Chapitre 7 : Rapprochement
Cela faisait un peu plus d'une semaine que je vivais avec les Cullen et j'étais maintenant totalement accepté par chaque membre de la famille. J'avais eu une petite conversation avec tout le monde. Rosalie m'avait adopté et en parlant avec elle, je me dis qu'elle s'entendrait très bien avec Drago. Avec Alice, nous avions parlé vision, je lui avais avoué voir l'avenir comme elle et nous discutions des sensations et des interprétations que l'on pouvait tirer de certaine chose. Esmée me parla de son fils et je parlai de mes parents, de mon parrain, de Rémus et de ma vie avec mon oncle et ma tante elle devint vite une mère pour moi. Avec Emmett, je parlai sport, il m'expliqua les règles du baseball et moi, celles du quidditch. Carlisle me raconta sa transformation et ses voyages je luis appris plusieurs choses sur les vampires et les créatures magiques en général. Jasper me raconta ses batailles et je réussis à lui parler des miennes. Edward me remercia encore une fois de lui avoir prouvé qu'il avait une âme et m'expliqua sa période de rébellion envers Carlisle et ses idées.
J'avais enfin une famille qui voulait de moi, qui m'aimait pour moi. Je me sentais enfin chez moi. En plus de tout ça, plus je passais du temps avec Edward et plus mes sentiments devenaient fort. J'étais lentement, mais sûrement en train de tomber amoureux de lui. Ses idées, ses manières, son physique, tout en lui m'attirait. J'étais encore plus déterminé à faire en sorte que Bella change d'avis.
Mes relations avec la meute s'étaient aussi améliorées, maintenant que Jacob et moi étions amis. J'avais aussi réussi à devenir amis avec Seth et Quil, Sam écoutait mes idées, mais ne m'acceptait pas encore assez pour que je puisse venir rendre visite à mes amis de la réserve. Nous nous voyons donc dans la forêt ou en ville.
J'avais aussi reçu des nouvelles de mes amis en Angleterre, ils m'avaient aussi envoyé mes affaires, toutes les choses qu'ils avaient pu trouver ou récupérer. Ils se remettaient gentiment de la guerre, faisaient leur deuil et recommençaient à vivre. Ils comprenaient bien que je souhaite rester mort aux yeux de la société. Nous nous étions promis de nous revoir, nous n'avions pas prévu de rencontre, mais nous ne perdrions pas le contacte.
J'étais seul à la villa pour le moment, le reste du clan était parti chasser. Il était huit heures. J'étais au salon, je regardais la télé, une série sur les vampires, je trouvais vraiment amusant de voir comment les moldus nous imaginaient et nous représentaient. J'entendis alors la camionnette de Bella arriver. Elle arrêta le moteur, descendit et entra dans la villa et demanda s'il y avait quelqu'un vu que personne n'était venu l'accueillir. Je lui répondis et elle vint au salon.
- Salut, où sont les autres ?
- Partie chasser.
- Tu ne vas pas avec eux ?
- Je n'ai pas autant besoins de sang qu'eux, je tiens beaucoup plus longtemps sans me nourrir.
Elle vint s'asseoir sur un des canapés et regarda l'écran, elle me fit une remarque sur la série que je regardais et qu'elle connaissait elle aussi et nous commençâmes à parler des différents films qu'elle avait vus et qu'elle trouvait bien. Elle fut surpris d'apprendre que je n'en connaissais pas un à part les quelques que j'avais regardés depuis que je vivais ici. Je finis par lui poser la question que je voulais lui poser depuis que je la connaissais.
- Pourquoi es-tu avec Edward ?
Elle me regarda et chercha quoi dire, elle finit par demander :
- Pourquoi une telle question ?
- Tu es amoureuse de Jacob, alors pourquoi es-tu avec Edward ?
- Je… je ne suis pas amoureuse de Jacob, c'est Edward que j'aime, dit-elle.
- Qui est-ce que tu veux convaincre avec une affirmation pareille, toi ou moi ? Bella, tu ne seras jamais heureuse si tu rejettes Jacob juste pour être un vampire.
- Et qu'est-ce que tu en sais, toi ? Tu es plus jeune que moi et tu es déjà un vampire.
- Je suis peut-être plus jeune que toi, mais j'ai vécu bien plus d'expériences que toi, des expériences que je ne souhaite à personne de vivre. Et le fait d'être un vampire m'apporte une vie autre que celle de la guerre que je vis depuis que je suis né, alors j'ai de bonnes raisons pour choisir cette vie à la mort. Toi, tu refuses l'amour, tu trompes quelqu'un qui t'aime vraiment et tout ça pour quoi ? Pour avoir une vie éternelle que tu ne mérites pas ! lui criais-je presque à la figure. Tu as une famille, Bella, un père et une mère qui t'aimes, des amis aussi, et surtout tu es amoureuse, continuais-je plus doucement. Va vers Jacob, arrêtes de vous faire souffrir tous les deux !
