Auteur: Swato
Pairing: Stiles X Malia ; Derek X Stiles
Disclaimer: L'univers et les personnages de Teen Wolf ne m'appartiennent pas :'(
Note: Eeeeeeet, ouaiiiip ! Non, vous ne rêvez pas, j'ai bel et bien changé le pairing, hin hin. Parce que vu les petites insinuations, j'ai jugé qu'il y avait du sterek, et bah ouais ;)
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ABUSIVE RELATIONSHIP
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Chapitre 7 :
Sitôt rentré, Stiles sentit la tension qui habitait ses épaules s'en aller, le lieu familier le calma. Ce n'était pas la première fois qu'il venait chez Derek, la plupart du temps, c'était pour organiser des plans lorsqu'ils étaient en galère niveau super-naturel, seulement il en gardait de bons souvenirs. C'était ici que Stiles s'était senti écouté le plus, que son opinion avait compté, que ses plans avaient été accepté. Il se sentait tellement différent maintenant, il se demandait comment il avait fait pour être si sûr de lui, si assuré par rapport à aujourd'hui où le doute ne voulait plus quitter sa tête.
« Je viens de voir ton sms, qu'est-ce qui s'est passé ? Demanda Derek d'une voix éraillée par le sommeil. »
Stiles ouvrit la bouche, se souvint de la menace implicite de Malia et la referma, pinçant les lèvres. Il serra plus fort son sac contre son torse, comme si ça avait pu le protéger. Il regarda le studio sans savoir quoi faire de son corps et ce qu'il était censé dire. Derek soupira et haussa les épaules, passant une main dans ses cheveux ébouriffés.
« Tu n'as qu'à t'installer sur le canapé, je vais aller te chercher ce qu'il faut, grommela Derek. »
Stiles posa son sac par terre à coté du divan et s'assit dessus tandis que le loup-garou montait les escaliers à la recherche de « ce qu'il faut ». Il essaya de chasser l'impression des fourmis courant sur sa peau en se frottant le visage de ses mains, il fallait qu'il retrouve son traitement, il ne pouvait décemment pas continuer comme cela. Il allait se le greffer sur le corps, comme ça il ne le perdrait plus. L'idée lui arracha un sourire. Derek redescendit finalement et lui balança une couette sur la tête ainsi qu'un oreiller. Stiles remarqua que la couverture était douce et moelleuse, il s'emmitoufla tout de suite dedans, déjà réconforté. Derek bailla derrière sa main, il se planta pourtant devant lui et lui prit le menton entre ses doigts pour tourner sa tête dans tout les sens, inspectant sans doute son visage à la recherche de coup. Le geste le fit sursauter et l'embarrassa, il sentit ses joues se mettre à chauffer, son cœur se mettre à battre plus fort. Stiles avait quelque bleus sur le corps, mais rien sur le visage, Malia faisait attention maintenant. Derek fit un bruit de gorge et le lâcha finalement. Stiles se mordit les lèvres, perplexe. Le loup-garou bailla encore une fois, étirant son corps musclé juste en face de lui, frottant son bras avec fatigue.
« J'y vais, marmonna t-il.
- Bonne nuit, souffla Stiles du bout des lèvres. »
Derek monta les escaliers à pas lent et Stiles le suivit des yeux, son cœur battait toujours bizarrement. Il balaya la pièce du regard et s'allongea doucement, coinçant l'oreiller sous sa tête. La couette s'enroulait agréablement autour de lui. L'endroit n'était peut-être pas aussi chaleureux que la chambre de Scott mais elle ferait l'affaire. Il ne put s'empêcher de penser à Malia. Au fait qu'il l'aimait même si elle lui faisait du mal. Derek avait raison pourtant. Il fallait qu'il rompe avant que ça ne dégénère. Mais comment échapper à Malia qui vivait pratiquement sous son toit ? Qui s'immisçait dans sa chambre sans lui demander son avis ? Stiles avait l'impression qu'il ne s'en sortirait jamais, elle reviendrait toujours, il n'arriverait jamais à la tenir à l'écart. Son père avait beau être le shérif, qu'était-il face au surnaturel ? Il était piégé, foutu. Et en plus de tout cela...
