Voila un autre chapitre. Désolé pour l'orthographe et la grammaire, mais je n'ai pas eu ma correctrice qui passe actuellement ses partielles, même si j'ai tenté de limiter les erreurs… Si jamais vous trouvez des fautes, envoyer moi une review, et j'updaterais la fic. Petite annonce : La semaine prochaine je passe un concours blanc donc je ne pense pas que j'arriverais à sortir un nouveau chapitre. Bref, après une intro assez longue, bonne lecture ! ^^
Chapitre VI : Mouvements
PDV de Katerina
Je n'étais pas vraiment rassurée. Je ne craignais pas les rencontres que je pouvais faire sur le chemin entre notre abri et le fleuve souterrain, car il me fallait quelque chose comme une ou deux heure, peut-être même trois, étant donné que mon horloge interne n'étais plus vraiment fiable, pour aller là bas. Non, ce que je craignais, c'était que Joshua redevienne comme il y a plus d'une semaine. Malgré ses blessures, je ne pense pas que je pourrais tenir deux seconde face à lui, du moins, sans le tuer. La folie qui l'avait emportée semblait avoir disparue, mais j'étais persuadée qu'elle pouvait le reprendre rapidement. En plus, l'état de son bras semblait avoir légèrement empiré, même si celui de sa hanche semblait se stabiliser. Il ne fallait plus qu'il ne bouge jusqu'à ce qu'il soit rétablis, et vu l'ampleur des dégâts, Il allait être obligé de rester couché plusieurs mois. Cela nous retardais beaucoup, et Maywenna cherchais désespérément le moyen de nous déplacer tout les deux sans nuire au repos de Joshua.
Je me dépêchais d'aller au fleuve, car je voulais limiter les rencontres en route, et je souhaitais par-dessus tout me débarrasser de ce sang qui me collait aux bras. Finalement, je parvins sans problème au cours d'eau. C'était la troisième fois que j'y allais, et à chaque fois, le brusque changement de température auquel je faisais face me surprenait. Je posais mes deux gourdes à coté de moi (j'en avais trouvé une dans ce qui ressemblait à un petit village soudé dans les murs), et je plongeai mes bras dans l'eau froide. La fraicheur de l'eau qui coulait sur mes avants bras me fit frissonner, et je commençais à frotter vigoureusement pour enlever le sang séché. Après dix bonnes minutes à frotter à la lueur des minerais de métal éternel, tout étais partis, et je commençais à remplir les deux récipients.
Je me relevais, et repartis rapidement vers notre abri. Sur la route, je remarquais une troupe de petites créatures verdâtres, toutes armées. Katerina m'appris que c'était des gobelins, des humains ayant mutés à cause des radiations. Ils avaient des torches avec eux, et j'hésitais à les leur prendre.
Finalement, après avoir pesé le pour et le contre, je m'approchais discrètement d'eux, car c'était une denrée plutôt précieuse. J'en comptais cinq, mais il pouvait y en avoir d'autre. Quatre d'entre eux avaient posé leurs armes sur la paroi de la caverne, et commençaient à se détendre. Le cinquième était posté au centre, et semblait scruter le reste du couloir.
Je sortis de l'ombre, la main sur ma rapière, faisant signe que je ne voulais aucun mal. La bande me fixa, prête à se défendre, tandis que j'avançais. Je fis l'erreur de retirer ma main du pommeau, et tous se jetèrent sur leurs armes. Je sortis ma rapière, et une dague, qui tenait encore à mon bras grâce à une bande en cuir que j'avais récupéré sur un cadavre. Avant qu'ils ne se jettent sur moi, je me précipitai vers le garde, perforant sa cuirasse de cuir. Je surveillais du coin de l'œil le reste du groupe. Le gobelin que je venais de tuer devait être assez respecté, car ils hésitèrent à me foncer dessus. Mais l'un deux poussa des cris stridents, et tous se jetèrent sur moi. Je reçus un coup de hache avec ma dague, tandis que je repoussais une des créatures avec mon pied. Je portai un estoc sur un des petits êtres, et ma rapière resta coincée dans son orbite. Je sortis ma dernière dague, et la jeta sur un des gobelins, qui fut projeté en arrière. Maywenna amplifiais mes reflexes, et aiguisais ma perception, si bien qu'aucun des gobelins n'avait encore réussis à m'atteindre. Le gobelin avec la hache recula de quelques pas, et fonça sur moi avec le dernier gobelin. J'esquivais le coup de hache, repoussant un coup de glaive, et sonna le détenteur de ce dernier avec mon pied. Je plantai ma dague dans sa gorge, et récupéra la dague que j'avais jetée sur le cadavre à coté. Le survivant se retourna, en commença à courir, mais une dague dans la nuque le brisa dans son élan. Je ne pouvais pas le laisser avertir quiconque de ce que je venais de faire.
