Je sais que j'ai mis cette fic de côté, mais je m'y remets tranquillement. Pour le prouver, je me suis dépassée. ^^ Ce chap. est plus long que ceux que je fais habituellement. Petit clin d'œil à Nath et Nanou. Si je me souviens bien – et j'espère sincèrement ne pas être déjà en train de perdre la mémoire ! xD – vous aimiez toutes les deux cette fic.
Merci Julie pour la correction.
Bonne lecture !
La nuit s'était déroulée lentement pour Sara. Excepté quelques regards interrogateurs, personne ne l'avait réellement questionné au sujet de ce qui s'était produit la veille, au parc d'attraction.
Sara finit de récupérer ses choses, avant de se diriger vers le bureau de Grissom, afin d'annoncer son départ. Elle entra dans la pièce et s'appuya dans le cadrage de la porte, comme elle avait toujours eu l'habitude de le faire.
« Je voulais juste t'annoncer que j'allais rentrer à la maison. » dit Sara, signalant ainsi sa présence à Gil.
Ce dernier releva la tête et esquissa un sourire à la vue de sa jeune amie. Il allait ouvrir la bouche, mais quelqu'un arriva derrière la jeune femme.
« Vous voilà tous les deux ! » s'exclama la voix hautaine de Conrad Ecklie. Sara se retourna et tomba nez à nez avec le directeur-adjoint du labo. Elle tenta de forcer un sourire, mais ses lèvres refusaient de bouger, n'esquissant qu'une légère moue. Ecklie ne put faire mieux. « Vous avez fait les gros titres aujourd'hui. »
Il contourna Sara et entra dans la pièce, bien que Grissom n'ait pas sollicité sa présence.
« J'aimerais savoir pourquoi vous vous trouviez tous les deux au parc d'attraction ? Est-ce qu'il y a quelque chose entre vous deux dont je n'ai pas été mis au courant ? » s'exclama-t-il, avec une colère évidente dans la voix.
Grissom s'empressa de mettre une main devant lui, pour tenter de contenir Ecklie. « Il n'y a rien entre Sara et moi que vous ignorez, Conrad. Et la raison de notre présence au parc d'attraction ne vous regarde en rien. »
Si Ecklie sembla réjoui de la première phrase, il perdit le sourire qui s'était presque formé sur ses lèvres lorsque Gil termina de parler.
« Au contraire, je crois que ça me regarde ! Quand deux de mes CSI font la première page à cause d'un suicidaire dans un parc d'attraction, je suis même convaincu que ça me regarde ! » s'écria-t-il, faisant tourner les têtes de tous ceux qui circulaient dans le couloir.
« Vous voulez vraiment savoir ? » demanda Sara, souhaitant qu'Ecklie les laisse tranquille. « C'est très simple. Gi-Grissom m'a sauvé la vie. Pour le remercier, je l'ai invité au parc d'attraction, parce que je savais qu'il aimait les montagnes russes. Nous voulions faire une dernière attraction. J'ai choisi d'aller dans la grande roue. Vous connaissez la suite. » inventa Sara.
Ecklie fronça les sourcils, un peu comme s'il jugeait de la véracité des propos de Sara. Il jeta un regard à Grissom, qui acquiesça lentement, puis se résigna. Ce devait être vrai.
« Très bien, si vous le dites, Sidle. » Il tourna les talons et sortit presque du bureau. Sara soupira. Cependant, Ecklie se retourna vers les deux experts.
« J'ai une scène de crime à quelques heures de route de Vegas. Un meurtre en pleine forêt. Puisque vous vous entendez si bien, je vous transmets l'enquête. » Il fit une sorte de sourire presque machiavélique, alors que Grissom regardait sa montre.
« Mais, l'équipe de jour entre en fonction dans une heure ! Ne serait-il pas plus sage de leur confier l'enquête ? » intervint Grissom.
Il se savait capable d'aller sur cette scène de crime, tout comme Sara. Ils étaient d'ailleurs connus comme étant les deux travailleurs acharnés, faisant des services doubles et parfois même des triples. Ils étaient connus de tous comme ceux qui n'arrêtent jamais, qui n'ont pas réellement de vie en-dehors du travail. Mais le fait était qu'il n'avait aucune envie d'aller là-bas – de faite toutes ces heures de route, pour, sans aucun doute, se rendre compte que la victime avait été tuée par un habitant du village, frustré qu'on lui ait pris sa bête lorsqu'il chassait.
