Premier chapitre versant un poil dans le rated M, il faudra encore attendre un peu pour en avoir véritablement un.
J'espère que cette suite vous plaira bien qu'elle prenne - encore- un nouveau tournant.
Bonne lecture et bonne fin d'année !
SOYONS HEUREUSES
CHAPITRE VII : Deux pas en arrière.
Rapidement, les mains expertes de l'italienne s'étaient glissées sous mon chemisier afin de palper ma peau diaphane.
Les caresses sensuelles et la fougue de Jane l'oppressèrent dans sa quête, envieuse de déboutonner mon chemisier.
J'avais laissé le désir me consumer au point de poser ma main sur les fesses de la détective, le souffle court, ses lèvres mordillant tendrement ma jugulaire, avant que sa langue dérive à la naissance de ma poitrine.
Je me redressai brusquement quand le premier bouton de mon haut sauta sous les doigts agiles de Jane.
- Non ! m'écriais-je, en la repoussant.
Je me mordis la lèvre inférieure, regrettant déjà l'absence du toucher brulant de la brune.
- Qu'est ce qui te prend ? demanda celle-ci, la voix rauque.
Il était difficile de résister au charme ravageur de l'inspectrice et à ses lèvres expertes.
- As-tu pensé à Hélène ? demandais-je, en m'éloignant rapidement de mon amie.
Le trouble qui s'infiltrait en mon esprit et me bloquait résidait en la présence de la psychiatre.
Elle était l'un des nombreux obstacles dressé sur le chemin me menant à Jane.
- Elle n'est que mon double, une remplaçante que tu t'es trouvé pour m'oublier !
Je tapai du poing :
- Quand bien même ! J'ai de l'affection pour elle. Je ne veux pas qu'elle ressente cet horrible sentiment que j'ai ressenti.
Je ne voulais pas infliger à Hélène la peine qui m'avait consumée et détruite quand Jane m'avait délaissée pour les apparences.
Je ne voulais pas mépriser celle qui m'avait pansé mes blessures et redonner le goût de vivre, de défier et battre le pire.
- Je sais que tu m'aime.
Je hochai la tête devant l'affirmation de Jane bien que notre histoire d'amour était vouée à l'échec, que mon attirance pour elle demeurait impossible à vivre pleinement.
- C'est vrai. Je tiens à toi comme jamais ! répondis-je, sur un ton sincère.
Le sourire qui se dessina sur les traits angéliques de Jane me fit perdre pied, l'espace d'un instant.
La réalité reprit malgré tout, ses droits.
- Cependant, tu l'as expressément dit, ton avenir n'a qu'un nom. Et ce n'est pas le mien.
Jane grimaça, partagée entre deux idéaux :
- Je suis anéantie ! D'un côté, je n'aime pas Casey, je veux seulement le meilleur pour mon bébé. De l'autre, je ne compte pas laisser Hélène me voler le bonheur que je peux avoir à tes côtés.
Je fronçais les sourcils :
- Tu ne te sens même pas capable d'assumer !
Jane enserra sa paume contre la mienne pour tenter de me faire comprendre son point de vue et ses problèmes :
- Je vais droit à la catastrophe si j'épouse Casey. C'est un dilemme ! Je sauve sa vie pour détruire la tienne !
Je compatis à un point que je me refusais de détruire la vie de famille que son enfant méritait.
Je ne devais pas rendre l'existence de ce fœtus aussi complexe que la mienne en m'imposant auprès de Jane.
Il n'était pas temps de faire preuve d'égoïsme comme ma collègue avait pu le faire impunément.
- Ce petit a droit à une famille ! murmurais-je, à contrecœur.
Jana allait rétorquer, mais je la coupai :
- Je refuse que tu lui ôte son père par ma faute ! Je sais trop ce que l'on ressent ! Ne lui inflige pas la famille à laquelle j'ai droit !
La réponse de la brune me chamboula :
- Tu pourrais être une seconde mère formidable pour cet enfant.
Ce compliment me combla de bien-être, bien qu'il suscite également quelques peurs.
Jane semblait persuadée qu'il fallait m'inclure dans son futur.
- Détrompe – toi ! Comment pourrais-je l'aimer alors que j'ai grandi sans amour ? demandais-je, en pointant du doigt son ventre encore ferme et plat.
Jane déposa mes doigts contre son nombril, tout en me lançant un regard emplit de tendresse :
- Je refuse que tu dises ça. Tu es entourée d'êtres qui t'aiment ! A commencer par moi.
J'haussais les épaules, la mine déconfite :
- Je n'ai pas eu la chance d'avoir Angela.
Jane me donna une tape dans le dos, comme pour m'encourager et m'aider à retrouver le sourire :
- Mais, tu as Hope ! Et Constance ! Tu devrais être doublement comblée et satisfaite !
