Bonjour à tous. ^^
Voici le nouveau chapitre. Désolée du retard. ^^'

Bonne lecture.

Chapitre 6:

LE CRIME DE MASAKI.

L'arrancar regardait son maître accrocher des guirlandes brillantes et colorées aux murs sans comprendre ce qui se passait. Quand Aizen l'avait désigné pour être le serviteur et le protecteur de Kurosaki-sama, Ramiro s'attendait à devoir faire beaucoup de choses mais certainement pas à être envoyé sur Terre pour aller y acheter des décorations de Noël. L'arrancar ne savait même pas ce qu'était Noël mais visiblement ça avait l'air d'être important pour son jeune maître.

L'arrancar n'était pas le seul à avoir remarqué que le rouquin n'était plus lui même ces derniers jours. Il avait constamment l'air pensif et triste et passait la majeur partie de son temps seul dans ses quartiers. Au début, Ramiro avait mis ça sur le dos des entraînements de plus en plus durs que subissait le jeune homme mais il ne pouvait pas y avoir que ça. Ramiro avait bien essayé de le faire parler mais le rouquin avait préféré se murer dans son silence. Même Ichimaru-sama ne parvenait pas à le faire sortir de sa morosité.

Ramiro commençait à s'inquiéter et se demandait s'il ne devait pas en parler avec Aizen-sama, ne serait-ce que pour savoir ce qu'il était autorisé à faire ou non. Il n'était pas certain que le maître de Las Noches ait réellement donné son accord pour sa petite excursion dans le monde des vivants mais il n'avait pas eu les moyens de refuser de s'y rendre. Il appréciait beaucoup le jeune homme et veillait sur lui du mieux qu'il pouvait, mais il devait avouer que ce n'était pas facile. Ichigo avait une nette tendance à n'en faire qu'à sa tête et beaucoup d'arrancar se demandaient souvent pourquoi Aizen-sama le laissait faire sans le rappeler à l'ordre.

L'arrancar fut soudain tiré de sa réflexion par la voix de son maître. Secouant la tête, comme s'il venait d'être réveillé en sursaut, Ramiro se tourna vers Ichigo et remarqua que le rouquin le regardait, comme s'il attendait une réponse.

- Pardon, vous disiez?

- Viens m'aider à attacher ça au lieu de rêver, répondit le rouquin.
L'arrancar baissa les yeux vers ce que son maître avait entre les mains et vit une longue guirlande dorée qui brillait à la lumière des lampes. Un instant, Ramiro se demanda ce que le jeune homme lui voulait avant de réaliser qu'il allait être mis à contribution dans la décoration de l'appartement.

- Euh! ...
Ichigo haussa un sourcil et l'arrancar s'avança avec réticence. Il prit le bout de la guirlande que le vizard lui tendait et l'enroula mollement autour d'un pied de lampe en albâtre. Ichigo accrocha l'autre extrémité de la guirlande autour de la soeur jumelle de la lampe et laissa pendre le flot en une longue arabesque qui reliait les deux lampes d'un trait d'or scintillant. Sitôt fini, le jeune homme en tira une autre d'une boite en carton et retourna à l'assaut de ses meubles sous le regard perplexe de l'arrancar.

Non, vraiment, Ramiro ne comprenait pas ce qui arrivait à son maître.

Après les guirlandes, Ichigo déballa des boules de formes, tailles et couleurs différentes. De grosses boules dorées et rouges scintillantes et d'autre de la couleur de l'argent brillantes comme des miroirs. Certaines rondes, d'autres ovales et d'autres encore en forme de gouttes. Il y avait tellement de sortes différentes que le rouquin aurait pu ouvrir un magasin. Ramiro le regarda accrocher les boules à divers endroits stratégiques. Quand il eut terminé, Ichigo se planta au milieu du salon et observa le résultat de son travail sans un mot, les sourcils froncés. Il ne paraissait guère satisfait et se laissa tomber sur le canapé en soupirant bruyamment. Il se pencha en avant, les coudes plantés sur les cuisses, le visage enfouit dans les mains. L'arrancar l'observa un instant, ne sachant que faire, puis il s'avança vers le rouquin.

- Quelque chose ne va pas, maître Ichigo? Vous avez l'air préoccupé depuis quelques temps.
Ichigo releva la tête et resta un instant muet, le regard fixé sur l'arrancar qui le regardait avec inquiétude.

- Ramiro, penses-tu que Aizen me laisserait aller sur Terre?
L'arrancar ouvrit la bouche, l'air surpris, mais aucun son n'en sortit.

- Euh ... Je ne peux le dire, maître, c'est à Aizen-sama que vous devriez poser la question, répondit-il finalement quand il eut retrouvé la maîtrise de sa voix.
Ichigo baissa le regard sur ses mains, posées sur ses genoux.

- Oui, tu as raison, c'est ce que je vais faire.
Sur ses mots, il se leva et se dirigea vers la porte.

- Vous comptez lui demander ça tout de suite? S'écria Ramiro, presque affolé.

- Pourquoi pas? Répondit Ichigo d'une voix lasse. Autant le faire pendant que j'en ai le courage.
Il quitta l'appartement, laissant derrière lui un arrancar abasourdi.

Ichigo traversa le hall d'un pas pas vif et décidé et frappa trois coups brefs à la porte des quartiers d'Aizen. Comme d'habitude, ce fut Lorn qui vint lui ouvrir, son habituel air désapprobateur placardé sur le visage. Ichigo passa devant lui sans lui laisser le temps de protester, l'arrancar n'ayant toujours pas compris qu'il était inutile de râler, Ichigo n'en faisant qu'à sa tête avec l'approbation bienveillante du maître des lieux.

- Comment va, Lorn? Bien j'espère! Lâcha le rouquin au moment ou l'arrancar ouvrait le bec.
Lorn, visiblement outré, s'en alla sans un mot et retourna faire ce qu'il faisait avant d'être interrompu. Satisfait, Ichigo s'approcha du bureau d'Aizen. Il levait la main pour frapper lorsqu'une voix interrompit son geste. La porte était entre ouverte et Aizen n'était visiblement pas seul.

- Oh, je ne m'en fais pas trop pour ça, disait le traître. Avec Gabriella, nos forces sont suffisantes pour faire face aux raids probables des shinigami. C'est très prometteur, tu ne trouves pas? Au stade de hollow, elle dégage déjà assez de reiatsu pour chauffer tout Las Noches.
Aizen laissa échapper un petit rire.

- Je me demande d'ailleurs pourquoi Urielle n'a pas encore demandé à partager une chambre avec Gabriella, elle qui cherche toujours des endroits chauds et douillets pour nicher.

- Si tu veux mon avis, ce n'est pas avec Gabriella que Urielle aimerait partager une chambre, répondit une voix féminine que Ichigo n'avait jamais entendu.

- Hum? Fut tout ce qu'Aizen trouva à répondre.

- Roh, ne me dis pas que tu n'as jamais remarqué la façon dont elle regarde Gin-kun! S'il était l'une de ces friandises dont il raffole, elle le dévorerait sans doute.
Ichigo fronça les sourcils tandis qu'Aizen reprenait la parole.

- Gin est assez grand pour décider seul s'il veut bien se laisser "dévorer" ou non.
Un rire cristallin se fit entendre, puis:

- Et toi?

- Comment ça, moi?
Il y eut un bruit de porcelaine, comme si quelqu'un reposait brusquement une tasse dans une soucoupe.

- Et bien, toi et Ichigo-kun?

- Que vient faire Ichigo là-dedans, Kyô?

- Ne joue pas à ça avec moi.