Je récupérai toutes mes armes ainsi que les torches, en pensant aussi à récupérer aussi une épée pour Joshua. Je regardais encore une fois mes bras, tachés une nouvelle fois de sang, soupirant de découragement. Je venais de me les laver il y avait à peine vingt minutes. Je retournais vers l'abri avec mon butin. Je poussais le rocher qui bloquais la porte, jeta le sac sur le sol, et remis le rocher à sa place. Enfin en sécurité…
Je portais les gourdes sur une table en marbre, et déchargeais tout le sac. J'entendais des gémissements dans la pièce à coté, dont la source devait être Joshua. Je lui portais une gourde, avant d'aller chercher un fragment de métal, afin d'inspecter l'état de sa hanche.
La faible lueur que projetait le minerai sur Joshua m'inquiétait sur ce que je voyais. Même si le fil tenait, le blessé j'en étais moins sûre. Ses yeux étaient rougis par la fièvre qui l'avait pris depuis quelques jours, et il n'y avait rien pour la faire baisser. Son front était en plus brulant que d'habitude.
Pas bon du tout ça.
J'avais remarqué. En plus, on ne peut rien faire…
Il ne nous reste plus qu'a attendre, en espérant qu'il ne nous claque pas entre les doigts, sinon, on est mal.
Il me regarda droit dans les yeux, avant d'avoir une expression de peur sur son visage. Il gémit quelque chose que je ne compris pas tout de suite, mais qui semblait vouloir me dire de regarder derrière moi. Je crus entendre les mots minotaures, mort et court, mais tout étais noyé dans un flot inintelligible de gémissements. Il en fut ainsi pendant plusieurs jours, quelques fois coupé de sommeil. Chaque fois que je devais sortir, j'avais la hantise de le retrouver mort. Une fois, à mon retour, je le retrouvai en train de se vider de son sang, le fil de la hanche ayant cédé. Il faiblissait de plus en plus chaque jours, et Maywenna ne parvenais pas à le calmer ou à l'endormir. A croire que la fièvre déjouait son contrôle mental. Pendant près d'un mois, je ne dormis pas beaucoup, inquiète de son état, ou ne pouvant pas m'endormir à cause des cris qu'ils poussaient quelques fois quand il semblait reprendre un peu de force. Finalement, il s'endormi pendant plusieurs mois, en ne rouvrant les yeux qu'une seul fois, tandis que j'inspectais sa hanche. Son sommeil étais agité de rêve qui le terrifiais. Combien de fois l'ai-je entendus prononcer « je ne t'ai pas tué » ? Combien de fois m'étais je réveillée à cause de ses cris de peurs ?
Son état était instable, et ses blessures empirèrent peu à peu. La peau semblait commencer à pourrir autour du trou de sa hanche et de son bras. La situation était tellement critique que Maywenna dû prendre le contrôle de mon corps, et me força à cautériser ses plaies par le feu d'une des torches. Après ça, la pourriture resta encore quelques semaine, et régulièrement, je rallumais la torche, économisant le peu que j'avais, et recommençais à bruler la peau. Petit à petit, la peau redevenais relativement saine, mais Joshua ne se réveillais pas. Je le forçais à manger un peu, de manière à ce qu'il puisse tenir plus longtemps. Sa vie ne tenait plus qu'à un maigre fil, qui menaçait de céder au moindre coup de vent. Pourtant, il fallait que nous avancions. Il ne pouvait pas rester ici, car ma réserve de bandage commençait à se vider, et que le fil qu'il me restait ne pouvait plus suffire à recoudre sa hanche.
Pendant plusieurs jours, je cherchais quelque chose qui face office de brancard, et je découvris, avec l'aide de Maywenna, plusieurs morceaux de ficelle, des planches, et des morceaux de ferrailles, à une journée environ de l'abri. J'avais été réticente devant le risque de laisser Joshua sans soin durant plusieurs jours, mais je n'avais pas le choix. Je retournais à l'abri avec tout le matériel, et commença à tailler des roues dans le bois, à l'aides des dagues. Les morceaux de ferrailles servaient à aiguiser mes armes, et la ficelle allait servir à attacher le drap de Joshua sur les planches.
