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Résumé : Jack cède encore.
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« Jack ! C'est moi, Hank. Je viens de rentrer de Dakara et j'ai entendu dire que tu avais laissé des instructions pour que je te rappelle à mon arrivée, » Landry salua son patron au téléphone. Il n'arrivait pas à se rappeler quand était la dernière fois qu'il s'était senti aussi fatigué et découragé. Néanmoins, il rassembla ce qui lui restait d'énergie pour paraître fort et professionnel pendant qu'il parlait au patron du Homeworld Security.
« Content de voir que tu es de retour, Hank. Nous étions inquiets. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » répondit la voix grave et inquiète de Jack, et le Général Landry sut que son ami faisait exactement la même chose que lui, essayer de rester professionnel en dépit de ses inquiétudes personnelles pour ses amis... et sa femme.
« L'arme de Dakara a été détruite, Jack. Un vaisseau Ori est arrivé et a tiré pendant que Se'tak nous retenait prisonniers, Bra'tac et moi. L'homme était impossible à raisonner. Il ne tenait aucun compte des accords ou alliances passés avec nous et continuait de nous blâmer pour tout. Mais il est probablement mort quand le vaisseau a détruit l'arme. Nous n'en sommes pas certains. Bra'tac et moi avons quitté la planète par la Porte des étoiles juste à temps. Il va tenter d'envoyer un vaisseau à Dakara pour déterminer les dommages. »
« As-tu eu des nouvelles de SG1 ? » demanda Jack laconiquement.
« Pas encore, Jack. Walter vient de me dire ce que tu sais déjà : que pendant que j'étais retenu à Dakara, l'Odyssée a rapporté qu'ils n'avaient pas pu les sortir du vaisseau Ori par rayon téléporteur quand les Ha'tak ont fait leur apparition. L'Odyssée s'est replié pour ne pas être détecté. Quand le vaisseau Ori l'a emporté et a détruit les Ha'tak, le Colonel Emerson a décidé de le suivre à Dakara, et c'est le dernier rapport que nous avons reçu de l'Odyssée. Nous ne savons pas qui dirigeait ce vaisseau, mais Se'tak accusait SG1. »
« SG1 ne tirerait pas sur Dakara ! C'est n'importe quoi ! » protesta Jack avec véhémence.
« C'est ce que j'ai répondu, mais c'est un homme entêté, Jack, » dit Landry d'une voix lasse.
« MON GENERAL ! » interrompit brusquement Walter, quelque chose qu'il ne faisait jamais normalement. Aussi Hank Landry demanda à Jack de rester en ligne et écouta son bras droit.
« Qu'y a-t-il, Walter ? » demanda-t-il avec anxiété.
« L'Odyssée vient de faire son rapport, mon Général. SG1 est à bord, sain et sauf. L'équipe a été téléportée du vaisseau Ori pendant qu'il était en orbite autour de Dakara. Le rapport dit que l'Orici, Adria, est celle qui a tiré sur Dakara. » Landry hocha la tête avec un sourire soulagé et ne se donna pas la peine de répondre.
« Jack, ils vont bien ! Ils sont à bord de l'Odyssée, » rapporta-t-il, heureux. Le long silence à l'autre bout de la ligne lui disait que le Général O'Neill prenait une profonde aspiration, soulagé.
« Merci, Hank. Une fois que tu les auras débriefés, appelle-moi. Je vais te laisser aller te reposer maintenant, » répondit Jack avec un soupir. « Dis à Sam d'appeler dès qu'elle sera là, d'accord ? »
« Je le ferai, Jack, » répondit Landry. Il était si soulagé qu'il ne se sentait plus aussi fatigué.
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Le lendemain matin
« Coucou, chéri. Est-ce que je t'ai réveillé ? » demanda Sam doucement au téléphone. Il était tôt, mais Jack était habituellement debout à cette heure-là.
Les yeux de Jack s'ouvrirent brusquement et son cœur bondit avec un mélange de sentiments déchaînés que seule sa voix pouvait engendrer : amour, désir ardent, admiration, et adoration, avec un profond soulagement étant donné les circonstances actuelles. « Non, non... J'étais déjà réveillé et me demandais pourquoi tu n'avais pas déjà appelé, » répondit Jack, se redressant dans le lit. Il n'était qu'à demi étendu. Il avait somnolé, mais n'était pas vraiment tombé dans un profond sommeil.
