4 Privet Drive
27 mars 1982/ 21h30
Assis dans sa cuisine, face à son ancien directeur d'école, James attendait patiemment que ce dernier parle. Il entendait le murmure de la conversation qu'avaient Mary et Remus dans le salon, apparemment ils s'étaient disputés. Il aurait bien aimé qu'ils fichent le camp, mais ils semblaient tous deux déterminés à rester pour avoir une conversation avec lui. Ils étaient lourds à vouloir sans arrêt avoir des conversations… Il n'avait pas pardonné à Mary son dernier commentaire et il n'allait pas pardonner à Remus de l'avoir abandonné simplement parce qu'il lui avait ramené Dumbledore…. Par-dessus le marché, ils avaient fait fuir Lizzie… la pauvre… quand elle avait vu Dumbledore entrer, elle avait refermé plus étroitement son manteau sur elle et son visage avait pris une couleur cramoisie. Puis, alors qu'il croyait justement qu'elle ne pouvait pas être plus rouge, Dumbledore lui avait dit bonjour… le visage en feu, elle avait balbutié des salutations et était partie sans demander son reste...
James leva les yeux vers son ancien directeur, attendant toujours qu'il se décide à parler. Il avait cette expression… la dernière fois qu'il l'avait vu avec cet air désemparé est quand il leur avait annoncé à Lily et lui que Voldemort en avait après Harry… mais même là, il ne semblait pas aussi… mal à l'aise? C'est étrange, James n'aurait jamais cru que Dumbledore puisse être inconfortable dans une situation quelconque. Cet homme lui avait toujours donné l'impression d'être inébranlable.
-James. Je suis désolé.
Les yeux de James prirent alors la taille de deux Vifs d'or. Dumbledore venait de lui dire qu'il était désolé? Était-il en train de s'excuser…
-J'ai pris pour toi une décision concernant ton fils sans te consulter. C'était peut-être une erreur.
-Peut-être, répéta lentement James. Qu'est-ce que vous voulez dire par peut-être?
-Je veux dire que j'aurais probablement dût t'expliquer plus en détail ma décision afin que tu puisses faire un choix éclairé concernant Harry. Mais au final, que je trouve ta décision bonne ou mauvaise, c'est à toi que revient le choix de savoir avec qui restera ton fils.
-Qu'est-ce que…
-James, dit calmement Dumbledore. Je vais t'exposer la situation. Je n'ai pas été tout à fait honnête avec toi. Je t'ai caché certaines choses qui te permettront sûrement d'avoir un regard plus éclairé sur les dangers que court Harry et que tu cours également.
James resta un long moment à fixer son ancien directeur, son cœur battant la chamade. Avec Dumbledore on ne sait jamais, mais il avait la vague impression qu'il était soudainement plus ouvert à l'idée de le laisser récupérer Harry.
-Lorsque je vous ai parlé de la prophétie à Lily et toi, je ne vous l'ai pas révélé en entier. Tu te souviens de ce que je vous ai dit?
-Euh… je crois, dit James en fronçant les sourcils. Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche, il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois... C'est ça?
-Oui, approuva Dumbledore. Je ne vous avais révélé que la partie permettant de désigner Harry. Je ne voulais pas vous inquiéter outre mesure Lily et toi. James, voici la suite de la prophétie : le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal, mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore et l'un devra mourir de la main de l'autre, car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit.
-Je ne comprends pas, dit lentement James.
-Au moment où j'ai entendu la prophétie, deux enfants auraient pu être l'élu. Harry ou Neville, le fils d'Alice et Frank. C'est Voldemort qui a choisi. Lorsqu'il a essayé de le tuer, il a marqué Harry comme son égal. À ce moment-là, il a lié leur destin.
-Comment il…
-James, dit Dumbledore d'une voix calme. Voldemort n'a pas été détruit par Harry, tu le comprends n'est-ce pas?
-Oui, bien sûr, il est quelque part, affaiblit…
-Un jour il reviendra et son seul but sera de tuer Harry, car…
-Aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit, murmura James.
-Exactement, dit Dumbledore d'une voix calme. Un jour, Harry sera confronté à une situation où il n'aura pas le choix, il devra tuer ou être tué.
Interdit, James fixait son ancien directeur qui avait plongé ses yeux bleus dans les siens. Il avait de la difficulté à assimiler ce qu'il lui disait. Il était en train de lui dire que son petit garçon aurait un jour à tuer quelqu'un… Qu'il n'aurait pas le choix… Soudainement pris d'un haut-le-cœur, James se leva d'un bond et se précipita vers la salle de bain.
Une fois qu'il eut vidé le contenu de son estomac dans les toilettes, James alla s'asperger un peu d'eau dans le visage. Il jeta un coup d'œil à son reflet. Il avait l'air hagard et sa peau était translucide. Ses lèvres tremblaient lorsqu'il murmura le mot qui lui brûlait les lèvres.
-Pourquoi?
