A vos pierres ! tomates ! oeufs moisis ! et autre marque de votre profonde déception !

Une série de mésaventure qui serait trop longue à vous compter résulte du retard énorme de ce chapitre. Mais comme je ne désire pas aggraver mon cas, je ferai court.

Les vacances sont arrivées pour moi ! Et vacances = temps pour écrire. Donc meilleur fréquence de publication. Je vous livrerai mes chapitres comme ils viendront, vous aurez certainement la chance d'en avoir deux chapitres dans la même semaine. Je ne promets rien, j'espère.

Les deux derniers chapitres nous ayant tous épuisés, nous reprenons le blabla explicatif, cette fois-ci au sujet du cube cosmique, le Tesseract. Elément important des comics, il est néanmoins peu développer dans les films. Il m'a fallut faire des recherches, me creuser la tête et inventer énormément pour vous livrer suffisamment d'information. La plupart qui seront donc délivrées ici ne sont pas fondées.

Je remercie et m'excuse auprès YaNa31, Baka-chan-Love, solarienne, Estelle Hiddleston et La petite souris pour leurs reviews.

Merci et pardon également à tous mes lecteurs anonymes et dont la langue maternelle n'est pas le français !

Merci à ma bêta : Daiky


"Where Is My Mind ?" de Yoav et Emily Browning pour ce chapitre.

A la conclusion,

SkyA.


CHAPITRE IV

Plusieurs mois après le précédent chapitre...


Les mois passèrent, mais Kara ne les vit pas passer. Avec le temps, elle semblait être devenue plus midgardienne qu'asgardienne.

Les règles d'hygiènes avaient été les plus dures à intégrer. Elle ne s'était pas noyée dans la baignoire – bien que Coulson l'ait empêchée une fois de manger un savon. Mais, sur Asgard, l'archère n'avait pas l'eau courante. Elle avait raconté à Fury qu'autrefois elle partageait un dortoir avec les autres apprentis Valkyries et que, là-bas, c'était chacun son tour, une fois par jour. Mais, sur l'Héliporteur, c'était intolérable et, après avoir demandé une centaine de fois au directeur si ça ne le dérangeait pas qu'elle utilise autant d'eau, l'asgardienne se lava tous les jours.

•••

Au cours des mois, Kara avait adopté un rituel matinal intrigant. Une fois levée, elle se rendait sur le pont principal où le S.H.I.E.L.D. recevait des informations du monde entier sur leurs ordinateurs sous forme de signes, de lettres, de chiffres que seuls les experts de l'agence comprenaient. L'asgardienne s'asseyait dans un coin, quelques mètres derrière Fury qui, lui tournant le dos, supervisait le tout. Et l'archère regardait la vie qui animait le coeur central de l'agence. La tête posée sur sa main, ses yeux suivaient les doigts des midgardiens pianotant sur les claviers, scrutaient les écrans pixelés, patientant, guettant... Quoi? Coulson lui aurait bien demandé, mais il n'osait. En tout cas, cette chose qu'elle attendait ne venait pas et, vers midi, dans un soupir, elle se levait, déçue comme une enfant découvrant que le Père Noël n'existait pas, puis quittait le pont principal pour vaquer à d'autres occupations.

•••

Elle et Hawkeye s'entendaient bien – du moins, ils entretenaient une relation dans les meilleurs termes que leur permettait leur statut « d'archer d'élite ». Kara prenait plaisir à utiliser la salle de tir de Barton depuis que celui-ci la lui avait mise à disposition. Lorsqu'il le pouvait, il l'y rejoignait. Un jour, après qu'il lui eut expliqué le fonctionnement de l'arc midgardien – que Kara avait jugé fortement ennuyeux et lent –, l'asgardienne lui avait dévoilé les secrets du sien.

Forgé par les Alfes, les rigoles qui étaient creusées à la surface des deux lames recueillaient le sang des ennemis qu'elle tuait avec pour le conduire jusque dans la poignée de l'arc. À l'intérieur se trouvait un filtre alfique qui le transformait en une sorte de plasma dont étaient faites ses flèches – ce mécanisme paraissait obscur même pour l'archère qui le qualifiait de « magie ancienne et secrète ». Elle lui avait expliqué que cet arc symbolisait le consentement du Valhalla quant à son choix d'être archère – bien que Clint ne comprît pas pourquoi on avait besoin d'une autorisation pour tirer à l'arc.