- Ichigo est mon élève, affirma Aizen.
Pour une raison étrange, Ichigo sentit une vague de regret le traverser en entendant ça.

- Pourquoi ne pas lui demander ce qu'il en pense, fit la voix féminine, il est derrière la porte.
Un instant l'appréhension s'empara de Ichigo tandis que le bruit d'une chaise qu'on repousse raisonnait dans la pièce. Le pas irrégulier caractéristique d'Aizen s'approcha de la porte. Ichigo chercha vainement un endroit où se cacher, conscient qu'il n'aurait pas dû entendre cette conversation. La porte s'ouvrit brusquement devant lui. Aizen se tenait dans l'encadrement, l'air aussi surpris que le rouquin.

- Ichigo-kun? Que fais-tu là?

- Euh ... Et bin ... je voulais ...

- Fais le entrer, fit la voix féminine.
Aizen s'écarta pour laisser passer le jeune homme puis referma la porte derrière lui.

Assise dans un fauteuil faisant face au bureau d'Aizen, se tenait une jeune femme que Ichigo n'avait encore jamais vu à Las Noches. Elle avait de long cheveux châtains ondulés qu'elle avait attaché sur sa nuque à l'aide d'un long ruban rouge. Ses yeux, couleur chocolat, ressemblait à ceux d'Aizen, tout comme les traits délicats de son visage souriant. Elle portait un luxueux kimono de soie rouge décoré de phoenix d'or et serré à la taille par un obi qui se déployait dans son dos en un large noeud d'un jaune brillant.

- Enchantée, Ichigo-kun, fit-elle avec un sourire qui ressemblait à celui d'Aizen. Ca me fait plaisir de te rencontrer face à face.
Aizen reprit sa place derrière son bureau.

- Ne l'ennuie pas avec tes histoires, Kyô.

- T'es pas drôle, fit-elle dans une parfaite imitation de Gin.
Aizen laissa échapper un soupir agacé avant de se tourner vers Ichigo.

- Kyôka Suigetsu, mon zanpakutô. Enfin, l'une de ses nombreuses apparences.
La lumière se fit alors dans l'esprit du jeune homme.

- Aaaaah!

- Bon, je vous laisse en tête à tête, fit le zanpakutô. Vous avez certainement beaucoup de choses à vous dire. Amusez-vous bien.
Elle adressa un sourire évocateur à Ichigo avant de disparaître. Un instant de silence suivit son départ.

- J'ai toujours trouvé qu'elle était trop bavarde, soupira Aizen.
Ichigo hocha machinalement la tête, l'esprit ailleurs.

- Tu voulais me demander quelque chose, Ichigo-kun?
Le rouquin se souvint soudain de la raison de sa venue.

- Je me demandais ... si tu me laisserais aller sur Terre?
Aizen haussa un sourcil, visiblement surpris par cette question.

- Pour quelles raisons?
Ichigo réfléchit un instant, cherchant les mots qui pourraient l'aider à gagner l'approbation du maître.

- C'est juste que ... Ca va être Noël sur Terre et je n'ai encore jamais passé Noël loin de ma famille.
Il baissa la tête afin de ne pas voir le regard que l'ancien capitaine posait sur lui avant d'ajouter:

- Ma famille me manque.
Il y eut un instant de silence pesant. Ichigo ne releva pas la tête, mais il sentait le regard perçant, et certainement désapprobateur, de Sosuke peser sur lui. Il resta muet pendant un moment et Ichigo se dit que ce n'était pas bon signe.

- Cette fête est si importante pour toi, que tu es prêt à risquer ta vie pour ça? Fit Aizen après un moment. Tu sais que les shinigami surveillent constamment ta famille en pensant que tu pourrais avoir l'idée stupide d'aller lui rendre visite. Ils n'attendent que ça pour te capturer.
Ichigo ne répondit rien, serrant silencieusement les poings sur son hakama.

- Tu savais portant que te joindre à moi imposait certains sacrifices, continua le traître.

- Oui, c'est vrai, admit Ichigo, les yeux toujours baissés.
Aizen se tut et observa longuement le jeune homme assis en face de lui. Ichigo avait changé depuis son arrivée. Il avait gagné en force et en maturité et commençait à réfléchir au lieu de foncer tête baissée. Son contrôle sur son hollow s'était accru et il y avait un moment que le locataire indésirable du vizard ne s'était pas manifesté. Il avait même gagné assez de contrôle sur son reiatsu pour réussir à lancer des sorts basiques sans incantation. Mais pour l'instant, il ressemblait d'avantage au gamin indécis et déboussolé qu'il avait accueillit à Las Noches quelque semaines plus tôt.

Sosuke connaissait la loyauté du jeune homme envers ses amis et sa famille et il n'était pas étonnant que celle-ci lui manque. A force de l'entraîner et de le voir lui tenir tête avec une bravoure incroyable pour un si jeune shinigami, Aizen avait oublié que, justement, Ichigo n'était encore qu'un adolescent qui avait besoin du soutient de sa famille. Quand Ichigo avait accepté de se joindre à lui, Aizen lui avait promis qu'il ne serait jamais prisonnier à Las Noches. Mais que pouvait-il faire? Autoriser Ichigo à voir sa famille équivalait à le jeter entre les griffes des shinigami qui surveillaient Isshin et ses filles. Lui interdire allait certainement ébranler la confiance que le jeune homme avait en lui et ça, Aizen refusait que ça se produise.

Le silence s'éternisait, signe que le maître de Las Noches était la proie d'une intense réflexion. Ichigo n'osa pas le déranger, même si les arguments en faveur de sa demande se bousculaient dans sa tête. Il se sentait comme un petit garçon quémandant une faveur devant un professeur particulièrement intimidant. Il ne voulait pas courir le risque de le mettre en colère. Pour une raison qu'il ne parvenait pas à s'expliquer, ce que Aizen pouvait penser de lui avait une grande importance pour Ichigo. Il ne voulait pas le décevoir. Aizen était devenu aussi important pour lui que l'était sa famille.

- Gin et Urielle t'accompagneront, annonça soudain l'ancien capitaine, comme à regret. Mais si ça tourne mal, retour immédiat ici, compris?
Ichigo leva vivement la tête et rencontra enfin le regard d'Aizen. Il avait l'air mécontent mais il n'était ni en colère ni déçu. Il semblait surtout inquiet.

- Merci, répondit simplement Ichigo, faute d'autre chose à dire.
Aizen se contenta de hocher silencieusement la tête.

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ Trahison~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

Aizen accorda à Ichigo une visite de trois heures à sa famille, la veille de Noël. Comme convenu, Gin et Urielle devaient l'accompagner afin de le protéger en cas de mauvaise rencontre. Aizen avait également réquisitionné Grimmjow et Nelliel qu'il comptait envoyer à Karakura afin de détourner l'attention des shinigami. Ils avaient ordre de ne pas toucher aux vivants mais pouvaient faire ce qu'ils voulaient des shinigami présents en ville.

Quand Ichigo entra dans la salle du trône, inutilisée depuis son arrivée, Aizen, Gin et Urielle étaient déjà sur place et discutaient à mi-voix. En s'approchant d'eux, Ichigo remarqua la présence de Gabriella dans un coin. Le hollow cornu n'avait pas encore subit d'arrancarisation, Szayel s'occupant toujours de la préparation de la salle du Hogyoku en vu de l'opération. Ichigo, comme tous les autres habitants de Las Noches, avait parfois l'impression que le hollow était partout à la fois tant elle débordait d'énergie en courant dans tous les coins. Elle ne les avait rejoint que depuis deux jours mais elle avait déjà eu le temps de visiter la forteresse d'un bout à l'autre. Elle avait aussi eu l'occasion de couper quelques têtes, tout comme Urielle à son arrivée. Parfois, Ichigo se demandait si les arrancar étaient capables d'apprendre des erreurs commises par leurs semblables.

