Partie 8 : Impure


« Pour elle il a vaincu la mort, au prix de la mort et du sang » Ginie Line –Dracula.


Assise sur mon lit, les jambes repliées entre mes bras, j'attendais le retour d'Andy, l'esprit étrangement vide. Elle savait. Elle avait lu le Livre des Sombres Secrets. Depuis Juin, elle savait.

Après ce qui me parut un éternité, elle arriva enfin suivie de près par Elayne.

-Hey Gin, pourquoi tu n'es pas descendue pour le dîner ? demanda Elayne en s'asseyant sur son lit. Quelque chose ne va pas ? ajouta-t-elle subitement en me regardant.

Il fallait dire que je ne devais pas avoir l'air particulièrement en forme.

Je ne l'étais pas.

-Andy, fis-je en me levant, est-ce qu'on pourrait aller quelque part pour parler s'il-te-plaît ?

Le ton calme de ma voix me surpris moi-même. Elle me regarda étrangement avant de répondre.

-Oui, bien sûr. Mais tu ne veux pas attendre demain ? Tu as l'air d'avoir besoin d'une longue nuit de sommeil.

-Il faut que je te parle.

Ne voulant pas inquiéter, ou intriguer, d'avantage Elayne qui nous regardait avec un air d'incompréhension inquiet, je me levai et quittai la chambre d'un pas plus assuré que je ne l'aurais pensé, faisant confiance à Andy pour me suivre.

Je quittai la salle commune et l'entrainai vers l'un des anciens cachots de détention. Je jetais quelques sorts de discrétion tandis qu'Andy me rejoignait.

-Qu'est-ce qui se passe Gin ? Tu me fais presque peur…

Je la regardais, un sourire sur les lèvres. Mais ce sourire n'avait rien de vrai ou de chaleureux. Désabusé l'aurait sans doute mieux décrit.

-Je veux savoir Andy que voulais-tu dire quand tu m'as demandé si je savais réellement ce que nous avions fait en juin ?

Elle me regarda, visiblement surprise. Elle ne répondit pas durant un instant.

-Rien du tout Gin, je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça, c'était stupide, vraiment.

Je restai bouche bée un instant. J'étais tellement sûre, sûre qu'elle savait.

-Pourquoi m'avoir évité durant des semaines entières si ce n'est rien ?

-Je … C'est du passé Gin, je suis désolée, tu le sais.

-Non, dis-moi ! Que voulais-tu éviter durant tout ce temps ?

Je criais presque.

-Ginevra, c'est ridicule voyons.

J'observais le malaise de mon amie qui chancelait d'un pied sur l'autre, une main placée fermement autour de son autre bras ballant. Je fronçais les sourcils. Quelque chose n'allait pas.

Cependant qu'est-ce qui l'était depuis mon arrivée… Mais quelque chose était différent. Andy ne me regardait pas en face. J'étais certaine d'avoir mis le doigt sur la source du problème…

-Andy, pourquoi ne veux-tu rien me dire ?

-C'est ridicule, il n'y a rien à dire Ginevra, c'est tout.

Ginevra, cela faisait deux fois qu'elle utilisait mon nom complet plutôt que le diminutif que tous utilisaient. Tous, ou presque…

-Retourne au dortoir, tu as raison, ce n'est rien.

Je caressai son bras dans un geste apaisant.

-Je ne sais pas ce qui m'a pris, oublions.

Je lui souris d'un air rassurant et la poussai légèrement vers la porte.

J'attendis un moment, la réalisation s'emparant lentement de moi. C'était évident, tellement évident. Jugeant qu'Andy devait être de retour au dortoir, je levai les défenses que j'avais érigées autour de la pièce et me dirigeai d'un pas déterminé vers les cachots de Serpentard.

Arrivée dans la Salle Commune, je repérai immédiatement le groupe de Tom, installé autour de la table la plus isolée. Je m'approchai, ma colère gagnant en puissance à chaque pas. Tom me regarda, l'air vaguement interrogatif.

-Partez ! ordonnai-je froidement à Nott, Rosier, Mulciber, Dolohov et les autres.

Ceux-ci regardèrent Tom, visiblement gênés.

-Partez, confirma-t-il froidement.

Ils furent trop heureux d'obéir et rassemblèrent leurs affaires en de temps qu'il n'en faut pour le dire avant de disparaître.

