(Tous les warnings sont (et resteront) annoncés dans le chapitre 1.)
Note : Merci à tous pour vos reviews très encourageants du chapitre précédent, auxquelles j'ai toutes répondu, si je ne me trompe pas. J'espère que la suite vous plaira ! Une avancée très intéressante pour la relation de nos deux héros, et qui n'est pas prêt de s'arrêter...Je vous laisse découvrir.
Un grand merci à Masamiya qui trouve le temps de relire ce travail, alors qu'elle est déjà très occupée avec le sien. Tu es merveilleuse
Bonne lecture à vous toutes/tous ! :)
7 – « Le travail des Esprits »
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Draco s'ennuyait. Il s'ennuyait terriblement. Il était tout juste neuf heures et demie et il avait déjà l'esprit complètement embrumé. Mais surtout il s'ennuyait. Étant donné tout le temps qu'il avait passé à s'entraîner devant son chaudron cet été, avant de retourner à Poudlard, autant dire que les cours de Potions étaient vraiment devenus inutiles ces temps-ci. Ces six mois d'assignation à résidence s'étaient avérés encore plus ennuyeux que ce cours de Potions, mais il y avait eu quelques avantages également. Le premier avait été de pouvoir veiller sur sa mère sans avoir à faire semblant de ne pas rester à la maison uniquement pour elle, et le deuxième avait été son entraînement intensif en Potions.
Il bâilla largement, écoutant d'une seule oreille le babillage de Slughorn. Celui-ci l'ignorait, comme la plupart des professeurs le faisaient désormais. Il supposait que seuls peu d'entre eux étaient capables de se montrer aussi magnanimes et compréhensifs que McGonagall. Cette vieille chauve-souris s'était avérée être quelqu'un de bien, en fin de compte. Il était bien conscient qu'il lui devait le fait de ne pas être harcelé et malmené par les autres élèves. Il aurait peut-être même pu être torturé : il avait fait d'innombrables cauchemars dans lesquels des hordes de Gryffondor le jetaient du haut de la tour d'astronomie, le jour de son retour à l'école. Mais en fait, la plupart d'entre eux s'efforçaient de passer à autre chose et l'avaient tout simplement ignoré.
Regardant sa montre, il soupira, comprenant qu'ils n'allaient pas commencer les travaux pratiques avant encore une bonne demi-heure, au moins. Il cessa de blâmer tout Poudlard pour son ennui et se dit simplement que tout le monde ne pouvait pas être aussi intelligent que lui et que la plupart des autres élèves avaient besoin qu'on leur explique les choses un bon million de fois.
Il attrapa sa plume, et la fit tourner entre ses doigts. Il griffonna un mot dans la marge de son livre. Il soupira de nouveau, ignora le regard que Pansy lui jeta, et s'efforça de penser à quelque chose qui puisse l'occuper d'ici à ce qu'ils commencent à préparer la potion.
Il balaya du regard la classe, tout autour de lui. Ernie Mcmillan écrivait fébrilement sur son parchemin, essayant vraisemblablement de noter tout ce que Slughorn disait. A côté de lui, Terry Bott essayait de faire taire Padma Patil qui ne cessait de lui chuchoter des questions, les sourcils froncés. La table la plus proche de la porte était celle des Gryffondor Granger et Weasley étaient assis côté à côte, mais, même si il avait essayé très fort, Draco n'aurait pas pu s'intéresser à ce qu'ils étaient en train de faire. Ce qui l'intéressait en revanche, était de savoir pourquoi le dernier membre de leur trio – et le seul dont il ne se fiche pas – n'était pas venu en classe.
On sèche les cours ? Tu ne va jamais réussir à valider les Potions si tu ne t'améliores pas, tu sais.
La pique qu'il lança à Potter était un peu faiblarde. Draco n'arrivait même plus à harceler Potter correctement, désormais. Parce qu'ils avaient conclu une trêve, mais aussi parce qu'il se méfiait toujours un peu de la vengeance des Gryffondor - bien que Potter ait promis de les retenir. Mais surtout parce qu'il commençait à en avoir marre de tout ça.