Quand Ichigo arriva devant lui, Aizen l'accueillit d'un sourire qui semblait un peu crispé. Gin avait son habituel sourire sur les lèvres, mais lui aussi semblait inquiet. Urielle, quand à elle, semblait aussi calme qu'elle l'était toujours.

- Ichigo, fit Aizen, tu es prêt?

- Oui.
Le jeune homme se sentait vaguement honteux d'être la cause d'une telle expédition, mais la perspective de revoir son père et ses soeurs était suffisante pour faire rapidement disparaître ce petit moment de honte.

- Ne manque plus que Grimmy et Nelliel, fit remarquer Gin avec son habituel sourire.

- Szayel va vous accompagner, informa soudain Aizen. Il doit se rendre dans le monde des vivants pour y installer sa dernière invention.
Ichigo se demanda s'il devait s'en inquiéter ou non. Aizen dû s'en rendre compte car il ajouta:

- Ca nous permettra de surveiller les mouvements des shinigami à Karakura.
Le rouquin se contenta de hocher la tête. A ce moment, la porte s'ouvrit sur Grimmjow qui entra dans la salle d'un pas conquérant, suivit de Nelliel et de Szayel. Ce dernier avait un énorme sac sur le dos et une sacoche tout aussi impressionnante pendait de son épaule droite.

- Bien, tout le monde est là, fit Aizen en s'avançant vers le centre de la salle. Vous savez ce que vous avez à faire, alors en route.
Il se tourna vers le trio que formaient Gin, Ichigo et Urielle.

- Quand à vous, au moindre problème: retour immédiat.
Ichigo approuva d'un signe de tête.

- Tu ne viens pas?
Aizen haussa un sourcil.

- Il ne vaut mieux pas.
Vaguement déçu, Ichigo hocha à nouveau la tête.

Aizen lança un regard impérieux vers Urielle et l'arrancar, comprenant ce qu'il voulait, leva la main et ouvrit un garganta. Ichigo échangea un dernier regard avec Aizen avant de s'engager dans le passage, suivit de Gin et Urielle. Grimmjow, Nelliel et Szayel les suivirent en silence. Sosuke allait se détourner du passage quand Gabriella passa près de lui.

- Moi aussi je veux aller sur Terre, fit-elle en trottinant vers le passage.

- Hep là! Intervint le shinigami en l'attrapant par l'une de ses cornes.
Chagriné, le hollow se tourna vers le maître de Las Noches.

- Je veux aller jouer avec les shinigami.
Aizen ouvrit lentement la bouche, encore surpris par la liberté que Gabriella se permettait de prendre. Il lâcha la corne du hollow.

- Après tout, pourquoi pas, soupira-t-il.
Un allié de plus ne serait peut-être pas de trop pour aider Grimmjow et Nelliel à détourner l'attention des shinigami. Gabriella, satisfaite, battit des mains en sautillant sur place.

- Ne touches pas aux vivants ni au âmes, ordonna Aizen. Mais tu peux faire ce que tu veux des shinigami.

- Oki!
Avec ça, Gabriella sauta dans le portail qui commençait à se refermer. Aizen laissa échapper un soupir las puis quitta la salle en espérant que tout se passe bien.

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ Trahison~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

Les guirlandes lumineuses du sapin de Noël clignotaient joyeusement tandis que la télé diffusait un drama en sourdine. La table basse du salon croulait sous les friandises et les amuses-gueules et dans un coin des paquets aux emballages colorés et brillants attendaient d'être ouverts, pourtant la joie était loin d'être de mise dans la maison familiale. Revêtu d'un habit rouge de Père Noël, Isshin avait bien essayé d'amuser ses filles, mais un coup de poing de Karin avait rapidement mis fin à ses pitreries. La tristesse et la morosité avaient repris leurs droits dans la maison, comme c'était le cas depuis les funérailles de Ichigo, quatre jours plus tôt.

Bien sûr, Isshin savait parfaitement que le corps mis en terre n'était qu'une coquille vide et que l'âme de Ichigo était à l'abri au Hueco Mundo mais comment expliquer ça à ses filles? Karin semblait se douter de quelque chose, mais sans certitude, elle avait l'air aussi perdu qu'après la mort de sa mère. Son attitude distante et fière à bras avait pris un rude coup et, même si elle se cachait, Isshin savait qu'elle pleurait toutes les nuits. Yuzu avait beaucoup pleuré, elle aussi, et le jour de l'enterrement, son père avait cru qu'elle ne tiendrait jamais le choc, mais la fillette s'était montrée plus forte qu'il l'avait pensé. Elle qui n'avait plus pleuré depuis la mort de sa mère, fondait en larmes sans crier gare, surtout quand elle se trouvait dans des endroits ou dans des situations qui lui rappelait son frère. Isshin l'avait même surpris en proie à une véritable tempête de larmes, le visage enfouit dans un T-shirt de son frère, la veille tandis qu'elle faisait la lessive. Assise sur le fauteuil face à lui, elle se forçait à lui sourire mais personne n'était dupe, même si ni Isshin ni Karin ne faisaient pas la moindre remarque quand elle revenait de la cuisine les yeux gonflés et humides de larmes.

Isshin s'en voulait profondément de faire subir ça à ses filles alors qu'il savait parfaitement que ce qui avait été tué par les shinigami n'était pas son fils. Il savait que l'esprit de Ichigo était toujours vivant quelque part, même s'il ne pouvait venir les voir. Il se demandait souvent s'il aurait un jour l'occasion de revoir Ichigo et s'il allait bien. Quelle idée d'aller se joindre à Aizen, franchement! Isshin devait avouer que, même s'il n'approuvait pas le choix de son fils, il le comprenait. Ichigo avait fait la seule chose possible pour rester en vie. Pour dire la vérité, Isshin n'était pas surpris par la tournure des évènements. Il connaissait bien les shinigami et leurs mentalité stupide. C'était l'une des raisons pour lesquelles il avait déserté. Ca et Masaki. Si Isshin s'était rangé aux cotés des shinigami durant la bataille de la fausse Karakura c'était uniquement parce qu'ils se proposaient de protéger la ville de la destruction et non parce qu'il était dans leur camp. Il ne devait rien aux shinigami, au contraire, et ne voulait strictement rien avoir à faire avec eux.

A cause d'eux, il avait perdu Masaki et Ichigo.

Le micro-onde sonna et Yuzu murmura une vague excuse avant de se lever et de se diriger vers la cuisine. Durant son absence, Isshin et Karin échangèrent un regard silencieux. Pendant quelques minutes les bruits de plats et d'ustensiles retentirent dans la pièce voisine puis Yuzu fit sa réapparition, portant un gros saladier débordant de pop-corn encore fumant. Comme à chaque fois qu'elle revenait de la cuisine, ses yeux semblaient plus rouges et gonflés qu'en y allant. Elle posa le saladier au centre de la table, parmi les gâteaux, biscuits, confiseries et autres sucreries que Isshin et ses enfants avaient coutume de manger la veille de Noël en guise de repas.

- Et voilà, fit-elle en tirant de son tablier deux bouteilles de nappage qu'elle posa près du saladier.

- Ca a l'air délicieux, ma chérie, fit Isshin en minaudant. Papa est pressé de goûter ça.
Karin leva les yeux au ciel et se tourna vers la télé d'un air qui se voulait indifférent.