Durant une semaine, je préparais le matériel pour pouvoir emporter Joshua, et je rassemblais tout ce qui allait être nécessaire à notre survie. Et puis, quand tout fut prêt, je déplaçais Joshua du lit jusqu'au brancard, et sortis avec lui. Il était toujours endormi, mais il semblait s'être calmé. Heureusement, car sinon, nous aurions été en danger. Maywenna et mes visions me dirigèrent dans les couloirs sombres, évitant le plus possible les rencontres. Joshua était vulnérable, et je ne pouvais pas le laisser trop loin de moi. Nous progressions de plus en plus dans le dédale interminable d'allés, de croisements et de dangers que représentaient les souterrains.
Quand nous trouvions un abri, nous nous y arrêtions pendant quelques jours, afin de récupérer un peu. Pendant ces quelques jours de répits, Maywenna m'apprit à développer mes capacités mentales. Au départ, ce n'était pas grand-chose, Juste réussir à bloquer son esprit à toute sorte d'intrusions psychiques, mais la difficulté croissait en fonction du temps. Je devins capable de contrôler l'esprit des rats que je croisais, et je réussis à me projeter mentalement dans le futur, diminuant le nombre de chemins probables qui menait à l'avenir. Enfin, quand je n'étais pas occupée à sauver Joshua.
Son état était encore plus instable… Il a même faillis y passer, mais la volonté de Maywenna lui a permis de survivre encore quelques jours de plus. Quelques fois, je voulais l'abandonner, car son état tellement grave, qu'il semblait n'y avoir aucun espoir, mais là encore, Maywenna me poussais à continuer à le faire vivre.
Cette importance que Maywenna lui portait m'intriguait, et ma curiosité grandissait de jours en jours. Trois mois après notre départ, nous trouvions un endroit sûr, où nous nous sommes arrêtées quelques jours.
Dit, Pourquoi tient tu tellement à ce qu'il reste en vie ?
Et bien...
Son silence perdura pendant de longues minutes.
Tu ne sais pas ?
Si, mais je n'en suis plus sûre… Disons que je l'ai vu essayer de combattre son coté animal. La partie obscure des métamorphes si tu veux. Depuis le minotaure, je ne crois pas qu'il puisse réussir. C'est de leur nature animale que les métamorphes ne peuvent prendre qu'une seule forme à la fois, et uniquement des animaux. Je réussis à la bloquer grâce au contrôle mental, mais il faut maintenant qu'il réussisse tout seul. Je ne pourrais pas toujours le regarder droit dans les yeux.
Et pourquoi est-ce si important ?
Il pourrait être assez fort pour vaincre Dieu.
Attend, tu ne compte pas retourner à la surface ?
Ça m'étonnerait qu'Il descende ici.
On va se faire chopper dès qu'on pointera notre gueule dehors !
Peut-être, mais connaissant Asura, il sera là en personne pour nous repêcher.
Et s'il n'était pas là ? Si Joshua n'est pas celui que tu croyais, comment comptes-tu t'y prendre pour survivre ?
Ce n'est pas la première fois que je crois que c'est le bon.
Attend, Tu veux dire que ce n'est pas la première fois que tu viens ici ? Combien de personnes se sont fait chopper ?
Beaucoup trop, c'est pour ça qu'il faut qu'il soit le bon. Je m'affaiblis de plus en plus, et les prochains transferts risquent d'être les derniers. Il faut que je retrouve mon corps le plus vite possible !
Donc, tu te sers de nous pour récupérer ton corps ?
Et en plus je vous donne votre liberté.
Non, je refuse de continuer à te suivre. Tu as sacrifié trop de monde, et ça n'a eu aucun effet.
Des innocents meurent chaque jour, des enfants, des femmes et des adolescents. Des gens qui n'ont pas encore vécus la vie pleinement !
Tu ne le fais pas pour nous ! Tu le fais pour toi, pour que toi tu puisses vivre librement. Est-ce que tu continuerais à te battre si ton corps avait été détruit ? Tenterais-tu de nous libérer ?
Je le ferais jusqu'au bout !
Tu mens… On se connait depuis assez longtemps pour que je reconnaisse les nombreuses fois où tu m'as mentis…
Non ! Je ne te mens pas !
Et moi, tu comptes m'abandonner lâchement dès que ça foirera ?