Il s'était vaguement dit que peut-être Potter allait réellement lire ce satané bouquin sur le « Travail des Esprit », qu'il lui avait prêté. Et que peut-être il allait apprendre à lui parler à travers le lien. Apparemment pas. Il n'avait quasiment pas vu Potter depuis qu'ils avaient fait la paix et Potter ne lui avait pas parlé une seule fois à travers le lien. Même pas parlé du tout d'ailleurs.
Pansy lui donna un coup de genou sous la table pour attirer son attention. Il l'ignora une fois de plus et attrapant sa plume, la trempa précautionneusement dans son encrier...
Bien le bonjour, Malefoy.
Il sursauta violemment, et reversa son encrier au passage. Il jura à voix basse et le redressa, jetant à la hâte un sort de nettoyage sur l'encre qui s'étalait doucement. Il leva la tête juste à temps pour voir Potter – cet enfoiré de Potter – se glisser dans la salle, arborant une expression déterminée et un léger sourire plaqué sur le visage.
«Excusez-moi d'être en retard», dit Potter à Slughorn qui le salua chaleureusement, comme d'habitude.
Draco restait là, scotché, les yeux fixés sur Potter qui venait de se glisser sur le siège à côté de Weasley. Potter jeta de nouveau un regard à Malfoy, et son sourire s'élargit.
Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu n'as finalement plus rien à dire?
Ça t'en aura pris du temps, répliqua faiblement Draco. Il entendit le rire de Potter résonner dans sa tête.
Eh bien, pour tout te dire, quelqu'un avait emprunté le livre le plus utile. La réponse de Potter lui parvint claire et nette et Draco ne put s'empêcher d'être impressionné. Potter avait dû sérieusement travailler cette dernière semaine pour réussir à parler distinctement à travers le lien. Et encore plus sans que Draco ne s'en rende compte.
Tu aurais dû me le laisser dès le début, répliqua Draco. Il vit Harry avoir un petit sourire triste, tout en se penchant pour fouiller dans son sac et déballer ses affaires de cours.
Ouais, nous ne serions pas dans ce merdier aujourd'hui.
C'est entièrement de ta faute, lui répondit Draco du tac au tac, du ton le plus cassant qu'il réussit à penser.
Va te faire foutre, c'est toi qui as essayé de me voler mon livre.
Je te l'avais demandé gentiment!
T'es trop con.
C'est parce que je te parle, tu déteins sur moi.
Draco lança une grimace en direction de Potter, qui par-dessus son épaule, l'observa les sourcils froncés. Ils se fixèrent soupçonneusement l'un l'autre, et le moment s'éternisa.
On n'est pas censé faire une trêve ? lui demanda finalement Potter.
Draco le regarda avec méfiance, quelques secondes encore, avant de répondre. Oui, mais c'est toi qui as commencé.
N'importe quoi !
Tu veux que je recommence à te harceler mentalement ? Le menaça Draco. Il se demanda, dans un coin de sa tête, à quel point il avait pété les plombs. Il était en train de se disputer avec Potter. Mentalement. Sans que personne d'autre ne puisse les entendre. Un frisson le parcourut quand il se rendit compte des possibilités que cela ouvrait. Potter ne pourrait jamais prouver quoi que ce soit. Il s'arrêta immédiatement : parler à Potter était vraiment trop étrange. Draco ne pouvait juste pas envisager de papoter avec Potter, à propos de Quidditch, ou de théorie d'Enchantements, ou du dernier arrivage de chez Honeydukes. Et à l'inverse, personne ne le croirait jamais lui, au lieu de Potter, quoi qu'il dise. De plus, Potter allait sûrement aller se plaindre à ses amis si Draco recommençait à lui pourrir la vie, et il n'avait vraiment aucune envie de se faire hurler dessus devant tout le monde une fois de plus.
Tu veux que Ginny te hurle de nouveau dessus?
Draco grimaça. Potter avait mis le doigt en plein sur le problème. Echec et mat.