Stiles avait peur de finir seul. Malia avait raison, il était nul, il foirait tout ce qu'il entreprenait, il n'arriverait à rien tout seul. Il était incapable de se débrouiller, il avait déjà fait tellement de bêtise... Qui voudrait de lui ? Malia voulait de lui même s'il était nul, qu'il n'arrivait pas à la satisfaire, elle était avec lui malgré tout. Stiles ne voulait pas être seul. Il ne voulait pas que Scott se rende compte soudainement à quel point il était nul, à quel point être son meilleur ami ne rimait à rien. Au final, Malia était à présent la seule qui le liait aux autres, la seule qui sauvait les meubles. Sans elle... Stiles serait seul, il n'aurait plus personne, plus rien. Juste ses yeux pour pleurer...
Mais Malia ne l'aimait pas, pas vrai ? Un éclat de lucidité prit Stiles soudainement et le ramena à la raison. Quand on aimait quelqu'un, on ne lui faisait pas du mal, on essayait pas de le noyer, on ne faisait pas de sa vie un enfer, on ne lui criait pas dessus au point de tellement l'effrayer qu'on se pissait dessus... Malia ne l'aimait pas alors, pas vrai ?
Les fourmis revinrent et Stiles ne put pas rester en place, il fallait qu'il se lève, qu'il fasse quelque chose. Il se mit sur ses pieds, la couette serrée fermement autour de son corps et se posta près des grandes baies vitrées, contre le mur de brique. Il posa sa tête contre et ferma les yeux. Les fourmis étaient irritantes, elles rampaient sous sa peau, formaient des tunnels... Stiles avait envie de s'arracher la peau des bras tellement c'était désagréable, il serra les dents.
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Un rythme régulier, toujours sur le même tempo. La fatigue qui montait crescendo en parallèle à ses pensées qui ne voulaient pas le laisser tranquille. Un bruit sourd, lancinant, entêtant, qui faisait mal. Stiles avait les yeux à demi-ouvert, le ciel commençait tout juste à s'éclaircir et il n'avait pas fermé l'œil de la nuit. L'épuisement et la folie le guettait. Un autre son, léger, comme de pieds glissant sur le parquet.
« Stiles ? Mais bon sang, qu'est-ce que... »
Stiles releva la tête vers Derek, il n'eut pas le temps de le regarder vraiment, le loup-garou passa ses bras autour de son corps pour l'éloigner du mur sur lequel il frappait légèrement sa tête à intervalle régulier, sur le même tempo lancinant. Derek prit son menton et examina sa tempe, ses lèvres prenant un pli réprobateur tandis qu'il passait ses doigts sur la zone où il n'avait cessé de cogner depuis la veille au soir. Sa joue gauche était poisseuse et collante de sang, il avait dû se faire ça à force de faire cela mais il ne s'en était pas rendu compte, les fourmis trop énervées sous sa peau.
« Je vais appeler Melissa, grogna Derek.
- Non..., protesta Stiles. Je vais bien.
- J'appelle Melissa, répéta Derek fermement. Tu ne bouges pas de là, t'as peut-être une commotion. »
Derek poussa Stiles sur le coté, le faisant s'allonger d'une pression sur son épaule et il ne se sentit pas la force de protester encore. Il entendit vaguement le loup-garou parler avec Melissa sur un ton énervé, grognon, comme à son habitude. Stiles se sentait... vide. Il avait mal à la tête bien sûr et ses pensées ne voulaient pas le lâcher, mais au fond de lui, il y avait comme une sorte de creux qui s'était approfondi au fil de ses réflexions de la veille. Stiles était sûr que ce trou là, ce creux qui tordait sa poitrine, on ne pourrait jamais le reboucher. Il resterait toujours là, béant, comme une tombe qu'on n'arrive pas à refermer.
Quelque chose de froid se posa sur sa joue, attirant son attention. Derek était penché sur lui, lui tendant un sachet de petits poids surgelés. Stiles se demanda si lui aussi avait une tombe qu'il n'arrivait pas à refermer, si les autres avaient ce genre de trou dans la poitrine, bien caché sous la peau, ou si c'était juste lui.
