The Originals

Chapitre 6 : The crescent city (« La ville du croissant »)

Auteur : Lovy-San

Genre : Yaoi, OOC, UA, Lemon&Lime, Drame, Romance et Humour

Disclaimer : Je bataille actuellement avec mon avocat. Inventer des personnages inexistants en leur donnant le nom de personnages d'une histoire, c'est du plagiat ? Au cas où, on va dire qu'ils appartiennent à J.K.R :)

Mot de l'auteur : Tadam ! Baccalauréats et Brevets sont terminé, les vacances peuvent commencer. Je verrais si il me sera possible d'augmenter mon rythme de parution cet été (peut-être deux chapitres par mois) mais ce n'est pas encore sûr. Je vous tiendrais au courant selon mon emploi du temps de cet été. Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture ! Ce chapitre fait un peu plus 8078 mots.


Quand Oliver s'était réveillé, il avait un instant été ébloui par les rais de lumières provenant de l'immense baie vitrée de sa chambre. Le soleil était haut dans le ciel, il devait être dix heures du matin En se redressant dans les draps, il cligna plusieurs fois des yeux pour chasser le sommeil encore présent avant d'embrasser la pièce du regard. A la lumière du jour, elle paraissait plus grande, dans des couleurs chaleureuses. Il remarqua que ses affaires avaient disparues et qu'un majordome en bois poli présentait de nouvelles affaires parfaitement repassées. Un plateau avait été posé sur la table de chevet avec une petite cafetière encore chaude.

Le regard d'Oliver se posa sur la poignée de la porte qu'il soupçonnait être verrouillée. Dire qu'il n'avait même pas entendu de personne entrer ou sortir. Peut-être était-il trop assommé par l'alcool et les émotions fortes de la veille... D'ailleurs, en parlant d'alcool, c'était la première fois qu'il n'avait pas de migraines foudroyantes à son réveil après avoir bu comme un trou. Il consentit finalement à s'extirper des draps agréables et enfila les habits propres qu'il reconnu comme étant les siens. Draco avait du ramener ses affaires. Son estomac se réveilla et il grignota les petits pains en buvant le café qui fit du bien à sa gorge sèche.

Une fois le ventre bien remplit, il appuya par réflexe sur la poignée de la porte qui s'ouvrit sans résistance.

- Ah. Bon ben ça au moins, c'est fait...

Il sortit dans le couloir ouvert, tombant directement sur Draco qui montait les escaliers vers lui. Le blond hocha la tête en guise de salut et passa directement devant lui en direction du salon de son pas droit et léger, laissant les effluves de son parfum flotter dans l'atmosphère derrière lui. Oliver lui emboita le pas, ne sachant pas vraiment quoi faire d'autre. Draco poussa les doubles battants dans une allure presque théâtrale et s'immobilisa au milieux de la pièce. Derrière lui, Oliver faillit lui rentrer dedans.

- Marcus, commença l'ainé, c'est quoi ça ?

Il pointa du doigt un immense tableau à sa droite et Oliver grimaça en voyant la peinture. Grande de deux mètres sur trois, recouverte de noir et de gris, un croissant de lune jaune pâle éclairait la toile au centre. Oliver la trouva à la fois étrange avec une beauté lugubre. Marcus se leva souplement du divan sur lequel il était installé et se planta devant la toile.

- Un petit cadeau.

- Je peux savoir pour qui et pour quoi ?

Le brun croisa les bras sur son imposante stature, un léger sourire fleurissant au coin de ses lèvres.

- Blaise et moi avons convenu qu'un présent à nos amis du bayou nous aiderais à les rallier à notre cause.

Draco le regarda dans les yeux avant de se pincer l'arête du nez.

- Je suppose que c'est moi qui vais me charger de cette missions diplomatique.

- En quelque sorte.

- Hors de question. J'ai déjà un rendez-vous tout à l'heure. Trouve un autre guignole pour faire le sale boulot à ta place.

Oliver resta bouche bée un instant devant l'expression de Marcus dont le sourire restait figé. L'hybride considéra son ainé un moment, cherchant une faille dans sa détermination Le châtain les regarda, tous les deux, faisant similairement la même taille, avec la même droiture pourtant divergente en certains points. Là où Draco avait un port superbe, à la limite de l'arrogance, Marcus avait l'air sauvage, presque prêt à bondir sur son frère. Finalement ses lèvres s'élargirent en un sourire narquois et il laissa un petit rire lui échapper. Posant sa main sur l'épaule de l'autre, il déclara que la tâche reviendrait en fin de compte à Blaise, lequel leur adressa un geste obscène du balcon depuis lequel il surveillait la ville.

Oliver eut alors l'impression d'être invisible. A part l'Originel blond qui l'avait salué rapidement, personne ne lui avait porté plus d'attention que s'il était un objet de décoration. Il se dirigea alors vers le balcon dans le but de parler avec la seule personne avec qui il se sentait à l'aise. Le Noir tourna la tête vers lui à son arrivée et lui adressa un grand sourire.

- Bienvenu parmi nous.

- A la façon dont tu dis ça on dirais que je viens d'intégrer une secte, répondit Oliver en contemplant la vue de la ville qu'il aimait tant.

- Mais qui ne rêve pas de vivre dans une maison de vampires Originels avec un hybride mégalomano-narcissique à tendance bipolaire, un ainé aussi coincé que le pape et un ancien sorcier à l'humour défrisant ?

La réplique arracha un sourire au jeune homme en même tant que ledit hybride poussait un grognement d'avertissement derrière eux. Le jeune homme se fit violence pour ne pas se retourner vers lui et contempla la rue grouillante sous ses pieds. C'était étrange comme il accordait maintenant trop d'importance au fou auquel il était lié...

- Je vais devoir rester ici combien de temps ? demanda-t-il à Blaise.