Heureusement, Potter eut de nouveau un petit rire. Un son à la fois puissant et heureux, qui résonna dans la tête de Draco. Allez, on a dit trêve.
Très bien.
Draco ramassa une nouvelle fois sa plume, et jeta un dernier regard suspicieux à Potter avant de surligner quelques mots dans son livre. Slughorn était toujours en train d'expliquer la sixième théorie de Golpatt et ses implications dans le mélange des potions. Draco se retint de laisser tomber sa tête sur le bureau. Il savait déjà tout ça. Il l'avait appris dans de vieux bouquins de la bibliothèque du Manoir. Dans celui qui comportait les horribles images des effets du Polynectar. Il n'avait encore jamais eu l'occasion de faire du Polynectar, se dit-il distraitement. Et étant donné qu'il serait arrêté par le Ministère, à la seconde où il poserait le pied dans l'allée des Embrumes, il n'était pas près de rassembler tous les ingrédients nécessaires à cette Potion. Peut-être pouvait-il demander au professeur quelques ingrédients, en les mettant sur le compte de travaux supplémentaires pour le cours de Potion. Tant qu'il promettait de ne pas abuser de la potion lorsqu'elle serait prête...
J'aime bien ne pas me disputer avec toi. La voix pensive de Potter l'interrompit au beau milieu de son plan machiavélique pour obtenir des ingrédients de Slughorn. Firewisky ou poudre d'ananas, il n'était pas encore bien sûr. Il leva les yeux au ciel, exaspéré.
Tais-toi, Potter. Merlin, tu es bavard ce matin.
Potter lui fit un petit sourire. Désolé. C'est juste pour m'habituer, tu vois. Je teste les possibilités.
Je sais, mais j'ai du mal à me rappeler d'être sympa avec toi quand tu es à ce point chiant. Je travaille, laisse moi tranquille.
Tu travailles? Tu n'écoutes même pas !
OK. Je suis en train de comploter pour voir comment soutirer des ingrédients douteux à Slughorn pour un projet de potions que j'ai envie de faire. Donc, laisses moi tranquille.
Je suis sûr que tu mens !
Même pas.
Il leva les yeux et tomba sur Potter qui lui souriait, l'air amusé. Vraiment ?
Oui. Maintenant laisses moi comploter.
Il vit Potter se mordre la lèvre et lui lancer un regard d'avertissement en guise de réponse. Aucune blague à propos de lui en train de comploter pour quoi que ce soit ne pouvait être bien interprétée. Aucune. Jamais. Soit il avait beaucoup de chance, soit Potter n'était pas aussi stupide que d'habitude, ce matin, parce qu'il eut un léger sourire et remontant ses lunettes sur son nez, baissa de nouveau les yeux sur son livre. Draco le regarda un moment, puis fit de même, regardant lui aussi son livre de potions, ouvert devant lui. Toutes les pensées de complot et de potions avaient disparu. Désormais son esprit était tout à ce qu'il venait de se passer. Cette conversation avec Potter avait fait battre son cœur légèrement plus vite que la normale, et il sentait un peu d'excitation et d'adrénaline courir dans ses veines. Merlin, pouvoir se parler sans que personne d'autre ne le sache, sans se battre ou sans s'envoyer des méchancetés. Bientôt, sans qu'il ne s'en rende compte, ils allaient se mettre à parler de Quidditch, l'air de rien.
C'est bizarre. De parler comme ça tous les deux.
Mmm, répondit Draco, pas tout à fait conscient, toujours plongé dans ses propres pensées. C'est chouette.
Pardon?
Draco releva la tête brusquement, réalisant ce qu'il venait de dire. Merde. Potter le regardait, une expression de curiosité sur le visage. Pourtant Draco ne sentait aucune hostilité dans les vagues d'émotions qui lui parvenaient à travers le lien. C'était...plus chaleureux. Comme de l'acceptation, légèrement méfiante.
