Eeeeet voilà. Le dernier chapitre -^^- Terminé par un lemon -encore bah oui, c'est pas si dur à écrire donc j'en profite...-
Enfin bref merci de m'avoir lue jusque là, encore une fois, vous êtes mes bienfaiteurs T___T
Merci merci merci!
Et Bisous!
Chapitre VII : Un bout de chemin.
« QUI ?!! »
Maria crut que Gaoh allait s'étouffer avec son déjeuner. Elle avait réussi à le rejoindre pour manger avec lui sur le terrain –là où il passait le plus clair de son temps – sans qu'il ne l'étripe pour l'avoir honteusement dérangé en plein repas. Enfin, elle avait échappé à ce triste sort uniquement en lui révélant le nom du compagnon actuel de Marco.
Le lineman la regardait comme si elle avait dévissé un boulon, et parut finalement la croire.
« C'est bien ce mec à qui j'ai cassé un bras ?
- Il n'est pas le seul à avoir subi ça, je te le rappelle.
- Le dernier à qui j'ai cassé un bras alors. Pour le moment.
- Lui-même. »
Le monstre mordit dans son sandwich, perplexe. Qu'est-ce qu'il lui passait par la tête à cet abruti de Marco ?
*****
Maria continuait son petit manège et son capitaine commençait gentiment à saturer. Ce n'était pas dans les habitudes de la manager d'être aussi… fille ? Il allait dire ça comme ça.
« Si tu m'expliquais pourquoi tous les soirs où presque tu m'emmènes dans ce coin de la ville pour te « balader » ?
- Juste… comme ça pour te remonter…
- Le moral, je sais. Si tu arrêtais de mentir, ça ne te va pas. »
Elle soupira et prit son courage pour avouer ses véritables raisons.
« J'ai… découvert ta liaison… avec le quaterback de Deimon c'est bien ça ? »
Marco resta stupéfait un bon moment. Comment pouvait-elle savoir ? Gaoh lui-même ne savait pas – enfin, pas à ce qu'il sache – et c'était à peine si elle connaissait ses penchants trois jours plus tôt… Son cerveau daigna lui livrer une fabuleuse révélation.
« C'était toi… mon portable.
- Désolée, Marco.
- Et donc qu'est-ce que tu comptais faire en me collant comme ça ?
- Lui prouver que ce que je lui avais dit était vrai.
- Explique-toi. »
Maria n'avait jamais entendu un ton aussi dur dans la voix de son capitaine, surtout avec elle. Il l'aimait comme une sœur et ce n'était pas dans ses habitudes de la rabrouer. C'était même plutôt l'inverse. Mais là, elle avait la sensation d'avoir fait une énorme bourde.
« J'ai… fait croire à Hiruma que tu t'étais lassé de lui, que tu ne voulais plus de lui… enfin tu comprends… qu'il ne cherche plus à te voir et…
- ...Imbécile. »
Ce murmure lui coupa les jambes. Jamais il ne lui aurait parlé comme ça avant…
Marco passa un pouce sur ses lèvres, songeur, et particulièrement ennuyé. Il l'avait cru, en plus ? Merde… Il ne voulait pas que leur jeu se finisse comme ça, à cause d'une personne extérieure à leurs histoires. Surtout pas à cause d'elle. Qu'avait-elle besoin de fourrer son nez là dedans ?!
Peu importe, ce qui était fait était fait, point. Il fallait rattraper le coche maintenant.
Non, connaissant Hiruma, il ne serait pas si catégorique en ayant juste quelques paroles de Maria et en les ayant vu se balader ensemble - en admettant qu'il les ai vu.
Surtout que si quelqu'un devait mettre fin à leur relation ainsi, en prétextant se lasser, ne plus avoir envie de jouer, c'était bien lui. Il n'avait pas sauté sur l'occasion pour mettre fin à tout ça apparemment, c'était déjà un bon point.
Le brun sortit son portable de sa poche et composa le numéro du démon, sous l'œil angoissé de la jeune femme.