Oui, pourquoi? Pourquoi eux? Pourquoi Harry? Qu'est-ce qui l'avait poussé à choisir son petit garçon? Pourquoi est-ce qu'il avait scellé son destin? Malgré la possibilité que Voldemort ne revienne pour achever le travail, James croyait qu'ils en avaient fini avec lui… Du moins que son fils en avait fini avec lui. Il était prêt à l'affronter cent fois pour le protéger… Il refusait de le laisser se retrouver face à ce monstre une nouvelle fois, mais aurait-il le choix? Il ne l'avait pas eu la dernière fois.
Prenant une profonde inspiration, James se décida à sortir de la salle de bain pour aller rejoindre Dumbledore. En passant devant le salon, il aperçut du coin de l'œil Mary et Remus qui le suivaient des yeux.
-James, ça va, demanda Mary d'une voix concernée.
James fit le choix de l'ignorer et retourna s'asseoir à la cuisine, face à son ancien directeur. James hocha la tête en réponse à la question muette de Dumbledore et celui-ci reprit ses explications.
-Les dangers que courts Harry sont beaucoup plus grands que la possibilité que d'anciens mangemorts ne viennent le retrouver pour le tuer dans l'espoir de faire revivre leur maître. Voldemort cherchera à l'atteindre par tous les moyens. Tant qu'il n'aura pas retrouvé ses pleins pouvoirs, il n'est pas très dangereux, mais rien n'exclut la possibilité qu'il tente quelque chose. Présentement, Harry est à l'écart du monde magique et protégé, par le biais de sa tante, par le sortilège de Lily. Tant qu'il restera dans cette maison, non seulement la magie le protégera, mais son anonymat également. Si il revient dans le monde sorcier, tous sauront où il est. Il sera sans arrêt confronté à des personnes et des objets pouvant avoir été en contact avec Voldemort. Il sera plus exposé, donc plus à risque.
-Et vous croyez que je serais incapable de le protéger? Que je ne ferais pas tout ce qui est en mon pouvoir pour le tenir à l'écart du danger, demanda James, tentant de maîtriser la colère qui l'envahissait.
-Au contraire James, dit Dumbledore. Je suis persuadé que tu feras tout ce qui est en ton pouvoir pour assurer la sécurité d'Harry. C'est pour ça que je l'ai éloignée de toi.
-Vous réalisez que ce que vous dites n'a aucun sens…
-James. Je sais que cette nuit-là tu étais prêt à mourir pour sauver Harry et Lily et je sais que si la situation se représente, si Harry est de nouveau en danger de mort, tu donneras ta vie pour lui. Ton fils sera alors Orphelin.
-C'est tout comme, si vous le laissez chez les Dursley…
-Peut-être pour le moment. Mais viendra un jour où il aura besoin de toi et…
-Il aura besoin de moi toute sa vie, s'énerva James. Maintenant plus que jamais!
Dumbledore ne répondit pas. Il resta un long moment à observer James qui peinait à contenir sa colère. Maintenant Dumbledore racontait qu'il avait fait ça pour l'empêcher de donner sa vie pour sauver celle de son fils… ce vieillard était sénile.
-Je veux seulement que tu comprennes que si tu le reprends, le protéger sera beaucoup plus difficile que si on le laisse chez sa tante, dit finalement Dumbledore. Principalement parce que les effets protecteurs du sortilège de Lily s'atténueront considérablement.
-Je le comprends, dit James. Mais la place d'Harry est avec moi. Je suis son père.
-Très bien, dit Dumbledore. Demain nous irons le chercher.
Les yeux de James s'agrandirent de stupeur. Il n'était pas sûr d'avoir bien entendu… Dumbledore venait de lui dire que demain ils iraient chercher Harry. Demain il allait revoir Harry… Il avait l'impression que son cœur allait littéralement exploser. Il ne pouvait pas attendre jusqu'à demain.
-Pourquoi pas ce soir, demanda James avec empressement.
-Il se fait tard. Les Dursley et Harry doivent dormir. Je crois qu'il est préférable d'attendre à demain.
-Oui…
-Une dernière chose James. Considérant ce que je viens de te révéler, tu comprendras que…
-Vous devrez intervenir dans sa vie pour le préparer.
-Oui. J'ai ton accord?
-Bien sûr, dit James d'une voix lasse. Vous avez beau être un connard sans cœur, je sais que vous êtes un grand sorcier et qu'il aura plus de chance si vous êtes à ses côtés.
-Bien, dit simplement Dumbledore sans relever l'insulte.
Sur ces mots, le directeur se leva et prit la direction de la sortie, James à sa suite. Le jeune homme ouvrit sa porte à Dumbledore et ce dernier se tourna vers lui, toujours cet air vaguement triste sur le visage.
-J'espère qu'un jour tu me pardonneras et que tu comprendras que je n'ai fais ça que pour votre bien à Harry et toi.
-Je l'espère aussi, répondit James. À demain.
Dumbledore hocha la tête, sorti de l'appartement et disparut en un crack sonore. James referma alors doucement la porte derrière lui et appuya son front contre elle, fermant les yeux. Demain… demain il allait revoir Harry.