Cette trêve n'est pas si mal, choisit-il de dire, en espérant que Potter ne se soit pas rendu compte qu'il voulait dire qu'il trouvait cette situation presque...agréable. Draco fronça les sourcils, en se demandant d'où pouvait venir cette foutue pensée.
Il vit le coin de la bouche de Potter s'étirer en un léger sourire.
Je pense-
Weasley donna un coup de coude à Harry qui sursauta. Draco jura intérieurement. Le rouquin lui murmura quelque chose. Quelque chose d'amusant apparemment puisque Potter sourit, et penchant la tête pour ne pas se faire remarquer par Slughorn, chuchota quelque chose en réponse à Weasley.
Tu penses quoi ? Insista Draco avant de pouvoir s'en empêcher. Il s'en voulut immédiatement. Potter tourna de nouveau la tête vers lui, mais Draco remarqua, juste une seconde trop tard –merde – que Granger, observant Potter de près, avait suivi son regard et tournait la tête vers lui.
Draco baissa vivement la tête tandis que Granger posait son regard sur lui, une expression pensive sur le visage.
On se parle plus tard, lui dit Potter tandis que Draco attrapait sa plume et faisait semblait de prendre des notes. Il ne prit pas la peine de répondre à Potter, légèrement paranoïaque à l'idée que Granger comprenne qu'ils étaient en train de parler et n'intervienne. Il lui était reconnaissant pour le rôle qu'elle avait joué dans l'instauration de la trêve entre lui et Potter. Mais il ne pouvait s'empêcher d'être énervé et surtout méfiant de la voir les observer ce matin. Il pouvait presque entendre le ronronnement de son cerveau, qui cherchait à comprendre la situation.
Cela voulait dire que Potter n'avait dit à personne qu'il pouvait parler à Draco à travers le lien? Intéressant, se dit Draco, en notant mentalement qu'il lui faudrait enquêter là-dessus plus tard.
Un bruissement à sa gauche, suivi d'une petite tape sur le genou le coupa dans ses pensées et il jeta un œil autour de lui. Pansy lui tendait un parchemin plié sous le bureau, à l'abri des regards indiscrets. Il l'aurait volontiers ignorée, mais l'expression qu'elle arborait l'en dissuada. Cette expression – bien connue – voulait dire que Théo lui avait fait passer le mot sans lui dire de quoi il s'agissait.
Il se saisit du parchemin et le déplia soigneusement sur ses genoux, penchant la tête pour lire les mots inscrits.
Potter a réussi à faire marcher le lien?
Draco replia le parchemin avant que Pansy ne puisse le lire. Il voyait bien qu'elle essayait de jeter un regard du coin de l'œil sur le papier qu'il tenait sur ses genoux. Merlin, pas étonnant que la plupart des gens pensent toujours qu'elle essayait de sortir avec lui. Ce qu'ils ne savaient pas, c'est qu'elle n'était qu'une commère sournoise. Il glissa le mot dans sa poche, peu désireux de prendre le risque de répondre et que Pansy intercepte le parchemin.
Il inspira profondément et leva les yeux. Immédiatement, il s'aperçut que Potter le regardait, ses yeux verts brillant derrière ses stupides lunettes.
Merlin. Draco déglutit péniblement et détourna le regard, le posant sur le tableau. Il vérifia rapidement que toutes ses barrières mentales étaient bien en place pour que Potter ne puisse pas lire une de ses pensées. Il ne se serait jamais douté que les choses deviendraient si différentes une fois qu'il aurait donné ce putain de bouquin à Potter. A quoi pensait-il ? Maintenant Potter avait le dessus sur lui, et il n'y avait rien qu'il puisse faire pour éviter que Potter ne garde un œil sur lui. Il ne pouvait même pas faire passer un mot à Théo sans que Potter ne l'observe et se demande si cela le concernait.
Merde. Potter pouvait dire absolument tout ce qu'il voulait à Draco sans qu'il ne puisse l'en empêcher – n'importe quoi à propos de son père ou de la guerre, ou à propos de toutes les choses horribles qu'il avait bien pu faire.
