« Tout vient à point qui sait attendre » dit le proverbe. Je sais que la suite de Baby War s'est faite attendre mais j'ai eu quelques mois compliqués durant lesquels je n'ai pas pu m'adonner aux plaisirs de l'écriture. Je suis d'autant plus désolée qu'au dernier chapitre, j'étais suivie par près de 4000 lecteurs à chaque chapitre, un vrai record ! J'espère donc n'avoir perdu personne en route… Voici l'un des derniers chapitre de cette formidable histoire que nous avons vécu ensemble, bonne lecture. Minimione

Hermione courut de toutes ses forces jusque dans la cuisine où la plupart des habitants du QG était regroupée. A son arrivée, toutes les têtes se tournèrent vers elle. Essoufflée, elle réussit à annoncer le début des hostilités avant qu'un brouhaha énorme ne s'élève de l'assemblée : les combats ne devaient pas commencer avant deux jours, ce n'était pas normal.

En revenant vers sa chambre, la jeune mère s'interrogeait sur la « normalité » : Qu'est ce qui pouvait sembler normal dans une époque comme la leur ? La guerre n'était pas un phénomène normal, les morts et les blessés non plus. Faire un enfant avec son ancien pire ennemi non plus. Rien n'était normal. En tout cas, celui qui avait inventé le principe de la normalité ne devait avoir jamais connu de période de conflit.

Elle entra dans la chambre, prit Enora dans ses bras et la serra contre son cœur. Le contact avec son bébé l'apaisait, respirer son odeur la calmait et entendre les gazouillis la rassurait. Elle ne s'attendait pas à atteindre un tel degré de plénitude dans un moment aussi critique mais sa fille lui prouvait le contraire. La petite changeait très vite et, au fil des jours, elle passait du stage de nourisson à celui de bébé. Ces yeux étaient ceux d'Hermione, brun chaud avec quelques touches de miel, alors que ses cheveux étaient ceux de son père, blond doré. Un mélange parfait des deux. Hermione s'amusa alors à imaginer quel serait son caractère si elle était un parfait mélange d'eux deux : elle serait courageuse,têtue et réfléchie comme sa mère mais orgueilleuse, fière et droite comme son père… une sacrée bonne femme ! Alors qu'elle était dans ses pensées, Enora lui fit un sourire magnifique. Hermione ouvrit grand les yeux et se sentit inondée de bonheur face à ce petit être qui lui montrait tant d'amour.

Elle resta encore quelques minutes dans cette parenthèse d'amour puis dût se résoudre à rejoindre l'extérieur de la chambre, les cris d'une multitude de gens, désespérés, priant pour une absolution qui ne viendrait sans doute jamais. Elle jeta un sort à sa fille pour que celle-ci dorme paisiblement jusqu'à son retour puis sortit.

Elle fut frappée par le contraste entre sa chambre et le brouhaha ambiant du couloir. Visiblement, les premiers blessés étaient déjà arrivés et tout le monde était à son poste. Hermione courut alors jusqu'à la cuisine et, sans réfléchir une seconde, se mit à soigner les blessés qui se présentaient. La cuisine était l'infirmerie des blessures graves et même si le nombre de blessés était encore gérable, la pièce résonnait de cris et de cliquetis incessants d'objets médicaux. Elle profita d'un moment d'accalmie pour monter au premier étage où étaient entreposés les blessés légers pour tenter d'en savoir plus. Elle s'approcha d'un homme blessés au bras qu'elle connaissait depuis sa sortie de Poudlard.

« Edward… Fais voir ton bras.

« Hermione, tout va bien ici ?

« Oui, bien sûr, nous sommes en sécurité ici. Edward, qu'est ce qu'il s'est passé ? pourquoi les combats ont commencé aussi tôt ?

« C'était un piège. Je ne sais comment mais l'armée de Voldemort savait exactement le moment de notre arrivée. Il nous ont cueilli dès que nous avons posé un pied sur la plaine. Ils ont profité de l'effet de surprise mais on est entraîné donc on a vite repris le dessus.

« Il y a eu des morts ?

« Deux dans notre camp : Seamus Finnigan et Hugh Jentle.

Hermione encaissa la nouvelle, Seamus était un de ses amis à Poudlard… Il était si jeune…

« Comment vont Harry et Drago ?

« Ils mènent tous les combats sur place. Ils s'en sortent très bien, aucun des deux n'aient blessé.

« Bon, tant mieux… Tu pourras repartir demain matin, ton bras est guéri.

Elle s'éloigna rapidement et soigna un autre blessé. Elle détestait voir repartir les guéris, elle savait qu'elle les envoyait dans une boucherie sans nom mais les instructions d'Harry étaient très claires : toutes les personnes valides devaient combattre. Leur armée ne supporterait aucun absent. Elle passa sa journée à guérir, rassurer et soigner les blessés qui arrivaient en flot continu. A la nuit tombée, une autre médicomage prit son relais et elle put enfin rejoindre sa chambre.

Enora dormait toujours mais elle devait avoir très faim. Hermione la réveilla doucement, la prit dans ses bras et lui donna le sein. Elle sourit en voyant la petite attraper gouluement son sein et téter le lait tant attendu.

Sa quiétude fut interrompue par des coups violents frappés contre la porte de sa chambre : une jeune femme blonde, le visage émacié et tiré par la fatigue apparut sur le seuil.

« Hermione… Il faut que tu viennes… urgent….

Hermione embrassa son bébé, l'endormit d'un tour de magie et courut jusqu'à la cuisine. Elle aperçut une touffe de cheveux blonds au milieu d'un enchevêtrement de sang, de boue, d'herbe et un visage tellement tuméfié qu'elle ne le reconnue pas.

« Hermione, on l'a attaqué par derrière… Il ne respire presque plus…

« Qui est ce ?

« C'est Drago…

Le visage de la jeune femme se décomposa. Elle tenta de reprendre ses esprits et ordonna à toutes les personnes présentes autour du lit de partir. Une fois seule, elle entreprit de détacher une à une toutes les saletés présentes sur le visage du père d'Enora : étrangement, seul son visage avait été touché, comme si on avait voulu le détruire, c'était terrifiant. On ne voyait plus ses yeux ni son nez ni sa bouche, il n'était plus qu'une masse informe. Lui qui était si fier de son visage aux traits aristocratiques… Il n'en restait plus rien.

Hermione réfreina ses larmes et continua à le soigner. Elle lui lança un sort pour tout nettoyer mais préféra continuer à la main : la magie était plus rapide mais n'autorisait pas autant de précision qu'une main. Elle prit donc des lingettes et lava consciencieusement ce visage défiguré. Elle lui parla tout le long mais il ne répondit pas : elle espérait qu'il ne soit pas dans le coma ou pire… mais continua tout de même jusqu'à ce que de la peau boursouflée apparaissent enfin.

Elle s'arrêta quelques minutes , but un verre d'eau et s'attela de nouveau à sa lourde tâche. Elle osait à peine effleurer ses blessures tellement elle avait peur de le faire davantage souffrir. Qui avait bien pu l'attaquer en traitre ? Quelle sorte de sort pouvait faire autant de dégâts ? Qui pouvait vouloir faire autant de mal ?

Alors qu'elle se posait autant de questions, une seule réponse, effrayante, lui vint en tête : Lucius Malefoy.