Gil soupira. Aucune envie d'aller là-bas. Non, vraiment aucune envie.
Ecklie s'approcha de Griss, à tel point que l'entomologiste pouvait sentir sa respiration sur son visage. « Comme vous l'avez dit, l'équipe de jour n'arrive que dans une heure. C'est encore à vous. À moins… À moins que vous n'en soyez pas capable ? »
Il leur lança un regard qui les défiait presque d'avouer qu'ils étaient trop fatigués pour aller sur la scène de crime. Puis avec ce même regard qui, malheureusement, ne laissait aucune réplique, il s'éloigna, son pas claudiquant résonnant dans le corridor qu'il parcourait…
Sara se laissa tomber dans le siège de la voiture.
Elle n'était pas contente d'être là. Elle aurait préférée rentrer chez elle, manger un morceau, regarder la télévision et se coucher dans son lit. Habituellement, elle était hésitante à rentrer chez elle, préférant rester au labo où elle se sentait utile. Mais aujourd'hui, c'était tout l'inverse. Elle se demandait ce que Gil aurait préparé pour eux s'ils n'avaient pas été obligés d'aller sur cette scène de crime. Musée ? Cinéma ? Cirque ? Théâtre ?
Maintenant, elle ne pouvait que se demander comment aurait été leur journée. Celle qui se profilait était assez facile à prédire. Se rendre à la scène de crime. Examiner la scène de crime. Retourner au labo. Examiner les indices et en tirer les premières conclusions. Ensuite, ils pourraient rentrer chez eux. Mais deux heures plus tard – trois s'ils étaient chanceux – ils devraient se présenter au labo, encore une fois, pour une autre nuit. Ça paraissait parfois à Sara comme un cycle interminable. C'était cependant le travail qu'elle avait choisi, plus d'une décennie plus tôt.
Griss démarra la voiture, jetant un petit regard à la jeune femme à ses côtés. Sara n'était vraiment pas contente d'être là. Ça se voyait par son air boudeur et ses soupirs prononcés. Aussi Grissom ressentit-il le besoin de s'excuser, bien que la situation ait complètement été hors de son contrôle.
Ils quittèrent le parking du laboratoire et s'engagèrent sur la route menant à l'autoroute. Sara regardait la paysage défiler, avec une certaine nostalgie. Ses pensées dérivèrent à son enfance, au temps encore heureux. Soudainement, elle se tourna vers son compagnon, s'exclamant : « Les balades en voitures, ça me rappelle mon enfance. »
Griss tourna la tête vers elle, fronçant légèrement les sourcils. Sara parlait rarement de son enfance et il aimait le fait qu'elle s'ouvre à lui. Il était prêt à mettre sa main au feu que c'était très rare.
« Ne me regarde pas comme ça ! » fit-elle en souriant. « J'ai aussi de bons souvenirs, tu sais… Avant que tout ne commence à aller mal… Avant que mon père ne perde son emploi… » murmura-t-elle, perdant le merveilleux sourire qui avait animé ses lèvres quelques secondes plus tôt.
Elle sentait qu'elle avait toute l'attention de Grissom.
« Ton père… a perdu son emploi ? » demanda-t-il lentement. Il avait peur qu'elle s'offusque ou décide de changer de sujet. Aussi y allait-il doucement, faisant attention pour ne pas la brusquer. Un de ses amis lui avait déjà dit qu'il ne fallait jamais forcer quelqu'un ayant de mauvais souvenirs à en parler. Ça faisait tout remonter à la surface et ce n'était que plus dur. La personne en parlerait si elle se sentait à l'aise d'en parler, si elle sentait qu'elle prête. Comme dans un viol, par exemple.
Sara acquiesça lentement, reportant son regard au loin. À ce moment-là, Grissom aurait donné cher pour connaître ses pensées. « Il travaillait dans une usine où on confectionnait des tuyaux, pour le gazoduc ou l'aqueduc. Il y a eu des histoires de corruption et de trucs du genre. Et l'entreprise a fermé ses portes. Mon père n'a jamais réussi à se retrouver un autre emploi… » expliqua-t-elle brièvement.