-James? On peut savoir ce qui se passe ou…, commença Mary.
-Demain, dit James en se retournant. Harry rentre à la maison demain.
Un silence s'installa pendant lequel Mary le regardait avec stupeur et Remus en souriant timidement. Au bout d'un moment, Mary se précipita vers lui et sauta dans ses bras. Trop heureux pour continuer de lui en vouloir, James lui rendit son étreinte, des larmes emplissant ses yeux. Il allait revoir son petit garçon…
-James, dit Mary en s'éloignant. Je… je suis désolée pour tout à l'heure… je n'aurais pas dut au sujet de Lizzie… tu as raison, ce n'est pas de mes affaires et...
-Ça va Mary, dit James en haussant les épaules. Contente-toi de ne pas recommencer. Là, je suis trop de bonne humeur pour t'en vouloir.
Mary lui répondit par un sourire et se tourna vers Remus. James l'imita et resta un long moment à regarder son ami loup-garou.
-Comment tu as fait, demanda finalement James.
-Je lui ai rappelé quelque chose qu'il m'a appris, dit Remus. L'amour est la plus puissante des magies et en ce monde, personne n'aime Harry plus que toi.
-Merci.
Remus se contenta de sourire et hocha la tête. James fut incapable de lui renvoyer son sourire. Il avait beau être reconnaissant, il n'était pas encore prêt à pardonner à Remus de l'avoir abandonné. Ce dernier compris rapidement et perdit son sourire. James voyait bien à quel point son vieil ami était torturé et il devait bien admettre que, maintenant qu'il l'avait en face de lui, c'était plus difficile de lui en vouloir.
Il connaissait Remus, il connaissait ses faiblesses, son besoin maladif d'être accepté et aimé et son incapacité viscérale d'accepter la douleur. Il avait vécu tant de choses difficiles que, d'une certaine manière, il était saturé, il ne pouvait plus encaisser. James avait devant lui un homme aussi brisé que lui, mais surtout, quelqu'un qu'il aimait profondément. Remus était comme son frère… Malgré tout, il restait incapable de lui pardonner.
-Je crois que tu devrais y aller maintenant, dit donc James.
-James, tu ne crois pas qu'on pourrait parler… Maintenant que je…
-Je n'ai pas envie de te parler, dit James d'une voix neutre.
-James… écoute.
-Non. Toi écoute, dit James avec colère. Tu m'as abandonné! Je n'ai jamais eu autant besoin de toi de toute ma vie et tu es parti comme un lâche! J'ai perdu, Lily, Sirius et Harry la même foutue journée et je n'ai même pas pu compter sur toi. Quand je pense que j'ai risqué ma vie et Azkaban pour t'aider! Je n'ai jamais manqué une pleine lune Remus. Lily était enceinte de neuf mois et je suis venu. J'ai toujours été là Remus! J'étais là quand ta mère est morte, tout comme j'étais là toutes ces semaines où tu es resté à déprimer à cause de Lucy. Je ne me suis jamais sauvé moi! Jamais! Mais toi… quand on m'a dit ce qui s'était passé, il y a une seule personne que j'étais sûr de voir à mon chevet, que j'avais besoin de voir, mais tu es parti. Tu es parti Remus! Alors, excuse-moi si je ne suis pas disposé à t'écouter, mais j'ai cru comprendre que tu n'en avais rien à faire de moi alors je n'en ai plus rien à faire de toi!
-Tu sais très bien que c'est faux, ragea Remus. Je ne me fou pas de toi! Au contraire! Tu es comme un frère pour moi et je suis revenu pour me rattraper! Je suis là maintenant! Je suis là!
-Trop tard.
-James…
-Il n'y a pas que moi dans cette histoire, dit James d'une voix froide. Mon fils revient à la maison demain. Avec un peu de chance, il ne se souviendra pas de toi et je ne te laisserai pas revenir dans sa vie pour disparaître à nouveau!
Un long silence s'installa. James fixait Remus les poings serrés et le souffle saccadé. Remus quant à lui regardait James avec une tristesse infinie dans le regard, des larmes s'étant mises à couler silencieusement sur ses joues.
-Je comprends… je vais y aller, dit finalement Remus d'une voix tremblante.
James tenta de ne pas se laisser émouvoir par les larmes qui envahissaient les yeux de Remus. Il resta un dernier moment à l'observer, comme s'il le regardait pour la dernière fois, puis prit la direction de la sortie, refermant doucement la porte derrière lui.
-James…, commença Mary d'une voix douce.
-Pas maintenant Mary. Il faut que je prépare tout pour Harry.
-Oui… Si tu n'as pas besoin de moi, je vais y aller, je travaille tôt demain.
-Ça va, vas y
-Je passerai après le travail pour voir Harry.
-Je m'en doute, dit James en souriant légèrement.