Isshin s'agenouilla devant la table basse et se servit d'un peu de tout dans une assiette creuse que Yuzu avait préparé spécialement pour ça. Il incita ses filles à en faire autant et celle-ci s'exécutèrent silencieusement, visiblement à contre-coeur. En dépit des efforts de Isshin, l'ambiance restait morose, glaciale. L'ancien shinigami ne pouvait s'empêcher de regarder ses filles avec tristesse. Yuzu lui rappelait tellement Masaki et Karin se comportait de plus en plus comme Ichigo, cachant son coeur d'or sous sa carapace distante. Une boule lui serra douloureusement la gorge et il posa son assiette pleine sur ses genoux. Sans le vouloir, toutes les deux lui rappelaient douloureusement ceux qu'il avait perdu à cause des shinigami. Elles étaient tout ce qui lui restait à présent et il se jura de les protéger contre tout ce qui pourrait les menacer. Il les protégerait mieux qu'il n'avait protéger Ichigo et Masaki.

Le "pique-nique" de Noël, qui aurait dû être joyeux, commença en silence. Yuzu reniflait de temps à autre et gardait la tête baissée pour que personne ne voit ses larmes. Karin ne desserrait les dents que pour enfourner la nourriture dans sa bouche. Les deux fillettes mangeaient peu, du bout des lèvres, à petites bouchées hésitantes. Il ne faisait aucun doute pour Isshin que les délicieuses confiseries qui s'étalaient sur la table allaient finir à la poubelle.

Un soupir lui échappa tandis qu'Isshin regardait son assiette sans la voir. C'était Noël, bon sang! Un jour que sa famille avait toujours fêté dans les rires, l'amusement et la bonne humeur. Une fête qu'ils auraient dû passer à se goinfrer de bonbons et de gâteaux en regardant la télé. Il se souvint la larme à l'oeil que l'année précédante, Ichigo lui avait lancé un bol de glace à la vanille à la tête parce qu'il se plaignait, en plaisantant, de son attitude distante devant le poster de Masaki. Il lui avait fallut quatre jours pour retirer de ses cheveux tout le caramel que son fils avait versé dans la glace avant de s'en servir comme d'une arme. C'était dur pour lui de se dire que ça n'arriverait probablement plus. Une vague d'abattement le saisit mais il refusa d'y céder. Obéissant à une arrière pensée, il se colla des grains de pop-corn sur le visage avant de se tourner vers ses filles.

- Regardez, les filles s'écria-t-il. Papa s'est transformé en méchante sorcière!
Il se leva et tendit les mains vers les gamines.

- Je vais vous manger, fit-il en grognant lugubrement.

- T'es ridicule, fit Karin agacée. Et puis c'est Noël, pas Halloween, espèce de crétin.
Et elle ponctua sa remarque d'un coup de pied dans la figure de son père qui se retrouva dans son fauteuil, les grains blancs qu'il avait collé sur sa peau à présent écrasés sur parquet. Yuzu qui se serait habituellement jeté sur son père pour s'assurer qu'il allait bien se leva brusquement.

- Je vais faire du chocolat chaud, annonça-t-elle d'une voix étranglée.
Elle se précipita à la cuisine, de grosses larmes roulant sur ses joues. Isshin se redressa dans son fauteuil en soupirant. Il semblait tellement las et abattu que Karin retint la remarque cinglante qui la démangeait.

Il se passa quelques minutes durant lesquelles rien ne se fit entendre hormis les hoquets de Yuzu, étouffés par la porte de la cuisine. Isshin avait essuyé on visage pour le débarrasser du caramel et des pop-corn qui y était resté collé, et regardait à présent son assiette sans la voir. Il ne savait plus que faire pour redonner un peu de gaieté à ses filles. C'était le Noël le plus déprimant de sa vie. Même celui qui avait suivi la mort de Masaki n'avait pas été aussi sinistre. Il se passa une main sur le front et se leva pour aller consoler Yuzu quand un reiatsu d'une force incroyable explosa comme une bombe non loin de la maison. Karin laissa échapper un couinement de surprise, signe qu'elle l'avait senti, elle aussi. Isshin ne s'en occupa pas, les sourcils froncés il essayait d'identifier ce reiatsu. C'était celui d'un hollow, et pas n'importe lequel, un hollow très puissant qui se dirigeait droit sur eux.

- Cette sensation, se plaignit Karin.
Elle se leva et fit mine d'aller à la fenêtre, mais Isshin l'en empêcha en l'attrapant par l'épaule. Il hésita un instant. Le hollow s'arrêta non loin de la maison et Isshin sentit aussitôt les reiatsu des shinigami qui les surveillaient s'élancer contre lui pour l'intercepter. Le reiatsu du hollow commença alors à s'éloigner à une vitesse stupéfiante. Intrigué, il se dirigea vers la fenêtre pour voir ce qui se passait. Karin le regarda faire, les sourcils froncés:

- C'était quoi ça? Demanda-t-elle d'un ton boudeur.

- Je ne sais pas, répondit l'ancien shinigami, inquiet. Peut-être que ...
Il fut interrompt par la sonnerie de la porte d'entrée.

- J'y vais, annonça Yuzu depuis la cuisine.
Suspicieux et inquiet, Isshin se dirigea vers la porte.

- Pas la peine, ma chérie, j'y suis déjà.
Il ouvrit la porte et ...

- Papa!
Isshin ouvrit des yeux immenses, incapable de dire quoique ce soit.

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ Trahison~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

Il faisait nuit quand ils arrivèrent de l'autre coté. Des décorations de Noël égayaient la nuit d'un noir d'encre de leurs halos colorés et des fenêtres luisaient d'une lueur dorée aux façades des immeubles. Quelques flocons de neige dansaient dans le vent glacial de l'hiver. Du coin de l'oeil, Ichigo vit Urielle fourrer ses mains dans les amples manches de son kimono blanc et serrer les bras contre sa poitrine en frissonnant.

- Fait pas chaud par ici, remarqua-t-elle.
Grimmjow et ses acolytes arrivèrent un instant après eux.

- Tiens? Fit Urielle en remarquant que le garganta restait ouvert.

- Bon, fit Grimmjow au même moment. Nous, on se charge des shinigami et ...
A ce moment, Gabriella débarqua au petit trot.

- Tu fais quoi ici, toi? Grogna Grimmjow avec sa délicatesse habituelle.

- Je viens vous aider à tenir les shinigami à distance.
Il y eut un instant de silence, puis Gabriella ajouta:

- Aizen-sama est d'accord.

- Bon, puisque tu es là, intervint Gin, tu vas rabattre les shinigami vers Grimmjow et Nelliel. Ensuite, occupez les le plus longtemps possible.
Tous les trois hochèrent la tête.

- Moi, j'ai du boulot, je pars de mon coté, fit Szayel en tapotant son sac de la main.

- D'accord. Grimmjow et Nelliel, vous savez quoi faire.
Nouveaux hochement de tête de la part des arrancar.

- Gabriella, tu viens avec nous. En route!
D'un sonido les arrancar s'éclipsèrent, laissant les quatre autres sur place. Ichigo échangea un regard avec Gin puis ils se mirent en route en direction de la clinique Kurosaki.

Ichigo était nerveux, il ne cessait de faire tourner autour de son doigt l'anneau que Szayel lui avait confié et qui faisait complètement disparaître son reiatsu pour le rendre indétectable par les shinigami. Il se demandait comment son père allait le recevoir après tout ce qu'il avait fait. Il n'était pas certain que Isshin accepte sa décision de se ranger aux cotés d'Aizen. Il ne savait pas ce qu'il ferait si son père le jetait dehors. Sans doute retournerait-il à Las Noches noyer sa déception et son chagrin dans l'entraînement et dans sa haine des shinigami.