- Jusqu'à ce que je trouve le moyen de faire revenir Theodore parmi nous. S'il est puissant, il pourra défaire le lien et tu pourras retourner gambader dans la rue.

- Attends une minute. Faire revenir Theo ?

Le vampire s'accouda à la rembarre en fer forgé et le regarda.

- J'ai discuté avec ce sorcier après qu'on t'ai délivré. Ton ami est possédé. Je pense que la voyageuse qu'a contrarié Marcus a prit possession de son corps pour utiliser ses pouvoirs et te lier. En fait, ton ami ne t'a rien fait du tout.

Oliver baissa la tête, laissant son esprit s'imprégner des nouvelles informations qu'on lui donnait. Theodore était possédé ? Mais depuis quand alors ? Même si à la découverte de son don il avait entrainé Oliver dans beaucoup de pratiques magiques, jamais Theo n'avait fait de ouija ou autre chose qui avait pu faire intervenir un esprit qui l'aurait possédé. Pourtant, il se rappela la fameuse nuit où il avait été lié à Marcus. Le jeune sorcier avait l'habitude de prendre quelques commandes pour essayer de mettre fin à cette guerre invisible dans laquelle il s'était engagée, donc un sortilège de localisation était assez banal pour Oliver qui commençait alors à en comprendre le fonctionnement. Tout avait été normal jusqu'au moment où Theo lui avait attrapé vivement la main. Là, son regard s'était durci puis Oliver s'était évanoui suite à une douleur fulgurante dans sa tête.

Alors qu'il réfléchissait silencieusement, Oliver sentait le poids du regard de Marcus sur sa nuque mais il se mordit la langue pour ne pas lui dire de regarder ailleurs. Relevant son menton droit vers Blaise, il lui demanda comment faire pour faire revenir Theo. Le Noir lui répondit qu'il ne savait pas vraiment mais qu'il s'en occuperait une fois qu'il aurait percé le secret de la poupée vaudou.

- Mais si cette ville est truffée de choses bizarres..., commença Oliver, il doit bien y avoir des exorcistes quelque part, non ? Peut-être que mon oncle...

Draco, qui avait haussé un sourcil pâle à la mention des "choses bizarres" l'interrompit en s'approchant, son fameux sourcil arqué sous l'étonnement.

- De quel oncle parles-tu ?

Le châtain tourna son beau visage vers lui, les mains dans les poches.

- C'est pas vraiment mon oncle. Il m'a recueilli quand j'étais gosse et m'a élevé. C'est le prêtre de l'église Sainte-Anne...

- Putain, c'est le neveu du père Kerian*, cracha Marcus. Allez, une merde de plus..., ajouta-t-il en levant les bras au ciel.

- Je te demande pardon ? s'exclama Oliver, pensant que la dernière phrase lui était adressée.

Draco s'interposa entre les deux.

- Ce que mon frère essaie de dire avec ses mots, commença-t-il en jetant un regard noir à l'hybride, c'est que des gens sont à ta recherche.

- Quoi ?

- Comme cela fait plusieurs jours que le bar est fermé avec la poignée cassée, que ton appartement est vide et qu'il ne parvient plus à te contacter. Il passe son temps devant l'église à discuter avec des fidèles à ta recherche. Ce n'est pas vraiment un signalement de disparition, mais des personnes essayent de te trouver pour savoir ce que tu deviens.

Le jeune homme se rappela alors avoir perdu son téléphone dans sa suite précipitée. Son oncle avait toujours été très trop protecteur, mais c'était sa façon à lui de montrer qu'il tenait beaucoup à lui. La nouvelle lui donna du baume au coeur. Savoir qu'il y avait au moins une personne qui se souciait de lui était bénéfique, même si le Père Kerian et lui étaient en froid suite à la révélation de l'homosexualité du jeune homme, chose que l'homme d'église avait du mal à accepter. La page semblait être tournée, ce n'était pas mal quand même...

- Il faut que je le voie, lança Oliver.

Marcus pointa directement son index sur lui avec regard noir qui en disait long.

- Toi, t'as interdiction de quitter le fort. Je te préviens que si je dois encore me bouger le cul pour te ramener ici, tu risques de ne plus sentir le tiens !

- Ah ouais, et tu vas me faire quoi, par rapport à ça ? surenchérit immédiatement Oliver, piqué au vif.

Marcus eut un mouvement du menton qui laissait entendre qu'il ne savait pas dans quel sens prendre la phrase d'Oliver. Le jeune homme faisait toujours des allusions étranges sans s'en rendre compte, s'en était presque risible. Avant que Marcus, les yeux pétillants d'amusement, ne sorte une nouvelle vacherie bien à lui, Blaise s'interposa à son tour, les mains levées en signe de paix.

- Bien que parler de vos arrières-trains respectifs soit votre préoccupation première...

Marcus eut un sourire qui révéla ses dents blanches alors qu'Oliver se sentait gêné par la tournure de la phrase.

- ... il est vrai, continua Blaise, étant donné que le Père Kerian siège au Conseil, que cette affaire pourrait aller loin. Demain, j'accompagnerai Oliver voir son oncle pendant que Marcus ira rendre visite au numéro un de sa liste de têtes à couper. Alors tout le monde se calme et vaque à ses occupations. Draco, c'est bientôt l'heure de ton rendez-vous, si je ne m'abuse.

Le silence reprit ses droits dans la pièce. La mine sombre, Marcus retourna s'asseoir sur le divan en marmonnant qu'il n'avait pas envie de tuer aujourd'hui. Blaise quitta la pièce, annonçant qu'il allait à la bibliothèque familiale. D'un mouvement du poignet, Draco regarda sa montre avant de décréter qu'il devait partir. En un coup de vent, Oliver se retrouva seul, sous le regard inquisiteur du brun qui s'était avachi entre les coussins de la banquette. Ne sachant pas quoi faire d'autres, Oliver s'assit face à lui, conservant néanmoins une "distance de sécurité" relative. Quoi qu'il puisse arriver, il n'oubliait pas qu'il l'avait vu arracher le coeur d'un homme innocent à la main, sans sourciller. Il fallait dire aussi que Marcus semblait entretenir cette méfiance. En effet, scruté comme il l'était, Oliver se sentait aussi à l'aise qu'un poisson nageant dans un bocal sous les yeux d'un chat avide de jouer avec avant de le dévorer.