Katerina, écoute… Je suis votre meilleur espoir…
Tu lui as dit ?! Tu lui as dit qu'il risquait de mourir ?! Fis-je mentalement en montrant Joshua du doigt. M'as-tu au moins dit la vérité dès que nous sommes rencontrées ? Tu ne m'as même pas laissé choisir ce que je voulais ! Peut-être que je fuyais Dieu, mais au moins, j'étais tranquille. Si jamais j'avais dû finir dans l'arène, j'y aurais été, et je serais morte seule, mais sans personne pour me pleurer, ni pour me haïr ! Et tout est parti en vrille au moment où tu as pris possession de mon corps ! Tout ce qui nous arrive est de ta faute ! Joshua serait encore valide, et probablement en train de se battre. Est-ce que tu crois que je voulais l'accompagner ? Pensais tu seulement que j'avais besoin de quelqu'un pour m'aider ?
Il le sait… La mort à toujours été à ses coté, dans tout les combats, mais il lui offrait une vie à chaque fois… Maintenant, elle est probablement toujours à ses cotés, mais peut-être pas du bon… Il est comme toi, solitaire, sans ennemis, sans problème, mais aussi puissant. Bien plus puissant que tout ceux que j'ai pu voir depuis des décennies. Chaque personne que j'ai parasitée, je croyais en elle ! Je la savais capable de grandes choses, mais j'ai échoué à chaque fois. Je te comprends dans ta colère, mais je n'avais pas d'autre choix. Vous êtes très puissants tout les deux, mais vous n'avez pas l'expérience que j'ai pu acquérir…
Parce que nous voulons faire nos propres erreurs !
J'essaye d'éviter celle que j'ai déjà faite !
Non ! Chaque vie que tu as gaspillé, c'était une vie qui aurait duré beaucoup plus longtemps si tu ne l'avais pas contrôlée.
Peut-être, mais au moins j'essaye de vous aider, de vous donner une autre vie ! Une vie qui mérite d'être vécue !
Non, tu essayes de refaire le monde dans lequel tu as vécus, mais ce que tu n'as pas compris, c'est qu'il est mort ! Il ne serait plus jamais là, même si tu tentais n'importe quoi ! Tu peux juste briser l'étau qui entrave notre liberté, mais jamais, au grand jamais, tu ne pourras retrouver ce que tu as pu vivre. Ce que tu n'as pas encore compris, c'est que la liberté n'est pas notre priorité. Ce que nous voulons d'abord, c'est de la sécurité. Savoir que nous ne pouvons pas mourir quelque soit la cause. Que nous pouvons vivre longtemps et que nous pouvons atteindre la fin de notre route, sans passer par des impasses. Tu comprends ? Regarde ton monde en plus, Il a été détruit. N'est ce pas le signe de sa faiblesse ?
Elle ne répondit pas, mais je la sentais réfléchir. Joshua était toujours inconscient, et je regrettais d'avoir dû l'embarquer dans cette merde. Voilà les effets de ta naïveté Maywenna. Les gens meurent par ta faute !
Je ne savais plus quoi faire, car je savais que Maywenna pouvais toujours prendre le contrôle de mon corps. Joshua était mourant, l'extérieur semblait tout autant dangereux que les souterrains et j'étais dirigée par une idéaliste trop naïve pour voir ce qui allait réellement se passer. Elle allait peut-être nous libérer de Dieu, mais qu'arrivera-t-il après ? Tomberons-nous dans l'anarchie, ou bien un autre tyran prendra-t-il la place vacante ? J'avais envie de tout laisser tomber, prendre mes propres décisions en ne comptant que sur moi-même, et puis si je mourrais, et bien tant pis…
Je n'ai rien à redire… D'un coté, tu as raison, mais imagine qu'il existe une autre réalité… Tu sais ce que ça fait de voir plusieurs futurs, tu sais aussi qu'une fois que tu as fait ton choix, tu ne peux pas retourner en arrière pour modifier le temps, mais n'as-tu jamais imaginé une seule fois ce que pourrait être aujourd'hui le monde dont je te parle ? Ce monde qui à été détruit par Asura aurait pu réussir à survivre sans ses mensonges. Il y avait des défauts, mais pas celui de tuer n'importe qui !
Il est mort, personne ne pourra vivre dedans…
Peut-être, mais nous pouvons en refaire un, similaire. Mais il faut qu'Asura disparaisse.
Arrête, tu sais que tu as tort.
Non, on peut le refaire, mais pas sans moi. Tant pis si je perds mon corps, mais il ne faut pas que je meure. Vous êtes les derniers que j'envois contre Dieu. Je vous le promets. Je ne sais pas encore si je vais pouvoir m'en sortir de toute façon. Et puis, désolé de le dire comme ça, mais vous n'avez plus rien à perdre à me suivre…
Non. Je ne te suivrais pas, et je ne veux pas te suivre tant que tu n'auras pas demandé à Joshua ce qu'il en pense. Tu l'as entrainé avec moi, donc tu dois tout lui dire, et après nous prendrons une décision.