Gin leur fit signe de s'arrêter sur un toit proche de la clinique et leur indiqua silencieusement une direction de son long index. Les trois autres regardèrent dans la direction qu'il indiquait et virent, tapis sur un autre toit, un groupe de shinigami qui avaient l'air de s'ennuyer ferme.

- On dirait que Szyel avait raison: la dixième division a remplacé la deuxième, remarqua Gin à voix basse.
Ichigo serra les poings en voyant les cheveux blancs et l'haori de Hitsugaya se découper sur le ciel nocturne.

- A toi, Gaby, amuses-toi bien, ajouta Gin avec un clin d'oeil.
Le hollow lui répondit d'un geste de la main et s'éclipsa à une vitesse foudroyante avant de réapparaître sous le nez des shinigami en faisant exploser son reiatsu comme un feu d'artifice d'une force qui faillit les jeter à genoux. De leur place Ichigo, Gin et Urielle purent voir Hitsugaya tirer son sabre de son fourreau et s'élancer à la rencontre de Gabriella , ses troupes sur ses talons.

- Sosuke a bien raison, remarqua Gin avec un sourire moqueur. On peut toujours compter sur ce cher Hitsugaya pour faire ce qu'on attend de lui.
Il fit signe aux autre de le suivre et, tandis que Gabriella entraînait les shinigami vers Grimmjow et Nelliel, il se dirigea vers la clinique.

Arrivée devant la porte, Ichigo hésita un instant avant de sonner, anxieux de connaître la réaction de son père. Quand il leva la main vers la sonnette, elle tremblait tellement qu'il faillit manquer le bouton. Il se passa un instant avant que la voix de Isshin ne retentissent derrière la porte, puis celle-ci s'ouvrit.

- Papa? Appela Ichigo, le coeur battant.
Isshin resta en travers de la porte, figé par la surprise, les yeux exorbités fixés sur ses visiteurs.

- Qui c'est papa? Fit la voix de Yuzu depuis la cuisine.
Isshin ne répondit pas, toujours sans voix.

- On devrait entrer avant que les shinigami ne se lassent de courir derrière Gabriella et ne rappliquent par ici, intervint Gin.
Isshin tourna la tête vers lui, semblant remarquer sa présence pour la première fois.

- Papa? Fit la voix de Karin au même moment.
Ca sembla enfin faire réagir Isshin. Il secoua la tête et ses yeux semblèrent se remplir de larmes.

- Ichigo!
Il lâcha enfin la porte et, ouvrant les bras, saisit Ichigo et le serra contre lui à l'étouffer.

- Ichigo, mon fils! Je pensais que je ne te reverrais jamais.

- Papa, souffla le rouquin, soulagé.
Leur accolade dura un instant. Ils venaient de se lâcher lorsque Yuzu sortit de la cuisine en essuyant son visage avec son tablier rose.

- Qui c'est, papa? Demanda-t-elle.
Son regard tomba alors sur Ichigo. Ses yeux s'agrandirent démesurément et toutes couleurs disparurent de son visage. Elle poussa un petit cri étranglé puis tomba évanouie sur le carrelage.

- Yuzu, ma chérie, s'écria Isshin.

- Yuzu, cria Ichigo au même moment.
Tous les deux s'élancèrent vers la gamine, laissant le champ libre à Gin et Urielle pour entrer. L'arrancar ferma la porte derrière elle et se retourna pour se retrouver nez à nez avec une gamine aux cheveux noirs qui la regardait avec surprise.

- T'es qui, toi?

- Urielle Angelis, première née parmi les Archanges, et toi?
La gamine ne répondit pas, préférant se tourner vers le remue-ménage qui raisonnait à l'autre bout du couloir. Elle pâlit alors violemment et Urielle cru qu'elle aussi allait s'évanouir, mais la gamine parvint à se reprendre.

- Ichi-nii?
Ichigo se tourna vers elle.

- Karin!

- Ichi-nii!
La gamine se jeta sur le rouquin et le serra dans ses bras.

- Ichi-nii, je savais que tu n'étais pas mort.

- Pourquoi veux-tu que je sois mort?
Karin leva la tête vers lui.

- Quoi, tu n'es pas au courant?

- Plus tard, Karin, ordonna Isshin en soulevant Yuzu dans ses bras.
Il se rendit au salon et déposa la fillette sur le canapé. Les invités surprises l'y rejoignirent tandis qu'il se rendait à la cuisine. Ils l'entendirent fouiller dans les placards pendant un instant puis il revint avec une petite fiole à la main.

- Tenez, fit-il en la tendant à Urielle. Faites lui respirer ça.
Sans vraiment comprendre, l'arrancar fit ce qu'on lui demandait de faire. Yuzu se réveilla brusquement en fronçant le nez d'un air dégoûté.

- Tiens, bois ma chérie, ça te fera du bien, ordonna Isshin en lui tendant un verre.

- Ichi-nii, tu es vivant, s'écria la petite en ignorant le breuvage.
Ichigo s'assit sur le canapé à coté d'elle et la prit dans ses bras. Karin s'assit de l'autre coté du rouquin et se blottit contre lui. Urielle se leva pour leur faire de la place tandis que Isshin se laissait tomber dans l'un des fauteuil en soupirant et que Gin s'asseyait dans l'autre en croisant les jambes. Urielle s'assit sur l'accoudoir près de lui.

Pendant un instant, personne ne parla. Yuzu pleurait silencieusement sur l'épaule de son frère, Karin reniflait bruyamment et Isshin lançait des regards en biais vers Gin et Urielle. En temps normal, il n'aurait certainement pas laissé ce type s'approcher de ses filles mais il ne semblait pas menaçant et Ichigo lui faisait visiblement confiance. Isshin était curieux de savoir comment ça se passait à Las Noches pour son fils. Il devait avouer que Ichigo avait bien grandit en quelque semaines. Il avait l'air plus mûr, plus adulte, plus sûr de lui et, même s'il ne pouvait pas sentir son reiatsu, il ne fallait pas être devin pour voir que le jeune homme avait gagné en force et en maîtrise. Ichigo était plus impressionnant que jamais.

Il fallut quelques minutes à Yuzu pour se calmer. Ichigo devait avouer qu'il ne s'attendait pas à tant de larmes. Que s'était-il donc passé pendant son absence? Les shinigami avaient-ils menacé sa famille? Il attendit que Yuzu essuie ses yeux avant de se tourner vers son père.

- Je suis désolé de ce qui s'est passé.

- Ne t'excuses pas, soupira Isshin, je comprends que tu n'avais pas d'autres choix. J'espère simplement que tu ne le regretteras pas à la fin.
Ichigo secoua la tête, pensif.

- Je ne pense pas que je le regretterai. Je suis bien là bas, Sosuke me traite vraiment bien.

- Tu l'appelles par son prénom, remarqua Isshin en fronçant les sourcils.
Ichigo regarda son père avec surprise.

- J'appelle beaucoup de monde par leur prénom, je ne vois pas où est le problème.

- C'est d'Aizen dont on parle, fit Isshin, l'homme qui a essayé de détruire cette ville. Tu te souviens?

- C'est pas vrai, Sosuke n'est pas comme tu le crois, il n'a jamais essayé de détruire Karakura. C'est les shinigami qui ont inventés cette histoire.
Isshin se leva et se mit à arpenter rageusement la pièce.

- C'est lui qui t'as dit ça? Il était pourtant bien là avec toute son armée non?

