Voici le 7ème chapitre !

Merci CoolMhouse pour tes reviews et ta fidélité qui m'encouragent à continuer :)

Bonne lecture!

De l'autre côté de la ville, Mike errait dans les rues, aves un brin de folie l'animant continuellement. Il avait réussi à se débarrasser de ses menottes en se rendant chez un bûcheron lui racontant comme quoi il était à la poursuite d'un dealer de drogues et que celui l'avait assommé et menotté. Mike portait l'uniforme, et disposait même de sa carte de fonction dans la poche de sa veste comme preuve. Comment pouvait-on refuser d'apporter son aide à la police dans ces cas là ? Le bûcheron avait été compréhensif et avait donné un coup de hache sur les chaînes, libérant le policier de ce fardeau.

Mike se croyait puissant avec cet uniforme qui le saillait si bien, pourquoi n'en profitait-il jamais. Continuant à marcher sans but, il fut interpellé par deux hommes en imperméable noir. Il se tourna et sa bouche s'élargit jusqu'à en toucher les extrémités de ses joues. Les deux hommes s'approchèrent d'un pas vif, entraînant Mike qui ne protesta pas dans une allée étroite.

-Où est le dealer ? Il est mort ? Questionna l'un des deux hommes

-Non, il est en vie ! Jubila Mike

-Espèce d'imbécile ! Le frappa l'autre imper noir. Tu devais l'arrêter et le tuer !

-J'ai pas pu il s'est fait aider par un type taré avec une canne.

-Qui ?

-Je ne sais pas il a emmené l'autre flic à l'hospice et il voulait m'emmener à l'étage psychiatrique mais j'ai réussi à m'enfuir ! Hurla Mike

-La ferme ! Joe donne lui ses médocs, il nous fait une crise !

Joe s'approcha de Mike et lui enfonça des pilules roses dans la bouche du malade.

-Non pas les pilules ! Je vais très bien ! Je ne veux pas être l'autre faible ! Laissez-moi ! Raaaaaaaaaaaah ! Rugit Mike

Mike tenait sa tête entre ses mains, ne cessant de pousser des cris aigus aussi sonore que les décibels d'un marteau piqueur qui vous transperçait les oreilles. La paire d'imperméables ne bougeait pas regardant la situation avec lassitude, impassible aux hurlements du cobaye de service. Mike était maintenant à genoux les bras tendus perpendiculaires au sol. Les cris s'atténuaient pour devenir des gémissements. Le policier versait des larmes, frappant du poing contre le bêton.

-Je le dirai à Mr Franck ! Et il vous tuera ! Bande de cons ! Pleura le malade

Les deux hommes restaient toujours sans réaction. Celui qui ne s'appelait pas Joe murmura quelque chose d'inaudible.

Mike était à plat ventre, paralysé, la vie semblait quitter petit à petit son regard. Il expira dans un dernier souffle : « je reviendrai » puis l'homme s'éteignit.

- Enfin, ramenons-le à Franck. Soupira Joe

-Ouais, il ne va pas être content, ce minable a raté sa mission.

-Je le savais on aurait dû s'en charger, mais Franck n'a rien voulu entendre.

-Pour mettre sa nouvelle création à l'épreuve.

-Je ne sais pas où il a déniché ce taré mais malgré les traitements qu'ont lui a confectionnés, ce type est une plaie.

L'homme hocha la tête, ramassa le corps inerte de Mike le traînant jusqu'au fond de l'allée et le jeta dans la berline noir. Joe monta au volant du véhicule a côté de son acolyte. La voiture démarra en marche arrière se glissant discrètement dans la circulation du New Jersey.

Je lâchai mon stylo, éberlué par l'histoire de mon ami.

-Tu as accomplit toutes ces conneries en moins de deux heures ?! Questionnai-je interloqué

-Faut croire que oui, mon don à provoquer des emmerdes s'est manifesté très fortement. Mais n'empêche que si ce flic m'avait laissé faire à mon gré, je n'en serais pas là ! Grogna House

Je ne pus m'empêcher de sourire, après tout il était comme ça, ce n'est pas comme si c'était la première fois qu'il avait des ennuis, c'était même son lot quotidien, mais je devais admettre qu'il avait décroché la pochette surprise sur ce coup là. Mais je m'inquiétais, quelque chose me rendait mal à l'aise dans son récit mais je n'aurais su dire quoi, comme si la pochette était piégé. Et puis à quoi bon me torturer l'esprit, il allait s'en sortir comme d'habitude, c'était House quoi. Je fus plus détendu. Et puis on verra bien les autres cadeaux qui l'attendent.