Et s'il meurt ?
Ma réponse est non. Tu la connais maintenant.
Joshua gémit à coté de moi, et je me retournai pour voir sa peau virer au noir.
Je ne crois pas que ce soit normal… Ne t'approche surtout pas !
Il s'agita, et sa peau semblait vouloir reprendre sa couleur naturelle.
« Tu… Tu n'es pas moi ! » Dit-il.
Je vis le noir de sa peau commencer à régresser, mais il se calma d'un seul coup, et sa peau recommença à s'assombrir. Il s'agita de nouveau, et la couleur sombre recula encore devant… Je ne voyais pas vraiment ce que c'était.
« TU N'ES PAS MOI » Hurla-t-il, mais son hurlement se mua en rugissement, et je compris que des poils avaient pris la place de sa peau. L'humain se changea en lion, et je vis ses plaies se cicatriser.
Il rugit encore, et encore, luttant contre quelque chose que je ne pouvais pas voir.
J'avais peur. Il redevenait fou, et il retrouvait sa santé. Toutes ses blessures avait disparues et j'étais maintenant à sa merci. Cependant, ses yeux semblaient fermés, comme s'il rêvait encore. Je sentais Maywenna tendus, attentive à tout ce qu'il se passait.
Après un ultime rugissement, le corps de l'animal sembla enveloppé de lumière, et commença à reprendre forme humaine. Joshua réapparu peu à peu, mais quelque chose d'imperceptible avait changé. Quelque chose que seul mon don de guide pouvait réussir à sentir. Je ne savais pas ce que c'était, mais je savais que ce que je connaissais de Joshua avait volé en éclat.
Il était sauf, mais toujours inconscient.
Je… Je… Je crois que c'est ce que j'attendais…
De quoi ?
C'est le bon…
Quelques jours plus tard, nous reprenions la route. Joshua était toujours inconscient, mais son état de santé n'était plus un problème. Néanmoins, le brancard était toujours nécessaire, car malgré le peu qu'il avait mangé, son poids était resté le même.
J'étais plus confiante sur mon avenir maintenant que Maywenna était persuadé qu'il était celui qu'elle attendait. Elle avait sondé son esprit un peu plus tôt, et avait été troublé de ne pas reconnaitre celui que nous protégions depuis plusieurs mois. Elle avait vue que l'énergie sombre qui coulait auparavant avait disparu, bien qu'il subsistait encore quelques traces dans son esprit, mais je savais d'expérience qu'elle avait trouvé autre chose qui l'avait surprise et inquiété. Elle refusait de m'en dire plus, mais je savais que ça n'étais pas bon pour nous.
Elle m'expliqua bien plus tard que tout le monde était parcourut par un flux d'énergie plus ou moins important, et que c'était de ce flux que venait nos dons. Les métamorphes avaient la particularité d'en avoir deux, car il y avait le leur, mais aussi celui de l'animal dont il prenait le plus souvent la forme. Selon elle, cela venait d'un problème de croisement génétique et atomique, qui avait surement développé une double conscience dans les différents membres de cette famille, les rendant plus téméraire, mais beaucoup plus dangereux… L'énergie sombre était la représentation de cette part animale qui permettait de prendre n'importe quelle forme animale, du moment que cette transformation était uniforme. Maintenant que Joshua ne l'avait plus, il pouvait prendre n'importe quelle forme, y compris humaine.
Petit à petit, sa vitalité semblait revenir, mais son réveil se faisait attendre.
PDV de Joshua
Je flottais dans le vide. Maintenant que j'avais passé la porte, je savais que je ne risquais plus rien. Il était parti. Ce que j'avais été toute ces années avait disparu. Je pouvais flotter dans cet espace sans m'inquiéter de quoique ce soit. Ce n'était pas vraiment le vide, mais jamais je ne pourrais décrire cet endroit. Tout était distordu, même la lumière. Enfin, la lumière… ça n'éclairais pas vraiment, mais tout semblais si clair et si sombre à la fois… L'univers dans lequel j'étais semblais ponctué de flashs de couleurs étranges et surnaturelles, et des objets (était ce des objets ?) volaient autour de moi. J'entendais des chuchotements de part en part, mais nulle ne semblait les prononcer.