Putain, mais il va me bouffer ou quoi ? pensa le châtain en s'obligeant à regarder la décoration de la pièce en évitant soigneusement la place de l'hybride.

Engages une conversation.

Vu comme ça tourne à chaque fois, je ne préfère pas.

C'est parce que tes questions sont futiles. Si tu lui pose une question qui l'intéresse ou qui est légitime, il te répondra.

Des fois je me demande si tu n'es pas un conseiller conjugal, lança Oliver en levant les yeux au ciel, attirant les onyx de Marcus sur lui, provoquant un rougissement de gêne.

Je ne sais pas ce que c'est.

Oublie, c'est pas important.

Les mains serrées sur ses genoux mais tentant tant bien que mal de masquer sa gène, il commença d'une voix contrôlée :

- Juste...

Marcus planta immédiatement son regard dans le sien et il baissa les yeux.

- ... si le venin des loups est mortel pour les vampires, comment on peut arriver à... un... hybride ?

L'autre laissa son regard couler sur lui avant de se lever souplement, marchant d'un pas assuré vers le bar. Un instant, Oliver cru qu'il n'aurait pas de réponse mais il décida de ronger son frein en voyant l'autre sortir une grande bouteille de liquide ambré qu'il versa dans deux verres à whisky. De dos il semblait moins imposant alors Oliver en profita pour l'observer à son tour. Vêtu d'un jeans bleu foncé avec une chemise noire à manches courtes à moitié ouverte, il pouvait passer pour un homme quelconque dans les rues de la ville. Oliver pensa un instant au livre qu'il avait emprunté à la bibliothèque avec Cedric qui disait que les vampires étaient tous de belles créatures. Oliver se dit que c'était vraiment de belles conneries. Marcus n'avais à proprement parler rien d'exceptionnel comparé à la beauté froide de Draco mais il reconnaissait qu'ils avaient tout deux une certaine attitude, presque sauvage et dangereuse dans le cas de l'hybride, qui faisait qu'ils en devenaient des créatures assez fascinantes. Il fut interrompu dans sa rêverie quand Marcus revint s'asseoir face à lui et posa un verre qu'il fit glisser sur la vitre de la table basse en direction d'Oliver tout en trempant ses lèvres dans le liquide ambré.

- Il est impossible de transformer un vampire en hybride, commença alors Marcus en sirotant son verre.

- T'as été mordu par un loup avant ?

L'autre n'eut pas de réaction visible, faisant penser à Oliver qu'il avait raison. Pourtant, la phrase suivante lui donna envie de frapper l'autre.

- Dis-moi, dans "Hybride Originel", il y a quoi comme mot ?

- Je ne sais pas ce que ça signifie, rétorqua Oliver en éludant le sarcasme.

Avant que l'autre n'entame une nouvelle phrase digne de la plus grand poésie littéraire en matière d'injures, Oliver surenchérit, trouvant une autre manière de faire parler l'autre.

- Je ne connais rien à ton monde de psychopathe. Mais tant qu'à être lié contre mon gré à une créature bizarre digne de sortir d'un roman à la con pour adolescents, j'aimerais savoir ce que tu es.

Le silence accueillit sa déclaration et Oliver plissa des yeux, comprenant que l'autre s'amusait à le manipuler à sa manière pour le tester. Il choisit de ne pas le voir en ce moment mais garda quand même la chose en mémoire, juste au cas où. En face de lui, Marcus vida son verre avant de se resservir.

- Les humains ne peuvent pas devenir des loups-garous. Il s'agit d'un gène, présent dès la naissance, qui ne se déclenche pas la plupart du temps. Le phénomène où il s'active est appelé la Malédiction du loup-garou. Ce gène s'active lorsque le porteur commet lui-même un meurtre, ou s'il en est complice. Il se transformera alors immédiatement, puis après à chaque pleine lune.

- Qui as-tu tué ? fut la première chose qu'Oliver s'entendit dire.

Vraisemblablement, il n'était pas surpris de la révélation. Le brun était trop violent pour lui, que ce soit verbalement ou physiquement et Oliver avait appris à être constamment sur la défensive avec lui. Son verre remplit, Marcus croisa les jambes, fixant le liquide ambré dans son verre comme si cela lui coûtait trop cher de regarder son interlocuteur.

- Revenons aux origines. Quand nous vivions à ce qui se nomme aujourd'hui Terre-Neuve, notre mère a perdu notre petit frère, tué par une meute de loup-garous. C'était une sorcière très puissante qui n'a pas supporté la perte d'un être cher et elle en est devenue presque folle. Un conflit de territoire a éclaté car les loups sont bourrins et conquérants de nature. Elle a voulu nous protéger en nous lançant un sort d'immortalité puis elle nous a fait boire à notre insu le sang d'Astoria, le double que fréquentait Draco à l'époque. Elle l'avait manipulé pour obtenir une quantité infime de son sang qu'elle a dilué dans du vin lors de la fête de Samain. Après cela notre père nous a tous tué dans notre sommeil avant de se suicider. Le lendemain, nous nous sommes réveillés en temps que vampires en transitions, avec des émotions accentués comme si nous avions été drogués et une soif atroce dictée par un instinct de tueurs que nous connaissions pas.

Marcus se stoppa un instant pour boire son verre, ses yeux semblant perdus au-delà de toutes les choses sur lesquelles il posait le regard. Oliver se rendit alors compte, qu'outre le fait qu'il buvait presque ses paroles, c'était la première fois qu'il entendait l'autre parler aussi longtemps. En le regardant attentivement, il remarqua que l'hybride n'avait pas son attitude animale, il semblait juste nostalgique, hormis sa voix grave qui était toujours contrôlée.

