Chapitre 6 : Rendez-vous dissimulés


Harry se réveilla ce matin-là avec l'extrême certitude qu'il ne fallait absolument pas parler à Drago de la discussion qu'il avait eu la vieille avec ses deux meilleurs amis. Il préférait oublier pour le moment cette révélation plus que troublante et observer la tournure que son histoire avec le blondinet prenait pour décider si oui ou non il aurait « la » conversation avec lui au sujet de ses origines. Il n'était d'ailleurs pas certain que le Serpentard en soit conscient. Peut-être se doutait-il d'une faille de sa noble lignée, mais il ne savait sûrement pas de quoi il s'agissait exactement. Toutefois, Harry laissa pour le moment de côté cette facette des Malfoy pour se consacrer pleinement à sa toute nouvelle relation avec Drago. Aussi celui-ci venait de lui envoyer un parchemin plié soigneusement en forme d'oiseau et ensorcelé pour voler sans encombre de son expéditeur à son destinataire. Il le déplia et lu la fine calligraphie noire et penchée de son amant.

Mon petit Gryffondor,

j'espère que tu as passé une bonne nuit et je tenais à te dire

que la journée que l'on a passé ensemble hier

fut l'une des plus belles que j'ai passée.

Veux-tu que nous nous retrouvions ce soir ?

Envoi-moi ta réponse au plus vite, j'ai hâte d'avoir de tes nouvelles.

Tu me manques, je t'aime.

Drago.

Son cœur se mit à battre très fort dans sa poitrine tandis qu'il relisait le mot doux de Drago. Il lui répondit alors que ce serait avec plaisir qu'il le rejoindrait ce soir après le dîner, à neuf heures, devant la porte de la chambre de préfet de Drago. Ils avaient pris la décision, d'un commun accord, de ne planifier leurs rencontres qu'en soirée, car, pour le moment, il était hors de question de s'afficher aux yeux de tous, ils auraient sûrement été gênés et déstabilisés, mieux valait que leur relation soit solide avant d'être publique. Ils attendirent alors impatiemment la fin de la journée pour pouvoir se retrouver et passer un long moment ensemble, peut-être même toute la nuit.

Après un somptueux banquet, comme le veut la coutume à Poudlard, chaque élève regagna sa salle commune. Harry, accompagné de Ron et Hermione, se dirigeait d'un pas rapide vers la sienne, pressé de retrouver son aimé. Il monta directement à sa chambre et commença à farfouiller dans son armoire. Il n'avait pas remarqué qu'on l'avait suivi.

« Tu as l'air bien pressé monsieur Potter, murmura Ron.

- En effet, ajouta Hermione, tu cherches des vêtements peut-être... Mais pourquoi te changes-tu ? Vas-tu quelque part ce soir ?

- Nous sommes vendredi soir, se défendit Harry, et puis, je passe la soirée ailleurs...

- Et pouvons-nous savoir où ? Interrogea la jeune fille avec un sourire narquois, sachant parfaitement où Harry se rendait.

- Avec un certain Serpentard, se venta le brun.

- Oh, et bien, une très bonne soirée à toi, taquina Ron en accompagnant sa phrase d'une révérence peu gracieuse.

- Je vous remercie monsieur Weasley, mais pourriez-vous à présent vous retirer ? Je dois me vêtir décemment pour l'occasion ».

Ron et Hermione disparurent, un sourire aux lèvres trahissant leurs pensées. Harry se déshabilla et se vêtit d'un jean noir qui moulait ses longues et fines jambes et d'une chemise blanche entre-ouverte au col, dévoilant quelque peu ses pectoraux musclés. Il garda les même chaussures neutres et noires avant de faire un détour par la salle de bain où il arrangea légèrement ses cheveux, non sans les laisser ébouriffés à son habitude, sachant que Drago aimait ça, et se passa un peu d'eau sur le visage avant de constater qu'il était l'heure d'y aller. Il transplana donc devant la porte de la chambre du Serpentard qui arriva quelques secondes plus tard et murmura son mot de passe afin que la porte de sa chambre s'ouvre. Il s'engouffra avec Harry à l'intérieur, l'attrapant par la main, puis quand il eut fermé la porte, il l'attira à lui, le prenant par la taille, et l'embrassa fougueusement. Il en rêvait depuis qu'ils s'étaient quittés la veille au soir, son homme lui manquait terriblement.