Le son de la voix de Sara avait pratiquement effrayé Grissom, tellement il était certain qu'elle ne reparlait pas avant plusieurs dizaines de kilomètres.
« Tu parlais de bons souvenirs tout à l'heure… » lui rappela Griss, dans une tentative de la ramener sur un territoire moins glissant.
« Oui… » fit-elle en fermant doucement les yeux, revivant avec joie ces moments. « J'ai toujours aimé partir en voiture et faire plusieurs heures de route. Tu sais, rouler sans réellement savoir où on s'en va. Juste rouler… Ça permet de réfléchir. Quand j'étais jeune, quand tout allait bien et qu'on partait tout ensemble à la plage… Ha la plage ! J'adore la mer… Tu sais, regarder au loin et seulement apercevoir l'horizon. Pas de terre, pas d'humain, pas de pollution, juste de l'eau. Ça me faisait rêver d'imaginer ce qu'il pouvait bien y avoir là-bas, sans jamais réellement le savoir. »
Elle continua à expliquer son amour et son attirance pour la mer, alors que Gil s'en voulait presque de l'avoir éloigné de cette immense étendue d'eau pour l'amener au milieu du désert. Il réalisa plus sur la venue de Sara à Vegas en l'écoutant parler de la mer que durant les cinq dernières années où elle avait été dans la ville. Il réalisa qu'elle avait sacrifié bien des choses pour pouvoir être à ses côtés et lui, comme un idiot, avait mis tout ça de côté, pour des raisons si stupides et si mauvaises que ça ne valait même pas la peine de les mentionner à voix haute.
Sara arrêta de parler, ayant la mauvaise impression qu'elle avait perdu l'attention de Grissom. Elle lui jeta un regard de biais, seulement pour s'apercevoir qu'il fixait la route, les deux mains posées sur le volant. Et pourtant, on aurait dit qu'il était profondément perdu dans ses pensées. Elle avait dû l'ennuyer. Ou, pire, il l'avait peut-être trouvé étrange d'aimer autant la mer.
En espérant animer un peu leurs deux heures de route restantes, Sara tendit la main et saisit le bouton de la radio. Comme Grissom ne réagissait toujours pas, elle se mit à chercher un poste, s'arrêtant parfois pour écouter un animateur parler ou fredonner quelques paroles d'une chanson assez populaire. Finalement, elle cessa de jouer avec les postes de radio et s'appuya le dos contre son siège moelleux, perdue dans ses pensées elle aussi. Mais pourquoi est-ce qu'il ne parlait pas ? Peut-être avaient-ils perdu leur journée à travailler, mais ils pouvaient toujours discuter pendant qu'ils étaient en route vers la scène de crime, non ?
Une heure s'écoula dans le silence le plus total. Sara avait appuyé sa tête dans sa main, ennuyée. La musique était depuis longtemps arrêtée. Rien n'arrivait à sortir Grissom de son mutisme. Ce dernier conduisait sans vraiment se rendre compte d'où il allait. Il prenait les sorties d'autoroute, dans un automatisme inquiétant.
Au bout d'un moment, Grissom s'aperçut qu'il avait du mal à continuer à rouler droit. Sortant de sa torpeur, Grissom tourna rapidement la tête vers Sara et leurs regards se croisèrent, paniqués. Doucement, la voiture a roulé en zigzagant de plus en plus sur la route. L'entomologiste essaya tant bien que mal de maintenir la voiture en ligne droite. Mais à un certain moment, il n'eut plus d'autres choix que de se ranger sur le côté de la route et d'arrêter la voiture
Encore une fois, il tourna la tête vers la jeune femme à ses côtés. Cependant, Sara n'était plus assise là, elle était déjà sortie de la voiture et contemplait l'étendue des dégâts. Grissom ne perdit pas de temps à aller la rejoindre à l'extérieur.
« Une idée sur le problème ? » demanda Gil en utilisant une main pour protéger ses yeux de la lumière crue du soleil levant.
Sara ne dit rien, mais leva un doigt vers la voiture et il fallut une bonne seconde à Griss pour distinguer qu'un de pneu était totalement dégonflé.
