Auteur : Nat, comme toujours.

Disclaimer : Je ne possède rien, à part l'idée. Et encore, je doute qu'elle soit bien brillante…

Spoiler : L'histoire se passe au cours de la guerre de Kharlan, donc forcément oui, il y a du spoiler.

Warning : J'aime les trucs maniaco-dépressifs ! =D Pas vous ? Sinon, shônen-ai et léger yaoi, homophobes s'abstenir. Présence possible d'OOC, donc contre-indication pour les maniaques des personnalités respectées. Ah, et désolée d'avance pour tous les fans de Yuan ! (dont je fais partie, d'ailleurs. Oui, je sais, une fois de plus ça ne se voit pas. ^.^')

Résumé : La lune est noire. Elle croît, elle devient pleine, elle décroît. Puis elle redevient noire. Comme un espoir qui naît, grandit, s'épanouit, et finit par mourir. Ainsi va la vie… Elle dure le temps d'une lune.

OoOoOoOoO

Séquelle

Lune de miel

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« IL A FAIT QUOI ? ! ? »

Les objets posés sur le bureau du seigneur Yuan tremblèrent lorsqu'il en frappa la surface plane des deux mains. En face du Séraphin, Kvar rentra la tête dans les épaules en bénissant Martel d'avoir mis ce pauvre meuble innocent entre lui et son supérieur. Il s'éclaircit nerveusement la gorge et se répéta, tout en se demandant s'il n'aurait pas mieux valu pour lui, finalement, qu'il soit allé faire son rapport directement au seigneur Yggdrasill. Il n'aurait jamais cru que Yuan Ka-Fai, célèbre parmi les Désians pour son sang-froid et son esprit critique, puisse s'énerver aussi rapidement pour une babiole qui ne le concernait même pas.

« Le seigneur Kratos, reprit-il d'une voix déjà bien moins assurée que la première fois, s'est rebellé contre notre maître et a mené une attaque, hélas couronnée de succès, contre ma ferme humaine. Il a totalement détruit mon système de vidéo-surveillance, ma chaîne de montage des exsphères et une partie du système de téléportation. De plus, il a tué ou blessé près de la moitié de mes hommes et a libéré tous les cobayes sur lesquels aucune exsphère n'avait encore été implantée. Il a également libéré le cobaye A002, portant la seule exsphère parfaite que j'ai réussi à créer, et s'est enfuit avec elle…

-Avec l'exsphère ? Questionna Yuan en haussant un sourcil.

-Non, avec la fille. Le cobaye A002 est une femelle. »

Le demi-Elfe aux cheveux bleus posa les coudes sur son bureau et se massa les tempes, l'air soudain très las. Il soupira et fit un geste vague de la main en direction de la porte.

« Je vois. Tu peux disposer. »

Kvar hésita une seconde et hasarda :

« Monseigneur… Pour ce qui est du prix des travaux de réparation…

-Tu. Peux. Disposer. » Répéta Yuan en dardant sur lui un regard meurtrier.

Le blondin ne se le fit pas redire une troisième fois.

Resté seul, le Séraphin aux ailes lavande soupira de nouveau. Il resta immobile pendant quelques minutes, puis il se leva. Il alla décrocher sa cape rouge et noire de la patère où il l'avait suspendue et quitta son bureau d'un pas mécanique. Tandis marchait en direction du téléporteur principal de Welgaïa, il croisa Pronyma. La jeune femme avait semblait être particulièrement embêtée, et un air de soulagement se peignit sur ses traits lorsqu'elle aperçut son supérieur. Aussitôt, elle se précipita vers lui.

« Seigneur Yuan ! Il y a eu un problème avec le transfert du cristal du fils de l'Elu Tesseha'llan, et c'est le seigneur Kratos qui est chargé de régler ce genre d'affaire. Est-ce que vous sauriez où il est présentem…

-En lune de miel ! » Coupa Yuan en repoussant sans ménagement la pauvre chef des Cardinaux Désians.

Il s'éloigna sans lui laisser le temps de répondre. En prenant place dans le téléporteur, le guerrier millénaire se passa une main sur le visage.

« Je n'aurais jamais cru qu'il puisse être capable de tels enfantillages… C'est bien le jour pour partir en voyage de noce ! »

Une fois sur la terre ferme, Yuan se dirigea vers la petite maison que son ami et lui s'étaient achetée plusieurs siècles auparavant, et où ils se réfugiaient lorsque le sale caractère de Mithos leur devenait insupportable. En y entrant, il monta sans hésiter dans la chambre qu'occupait son ancien compagnon de voyage. Et, bien sûr, il ne fut pas étonné de la trouver totalement vide de tout effet personnel. Son regard océan fit lentement le tour de la pièce, son cœur se serrant un peu plus à chaque seconde. Kratos était vraiment parti.