- Je n'avais aucune idée de ce qu'il se passait à cet instant. J'étais perdu dans les arbres de la forêt où nous vivions, guidé par le bruit d'un coeur qui battait. Je ne sais pas qui était cette personne, mais outre le fait que je l'ai vidée de son sang, le choc de la morsure causée par une force innée a fait qu'il est mort sur le coup, les vertèbres cervicales brisées. Ma première transformation a eu lieu immédiatement alors que Draco venait de me rejoindre. Il était dans un sale état, totalement perdu et voir Astoria venir entre les arbres l'a choqué. Durant un instant, il a essayé de lutter mais n'a pas réussi. Il l'a mordu et à moitié vidé de son sang. Après cela, il a paniqué et l'a ramené à notre mère. Jamais nous ne l'avons revue, mais plus tard nous avons tous bu son sang à nouveau. C'est comme ça que sont nés les Originels. Tu t'attendais à une histoire de conte, gamin ? La vérité est que nous sommes nés de la folie, du sang, de l'horreur et de la mort, termina Marcus en vidant le verre cul-sec.

Oliver ne répondit pas tout de suite, perdu dans ses pensées. Durant le résumé de Marcus, il avait laissé reposer son menton dans ses mains, ses coudes en appui sur ses cuisses alors qu'il réfléchissait en même temps que les mots de l'autre parvenaient à ses oreilles.

- Je croyais que c'était Blaise qui avait été tué en premier ?

Le verre vide fut posé sur la table et c'est à ce moment qu'Oliver se rendit compte qu'il n'avait pratiquement pas touché au sien alors que Marcus enchainait les bourbons sans qu'aucun des effets de la boisson ne se voit sur lui. Oliver décida de rajouter la mention "alcoolique" à la liste des qualificatifs de Marcus, juste après "psychopathe".

- Astoria n'a pas été tuée par Draco. Une fois totalement devenus des vampires, nous n'arrivions pas à nous contrôler. Blaise s'inquiétait pour Draco, alors il est venu nous voir. Draco ne s'est pas contrôlé et l'a tué à moitié. C'est notre mère qui nous a dit de lui faire boire notre sang. C'est ce qui fait de lui le premier vampire à avoir été transformé.

Oliver hocha la tête lentement, profitant de l'ambiance presque confortable installée et entama son verre. L'alcool était fort mais avait un goût agréable en bouche et il sentait ses effets l'enivrer légèrement. Il sursauta en entendant Blaise rentrer dans le salon, un livre ouvert dans les mains et deux autres sous le bras. Le Noir, concentré, s'installa en silence à côté d'Oliver puis il leva les yeux des pages qu'il décryptait, ses prunelles caramel passant d'Oliver à Marcus.

- Comment ? Mais vous ne vous êtes pas encore entretués ? ironisa-t-il.

- Je ne suis pas suicidaire, je tiens trop à ma vie pour le frapper, répondit Marcus en se levant. Et je n'en ai pas envie, ajouta-t-il en quittant la pièce.

Blaise dévisagea un instant Oliver qui avait suivit l'autre du regard. Le jeune homme était... troublé ? Oui, ça devait être son sentiment actuel... Comment avait-il pu mettre Marcus dans cet état ? Oliver repoussa ses pensées au loin et se pencha sur les livres de Blaise. Son nez se plissa en lisant les titres Possessions et autres manipulations de l'esprit et De l'utilité des fétiches. Dans le désir d'aider Blaise tout de même, Oliver prit le premier livre et commença à lire pour s'occuper l'esprit, tentant d'oublier la présence dans son esprit de deux orbes noirs semblables à deux puits sans fond.


Draco était arrivé en avance au bar où son rendez-vous devait avoir lieu. C'était un endroit calme un peu semblable au Rousseau mais dans un style plus moderne, avec un babyfoot et un billard. En ce début d'après-midi ensoleillé, la plupart des clients sirotaient bières et cocktails sur la terrasse, profitant du beau temps et de la température agréablement rafraichie par une légère brise.

L'Originel blond avait pri place sur un des hauts tabouret en sirotant une bière tout en lisant la dépêche locale, pour se tenir au courant des informations sur la ville. Un coup d'œil rapide à sa montre lui indiqua que son rendez-vous allait bientôt arriver, alors il plia méthodiquement le papier en deux puis en quatre avant de le poser sous la bouteille. Il sentit aussitôt la personne arriver. Odeur caractéristique de son espèce, respiration juste contrôlée mais avec un malaise sous-jacent, il avança vers le bar aux côtés de Draco et commanda une bière sans regarder l'Originel. Le blond laissa son regard métallique glisser sur la silhouette élancée vêtue d'un jean et d'une chemise à carreau rouges, blancs et bruns.

Le rafraichissement fut servi et l'invité s'assit sur le tabouret d'à côté, tournant ses yeux verts vers le vampire.

- Pourquoi ce rendez-vous ? lança immédiatement Harry en attaquant sa bière.

Le blond se tourna d'un quart et posa son coude sur la table et lassa reposer sa joue droite dans la paume de sa main. Derrière les lunettes rondes, il pouvait voir l'inquiétude que sa requête avait suscité dans les yeux émeraudes.

- Bonjour également, jeune Alpha. Dois-je également rappeler que c'est toi qui m'a appelé pour avoir des informations ? Je te prie de m'excuser de t'avoir raccroché au nez mais pour ce genre de discussion, je préfère le face-à-face.

- Je ne suis pas à l'aise ici.

- Vois-tu, j'ai fait exprès de choisir un endroit de jour et entouré de personnes afin de te montrer ma bonne foi. Nul doute que si j'avais douté de ton esprit, j'aurais fait en sorte que ce soit dans un endroit désert où tu n'aurais eu aucune chance de survivre. Mon but est de te prouver ma volonté d'aider les loups.