« On dirait que ton pneu a eu un petit problème… » murmura-t-elle avant de retourner vers la voiture. Une fois à côté, elle s'agenouilla sur l'asphalte et se coucha presque sur le sol pour voir quel était le problème avec les pneus…
Grissom laissa ses yeux glisser sur le corps de Sara qui, penchée sous la voiture, regardait toujours. Encore aujourd'hui, il avait du mal à croire à quel point elle était belle, jeune et en santé. Sa silhouette était aussi fine qu'il y a huit ans, le jour de leur rencontre. Sa chevelure, qu'elle laissait libre sur ses épaules, ne bouclaient plus comme avant, mais sa couleur était toujours aussi riche, aussi éclatante. Et malgré le fait qu'elle était vêtue en vêtement de travail des pieds à la tête, Grissom ne pouvait s'empêcher de la trouver magnifique et sexy, à sa façon.
Sara se releva doucement et tourna la tête vers Gil. Encore une fois, elle le surprenait à l'observer. Habituellement, elle détournait les yeux et ne disait rien, sachant que ça ne servait à rien et que ça le mettrait sûrement en rogne. Mais aujourd'hui, c'était différent. Aujourd'hui, elle était d'humeur à jouer et à flirter. Et d'une certaine façon, elle sentait que lui aussi.
Elle se remit sur pieds, alors que Grissom la regardait toujours avec envie et s'approcha rapidement de lui.
« Tu vois quelque chose qui te plaît ? » demanda-t-elle d'un ton moqueur.
Gêné d'avoir été surpris alors qu'il l'observait, Griss détourna les yeux et baissa la tête. Puis, il se dit que finalement, elle ne semblait pas en colère. Alors pourquoi ne pas embarquer dans son jeu ?
« Et si je te disais que oui ? » fit-il, tout en sentant un sourire sincère apparaître sur ses lèvres.
Il vit avec joie les joues de Sara rosir un peu. Elle ouvrit la bouche, prête à répliquer, mais une voiture venue de nulle part s'arrêta soudainement près de la leur. Quatre jeunes hommes en descendirent.
« Bonjour vous deux ! Besoin d'aide ? » demanda l'un d'eux, un garçon aux cheveux blonds à l'allure un peu frimeur.
Ses trois acolytes restèrent derrière lui, donnant presque l'impression d'être des gardes du corps prêts à « cogner » quiconque s'approcherait un peu trop de leur chef. Parmi ces trois gars, deux avaient les cheveux d'un brun pâle et l'autre les avait noir. Grissom eut un mauvais pressentiment immédiatement en les voyant approcher. Le fait que leurs regards fixaient un peu trop les courbes de Sara n'était certainement pas là pour aider à donner une bonne impression de ces quatre garçons à peine sortis de l'adolescence. Mais avant que l'entomologiste n'ait le temps d'ouvrir la bouche pour leur assurer qu'ils s'en sortiraient très bien tous les deux, Sara allait dans leur direction, sourire aux lèvres.
« Merci, mais ça va aller. Un des pneus a un clou de planté dedans. On n'a rien qu'à le changer et tout va rentrer dans l'ordre. Mais merci tout de même. »
Grissom relâcha sa respiration, ne s'étant même pas rendu compte qu'il l'avait retenu.
Malheureusement, le seul problème c'est que celui qui se désignait comme le chef parmi les quatre jeunes hommes ne l'entendait pas comme eux. Il mit sa main dans son dos et en sortit une arme qu'il n'hésita pas à pointer sur eux. Sara poussa une exclamation apeurée et recula jusqu'à ce que son dos touche le torse de Gil. Ce dernier porta la main à sa hanche, où une arme pendait. Il allait la prendre pour les protéger quand les trois autres gars sortirent eux aussi des armes.
Le chef avança vers eux. « Je sais que vous êtes armés. Mettez-les sur le sol et poussez-les vers moi. » Sara n'hésita pas une seconde à exécuter les ordres, mais Gil attendit une petite seconde. Le blond le remarqua.
« Tu me donnes ton arme le vieux ou je tire ta poulette ! » s'exclama-t-il violemment en approchant encore un peu.
Un des bras de Gil vint se placer le long de l'estomac de Sara et il en profita pour échanger de position, de manière à ce qu'elle soit derrière lui. Il sortit son arme de son étui – se rappelant au passage la dernière fois où il avait failli l'utiliser – puis la laisser tomber sur le sol. Ensuite, il lui donna un petit coup de pied pour la faire glisser en direction des quatre jeunes hommes.