Du reste, ils s'entraînaient ensemble au tir. Ils se félicitaient d'ailleurs de n'avoir jamais eu meilleur compagnon d'arc. À la suite d'une de leurs séances de tir, Kara avait murmuré :

- Vous êtes un archer talentueux, Hawk. Vous me rappelez mon frère...

Mais au ton qu'elle avait utilisé, Clint avait compris qu'il ne s'agissait pas forcément d'un compliment.

•••

Ses rapports étaient plus ambigus avec Natasha. Depuis leur première rencontre – qui avait failli se solder par une mort par étranglement –, les deux jeunes femmes ne s'étaient plus adressées la parole. Elles se contentaient de se saluer le plus poliment possible lorsqu'elles se croisaient dans les couloirs de l'Héliporteur. En réalité, l'espionne terrifiait Kara. Il y avait quelque chose dans son regard qui la faisait penser à Hela, la déesse de la Mort – ou Sif, mais l'impression en demeurait la même – et elle avait bien été contente lorsque Coulson lui avait annoncé que Black Widow était parti en mission d'infiltration pour une affaire de trafic d'armes. D'autant plus que la russe avait récemment abandonné sa crinière de boucle pour un carré court qui renforçait son regard inamical.

•••

Malgré sa curiosité inépuisable du monde extérieur, au cours de ces mois sur Midgard, Kara n'était jamais sorti une seule fois de l'Héliporteur. Elle n'était jamais allée plus loin que la piste d'atterrissage de la base volante. Parfois, le soir, Coulson la surprenait assise sur le bord, entre deux des quatre réacteurs, ses jambes se balançant nonchalamment dans le vide comme si elle était assise sur une balançoire et non à des milliers de kilomètres de la terre ferme. Légèrement penchée en avant, ses yeux fixaient le vide, discernant parfois quelques parcelles de paysage entre les nuages. L'envie irrésistible de sauter semblait l'habiter à ce moment-là. Elle brûlait d'envie d'engloutir la distance entre elle et le monde qu'elle lisait dans les livres et voyait dans les films par une simple chute dans le vide. Un simple saut... Mais elle se redressait aussitôt, levait la tête et souriait aux étoiles qui lui rappelaient son monde d'origine et lui faisaient oublier celui d'en bas. Kara ne cessait pourtant pas de s'abreuver de ce monde, ne semblant juste pas prête à l'explorer, seule.

•••

Depuis que Fury lui avait donné sa nouvelle cabine, Kara avait deux passions : le cinéma et la gastronomie midgardienne.

La première l'occupait autant que les livres que Coulson continuait de lui amener. Ces images qui bougeaient comme si elles étaient vivantes hypnotisaient l'asgardienne qui ne cessait de se demander quel sortilège terrien se trouvait derrière tout ça. Bien entendu, dès qu'elle avait appris que certains des romans qu'elle avait lu avaient été adaptés en film, elle voulut les voir. Et la plupart l'avaient déçue. Elle ne comprenait pas l'intérêt de changer une histoire qui était déjà toute écrite. Et bien que Coulson lui ait expliqué que ces modifications étaient nécessaires pour l'adaptation, Kara avait boudé une semaine lorsqu'elle s'était aperçue que Arya, l'elfe de « Eragon », n'avait pas les oreilles pointues. Ses films préférés étaient « STAR WARS », « le Seigneur des Anneaux » – qui était la seule adaptation qui trouvait grâce à ses yeux (certainement parce que le Hobbit Frodon Sacquet, ici Elijah Wood, en avait de très beaux bleus) – et les classiques de Disney. Elle était impressionnée par le style de Tarantino, avait une obsession morbide pour Norman Bates et « Psycho » d'Hitchcock, devenait étrangement mélancolique devant une comédie musicale des années 30 et était tombée amoureuse de Christopher Lee et d'Audrey Hepburn.