L'évocation de mes deux matriarches me fit devenir plus colérique que jamais :
- Elles ne sont qu'un semblant de mère ! Hope passe son temps à épier aux portes et Constance à être distante !
Rapidement, emplie de fureur, je quittai mon domicile bien que Jane tenta de m'en dissuader.
J'avais vraiment besoin de réfléchir.
La porte d'entrée claquée brutalement par Maura avait raisonnée dans tout le salon.
Il ne m'en fallu pas plus pour jeter tous les oreillers présent sur le sofa, tant je me sentais impuissante devant l'état de Maura.
J'avais tant envie d'aimer la blonde sans en être empêché.
- Vous avez bien de la chance d'être enceinte, je vous aurais déjà frappé sinon !
Je sursautai en entendant la voix grave de Constance.
Que faisait-elle ici sans autorisation ?
- Qu'est-ce qui vous empêche, hein ?! Allez-y après tout ! Vous ne prouverez qu'à Maura ces dires ! m'écriais-je, en la foudroyant du regard.
Maura n'avait pas été la seule à apercevoir une autre facette dans le caractère de sa mère adoptive, à découvrir un attrait froid, rigide et agressif.
La nouvelle Constance m'effrayait.
- Comment avez-vous pu convertir Maura à ce genre d'inepties ?! s'écria celle-ci, en élevant le ton.
Je savais que l'artiste faisait référence à la soudaine homosexualité de la blonde.
- Pourquoi faut-il toujours que tout vienne de moi ? demandais-je, lassée de l'air hautain dont faisait preuve Constance.
Mon interlocutrice semblait prostrée sur ses convictions :
- Maura a le droit à de la stabilité et à quelqu'un d'aimant.
- De sexe masculin, je présume ? déclarais-je, sur un ton ironique.
Mon air cynique semblait lui déplaire puisqu'elle rétorqua sur un ton rigide :
- Ne cherchez pas les problèmes.
- C'est drôle que vous disiez ça alors que c'est vous le problème ! Vous et cet entourage de fous que Maura supporte sans arrêt ! Comment voulez –vous qu'elle s'épanouisse alors qu'Hope enchaine les faux pas et que vous changez de comportement sans cesse ?!
Constance tenta de rejeter la faute que je lui démontrais et qui émanait d'elle :
- Je suis toujours la même.
- Ce n'est pas la Constance conviviale que j'ai croisée au diner de Maura qui me fait face.
La concernée répondit sur un ton vif :
- Vous auriez pu la retrouver si vous n'aviez pas fait de ma fille, une lesbienne !
Son opinion m'excéda :
- Elle l'a toujours été, je n'ai rien déclenché ! J'ai toujours eu un penchant pour votre fille, mais je ne l'ai jamais exprimé ! J'ai tout fait pour être votre copie, pour satisfaire la société et ses préjugés ! J'ai même été prête à épouser un homme à qui je fais l'amour par dépit !
Constance me fit soudainement face, armée d'une boite qui m'était étrangement familière :
- En tout cas, je ne mens pas à celle que je suis sensée aimée en lui disant m'être suffisamment protégée pour éviter une grossesse ! lança-t-elle, sur un ton haineux.
- Vous avez fouillé dans mon sac ?! m'écriais-je, en pensant que ce qu'elle me tendait n'était autre que mes pilules contraceptives, habituellement confinées dans mon sac à main.
- Ce sont des aspirines ! Avouez-le que vous cherchiez à avoir un enfant !
J'écarquillai les yeux devant l'aveu que la mère de Maura me faisait.
Comment Casey avait pu en venir à des fins aussi malhonnêtes ?
Sans pouvoir formuler le moindre mot, complétement bouleversée par ce que j'apprenais, je sentis mes forces défaillir et un épais voile noir se poser sur mes paupières.
Mon corps chuta violemment contre le sol, sur lequel il se percuta à grand fracas.
- Je lui ai fait une tisane et je l'ai bercée. Elle aura certainement une bonne bosse, mais ça partira avec un peu de repos.
Alors que j'avais été parée à disposer de ma voiture et à retourner travailler, Constance avait accourue en ma direction pour me stopper dans mon élan, hurlant que Jane s'était écroulée.
Heureusement, ce n'était que le résultat d'un étourdissement provoqué par une hausse de tension.
Qu'avait pu bien dire Constance à la brune envoutante pour en venir à l'épuiser ?
- Je suis désolée.
Je levai les yeux au ciel, agacée par cette réponse idiote :
- Je crains qu'il soit trop tard pour les excuses.
J'avais croisé les bras sur ma poitrine, attendant vainement un brin de justification sur les événements qui avait perturbé celle que j'aimais plus que de raison.
- Maura…Ne me déteste pas !