Mary lui renvoya son sourire et s'approcha de lui pour lui poser un baiser sur la joue avant de quitter l'appartement. James resta un moment à fixer la porte et, malgré tout ce qui venait de se passer, il ne put s'empêcher de sourire. Dans quelques heures, il reverrait son petit garçon, il pourrait le prendre dans ses bras, le voir sourire, l'entendre rire... ça lui manquait même de l'entendre pleurer… Dire qu'au départ il n'en voulait même pas.
21 novembre 1979
James poussa un soupir de soulagement en fermant derrière lui la porte de sa maison de Goddrick Hollow. Il avait passé toute la journée à observer le manoir Malfoy en compagnie de Dedalus Diggle. Il était épuisé et n'avait qu'une envie, se changer les idées. Ça tombait bien, ce soir il avait une sortie de prévue avec les maraudeurs. Rien de bien méchant, juste un verre en soirée, mais c'était toujours agréable de retrouver ses trois vieux amis. Surtout qu'avec l'Ordre et tout, ils ne se voyaient plus beaucoup en dehors des réunions et des pleines lunes… Du moins, il ne voyait plus beaucoup Remus et Peter, Sirius, lui, était toujours dans les parages.
-Lily, je suis rentré!
Pas de réponse…
-Lily!
-J'arrive!
James sourit, elle avait la voix endormie, elle venait sûrement de faire une sieste, elle était toujours fatiguée ces temps-ci. Le jeune homme retira son manteau et alla s'étendre dans le salon. Il avait peut-être le temps de faire une petite sieste avant le souper pour être en pleine forme pour sa soirée avec Sirius, Remus et Peter.
-Bonsoir mon amour.
James se redressa sur le canapé. Lily venait d'entrer dans le salon. Elle avait les cheveux défaits et portait un pantalon de pyjama et un t-shirt trop grand pour elle. Il avait vu juste, elle venait manifestement de dormir.
-Bonsoir ma belle, répondit James en souriant. Tu dormais?
-Oui, je ne me sentais pas très bien… je…
Lily ne termina pas sa phrase, elle éclata en sanglots. Alarmé, James se leva aussitôt et alla prendre sa jeune épouse dans ses bras. Lily ne pleurait pas souvent et c'était heureux, car à chaque fois qu'elle le faisait, il avait l'impression qu'on lui arrachait le cœur. James resta donc de longues minutes à serrer Lily dans ses bras, caressant ses cheveux alors qu'elle avait enfoui sa tête dans son cou. Il brûlait d'envie de lui demander ce qui la mettait dans cet état, mais se doutait que tant qu'elle n'aurait pas fini de sangloter, elle ne réussirait pas à formuler une pensée cohérente.
Il attendit donc patiemment qu'elle ait terminé de déverser sa peine contre son épaule. Au bout de longues minutes, elle cessa finalement de pleurer, se détacha de lui, prit une profonde inspiration et plongea ses si beaux yeux verts dans les siens.
-James. J'attends un enfant.
Pétrifié, James resta planté là à fixer Lily, les yeux ronds et la bouche entrouverte. Il n'était pas sûr d'avoir compris ce qu'elle venait de lui dire. Ils allaient avoir un enfant? C'était impossible, elle prenait toujours sa potion pour éviter de tomber enceinte. C'était une erreur forcément. Ils ne pouvaient pas avoir un enfant maintenant. Il en voulait bien sûr, mais pas maintenant! Ils étaient beaucoup trop jeunes et c'était la guerre dehors, ce n'était pas le moment d'avoir un enfant!
Alors que James réfléchissait à toute vitesse, les yeux fixés sur Lily, il voyait le visage de sa femme se décomposer et ses yeux s'emplir de nouveau d'eau à mesure que son silence se prolongeait. Il devait trouver quelque chose à dire, vite, vite…
-Tu veux le garder?
En voyant l'expression de fureur qui se dessina aussitôt sur le visage de Lily, James réalisa qu'il n'avait pas dit la bonne chose. Les joues rouges et les yeux exorbités, Lily recula d'un pas, les poings serrés.
-Tu n'en veux pas, dit Lily d'une voix blanche.
-Non… je ne sais pas… c'est inattendu et…
-Inattendu? Nous sommes mariés James et en plus nous couchons ensemble. En général, les gens qui font ces deux choses finissent par avoir des enfants.
-Bien sûr, éventuellement… Mais je croyais qu'on avait convenu que ce n'était pas le moment… Je croyais que tu prenais une potion pour éviter ça. Tu n'as quand même pas arrêté de la prendre sans me le dire?
-Oui, bien sûr James, j'ai décidé de te faire un enfant dans ton dos alors que dehors il y a un fou furieux qui essaie d'éliminer les gens comme moi et que nous, nous battons tous deux dans une organisation top secrète pour l'arrêter en risquant nos deux vies à chaque foutue journée! J'ai dû oublier de la prendre une fois ou deux, qu'est-ce que tu crois!
-Lily, calme-toi, on va en discuter tranquillement et…
-JE NE VEUX PAS ME CALMER! Quand une femme annonce à son mari qu'elle est enceinte, elle ne s'attend à se faire demander si elle veut le garder!