Et pour l'asgardienne, rien de mieux qu'un bon film accompagné d'une spécialité midgardienne. Depuis qu'elle avait goûté le hamburger, l'archère ne jurait plus que par ça. Elle en avait essayé tous les dérivés possibles, allant du cheeseburger au fishburger, en passant par le végétarien. Puis elle avait jeté son dévolu sur les pommes de terre frites et avait déclaré en mangeant une pizza quatre fromages que la cuisine midgardien ravirait tout le Valhalla. Coulson avait bien essayé de lui proposer une autre sorte de cuisine, mais le regard affamé de l'asgardienne lorsqu'elle mordait dans un hot-dog l'en avait dissuadé. Bien qu'il y ait eu une forme de progrès ces derniers temps – Kara avait particulièrement apprécié le poulet rôti –, elle avait régressé au moment où elle avait évoqué son désir de nachos. Dernièrement, son péché mignon tournait autour de la boisson gazeuse, des barres chocolatées Kinder et des pots de Nutella.

Ce fut d'ailleurs assise sur un tas de papier de Kinder Bueno, entourée de pot de pâte à tartiner vide, une canette de boisson énergisante donnant des ailes, regardant « Shrek », que Coulson la trouva plusieurs mois après la fin du précédent chapitre.

•••

« – T'en as pas marre de tourner autour de ton nombril : moi ! moi ! Moi ! J'ai une vraie mauvaise nouvelle : maintenant c'est mon tour ! Tu fermes ta boîte à camembert et tu m'écoutes ! Tu as été méchant avec moi. Tu m'as insulté. Je fais tout pour te faire plaisir et t'es jamais content. Soit tu me mènes par le bout du nez, soit tu me mènes à la baguette.

Ah ouais ? Alors puisque je me conduis aussi mal, qu'est-ce que tu viens faire encore chez moi ?

Tu sais ce qu'ils font les amis d'habitude ? Ils se pardonnent l'un, l'autre.

« Ils se pardonnent » ? Ouais, t'as raison l'Âne, je te pardonne... Pour m'avoir poignardé dans le dos ! »*

La porte que l'ogre vert claqua derrière l'âne qui parlait parut briser le coeur de Kara qui se pencha un plus vers l'écran.

Coulson s'avança dans la cabine, mais resta dans le vestibule. Puis dit, après une hésitation :

– Archère Kara, M. le directeur vous demande...

– CHUT ! fit l'asgardienne en agitant la main dans sa direction, ses yeux ne lâchant pas l'écran.

Shrek sortait de ses toilettes.

Coulson insista.

– Mademoiselle Kara, le directeur Fury vous demande !

Shrek et l'Âne venaient de se réconcilier.

L'archère but une gorgée de sa canette.

Ils s'alliaient pour interrompre le mariage de Fiona.

N'y tenant plus, Coulson saisit la télécommande. Kara sembla bondir.

– Non, fils de Coul ! Laissez-le dire à Fiona qu'il l'aime. S'il vous plaît, fils de Coul ! Il doit lui dire qu'il l'aime ou ils ne vivront jamais heureux pour toujours...

La dragonne descendait du ciel... L'écran devint noir.

Furieuse, Kara se jeta sur l'agent.

– Rendez-moi cette télécommande, fils de Coul !

Elle voulut reprendre la télécommande des mains de l'agent qui se recula. Le doigt de l'asgardienne glissa sur un bouton qui afficha aussitôt une chaîne où l'on pouvait voir une tour s'élever au milieu d'un paysage urbain.

« Après plusieurs mois de travaux, la Tour Stark, arborant fièrement le patronyme de son créateur de génie, M. Anthony Stark, a enfin été achevée. Véritable militante d'une toute nouvelle forme d'alimentation, sa mise en activité ne devrait... »

Reprenant la télécommande, Coulson éteignit la télé. Kara demeura immobile un temps comme si le reportage continuait de défiler sous ses yeux. L'agent reposa le boîtier sur la table de chevet et prit l'asgardienne par l'épaule pour la faire sortir de sa cabine. L'archère attrapa sa canette de boisson gazeuse en passant et demanda :

–C'est qui ce Stark ? Un roi ?**

•••

Le pont principal fourmillait comme à son habitude d'animation. Çà et là, les agents allaient et venaient, courant ou marchant, les bras chargés de dossier ou libres.