« Hiruma ? Oui. Va falloir que l'on mette les choses réellement au clair. Maria est venue te voir apparemment. Hein ? Oui Himuro, oui. »
Le visage fermé de son capitaine lui filait la chair de poule. Marco était en colère et ça lui faisait peur. Réellement. Elle le vit refermer le petit appareil et passer à côté d'elle sans un regard.
« Sois adorable, ne te mêle plus jamais de ce genre de choses. Maruko. »
Il n'utilisait jamais son vrai nom. Elle s'en voulait à en mourir.
*****
Le démon raccrocha avec un petit sourire narquois. Ce fuckin' longs-cils avait même pris la peine de l'appeler pour démentir ? Eh bien, eh bien ! Comme quoi il désirait autant que lui continuer la partie, voire même plus.
Son rictus s'élargit. Et si c'était devenu encore plus qu'un jeu pour ce satané Marco ? Très amusant. Depuis combien de temps n'avait-il pas connu un mec de sa trempe, capable de jouer aussi longtemps sans perdre d'intérêt ?
S'il ne le détestait pas, il adorerait ce type.
*****
La tête de Maria lui donnait des envies de meurtre. Elle n'était déjà pas drôle en général, mais là, c'était pire que tout. Autant elle avait en général un air fier et conquérant, faisant honneur à leur équipe – ce qui l'empêchait tout juste d'avoir des pulsions assassines comme maintenant – autant en ce moment même… Elle fixait Marco comme si il tenait sa vie entre ses mains.
Gaoh souffla et retira son protège-dents pour parler plus aisément à son capitaine.
« Qu'est-ce que tu lui as fait ?
- A qui ? Maria ? Ne t'occupes pas de ça.
- Tu devrais être le premier à t'inquiéter, logiquement. Donc tu lui as fais quelque chose.
- Depuis quand toi tu t'en soucies ?
- Ses yeux de chien battu me donnent envie de la casser en deux. Vraiment.
- Tu sais que le crime de sang est puni par la mort chez nous ?
- Je m'exilerai en France. Ils sont moins radicaux là-bas, il paraît. »
Marco sourit et le regard insistant de son lineman le fit céder.
« D'accord, d'accord. Je ne veux pas d'un homicide sur la conscience. »
Défaisant son casque, le quaterback s'approcha du banc, et posa une main sur l'épaule de la jeune femme.
« Maria ?
- Désolée.
- Maria… »
Il soupira et tapota la tête de sa manager.
« Arrête de t'en vouloir, c'est pas bien grave.
- Tu étais en colère.
- Et ? Ca arrive à tout le monde, cesse de te miner pour ça.
- Mais Hiruma et toi… éloigne-toi de ce type. Il est dangereux.
- Moins fort s'il te plait, murmura-t-il, gêné, lui faisant signe de la main de baisser le ton. J'ai pas envie que toute l'équipe soit au courant de ce genre de choses.
- S'il te plaît, éloigne-toi de lui. J'ai entendu pas mal de rumeurs sur lui.
- Eh, doucement, je sais ce que je fais –il lui ébouriffa les cheveux- et tu ne connais pas tous les détails. Ne t'inquiète plus pour moi, tu veux ? »
Elle baissa les yeux, résignée. Elle se sentait comme réconfortée par un frère et soupira. Il savait sûrement mieux qu'elle ce à quoi il s'exposait après tout.
Et le plus important, c'est qu'il n'était pas si fâché que ça contre elle.
Il retrouvait sa petite Maria, qu'il aimait choyer à loisir, malgré ses deux ans de plus que lui. Sa grande sœur. Il sentit soudain une main de la taille d'une grande assiette s'abattre sur son épaule.
« J'ai l'impression que quelqu'un t'attends, Marco »
Gaoh désigna l'entrée du lycée du menton, où une silhouette blonde en uniforme était adossée.