« Pose ça contre ta tempe, Melissa finit son boulot dans une heure, elle viendra après, grommela Derek. »
Derek prit place sur le canapé d'en face, les mains jointes, ses yeux étaient fixés sur lui, comme s'il était un puzzle, un problème qu'il n'arrivait pas à résoudre. Stiles sentit l'embarras monter jusque sur ses joues, il remonta la couette sous son menton et cala le sachet glacé contre sa tempe.
« Pourquoi t'as fait ça ? L'interrogea Derek.
- Trop de truc dans ma tête, souffla Stiles.
- De truc, répéta t-il, perplexe. Est-ce que Malia t'as fait quelque chose ? Liam m'a envoyé un message en disant que tu t'étais fait attaqué et que tu n'avais pas voulu qu'il prévienne Scott. »
Stiles prit une inspiration pour calmer l'accélération que venait de prendre son cœur à la mention de Malia. Derek eut plus ou moins sa réponse. Il se mordit les lèvres et releva les yeux. Il y avait quelque chose... Quelque chose dans le regard de Derek qui tirait sur la sincérité, sur la neutralité, qui poussa Stiles à croire qu'il ne jugerait pas, même s'il lui racontait les pires horreurs. Il hésita, un silence s'installant dans la pièce alors que le soleil se levait et éclairait le salon.
« Je crois..., commença t-il. Je crois qu'elle ne m'aime pas. »
Derek haussa un sourcil, il avait l'air de s'être attendu à tout, sauf à ça. Au final... C'était la chose qui perturbait le plus Stiles. Que Malia ne l'aime pas, qu'elle ne l'ait pas aimé depuis le début, qu'elle ait joué la comédie. Stiles l'aimait encore, même si elle était violente, qu'elle le frappait, qu'elle était méchante dans ses propos... Il ne pouvait pas s'empêcher de ressentir tout cela. Mais il était prêt à passer outre, à tourner la page.
« Qu'est-ce qui te fait penser ça ? »
Stiles revint à l'instant présent, réalisant qu'il s'était une fois de plus égaré dans ses pensées. Derek s'était accoudé sur ses genoux, plus près de lui, le dévisageant avec les sourcils froncés, soucieux. Stiles ne sut pas pourquoi maintenant, pourquoi là tout de suite, mais il se sentit prêt. A parler. A essayer de comprendre ce qui lui arrivait. Peut-être que la noyade avait été la violence de trop. Peut-être que la lumière de curiosité authentique, sans malice, dans les yeux de Derek était un bon moteur. Parfois, il y avait des choses qu'on ne comprenait même pas soi-même, il fallait juste accepter.
« Elle m'a demandé de lui préparer un bain et comme j'ai pas... j'ai pas pris mon traitement depuis longtemps, je me perds parfois. L'eau a débordé et ça l'a énervé. Elle m'a mis la tête sous l'eau... »
Une fois commencé, ce fut dur de s'arrêter. Stiles raconta tout, ses propos n'étaient pas toujours clairs, pas cohérents mais Derek ne l'interrompit pas une seule fois, ne lui cria pas dessus, grognant pour monter qu'il écoutait. Les vêtements, les clefs de la Jeep, les conduites brusques, la peur, les empoignades, les devoirs, Deaton, ses regards soit disant pervers, l'angoisse, internet, le répertoire de son téléphone, les gifles, les hurlements, les sms, les menaces, le chantage, la terreur... A la fin, Stiles se sentit tellement nu et vulnérable qu'il tremblait, sans le contrôler, comme si son corps cédait une fois de plus à la vérité, à la façon dont il s'était voilé la face tout ce temps. En relevant la tête vers Derek, il vit qu'il avait eut raison. Il n'y avait aucun jugement dans ses yeux, aucune réprimande, rien qu'un pli soucieux barrant son front.
« Stiles... Tu sais comment on appelle les gens comme Malia ? Demanda Derek doucement. »
Stiles renifla et détourna les yeux, secouant la tête. Ses yeux brûlaient mais il n'allait pas pleurer. Derek frotta ses mains l'une contre l'autre, il le fixait toujours.
« Des pervers narcissiques. Tu veux faire des recherches dessus en attendant Melissa ? »
Stiles hocha la tête, les recherches, il était bon pour faire des recherches avant. Derek lui prêta son ordinateur et le laissa naviguer sur n'importe quel site, ne regardant pas par dessus son épaule ce qu'il y faisait. Il lui posa des questions à propos de son traitement et Stiles y répondit distraitement, disant qu'à chaque fois qu'il voulait le prendre, il perdait les boites.