« Le mot de passe est « couleuvre rouge », fit Drago d'une voix sensuel. Comme ça, c'est aussi un peu ta chambre maintenant... Tu es très élégant ce soir...

- Merci mon amour, mais toi tu l'es tout le temps, avait répondu Harry en lui donnant un baiser.

- Je le sais, enfin, avait répondu Drago, après tout, je suis un Malfoy !

- Tu n'as peut-être pas hérité de la méchanceté, mais pas non plus de la modestie, mon cher.

- Oui, mais je sais que tu m'aimes comme je suis ».

C'était vrai. Harry l'aimait comme il était, avec ses défauts et ses qualitées, malgré son sang et sa lignée. Il se demandais d'ailleurs si, lorsque leur relation serait devenue plus sérieuse, il oserait en parler à son entourage.

« Je te sens pensif petit ange, s'inquiéta Drago.

- Je m'interrogeais simplement...

- À quel sujet ?

- Si notre relation devient plus sérieuse, en parleras-tu à tes proches ?

- Veux-tu parler de... Mes parents ?

- Entre-autre, oui.

- Tu sais pertinemment comment sont les Malfoy, et pour cause, tu me fréquentes. Je sais leur réaction.

- Peut-être se montreront-ils cléments ? Ah, non, suis-je bête, ce sont des Malfoy...

- Tu as au moins saisis cela, se désola Drago. Pour l'instant ne nous en préoccupons pas, nous n'en sommes pas là, profitons ! ».

À ces mots, il se jeta sur Harry et l'embrassa sauvagement. Ce dernier lui rendit son baiser tandis qu'il caressait ses cheveux courts et d'un blond presque blanc. La scène se répéta durant toute la soirée, tantôt Harry et Drago discutait, tantôt ils s'embrassaient fougueusement. Mais quand vint le moment de se quitter, le Serpentard ne pu se résoudre à laisser partir son amour.

« Dis-moi, Harry, accepterais-tu de dormir ici cette nuit ?

- C'est une proposition intéressante, pourquoi pas !

- En revanche, je te préviens, vole-moi la couverture ne serait-ce qu'une seule fois et je te pousse par terre à coup de pied aux fesses !

- Tu étais obligé de parler de mes fesses, n'est-ce pas ? Je sais que tu les adores ! ».

Drago rougissait. Il était très culotté tout de même, ce petit Gryffondor, mais si attirant que le blond ne pu lui mentir et affichant un sourire gêné et désolé. Alors Harry explosa de rire, puis commença à se déshabiller sous le regard médusé du Serpentard contemplant les formes sensuelles du brun. Drago enleva à son tour ses vêtements, dévisagé de la même façon par Harry. Ils se glissèrent ensuite sous les draps frais du lit du blond et Harry se blottit au creux des bras de Drago, qui, caressant sa crinière de lionceau, lui répétait, sans pouvoir se contrôler : « Tu es beau. Je t'aime. Jamais je ne te laisserai ». Et à chaque gentillesse prononcée par le blond, Harry affichait un sourire victorieux qui semblait annoncer fièrement qu'il avait dompté le serpent, qu'il l'avait entre ses filets. Bien sûr, ce n'était pas une pensée malsaine qui viserait à faire comprendre qu'il manipulerai Drago à la première occasion. Il avait d'ailleurs à nouveau quelques doutes sur la sincérité du Serpentard, il serait fixé, selon lui, dans un mois tout au plus. Puis, tombant de sommeil, il s'endormit sous les caresses de son petit ami.

« Je ne veux pas y aller ! ».

Harry avait grommelé cette simple phrase dans un long soupir alors que Drago tentait en vain de le tirer du lit.