Elle avait l'air perdu, comme si mes mots avaient pénétré au plus profond de son esprit. Puis c'est la colère qui prit le dessus.
- Tu dis ça seulement pour avoir Edward ! s'exclama-t-elle. Tu crois que je n'ai pas vu ta façon de le regarder, tu es amoureux de lui, mais tu ne l'aura jamais, Edward n'est pas gay, il ne le sera jamais. Tu perds ton temps. De toute façon, comment est-ce que l'on peut aimer son propre sexe, c'est une abomination, espèce de monstre ! me cria-t-elle dessus juste avant de partir.
Elle sortit de la villa, prit sa camionnette et démarra en trombe. Je n'avais pas bougé d'un millimètre, les mots qu'elle avait dits m'avaient ramené dans mon enfance avec les Dursley, quand ils me traitaient de monstre et d'abomination exactement comme Bella venait de le faire. Ces mots m'avaient fait mal, atrocement mal, je me demandai un moment comment je me sentirai si c'était Ron ou Drago qui me disaient de tels mots. Je me sentis alors comme enfermé, il fallait que je bouge, que je fasse quelque chose. Je partis en courant dans la forêt, il faisait nuit maintenant. J'ignorais depuis combien de temps j'avais couru, mais je finis par m'arrêter dans une petite clairière. Je me laissai tomber dans l'herbe et je me couchai sur le dos. Le ciel était couvert d'étoiles, je cherchai celle de Sirius, il me manquait tellement, surtout dans ce genre de moment. Je la trouvai, elle me semblait bien plus brillante que toutes les autres étoiles.
Je me calmai et partis dans mes pensées. Je ne sais de nouveau pas combien de temps je suis resté comme ça, mais c'est un bruit de branche cassé qui me sortit de ma tête. Je relevai en position assise d'un coup pour voir que ce n'était qu'Edward.
- Qu'est-ce que tu fais là ? lui demandai-je.
- Je me demandais où tu étais passé. Tu n'étais pas à la villa quand nous sommes rentrés, m'expliqua-t-il en venant s'asseoir près de moi.
Je me recouchai et fixai à nouveau mon regard sur Sirius.
- Je n'entends pas tes pensées, mais je peux dire que quelque chose de mal c'est produit.
- J'ai… j'ai parlé avec Bella.
Je le sentis se tendre à côté de moi, comme s'il appréhendait ce que j'allais lui dire.
- Et qu'a-t-elle dit pour te faire réfléchir à ce point ?
- Elle… elle a découvert quelque chose sur moi et les mots qu'elle a utilisés pour exprimer sa pensée m'ont ramenés à mon enfance chez mon oncle.
- Qu'est-ce qu'elle a dit ? demanda-t-il encore.
- Edward, je suis gay, lui révélai-je en fixant toujours le ciel, je ne voulais pas voir ses yeux. Et elle a utilisé les mêmes mots que mon oncle. Comme lui, elle m'a traité de monstre et d'abomination…
Je ne dis plus un mot et attendis sa réaction, réaction qui ne vint pas. Je finis par tourner la tête dans sa direction, il regardait lui aussi les étoiles.
- Edward ?
- Je… je ne sais pas quoi dire. Je suis né à une époque où l'homosexualité n'est pas vu comme quelque chose de normal et est punie par la loi, je sais que maintenant c'est différent. Bella n'avait pas à te dire des choses pareilles ! s'exclama-t-il. Ce que je peux te dire par contre, c'est que cela ne me fera pas te voir différemment, tu es Harry et cela ne change pas, me dit-il les yeux dans les yeux.
Je m'étais redressé pendant qu'il parlait. C'est fou comme ses mots à lui peuvent me redonné confiance. Je laissai alors mes sentiments me guider. Je me rapprochai de lui et tendis ma main droite que je posai délicatement sur sa joue gauche et je m'avançai. Il ne se recula pas, nous avions chacun le regard perdu dans celui de l'autre et je posai mes lèvres sur les siennes en fermant les yeux. Ses lèvres étaient aussi douces que je me les étais imaginé. Je commençai à bouger et il me rendit mon baiser. J'ouvris la bouche et le forçai à en faire de même, nos langues se touchèrent et le baiser s'approfondit. Je sentis sa main se placer sur ma nuque. C'était de loin le meilleur baiser que j'avais eu. Je mis fin à cet échange, je venais de faire quelque chose que je ne devais pas faire je ne supporterais pas qu'il me rejette et me parle de Bella, alors, je me reculai et me levai en disant :
- Je n'aurais pas dû faire ça.