-Mais… tu pleurais et c'est la guerre et… on est si jeunes… Lily…
-Je pleurais parce que je sais toutes ces choses et que je trouve déplorable de savoir que mon enfant naîtra dans ces conditions! C'est pourquoi je m'attendais à un peu de réconfort de ta part! Je n'aurais jamais pensé que tu pourrais me demander de m'en débarrasser!
-Lil, j'ai juste posé la question, je…
-Ne dit plus rien! Chaque fois que tu parles, ça me met encore plus en colère et ce n'est pas bon pour mon bébé. Parce que pour répondre à ta question, James, oui, je vais le garder! Maintenant, si tu veux bien m'excuser, je vais aller me changer et demander à Mary si je peux passer la nuit chez elle, parce que franchement en ce moment tu es la dernière personne au monde que j'ai envie de voir!
Sur ces mots, Lily tourna les talons et James la regarda partir la mort dans l'âme. Il avait encore agit comme un idiot… Il avait juste été pris de court et Lily ne lui avait pas laissé le temps de mettre ses pensées en ordre. Il faut dire que présentement, avoir un enfant relevait presque de la folie. Il n'avait jamais envisagé cette possibilité dans un avenir si proche… Quand il s'imaginait avoir des enfants avec Lily, ils avaient au moins 25 ans et le monde était de nouveau un endroit sûr.
Mais si c'était ce que Lily voulait… c'était imprévu, ça rendrait Lily encore plus vulnérable, il ne savait pas s'il aurait assez de temps pour s'assurer que son enfant ne naîtrait pas au milieu de la guerre et il n'était pas du tout sûr d'être prêt pour ça, mais si Lily le voulait, ils auraient cet enfant et il ferait de son mieux pour être le meilleur père qui soit.
Fier de sa nouvelle résolution, James sortit du salon pour aller rejoindre Lily qui venait de commencer à monter les escaliers. Il allait ouvrir la bouche pour lui demander de redescendre, lorsque la porte de la maison s'ouvrit sur Sirius qui était tout sourire.
-Je sais que je suis en avance, mais je vais vous préparer à souper, s'exclama Sirius en brandissant un sac. James? Tout va bien?
James songea qu'il devait vraiment avoir une drôle de tête, pour que Sirius remarque que quelque chose n'allait pas, parce que son ami avait le sens de l'observation d'une limace.
-Oui Sirius, dit Lily qui s'était arrêtée dans les escaliers. James va très bien. Moi en revanche, je viens de réaliser que je me suis mariée à une véritable enflure! J'aurais dû m'en tenir à ma première idée et épouser le calmar géant!
-Okay… Je crois que je vais repasser.
Sur ces mots, Sirius amorça un mouvement de recul vers la sortie. Il avait déjà appris à ses dépens que ce n'était pas une bonne idée de s'immiscer dans les disputes de James et Lily. Pas qu'ils se disputaient souvent, mais lorsque ça arrivait, c'était toujours avec violence et une fois, alors que Sirius tentait de faire l'arbitre, Lily lui avait jeté un sortilège de chauve-furie particulièrement puissant parce qu'il n'avait pas penché en sa faveur. Bref, Sirius amorçait donc un mouvement de repli lorsque James l'arrêta.
-Non, Sirius, reste, ordonna James.
-Mais…
-Nous avons une nouvelle à t'annoncer.
James leva les yeux vers Lily qui même si elle semblait toujours furieuse avait redescendu de quelques marches.
-Une nouvelle, demanda Sirius avec méfiance.
-Oui. Ce n'est sûrement pas le moment idéal, mais c'est une merveilleuse nouvelle, repris James les yeux toujours fixés sur Lily qui semblait de moins en moins furieuse.
-C'est quoi cette nouvelle, demanda Sirius qui n'avait jamais été particulièrement patient.
-Nous allons avoir un enfant.
Le silence s'installa. Sirius promenait son regard de James à Lily les yeux écarquillés et James et Lily se regardaient les yeux dans les yeux. James vit toute une gamme d'émotion passer dans ces yeux verts qu'il connaissait maintenant par cœur, de la colère, du doute, de la surprise, du soulagement et, surtout, de la joie.
-Tu le veux vraiment, demanda Lily d'une petite voix.
-Tu sais que je réagis toujours comme un idiot quand je suis pris par surprise. Mais oui, je veux cet enfant.
-C'est vrai que tu es un idiot, approuva Lily en souriant.
Sur ces mots, la jeune femme sauta en bas des marches et se précipita vers James pour poser un baiser sur ses lèvres. James la prit dans ses bras et la fit tournoyer. Il fut à la fois heureux et soulagé d'entendre son rire résonner dans ses oreilles, mais après tout, elle lui pardonnait toujours tout.
-Alors nous allons avoir un enfant, demanda Sirius un grand sourire sur les lèvres.
-Oui Sirius, nous allons avoir un enfant, répondit Lily une fois que James l'eut reposée.
-Notre premier enfant, s'exclama Sirius. C'est génial!