« Voilà… C'est mieux ainsi. Maintenant, vous allez faire ce qu'on vous dit ou vous allez le regretter… »
« J'aime pas ça, Gil. » dit encore une fois Sara.
Après leur avoir enlevé leurs armes, les quatre malfaiteurs les avaient obligés à embarquer dans le coffre arrière de la voiture. Ils avaient refermés la valise sur eux en riant et en leur demandant de ne pas être trop « bruyant ». Ensuite, les deux experts entendirent les quatre acolytes changer la roue et partir avec la voiture de Gil. Ils avaient essayé de contacter Brass ou un autre de leur collègue, mais le portable de Sara n'avait plus de pile et apparemment, celui de Grissom ne captait pas dans ce petit coin perdu.
Ni Sara ni Gil n'avait de montre, mais selon l'estimation de l'entomologiste, trois heures s'étaient facilement écoulées depuis qu'ils avaient été tous deux enfermés dans le coffre arrière de la voiture. Après avoir passé un moment à chercher comment sortir du coffre, Sara avait commencé à paniquer. C'est à ce moment-là que Griss comprit que Sara était légèrement claustrophobe et qu'elle détestait être coincée dans des endroits restreints.
« Respire par le nez, Sara… On va bien finir par nous retrouver. » répéta-t-il encore une fois, en espérant la calmer.
Mais il fallait dire que lui aussi n'aimait pas trop la situation. Piégés dans le coffre arrière d'une voiture en bordure d'une autoroute peu passante, la situation ne s'annonçait pas super bien. Mais bon, au moins ils étaient attendus sur une scène de crime et Grissom se doutait qu'on lancerait sûrement un avis de recherche sur sa voiture. Le seul problème là-dedans, c'est que Sara et Grissom ne se trouvaient pas dans la voiture de ce dernier. Cependant, Brass arriverait sans doute à retrouver la voiture à Gil et comprendrait que quelque chose clochait.
Bref, Grissom tentait par tous les moyens de se convaincre que les choses rentreraient très bientôt dans l'ordre.
« Sara, veux-tu arrêter de bouger ? » demanda-t-il. Les deux experts étaient coincés. Sara, étant la plus près de l'ouverture du coffre, ne cessait de donner des coups d'épaule et d'essayer de sortir par tous les moyens.
Il sentit la jeune femme se tourner vers lui et vit, malgré l'obscurité, que ses yeux brûlaient de colère.
« Tu veux que j'arrête de bouger ? Tu veux qu'on reste coincés ici et qu'on meurt ? C'est ça que tu veux ? » s'offusqua le brunette en cessant tout mouvement.
« Je vais tenter quelque chose et j'ai besoin d'être le plus près de l'ouverture du coffre. » expliqua doucement Grissom.
Sara se calma instantanément en sentant la respiration de Gil contre son oreille. Ils étaient près... si près. Elle pouvait presque sentir sa barbe frôler sa joue. Malgré la situation, le désir s'élevait en elle, provoqué par ses propos murmurés presque au creux de son oreille. S'ils avaient été dans une autre situation, disons plus romantique, tout aurait été si différent. Griss aurait sûrement glissé une main le long de sa cuisse jusqu'à sa hanche. Il aurait aussi pu la laisser monter jusqu'à sa poitrine ferme.
« Comment tu vas faire pour te rendre là, Gil ? » s'enquit Sara en murmurant.
Grissom fut sur le point de fermer ses yeux, tentant de réfréner le désir qui l'envahissait tout entier. Ce n'était ni le lieu ni la situation qu'il avait en tête lorsqu'il pensait à faire l'amour à Sara pour la première fois. Mais la proximité et surtout la chaleur de son corps pratiquement collé contre le sien éveillait tous ses sens, les enflammant tel un brasier.
« Je… Je vais devoir passer… Par-dessus toi. » parvint-il à dire, la voix engluée par un désir évident.
Sara acquiesça lentement et se plaça sur le dos. Grissom inspira profondément et bougea de façon à ce que son corps soit sur celui de Sara. Rendu là, il s'arrêta malgré lui. Il avait peine à croire où il se trouvait. Il était couché sur Sara. Son corps, qu'il devinait très aisément brûlant de désir, juste sous le sien. Et elle, il l'imaginait, devait sentir son désir bien présent contre sa cuisse.