Il était finalement allé au lit très tard la nuit dernière, après un briefing de dernière minute avec l'Etat Major sur leur relation précaire avec la Nation Jaffa et la destruction de l'arme des Anciens. Ils avaient été modérément inquiets concernant les Jaffa et extatiques concernant l'arme. Jack ne croyait pas une seconde qu'ils comprenaient complètement l'impact de l'un ou de l'autre.
« Nous venons d'arriver. Ce fut un long chemin pour revenir. Est-ce que tu vas bien ? Tu sembles très fatigué, » demanda-t-elle d'une voix concernée.
« Oui, je vais bien. Mais tu as raison, je suis fatigué. Fatigué de me sentir inutile chaque fois qu'on me rapporte que tu as disparu, ou que peut-être tu étais au milieu d'une explosion, ou... » Jack s'arrêta sans finir la phrase. Il se rendit compte qu'il n'avait pas semblé bougon ou amusé, comme il pouvait l'être habituellement. L'abattement dans sa voix l'avait surpris, même lui, mais il n'avait pas voulu dire ces choses-là. Vraiment ! Elles étaient simplement sorties. « Oublie ça, » dit-il d'une voix penaude. « Tu m'as manqué, c'est tout, » avoua-t-il d'une voix défaite.
Sam resta silencieuse pendant quelques instants, bouleversée par son emportement soudain et ne sachant pas vraiment si elle était en colère avec lui d'amener à nouveau ce sujet douloureux sur la table ou désolée pour son mari pour ce qu'il devait ressentir chaque fois qu'elle partait en mission. Elle choisit au bout du compte d'exprimer ses sentiments contradictoires sur le sujet. « Tu m'as manqué aussi, Jack. Tu me manques tellement que parfois ça fait mal. Mais c'est la vie que nous avons choisie. Et nous l'avons choisie ENSEMBLE. Nous avons choisi de faire des compromis. Nous avons choisi de continuer notre travail même si nous étions ensemble. Crois-tu vraiment que nous serions plus heureux si nous étions tous les deux à la retraite, ne faisant rien pour aider à sauver la galaxie de la menace Ori, en ne faisant que pêcher ou bricoler les motos ? »
« Non, bien sûr que non. Je sais que tu as raison. Je te l'ai déjà dit... fais comme si je n'avais rien dit, » supplia-t-il, se frottant les yeux avec ses doigts raides, frustré et sachant qu'il aurait mieux fait de la boucler... encore !
Sam soupira, se sentant vraiment désolée pour lui, mais en même temps affligée. « Ce n'est pas facile pour moi, tu sais ? » dit-elle finalement, sa voix se brisant. Des larmes jaillirent de ses yeux malgré elle, et elle agrippa le téléphone comme s'il essayait de s'envoler. « Tu me manques. Personne ne peut te remplacer, Jack. Et... parfois... j'ai peur. Je me sens plus vulnérable là dehors que je ne l'étais auparavant... peut-être parce que je suis plus vieille... mais aussi parce que tu n'es pas là avec moi, » elle s'arrêta, les larmes obstruant sa gorge et ruisselant sur son visage. Elle renifla et continua, « Mais je fais mon travail, bon sang ! J'essaie si fort ! J'essaie d'être là où on a le plus besoin de moi, et aussi d'être là pour toi autant que je peux ! »
« Je sais ! Mon cœur, je t'en prie, ne pleure pas. Je suis un idiot ! Tu le savais quand tu m'as épousé, alors tu sais dans quoi tu t'engageais, » essaya-t-il de plaisanter, ses yeux étroitement fermés, se frappant encore et encore la tête contre le montant du lit.
« Oui, je le savais ! » répondit-elle en colère. Puis elle essaya de se reprendre, déglutit comme elle put et dit, « Mais je t'aime toujours. Et je comprends ce que tu dois ressentir, vraiment. Seulement... essaie, s'il te plait, de te rappeler que ce n'est pas facile pour moi non plus, d'accord ? » dit-elle d'une voix adoucie, fermant les yeux et souhaitant pouvoir être là-bas avec lui. C'était tellement plus facile quand ils pouvaient, au moins, se tenir l'un l'autre et se perdre dans leur passion, vivant dans leur propre petit monde pendant ces trop brefs divins moments. Laisser ses larmes ruisseler sur ses joues était presque cathartique, si ce n'était l'opportunité de le toucher. Aussi elle ne les essuya pas, elle les laissa simplement couler.