Habitué à un environnement plus calme, plus posé, Erik Selvig se sentait mal à l'aise, un peu comme s'il empruntait le bus sans son ticket. Il avait retiré son blouson bleu marine. Il portait une chemise turquoise à carreau, rentrée dans son pantalon ceinturé. Son front paraissait légèrement agrandi par son début de calvitie qui grignotait lentement ses cheveux autrefois châtains. Ses sourcils étaient légèrement froncés au-dessus de ses yeux d'un bleu intellect. Son aspect un peu enveloppé renforçait l'aura de sagesse et d'intelligence qui émanait de lui.

Dans sa main droite, il tenait un petit carnet de cuir marron. Sa gauche était dans la poche de son pantalon, serrée contre sa jambe, comme pour contenir son impatience. Il ne devrait pas être ici. Il devrait être au centre de recherche du S.H.I.E.L.D., en train de faire ce qu'il aimait le plus : travailler, étudier, tirer des conclusions, écarter des fausses pistes, trouver, rechercher... Pas à attendre ici qu'on lui amène une asgardienne. Des asgardiens, il en avait assez soupé au Nouveau-Mexique, il n'avait pas vraiment envie de remettre ça, quand bien même celle-ci aurait été encadrée par l'agence depuis des mois. Erik était un scientifique, pas un joueur de RPG.

Ne tenant plus en place, il alla se mettre face à un gigantesque aigle de métal, symbole du S.H.I.E.L.D., encastré dans le mur et fit comme s'il en était très intéressé. Derrière lui, Fury était assis, immobile, à une table en forme de losange. Ses seuls mouvements étaient ses doigts qui tapotaient de temps à autre. Selvig lui jeta un regard par-dessus son épaule, se pinça les lèvres d'hésitation, puis dit :

– Je crains ne pas avoir toute ma journée, M. le directeur.

– Coulson ne tardera pas plus longtemps, assura Fury, toujours sans ciller.

Comme pour le confirmer, l'agent apparut. En l'apercevant, Selvig se tourna vers lui, visiblement ravi que l'attente soit terminée. Il ne lui fallut pas longtemps pour voir arriver à sa suite une jeune femme enveloppée dans une cape de fourrure, un sourire euphorique sur son visage d'enfant, une canette blanche et bleue à la main. Sur cette dernière, on pouvait lire en lettres rouges : Red Bull. Elle s'approchait en sautillant et lança un joyeux :

– Bonjour, colonel !

En direction de Fury, qui remercia Coulson d'un signe de la tête, avant de reporter son attention sur la jeune femme de l'autre côté de la table.

– Archère Kara. Content de vous revoir.

Ladite Kara prit une gorgée de sa canette avant de répliquer, un air toujours aussi euphorique sur le visage :

– « Revoir » ? Je viens chaque jour ici, colonel, et à chaque fois, vous êtes là.

Après un rictus, le directeur balaya l'ensemble du pont principal d'une main.

Une large plate-forme trônait à quelques mètres d'eux, d'où surgissaient, de chaque côté, deux écrans de commandes.

– Moi, je suis de ce côté. Je ne vous vois pas.

Une passerelle reliait la plate-forme à la géante vitre de verre qui offrait une vue magnifique sur les nuages. Le tout s'élevait au-dessus d'une fourmilière d'ordinateurs et d'agents qui tapaient sur un clavier, ou parlaient à une oreillette. L'atmosphère de la pièce vous faisait savoir que l'on était dans un endroit important, ou beaucoup de choix aux grandes répercussions étaient pris : le coeur de l'agence du S.H.I.E.L.D.

Kara fut secouée d'un rire qui fit légèrement vaciller sa canette. Puis elle s'arrêta et tourna la tête vers Selvig qui eut un petit sursaut.

– Et lui, qui est-ce ? demanda-t-elle.

Elle ne ressemblait en rien à Thor. Ses yeux étaient noisette, mais il s'y reflétait l'or comme des étoiles brillantes dans la nuit. Une crinière de boucle s'éparpillait au-dessus de ses épaules. Ses reflets étaient ternes, d'un châtain triste, mélancolique, errant. Elle souriait et son sourire creusait des fossettes dans ses joues. Ses pommettes saillaient sous ses yeux. Elle semblait heureuse, épanouie, mais il y avait quelque chose en elle qui la faisait paraître perdue, insatisfaite, brisée.