« On ne peux pas se permettre de rater une journée de cours à nouveau, Harry, nos ASPICs risquent de passer à la trappe, et tu sais aussi bien que moi que, de nos jours, si nous n'avons pas ce stupide brevet en poche, toutes les portes nous sont fermées !

- S'il-te-plaît, mon chéri, juste pour aujourd'hui, je n'ai vraiment pas envie de voir le maudit visage de Rogue...

- Tu me rendras fou un jour, avec tes caprices de petit félin paresseux ! ».

Le brun se mit à rire avant de s'étirer et de se hisser au bord du lit où le Serpentard s'était assis. Il appuya un baiser sur ses lèvres et l'attira à lui, le plongeant sous les couvertures. Ils rirent ensemble un moment avant de faire apparaître sur la table qui se trouvait devant l'âtre un petit-déjeuner des plus alléchants. En effet le plateau, long et large d'environ un mètre et demi, comportait un plat d'œufs brouillés, une assiette de bacon grillé, un pichet de jeu de citrouille, un panier rempli de toasts, une plaquette de beurre et divers pot de confiture aux appellations alléchantes telles que « gelée de mûrauboises » ou « compote de fraisananes ». Il prirent donc place sur le divan qui entourait leur repas et mangèrent, jusqu'à plus faim, de chaque met.

Cela faisait de longues minutes maintenant qu'ils passaient leur temps à se dévorer du regard, lorsque Drago prit la parole.

« J'ai quelque chose à te montrer... ».

Harry le regarda d'un air intrigué puis lui fit un signe de tête qui voulait dire qu'il avait son attention. Alors le blond se leva, puis ferma les yeux. Ils se concentra si fort qu'il commençait à trembler, quand, soudain, il prononça une formule à voix très basse, et une lumière bleutée sortie de l'emplacement de son cœur et, d'une simple boule lumineuse, elle se transforma en un majestueux loup qui se mit à courir vers Harry et lui traversa la poitrine pour enfin disparaître.

« Ton patronus ! S'étonna Harry tandis que Drago s'affala sur le canapé. C'est très éprouvant comme pratique, tu n'aurais pas du...

- Je voulais le faire, pour toi... ».

Le brun se redressa, un sourire amoureux sur les lèvres, puis, du même geste que Drago, il fit sortir de lui un haut cerf qui vint frotter sa tête contre celle du blond avant de s'évanouir dans les airs. Ils furent chacun touché du geste que l'autre avait eu envers eux. Le patronus était l'un des sorts les plus difficiles, et de ceux qui demandent le plus d'énergie. Dévoiler son patronus était aussi une marque indéniable d'un amour profond et grandissant, ce qui fit prendre conscience de beaucoup de choses au Gryffondor. Lui qui, il y a peu de temps, se méfiait encore de son petit ami, se sentait à présent honteux d'avoir douté de lui, de son amour, de sa sincérité. Leur complicité se développait de jour en jour et leur amour proliférait et s'étendait tout autour d'eux, et dans peu de temps, Harry le savait, il ne pourrait plus garder leur relation secrète. Il sentait ses sentiments pour Drago grandir et se renforcer en lui à mesure que les jours passaient. Mais pourtant, une ombre venait noircir le tableau.

Cela faisait près d'un mois que les deux amoureux multipliaient les rencontres secrètes, à l'abris des regards, souvent dans la chambre du Serpentard, en soirée, et ils n'avaient jamais été aussi heureux, l'un et l'autre. Harry trouvait en Drago un âme protectrice mais sensible, un confident, un conseiller, alors que le blond, lui, connaissait à présent, et grâce au Gryffondor, les joies que procurent de la douceur, de la tendresse, de l'amour, de la passion et du rire. Son aimé égayait énormément sa vie, et son cœur, refroidit par les sombres années qu'il avait passé sous la domination de son père, se réchauffait peu à peu entre les mains de Harry, qui le maniait toujours avec une grande prudence compte-tenu du passé de Drago. Après tout, il ne voulait que son bonheur ! Mais alors qu'une de leurs multiples soirées ensemble se dessinait à l'horizon, rien ne laissait présagé l'importance capitale de la nuit prochaine qu'ils allaient passer ensemble. C'était un vendredi de début novembre. Le temps devenait de plus en plus frais à mesure que l'automne se terminait, et le parc de Poudlard ainsi que ses tours se perdaient dans un épais brouillard.