Harry hocha la tête lentement et Draco comprit que malgré sa méfiance, il comprenait qu'il ne risquait rien avec lui. Les rapides coups d'œil autour de lui que jetait le jeune homme confirma son malaise et Draco lui assura qu'il serait en sécurité avec lui. Sécurité relative, selon Harry. Draco prit la parole :

- Loin de moi l'idée de paraître arrogant, mais aucun groupe de vampires ne viendra te chasser tant que tu restes avec moi. Notre retour a fait du bruit en ville et notre réputation fait le reste, tu ne risques donc pas d'attaque. De plus, ils ne sont pas assez stupides pour t'agresser dans un endroit public.

- On voit bien que vous n'êtes pas habitués à vous faire chasser.

- Tu ne peux pas savoir à quel point tu te trompes, contra Draco.

Voyant que le brun ne parvenait pas à se détendre, il migra souplement vers une table contre le mur avec deux banquettes face à face. Là, le jeune homme s'adossa confortablement en face de lui en profitant de sa bière fraiche. Un silence appréciable s'installa entre eux, jusqu'à ce que la curiosité d'Harry le fasse entrer dans le vif du sujet.

- Tu promets une existence paisible dans la ville pour nous. Pourquoi et comment suis-je sensé te croire ?

- Il fut un temps où cette ville était le carrefour de toutes les espèces, donc un symbole de paix et de cohabitation. Notre famille faisait partie des fondateurs de cette ville, il est normal de vouloir rétablir la paix.

- Ou de prendre le pouvoir sous couvert d'un bonne intention, fit remarquer Harry en vidant sa bière.

Il fit signe au barman de lui en resservir une, essayant de ne pas remarquer le regard métallique braqué sur lui.

- Certes. Mais je ne serais pas celui qui le fera. Le pouvoir ne m'intéresse pas.

- Qu'est-ce qui vous intéresse alors ?

- Connais-tu le jeu des échecs ? éluda Draco.

Le jeune homme hocha la tête, marmonnant que c'était un jeu trop complexe pour lui mais qu'il restait quand même fasciné par le principe. Draco avait le regard rivé sur les pots de sel et de poivre posés sur la table. Harry regarda l'homme blond saisir la salière entre ses longs doigts et la faire tourner lentement entre ceux-ci.

- Vois-tu, j'aime jouer aux échecs non pas pour la perspective de gagner, commença Draco en le regardant droit dans les yeux et parlant d'une voix aussi basse qu'un murmure flottant dans l'espace entre eux, mais pour l'amour de la stratégie. Observer l'autre...

Harry baissa ses yeux sur la salière toujours en mouvement régulier. Le rythme souple semblait le fasciner et Draco prit plaisir à voir les émeraudes danser lentement, totalement prit dans le mouvement. Il continua tout de même sa démonstration.

- ... le comprendre...

Son autre main se posa sur la table, vers le récipient du poivre cette-fois comme s'il voulait s'en saisir, alors qu'il continuait de parler, ses doigts continuant un mouvement toujours régulier. Ses yeux captèrent un soubresaut sur la main d'Harry.

- ... et le manipuler pour arriver à mes fins.

La main d'Harry se leva rapidement pour attraper la poivrière mais le bras libre de Draco jaillit et lui attrapa vivement le poignet, le bloquant dans son mouvement. Les yeux émeraudes se plantèrent dans les siens en une mimique d'incompréhension. Draco maintint le contact visuel, un sourire fleurissant sur ses lèvres alors que la salière cessait sa rotation dans sa main. La faisant sauter en l'air, il en rattrapa le bout entre le pouce et l'index et la fit tinter contre l'autre récipient.

- Échec et mat, annonça-t-il lentement en renversant la poivrière.

Les lèvres rosées de son vis-à-vis s'ouvrirent comme il recherchait les mots pour faire part de son incompréhension. Le vampire relâcha le bras hâlé que le jeune homme s'empressa de ramener à lui.

- C'est tout simple, continua Draco en rangeant les récipients à leur place. Notre but est de réunifier la ville car elle nous est chère et je ferais tout pour que ce soit le cas. Le challenge me plait, c'est pour ça que nous nous voyons aujourd'hui.

La lumière se fit dans l'esprit du jeune loup qui croisa les bras en s'adossant à la banquette.

- Soit. Donc tu m'as manipulé dès le début. Tes paroles de la veille étaient précisément choisies pour obtenir ce que tu veux de moi, donc ma présence ici. "Je pense que nous nous reverrons plus vite que tu ne le penses" était plus significatif que de me dire "J'attends ton appel". Brillant. Mais dis-moi, sachant que tu es un manipulateur, comment te faire confiance ? Tu viens de démontrer ta capacité à berner les gens, comment puis-je accepter de remettre le sort de ma meute entre tes mains, aussi agiles et surprenantes soient-elles ?

- Parce que c'est le jeu, répondit Draco, un sourire naissant au coin des lèvres.

Harry l'observa un moment sans rien dire mais l'Originel savait qu'il n'en pensait pas moins. Harry posa ses deux coudes sur la table et laissa son menton droit reposer sur ses poignets avant de s'humidifier la lèvre inférieure, signe qu'il cherchait ses mots.

- J'avais pourtant cru entendre que tu es réputé pour être le plus noble de la fratrie. Je le pensais encore hier. Tes paroles étaient nobles et soignées, comme ton attitude. Comment peux-tu changer autant en si peu de temps ?

- Les gens ne changent pas, jeune Alpha. Ils se révèlent, annonça Draco d'une voix parfaitement maîtrisée.

Devant l'air dubitatif d'Harry, il attrapa de nouveau la salière et la posa devant lui. La poussant lentement vers le jeune homme, il ajouta :

- A mon tour maintenant.