- J'ai bien du mal à t'apprécier pourtant ! Tu décides toujours de venir me voir quand ça t'enchante, à ta guise ! Je me contentais de cela jusqu'à aujourd'hui parce que chaque visite se déroulait sans encombre. Mais là, alors que tout va mal dans ma vie privée, il faut que tu dérange celle-ci encore plus ! m'écriais-je, sur un ton virulent.
Mes rapports avec ma mère étaient loin de s'améliorer.
- Hope fait de même !
Je fronçai les sourcils devant sa réplique, celle-ci me rappelait tant la tactique qu'Hope avait optée précédemment pour se faire une place dans mon cœur.
- Ne commence pas avec ça ! J'ai ma dose niveau comparaison ! dis-je, sur un ton insistant.
Il eut un grand moment de silence, Constance semblait être consciente de mon agacement.
- Qu'est-ce que tu faisais la d'abord ? Tu ne devais pas repartir ? Voir une énième galerie d'art comme d'habitude ?! demandais-je, étonnée de la voir ici alors qu'elle m'avait clamée avoir des obligations professionnelles, après qu'elle eut rencontré ma mère biologique.
- Maura…commença-t-elle, en essayant d'esquiver mon interrogation.
Je n'allais pas abdiquer si facilement :
- N'essaie pas de m'amadouer ! J'ai ma meilleure amie qui est dans un état effroyable à cause de toi, j'aimerais bien en savoir plus !
Constance répondit rapidement :
- Et moi j'aimerais savoir ce qui t'a pris de l'embrasser et…
- Je l'aime ! m'exclamais-je, tout en comprenant que Constance nous avait surveillées.
- Tu as toujours eu un certain feeling avec Jane et tu ne t'es pourtant jamais comporté ainsi !
Je fis de mon mieux pour narrer à ma mère, la vérité :
- J'ai essayé sans relâche de rejeter mes sentiments, de les enfouir et les terrer, mais ça me tuait à petit feux de la voir heureuse. J'ai su que je la désirais à l'instant même où elle me présentait sa bague de fiançailles. Je jure avoir essayé d'être uniquement le témoin, mais je rêvais tant d'être la mariée moi aussi !
- Tu as perdu la tête ! hurla mon ainée, furieuse d'apercevoir que j'étais franche et que mon amour pour l'inspectrice était véritable et passionné.
- Maman ! Je suis sérieuse ! Plus que jamais !
Constance s'avoua vaincue alors que je l'observais de haut, avec un regard emplit de dédain.
- Maintenant, j'aimerais que tu sois tout aussi sérieuse et que tu m'avoue la raison de ta présence ! lui intimais-je, tout en prenant place sur le sofa.
Mon interlocutrice abaissa sa garde :
- Je voulais rester. Après la gifle que Jane t'a donnée, je voulais te montrer ma dévotion…
J'éclatai de rire devant sa défense, sachant qu'elle était fausse :
- Tu parles ! Tu as surtout peur qu'Hope prenne ta place ! Mais, tu sais quoi ? Angela l'a prise bien avant !
Je maitrisai ma rage l'espace d'un instant, Constance semblait souffrir après avoir entendu ma remarque blessante.
- Chérie, Jane est complétement déboussolée. Elle t'a embrassée parce qu'elle ne sait plus où elle en est. Il n'est pas bon de t'accrocher à une personne qui t'encombre avec un bébé ! déclara-t-elle, sur un ton ferme.
Je serrai les poings devant la réplique avant de répondre sur un ton décidé :
- C'est encore mon choix !
Après mures réflexions, j'avais déjà un peu d'affection pour ce nourrisson qui grandissait en Jane.
- Cet enfant, elle l'a voulu ! J'avais un grand doute alors j'en ai pris une et c'est de l'aspirine ! Ça en a le goût ! cria soudainement ma mère devant ma mièvrerie tout en me tendant une plaque de pilule.
J'écarquillai les yeux en réalisant que Casey avait trafiqué la contraception de Jane et engendré la fécondation de leur enfant.
La grossesse de la brune ne résultait pas d'un accident.
- Mon dieu ! hurlais-je, tout en portant ma main à ma bouche.
- Quoi ?! Alors toi aussi tu vas essayer de nier les faits ?
J'eus du mal à répondre tant j'étais surprise :
- Casey a remplacé les pilules par de l'aspirine. Je n'arrive pas à y croire ! Tu m'étonnes que Jane soit retournée !
- Il n'aurait pas osé.
La réplique de Constance me tapa sur les nerfs, tant elle prenait partit pour Casey :
- Alors tu es de son côté ? Tu apprécies cet homme agressif qui menace certainement Jane et qui fait tout et surtout n'importe quoi pour la garder auprès de lui ?! Tu aimes ses agissements ?