Le soir pointait à l'horizon et les élèves, heureux que leur journée de cours soient enfin terminée, se retrouvaient tous dans leur salle commune.

« Je trouve ça trop peu, de n'avoir qu'une seule journée de repos par semaine, bougonna Ron. Seulement le dimanche, ce n'est pas suffisant !

- Tu aimerais vivre chez les Moldus, mon cœur, affirma Hermione.

- Qu'entends-tu par là ?

- Et bien, il se trouve qu'ils n'étudient que quatre jours et demi, contre donc deux jours et demi de repos par semaine, le mercredi après-midi, le samedi et le dimanche. Ils appellent cela le « week-end ».

- Nous pourrions suggérer cela à McGonagall, non ?

- Calme-toi, Ron, nous sommes justement dimanche demain, pourquoi ne pas profiter de ce que tu as pour le moment, répondit Harry, qui venait d'arriver mais qui avait entendu quelques brides de leur conversation.

- Que fais-tu ici, toi ? Demanda à voix basse Hermione. Tu n'est pas censé allez retrouver Drago ce soir ?

- Je ne vais pas y aller comme ça, un peu de classe, tout de même ! ».

Alors, il enlaça ses meilleurs amis et se précipita dans sa chambre pour se rafraîchir et se changer. Lorsqu'il en sortit, il portait un jean bleu marine et une chemise noir. Il s'habillait toujours élégamment pour ses rendez-vous avec son petit ami, il voulait se montrer sous son meilleur jour, même si, en réalité, il se sentait mal depuis quelques temps. En effet, ses cauchemars s'intensifiaient et devenaient de plus en plus fréquents, il sentait la menace se faire moins lointaine qu'au début de l'année.

Il prononça le mot de passe et entra dans la grande chambre du Serpentard où la seule source de lumière était la cheminée où un feu crépitait joyeusement. Son amant, assis sur le divan, un livre à la main, se leva immédiatement après son entrée et se dirigea vers lui, les yeux pleins de tendresse, ce que Harry trouvaient encore curieux pour un Malfoy, avant de l'embrasser fougueusement comme s'ils ne s'étaient pas vus depuis des semaines.

« Que me vaut toute cette tendresse, mon cher ? Plaisanta le brun.

- Je suis TRÈS heureux de te voir, murmura Drago, à son oreille ».

Le charme de Harry le troublait, il ne pouvait lui résister. Tout chez lui l'attirait ; son physique sans pareil, ses talents d'écoute et de réconfort, sa compréhension, le blond était submergé d'amour et d'admiration pour son petit ami.

« J'ai une surprise pour toi... ».

Le Gryffondor tourna la tête et découvrit ce que Drago appelait « surprise ». Au milieu de l'immense chambre, derrière le divan qui se trouvait devant l'âtre brûlant, au fond à gauche de la pièce, trônait une table plus haute que celle qui se trouvait entre le canapé et la cheminée. Elle comportait une chaise à chacune de ses extrémités et était garnie d'un somptueux festin et de longues bougies blanches montées sur un chandelier placé au milieu de la nourriture, ou plutôt là où il restait un peu de place. Rôti saignant, pommes de terre dorées au four et dégoulinantes de sauce, courgettes et poivrons farcis accompagnés de riz, tarte aux pommes, meringues, fondant au chocolat, gely, et pour arroser le tout, plusieurs carafes contenants du jus de citrouille, de l'eau, du sirop d'eucalyptus, et une bouteille d'un champagne moldu extrêment apprécié des grands connaisseurs et dont Harry avait entendu parlé vaguement lorsque la sœur de son oncle, Marge, avait passé une semaine chez les Dusley et avait expressément demandé à son frère d'en acheter une caisse afin que son séjour soit mémorable. Elle avait bien entendu venté la qualité exceptionnelle de ce grand cru français, cependant Vernon n'avait pu s'en procurer, compte-tenu de leurs modestes moyens et du prix de la bouteille. Harry n'était pas seulement surpris, il était complètement subjugué par le comportement de son amant. Il avait mis les petits plats dans les grands pour le recevoir.