-Ou si tu l'avais laissé appeler l'ambulance tu n'en serais pas là non plus. Lançai-je amusé

-Et puis si Cuddy apprend ce qui s'est passé, je passerai mes journées en consultations.

-Tu dis ça mais tu ne les feras jamais.

-C'est pas faux mais elle sera encore plus attirée par moi après.

-Mais bien sur, Don Juan.

-C'est un titre qui m'est inférieur par rapport à mon charme, appelez moi Don House Juan.

-Oui mon seigneur Don House Juan. Fis-je d'un signe de tête de révérence.

-Je ne t'en demandais pas tant. Au fait c'est vrai que Cuddy est en réunion depuis dix heures ?

-Ouais, elle m'avait dit qu'elle en aurait pour un bon moment, et que c'était important pour le compte en banque de l'hôpital vu que tu es le principal perturbateur de nos problèmes financiers.

-En attendant je sauve des vies, alors que toi t'auras beau faire des chimios à tes patients, ils finiront pour la plupart par mourir même si j'avoue que tu es un oncologue de qualité… Laissa House en suspend

-Merci pour ce compliment, ce n'est pas tous les jours que j'entends ces mots sortir de ta bouche.

-Je n'avais pas terminé.

-Ha ! Lançai-je déçu

Un faible tambourinement retentit derrière ma porte. Je regardais d'un air hésitant House qui m'envoya des regards perçants me signalant de ne laisser personne pénétrer dans mon bureau.

-Entrez ! Cédai-je

House me lança des éclairs bleus électriques, je frémis légèrement. Je le connaissais depuis des années mais lorsqu'il me jetait des poignards térébrants, cela me mettait tout le temps mal à l'aise.

La doyenne de l'hôpital fit une entrée magistrale simplement vêtue d'un tailleur rouge et d'une jupe noire mettant en valeur les jolies courbes de ses jambes discrètement hâlées. Autorité et élégance se dégageaient de sa posture et de son visage aux traits fins. Les rayons du soleil illuminaient l'émeraude de ses yeux tout en laissant percevoir une fatigue malgré le maquillage parfaitement appliqué sur ce tableau aux couleurs sobrement unies, encadré de ses cheveux châtains bouclés jusqu'aux épaules.

Je n'étais pas le seul subjugué par sa présence dans la pièce. House qui faisait la moue deux secondes auparavant, relookait Cuddy de haut en bas.

-Bonjour Wilson. C'est bon c'est dans la boîte, on vient de gagner 320 000 dollars ! Commença la directrice enjouée

-Mais c'est une très bonne nouvelle ! Répondis-je

-Oui, les négociations n'ont pas été faciles mais ça va nous permettre de rembourser nos crédits !

Je hochai la tête, puis Cuddy se retourna vers House qui n'avait prononcé un mot.

-Et vous qu'est-ce que vous faîtes à traîner dans le bureau de Wilson. Allez en consultations ! Je vous signale que vous avez perdu votre pari, je ne vous ai pas vu à 10 heures. Vos consultations se feront jusqu'à 21heures et pas de discussions. Débita Cuddy d'une vitesse incroyable.

-Vous dîtes bonjour à Wilson et pas à moi. Même votre décolleté est plus poli que ça, il m'offre un bonjour plongeant sur votre proéminence.

Cuddy soupira.

-Je n'ai pas le temps de m'amusé avec vous House, tout ce que je veux c'est que vous ne mettez pas l'hôpital dans une situation critique pendant quatre jours au moins.

-C'est tout, vous savez je peux être très sage quand je le veux.

-C'est bien mon enfant, et si tu restes sage pendant ces quatre jours, tu n'auras pas à finir les trois jours restant en consultations.

-Mais je n'ai pas à les faire, je n'étais pas en retard j'ai eu un contrôle de police imprévu et ça m'a permis d'avoir un nouveau cas au passage. Donc je ne peux malheureusement pas assurer les consults. Dit House sur un ton faussement dramatique

-Vous avez eu un contrôle de police ? Interrogea Cuddy suspicieuse

-Je peux même vous le prouver puisque le policier qui m'a fait le contrôle est mon nouveau patient. Venez lui demander si vous ne me croyez pas.