Le brun lâcha la jeune femme avec un sourire réconfortant et se dirigea vers le club de football pour se changer.
Maria leva les yeux vers le lineman, qui se retint de séparer ce petit visage du reste de son corps.
« Tu crois qu'il saura se débrouiller tout seul ?
- Considérant que lorsque qu'on –que tu – l'aide, ça devient un véritable bordel…
- Gaoh, ne remue pas le couteau dans la plaie.
- T'as juste fais une belle connerie. Et t'as eu de la chance qu'il te pardonne et réussisse à tout remettre dans l'ordre. ET ARRETE DE FAIRE CETTE TÊTE !! »
Marco vit Maria se redresser brusquement, reprenant son masque d'impassibilité et de dignité. Gaoh ne devait pas être loin de craquer pour qu'elle se reprenne aussi vite.
« T'en as mis du temps, fuckin' longs-cils. Il a quand même fallu que ce soit ton monstre qui s'aperçoive de ma présence.
- J'étais concentré sur une jolie fille, désolé. »
Ils eurent un sourire narquois au même instant.
« Plus intéressante que moi ?
- Je n'irai pas jusque là.
- J'espère bien. »
Hiruma sentit une main chaude s'immiscer sous sa veste, puis sa chemise, et Marco approcha son visage du sien. Il fallait croire que le brun commençait à s'impatienter.
« Une semaine c'était trop pour toi ?
- Nnh. »
Il ne préférait pas répondre, de peur de donner l'avantage au démon. Il planta ses yeux céruléens dans le regard saphir du blond, avec un sourire naissant sur ses lèvres.
« Où ?
- Ta chambre n'est pas assez loin pour faire ça ici, désolé, rétorqua Hiruma, sarcastique.
- Tu préfères le confort surtout, oui. »
Ils auraient presque cru être un couple à parler ainsi.
*****
Ce genre de baiser fiévreux lui avait manqué. Haletant, Marco mêla à nouveau sa langue à celle du démon, ses doigts crispés dans les cheveux blonds, à la base de sa nuque. Il en voulait plus. Encore. Toujours plus. Ces lèvres caressant les siennes, langoureuses, ses crocs effleurant sa peau lorsqu'il déposait un nouveau baiser sur chaque centimètre carré de son épiderme. La douceur nouvelle du blond lui mettait les larmes aux yeux.
Hiruma savait qu'il devait s'y prendre autrement maintenant. Il l'avait dominé par la force, et la seconde fois, il avait échoué. Alors il devait utiliser cette méthode là, celle qu'il n'utilisait que si rarement. Il n'avait pas l'habitude d'être tendre, à aucun moment.
Mais ce n'était pas désagréable.
Il plaqua une main sur la bouche du brun pour lui intimer de se taire, quand il prit son sexe déjà raide entre ses doigts libres. Le démon se passa la langue sur ses lèvres quand il sentit les dents de Marco se resserrer sur sa paume.
Bon sang, il était encore plus excitant que la dernière fois.
Il avait envie d'exprimer ses sensations par des soupirs, des gémissements quand les doigts d'Hiruma commencèrent à aller et venir le long de son membre, lentement. Impossible avec ce bâillon. Il sentit la langue du blond parcourir sa gorge, ses crocs laissant des marques écarlates sur sa peau mate. C'était presque magique.
Mais il n'avait plus envie de rester son jouet éternellement.
Le quaterback de Deimon fit l'erreur de fermer les yeux pour savourer ce contact, relâchant sa vigilance. D'une torsion de reins, Marco le plaqua sous lui, se libérant de ses étreintes.
Merde. C'était pas bon ça.
Quoique.
Les lèvres du brun happèrent les siennes, fougueuses, et il saisit à pleine main ces longs cheveux bruns, appuyant ce baiser. Il se cambra d'instinct sous ce corps mieux bâti que le sien, avide de ce plaisir qu'il commençait à lui apporter. Les doigts de Marco glissèrent jusqu'à son entrejambe tendue, et il serra les dents quand Marco imita ses gestes qu'il avait effectués à peine quelques minutes auparavant.
