- Temptation -

C'était doux et chaud, confortable à dire. Une douce odeur se mélangeait avec l'air ambiant, ouvrant doucement les yeux, je commençais à prendre conscience que j'étais dans un endroit inconnu. Des couleurs parles se dessinaient sous mes yeux, un petit endroit qui me paraissait paisible dans un sens. La pièce où je me trouvais comportait une grande étagère collée au mur devant le lit, dans lequel je me reposais. À ma droite se trouvait une petite tablette de chambre assortie aux autres mobiliers de la pièce, le bois blanc et massif me donnait une impression de pureté ainsi qu'une décharge énergisante quand on le touchait, on aurait presque cru que celui-ci vivait.

Tout en continuant mon analyse sur l'endroit, je me décidai de m'extraire du lit. Me relevant promptement, je fus de suite prise par un mal de crane horriblement douloureux. Je sentais que ma vision allait de nouveau se troubler, que j'allais sans doute m'effondre d'un moment à un autre sur le sol. Compressant ma tête entre mes mains, je me recroquevillai sur moi-même en attendant que la douleur ne soit que passagère. Passant quelques minutes ainsi, je faisais abstraction à ma nudité pour me relever cette fois-ci délicatement. Soupirant de mécontentement, je fus vite interrompue dans mes pensées et par mon mal être quand j'entendis des pas s'approcher de la porte de la chambre.

Me mettant aux aguets, j'avançais doucement vers la porte en me tenant toujours la tête d'une main, compressant ma main libre sur la poignée métallique, je ressentis un frisson à son contact, relâchant prise pour caresser le métal froid, je tournai celui-ci pour l'attirer à moi. Rien. Personne en vue. Seul un couloir orné de tableaux se dressait devant moi. Mais où pouvais-je bien être ? Faisant un pas en dehors de la pièce, je tassais des pieds la moquette rouge pour finalement faire demi tour et retourner dans la chambre. Figée … je ne bougeais plus.

- Mais que .. qui ?

Mes mots n'avaient pas vraiment de sens, je ne faisais que laisser exprimer ma pensée dans des mots réduits et incompréhensibles. Cela pouvait se comprendre aussi, une jeune femme s'était retrouvée, je ne sais comment sur mon lit. Je n'avais vu personne franchir la porte, je n'avais sentis aucun frottement ni même une simple brise. La fenêtre était restée fermée et les rideaux ne bougeaient pas non plus, impossible qu'elle soit passée par là. Déviant mes yeux sur la jeune femme, je compris que ce n'était pas simplement le fait qu'elle soit dans la pièce qui m'ai figé, mais aussi sa grande beauté.

- Ma..gnifique …

Ses cheveux blonds clairs tombaient délicatement sur son visage pâle, tandis que ses yeux d'un bleu océan pétillaient d'un éclat pur. Jamais, jamais de ma vie je n'avais vu telle beauté. Laissant descendre mes yeux sur le corps élancé de l'étrangère, je restai bouche bée en admirant ses formes généreuses. Sa poitrine était recouverte d'un simple petit gilet blanc ou se cachait sous celui-ci, une robe printanière. La blancheur de ces habits se laissait cependant déranger par de petites fleurs bleues pales montantes du plus de sa robe aux fines bretelles qui soutenaient le fin tissus qu'elle portait.

- C'est bien joli de me détailler du regard, ma petite. Mais je peux au moins être contente que moi aussi j'ai de quoi voir …

M'interrompant subitement dans mon analyse, la jeune femme en face de moi venait de me faire prendre conscience d'une chose importante. Elle était habillée … moi non. Rougissant à ces dits, je me tournais directement à fin de cacher ma nudité, je n'étais pas vraiment pudique, mais je n'avais pas remarqué qu'elle aussi me détaillait du regard. Rigolant à ces dits, la jeune femme continuait à parler.

- Ne soit pas timide voyons, qui t'as ôté tes vêtements, si je peux les appeler ainsi ?

- Je … je ne sais pas, je suppose que c'est toi ! Mais ce n'est pas pour autant que tu dois t'attarder à regarder mon corps non plus !

Mon ton avait haussé d'une barre, je rougissais comme pas possible, je ne savais pas bouger, je tremblais d'embrassement.

- Ne sois pas si timide voyons, à la place de cacher tes formes, que dirais-tu de te vêtir un temps soit peu ? Regarde dans la lingère, tu trouveras sans doute des vêtements à ta taille.

Me précipitant vers celle-ci je l'ouvris d'un coup sec pour prendre des vêtements, mais mes gestes ralentirent quand je vus l'étendu de tissus qui se trouvaient à l'intérieur. Tous les styles étaient regroupés au même endroit pour mon plus grand bonheur. Sortant un ensemble du meuble, je pétillais des yeux en me voyant déjà dedans.

- Avant que tu n'enfiles cette tenue, prend soin de porter des sous-vêtements, je te prie.

Lançant un regard glacial à mon interlocutrice n'ayant daigné bouger de sa place, je lui fis dos une fois de plus pour partir à la recherche d'un sous-vêtement quelconque.

Une fois habillée de ma nouvelle tenue, je me regardai dans le miroir de la chambre. Je souriais en voyant mes formes se mouler à merveille dans cet ensemble. Un pantalon noir se faisait tenir par une ceinture grisâtre aux ferrailles argentées. Tandis que je ne portais qu'au dessus une veste noire, assortie au pantalon, que je laissais ouverte pour afficher mon soutien-gorge en dentelles noires.