-Vous avez fait entrer un patient dans l'hôpital ?

-Bien sur je suis médecin non, c'est mon job de me faire des clients.

Cuddy passa sa main furtivement sur son visage et poussa un long et lourd soupir.

-Très bien, je verrai ça plus tard, mais ce n'est plus votre patient je le confierai à quelqu'un d'autre. Comme ça vous pourrez assurer tranquillement vos consultations.

-Non je lui ai promis de m'occuper de lui, il a confiance qu'en moi. Et puis, il sera en état de choc s'il apprend que ce n'est pas moi qui le traite.

-Vous avez des sentiments pour vos patients maintenant ! Un policier en plus.

-Faut croire que Wilson a déteint sur moi.

Je sursautais à l'entente de mon nom dans cet échange verbale chorégraphié par House, Cuddy suivait la danse par des mouvements moins calibrés que son employer.

-Peu importe, vous ferez des efforts sociaux un autre jour, je tiens absolument à ce que vous vous rendiez en consultations.

-Qu'est-ce qu'il y a de si important pour que j'aille en consultations ? Questionna House

-C'est votre devoir en tant que médecin de cet hôpital ! Balança d'un ton brusque la doyenne.

-Vous mentez !

-Je vous oblige tous les jours à aller en consultations parce que c'est votre boulot et là vous dîtes que je mens.

-Oui, j'imagine que vos 320 000 dollars contiennent certaines clauses à respecter.

La doyenne eut un moment de pause me détaillant du regard.

-J'aurais du m'en douter, de toute façon vous aurez fini par le savoir un jour ou l'autre, à quoi bon. Tant pis Wilson ce sera pour un autre jour, je n'ai pas réussi à le faire partir. Me lança Cuddy avec un clin d'œil.

Je n'eus pas le temps d'assimiler les paroles de la doyenne, que House se mit à me crier.

-Tu te tapes Cuddy ?!

-Quoi ? Fis-je perdu au beau milieu des deux protagonistes qui m'avaient apparemment introduit dans leur sujet de conversation.

-Tu te tapes Cuddy ?! Me dit-il d'un air plus calme me regardant droit dans les yeux

Son regard me procura à nouveau ce malaise insoutenable, je ne pouvais pas baisser les yeux mais j'eu la fermeté de détourner le regard deux secondes vers Cuddy qui souriait et m'incitait à répondre par un oui.

Les yeux du diagnosticien accrochèrent les miens attendant une réponse. Devant ses yeux je ne pouvais pas leur mentir, ni leur trahir, ils perceraient la moindre faille dans mon attitude : j'étais prisonnier.

-Oui. Bredouillais-je sachant très bien que c'était faux.

Il y eu un moment de silence. House sondait moi et Cuddy tour à tour. La doyenne continuait à sourire tandis que moi je stagnais dans l'hébétude. Je ne comprenais pas pourquoi je venais de mentir à mon ami, surtout que je risquais de lourdes représailles de sa part et surtout pourquoi Cuddy a insinué qu'on était ensemble.

-Sur ce je vous laisse, vous en avez long à vous dire, n'oubliez pas vos consultations House.

J'observais Cuddy s'effacer petit à petit dans l'entrebâillement de la porte, la suppliant des yeux de ne pas me laisser couler dans ce bourbier. Elle serra les poings d'un geste vif pour m'encourager à affronter l'interrogatoire de House. Puis la porte se ferma : j'étais seul face au fauve.

Le silence était pesant. Je m'affaissais à mon travail pour éviter ses yeux lourds au dessus de ma tête. Plus de 10 minutes venaient de s'écouler sans que l'aucun de nous ne lâche le moindre soupir.

Je ne tenais plus. Après tout pourquoi, je me prenais la tête, je lui avais menti. Il allait juste me harceler pour savoir pourquoi j'avais menti et Cuddy aussi. Je levais la tête de mon dossier.

-House ! C'était une blague je ne me suis pas fait Cuddy.

House se mit bêtement à rire.

-Mon pauvre Jimmy ! Je sais que c'est faux.

-Pourquoi tu me fais subir ça ?