-Dans ma chambre, déclara Tom qui sentait visiblement que ma colère lui était destinée. Il sentait ma colère, tout comme je percevais la sienne. Donner des ordres à ses amis alors même qu'il était présent n'avait sans doute pas été une brillante idée. Je m'en moquais. Je n'avais pas peur, ce qui était sans doute plus idiot qu'autre chose. J'étais trop en colère.

-Explique-toi, exigea-t-il une fois que nous fûmes seuls.

-Que je m'explique ? Que JE m'explique ! Non, toi explique-toi ! Pourquoi Andy ne semble-t-elle pas se souvenir de notre dispute de cet automne ?

Il ne répondit d'abord pas, envisageant sans doute ses options. Mais s'il me mentait, je le saurais. Je le regardais, attendant impatiemment qu'il se décide à parler. J'aurais voulu arracher de mes mains le masque d'impassibilité qu'il arborait.

-Cette dispute n'avait pas lieu d'être.

-Qu'as-tu fait ? insistai-je.

-J'y ai mis fin.

Je déglutis.

-Comment ?

-Je l'ai… convaincue qu'il ne servait à rien de l'entretenir.

-Tu … l'imperium ?

-Non.

-Comment ?

-Nous avons discuté, je l'ai convaincue.

Ma baguette que je tenais serrée dans mon poing, projetait des étincelles d'un rouge écarlate et je devais faire appel à toute ma volonté pour ne pas me laisser aller à l'attaquer. Ce serait sans doute vain de toute façon.

-Ginevra, commença-t-il, doucereux.

Il s'avança vers moi, sa main effleurant un instant mon bras. Je reculai.

-Ne t'approche pas ! Ne m'approche pas !

Il rétracta sa main, une lueur rougeâtre dans le regard.

-Ginevra.

Son ton rappelait celui d'un avertissement. Je levai ma baguette, lui prouvant que moi non plus, je ne rigolais pas.

-En juin..., commençai-je sans pourtant réussir à aller plus loin, redoutant la réponse que je cherchais pourtant.

-Dis-le.

-La nuit où… est-ce que…

Je détournai les yeux, ne supportant pas de le regarder directement.

-Miriam est-elle morte pour ça ? demandai-je finalement en le fixant à nouveau, droit dans les yeux.

-Tu savais qu'il y aurait une attaque ce soir-là Ginevra.

-Tu comptais là-dessus, n'est-ce pas ? Sur le fait que je saurais, mais que je ne tenterais rient pour l'en empêcher.

Il ne répondit rien, me souriant étrangement.

-Elle a servi de sacrifice.

Ce n'était pas une question, clairement une affirmation, mes soupçons se confirmant alors même que je prononçais ces mots.

-Nous l'avons tuée, conclu-je.

Sur ce je quittai sa chambre et pris la direction du mur qui donnait sur les cachots. Je ne voulais voir personne pour l'instant.

Tom n'avait pas cherché à nier, jamais. Comment aurait-il pu, j'aurais décelé le moindre de ses mensonges. Mais la vérité, c'est que je m'étais menti à moi-même y compris quand Andy avait tenté de m'ouvrir les yeux, je n'avais pas cherché à comprendre, trop heureuse de mon innocente ignorance.

Andy… je doutais que Tom ait osé utiliser l'imperium. C'était trop risqué dans l'enceinte même de Poudlard et le maintenir si longtemps aurait fini par être repéré. Pourtant, il avait fait quelque chose. Peut-être l'avait-il menacé, ça lui ressemblait bien. Mais peu importe, le résultat était là.

-Qu'est-c'tu fais là ? interrogea une voix derrière moi. L'couvre-feu 'tait y'a dix minutes.

Je me retournai.

-Hagrid !

Certes, il était bien plus jeune, vraiment beaucoup plus jeune que « mon » Hagrid, mais c'était bel et bien lui.

-T'es la nouvelle nop ? Prewett ?

-Oui, c'est ça, répondis-je en souriant.

-Tu d'vrais retourner au Château avant que quelqu'un t'colle une retenue.

-Que fais-tu ici toi ? demandai-je sans vraiment prêter attention à son avertissement.

J'étais trop heureuse de retrouver un visage familier et amical.

-J'suis l'apprenti du Gardien des Clefs et des Lieux de Poudlard.

Il était visiblement très fier de sa position, son torse de bombant légèrement lorsqu'il annonça sa position.

-Ho…

Pour moi, ce n'était qu'un rappel de plus. Hagrid avait été accusé d'avoir relâché le monstre de Serpentard. Tom avait reçu les honneurs pour l'avoir découvert et appréhendé.