Fury se leva et désigna Selvig de la main.

– Archère Kara, laissez-moi vous présenter le Dr Erik Selvig qui travaille pour notre agence. Dr Selvig, je vous présente Kara, l'Archère d'Asgard, une Valkyrie.

Selvig s'approcha de l'asgardienne, lui tendant une main amicale. Kara baissa son regard vers celle-ci, avant de revenir sur le midgardien, son sourire agrandi. Faisant passer sa canette dans sa main gauche, elle serra celle de Selvig qui avait du mal à suivre le fil de ses réactions.

– Erik Selvig, c'est un grand honneur ! s'exclama la jeune femme dont la poigne était vigoureuse– la boisson devait aider. Thor m'a énormément parlé de vous. En bien ! Comment va Jane Foster ?

En attendant le nom de la jeune femme, Selvig écarquilla les yeux, ce qui fit sourire davantage – si c'était possible – l'asgardienne qui continuait de parler sans discontinuer :

– Il parle aussi beaucoup d'elle. Il l'a dit très belle. Il parle aussi de Darcy. Il dit qu'il n'y a pas six midgardiens comme vous en ce royaume. Il vous dit très gentils, accueillants, chaleureux, braves, courageux... Je ne sais plus, mais il parle beaucoup de vous ! Il dit aussi que vous aimez de la bonne boisson, les chansons et que vous vous défendez bien après trois ou quatre chopes...

L'archère aurait pu continuer longtemps si Selvig n'avait pas jeté un regard gêné à Fury qui s'empressa de la couper :

– Archère Kara, je crains que le Dr Selvig ne soit pas ici pour ça.

– Ça vous direz qu'on aille boire un coup après tout ça ? continua l'asgardienne sans l'entendre.

– Archère Kara !

L'archère tourna brusquement le regard vers le directeur, semblant se rendre compte de sa présence. Elle leva les mains, se rendant, puis alla s'asseoir, non sans s'accompagner d'une nouvelle gorgée de la boisson énergisante. Selvig prit place, quant à lui, à côté de Fury.

Lorsque tous furent attablés, le directeur joignit les mains et se pencha en avant. Kara avait suffisamment d'expérience pour savoir qu'il était sur le point de lui demander quelque chose.

– Est-ce que le mot « Tesseract » vous dit quelque chose ?

Sur sa chaise, Selvig s'agita. Était-il vraiment nécessaire de parler d'une telle chose avec cette asgardienne ? Après tout, il ne savait rien d'elle. Si elle avait joué un rôle dans l'attaque du Destructeur. Si elle était hostile à la Terre – Thor avait bien parlé de dieux qui payeraient cher pour voir leur monde disparaître.

Mais si le mot disait en effet quelque chose à Kara, cette dernière ne laissa rien transparaître. Elle attrapa sa canette et la fit tourner devant elle, avant de répondre toujours de ce ton rapide et continu que lui donnait la boisson énergisante :

– « Tesseract » ? « Tesseract »... ? Non, qu'est-ce que c'est ? C'est un des noms que vous donnez à vos nachos ? Ça me fait penser que j'aime les nachos. Il faudrait que j'en mange un jour. Je veux des nachos ! Il faut vraiment que j'en essaye...

Alors qu'elle continuait de débiter des paroles qui n'étaient compréhensibles que pour elle, Fury et Selvig se regardèrent. Non, décidément la boisson énergisante ne mettait pas l'asgardienne dans un état coopératif. Le sucre la transformait en pile électrique et lui faisait dire des mots sans aucun sens.

Fury fit alors signe à l'agent Hill. Cette dernière passa derrière l'archère, attrapant la canette de Red Bull au passage, et s'éloigna.

– Hey ! s'exclama Kara en se levant, prête à reprendre son bien.

– Archère Kara, l'arrêta aussitôt le colonel, nous ne sommes pas ci pour écouter vos fantasmes gastronomiques ! Veuillez vous rasseoir et répondre à notre question !

L'asgardienne s'immobilisa, sa main resta suspendue dans l'air, levée vers l'agent Hill qui, déjà, lui écartait toute chance de revoir un jour son Red Bull. Elle resta un temps ainsi. Ses yeux écarquillés renforçaient le burlesque de sa position. Puis elle leva les mains et se rassit en signe de soumission.