Derrière les lunettes rondes, un sourcil se leva, la lueur verte de ses yeux cherchant mentalement où le blond voulait en venir.

Une relation de confiance relative s'était installée depuis qu'ils discutaient mais Harry conservait une certaine prudence. Au début, il était venu pour clarifier les choses et peut-être poser les bases d'une future alliance avec la famille Originelle. Malgré sa fierté, il n'était pas dupe. Sa meute n'avait aucune chance de vivre ou même de pouvoir survivre face aux vampires de Barty Croupton Junior et le peu de sorcières qui s'étaient alliées à eux les avaient trahi au profit d'une meilleure sécurité dans la ville quand les voyageurs étaient arrivés et avaient commencé à s'installer dans le bayou. Si Draco jouait vraiment carte sur table avec lui, il pouvait avoir besoin de son influence et la protection de la famille.

Depuis que les vampires gagnaient du pouvoir en ville, sa meute et celles des autres clans du bayou étaient chassées sans cesse et c'était des centaines de personnes qui ne pouvaient plus travailler et subvenir aux besoins de leur famille.

Harry posa ses yeux sur la salière puis laissa remonter lentement son regard vers les orbes métalliques de l'Originel. Il avait comprit comment l'autre faisait pour le tester et il était décidé à en faire autant afin d'en savoir également sur les non-dits de son vis-à-vis.

- Je t'ai révélé un de mes traits de caractère afin que tu saches qui tu as en face de toi, déclara Draco C'est désormais à toi de me révéler une chose que je veux savoir.

- C'est le jeu, compris Harry en saisissant la poivrière.

Il la positionna en face de lui, dans l'alignement parfait avec le pot blanc de Draco. Il attendit la question et fut surpris quand elle lui fut posée.

- Comment un homme aussi jeune que toi est parvenu au statut d'Alpha ?

Draco vit aussitôt les paupières de l'autre se plisser, même si le mouvement était léger. Harry resta immobile, surpris par la question directe mais aussi prit dans un dilemme.

Dire la vérité revenait à exposer une partie de sa vie, de ses faiblesses mais la contrepartie serait de permettre une union vraiment avantageuse pour sa meute. Mais comment savoir que Draco ne s'en servirait pas contre lui un jour ou l'autre ? Il s'agissait avant tout d'affaires personnelles que peu de gens de sa propre meute connaissaient.

En revanche, mentir pourrait clairement lui être fatal. Harry se demanda un instant si on pouvait vraiment mentir à un manipulateur.

L'Originel face à lui agissait tel un serpent. Il semblait toujours calme, impassible mais pouvait aisément se glisser dans la tête des gens et obtenir ce qu'il voulait d'eux. Harry avait bien conscience qu'il surveillait constamment ses moindres gestes, ses moindres mimiques qui lui permettraient de saisir son caractère. La manipulation était un caractère récurant typique des vampires, au même titre que la tendance belliqueuse des loups-garous mais Harry soupçonnait que de par son statut d'Originel, Draco avait bien plus de pouvoir qu'il ne semblait le montrer. Peut-être qu'il était comme ça de nature...

Après avoir pesé le pour et le contre, il coupa la poire en deux, optant pour une semi-vérité.

- Mon père était Alpha avant moi, commença-t-il, ses yeux verts se posant de temps en temps sur le vampire qui l'écoutait d'une oreille attentive. Il y a vingt-deux ans, il y a eu une nouvelle querelle importante entre les loups et les vampires. Mes parents sont morts en tentant de protéger la meute et c'est mon parrain qui a endossé le statut d'Alpha jusqu'à ce que je l'obtienne à mon tour.

- Le statut d'Alpha s'obtient quand un loup défie et bat l'Alpha précédent. Tu es si doué que cela ?

- Mon parrain est mort l'année dernière, cracha Harry, le menton droit en tentant de maîtriser ses émotions. Il a été exécuté dans les rues de la ville par le salopard de fils du maire, ajouta-t-il en sifflant de dédains.

Draco haussa un sourcil, réellement surpris par ce qu'il entendait. Quand il demanda comment un loup-garou puissant avait pu être tué si facilement par des vampires, la voix d'Harry sonna, dure et presque comme un coup de glas. Le blond fut réellement surpris de sentir autant la colère du jeune homme.

- Vous autres vampires pouvez utiliser vos dons quand vous le souhaitez. Nous, pour pouvoir nous défendre, nous devons nous transformer, ce qui ne se produit que lors de la pleine lune en règle générale.

- Pourquoi en règles générale ?

- Parce que des sorcières qui se sont alliées aux vampires nous ont maudit afin que nous ne puissions plus nous transformer, termina Harry d'une voix basse mais tremblante de colère.


Blaise ferma le livre qu'il avait sur les genoux, projetant de la poussière qui voleta un instant dans le rai de lumière. A côté de lui, Oliver s'était endormi, la tête en arrière et un gros livre contre lui. La position du soleil par rapport à la baie vitrée laissait deviner une après-midi bien entamée. Le voilage s'agitait doucement, voletant grâce à la légère brise qui rafraichissait la ville.

Le vampire s'étira avant de se tendre imperceptiblement. Immobile, il focalisa son attention sur son ouïe qui perçu un bruit semblable à une porte de bois qu'on enfonçait. Le bruit provenait de la cour. Il était trop tôt pour que Draco soit rentré et Marcus avait du sûrement partir dans la bibliothèque pour se calmer. Il essaya de se lever souplement mais Oliver remua aussi avant d'ouvrir les yeux. Blaise le fixa et lui fit signe de se taire avant de quitter la pièce d'un pas léger, sans faire de bruit. Dans la plus totale incompréhension, Oliver se dirigea lui aussi vers le couloir ouvert, essayant d'être aussi silencieux que possible. Avec une discrétion qui lui sembla digne de celle d'un pachyderme, il prit les escaliers pour descendre dans la cour.

