Epilogue
Dans quelques minutes, ils devront aller sur Mû. Jeanne inspire un grand bol d'air. Elle sait qu'elle devra bientôt retourner dans l'Iron Maiden pour accomplir la tâche qui lui est confiée et c'est dur. Elle ne veut plus de tout cela. Elle ne veut plus de morts. Elle ne veut pas que Marco doive de nouveau affronter Rakist. Elle ne veut plus se battre.
« C'est bientôt fini », pense-t-elle. Si le plan de Yoh fonctionne… le monde qu'ils construiront après sera parfait. Et le plan de Yoh fonctionnera car « tout ira bien ».
- Je ne serais pas si sûre de moi, si j'étais toi. Ça t'a toujours très mal réussi.
Jeanne jette un coup d'œil sur le côté pour voir Hao venir vers elle mais elle est trop fatiguée pour lui faire face alors elle se contente de l'ignorer. Ça semble le faire rire, à lui, qui vient de prendre puis de rendre des dizaines de vie en quelques claquements de doigts.
- J'ai croisé une imprévue à l'infirmerie hier soir.
Qu'est-ce qu'il pouvait bien aller être fabriquer à l'infirmerie ? Il avait un bobo ? Et puis on disait « un imprévu » d'abord.
- Je devais voir Rakist, il avait des vêtements pour moi.
« Je m'en moque, hurle Jeanne en pensées. Tu as essayé de me tuer. Plusieurs fois. Tu as même réussi. Pourquoi tu viens me parler comme si de rien n'était ? »
- Tu es vivante, non ? demande Hao en haussant un sourcil. Grâce à mon imprévue, encore une fois.
« Son imprévue… » Jeanne réfléchit, essayant de comprendre ce qu'il peut bien vouloir dire.
- Mon imprévue silencieuse, répète Hao avec un sourire inquiétant.
Et alors Jeanne comprend. Et pâlit.
- Si tu lui as fait quoique ce soit, menace-t-elle d'une voix tremblante.
- Calme-toi, Maiden, tu deviens toute rouge. Quoique, c'est amusant.
Jeanne serre des poings.
- Je lui ai simplement fait remarquer que ça faisait deux fois, qu'elle se dressait entre toi et moi. Et que ce n'était pas… comment dire ? Une très bonne technique de survie.
Jeanne le dévisage.
- Et… le relance-t-elle comme il ne poursuivait pas.
Les yeux de Hao se mettent à brûler.
- Elle sait parler en fait. Elle m'a répondu que « jamais deux sans trois ».
Jeanne affiche un visage surpris, puis se retint de sourire. Echoue.
- Donc je l'ai cramée, assène Hao comme un large sourire se dessine sur le visage de Jeanne.
Ce dernier se fige instantanément et les yeux de Jeanne s'agrandissent d'effroi.
- J-je ne te crois pas, réplique-t-elle d'une voix tremblante.
Hao lui sourit.
- J'aurai vraiment pu le faire.
Jeanne sent une boule d'angoisse s'évaporer dans sa poitrine.
- Mais comme elle ne vient pas sur Mû, il ne risque pas d'y avoir de troisième fois, poursuit Hao.
- Parce que si elle venait, elle est une si grande menace que tu devrais l'éliminer, se moque Jeanne.
Elle se surprend elle-même, elle n'a jamais fait ça. Se moquer, de cette manière. Avec acidité. Est-ce parce qu'il l'énerve et qu'il la pousse à la méchanceté ? Est-ce qu'il déteint sur elle ?
Hao éclate de rire à ses côtés.
- Tu sais quoi, Jeanne, il me tarde que le Shaman Fight soit terminé.
Jeanne le dévisage un moment.
- Moi aussi, répond-elle.
Il sourit et s'en va rejoindre le sous-marin qui devait les conduire sur Mû. Jeanne le regarde s'éloigner.
Il l'avait appelée « Jeanne ».