Les yeux écarquillés, la bouche grande ouverte, la main dans celle du serpentard, le brun s'avança vers la table garnie et se saisit de la bouteille, tournant l'étiquette vers lui.

« Du Dom Pérignon ?! S'étouffa-t-il, mais qu'est-ce qui t'as pris ? Sais-tu combien coûte cette bouteille ?- - Je ne te savais pas averti de la qualité de cet alcool moldu, s'étonna Drago, en as-tu déjà bu ?

- Où aurais-je pu en boire ? Pas chez les Dursley en tout cas, même s'ils en avaient eu, ce qui aurait été fort étonnant, jamais je n'en aurais bu une seule goutte...

- Il y a une première fois à tout, répondit le blond, personnellement je le trouve fantastique, c'est bien une des seules choses que j'apprécie qui provienne du monde moldu d'ailleurs, et rien n'est trop beau pour toi.

- Il est hors de question que tu te ruines pour moi Drago ! S'énerva doucement Harry.

- Du calme mon féroce petit lion, aurais-tu oublié qui je suis ? Rappela-t-il.

- Ce n'est pas une raison, renchérit le gryffondor, je n'ai que faire de l'argent, il n'y a que toi qui soit important à mes yeux ! ».

Il était à présent tellement gêné par les attentions du blond qu'il baissa la tête, le visage déformé par son malaise. Drago, quant à lui, tentait de comprendre pourquoi son petit-ami réagissait de la sorte. Il ressentait beaucoup d'émotions à la foi, il était un peu déçu de l'emportement de Harry, lui qui avait cru bien faire, pensant que son geste serait apprécié, mais il était aussi triste de voir que l'homme dont il était amoureux affiche un visage aussi défait, et il était bien sûr très inquièt pour lui. En effet, depuis quelques temps Harry semblait tellement fatigué, tellement torturé, tellement apeuré. Il aurait aimé savoir la raison de cette décomposition progressive, mais il redoutait de faire du mal au brun maladroitement en usant de questions peu abiles. Alors il gardait le silence, souffrant intérieurement de voir sa moitié souffrir, bientôt il ne tiendrait plus et devrait lui en parler.

« Si ça peut te rassurer, ajouta Drago, je l'ai acheté pour fêter l'occasion !

- Quelle occasion ? Demanda Harry, regrettant déjà sa question.

- Ça fait un mois aujourd'hui petite tête-en-l'air, s'amusa-t-il. »

Le malaise du brun s'intensifia, en plus de se sentir minable et inférieur, il se sentait maintenant atrocement coupable. Comment avait-il pu oublier ça ? Il aurait voulu imiter Dobby et ses auto-punitions en se frappant la tête contre un mûr. Il n'avait aucune excuse, même si inconsciemment il s'en cherchait. Il ne voulait pas décevoir Drago, c'est ce qu'il redoutait le plus à vrai dire, et maintenant, même si son homme n'avait pas eu l'air vexé, il savait qu'il l'avait en réalité déçu.

« Je... Je n'ai aucune excuse, pardonne moi mon amour...

- Hum, je ne sais pas si j'en serais capable, plaisanta Drago. ».

Harry se recroquevilla un peu plus sur lui-même, toujours debout mais sentant les forces lui manquer. Stupide et fragile, que pouvait-il vraiment apporté au blond ?

« Harry ? Ne te sens pas coupable, ce n'est pas grave, ce n'est pas notre anniversaire de mariage !