« Il aurait pu me dire au revoir, tout de même. »

L'homme aux longs cheveux bleus redescendit à l'étage inférieur de la petite maison et entra dans la cuisine. La première chose qu'il remarqua fut que Kratos avait même emporté la serviette violette qui lui servait d'essuie-main. Il n'avait pas l'intention de revenir. Sentant le découragement l'envahir, Yuan voulu se servir du café en guise de remontant. Il s'approcha de sa machine et la mit en marche sans même réfléchir, ayant l'habitude de laisser en permanence une tasse à côté d'elle, prête à être remplie. Mais, ne reconnaissant pas le bruit caractéristique des gouttes de café tombant sur la porcelaine, le lieutenant d'Yggdrasill jeta un coup d'œil à l'intérieur de sa tasse. Il se mordit les lèvres en remarquant qu'un papier plié en quatre se faisait peu à peu recouvrir de liquide noir et bouillant. Le demi-Elfe le récupéra en se brûlant les doigts, pestant contre l'abruti fini qui avait eu l'idée tordue de le mettre là. Puis, la curiosité prenant le pas sur sa colère, il l'ouvrit afin de voir ce qui pouvait bien être écrit dedans. Mais le café avait fait baver l'encre avec lequel le message était écrit, et ce dernier devenait totalement illisible. Seuls quelques mots, en bas de ce qui semblait être une longue lettre, pouvait encore être déchiffrés.

« "…te revoir…" "Porte-t… bien" "…on vieil am…" "Kratos A. " …Et mince. »

Yuan ferma les yeux, mâchoires serrées. Kratos lui avait dit au revoir. Il lui avait écrit une lettre pour lui expliquer son geste, sûrement, pour s'excuser, peut-être. Et lui, par inattention, il avait détruit le dernier message de son compagnon de toujours. Soudain, d'un geste rageur, l'ange du Cruxis chiffonna la feuille de papier dégoulinante de café et la lança à travers la pièce avant de se laisser tomber sur une chaise. Il posa ses deux mains sur la table et soupira. Le silence qui l'environnait lui sembla soudain pesant, presque intolérable. D'habitude, il n'y avait pas de silence, car il ne venait ici qu'avec Kratos. Les deux hommes ne se parlaient pas, évidemment. Ils ne se parlaient presque plus depuis cette nuit-là. Mais ils étaient deux. Yuan pouvait entendre le bruit des pages que Kratos tournait lorsqu'il lisait, le grincement de sa plume sur le papier lorsqu'il écrivait, les frissons de l'eau dans sa casserole lorsqu'il se préparait du thé. Tous ces petits bruits auxquels il n'avait jamais vraiment prêté attention mais qui, il ne s'en rendait compte que maintenant qu'ils lui étaient enlevés, faisaient pleinement partie de son quotidien.

Afin de rompre ce silence qu'il ne supportait pas, Yuan se mit à pianoter du bout des doigts sur la surface de la table. Son anneau de fiançailles accrocha un rayon de soleil et brilla d'un éclat vif, attirant son attention. Un sourire amer étira ses lèvres.

« Si tu savais, Martel… Si tu savais… »

Ce n'était pas comme si quelqu'un, en particulier sa défunte fiancée, pouvait l'entendre. Mais peut-être que cela lui ferait du bien d'enfin oser mettre des mots sur ce qu'il cachait au fond de lui depuis des siècles et des siècles. Yuan hésita un peu avant de poursuivre.

« Tu m'en voudrais à mort… Et tu aurais raison. Je me suis conduit comme un imbécile. »

Le Séraphin du Cruxis ferma les yeux et se prit la tête entre les mains.

« Mais il faut me comprendre, Martel. Au moins essayer. J'avais tout contre moi, tu sais. Mon sang, la loi, la morale… Je ne pouvais pas continuer comme ça. Si je continuais, je… Je le condamnais. »

Yuan resta un moment silencieux. Puis il reprit, fixant son anneau de fiançailles.