- Il faut bien se défendre, fit remarquer Gin, avec un sourire en coin.
Isshin lui lança un regard noir qui n'effaça pourtant pas le sourire de son visage.

- C'est le monde à l'envers, s'écria Isshin en levant les bras au ciel. Mon fils défend un traître! Je pensais t'avoir élevé mieux que ça.

- Les shinigami l'ont trahi les premiers, rugit Ichigo, prêt à bondir sur son père pour le faire taire. C'est eux qui sont responsable de tout ce qui arrive. S'ils n'étaient pas aussi bornés et stupide, aussi accroché à leur petit pouvoir, rien de tout ça ne serait arrivé.

- Et c'est lui qui t'as dis ça?

- Si tu savais la moitié de ce qu'il m'a raconté, tu ne viendrais pas la ramener comme ça.

- Ichigo, on parle du pire menteur de toute l'histoire du Soul Society ...

- Il ne m'a pas mentit, rugit le rouquin, hors de lui.
Ichigo ne savait vraiment pas pourquoi mais entendre son père parler si mal d'Aizen le mettait dans une colère folle et il ne pouvait s'empêcher de prendre sa défense.

- Il me semble que ce sont les shinigami les méchants dans cette histoire et pas Aizen-sama, fit remarquer Urielle avec calme. Ce sont les shinigami qui ont essayé de tuer Ichigo-kun, non?

- Mêle toi de ce qui te regarde, grogna Isshin.
Sans perdre son calme, Urielle ouvrit la bouche pour répliquer lorsqu'une petite voix s'écria:

- Arrêtez de vous disputer, supplia Yuzu, de nouveau en larme.
Elle éclata en sanglots bruyants, le visage caché dans ses mains.

- Yuzu, je suis désolé, ma chérie, fit Isshin en s'agenouillant devant sa fille.

- C'est de ta faute, crétin, intervint Karin, visiblement furieuse. Ichigo est vivant et il vient nous voir et toi tu te mets à lui crier dessus comme un imbécile.
Isshin leva les yeux vers son fils.

- Je suis désolé, fils. Je ne te comprends pas, mais je suppose que tu as tes raisons.
Il se rassit en se passant nerveusement une main dans les cheveux. Il y eut un instant de silence puis, prenant son courage à deux mains, Ichigo se décida à poser la question qui le taraudait:

- Pourquoi devrais-je être mort?

- Tu n'es pas au courant? Interrogea Isshin.

- Au courant de quoi, répondit le rouquin agacé.
N'en avait-il donc pas assez de tourner autour du pot, comme ça?

- On t'a enterré il y a quatre jours, répondit Isshin en détournant la tête, gêné.
Ichigo le regarda bouche bée. Il lança un regard interrogateur vers Gin qui semblait tout aussi surpris que lui. Le renard adressa un signe de tête au rouquin pour indiquer qu'il n'en savait pas plus que lui.

- Comment ça vous m'avez "enterré"?
Il n'arrivait pas à y croire.

- Bon sang, Ichigo, mais tu ne comprends donc pas? Les shinigami ont tué ton corps et détruit le mod-soul qui l'animait. Pour tout le monde, tu es mort!
Il fallut un moment pour que le jeune homme digère l'information.

- Ton corps a été retrouvé dans une rue de la ville, poignardé à mort, continua Isshin d'une voix lugubre. Pour la police et tes amis tu as été assassiné par un rôdeur qui en voulait à ton porte-feuille. Mais je savais que c'était un coup des shinigami.

- Mais, pourquoi?

- C'est pourtant simple, intervint Gin avec un air sérieux qui ne lui était pas habituel. En tuant ton corps et te faisant mourir officiellement pour les vivants, ils s'assurent que tu n'auras pas d'endroit où aller pour te cacher. Tout ce que tu avais, comme tes papiers d'identité, ton compte en banque et le reste deviennent inutilisable puisque tu es mort.
Ichigo serra les poing avec colère.

- Ces maudits shinigami!
Isshin resta silencieux.

- Les shinigami ont une étrange façon de montrer leur reconnaissance envers ceux qui les ont aidé, remarqua Urielle, pensive.
Dans le silence qui suivit cette remarque, l'arrancar se pencha pour prendre le saladier de pop-corn posé sur la table. Un instant, elle inspecta les grains avant d'en mettre prudemment un dans sa bouche, sans se soucier des regards posés sur elle.

- Je n'aurais jamais pensé qu'ils puissent aller si loin, soupira Ichigo, accablé.
Isshin hocha la tête en silence.

- Hé! Protesta soudain Urielle alors que Gin fourrait une main dans le saladier qu'elle venait de s'approprier.
Elle essaya de le mettre hors de porté de la voracité de l'ancien shinigami mais celui-ci plongea son autre main dans le pop-corn pour en tirer une poignée. Ichigo et son père les regardèrent chahuter un instant pour la possession du saladier et de son délicieux contenu, puis Isshin se tourna à nouveau vers son fils, un air sérieux et préoccupé sur le visage.

- Il faut que je te dise quelque chose Ichigo. C'est à propos de Masaki.
Le vizard se tourna vers son père tandis que Gin et Urielle, alertés par la soudaine tension du médecin, arrêtèrent brusquement de se disputer le pop-corn. L'arrancar tomba de l'accoudoir sur lequel elle était assise, le saladier entre les mains. Sans quitter Isshin des yeux, Gin saisit Urielle et la fit machinalement s'asseoir sur ses genoux. Un silence anxieux s'abattit sur le salon.

- Tu le sais maintenant, avant j'étais un shinigami, commença Isshin. J'étais le capitaine de la dixième division. Ichimaru doit d'ailleurs s'en souvenir.

- En effet, approuva celui-ci. Dire que c'est ce morveux de Hitsugaya qui a hérité du poste!
Isshin ne prêta pas attention à cette remarque avant de continuer.

- Plus je servais le Seireitei, plus le comportement et la mentalité des dirigeants du Soul Society me dégoûtait. Plus d'une fois j'ai pensé à déserter, mais je ne l'ai pas fait. Tout du moins pas avant de rencontrer ta mère. C'était au cours d'une mission sur Terre, il y a vingt deux ans. Je m'en souviens comme si c'était hier. Masaki était tellement différente de tout ce que je connaissais. Elle était la douceur et la gentillesse incarnée et d'une tolérance que je n'avais encore jamais connu. Je suis tombé amoureux d'elle et, pour mon plus grand bonheur, elle de moi. Quand ma mission c'est terminée, je suis retourné au Seireitei en lui promettant de revenir la voir. Mais plus le temps passait plus le Seireitei me répugnait et plus j'avais envie de fuir pour trouver mieux ailleurs, avec Masaki. Après deux ans de visites intermittentes, je ne supportais plus ma vie au Seireitei et j'ai décidé de déserter pour rejoindre ta mère.
Il s'arrêta un instant et se massa l'arrête du nez. Personne ne se fit entendre. Yuzu dormait à moitié dans les bras de Ichigo et Karin avait les yeux fixés sur son père, curieuse de connaître la suite. Curieux, lui aussi, Gin ne se rendait pas compte qu'il serrait Urielle contre lui. Loin de s'en plaindre, l'arrancar s'était installé confortablement contre le torse de l'ancien capitaine.

- Urahara avait été mon contact sur Terre à de nombreuses reprises. Grâce à son aide, j'ai pu disparaître et me fondre dans la masse des vivants, notamment grâce à ce gigai camouflant mon reiatsu.
D'un geste de la main, il désigna son corps.