-C'est vrai, mais ce n'est pas exactement le premier, avec toi, ça nous en fait deux, dit Lily en lui faisant un clin d'œil.
Sirius éclata de rire et vint également prendre Lily dans ses bras pour la faire tournoyer. James regarda alors les deux personnes qu'il aimait le plus au monde et sourit. D'accord, il ne se sentait pas tout à fait prêt et ce n'était pas du tout le bon moment, mais ils s'en sortiraient. Ils s'en sortaient toujours.
27 mars 1982/ 23h
Remus était assis dans la cuisine de Mary, une tasse de thé à la main. La jeune femme attendait patiemment qu'il lui parle. Il devait juste trouver les mots…
-J'ai croisé Lucy aujourd'hui, dit finalement Remus.
-Oh… elle allait bien?
-Je crois oui…
-Elle t'en voulait beaucoup?
-Tu n'as pas idée, dit Remus d'une voix étranglée. On ne s'était pas vu depuis mon dernier anniversaire…
-Je me souviens. Je me souviens aussi que nous t'avions pratiquement harcelé pour que tu la revoies.
-Oui… et j'aurais dû vous écouter… Mary… ce soir-là, j'ai couché avec Lucy.
-Je sais.
-Et elle est tombée enceinte.
Cette fois, Mary ne dit rien. Elle se contenta de le regarder les yeux écarquillés et la bouche entrouverte. Remus ne dit plus rien, sentant pour la énième fois aujourd'hui ses yeux s'emplir d'eau et son cœur se serrer à l'extrême.
-Elle ne te l'a pas dit, demanda Mary au bout d'un moment.
-Elle a essayé… elle m'a…
-Envoyé des lettres que tu n'as pas ouvertes, dit Mary d'une voix blanche.
-Oui, confirma Remus d'une petite voix.
-Remus, gémit Mary. Tu… comment est-ce que…
-Je sais Mary, je sais.
Mary soupira et se passa une main devant les yeux. Remus prit une profonde inspiration. Il avait honte de lui, plus que jamais, et il se sentait misérable… il en avait mal au cœur de voir la déception qui traversait le regard de son amie.
-C'est un petit garçon ou une petite fille, demanda finalement Mary.
-Une petite fille.
-Tu vas la voir?
-Je ne sais pas, répondit Remus en secouant la tête.
-Remus Lupin! Pour une fois tu vas prendre tes responsabilités et…
-C'est Lucy, la coupa Remus. C'est Lucy qui ne veut pas que je la voie. Elle me l'a dit parce qu'elle considère que j'ai le droit de savoir, mais elle refuse que je la voie tant que je ne lui aurai pas prouvé que… que je ne m'enfuirai pas comme je l'ai fait avec elle.
-Hum… j'aurais sans doute fait la même chose…
-Oui, dit Remus d'une voix étranglée. C'est aussi ce que fait James…
-Remus, dit Mary en secouant la tête. James est blessé et…
-Bien-sûr qu'il est blessé, s'exclama Remus en se levant. Je ne fais que ça blesser les gens que j'aime! Que ce soit volontaire ou non, je…
-Remus, dit Mary d'une voix douce. Il te pardonnera et Lucy aussi. Il faut du temps.
-Sans doute… je me demande juste si je le mérite.
-Bien sûr que tu le mérites et si ça n'est pas toi qui le mérites, c'est eux. James mérite de pouvoir compter sur toi, Lucy mérite de pouvoir te faire confiance et ta fille mérite de connaître son père!
-Oui... j'espère seulement que je le pourrai.
-Tu sais comment elle s'appelle?
-Annie, dit Remus en souriant légèrement. Annie Lupin… elle lui a quand même donné mon nom.
-C'est bon signe, dit Mary d'une voix douce. Elle veut qu'elle sache qui est son père, elle veut que tu sois dans sa vie.
-Oui… elle dit qu'elle me ressemble… J'espère juste qu'elle ne me ressemble pas trop.
-Remus, rien ne prouve que…
-Rien ne prouve que la lycanthropie est héréditaire, mais rien ne prouve qu'elle ne l'est pas non plus. Tu sais comme moi qu'il y a peu ou pas d'études qui prouvent que la morsure est le seul moyen de contagion.
-Remus, dit Mary d'une voix apaisante. Si Lucy est tombée enceinte à ton anniversaire, ça veut dire qu'aujourd'hui ta fille a environ quatre mois. Si elle était née loup-garou, elle se serait déjà transformée trois ou quatre fois au moins. Lucy se serait probablement doutée de quelque chose et t'en aurait parlé, tu ne crois pas?
-Oui…
-Alors, quand est-ce que tu vas voir Lucy?
-La semaine prochaine… crois-tu que je devrais lui dire?
-Que tu es un loup-garou? Définitivement.
-Et si elle se sauve et que je perds toute chance de rencontrer ma fille?
-Je ne connais pas Lucy aussi bien que toi Remus, mais je crois qu'elle sera capable de comprendre.