Je ne ressentais rien, ni joie, ni peur, ni colère. Comment m'étais-je retrouvé là ? L'inconnu s'étendait à perte de vue, et semblait m'ouvrir ses bras. Sans réfléchir, j'avançais. Je ne savais ni vers où, ni pourquoi, mais j'avançais. Je ne cherchais rien de particulier, mais ce monde me happait. Il happait mes désirs, mes volontés et mes souvenirs. Je semblais le connaitre si bien alors que je ne l'avais jamais parcouru. Rien n'était étranger, mais je ne savais pas pourquoi. Qui étais-je ? Je ne m'en souvenais plus, mais ça n'avait aucune importance. Qu'est ce que j'étais ? Une ombre comme une autre, errant sans but. Peut-être étais-je humain ?
Rien n'était beau, mais rien n'était laid. Tout semblait si parfait, mais si imparfait en même temps. Tout variait, tout n'était que mouvement. Ce monde changeait, s'adaptait à son hôte. Je voulais quelque chose ? Il apparaissait prêt de moi. Je n'en voulais plus, il disparaissait. C'était tellement déroutant…
Et puis ces voix, encore ces voix qui chuchotaient.
« Joshua ! » entendis-je crier.
Mais il n'y avait personne. Qui était ce ? Ce pouvait il que ce soit moi ?
Cela n'avait aucune importance. Plus jamais je ne bougerais. Ma vie était dans ce monde.
Je me sentais enfin à ma place.
PDV de Katerina
Plus d'un mois avait déjà passé depuis que nous étions sortis de notre dernier abri. Joshua ne s'était toujours pas réveillé, et je commençais à vraiment m'inquiéter pour lui. Je ne tenais pas vraiment à lui, mais je ne souhaitais pas qu'il meurt. On avait fait tellement de chemin depuis que l'on était arrivé ici. J'avais arrêté de compter les mois que nous avions passés dans les souterrains, mais nous devions surement approcher de la première année de notre survie.
Maywenna m'informa que nous approchions de l'ancienne ville de Kalth'al Kob, sous l'actuelle Rehten. Nous avions fait tant de route ? Cette ville industrielle était située à plus d'un millier de kilomètre de Nigeb…
Kalth'al Kob avait été le plus grand centre scientifique, religieux et artistique de l'ancien monde. Lors de la guerre civile, elle s'était révoltée entièrement contre Asura. Ce fut la dernière ville à tomber sous les bombes thermonucléaires. En faite, juste après qu'Asura ai récupéré Satan. Ce dernier avait caché le corps de Maywenna dans un caisson en plomb qui avait été emporté en même temps que lui. Maywenna m'assurait qu'il n'y avait plus de radiation, et que la ville était déserte. Elle y était retournée quelques fois, et elle m'affirmait connaitre tout les quartiers de la ville fantôme.
Après quelques jours de marche, le boyau sembla s'élargir petit à petit, jusqu'à ce que la lumière des fragments de métal éternel ne nous montre plus que du vide autour de nous. Les parois s'effaçaient dans l'obscurité, nous entourant d'un voile sombre étouffant. Je sentais une légère sensation de claustrophobie me prendre, mais je faisais confiance à Katerina.
Un éclat brillant déchira la nuit sous le faible éclairage du métal. Puis, un panneau surgit, bientôt suivis de murs et de fenêtres. Des objets ressemblant aux transporteurs aériens des troupes célestes étaient toutes rangés d'un seul coté de ce qui avait dû être une route auparavant. Des morceaux de métal, des rochers et des champignons avaient creusé la surface de l'asphalte, détruisant sans peine l'œuvre de cette civilisation. Etrangement, il n'y avait aucun cadavre, pas de squelettes, ni aucun signe de destruction, en dehors des causes naturelles. Tout semblait comme figé dans le temps, comme si tous ceux qui avaient vécus ici s'étaient tous volatilisés en même temps, comme par magie. La rouille à elle seul montrait les années qui s'étaient écoulées, mais elle n'était pas très présente malgré les millénaires écoulés.
Les effets d'une bombe thermonucléaire… La chaleur est telle, qu'elle vaporise tout en un instant. L'avantage, c'est que quand ça refroidis, les objets ayant une structure non organique ne sont pas ou peu affecté par le temps et par la bombe…
Je me dirigeais à travers les dédales d'avenues grâce a Katerina, regardant attentivement chaque façade, chaque boutique chaque objet que cette civilisation détruite avait pu laisser sur son passage. Il n'y avait pas beaucoup de différences entre leur langage et le notre, si ce n'est que l'écriture de certains mots, et la manière, dont c'était écrit. Quelques fois, des statues en bronze émergeaient de ce qui avait pu être des parcs, mais il n'y avait ni arbre, ni pelouse pour le confirmer. Seules les grilles entourant ces espaces me donnaient une signification possible sur certaines places. Les immeubles menaçant se dressaient autours de nous, ne nous laissant même pas voir leur hauteur. Ce qui avait dû être un moyen de transport publique était écrasé contre un mur, et il me sembla voir une tache sombre sur le mur, mais l'obscurité était tellement épaisse…
Des câbles tenaient dans les airs, et des engins avec des roues reliées à des rails métalliques étaient parfois liés à ces câbles. Quelque uns avait cédé, et trainait par terre. Maywenna me déconseillais d'y toucher, car l'électricité pouvait encore être activé. Des sources autogénérante alimentaient autrefois ces câbles, et il était possible qu'elles soient encore actives.