- A partir de là, Masaki et moi avons pu vivre comme des amoureux normaux. Nous nous somme mariés et j'ai pu utiliser mes connaissances pour décrocher un diplôme de médecine. Après quelques années, vous êtes arrivés, tous les trois. J'ai vécu de nombreuses années au Seireitei, mais ces quelques années partagées avec votre mère et vous ont été les plus heureuse de ma vie. Malheureusement, les shinigami nous ont retrouvé.
Inconsciemment Ichigo se mordit là lèvre. Karin fronçait les sourcils, ce qui la faisait ressembler à son frère. Urielle serra lune des mains de Gin entre les sienne et le renard lui rendit machinalement son étreinte. Isshin soupira douloureusement.

- Tu ne dois pas t'en souvenir, Ichigo, tu étais trop jeune, mais ils sont venus ici. Il y avait le capitaine Kuchiki et le capitaine Ukitake. Kuchiki vous a menacé, Masaki et vous, et si Ukitake n'était pas intervenu pour nous séparer, je l'aurais sûrement attaqué pour vous protéger. Ukitake a réussi à calmer le jeu et ils sont tout deux retournés au Seireitei. Mais après ce jour, je 'attendais à les voir débarquer à tout moment pour me ramener. J'ai voulu déménager, mais Masaki m'a dit que ce serait une preuve pour eux que j'avais peur d'eux, ce qui était faux, alors je me suis rangé à son avis et nous sommes restés ici. Si j'avais su ce que ça allait entraîner, je nous aurais fait quitter le pays. Enfin bref, Ukitake est revenu seul, après quelques semaines et m'a annoncé le verdict du Seireitei. J'étais exilé, avec interdiction de revenir au Seireitei, même pour vous revoir quand vous ... quand vous serez morts. J'avoue que j'ai été surpris par leur clémence, je m'attendais à être ramené par la force pour être exécuté.

- C'est ce qui avait été prévu, intervint Gin. Vous, Masaki et les enfants deviez être assassinés par les force spéciales de la deuxième division mais grâce à Sosuke, cet ordre ne fut jamais donné.
Isshin se tourna vivement vers lui.

- Comment ça?

- Cette histoire avec vous et Masaki a fait beaucoup de bruit au Seireitei. Assez pour attirer l'attention de Sosuke. Il s'est dit qu'en tant que fuyard vous pourriez devenir un allié de poids dans sa future guerre contre les shinigami et il a commencé à vous surveiller. C'est comme ça qu'il a découvert Ichigo et ses capacités. A l'époque, il tenait déjà plusieurs membres des Quarante-six sous sa domination et s'en est servi pour changer le verdict en quelque chose qui ne vous mettait pas en danger. Les shinigami sont habitués à obéir aux ordres sans poser de questions, ils n'ont donc pas discuté l'ordre de vous laisser en paix.
Isshin se pencha en avant, les avant- bras posés sur ses genoux, il regarda le sol, comme s'il pouvait y trouver un peu de réconfort.

- Ils ont pourtant tué Masaki.

- QUOI! S'écria Ichigo, réveillant Yuzu en sursaut.
Sous le regard ardent de son fils, Isshin hocha lentement la tête.

- Je suppose que même s'il n'ont pas discuté les ordres, certains shinigami ont trouvé que le verdict n'était pas assez sévère à leur goût.
Il tourna à nouveau la tête vers Ichigo.

- Le jour où Masaki est morte, j'avais repéré le hollow depuis un moment et j'avais prévenu Urahara. Nous sommes partis à votre recherche, conscients que ce hollow serait sans aucun doute attiré par ton énergie. Nous sommes arrivés trop tard pour sauver Masaki mais pas pour voir un spectateur se délecter de la scène. Kuchiki Byakuya était là.

- QUOI? Rugit Ichigo. Ce bâtard était là et il n'a rien fait!
Isshin secoua la tête.

- Masaki était la cause pour laquelle j'avais déserté et trahi le Seireitei. Elle devait être puni pour ça. Oh, bien sûr les shinigami ne peuvent pas s'attaquer aux vivants sans encourir de graves conséquences, mais ils peuvent tout à fait les laisser se faire tuer par autre chose.
La colère de Ichigo était telle que son reiatsu tourbillonnait en vagues noires et menaçantes autour de lui malgré l'anneau suppresseur de Szayel.

- Le fils de pute! Rugit le vizard. Et dire qu'il me prenait de haut avec ses grands airs de noble blanc comme neige. Je me suis rendu responsable de la mort de maman pendant toutes ses années alors que c'est ce salaud qui l'avait laissé se faire tuer! Quelle pourriture! Je vais me le faire!

- Du calme Ichigo, conseilla Gin. Ton reiatsu va attirer les shinigami.

- Aucun risque, fit Isshin en se tournant vers lui. La maison est sous le coup d'un sort qui empêche quiconque se trouve à l'extérieur de sentir les énergies se trouvant à l'intérieur. J'ai demandé à Urahara de le poser quand je me suis rendu compte que le reiatsu de Ichigo commençait à attirer les hollow.
Isshin se tourna à nouveau vers son fils qui luttait pour reprendre le contrôle de son reiatsu.

- Kuchiki Byakuya est représentatif de la pensée du Seireitei: ce qui entrave leurs petites règles, ce qui perturbe leur ordre établi et ce qui pourrait les menacer doit être détruit sans hésitation.
Ichigo resta muet. Tête basse, il essayait de refouler ses larmes.

Pendant un moment personne ne parla. Les fillettes pleuraient à nouveau. Yuzu ne comprenait pas bien cette histoire mais elle avait tout de même saisit que quelqu'un qui aurait pu sauver sa mère l'avait laissé se faire tuer sans bouger. Karin semblait aussi furieuse que Ichigo et Isshin se sentait tout aussi impuissant que quand il avait trouvé Masaki morte. Gin et Urielle essayaient de se faire petits afin de ne pas déranger la famille dans un moment pareil.

Ils se passa de longues et pénibles minutes de silence puis, comme pour rappeler que la vie suivait encore son cour, la pendule sonna minuit. Yuzu se redressa, s'arracha à l'étreinte de son frère, et essuya ses larmes du revers de la main. Se forçant à sourire, elle regarda Ichigo et déclara:

- Il est minuit, c'est l'heure d'ouvrir les cadeaux!
Elle se leva et s'agenouilla devant le sapin au pied duquel reposaient les paquets. Elle en prit un et l'apporta à Ichigo en souriant, malgré ses yeux encore humides.

- Pour toi, Ichi-nii, de la part de Karin et de ma part.
Karin bougonna quelque chose d'incompréhensible tandis que Ichigo prenait le paquet.

- On l'a acheté avant que tu ... enfin ... avant.

- Merci petite soeur.
Ichigo ouvrit lentement le paquet en se demandant où était la vie insouciante qu'il menait encore au dernier Noël. Il s'était passé tant de chose au cours de l'année écoulée qu'il aurait été incapable d'en faire le compte exact.

- J'espère que ça te plaît, fit Yuzu.
Ichigo ouvrit la boîte qui se trouvait dans le papier brillant, et en tira un coffret de CD de son groupe de rock favori.

- Merci les filles, ça me fait très plaisir.
Il embrassa ses soeurs en se demandant comment il allait les écouter une fois rentré à Las Noches.

- Ca c'est pour toi papa, fit Yuzu en apportant un autre paquet à son père.
Isshin remercia ses filles, toutefois l'absence de son exubérance habituelle suffisait à prouver qu'il n'était pas au mieux de sa forme. Son paquet contenait un joli briquet en argent qu'il n'utiliserait probablement pas, mais ça lui fit tout de même plaisir.

