniers de cadavres en décomposition.

Les mouches volaient autour de leurs plaies. Les araignées sortaient par leurs yeux crevés. Les vers sortaient des narines, de la bouche et des oreilles des corps noircis et putrides.

Leurs cheveux étaient tombés, leur peau se décollait.

Les ninjas n'osaient plus bouger.

Sayatan s'approcha de Kakuzu.

Un vautour qui volait depuis quelques minutes descendit sur un des cadavres pour entamer son festin.

"Il faut continuer !"

-Je n'aime pas cet endroit. rétorqua le ninja de Taki. Je ne souhaite pas rester ici !"

-Nous avons une mission, dit Sasori. Si tu n'es pas capable de l'assumer, alors vas-t-en, tu nous gène !"

Le ciel brulait toujours. Malgré la situation, Kakuzu refusait de perdre la face devant Sasori.

Tout ceci l'avait sortit de sa torpeur. Son poing se serra

"Moi, je suis une gène ? Tu te prends pour qui, toi qui a besoin d'une armée en bois pour se battre.

-Tu parles beaucoup... mais on ne voit jamais grand chose ! A se demander si le talent que tu revendique n'est pas que pure fantaisie ! Après tout, tu commences à te faire vieux, n'est-ce pas ?"

Kakuzu encaissa. Cette fois, Sasori était allé trop bien. Il cracha sur le sol.

"Soit, Sasori. Tu l'aura voulu. Je vais te tuer, maintenant. Je vais te montrer ce que vaux un vulgaire pantin face à ma puissance !"

D'un geste, il enleva son manteau de l'Akatsuki qui, en l'asence totale de vent, tomba sur le sol piteusement.

"Vraiment ? dit Sasori en souriant, Ça tombe bien, je voulais me faire une nouvelle marionnette pour ma collection."

Orochimaru recula de quelques pas. Sayatan se mit également en retrait.

Sasori regardait le ninja de Taki avec une froideur effrayante.

Kakuzu mordilla sa lèvre, derrière son masque de ninja.

Soudain, il sentit un froid glacial le transpercer de toute part. Pourquoi tout se passait-il si mal ?

Une goutte de sueur coula le long de son front. Bien sur, derrière Hiruko, Sasori n'avait pas ce problème.

"Crève !" maugréa Kakuzu

Et d'un geste, il retira son masque. Il ouvrit grand sa bouche, dont sortit des tentacules noires qui s'élancèrent vers Sasori.

Celui-ci tenta de les esquiva, mais ne put echapper aux terribles liens qui déjà l'attirait vers Kakuzu.

Pourtant il y avait quelque chose qui clochait.

Les tentacules relâchèrent Sasori.

Il ne les contrôlait plus.

Pourquoi ?

Il se tourna vers Orochimaru. Et soudain, une vision d'horreur le figea.

Orochimaru avait le visage de Sayatan !

Ses yeux se redirigèrent vers Sasori : lui aussi avait le visage de Sayatan.

Mais quest-ce que tout ceci signifiait ?

Les tentacules se détachèrent du bras de Kakuzu, et l'enveloppèrent. Elle prenaient la forme de sa jambe, de ses bras, de son corps, tout entier. Elle se confondait avec. Tout autour de lui, elles prenaient la forme de ses trait. Elles le dévoraient.

C'est soudain que Kakuzu comprit. Ce n'était pas ses tentacules. Cela ne pouvait être qu'une chose, qui ne pouvait appartenir qu'à une personne...

Kakuzu poussa un hurlement en se réveillant. Il avait les yeux exorbités et terrifiés. Il était en sueur et avait du mal a respirer.

Il regarda autour de lui. Mais dans la grotte ne régnait que l'obscurité.

Pourtant, il y a une chose que Kakuzu put voir : Sayatan et Sasori avaient disparu.

Seul Orochimaru était là, bien réveillé lui aussi. Ses yeux trahissaient que lui aussi venait de vivre un cauchemar terrifiant. Leurs yeux se rencontrèrent. Tous deux avaient songé à la même chose.