- C'était quoi ce bruit ? lança Marcus en apparaissant penché sur la rambarde du couloir ouvert.

Pansy était à côté de lui et le brun tenait une queue de billard dans la main.

Blaise fit un tour rapide de la cour avant de se tourner, la tête levée vers le brun.

- C'était pas toi ?

- Non, je jouais au billard avec la fausse brune dans la pièce de fond.

- Je t'emmerde, Marcus.

- Cordialement, ajouta le brun avant d'enjamber la rambarde de bois pour se laisser tomber souplement au sol.

Oliver fit un tour sur lui-même, cherchant ce qui pouvait les mettre tous en alerte. A ce qu'il avait compris c'était un bruit qui les avait tous attiré ici mais il semblait que personne n'était présent, sinon eux. Son regard caramel encore ensommeillé fut attiré par la table en bois sous le couloir ouvert du premier étage, où une chose semblait briller. En s'approchant, il se rendit compte que la table arborait une large fissure, provoquée par un petit couteau à la lame incurvée planté en son centre. Il posa la main sur la garde et lutta pour la délivrer du bois sec. Marcus s'avança dans son dos, les sourcils froncés et Oliver se tourna vers lui, lui tendant le petit couteau par la lame.

- Un cadeau de Theodore ? demanda Oliver.

- Je crains que non, soupira Marcus en examinant le petit couteau. Pansy chérie, dit à ta sorcière que ce n'est plus la peine de chercher le cercueil d'Adrian.

La brunette atterrit dans la cour de la même manière que son aîné et se dirigea vers eux en même temps que Blaise, ses talons hauts claquant contre la pierre de la cour.

- Pourquoi donc ? demanda-t-elle en penchant la tête sur le côté.

Marcus pointa la dague vers elle, le bras tendu. La lame de la dague scintilla et les yeux de Pansy s'écarquillèrent.

- Il a été réveillé. Et je me souviens bien des circonstances pour lesquelles nous l'avons endormi, le sang va de nouveau couler, dit Marcus.

- Qui est Adrian ? demanda Oliver qui commençait à se sentir comme une plante verte dans le décor.

Marcus esquissa une légère grimace.

- Le petit dernier, en pleine crise d'adolescence, si on peut dire. Je l'ai poignardé quand il a commencé à être trop soulant et on l'a forcé à piquer un petit somme dans son cercueil. Ce petit con retourne sa veste en permanence tant qu'il peut sauver ses fesses. Il doit sûrement être avec la personne qui l'a libéré.

- Charmant portrait de famille, releva Oliver en croisant ses bras sur son torse.

Pansy attrapa le poignet de Marcus qui se tourna de trois-quart pour la regarder dans les yeux.

- Marcus, laisses-moi le raisonner.

- Tu rigoles ou quoi ? On a déjà assez d'emmerdes comme ça.

- Justement, laisses-moi le calmer. Vous ne parvenez jamais à vous entendre, de toute façon. Je peux le convaincre.

- Mais moi aussi j'entends bien le convaincre, susurra Marcus avec un sourire bien à lui. Avec une dague dans le coeur, comme il le mérite !

La brunette rougit furieusement avant d'élever la voix, et Marcus et elle se retrouvèrent à se crier dessus comme des bêtes enragées, chacun refusant de céder face à l'autre. Oliver mit les mains dans les poches, se sentant peu concerné. Après tout, il ne comprenait rien à ces embrouilles familiales qui semblaient même exaspérer Blaise. Ce dernier lui posa la main sur l'épaule dans le but de l'éloigner du spectacle des deux se criant dessus, jusqu'à ce que Marcus abatte son poing sur la table, achevant de la casser en deux. Le craquement du bois résonna dans la cour devenue silencieuse et le brun n'accorda même par un regard à l'objet qui s'écroula sur le sol. Haletant de colère et tous les muscles du bras bandé, il ressemblait à un animal prêt à bondir, et même Pansy recula d'un pas quand ses yeux virèrent au jaune. Oliver resta figé, la respiration coupée par la vision de l'homme face à lui.

Blaise sentit vite le danger en voyant Marcus prêt à craquer. Le brun était bouillonnant de colère depuis déjà un moment mais cette dispute était la goutte d'eau qui faisait déborder le vase.

Blaise fit un pas en avant, une main tendue pour maintenir une distance entre lui et l'hybride.

- Marcus calmes-toi, intima-t-il.

Oliver resta bouche bée quand les yeux du bruns devinrent totalement dorés et qu'il vit deux longues dents pousser lentement. Pansy fronça les sourcils et plia ses genoux légèrement, prête à se défendre. Blaise, une main dans la poche et l'autre toujours tendue vers le brun, affichait une expression neutre qu'Oliver lui enviait. La vue de la sauvagerie de l'hybride suffisait à le paralyser et il admirait le sang froid du Noir qui demeurait impassible.

- Marcus. Calmes-toi, répéta le Noir de sa voix posée et contrôlée.

Lentement, les canines reprirent une taille normale et les yeux jaunes aux pupilles fendus laissèrent la place au regard d'onyx de l'autre qui desserra le poing.

- Soit, siffla-t-il en continuant de fusiller Pansy de ses yeux assassins. Mais je ne te laisse qu'une seule chance. Après, c'est moi qui m'en charge.

Il disparut en un coup de vent, ne laissant derrière lui qu'une vague de parfum et une atmosphère toujours tendue. Si Oliver avait été croyant, il aurait immédiatement fait le signe de croix et remercier Jésus de sa miséricorde. A la place, il soupira de soulagement, et un frisson parcourut sa colonne vertébrale. Blaise soupira alors que Pansy franchissait le portail pour quitter la demeure, faisant claquer ses talons sur la pierre. Oliver passa sa main dans ses cheveux.

- Il était vraiment énervé..., releva-t-il, pour rompre le silence pesant.