Il ne se rappelait plus de la dernière fois où il avait réellement apprécié ce genre de contact. Ses yeux se rouvrirent brusquement quand la bouche du brun migra de ses lèvres à sa virilité, avec un gémissement de surprise. Il se mordit la lèvre pour étouffer ses soupirs, et ne put s'empêcher d'émettre un petit cri quand les doigts de Marco s'immiscèrent en lui.
Il n'avait jamais ressenti ça avec personne.
Il savait qu'il ne pourrait plus attendre longtemps. Relâchant le sexe de son amant, une main sous la cuisse du blond, il revint lui dévorer le cou, prêt à passer à l'acte en lui-même. C'était sans compter l'entêtement du démon, qui le fit basculer sur le dos, narquois.
« Tu t'imaginais quoi, là ? haleta-t-il.
- Ose dire que ça ne te plais pas. »
Hiruma eut un sourire, courbé au-dessus de son compagnon.
« Je ne dirais rien. Ca t'arrangerais trop.»
Le démon guida son partenaire en lui, dans un faible râle. Marco se mordit les lèvres, saisissant fermement les hanches du blond. Quand celui-ci amorça son mouvement, son bassin trouva naturellement le rythme pour accompagner les va-et-vient d'Hiruma.
Son souffle était court, il avait l'impression d'avoir le corps et les poumons en feu. Intense. Brûlant. C'était les seuls mots qui lui venaient pour qualifier son amant, qui venait de se redresser pour l'enserrer, torse contre torse, lui accordant un nouveau baiser, plus passionné que jamais. Il sentit les doigts du brun se crisper sur son bassin, tandis qu'il gémissait entre ses lèvres, ravagé par un orgasme fulgurant. Il ne fallut pas longtemps à Hiruma pour l'imiter, rompant leur baiser, tête renversée en arrière.
Le meilleur amant qu'il ait jamais eu.
Allongés l'un contre l'autre, il écoutait le souffle régulier du démon qui avait enfoui sa tête contre son torse pour s'endormir, et il avait glissé un bras autour de ses épaules minces. C'était la première fois qu'il restait après l'acte et Marco en profitait un maximum, ne sachant pas trop ce que cette nuit leur apporterait ensuite.
Il se surprit à espérer que ce ne soit pas la dernière, qu'ils n'en resteraient pas là.
*****
Le démon entrouvrit les yeux, réveillé par le battement cadencé qui résonnait à son oreille. Le cœur de Marco. Il leva le regard sur ce visage serein et lui tapota le front pour le réveiller, taquin. Il se devait d'annoncer le résultat de cette ultime manche.
« Debout fuckin' longs-cils.
- Mmh ? Hiruma ?
- Je pense que t'es curieux de connaître le score.
- Match nul. »
Le blond sourit. Il lui avait piqué sa réplique. Mais c'était la vérité.
« Je pense aussi.
- Alors quoi ? On s'arrête là ? »
La lueur qui s'alluma dans le regard d'Hiruma ne lui laissa pas de doute.
« Je suis très joueur, tu sais. »
Marco rit de bon cœur. Oui, lui aussi voulait continuer à rester à ses côtés.
Il l'aimait. Vraiment. Mais c'était le genre de sentiment que fuyait sûrement le démon, alors il garderait ses émotions profondément enfouies dans son cœur, pour le moment. Il pouvait bien attendre maintenant qu'il savait que son partenaire ne risquait plus de s'envoler du jour au lendemain.
Ils joueraient, tant qu'il ne le lasserait pas. Hiruma savait que cela durerait, longtemps, très longtemps. Il attendait justement le compagnon de jeu idéal, celui qui pourrait rester à ses côtés éternellement.
Des raisons différentes pour chacun d'eux, mais ils allaient vers le même but. Alors autant faire un bout de chemin ensemble, le plus long possible.