Sayatan !

* sept heures plus tôt *

"Cette idée est très mauvaise..."

Le ton de Sasori avait du mal a dissimuler l'antipathie qu'il ressentait à l'égard de cette idée. Kakuzu venait d'imposer un raccourci que ni Sasori ni Orochimaru ne connaissaient. Certes, ce n'était pas leur zone, tandis que Kakuzu se comportait un terrain conquis au pays de la cascade. C'était peut-être ça qui ennuyait le plus Sasori. Le fait que sous-pretexte qu'il était originaire de l'endroit, Kakuzu se sentait une autorité nouvelle qu'il voulait lui faire ré-avaler. Mais il se contenait.

"Tu conteste pour le principe, parceque c'est moi qui ai eu l'idée, soupira Kakuzu. L'existence de ce raccourci est irréfutable, tout comme l'est le fait qu'il nous fera gagner deux jours par rapport au chemin principal. Ce n'est guère négligeable.

-Ou nous emmène ce raccourci ? demanda Orochimaru, avec un ton indifférent.

-Il nous fera passer par le village de Taigakure, que j'ai bien connu par le passé...

-Raison de plus, soupira Sasori, imperturbable. Nous montrer à des villageois est contre nos principes, d'autant plus s'ils te connaissent.

-Cesse cette hypocrisie, Sasori! trancha Kakuzu. Je vous ai retrouvé dans une auberge, alors pas de belles paroles sur la discretion du ninja. Quant aux personnes qui me connaissaient dans le village, elles sont mortes et interrées depuis bien longtemps, il n'y aura pas de problème.

-Je pense également que c'est une bonne idée. Gagner 48h pourra vous permettre d'affiner votre préparation avant l'attaque. Vous n'avez pas vraiment d'argument rationnel pour refuser cet avantage indéniable, Sasori-sama."

Le silence s'abattit sur le quatuor. Sasori devait admettre qu'il n'avait rien à répondre. De mauvaise grâce, il quitta le chemin pour penetrer dans un décor obscur et malsain. C'était une foret morbide dont les arbres étaient morts. Rien de très engageant. Au pied des arbres se trouvaient des champignons dont on devinait leur toxicité d'un simple regard. Il faisait plus froid dans cette forêt, et il n'y avait aucun cours d'eau a proximité. L'atmosphère y était humide et poisseuse et malgré l'absence de feuillage aux arbres, la lumière ne pénétrait pas la forêt. Il fallait s'en remettre au guide de Taki.

Il leur fallut une petite heure pour sortir de la forêt et redécouvrir un terrain plus accueillant. A l'horizon, on pouvait distinguer des montagnes. Et à une poignée de kilomètres, on devinait aisément le fameux village de Taigakure.

Kakuzu retira son bandeau frontal.

"Faites de même ajouta-t-il a l'attention de ses équipiers. On aime pas trop les ninjas par ici."

Puis les quatre membre de l'organisation criminelle s'avancèrent jusqu'aux portes du village, ou un jeune gaillard brun les avait observer s'approcher depuis leur sortie de la forêt.

Il les regardait fixement, en silence. Il était assis sur un rocher avec une position décontractée, presque je m'en-foutiste, mais un sourire désarmant de bonhommie et d'amabilité.

"Bien le bonjour messieurs ! s'exclama-t-il. Vous vous êtes perdu ?

-Pardonnez-nous, expliqua Kakuzu avec une diplomatie qui ne lui ressemblait guère, mais qui avait ressurgit avec le retour à son pays natal. Nous cherchons a aller à la frontière de Taki, et comme vous le savez, ce chemin est le plus rapide. Nous serons rapide et nous n'atterderons pas, nous ne faisons que passer !"

Le jeune brun eu un regard ennuyé.

"Messieurs, vous avez fait un long chemin... je suis embêté pour vous, mais selon la loi de notre village, nul étranger n'est autorisé a y penetrer depuis la dernière guerre. Celà dit, sachez que même si vous perdrez un peu de temps, vous avez une voie très sure pour accéder ou vous voulez aller... Il suffit de suivre le chemin principal de l'autre côté de la forêt.