– Fort bien ! Fort bien !

Lorsqu'elle releva la tête, Selvig put voir qu'elle était prête à parler. Vraiment cette fois. Elle s'allongea dans sa chaise et croisa les bras.

– Quelle était la question, s'il vous plaît ?

Fury inclina la tête vers elle. Kara lui répondit par un haussement de sourcil qui le convainquit.

– Est-ce que le mot « Tesseract » vous dit quelque chose ?

– Ah ! oui ! « Tesseract »... Ça me dit quelque chose, en effet. C'est un des Cubes Cosmique, le joyau du trésor d'Odin, gardé par le dragon Nidhogg (I) entre les racines d'Yggdrasil.

À ses mots, Selvig sut que cette femme aux airs d'enfant savait des choses. Il sortit une tablette à l'écran translucide et le posa sur la table. Intriguée, Kara posa son regard sur lui. Le midgardien alluma l'appareil et le fit glisser vers elle. L'asgardienne l'attrapa et regarda l'image qu'il affichait. Son visage se décomposa dans une expression de surprise totale.

– ... Non... C'est à vous qu'Odin a confié le Cube ? J'en reviens pas !

Elle tourna et retourna la tablette devant elle. Elle la regarda à l'endroit, à l'envers, devant, derrière et en travers. Selvig crut que la boisson avait repris le contrôle, mais la surprise de l'archère semblait bien réelle.

– En 1942, commença Fury, le chef de l'HYDRA, Johann Schimdt dit Red Skull, a envahi la ville de Tønsberg, en Novège, et il s'est emparé de ce cube. Il voulait, selon ses dires, être aussi puissant que les dieux, dompter leurs pouvoirs pour en foudroyer ses ennemis.

Kara faisait glisser son doigt sur l'écran et chaque geste tirait davantage ses traits d'étonnement.

– Avec l'aide du docteur Arnim Zola, il construisit un artefact de transfert pour arriver à ses fins. Un de nos soldats a réussi à l'arrêter, mais le cube a été plongé dans l'océan et nous avons perdu sa trace. Jusqu'à récemment.

Son inspection terminée, l'asgardienne reposa la tablette et planta son regard dans l'oeil de Fury.

– Et maintenant ?

Le directeur s'offrit une pause avant de répondre.

– Archère Kara, vous n'êtes pas sans avoir que nous sommes un monde qui a des besoins et des ressources pour les satisfaire. Or, ces ressources s'épuisent, nous les avons mal gérées. Et aujourd'hui, il nous faut de nouvelles énergies. D'où l'intérêt du projet PEGASUS et du travail du Dr Selvig où le Tesseract a un rôle important.

L'archère se tourna vers Selvig. Son regard le transperçait, fouillant en lui, voulant trouver la véracité dans les paroles du colonel. Le physicien voulut détourner ses yeux, mais l'intensité de ceux de l'asgardienne l'en dissuada. Ce fut presque un soulagement lorsqu'elle revint sur Fury.

– Alors, vous n'étudiez le Cube que pour subvenir aux besoins de votre Royaume ?

Selvig regarda le colonel, guettant une réaction. Mais ce dernier resta neutre, impassible, directeur du S.H.I.E.L.D. Il se redressa droit, la tête haute. Il paraissait imposant, autoritaire. Kara releva le menton, attentive.

– Oui, répondit Fury d'une voix profonde.

L'asgardienne le fixa. Puis elle baissa les yeux vers la tablette, qui affichait l'image d'un cube bleu. Elle se pinça les lèvres puis posa les yeux sur Selvig.

– Qu'attendez de vous de moi, Erik Selvig ?

Elle prononça son nom aussi distinctement que s'il avait été le sien.

Selvig déglutit. Il retira l'élastique de son carnet, tourna quelque pages et pressa le bout de son stylo.

– Que pouvez-vous me dire à propos du Tesseract ? demanda-t-il en griffonnant quelque chose sur le papier.

Kara poussa un soupir, semblant se détendre dans sa chaise.

– Le Tesseract est un des Cubes cosmiques, des objets d'origine artificielle. Le plus connu est le Faconneur de Monde qui a autrefois appartenu à la race des Skulls. Il fut un temps où certains peuples désirèrent à leurs tours en acquérir un. C'est ainsi que T... T...