Remus ne répondit pas, se contentant de poser les yeux sur ses mains, les sourcils froncés. Le fait est qu'il ne parvenait jamais à savoir comment les autres allaient réagir. Quand James, Sirius et Peter l'avaient découvert, il était persuadé qu'ils allaient le maltraiter un peu avant d'aller le dire à toute l'école et de le faire renvoyer. Quand Lily l'avait découvert, il avait cru qu'elle s'enfuirait en courant et refuserait de lui adresser de nouveau la parole. Quand Mary l'avait appris, il avait cru qu'elle le dénoncerait pour le forcer à s'inscrire sur le registre et l'emmènerait à Ste-Mangouste pour lui faire subir les examens d'usage. Et quand Dumbledore lui avait demandé s'il était d'accord à ce que certains membres de l'ordre soient mis au courant de sa condition, Remus avait paniqué et avait eu peur que les autres le soupçonnent aussitôt d'être du côté de Voldemort comme l'étaient la majorité des loups-garous. À chaque fois il s'était trompé.
-Bon, moi je vais aller me coucher, je suis épuisée et je travaille demain, dit soudainement Mary en se levant. Remus, pense à tout ça et fait moi plaisir, répond à la lettre de ton père.
-Je le ferai, assura Remus.
Mary lui sourit doucement, s'approcha de lui pour poser un baiser sur son front, lui souhaita bonne nuit et fit mine de quitter la pièce.
-Merci.
Mary se retourna vers Remus et lui sourit doucement.
-Pourquoi?
-Pour tout, souffla Remus.
-Ça fait plaisir, répondit la jeune femme.
-Bonne nuit Mary.
-Bonne nuit Remus.
Remus regarda la jeune femme s'éloigner, le cœur un peu plus léger. Aujourd'hui, il avait réalisé à quel point il avait agi en salop avec tous les gens qu'il aimait. Maintenant, il devait réparer ses erreurs. Remus sortit donc de sa poche l'enveloppe froissée contenant la lettre de son père.
28 mars 1982
James se tenait immobile devant une petite maison de banlieue. Dumbledore l'avait emmené à Little Whinging, devant le 4 Privet Drive. C'est là, dans cette maison que son fils avait passé les six derniers mois. Dans quelques instants, il pourrait le revoir et le prendre dans ses bras… mais debout devant cette maison, il était comme paralysé, effrayé à l'idée qu'il ne se souvienne pas de lui ou qu'il ait été maltraité.
-Ça va aller James, demanda doucement Dumbledore.
-Allons-y.
Dumbledore lui sourit et fit signe à James de passer devant lui. Celui-ci prit une profonde inspiration et se dirigea vers la porte d'entrée. Il avait la gorge serrée, de la difficulté à respirer et sa main tremblait lorsqu'il la leva pour frapper à la porte. Il frappa toutefois trois grands coups sans la moindre hésitation. Il entendit quelqu'un s'activer derrière la porte et au bout de quelques secondes, la porte s'ouvrit sur Pétunia qui tenait un gros bébé blond dans ses mains. Bien qu'il ait vraisemblablement à peu près le même âge qu'Harry, ça n'était manifestement pas lui.
-Toi!
-Bonjour Pétunia, dit James en entrant dans la maison. Je viens chercher Harry.
-Mais… mais… tu… tu es en vie!
James se retourna. Dumbledore l'avait averti. Il avait dit aux Dursley qu'ils étaient morts tous les deux, autrement ils n'auraient pas pris Harry.
-Il vous a menti, dit James en désignant Dumbledore qui était entré à sa suite. Où est mon fils.
-Et ma sœur, demanda Pétunia d'une voix tremblante. Lily elle… elle est vraiment morte?
James observa un moment Pétunia. Ses yeux étaient brillants de larmes et James cru y percevoir une lueur d'espoir. Pétunia avait beau avoir été odieuse avec Lily, elle espérait malgré tout qu'elle soit toujours en vie.
C'était étrange, mais s'il y a une chose qu'il avait apprise de Sirius, c'est qu'on a beau vouloir les renier, les liens du sang sont incroyablement forts. Malgré tout ce qui s'était produit avec sa famille, Sirius n'avait jamais cessé d'aimer et de s'inquiéter pour son petit frère. C'était probablement d'une certaine manière la même chose pour Pétunia.
-Oui, dit donc James d'une voix douce. Elle est morte.
Pétunia hocha la tête et renifla, serrant son bébé contre elle. James ouvrait la bouche pour redemander à Pétunia où était Harry, lorsque Vernon fit son apparition dans les escaliers.
-Toi, s'exclama Vernon. Tu es en vie!
-Manifestement, soupira James. Où est mon fils.
-Tu as fait semblant d'être mort pour faire élever ton fils par quelqu'un d'autre! Les gens de ton espèce…
Vernon cessa de parler, en quelques pas, James avait franchi la distance les séparant, l'avait attrapé par le collet et sorti sa baguette pour la pointer contre la gorge de Dursley.
-Tu sais ce que c'est, demanda James d'une voix agressive.
