Chap 7 :
La carte, à part le fait que son support ressemblait grandement à une peau humaine, avait une particularité : elle avait deux faces. … bon d'accord, c'est pas si étrange pour nous, mais en Terre du Milieu, c'est hyper rare ! L'un des cotés représentait sans surprise Arda. Il n'y avait aucun détail. Les traits noirs étaient grossiers et tremblants. Une simple croix rouge indiquait l'emplacement où Aragorn devait se rendre (mais pourquoi doit-il y aller ?), qui se trouvait être précisément la cité de Minas Tirith.
-Et dire qu'on y était… soupira Natacha.
De ce fait, le deuxième coté de la carte regroupait bon nombre de plans et croquis de certains endroits mystérieux de la cité blanche. Aragorn tendit la main pour attraper la carte et l'examiner plus en détail mais Jack fut plus rapide. Il rangea la carte dans son grand manteau et sortit son pistolet qu'il pointa sur ses hôtes.
-Rien n'est gratuit, chers amis.
Les trois françaises ainsi que Sherlock Holmes reculèrent d'un pas et levèrent leurs mains vides. Mais les autres ne semblaient pas comprendre la menace. Que pouvait un petit objet sans aucun tranchant contre leurs épées ?
-Heu si j'étais vous, je reculerais, suggéra Marine. Ceci est un pistolet. Et comme je connais le capitaine Sparrow, il a la gâchette facile.
-Traduction pour les incultes, précisa Selijah, ça veut dire qu'il n'a aucun scrupule à vous dégommer le cervelet.
-Tout à fait bien parlé, affirma Jack. Pour tout te dire, l'ami, que tu deviennes roi ou que tu crèves sur le pont de mon bâtiment, ça n'a pas la moindre importance à côté du fait que nous sommes égarés dans des contrées lointaines et que les finances et les réserves de rhum de cet équipage ne vont pas pour le mieux. Alors… qu'est-ce que tu dis de pourparler ?
-Bien, que demandez vous en échange de cette carte ?
Le capitaine réfléchit quelques instants mais une voix féminine interrompit ses pensées.
-On vous laisse volontiers Legolas - le blond effeminé - proposa Selijah.
-Trop aimable, répondit Jack, mais entre vous et moi, les eunuques… ils me causent beaucoup trop d'ennui. Regardez le jeune Turner ! Ils ont des dispositions naturelles à la mutinerie, ces bâtards galeux.
-Absolument, dit Selijah. Will Turner est tout bonnement une abomination. Avec en plus un certain problème de paternel, et une demoiselle qui se fourre dans les pires situations. Vous avez raison. Et je dois avouer que j'espérais bien me débarrasser de celui-ci.
-Hé, s'offusqua Legolas. Je ne suis ni une marchandise, ni un eunuque ! Cessez de vous comporter comme si je n'étais pas là !
Un silence suivit la déclaration de l'elfe. Sherlock Holmes, dans son coin se demandait lequel de l'eunuque ou de la marchandise était l'objet de ce blanc.
-Je veux du rhum, annonça Jack, brisant cet étrange silence.
-Nous n'avons pas cela dans nos réserves, dit Aragorn. Si je vous suis bien, c'est un alcool, mais il nous est inconnu.
L'héritier d'Isildur regretta sa dernière phrase en voyant les grimaces de dégout de Jack et des trois filles, ce qui d'ailleurs le surprit de la part des filles. Il ne les pensait pas si attachées à la boisson.
-Je ne voudrais pas paraître impolie, commença Natacha, mais… avec quoi faites vous les mojitos, dans ce cas ?
Gimli (on l'avait presque oublié celui là !) se sentit honteux de ne pouvoir répondre à une question concernant l'alcool. Il se promis de gouter, dès qu'il en aurait l'occasion, une choppe de rhum et ces 'mo-ri-to'. Legolas, quant à lui, boudait dans son coin, à côté de Gandalf qui, endormi, commençait à ronfler. Aragorn essaya de rattraper la situation.
-Naviguez avec nous jusqu'à Osgiliath. De là bas, nous serons assez proches de Minas Tirith pour pouvoir vous approvisionner en bière et en vin. Je vous invite même à rester jusqu'à mon couronnement. Je chercherai personnellement une solution pour que vous puissiez rentrer chez vous. Qu'en pensez vous, capitaine ?