Il cligna des yeux et serra les poings sous la table, essayant de se calmer et d'arrêter le tremblement de ses mains. D'un côté, il avait envie de faire confiance à Potter, de croire en cette trêve et de ressentir le même sentiment que tout à l'heure : cette impression que toute cette situation pouvait être une bonne chose, au final. Mais de l'autre côté, la part de lui qui ressemblait étrangement à Lucius – s'en voulait d'avoir donné à son ennemi les armes pour le battre. Et le tout joliment emballé en plus.
Malefoy?
Il leva les yeux une dernière fois, mais Potter ne le regardait pas.
Quoi?
Calme-toi. Ça va bien se passer.
Il ouvrit la bouche, ébahi. Et la referma tout de suite en se sentant rougir brusquement. Maudissant son teint pâle, il eut une brusque bouffée de gratitude à l'égard de Potter. Mais il était également un peu gêné à l'idée que Potter ait deviné ses pensées. L'enfoiré.
Mais malgré tout ... Peut-être que Potter avait raison, pour une fois dans sa stupide vie. Peut-être que tout allait bien se passer.
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«Je peux te parler?»
Harry leva les yeux vers Hermione, résigné, en entendant sa voix. Il posa son livre « Travail des Esprits » sur ses genoux. Il s'y était attendu toute la journée. Depuis ce moment où elle les avait surpris, Malfoy et lui, en train de s'observer, en cours de Potions. Il n'avait pas pu s'empêcher de regarder il avait tendance à oublier qu'il n'avait pas besoin de regarder Malfoy dans les yeux pour tenir une conversation avec lui.
«Bien sûr», lui répondit-il en poussant ses jambes, de manière à ce qu'Hermione puisse s'asseoir à ses pieds, adossée au canapé. Elle posa son sac au pied du canapé et se tourna vers lui, l'air grave.
«Il me semble que tu as oublié de mentionner le fait que tu arrive à parler à Malfoy à travers le lien », lui dit-elle sans détour, en se penchant pour lui arracher son livre des mains. Il eut un petit cri de protestation, mais elle l'ignora en tournant et retournant le livre entre ses mains. « Je sais que tu as passé la semaine dernière plongé dans ce livre, mais je ne savais pas que tu avais réussi. »
«Je ne savais pas si ça allait marcher,» lui répondit honnêtement Harry, essayant en vain de reprendre son livre. « Je n'avais pas envie de le dire à tout le monde et d'en faire toute une histoire pour que ça ne marche pas ensuite. »
«Et ça a marché?»
«Parfaitement,» répondit Harry, incapable de s'empêcher de sourire.
«Eh bien, ça n'a pas l'air de te traumatiser,» lui dit Hermione, en fonçant les sourcils. « J'étais un peu surprise de te voir passer tout le cours de Potions à le regarder. »
«Je n'ai pas passé tout le cours à le regarder!» se révolta Harry.
«Bien sûr que si », insista-t-elle. « Je suis même étonnée que personne d'autre ne l'ai remarqué. Tu as passé toute la semaine dernière à faire la tête, et là ce matin... » Elle claque des doigts. « Tu n'as pas arrêté de sourire à Malfoy comme un idiot.»
«OK, OK,» dit Harry, levant les mains en signe de reddition. «Tu m'as eu. On parlait de Potions. Où est le crime?»
«Et bien ...» Hermione le regardait comme si elle avait du mal à trouver ses mots, tirant sur une des mèches qui s'était échappée de son chignon. « C'est Malefoy.»
«C'est toi qui nous as poussé à faire une trêve», pointa Harry.
«Je sais. » Hermione se mordit les lèvres. «C'est juste étrange. Et je ne sais pas comment les autres vont réagir.»
«Ça ne regarde personne,» avertit Harry, en haussant les épaules. Hermione hocha la tête, visiblement pas convaincue.
«Hermione,» dit-il doucement, en la poussant doucement du pied. Elle leva les yeux vers lui, une ride d'inquiétude entre ses deux sourcils froncés. «Ça va bien se passer,» la rassura Harry. « On ne faisait que discuter à travers le lien. C'était parfaitement cordial. Tout va bien. »
«Mais combien de temps est-ce que ça va rester cordial?»