- Il est, hélàs, un peu long...n'y a-t-il pas moyen de s'arranger ? insista Kakuzu."

Le brun tiqua. Il se tourna vers son village avec un air emplit de réflexion.

-Il y a peut-être un moyen. Je peux essayer de vous avoir une dérogation "auprès du chef du village. Mais il faudrait me fournir un papier avec vos identités et les motifs de votre passage."

Sasori cracha sur le sol avant d'approcher ses lèvres de l'oreilles d'Orochimaru :

"La situation devient déjà délicate. Personne ne devait faire attention à nous."

Déjà le regard de Kakuzu changea. Sayatan n'aimait pas ça. Il lui posa la main sur l'épaule afin de l'apaiser, et continua à sa place

"Ce sera fait. Nous vous remercions de votre gentillesse !

-Moi de même, désolé pour ce contretemps et merci de votre compréhension !" annonça le brun avec un ton ehtousiaste et soulagé.

Les quatre nuke-nin s'éloignèrent donc. Sasori souffla "vous comptez vraiment établir ce papier, le duo de choc ? Moi je pense que l'on ferait mieux de revenir sur le chemin principal. Nous avons perdu assez de temps comme ça, inutile de faire empirer la situation.

-Je vais résoudre la situation, expliqua Sayatan. Nous traverserons ce village demain à l'aube. Puis, regardant le ciel, il ajouta "il commence à se faire tard. Trouvons un abri pour cette nuit. J'ai vu une grotte vers l'ouest. Suivez-moi...

* six heures cinquante plus tard... *

La nuit était d'un silence angoissant.

Sasori ouvrit un oeil.

Quelqu'un avait marché sur le fil de chakra qu'il avait laissé à l'entrée de la grotte pour reperer un quelconque intrus. Sauf qu'il ne s'agissait guère de quelqu'un qui tentait d'entrer dans le grotte. Mais de quelqu'un qui venait d'en sortir.

Sayatan !

Sayatan venait de sortir de la grotte. Pour quelle raison bougeait-il si tard ?

Sasori parcouru des yeux l'endroit ou il était. On y voyait pas grand chose dans cette grotte.

Kakuzu et Orochimaru semblaient dormir. Pour autant, il ne pouvait laisser Sayatan les abandonner comme ça en pleine nuit sans savoir ce qu'il faisait.

Si il y avait quelquechose d'anormal, il devait le savoir.

Sasori se leva sans faire de bruit. Il sortit discrètement de la grotte. Immédiatement, la fraicheur nocturne le frappa. Il avait retiré son armure pour dormir, il allait le payer maintenant. Car il n'avait pas le temps de la remettre. Il fallait suivre Sayatan le plus discrètement possible. Rapidement, il remarqua la lenteur du déplacement de Sayatan. Il ne cherchait visiblement a semer personne, il ne devait pas penser être suivit. Il ne fallait surtout pas qu'il le découvre. Oui, son pas était lent, mais assuré. Rien ne semblait exister autour de lui.

Soudain, Sayatan s'arreta. Sasori se cacha.

Des trois ninjas qui l'accompagnaient, Sayatan était clairement celui qu'il connaissait le moins. Et il dégageait une aura inquiétante. Sasori risqua un oeil. Sayatan lui tournait toujours le dos. Il était repartit.

Sasori poussa un soupir de soulagement. Il avança de nouveau.

"CRAC" !!

Sasori se cacha de nouveau.

Son visage était plus pâle que celui d'Orochimaru.

Il ferma les yeux et tenta d'écouter. Il n'entendit rien.

Tout son arsenal était resté à la grotte. Il était désarmé. Sans ses marionnettes, affronter Sayatan le conduirait à une mort certaine.

Non pas question de mourir ici.

En cas de conflit, il faudrait fuir.

Des bruits de pas !

Son cœur s'accéléra. Il battait la chamade.