- Oh non, répondit Blaise avec un sourire triste. Tu ne verras jamais Marcus vraiment énervé. A côté, ce qu'il a fait là et le massacre devant ton appartement, c'était de la rigolade.

- Et ça lui arrive souvent ?

- Non et heureusement.

Oliver jeta un coup d'œil vers le couloir ouvert, comme s'il s'attendait à une réplique acerbe venant de Marcus, qui était pourtant parti. Quand Blaise annonça qu'il remontait pour étudier d'autres grimoires, il le suivit avant de bifurquer, vers la droite, là où il soupçonnait être la salle avec le billard où Marcus avait joué avant d'être alerté par le bruit. Toutes les portes du couloir étaient doubles et en bois lourd et il avait appris à reconnaitre celles de sa chambre parmi elles. Le bois de chêne arborait la gravure d'un lion au regard perçant. Après, venait celle de Draco où un serpent était enroulées autour de la poignée en métal. La porte d'à côté donnait sur un escalier montant à l'étage supérieur. En ouvrant toutes les portes au hasard, il finit par tomber sur une salle avec un haut plafond. Un bar en bois était dressé du côté droit, face à un imposant billard de style ancien. Sur une petite table à côté était posée une bouteille de bourbon à moitié vide ainsi que deux verres dont l'un était vide, l'autre encore remplit. Oliver s'approcha de la table de billard et laissa trainer sa main sur le tapis vert pour en apprécier la douceur. Les boules étaient désordonnées et certaines manquaient. Marcus et Pansy avaient du se précipiter en plein milieu de la partie comme en attestait la queue posée en travers de la table. Oliver s'en saisit et regarda les boules, cherchant la blanche des yeux.

Il n'avait jamais eu la grande connaissance et une assez concentration pour jouer, mais Oliver aimer bien s'y essayer avant, au Rousseau, accompagné de Theodore. Le brun usait de ses dons pour changer la trajectoire des boules et ils avaient gagné plusieurs parties ainsi. Nostalgique, il s'avança près de la table et se mit en position avant de sentir un courant d'air dans son dos. Ses cheveux se dressèrent sur sa nuque et il cru avoir une attaque cardiaque en entendant le tintement du verre dans son dos.

- Ton axe n'est pas bon, lança Marcus en versant du bourbon dans son verre pourtant déjà bien rempli.

Oliver tiqua et se redressa, se retournant lentement. Comme toujours, il ne l'avait pas entendu arriver et ça l'irritait. De son côté, Marcus sirotait son verre, tourné vers lui de trois-quart, une main dans la poche et le regard perdu dans le vide face à lui. Oliver chercha sur son visage un vestige de colère restant mais il ne trouva rien d'autre que sa mâchoire crispée. Le châtain l'observa un moment avant que les yeux de Marcus ne se plantent dans les siens, durs et froids comme la plupart du temps. L'hybride leva son verre vers lui, désignant la queue qu'Oliver tenait dans la main.

- Tu la tiens mal. Et ton positionnement n'est pas bon par rapport à la boule que tu veux taper.

- Je ne sais pas vraiment jouer, avoua Oliver en haussant les épaules.

Il était trop fatigué pour se lancer dans un nouveau débat, alors il décida de caresser l'autre dans le sens du poil. Marcus vida son verre cul sec et Oliver se demanda pour la énième fois comment il pouvait ingurgiter une aussi importante quantité d'alcool sans être jamais ivre. Le brun sortit lentement dans le couloir avant de revenir avec sa queue qu'il avait laissée contre la rambarde. Il la posa contre le mini-bar et fit signe à Oliver de s'approcher. Le châtain resta en retrait, le regard méfiant.

- Calme-toi, je vais pas te bouffer. Je mange pas n'importe quoi, ajouta-t-il avec un sourire narquois.

Oliver lui adressa un doigt d'honneur en s'approchant lentement et Marcus s'adossa au bar, désignant la table de billard. Il lui demanda de se remettre en position, ce que fit Oliver. La situation devenait étrange. Il jouait au billard dans la maison d'une famille de vampires immortels aussi timbrés les uns que les autres... Il se pencha, prêt à tirer quand Marcus posa sa main sur son épaule et appuya dessus.

- C'est ce que je disais, ton axe n'est pas bon. Penches-toi plus comme ça et desserre ta prise sur la queue parce que si t'es trop crispé...

Il ne termina pas sa phrase et en tournant la tête vers lui, Oliver constata qu'il s'était simplement figé, les sourcils froncés et le regard fixe. Oliver suivit son regard sur le miroir face à eux et ses yeux s'écarquillèrent de surprise quand il vit qu'une phrase s'écrivait lentement sur le miroir, comme écrite au pinceau par une personne invisible :

I see you. Always and forever.

Les caractères étaient écrits en noir et dans un style gothique. Marcus jura bruyamment avant de quitter la pièce de son pas lourd, élevant la voix pour appeler Blaise. Oliver resta un moment face au miroir, son reflet se superposant à l'écriture. Il s'approcha et effleura le verre dont l'écriture s'évanouit lentement. Bordel, c'était quoi, ça encore ? Peu rassuré, il quitta la pièce pour rejoindre Marcus dans le petit salon.


* Il s'agit d'un personnage de la série The Originals, un prêtre que j'aimais bien et que j'ai repris, étant donné qu'il n'y a aucune mention de la famille d'Oliver dans l'univers d'Harry Potter.


Et voila un nouveau chapitre de plus ! Désolé d'avoir coupé l'intrigue à ce moment, mais le chapitre devenait trop long alors j'ai décidé de mettre la suite dans le chapitre 7.

Alors, quelles sont vos impressions ? Des remarques, des suggestions ?

En attendant de vos nouvelles, je vous souhaite à tous une bonne réussite du BAC, les résultats sont dans 6 jours. Je crois les doigts pour vous et moi !

A bientôt j'espère pour la suite des aventures de nos héros favoris :)