- Voilà pour vous mes chéries, annonça-t-il en se levant pour leur remettre leurs paquet.
Karin déballa un jeu vidéo tout neuf devant lequel elle avait souvent bavé ces dernière semaines et Yuzu une jolie robe rose imprimée de petit motif blanc en forme d'oiseaux.

- Je suis désolé, mais je n'ai pas de cadeau pour vous, réalisa Ichigo un peu gêné.

- Ce n'est rien, Ichi-nii, savoir que tu es vivant est suffisant, assura Yuzu.
Karin leva les yeux au ciel d'un air agacé, mais Ichigo savait qu'elle pensait la même chose.

Yuzu poursuivit sur sa lancée en faisant passer les différentes gourmandises posées sur la petites tables. Ichigo se servit de tout dans une assiette creuse que Karin venait de lui amener mais ne mangea presque pas, signe qu'il était préoccupé et que l'ambiance n'était pas celle d'un Noël normal. Isshin, non plus ne mangea pas grand chose et Yuzu eut l'air de se forcer à avaler quelques bonbons qui semblaient ne pas passer. Karin quand a elle se contenta de laisser son assiette sur ses genoux, les yeux fixés sur Gin et Urielle qui se goinfraient de bonbons, vidant presque à eux deux tous les saladiers passant à leur portée.

- Bah quoi, fit Gin alors que Ichigo lui lançait un regard de reproche. Si personne n'en profite, tout ça sera perdu. Ce serait dommage, tu ne trouves pas.
La seule réponse du rouquin fut un soupir agacé.

La conversation reprit, presque normale, Isshin s'intéressant particulièrement à ce que Ichigo faisait à Las Noches. Il se passa enfin un moment de calme sans aucun cri ni aucune larme. Bien qu'encore secouées, les jumelle semblaient retrouver leur joie de vivre et Isshin recommençait à se comporter comme un idiot, bien que la blessure rouverte en son coeur par sa confession à Ichigo le fasse cruellement souffrir. Pour compenser l'absence de cadeau de la part de Ichigo, ce qui semblait perturber le jeune homme, Urielle décida de donner à chacune des fillettes une petite statuette de glace transparente comme du cristal représentant l'animal de leur choix.

Après un moment durant lequel la joie sembla revenir dans la maison, une sonnerie se fit entendre. Ichigo vit Gin sortir de la manche de son haori quelque chose qui ressemblait à un soul pager. Le renard repoussa Urielle et se leva, lançant un regard vers le rouquin.

- Il est l'heure, fit-il. On doit rentrer.
Le rouquin le regarda un instant sans bouger, puis hocha la tête avec résignation. Il se levait du canapé quand Yuzu se jeta sur lui pour le retenir.

- Ne pars pas Ichi-nii, tu nous as tellement manqué.
Ichigo s'accroupit devant elle et la regarda avec sérieux.

- Je suis désolée, Yuzu, mais je dois partir. Si je restais, vous seriez en danger. Mais ne t'en fais pas, je reviendrai vous voir.

- Tu le promets?

- Oui, je te le promet.
Il enlaça son petit doigt avec celui de sa soeur en signe de sa promesse.

- Si tu dois aller chercher des affaires dans ta chambre, c'est maintenant, Ichigo, informa Gin.
Le rouquin se dit que le renard pensait à tout et hocha la tête avant de quitter la salle. Ils entendirent ses pas dans l'escalier. Isshin se tourna alors vers Gin et Urielle qui se tenaient toujours l'un près de l'autre. Il les observa un instant avant de se passer une main dans les cheveux.

- Veillez bien sur lui, implora-t-il.
Gin hocha lentement la tête.

- Ne vous inquiétez pas pour ça, nous le protégerons avec tout ce qu'on a. Les shinigami ne mettrons jamais leurs griffes sur lui.
Isshin se força à sourire, ne croyant pas encore qu'il avait mis la protection de son fils unique entre les mains d'un shinigami renégat qu'il traitait de traître encore quelque jours plus tôt.

Le destin était ironique, n'est-ce pas?

Ichigo descendit après quelques minutes, un sac négligemment jeté sur son épaule. Gin l'accueillit de son habituel sourire et Urielle s'étira lentement et lascivement, comme un chat paresseux.

- Prêt? Demanda Gin.
Ichigo hocha la tête, la mine lugubre. Il se tourna vers son père.

- Je dois y aller.
Isshin hocha la tête, la mine aussi sinistre que son fils. Ichigo serra ses soeurs contre lui et les embrassa en leur recommandant d'être prudentes, puis il se retrouva devant son père.

- Prends soin de toi, fils, fit simplement Isshin.

- Faites attention à vous, répondit le rouquin.
Isshin serra brièvement son fils contre lui avant de le laisser partir.

- Ca m'a fait plaisir de vous voir, avoua Ichigo. Vous m'avez manqué.
Ca arracha un sourire morne à Isshin.

Gin se tourna vers Urielle qui ouvrit un garganta au beau milieu du salon. Ichigo fit un dernier signe de la main à son père et a ses soeurs avant de s'engouffrer dans le passage, suivit de Gin. Urielle s'attarda un instant pour s'incliner devant Isshin et ses filles.

- Merci pour votre accueil. Ces friandises étaient excellente.
Yuzu parvint à lui sourire malgré ses larmes. Urielle leur adressa un signe de la main avant de traverser le portail à son tour, laissant les trois Kurosaki seuls dans la maison soudain silencieuse. Mais quand le passage se ferma derrière elle, elle eut le temps d'entendre la voix menaçant de Karin annoncer:

- Maintenant tu vas tout nous expliquer.
L'arrancar eut un petit sourire en se disant que la fin de soiré de Isshin n'allait pas être amusante.

Ils arrivèrent pile au milieu de la salle du trône où Aizen les attendait en compagnie de Gabriella. Ichigo observa un instant autour de lui sans prononcer le moindre mot. Aizen s'avança vers lui avec un sourire un peu inquiet.

- Ca c'est bien passé?

- On peut dire ça, répondit évasivement le rouquin.
Le maître de Las Noches fronça les sourcils et allait poser d'autre question quand Urielle arriva à son tour. L'arrancar avisa le hollow dont les vêtements déchirés se tintait d'un peu de sang.

- Tu es déjà là? Ca a été avec les shinigami?

- Tu parles, ils ont abandonné la partie au bout d'une heure. Ils n'ont vraiment aucune endurance ces idiots. En plus, j'avais trouvé un casse-croûte très intéressant mais il s'est éclipsé avant que j'ai pu y goûter. Dommage, j'avais jamais mangé de sorbet de dragon.
Perplexe, Urielle haussa un sourcils tandis que Gin laissait échapper un rire moqueur.

- C'est tout fait Hitsugaya, commenta-t-il.

- Excusez moi, je suis fatigué, fit Ichigo avec plus de rudesse qu'il le voulait.
Il se dirigea vers la porte de la salle, suivit par le regard des autres.

- Ichigo-kun, tu es sûr que ça va? Demanda Aizen.

- Oui, oui, très bien.
Mais il ne semblait pas convaincu lui même. Aizen amorçait un mouvement pour le rattraper mais Gin l'en empêcha d'un geste.

- Lasse-le pour le moment. Il a appris pas mal de choses qu'il a du mal à encaisser. Il va lui falloir du temps pour digérer tout ça.
Aizen fronça les sourcils avec agacement. Il savait que cette visite du vizard à sa famille n'était pas une bonne idée. Soupirant, il tourna vers Ichigo un regard empli d'inquiétude et le laissa sortir de la salle sans un mot.