Jack réfléchit quelques secondes, puis répondit :
-Je n'aurais jamais pensé dire ça un jour, mais… tant pis pour le rhum. Marché conclu.
Puis il sortit sur le pont et cria à l'attention de l'équipage :
-Je veux du mouvement, bande de rats ! On a un besoin urgent de remonter ce fleuve, que ça vous plaise ou pas. Alors tout le monde à son poste, et que ça saute !
Ainsi, le Black Pearl remonta le cours de l'Anduin jusqu'à la petite cité d'Osgiliath. Sur une des rives, les passagers du navire virent une chose qu'il ne s'attendaient pas à voir. Deux hobbits longeaient le fleuve, l'air perdu et désemparés.
-Frodon, Sam, murmura Gandalf. Je les avais complètement oubliés. Puis il ajouta en criant pour se faire entendre : mes amis ! Quel plaisir de vous revoir sains et saufs ! Qu'en est-il de l'anneau ?
-Il a étrangement explosé, répondit Frodon, ce qui est une bonne nouvelle.
-Sauf que Gollum a explosé avec, ajouta Sam, alors sur le coup, c'était pas une si bonne nouvelle. J'ai rendu tout le lembas que j'avais avalé ce matin là.
Gandalf recueillit les semi-hommes et leur prêta deux aigles pour qu'il puissent rentrer dans la Comté sans passer devant les tonneaux de bière. Les hobbits étant de gros buveurs, personne ne voulait voir diminuer les marchandises, surtout pas Jack. Une fois Frodon et Sam partis, Gandalf attaqua les entrepôts d'alcool du Gondor à l'aide de l'équipage pirate. Gibbs s'avéra être un excellent maitre de bataille, Gandalf ayant quelques difficultés dues aux différences de culture entre le magicien et les pirates. Dans tous les cas, l'appel de l'alcool était plus qu'efficace pour motiver les troupes.
De leur coté, Aragorn, Legolas et Gimli exploraient les souterrains de la cité blanche suivant les indications de la carte des rois.
Enfin, Jack, Marine, Natacha, Selijah et Sherlock restèrent à bord du Pearl pour 'monter la garde'. Les filles testèrent de nouveaux cocktails avec les épices et plantes qu'elles trouvèrent dans la cambuse tandis que les hommes se contentaient de boire le rhum directement à la bouteille en faisant plus ample connaissance. Si bien que lorsque Gandalf et l'équipage revinrent avec plusieurs charrettes remplies de tonneau, tout ce petit monde était raide, et la démarche de Jack n'avait plus rien d'unique, puisque ses nouveaux amis l'avaient involontairement adoptée.
Beaucoup plus tard, Aragorn et ses acolytes revinrent avec un coffre.
-Il nous est impossible de l'ouvrir, se lamenta le futur roi. Nous avons tout essayé. Quelle tristesse après être arrivés jusque là que de se trouver dans une impasse.
Jack, qui pour une raison obscure tenait serré contre lui Jack (oui Jack le singe, sinon ça ne voudrait rien dire), s'avança vers le coffre.
-Je n'ai jamais connu de coffre assez têtu pour me résister. Vous n'avez pas la clef des fois qu'une clef soit plus efficace qu'une hache ?
-Il n'y a pas de serrure, fit remarquer Gimli.
-Mais je le sais très bien, s'offusqua Jack. Ne croyez pas que je l'ignore, immonde demi portion. Mais cela n'empêche pas l'existence hypothétique et donc le fait qu'en conséquence je mentionne l'existence hypothétique de ladite clef.
Bien sûr, seules les personnes qui n'étaient pas sobres comprirent les propos du capitaine. Gibbs et Marty se regardèrent d'un air exaspéré. Jack ne changerait jamais.
-Mais, cela dit, clef ou pas clef, rien ne résiste à une petite dose de poudre à canon.
Et joignant le geste à la parole, le capitaine Sparrow envoya Pintel et Raggetti chercher un tonneau de poudre. Comme prévu, le coffre céda sous la force de l'explosion. Bien qu'il croyait à une ruse de sorcellerie plus qu'à une réaction chimique violente, Aragorn s'approcha du nuage résiduel au milieu duquel un objet brillait de mille feux.