-T'veux que j'te montre quelque chose ? demanda-t-il soudainement

-Euh, bien sûr.

Il sourit, un sourire si étrange et familier à la fois que je ne pus m'empêcher d'y répondre.

-Viens, c'est par ici, dit-il en m'entraînant vers la forêt.

Je le suivis sans protester. Avec Hagrid je ne risquais rien dans la forêt. Arrivé près de la lisière d'un petit pré, il s'arrêta brusquement.

-Là, asseyons-nous un moment, déclara-t-il en montrant l'exemple.

-Qu'est-ce qu'on attend ? demandai-je finalement quelques minutes plus tard.

-Là, regarde.

Il montra du doigt les arbres sur ma droite. Un sourire m'échappa. Deux licornes venaient d'apparaître. Une mère et son petit. Je me levai doucement.

-Je peux ? demandai-je en tendant une main hésitante vers le petit.

-Bien sûr.

Je m'approchais quand brusquement la mère se cabra en hennissant. Je trébuchai sous le coup de la surprise et tombai en arrière. Je ne pus que regarder alors que le mythique animal se tenait toujours dressé devant moi, ses pattes avant battant dangereusement l'air au-dessus de mon corps, pétrifié par l'appréhension. Si je n'avais pas été perturbée par les évènements de la journée peut-être aurais-je réagit plus vivement, peut-être aurais-je tenté de m'éloigner, d'apaiser cette mère en colère. Mais je ne bougeai pas.

Heureusement Hagrid était plus alerte que moi en cet instant.

-Hooo ho ! fit Hagrid en levant les deux mains dans un geste apaisant vers la licorne.

Je regardai la scène avec appréhension. A mon grand soulagement, la mère et son petit partirent quelques secondes plus tard et les sensations semblèrent regagner mon corps lentement.

-Ca va ? s'assura Hagrid en me tendant une main pour m'aider à me relever.

-Oui, oui je crois.

-Désolé pour ça.

Il désigna vaguement la lisière du pré.

-C'est pas grave, le rassurai-je fébrilement.

-Mouais. J'pensais que ce s'rait une bonne idée. Elles aiment bien les jeunes filles en généra, dit-il d'un air bougon. Plus pures.

Un rire nerveux m'échappa. Plus pures …

-Mon côté Serpentard sans doute, tant pis, dis-je précipitamment. Je ferais mieux de regagner le château. Merci Hagrid. Elles étaient magnifiques.

-Rubeus.

-Pardon ?

-Appelle-moi Rubeus.

Il me sourit et je ne pus m'empêcher d'y répondre sincèrement.

-Bonne nuit Rubeus.


J'aurais voulu vous demander de me consacrer 5 secondes de plus pour lire cette note, maintenant. Merci


Note d'Auteur : Voici donc la suite, non pas comme promis puisque j'avais dis que je publierai tous les 7 jours, mais elle est là néanmoins.

Pour être honnête, je suis assez déçue par ce que je qualifierais de dégradation constante du lectorat sur FFnet, du moins depuis 2009 lorsque j'ai commencé à publier ici.

Alors Certes, ma fiction est très loin d'être parfaite, les chapitres ne sont pas très longs, mériteraient sans doute d'être un peu étoffés.

Certes, ça fait longtemps depuis la fin de Un jeu dangereux

Et oui certes, je suis consciente que je ne peux pas plaire à tout le monde.

Néanmoins, j'aimerais quand même m'adresser au 30 personnes qui sont arrivées au chapitre 6 de cette fiction... Si elles en sont là, ce n'est pas que quelque chose au moins leur à plu ?

Alors bien sûr, je ne m'attend pas à ce que tout le monde laisser un commentaire à chaque chapitre, ni que vous me lanciez des fleurs parce que vous pensez que ça me fera poster plus vite non ... Si vous aimez, dites le. Si vous n'aimez pas, dites le aussi. Développez un peu si vous avez une ou deux minutes et si vous pensez que ça en vaut la peine.

Parce qu'il y a une chose que je voudrais vous rappeler... FFnet est un site de partage et quand un auteur, moi ou n'importe lequel d'entre nous, passe plusieurs heures pour vous écrire un chapitre, la moindre des choses est de lui accorder 30 secondes de votre temps en retour.

Voilà, Merci de m'avoir lue et à bientôt j'espère