-James, dit Dumbledore d'une voix douce alors que Vernon balbutiait.
-C'est… c'est… une ba… baguette…
-Une baguette magique oui et tu sais à quoi ça sert? Tu sais tout ce que je peux te faire avec ça?
-James, gronda la voix de Dumbledore.
James jeta un regard à son ancien directeur, puis se retourna vers Vernon.
-Disons que c'était un avertissement, dit James en le relâchant. Concernant ce qui pourrait éventuellement t'arriver si tu ouvres de nouveau ta grande gueule ou si je m'aperçois que mon fils a été maltraité.
Sur ces mots, James lâcha Vernon, descendit les escaliers et, ignorant le regard sévère de Dumbledore braqué sur lui, il se tourna vers Pétunia.
-Où est mon fils.
-Dans la cuisine, dit-elle d'une voix faible en pointant le bout du couloir.
D'un bon pas, James prit la direction que lui indiquait Pétunia et surgit dans la cuisine. Il était là. Assis dans une chaise haute, il mangeait des céréales qui avaient été répandues sur le plateau. James sentit une boule se former dans sa gorge. Il avait énormément grandi…
-Bonjour Harry, dit James d'une voix douce en s'approchant du bambin.
Reconnaissant son nom, le petit détacha son attention des céréales et leva la tête vers son père. James sentit des larmes envahir ses yeux en voyant pour la première fois depuis six longs mois ses beaux yeux verts en amande. Les yeux de Lily.
Alors que James s'approchait pour retirer le plateau et sortir l'enfant de la chaise haute, celui-ci l'observait avec curiosité. Il ne le reconnaissait manifestement pas… James prit une profonde inspiration et passa ses mains sous les aisselles du bébé pour le sortir de la chaise. Aussitôt qu'il le prit dans ses bras, le bébé tendit les bras vers lui pour poser ses petites mains sur son visage.
-Papa!
Cette fois, James ne put retenir les larmes qui s'échappèrent de ses yeux et étouffa un sanglot en serrant son fils contre lui. Il se souvenait de lui. Après tout ce temps, Harry se souvenait de lui…
-Oui c'est papa, murmura James, serrant toujours le bambin contre lui. Je te ramène à la maison.
James sortit de la cuisine et traversa le couloir où les Dursley et Dumbledore attendaient.
-Je rentre chez moi, dit James à l'adresse de son directeur.
-Bien sûr, approuva Dumbledore.
-Et ne t'avise plus de remettre les pieds chez moi, s'exclama Vernon avec bravade.
James se tourna lentement vers Vernon et jeta un regard dégoûté sur lui.
-La seule raison pour laquelle je retournerais chez toi, Dursley, c'est pour te faire payer si je m'aperçois que tu as maltraité mon fils.
Sans plus s'éterniser, James serra Harry plus étroitement contre lui et transplana, se retrouvant devant la porte de son appartement. Il savait bien que s'il était resté plus longtemps chez les Dursley, il n'aurait pas résisté à l'envie de frapper Vernon, de lui lancer un sort ou de faire les deux. Mais c'était terminé. Il n'aurait plus à les revoir. Jamais.
James posa les yeux sur Harry qui commençait à s'agiter, jetant des regards curieux partout autour de lui. James sourit, posa un baiser dans les cheveux de son fils et ouvrit la porte de son appartement.
-Si on te donnait un bain, demanda James à Harry.
-Bain!
James sourit et se dirigea vers la salle de bain. La première chose qu'il voulait faire était de le débarrasser de cet hideux pyjama trop petit et complètement usé qu'ils lui avaient mis. James mit donc de l'eau à couler avant de lui retirer le vêtement. Il grimaça en le jetant au loin, songeant qu'il allait le brûler par la suite. Il lui retira ensuite sa couche qui, sans grande surprise, était sale. Il entreprit ensuite d'examiner chaque centimètre de son corps. S'il était maigre pour un bébé de 21 mois, il n'avait ni bleu, ni bosse, ni coupure.
-Ils t'ont fait mal ces gens?
Le bébé le regarda sans comprendre et James se contenta d'arrêter l'eau et de mettre Harry dans le bain. Il avait toujours aimé prendre son bain et il commença aussitôt à jouer dans l'eau, s'émerveillant des gerbes d'eau qui jaillissaient en l'air et éclatant de rire en les voyant retomber et l'éclabousser. C'était rassurant, songea James. Il avait grandi, il avait sans doute appris de nouveaux mots, il pouvait sûrement faire de nouvelles choses, mais il restait le même. Il était toujours leur petit garçon à Lily et lui.
Voilà!
Désolé pour le délai de livraison de ce chapitre, surtout que je sais que j'ai terminé l'autre de manière un peu abrupte... Enfin, j'espère que l'attente en valait la peine! Bon, je sais que le titre du chapitre vend la mèche, mais je trouvais que c'était le titre le plus approprié pour ce chapitre, de toute manière, on l'apprend au tout début, alors...
Bref, je vous embrasse et vous dit à la prochaine!
Anna