J'allais partir, quand il me rattrapa et me força à lui faire face.
- Je ne regrette pas. J'ai aimé, continua-t-il en reposant ses lèvres sur les miennes et en me tenant par la taille.
Nous repartîmes dans un ballet de langues à en perdre le souffle, même si nous n'en avions pas besoins. Je remis fin au baiser il était toujours avec Bella, l'amour de sa vie, il n'avait pas le droit de me faire ça. Je le regardai dans les yeux et lui dis :
- Tu es avec Bella, Edward. Si… si tu veux autre chose entre nous que de l'amitié, choisis entre elle et moi, mais tu ne nous auras pas les deux.
Et je partis, je ne courrai pas, non, je transplanai directement dans ma chambre et me laissai tombai sur mon lit. Je laissai mes doigts parcourir mes lèvres cette fois, j'étais complètement perdu. Je venais de me rendre compte que j'étais totalement et irrémédiablement amoureux d'Edward et cela faisait d'autant plus mal que je ne savais pas s'il me choisirait moi ou s'il préférait rester avec elle, s'il me prendrait comme second choix quand j'aurais ouvert les yeux de Bella.
Je sortis de mes pensées moroses en entendant un petit bruit de cassure, je regardai et je vis que l'œuf était fissuré. Je me levai et m'approchai de mon bureau. Quelqu'un frappa à ma porte et je l'invitai à entrer distraitement. C'était Jasper et Alice.
- Harry, on est venu voir si ça allait, m'expliqua Alice.
- Je… je ne sais pas. Vous pouvez attendre un moment ? leur demandai-je, mon attention toujours fixé sur mon œuf.
Ils virent l'œuf et s'approchèrent derrière moi.
- Qu'est-ce que c'est ? me demanda Jasper.
- Je ne sais pas encore.
Nous regardâmes donc les fissures grandir, puis un petit museau apparut et le reste suivit. Je n'en croyais pas mes yeux, devant moi se tenait un petit chaton entièrement noir avec de petites ailes sur le dos. Quand nos yeux se croisèrent, je sus tout de suite que le vendeur avait raison, ce petit chaton ailé était belle et bien mon familier.
- Lucifer, murmurai-je.
- Bonjour, Harry, cela faisait longtemps que je t'attendais, me dit-elle par la pensée.
Oui, c'était une femelle, une magnifique femelle du nom de Lucifer.
- Je suis heureux de te rencontrer, lui dis-je par la pensée aussi. Dors, tu as l'air fatigué, nous aurons tout le temps pour parler après.
- Merci, Harry.
J'enlevai les débris d'œuf et elle se coucha en boule sur le coussin, elle se pelotonna dans ses petites ailes et sa petite queue touffue et se rendormit.
- Harry ? questionna Alice.
- C'est Lucifer, mon familier. Elle restera avec moi à partir de maintenant.
- Ton familier ? demanda Jasper.
- Un animal qui s'accorde parfaitement avec ma magie, qui pourra me guider dans certains choix ou tournant de ma vie, expliquai-je. Pourquoi vous êtes venus ?
- J'ai senti ton trouble quand tu es rentré, on se demandait si tu voulais en parler, dit Jasper.
Je les regardai et les invitai à s'asseoir. Ils prirent place sur mon lit pendant que je vérifiais si le sort de silence était toujours bien en place. Je savais qu'Edward était en bas et je ne voulais pas qu'il entende notre conversation.
- Qu'as-tu senti ? demandai-je à Jasper.
- Tu semblais heureux, triste et confus en même temps.
Je pris une grande bouffée d'air et leur expliquai-je ma conversation avec Bella, ce que cela m'avais rappelé et ce qu'il c'était passé avec Edward, les sentiments que j'avais pour lui et le choix que je lui avais laissé en partant. Alice eut un peu de mal à tout croire pour Bella, mais Jasper et moi réussîmes à la convaincre. Elle choisit de nous aider, parce qu'Edward ne méritait pas ce qu'elle lui faisait et que Bella était son amie et qu'elle voulait lui faire comprendre que la voix qu'elle avait choisie n'était pas la bonne.
Ils me quittèrent vers quatre heures du matin. Je pris un des livres que j'avais acheté à Seattle et commençai à le lire. Je faisais des recherches qui permettraient peut-être, si elles aboutissaient, à un couple de vampire de concevoir un enfant bien à eux. Je savais qu'entre un vampire et son calice ou une simple humaine c'était possible, mais je voulais pouvoir donner à Rosalie ce qu'elle avait toujours rêvé.