Nous arrivions dans un quartier plus moderne et plus aéré. Un toit en verre « Biochimique, auto régénérant », comme disait Maywenna, était encore debout, couvrant un bâtiment qui avait l'allure d'un des vaisseaux de protection de l'armée de Dieu. Son vrai nom est Asura, je sais, mais depuis que je suis née, je l'ai appelé Dieu. N'étais ce pas sa nature parmi nous ?
Nous sommes entrés, et Maywenna me guida dans les couloirs jusqu'à une salle. J'appuyais machinalement sur le mur, constatant qu'il y avait un interrupteur, et la lumière fut. L'éclat soudain me brula mes yeux habitué depuis trop longtemps à l'obscurité, mais petit à petit, je commençais à retrouver une vue normale.
Nous étions dans un bureau, mais dont les tables avaient été poussées pour faire un peu de place. Un lit était collé au mur en face de moi, et une cuisinière couverte de poussière se trouvait à ma droite. J'entendis même le vrombissement discret d'un réfrigérateur.
Ouais… ça fait un baille que je ne suis pas revenue. Bon, voilà le topo : on se pose ici le temps que Joshua se réveille. Pendant ce temps, j'en profiterais pour t'apprendre deux-trois trucs utiles. Par contre, même si j'ai réussi à trouver une pièce où l'électricité fonctionne, l'eau courante est un autre problème. Normalement, il y a une source naturelle à quelques heures de marche, mais je ne sais pas trop s'il y aura encore de l'eau…
Et pour Joshua ?
On attend…
PDV de Joshua
« Je lève à nouveau un verre pour la réussite d'Eric. Que ton mariage puisse durer éternellement. » Fit mon père.
Je levais mon verre encore une fois avant d'embrasser celle qui venait de devenir ma femme. Le maire de la ville nous avait officiellement nommé mari et femme. Nous avions fait beaucoup de chemin depuis que nous nous sommes vus pour la première fois…
Nous nous étions rencontré par hasard dans un train, alors que j'allais rendre visite à mes parents. Ce jour là, je m'étais assis avec mon ordinateur, afin de travailler sur le nouveau projet de mon laboratoire. Nous allions créer un androïde avec une intelligence artificielle tellement développée, qu'on pourrait le confondre avec un humain. C'est là qu'elle s'est assise à coté de moi. Au départ, je faisais en sorte de me concentrer sur mes recherches, jusqu'à ce qu'elle m'interrompe dans mes réflexions. Elle m'avait demandé si le train qu'elle avait pris allait bien à Dheavencity. Lorsque je lui ai dit qu'elle s'était trompée, et que la gare de destination était Linaf, elle me demanda s'il y avait un moyen de reprendre le bon train. Voyant que j'étais de nouveau absorbé dans mes recherches, elle me bouscula, faisant tomber mon ordinateur par terre. C'est à ce moment que je suis tombé sous le charme. Je me suis tourné vers elle, me préparant à la sermonner, mais ces yeux vairons me firent l'effet d'un brasier immense dans lequel se perdit ma réflexion. Ses cheveux bruns dansant autour de son visage en amande m'hypnotisèrent, et j'en oubliai de reprendre mon ordinateur. Je sortis de ma transe quand elle à recommencer à me secouer, mais c'était trop tard. Un lien fragile s'était crée entre nous, et je n'arrivais plus à oublier ce visage.
Elle s'appelait Katerina, et travaillait dans une entreprise d'import-export. Elle avait dû partir précipitamment sous le coup d'une affaire urgente qui, par chance, avait été annulé au moment où nous arrivions à destination. Le prochain train partait le lendemain, et dans ces petites villes, il n'y avait pas beaucoup d'hôtels. En plus, le temps était radieux, et toutes les chambres avaient été réservées pour profiter de ce magnifique week-end. Je lui proposais donc de venir dormir chez mes parents, et comme j'insistais, elle accepta.
Puis nous avons fait connaissance, et avons commencé à vivre ensemble. Quelques années plus tard, nous étions unis par ce même temps qui régnait lors de cette première rencontre.