La pointe du stylo de Selvig s'arrêta. Kara tendit la main comme pour attraper quelque chose qui lui échappait. Cela dura quelques secondes. Puis ses doigts se refermèrent sur l'air.

– Aaah ! lâcha-t-elle rageuse. Je ne me souviens plus de son nom. Ça ne devait pas être important. Donc, « T » vola le Tesseract (elle montra la tablette du doigt) et s'en servit pour accroître sa puissance, ce qui perturba l'équilibre de l'univers. Asgard entra en guerre contre lui et lui reprit le Tesseract pour le mettre hors de sa portée. Odin exila T dans une dimension lointaine et ramena le Cube à Asgard. Le Père de Toutes Choses a tenté d'en étudier les pouvoirs, mais je croyais qu'une fois les limites du Tesseract découvertes, il l'avait dissimulé sous Yddgrasil. À Asgard, c'est la version officielle.

– Et que savez-vous sur les capacités du Tesseract ? questionna Selvig, griffonnant à toute vitesse sur son carnet.

L'asgardienne fit claquer sa langue et tourna la tête vers Fury. Ce dernier observait la conversation avec attention, ses mains toujours jointes sur la table. Kara le regarda un temps avant de secouer négativement la tête.

– Je ne peux rien vous dire...

– Pourquoi, mademoiselle Kara ? demanda le physicien.

– Mais parce que j'en sais rien ! Je ne suis pas magicienne moi. C'est à eux qu'on demande ce genre de chose. Je ne suis que Valkyrie. Tout ce que je sais, je l'ai appris par des bruits de couloir.

– Dans ce cas, qu'avez-vous entendu sur le Tesseract ? réitéra Selvig.

– ... Je ne veux pas dire de bêtise...

L'archère se tut pendant quelques secondes. Elle semblait débattre en elle-même de quelque chose d'important. Selvig était prêt à lui donner tout le temps qu'il lui faudrait. Finalement, l'asgardienne prit une grande inspiration comme si elle allait se mettre en apnée, et dit :

- Selon certains dires, le Tesseract posséderait une conscience, une personnalité propre qui lui aurait été inspirée par son premier propriétaire... Un peu comme l'Unique !

Selvig leva les yeux de son carnet. Il ne saisissait visiblement pas l'allusion.

– L'Unique, répéta Kara en tentant de l'éclairer. L'Anneau de Sauron. Vous savez ?

Le midgardien restait sans réaction. Elle abandonna.

– Bon, c'est pas grave ! Cette conscience lui permet de réguler son énergie, d'être autonome. Or, sa signature énergétique est trop reconnaissable pour T. Il lui suffirait donc de le localiser et d'ouvrir un passage entre deux dimensions pour...

– Ouvrir un passage entre deux dimensions ? l'interrompit la physicienne. Comme le Bifrost ?

– Le principe est un peu le même, mais plus de conditions sont à prendre en compte pour le Tesseract. Il peut facilement créer une faille spatiale praticable pour peu que les – comment vous expliquer ça ? –« codes de localisation » de la destination soient connus de lui ou qu'ils lui soient transmis.

– « Des codes de localisations » ?

Kara poussa un long soupir. « Ces midgardiens : aucune culture ! »

– Pour faire court, chaque monde possède des codes de localisations, qui ont la même fonction que des coordonnées, mais pour des voyages interdimensionnels. Seul le Bifrost possédait tous les codes des Royaumes d'Asgard, mais il a été détruit. Le choix de Midgard, pour cacher le cube, est très judicieux, puisque votre monde fait non seulement parti d'Asgard, mais aussi d'une galaxie indépendante. Il tourne autour d'un soleil, ce qui fait que ses codes changent constamment. Et... Aaaaaah !

L'archère se figea, comme si on l'avait mise en pause. Puis son visage s'illumina.

– C'est pour ça ! Le Père de Tout a caché le Tesseract ici, alors... C'est pour ça que les Jotuns ont attaqué ce petit village il y a mille ans, lors de la guerre contre Jotunheim.

Elle se pencha vers Fury.

– Vous avez dit Tønsberg ? En Novège ? Mais oui !