- Imbécile que je suis j'aurais quand-même été capable de l'oublier... ».

Drago remarqua alors qu'il ne s'agissait pas simplement de ça. Harry ne se sentait pas aussi mal seulement parce qu'il avait oublié leur... Moisiversaire ? Il leva alors sa main et la plaça sous le menton de son amant, plantant son regard dans le sien comme pour lui dire « Ne pense plus à ça ». Puis il attira Harry vers le canapé et le fit s'installer avant de s'asseoir lui aussi en lui faisant face. Il ne pouvait plus reculer maintenant, il devait savoir. Ce n'était plus une question de curiosité depuis un moment déjà, mais actuellement il en valait de la santé mentale de l'homme de sa vie, il prit donc son courage à deux main et entrouvrit ses lèvres pour commencer, peu sûr de lui, pour une fois.

« Écoute mon ange, cela fait déjà un moment que je te vois changer de comportement, tu es plus froid, moins expressive, cette lueur de bonheur ne brille plus dans tes yeux, et j'aimerai tellement t'aider à aller mieux, je ne sais pas ce qu'il se passe, tu restes tellement silencieux à ce sujet, mais ta mine dépitée m'angoisse et je souffre autant que toi, simplement de te voir souffrir, alors j'aimerai que tu m'en parles, si tu te sens prêt, et j'espère que tu l'es, car je me pose tant de questions, mais je n'ai pas peur d'en connaître les réponses. ».

Il avait été calme, doux, mais ferme, et Harry ne l'avait pas quitté des yeux, comprennant chacune de ses paroles. Le blond sentait que son interlocuteur préparait dans sa tête ce qu'il allait lui répondre, mais l'espace d'un instant, une idée qui n'avait pas encore traversé Drago se présenta brusquement et douloureusement à lui. Et si Harry était si distant parce qu'il se lassait déjà de lui ? Rien que cette pensée électrisa le serpentard. Il était tellement sûr de lui en permanence qu'il n'avait même pas pu imaginer que le gryffondor aurait pu ne pas être satisfaisait avec lui. Sa gorge se serra, son souffle devint court, il attendait à présent une réponse, qu'il espérait n'être pas celle qui venait de lui traverser l'esprit. Après tout, elle ne l'avait pas effleurée car il aimait Harry si fort qu'il ne pouvait même pas concevoir de le perdre un jour, jamais. Il ouvrit un peu plus grand les yeux, faisant signe à son aimé de dire quelque chose avant qu'il ne meurt sur place.

« Je suis désolé... Je ne voulais pas en arriver là, je ne savais pas comment te le dire Drago, je... ».

Harry ne fini pas sa phrase tout de suite, laissant le temps aux larmes de monter aux yeux de son amant. Il avait bel et bien compris, ça ne pouvait signifier qu'une chose, ses craintes récentes étaient confirmées.

« Tu ne mérite pas ça, je vais tout te dire. »

Il regarda fixement Drago durant quelques secondes puis reprit.

« Ce sont ces satanés cauchemars... ».

Une larme coula sur la joue du blond qui poussa un soupir, libérant sa douleur et son bonheur à la fois, mais Harry ne la vit pas immédiatement, concentré sur ce qu'il allait dire ensuite.

« Ils s'emplifient, je dors mal, je n'ai plus d'appétit, enfin ce n'est pas comme si j'avais toujours mangé comme quatre, ou plutôt comme Ron, mais cela m'angoisse de plus en plus. Je fais toujours ce même cauchemar, celui que tu as fais toi aussi i peu près un mois, et ça me fais vraiment peur... Je ne sais pas ce que Voldemort complote, mais il me transmet son bon souvenir chaque nuit, et Merlin, je ne me sens plus en sécurité, j'ai peur de tout, de la moindre petite chose, et s'en devient insupportable. Et je suis tellement désolé, désolé que tu aies à supporter ça, tu es pourtant une des seules personnes avec qui j'aimerai oublier tout ça, mais en ce moment tout est trop intense, et je n'arrive pas à m'en sortir... ».


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