-C'était pour que Cuddy croit que je la crois. Elle cache quelque chose et je veux et vais le savoir.

-T'aurais pu me le dire quand elle était partie.

-Non, c'était amusant de te voir contrarié et perdu. Ça fait quoi de se vanter de s'être fait la doyenne.

-Rien répondis-je, de toute façon je l'ai dit parce que Cuddy me l'avait demandé.

-A part que t'étais rouge comme son décolleté, t'as ressenti quoi ?

-House !

-C'est bon on ne peut rien dire avec toi.

Je soupirais replongeant mon nez sur un dossier.

-J'ai faim ! On va manger !

-Je te préviens j'ai plus d'argent, tout est passé au près de ton ami le livreur.

-T'as qu'à faire un crédit, les cuisiniers te connaissent bien maintenant !

-J'en ai déjà fait trois ce mois-ci que je n'ai pas remboursés.

-Et moi alors, je mange comment ?

-Si tu pouvais payer une fois dans ta vie, ça serait bien.

-Moi payer ?

-Oui. Fis-je le plus naturellement du monde.

-Très bien, aujourd'hui je paie MA part ! Annonça House en se levant du fauteuil

-Et moi ?

- Déjà estime-toi heureux que je paie ma nourriture et que je ne fasse pas un crédit à ton nom.

Je réfléchissais considérant que c'étai déjà un effort exceptionnel qu'il sorte des billets de son propre porte-monnaie.

-Ta générosité te perdra House ! Articulai-je

House était au pied de la porte m'adressa un dernier moment d'attention.

-Ne crois pas que ça sera comme ça tous les jours ! Aujourd'hui, c'est vraiment parce-que je meurs de faim qu'il y a steak frite à la cafétéria !

Je souriais et House s'en alla en claquant la porte, évidement. Aujourd'hui il payait sa part, peut-être que un jour il paiera pour moi me dis-je naïf.

Will s'était faufilé entre les voitures du parking aussi discrètement qu'une souris et atterrit devant l'hôpital. Il regarda à droite et à gauche et se mit à dévaler la rue, faisant rebondir ses chaînes en or qui s'entrechoquaient sur son torse.

Il continua à parcourir la ville pour arriver devant la poubelle marquée du chiffre 67 : un vulgaire tag délavé dessiné en noir. Il l'ouvrit et retira une planche pour laisser l'ouverture à un escalier descendant dans les limbes obscurs. Will enjamba la poubelle avec agilité et descendit les escaliers qui le menèrent à une petite pièce délabrée ressemblant à un local de femme de ménage, éclairée par une sombre lumière. Des balais et des seaux étaient soigneusement posés dans les quatre recoins de la pièce. Une petite étagère en bois usée par le temps supportait quelques produits ménagers. Une vieille affiche des années soixante ornait l'un des murs : On pouvait y voir la tête de Kennedy et y lire le slogan : « Kennedy président ! ». Will ferma les yeux, la main posée sur le coeur et fit une révérence à l'affiche avant d'ouvrir une porte en bois avec une clé rouillée. Il entra dans une pièce similaire à la précédente sauf que celle-ci était vide et était constituée d'une porte blindée agrémentée d'un digicode à reconnaissance digitale. Will appuya son index sur la plaque, un halo vert apparu sur le petit écran, puis il composa le code. La porte s'ouvrit.

Will pénétra dans une grande salle rectangulaire immaculée de blanc, composée d'appareils sophistiqués: une dizaine d'ordinateurs derniers cris posés sur des tables fines en verre. Au fond de la pièce une large vitrine qui pouvait équipée une armée de cinquante hommes, était remplie de mitraillettes, de snipers, de grenades et de petits calibres. Des coffres forts en inox étaient accrochés aux murs, à droite un coin avait été aménagé, faisant office de laboratoire de recherche : le plan de travail avait été délaissé, des tubes à essai renversés, un microscope ultra moderne était couché sur le bureau, des plaquettes de souche et des feuilles étaient éparpillés. En s'approchant on pouvait y voir sur un écran fêlé un bandeau rouge sur lequel était inscrit en blanc « refused ». De l'autre côté de la pièce une carte des USA électronique occupait l'entière surface du mur. Un cigle était inscrit en tout petit sur un coin de la carte : une planète avec les initiales de la C.I.A.

The end

Une petite review svp!