Ma mère se retrouva prise au dépourvu :
- Je n'ai pas dit ça ! Je…Je dis juste que tout cet énervement n'est pas bon pour toi.
Il était peut-être temps de prendre un peu de répit moi aussi.
- Tu veux me soulager et m'apaiser ? Quitte mon domicile alors ! lançais-je, tout en ouvrant la porte d'entrée.
- Maura ! s'exclama ma mère, étonnée par ma demande.
Je croisai mes bras sur ma poitrine, l'air victorieuse :
- C'est encore chez moi.
Constance semblait bien affolée de ce revirement de situation :
- Mais, où vais-je aller ?
Je haussai les épaules, signe que ce n'était pas ma principale préoccupation.
Je voulais avant tout soulager et aider Jane.
- Tu as bien les moyens de t'offrir l'hôtel, non ? dis-je, en pensant à son statut social aisé.
- J'ai besoin de toi.
Constance avait surtout besoin d'être rassurée sur son rôle de mère et sa position parmi les trois autres.
- J'ai besoin de me retrouver seule avec Jane ! dis-je, sur un ton froid.
Je la poussa à l'extérieur et clama, avant de lui fermer la porte au nez :
- Débrouille-toi avec Hope. Après tout, vous aviez l'air de bien vous entendre hier soir !
J'allais enfin savourer un moment avec ma bien-aimée.
J'ouvris les yeux rapidement tout en me débattant, jetant des coups de poings dans le vide.
Ma tête m'élançait fortement.
Que m'était-il arrivé ?
- Jane, calme-toi ! C'est moi !
La lumière de la table de chevet s'alluma pour éclairer la pièce, calmant mes frayeurs et les battements irréguliers de mon cœur.
La silhouette de la blonde angélique que je côtoyais tant se dessinait sur le mur.
- Maura ? demandais-je, en la cherchant du regard, pour finir par la trouver près de la sortie.
Elle s'avança près du lit pour déposer un baiser sur mon front.
- Je suis là. Ça va aller ! déclara Maura, en me serrant dans ses bras.
J'enfouis ma tête contre la crinière dorée et en huma le parfum fruité.
- J'ai fait un cauchemar, c'était horrible…murmurais-je, alors que Maura s'évertuait à me relaxer en caressant mes cheveux.
- Tu veux en parler ? demanda-t-elle, tout en continuant de me cajoler.
Il n'était pas aisé de lui conter ce rêve terriblement réel dans lequel je réalisais mettre fait manipuler par l'homme à qui je m'étais donnée corps et âme.
Je préférai utiliser l'humour pour chasser de mon esprit le choc que j'avais subi :
- J'ai la chance d'être dans la chambre du Docteur Isles ?
Maura répondit sur un ton railleur qui me fit sourire :
- Et d'être dorlotée par elle-même !
J'observai la blonde me mettre à l'aise, apporter un plateau repas dont je me délectais, tout autant que ses attentions :
- Il faut te reposer, le bout de chou a besoin de calme.
J'eus un sourire en coin en découvrant que Maura considérait le bébé comme important, qu'elle ne le négligeait pas.
- Le bout de chou à surtout besoin d'un câlin ! dis-je, en lui tendant mes bras.
Elle souria devant ma gaminerie avant de s'exécuter et de me serrer fortement.
- C'est si bon de te retrouver. Si tu savais comme ça me manquait ! Tu m'as manqué ! insista Maura, en déposant un baiser sur ma tempe.
Je renforçai ma poigne et déposa ma tête contre la poitrine avantageuse de ma collègue pour renchérir :
- Et toi alors ! Personne ne pourra te remplacer.
Toujours blottie contre Maura, je jetai un coup d'œil aux alentours, profitant du silence ambiant.
- Constance est toujours là ? demandais-je, tout en pensant qu'il serait agréable d'avoir une conversation privée pour une fois.
- Non. J'ai tout coupé. Téléphone fixe, portable, tout.
Maura se rapprocha gracieusement :
- Ma meilleure amie me laisserait –elle une petite place ?
Ravie de la voir aussi proche et tactile malgré la frappe que je lui avais donnée, je m'écartai :
- Une grande même !
- On va profiter du reste de la journée ensemble. Que toutes les deux ! déclara-t-elle, en caressant du bout des doigts ma jugulaire.
- Que dira Cavanaugh ? demandais-je, étonnée que notre supérieur n'ait aucune réprimande à distribuer.
- Allez, dors. Je vais veiller sur toi ! répondit-elle, alors que je souriais bêtement, pensant qu'elle avait tout prévu.
- Je t'aime ! lui chuchotais-je, à l'oreille.
La seule réponse de Maura fut de déposer un doux baiser sur mes lèvres, le deuxième d'une longue série.
Je n'étais pas prête à lâcher prise.
TBC