« Et puis… Nous étions si différents. Nous n'étions ni du même pays, ni de la même race. Nos façons de penser elles-mêmes étaient différentes. Et avec cette histoire de cristal... Ce maudit caillou n'a fait que creuser le ravin qu'il y avait entre nous. Tu sais, ça fait bizarre. Tu arrive devant un ami que tu croyais connaître et tu découvre, comme ça, d'un coup, qu'il n'est plus vraiment lui, qu'il est devenu... quelqu'un d'autre. En une nuit. C'était ses ailes, surtout, qui m'avaient choqué. Je n'ai jamais réussi à comprendre pourquoi il a accepté de participer à cette folie. Je croyais qu'il n'était pas d'accord avec les agissements de Mithos, alors pourquoi a-t-il accepté de lui servir de cobaye ? Je crois... que c'est surtout cela qui m'a déçu. Je croyais qu'il était capable de penser différemment de ton frère, qu'il pouvait encore se montrer critique par rapport à ses actions... Mais non. Même maintenant, c'est pour une fille qu'il est parti. »

Yuan soupira et poursuivit, s'adressant à la bague qui scintillait à son annulaire comme si elle l'écoutait attentivement.

« Parfois, je me demande... Si j'avais compris… si j'avais accepté sa différence, il y a quatre mille ans, les choses auraient-elles été les mêmes ? Et… Je sais que tu avais des sentiments pour moi. Nous aurais-tu compris, toi ? »

L'anneau ne répondit rien. Le demi-sang le fit pour lui.

« Non. Tu étais douce et gentille, tu nous aurais acceptés, sans doute, mais tu n'aurais pas compris. Tu étais normale, toi… »

Un autre sourire triste se dessina sur son visage. Il avait toujours su qu'il était différent des autres garçons, mais il n'avait jamais vraiment réalisé à quel point avant cette première nuit.

« Je sais que je n'aurais jamais dû me comporter avec lui comme je l'ai fait. Mais c'était si nouveau, si étrange… Ça m'effrayait. Je savais que c'était à cause de lui. Et je pensais qu'en étant désagréable avec lui, ça me passerait. Ensuite, j'ai cru qu'en me liant à toi et le temps aidant, j'aurais pu l'oublier… Mais non. Je ne sais pas ce qui m'a pris, le premier soir où je suis allé vers lui. Je ne sais pas pourquoi j'ai continué à aller le voir, tous les autres soirs, je ne sais pas pourquoi je l'ai poussé à m'embrasser, ni pourquoi je… Je ne sais pas. Peut-être parce que j'adorais le voir sourire… »

Le silence reprit ses droits durant une minute. Yuan inspira profondément, et continua sa confession que personne n'entendrait jamais –hormis ce maudit anneau.

« Mais j'avais peur. J'avais peur pour lui, pour moi. Ça valait la mort, ce genre de relation. J'avais peur de lui faire perdre la vie, peur de perdre le contrôle… Peur de son sang, du mien… C'est ce que je lui ai dit. Oh, je sais, je n'aurais jamais dû. Mais… Tu étais mon amie, ma meilleure amie. Ma seule amie, même. Tu peux revenir à tout moment, si Mithos trouve le bon réceptacle. Et si seulement… Si seulement je n'avais pas eu si peur de ton regard, Martel… Peut-être que j'aurais pu l'aimer. »

Yuan quitta son anneau du regard. Ses yeux couleur de mer se posèrent sur la boulette de papier froissé, à l'autre bout de la pièce, ce papier qu'il ne lira jamais et qui gisait sur le sol, dernier vertige du passage de Kratos dans sa vie.

« Pardonne-moi… »

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O.O Eh ben… C'est quoi cette chose ?

Yuan : C'est justement la question que j'allais te poser.

Nat : Ne me regarde pas comme ça ! J'ai juste essayé de remonter un peu l'estime que mes potentiels lecteurs ont pour toi !

Yuan : C'est pas en me faisant passer pour un cornichon incapable d'assumer ses sentiments que tu vas y arriver !

Kratos : De plus, pour être tout à fait crédible, tu aurais dû rajouter qu'il m'aurait aussi quitté par orgueil. Yuan a sa fierté, tout de même. Il n'a rien de commun avec les Humains, et surtout pas ce genre de relation.

Yuan : …Dites, vous vous êtes alliés pour réduire à néant ma cote de popularité, n'est-ce pas ? Avouez !

Bref… Je ne suis pas particulièrement fière de ce chapitre (mon bébé, c'est le chapitre 4 ! ^.^), mais je suis contente que cette histoire soit enfin finie. Oh, quoique. Peut-être que je rajouterais la lettre de Kratos, si je l'écris un jour… Enfin. Ça dépendra de vos attentes !

J'espère que cette fic vous aura plu malgré tout. Merci d'avoir pris le temps de la lire ! Et merci tout particulièrement à Marina, pour ses reviews et ses remarques. : )

Au plaisir de vous retrouver sur une autre histoire ! =D