Je reposai mon verre, dévorant du regard Katerina. Sa robe blanche mettait en couleur sa peau bronzée, et ses formes généreuses commençaient à me faire ardemment désirer notre lune de miel. Des pointes de désir me piquèrent au vif, quand elle commença à caresser ma jambe de son pied. Je me retournais vers elle, lui faisant un grand sourire, lui faisant comprendre que ce n'était pas le moment. Elle me jeta un regard aguicheur, me faisant jurer qu'elle ne manquerait de rien ce soir.
L'entrée passa brièvement, composé de mets raffinés que j'avais commandé aux traiteurs plus tôt dans le mois. Puis les plats principaux firent leur apparition, tandis que l'alcool commençait à délier les langues. Un mauvais pressentiment s'empara de moi, et je regardais partout, cherchant ce que qui aurait pu mal se passer. Il n'y avait rien.
J'entendis néanmoins un léger bruit derrière moi, et je vis une déchirure dans le mur. Je me retournais, demanda discrètement à Katerina de regarder le mur, mais elle me dit qu'il n'y avait rien. Quelqu'un prononça quelque chose qui m'interpella. Un certain Joshua avait réussi à défier Asura, et fuyait maintenant dans les couloirs des souterrains. Pourquoi ce nom ? Qui était-il ? Je demandais à toute l'assemblé si quelqu'un connaissais ce Joshua, mais tout le monde répondis qu'il n'y avait personne qui portait ce nom. Le léger bruissement recommença, et je vis le mur s'arracher en deux, tel une feuille en papier. Personne ne remarqua ça, et je me levai pour aller voir. Ma mère me demanda si tout allait bien, mais apparemment, j'étais le seul à voir ce qui se passait. Une voix appela Joshua de l'autre coté. Intrigué, je tirais un peu plus sur les bords du mur, ouvrant un passage assez grand pour moi. La voix semblait plus forte maintenant, et je me retournai pour demander si quelqu'un avait entendu. Tous avaient disparus. J'étais seul dans cette pièce avec la déchirure. J'entendis une dernière fois la voix m'appeler, avant de sentir une force m'emporter avec elle hors de ce que j'avais crée.
PDV de Katerina
Un mois avait passé depuis mon arrivée dans cette citée détruite. J'avais tout lavé, tout révisé, tout entretenu dans notre abri. Je commençais à bien connaitre ce quartier de la ville, et j'avais démarré l'exploration des autres parties de Kalth'al Kob. Pendant ce temps, Joshua dormait toujours, et l'attente était douloureuse. Je ne supportais plus de le voir ainsi, incapable de réagir.
Depuis quelques jours, je tentais tout ce qui était possible de faire pour le réveiller. A aucun de mes cris, de mes coups il n'avait réagis, mais je continuais. Maywenna me disait d'arrêter, mais elle ne pouvait plus rien faire maintenant. Elle m'avait rendus trop forte pour elle, et je pouvais disposer de mon corps comme bon me semblait.
Je niais l'évidence, mais il fallait avouer une chose, c'est que je tenais à lui à force de m'en occuper. A force d'espérer son réveil, j'en étais venue à connaitre son corps dans les moindres détails. Ses joues s'étaient creusées, et sa cicatrice sur son œil ressortait clairement, telle une malédiction. Ses longs cheveux noirs emmêlé, trainant sur le sol de la pièce paraissaient prendre vie au moindre courant d'air. Sa peau cuivrée était parsemée de cicatrices, et ses muscles ressortaient encore malgré l'inaction qui l'avait assaillit. Son visage habituellement imberbe s'était recouvert d'un duvet épais, qui parvenait à cacher les coups durs que la vie lui avait fait subir. Seuls ses yeux restaient un mystère pour moi. Ils étaient toujours cachés par ses paupières.
Je criais, je frappais, je le secouais, je faisais tout ce qui était en mon pouvoir pour le sortir de son sommeil. Je n'avais pas vraiment d'espoir, mais j'avais toujours l'illusion que je pouvais faire quelque chose pour lui.
Comme aujourd'hui…
Il était là, le visage bercé dans sa crinière noire, les yeux encore clos. Il dormait encore, mais je forçais encore et encore. Je ne voulais pas arrêter. Je sentais qu'il pouvait se réveiller aujourd'hui. Mais bientôt, comme à chaque fois, je fus vaincue par son inaction. Je me laissai tomber à coté de son lit, en soupirant :
« Joshua, réveille-toi. J'en peux plus…
-Qui est Joshua ? »