Elle paraissait suivre un chemin de caillou, semé il y a bien longtemps, qui la mènerait à un trésor caché.

– Ce doit être à partir de là que Odin l'a scellé...

– « Sceller » ? demanda Selvig – il n'appréciait guère l'interrompre.

– La puissance du Tesseract attire ceux qui le désirent. Comme il est le seul à pouvoir la maîtriser, Odin l'a plongé dans une sorte d'hibernation après la guerre contre les Géants des Glaces. Car la signature énergétique du Cube agit comme un aimant pour ceux qui sont capables de le capter. Le laisser exposé aux yeux de tous aurait permis à T de le retrouver. Chose qu'ils désirent tous les deux : le cube comme le maître.

Les yeux noisette de Kara se baissèrent vers la tablette.

– Car c'est ce que veut le Tesseract. Il lui suffirait d'arriver à se libérer de la protection d'Odin et il pourrait attirer n'importe qui vers lui... N'importe qui...

À ce moment-là, son ton semblait venir de l'autre bout de l'univers. Selvig attendit qu'elle parle de nouveau, suspendu à ses lèvres.

Ce fut Fury qui coupa la conversation.

– Dr Selvig, quel est votre avis ?

Presque à regret, le physicien lâcha Kara du regard.

– L'autonomie du cube avait déjà été étudiée par mon équipe, ainsi que la signature gamma. Mais toute son histoire et sa capacité d'ouvrir un pont entre les dimensions est une découverte. Si mademoiselle Kara pouvait nous fournir ces « codes de localisations », nous pourrions peut-être réussir à entrer en contact avec Asgard. Et certainement lui permettre de retourner chez elle.

L'asgardienne ne réagit pas. Son regard était fixe, ses traits figés. Sa main effleurait l'écran tactile du bout de ses doigts, comme s'il s'agissait de la chose la plus importante au monde. Elle semblait avoir trouvé ce qu'elle cherchait depuis longtemps.

– Archère Kara, la ramena Fury.

– Plaît-il ? dit-elle en relevant la tête.

– Pouvez-vous nous fournir ces « codes de localisations » ?

– Je ne les connais pas. Je ne suis pas Heimdall. Ce genre de savoir n'est pas nécessaire pour les personnes de ma classe. Je ne suis pas magicienne...

« Oui, ça nous l'avons noté », pensa le colonel.

– Dr Selvig, retournez à la base. N'arrêtez pas votre travail ! Nous déciderons des pistes à étudier plus tard.

– Très bien, M. le directeur.

Le physicien se leva et serra la main de Fury. Puis il se tourna vers Kara qui n'était pas totalement revenue sur Terre.

– Merci pour votre aide, mademoiselle Kara.

En entendant son nom, l'archère leva les yeux vers le midgardien. Et lui sourit. Selvig lui rendit son sourire, puis sortit du pont principal.

Fury demeura silencieux, quelques secondes après son départ. Enfin, il se leva.

– Je vais demander à Coulson de vous raccompagner à votre cabine... Et de vous trouver un nachos.

Kara rit, son regard toujours absent. Ce n'est que lorsque le colonel esquissa quelques pas pour sortir à son tour, qu'elle réagit.

– Vous avez dit (Fury se retourna) qu'un de vos soldats avait réussi à empêcher l'HYDRA de se servir du Cube.

– Oui ?

– J'aimerais le rencontrer.


* Extrait de "Shrek" des studios DreamWork Animation

** Ned, Robb, si vous m'entendez...


(I) Dans la mythologie nordique et l'univers de Marvel, Nidhogg est un dragon qui ronge les racines de Yggdrsasill


Je pense que la plupart d'entre vous devine la prochain étape.

Si vous avez détecté la présence de faute de grammaire, d'orthographe ou de vocabulaire, je vous prie de bien vouloir m'en excuser.

Je ne demanderai pas de review car j'ai péché et que je n'en suis pas digne... Enfin, si vous voulez tout de même me dire quelque chose, vous gênez pas.

En espérant vous retrouver très vite pour un autre chapitre,

Lisez-bien !

SkyA.


P.S : l'horoscope de cette fic' m'annonce que Loki ne devrait plus tarder... Disons, encore un chapitre !