Sara retint sa respiration, les yeux plongés dans ceux de Gil. Ces satanés yeux bleus… Jamais elle ne parviendrait à s'en passer. Ils reflétaient tant de chose ; sa peur, sa tristesse, sa douleur, sa joie, son désir… Non seulement ses yeux étaient sombres, brillant d'une étrange lueur qu'elle ne lui connaissait pas, mais en plus elle ressentait la présence de sa virilité contre sa cuisse. Son cœur battait à une vitesse folle ; jamais dans sa vie elle ne s'était sentie aussi brûlante de ce désir. C'était si puissant…
Grissom contemplait les lèvres de Sara avec envie. Il aurait voulu l'embrasser, mais se retenu. Il bougea et enleva son corps de sur celui de Sara. La jeune femme prit brusquement une grande inspiration, ayant presque oublié le but initial recherché par Grissom de se rapprocher de l'ouverture du coffre. Griss ferma les yeux un instant, se souvenant vaguement ce qu'il avait souhaité faire avant de mettre son corps sur celui de Sara. Désormais, il devait dissiper le trouble qui l'avait envahi quelques instants plus tôt.
Grissom donna un gros coup d'épaule en espérant ouvrir le coffre. Mais soudainement, des bruits se firent entendre. Des voitures qui s'arrêtaient, des portières qui s'ouvraient, des pas sur le sol. Dans le coffre, la tension monta d'un cran – ce qui n'est pas peu dire, surtout si on considère la chaleur initiale qui régnait dans le coffre. Grissom déglutit difficilement.
Qui était-ce ? Était-ce encore les malfaiteurs, cette fois-ci accompagnés de d'autres acolytes avec de mauvaises intentions ?
Sara et lui échangèrent un regard inquiet. Finalement, ils entendirent des voix provenant de l'extérieur.
« Tu penses qu'ils cachent de la drogue là-dedans ? » Les deux experts dans le coffre reconnurent sans mal la voix de Nick.
« Si c'était ça, ils l'auraient sûrement pris avec eux… » ajouta ensuite Brass.
« Tout ce qu'ils ont dit, c'est qu'ils avaient une surprise pour nous là-dedans. Ça ne concerne pas nécessairement de la drogue. » rétorqua Catherine.
Grissom et Sara échangèrent de nouveau un regard avant de se mettre à s'agiter avec force. Sara frappait vigoureusement avec ses poings et ses pieds, tandis que Grissom criait. Rapidement, les experts à l'extérieur comprirent qu'il y avait des gens là-dedans.
Brass fit signe au serrurier d'ouvrir la serrure et tous les officiers de police se placèrent autour de lui, arme au poing, alors que les experts reculaient. Le coffre s'ouvrit brusquement et Brass s'écria aussitôt :
« Les mains en l'air ! Sortez du coffre immédiatement ! »
Prenant peur, les deux experts levèrent les mains en l'air rapidement, juste avant qu'ils soient reconnus par leur entourage.
« Gil ? Sara ? » fit Jim Brass, visiblement surpris.
« Qu'est-ce que vous faites là ? » s'exclama ensuite Catherine, en se précipitant vers eux.
La rouquine les aida à descendre et les examina rapidement, s'assurant qu'ils n'étaient pas blessés et qu'ils n'avaient rien.
« Il était temps… » murmura Sara. « Grissom commençait à paniquer. »
L'entomologiste se tourna vers la jeune femme, affichant un air amusé. Il aurait bien voulu la contredire, mais son sourire était bien trop irrésistible. Il adorait ce sourire, qui laissait entrevoir le léger espace entre ses dents. C'était un sourire qui le hantait et qu'il se félicitait toujours de voir apparaître. Grissom se disait souvent que ce sourire devrait être plus souvent visible sur le beau visage de Sara.
Sara lui lança un regard, attendant visiblement sa réplique. Gil avait beau cherché les mots pour la contredire, il ne les trouvait tout simplement pas. Pas si elle avait ce sourire. Il ne pouvait pas risquer de le lui enlever de sur les lèvres.
Il n'en avait simplement pas la force, ni le courage.
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