« Je m'en souviendrai. Promis. Et je te demande pardon. » Jack ne savait pas quoi dire d'autre pour s'excuser, sans mettre brutalement à nu son âme et le laissant misérable et exposé. Puis il se souvint : elle était sa femme, son épouse, celle qui tenait son cœur dans la paume de sa main avec un soin et une tendresse exquis, même quand il ne le méritait pas. Elle était son oasis dans le désert, son étincelle d'espoir dans l'obscurité la plus sombre, et sa dévotion sans fard et sa foi aveugle en lui le rendirent humble. Sam Carter, la femme la plus fantastique et la plus belle de tout l'univers, l'aimait et le chérissait. Il ne la méritait pas, mais elle méritait de savoir aussi il lui dit, « Je suis juste heureux que tu sois vivante. Tu sais que je déteste paraître faible, mais... dernièrement... je ne suis en paix que quand j'entends ta voix. »
Le cœur de Sam s'attendrit d'amour et de compassion à ses mots. Ceux-ci étaient les plus romantiques qu'elle avait entendus à ce jour venant de son mari. Et Jack O'Neill n'était pas un romantique. L'homme dont elle était tombée amoureuse il y a de cela toutes ces années était un macho bourru, un éléphant dans un magasin de porcelaine, ne sachant pas tenir sa langue, qui souvent cachait sa grande intelligence derrière un rideau d'auto dénigrement et une attitude rude. Mais il n'était pas un doux romantique. Ceci était quelque chose qu'il avait appris. Et il l'avait appris en l'aimant.
« Oh, Jack, » murmura-t-elle, fermant les yeux d'une défaite complète et absolue, son sourire idiot contrastant avec les larmes brillantes sur ses joues. Elle l'aimait, il lui manquait, elle le voulait désespérément, et elle était simplement contente que la dispute soit terminée. Elle tint sa langue, cependant, se demandant si elle devait lui dire ce qu'elle avait voulu lui dire. Elle avait été si impatiente de partager ses soupçons, mais maintenant il semblait que le moment ne soit pas approprié.
Après quelques longues secondes de silence, elle entendit à nouveau sa voix. « Est-ce que tu es toujours fâchée après moi ? » demanda-t-il, ressemblant énormément à un petit garçon contrit. Elle ne put s'en empêcher, et comme toujours, il brisa ses dernières barrières, et la fit rire.
« Non, je ne suis plus fâchée. Je suis juste fatiguée, chéri. Et je crois que je suis triste, et inquiète, et... ai-je mentionné que tu me manquais ? » dit-elle avec un petit rire. Non, elle ne lui dirait pas. Pas encore. Elle n'en était pas certaine de toute façon.
« Oui... il se peut que tu aies mentionné ça plus tôt, » sourit-il avec un soulagement reconnaissant. « Va te reposer et nous parlerons plus tard dans la journée. Je suis sûr que Hank m'appellera après le briefing, et nous pourrons parler de l'état de la galaxie ce soir. Tu as besoin de ton repos maintenant, » suggéra-t-il avec sérieux. Il semblait toujours fatigué et déprimé, mais Sam hocha simplement la tête, sachant que c'était mieux de laisser les choses comme elles étaient pour le moment.
« D'accord. Je vais aller au lit tout de suite après le briefing et je t'appellerai ce soir. Je t'aime, Jack, » dit-elle d'une voix pleine d'émotions, séchant ses dernières larmes d'une main tremblante.
« Et je t'aime, » répondit-il, ses profonds sentiments pour elle évidents dans sa voix. « Et je te demande pardon de t'avoir bouleversée. Vraiment. »
« Oublions ça. Essaie de te reposer davantage. Tu sembles en avoir besoin aussi, » l'encouragea-t-elle, inquiète pour lui.
« A vos ordres, madame. Tout ce que vous voudrez, madame, » taquina-t-il. Puis il raccrocha. Il s'étendit à nouveau, saisit l'oreiller de Sam et couvrit son visage avec. Merde et double merde ! Il était vraiment un con ! Quand apprendrait-il à la fermer ? Vous penseriez que, après tout ce temps au Pentagone, à pratiquer la diplomatie, il serait capable de mieux se contrôler.
Mais quand il en venait à Sam, ses sentiments étaient toujours à fleur de peau. Rien que d'entendre sa voix le désarmait, d'une façon ou d'une autre, et le laissait nu et exposé, mourant d'envie et de désir. Et il n'avait jamais ressenti une telle peur auparavant. Jamais ! Il craignait de la perdre plus qu'il ne craignait de mourir, ou d'être torturé, ou de faire face à une autre menace alien contre la planète. C'était pathétique, mais la vérité. Et il devait simplement apprendre à gérer cela !
The end