Sasori se mordilla la lèvre de crispation, n'osant plus respirer.

Il ouvrit les yeux un instant.

A sa droite, il vit un lézard d'une taille très convenable, qui avançait le long d'une pierre.

Il l'attrapa d'un geste précis, et l'obligea a quitter la cachette de Sasori pour entrer dans le champs de vision de Sayatan.

Puis il attendit.

Quelques secondes seulement s'étaient écoulées, mais elles lui avaient sembler des heures.

Puis, de nouveau il entendit Sayatan s'éloigner. Sasori ouvrit la bouche pour prendre une grande inspiration.

Décidément, c'était une soirée folklorique. Il regarda de nouveau dans la direction de Sayatan qui s'éloignait.

C'est là qu'il se rendait compte de combien ce personnage était mystérieux. Grand, le crane rasé, avec des tatouages étranges sur toute la partie gauche de son corps. Des tatouages aux formes étranges et variées. L'ensemble devait avoir une cohérence, sans doute, mais Sasori était bien incapable de la deviner, surtout en ne voyant que ceux situés sur son visage et son crane.

Et voici que l'homme était arrivé à l'entrée de Taigakure. Il était désormais debout, immobile, le regard fixé vers le village. Tout était calme. Sasori senti une angoisse monter. Qu'allait-il faire ? Sayatan porta lentement sa main sur le col de sa veste noire aux nuages rouges, et d'un geste brusque, la retira et l'envoya a quelques mètres de lui. Puis il ferma les yeux. Sasori put enfin examiner les tatouages qui se localisaient sur tout son corps. Même ainsi, il ne comprenait pas ce qu'ils représentaient. Y avait-il vraiment une logique.

Sayatan joignit les mains. Le son de sa voix dans la nuit froide glaçait le sang.

"Ninpo : Akumu irezumi no jutsu"

Et soudain, devant les yeux horrifiés de Sasori, ce fut comme si les tatouages du corps de Sayatan prenaient vie. Ils bougèrent, s'étirèrent, comme si ils voulaient fuire son corps. L'espace d'un instant, Sasori eu l'impression qu'une partie se transformait en visage hurlant, mais celà ne dura qu'une seconde et déjà Sasori n'était plus sur de ce qu'il avait vu. Cette fois, les tatouages s'étirèrent sur l'ensemble du corps de Sayatan jusqu'au moindre de ses orteils. Pire que cela, ils s'étirèrent hors de son corps. Ils s'étirèrent vers le village, de façon menaçante. Sasori ne savait plus que faire.

C'était impossible.

Les tatouages pénétraient le village, l'enveloppant à une rapidité stupéfiante. Et soudain, dans celui-ci, un cri retentit. Puis un deuxième. Puis plusieurs en même temps. Des hurlements d'horreurs, d'é le village criait. Sasori ne pouvait en entendre plus. Il se boucha les oreilles pour ne plus les entendre. Mais c'était impossible. Ce n'étaient plus des cris d'horreur. C'étaient des cris de souffrance. Sasori avait envie de hurler pour couvrir ses cris, mais il savait qu'il ne fallait en aucun cas que Sayatan ne repère sa présence.

Puis, le bruit diminua.

Puis plus rien. Plus un son. Plus rien que le silence.

Sasori regarda. Le village était intact. Mais il dégageait quelque chose de terrifiant, de morbide. Sasori savait qu'a l'intérieur, il n'y avait plus une âme de vivante.

Sayatan refit des signes de mains.

"Katon : shounetsujigoku no jutsu"

C'est alors que les tatouages prirent de nouvelles formes. Les formes de flammes. A leur noir impénétrable succéda un rouge foudroyant. Le village brulait de mille feux, dans une scène effrayante.

Sayatan éclata d'un rire satanique. Il semblait dans un état d'extase absolu.

C'est soudain que cela apparu comme une évidence aux yeux de Sasori.

Il savait désormais ce que représentaient les tatouages sur le corps de Sayatan.

Ces tatouages représentaient l'enfer...