«Je vais devoir lui faire un peu confiance à ce sujet, » lui dit Harry. Et il ressentit un immense élan de gratitude à l'égard d'Hermione car elle se retint de grimacer ou de rire. « Je pense que ce sera mieux pour tout le monde. Et je pense qu'il s'en rend compte, lui aussi. »
Hermione hocha lentement la tête. «D'accord», dit-elle, Puis elle se répéta, l'air plus sûre d'elle. « D'accord. Je pense que tu as raison, vraiment. Je suppose qu'il n'est plus si mauvais. Promets-moi seulement d'être prudent. »
«De quoi? Je n'ai pas peur de Malefoy.»
«Je sais», dit-elle patiemment. «Mais au premier faux pas, vous vous sauterez à la gorge de nouveau. Prends bien cette trêve au sérieux.»
Harry bredouilla d'indignation. «Mais...mais je la prends très au sérieux!»
«Aussi sérieusement que Malfoy alors, » insista-t-elle, en haussant légèrement la voix pour couvrir ses protestations. « Ça doit être un vrai bouleversement pour lui. »
«C'est un vrai bouleversement pour moi aussi ! »
«Harry-»
«OK,» se rendit-il. Il ferma les yeux et plaça ses mains sur ses oreilles. « Je n'ai plus envie de parler de Malfoy. Je lui ai suffisamment parlé à lui pour aujourd'hui.»
«Tu ferais bien de t'y habituer, » lui dit sévèrement Hermione en lui rendant son livre. Il le prit et le serra contre son torse, et fut immédiatement frappé par une impression de déjà vu. Être obsédé par Malfoy et être excessivement protecteur avec un livre ? Il avait l'impression d'être de retour en sixième année. Bien qu'il doive avouer qu'il était rassuré de savoir que Malfoy complotait uniquement pour obtenir des ingrédients de Potions. A moins que Malfoy ne soit en train de monter quelque chose de dangereux. ? Mais non, ce serait sûrement une violation grave de la liberté conditionnelle qu'il avait obtenue. En plus de cela, Harry ne voyait pas pourquoi Malfoy lui en aurait parlé, ou encore pourquoi il était de si bonne humeur.
«Harry?»
Il sursauta et cligna des yeux, regardant vivement Hermione qui l'observait, en souriant. « De nouveau perdu dans tes pensées à propos de Malfoy. »
«Oh, ça va...», lui répondit-il sèchement, et elle éclata de rire.
«Désolée, désolée » dit-elle, en reprenant son sérieux. « Je veux juste te dire...Sois prudent. Malfoy fait partie de ta vie maintenant. Que tu le veuilles ou non. Et il va rester dans ta tête au moins jusqu'à Noël. »
Harry lui jeta un regard impassible. «Je te remercie de me le rappeler.»
Elle rit de nouveau et se penchant pour fouiller dans son sac, en tira un carnet. « Si tu ne le fais pas pour moi, fais-le au moins pour avoir Seamus. Il a parié deux contre un que toi et Malfoy allez vous taper dessus avant Halloween, et cinquante contre un que l'un d'entre vous ne finira pas en un seul morceau d'ici les vacances. »
«Wow,» s'étonna Harry, les yeux déjà de nouveau posés sur le chapitre onze : Images et visuels. Il parcourut la page rapidement. « Je devrais te faire parier sur quelque chose pour moi. Je suis sûr que je pourrais me faire pas mal de fric, avec cette histoire. »
Hermione se mit à rire doucement et ils se plongèrent tous les deux dans leurs livres respectifs. Harry essaya de se concentrer sur son chapitre, mais ne put s'empêcher de laisser ses pensées dériver. Est-ce qu'il pouvait vraiment parier cinquante contre un que Malfoy et lui allaient tenir jusqu'à Noël sans s'étriper ?
Il avait vraiment envie d'y croire, en tout cas.
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A suivre...
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A très bientôt pour la suite...