- Ca te va très bien, maintenant que tu es habillée, voudrais-tu m'expliquer ce que tu faisais la nuit ou je t'ai trouvé, mise comme morte sur la neige ?

Replongeant dans mes souvenirs, je ne savais pas quoi répondre, un trou noir m'avait assaillit. La seule chose que je me souvenais n'était autre que la neige et des cadavres.

- Tes vêtements étaient tachés de sang, trop pour que ce soit le tien … On raconte qu'en ville une personne nettoie les rues sombres avec une force bestiale.

- Je …

- Je n'ai pas besoin d'un roman m'expliquant tes motivations, je voudrais en premier lieu savoir qui tu es.

Interloquée par ce qu'elle me disait, je restai bêtement à la fixer jusqu'à ce que je me décide à m'avancer vers elle pour me courber légèrement en signe de remerciement et de politesse, si cette femme n'était pas intervenue, je ne sais pas ce qu'il en serait de moi.

- Je m'appelle Lena, je recherche les terres sacrées d'Artei. Je ne sais pas t'en dire plus moi-même … je ne sais pas non plus qui je suis. J'étais accompagnée d'une personne avant, mais maintenant je suis seule.

- Les terres sacrées d'Artei ? Tu plaisantes j'espère ! Personne n'a le droit d'y pénétrer. Seuls les prêtes et les messagers y ont accès et encore. Avec la guerre de Banzac, plus personnes n'y rentre ou n'en sort.

La guerre de Banzac ? Mais de quoi me parlait-elle donc ?

- Excuse-moi, mais je ne comprends pas. C'est quoi la guerre de Banzac ?

Choquée par la question, la jeune femme me regardait avec des yeux écarquillés.

- Tu plaisantes une fois de plus, n'est ce pas ? La guerre de Banzac est la reproduction de la guerre des douze royaumes voyons ! Un malheur prochain se rabat sur nous, Lena. Le prince hérité de Banzac, à déclaré la guerre aux autres parties du pays en déclarant qu'il voulait, une fois pour toute avoir le pouvoir complet sur les royaumes. Un petit insolent ne sachant pas ce que ses décisions amèneront.

- La guerre des douze royaumes … Il a peur … peur que la légende du nouvel hériter soit vrai ?

- C'est fort possible, certaines sources disent qu'une personne transporte la pierre des mages. Une petite pierre Azurée offrant à son détenteur un pouvoir immense et insensé si celle-ci tombait entre de mauvaises mains. Si cette personne existe vraiment, j'aimerai pouvoir lui demander son aide.

- Son aide ?

Mes paroles étaient courtes, j'étais totalement absorbée par les dits de la blondine.

- Je ne suis pas à la solde d'un des royaumes ou autre, mon travail consiste à conserver la paix dans les royaumes ainsi que de préserver les terres sacrées de toutes menaces pouvant surgir. Je ne me suis pas présentée à toi, je m'appelle Neko, prêtresse mage de rang 3.

Une prêtresse mage? De rang 3? Voilà que j'allais encore lui demander des explications sur ces dits, mais ma tête devait parler pour moi, puisqu'elle s'expliquait elle-même.

- Nous les personnes habitant les terres sacrées, sommes bénies des dieux. Ceux-ci nous ont offert des dons, appelé pouvoir par vous autres. Nous avons une calcification et une évaluation sur nos dons, ceux-ci sont retranscrits sur une échelle allant de 0 à 5. Le rang 0 sont les gens normaux, ceux vivant dans l'un des 12 royaumes, certains d'entre vous sont des rang 1 mais si mes bases de données sont bonnes, il ne doit y avoir qu'un pourcent de votre population à en avoir. Les autres sont éparpillés sur les terres d'Artei.

- Je comprends mieux … et qu'adviendra-t-il si le prince de Banzac met la main sur cette personne ?

- Il le décapitera.

Ses derniers mots me firent froid dans le dos, des sueurs froides coulaient de mon front tandis que j'essayais désespérément de garder mon calme. Se levant d'un geste gracieux, Neko me fit un sourire en s'avançant vers la porte de la chambre. Se retournant pour m'adresser la parole une fois de plus, je la suivais du regard.

- Prend ton temps ici, quand tu le désireras, je te montrerai comment joindre la ville la plus proche et te mettre à l'abri si nous n'arrivions pas à empêcher la guerre moi et mes compagnons.

Sentant un sentiment d'injustice en moi, je ne pouvais me résoudre à aller me cacher en oubliant ma mission et mon passé. Je devais, je sentais que ma place était au côté de Neko pour empêcher cette guerre. Elle serait une source et un guide intéressant et utile sur les terres d'Artei. J'avais besoin d'elle, et elle ne pourrait me refuser parmi les siens en découvrant mon secret, ma force … ma monstruosité une fois un combat … commencé.

- je refuse de me cacher lâchement, je peux t'être utile. J'ai la force et la volonté de vaincre et j'ai une promesse et une mission à accomplir. Amène-moi sur les terres d'Artei une fois cette guerre fine, Neko.

Son visage montrait une impression de contentement, à croire qu'elle avait prévu ce que j'allais dire. S'avançant vers moi pour déposer ses mains sur mes épaules, d'un geste ferme et doux en même temps elle déclara d'un ton satisfait ce que je voulais entendre.

- Le serpent d'ébène marqué sur ta peau, ta pierre que tu ne voulais lâcher pour aucun prix … Je suis heureuse de t'accueillir dans mes compagnons héritière des douze royaumes.

C'était maintenant, maintenant que ma route s'ouvrait enfin sur mon passé. Il est temps de prendre en rêne mon présent, pour construire mon futur.