« Je reviens, je vais faire une course. »
Un léger pic de nervosité à l'idée d'être seul prit possession de Stiles, il fit de son mieux pour l'ignorer. Derek ferma la porte derrière lui et il fut parti. Les recherches lui furent bénéfiques, Stiles put comparer ce qu'il vivait avec ce que le site renseignait. Il ne parvenait pas réellement à croire que Malia était mauvaise volontairement, il lui trouvait encore des excuses sans le faire vraiment exprès.
« Le pervers narcissique éprouve de la joie au spectacle de votre déchéance associé au sentiment de domination morbide. L'erreur des victimes d'un manipulateur pervers narcissique est de rechercher l'existence d'un sentiment là où il n'en demeure malheureusement aucun. Véritables machines à broyer, on les reconnaît principalement dans des amours toxiques, mais ce sont également des amis, des collègues, votre propre famille. »
Stiles se mordit les lèvres, frissonnant violemment, la poche de glace sur son visage l'aidait à rester éveillé malgré l'état de fatigue dans lequel il se trouvait. Derek revint au bout d'un moment et lui jeta une boite d'Aderall sur les genoux, comme si de rien n'était.
« Elle était enterrée dans ton jardin, t'as dû oublié que tu l'avais mise là, dit-il, semblant de rien. »
Stiles tourna la boîte entre ses mains. Enterrée dans le jardin, il y avait peu de chance que ce soit lui qui ait fait cela. Il regarda l'heure et avala une gélule. Il avait une heure de retard mais il gérerait ça plus tard. Derek rangea les courses qu'il avait fait sur le chemin et Melissa arriva peu de temps après. Les petits poids dans le sachet avaient presque fini de décongeler, il était épuisé, ses yeux se fermaient tout seuls et pourtant son cerveau continuait de tourner inlassablement.
La mère de Scott s'inquiéta de son état, se tourna vers Derek qui secoua la tête pour la dissuader de poser des questions, ce dont Stiles lui fut reconnaissant. Melissa soigna la plaie sur sa tempe et palpa l'endroit avec attention, déclarant que c'était un coup trop superficiel pour mener à une commotion. Elle lui fit une piqure de calmant et l'instant d'après, Stiles fermait enfin les yeux pour s'endormir cette fois-ci, bien emmitouflé dans sa couette moelleuse, l'ordinateur sur les genoux.
.oOo.
Lorsque Stiles se réveilla, il faisait encore clair dans l'appartement et il avait terriblement faim. Ses esprits étaient déjà plus clairs, il faudrait qu'il remette le pied à l'étrier au niveau de son traitement et dans une semaine ça irait mieux. Stiles bailla et remarqua qu'on l'avait allongé sur le canapé et qu'on avait retiré l'ordinateur portable de ses genoux.
« Si t'as faim, y a un reste de pâte dans le frigo, marmonna Derek. »
Le loup-garou était affalé sur le canapé d'en face avec un bouquin entre les mains, le feuilletant avec concentration. Stiles le fixa un moment avec un sourcil haussé, se demandant comment il avait fait pour deviner qu'il avait une faim de... loup. L'expression le fit sourire malgré lui. Il se leva, grattant sans y faire attention le pansement que Melissa lui avait mis sur la tempe. Derek grogna un avertissement et Stiles sursauta, baissant sa main avec précipitation. Le son avait fait flasher des souvenirs derrière ses paupières, il l'entendait souvent avec Malia. Il s'éloigna de lui en lui jetant des petits coup d'œil pour s'assurer qu'il restait sur le canapé, qu'il était en sécurité et se dirigea vers la cuisine pour se servir en pâte. Il avait raté le petit déjeuné mais il ne se voyait pas manger sucré à une heure aussi tardive. Il fit réchauffer son plat au micro-onde.
« Qu'est-ce que tu comptes faire avec Malia ? Lui demanda Derek sans prendre de pincette. »
Stiles se dandina, mal à l'aise. Il s'assit à table, l'assiette pleine de nourriture. Soudainement, l'appétit sembla s'enfuir loin, loin. Il touilla dans son plat avec sa fourchette, mâchonnant les pâtes sans grand enthousiaste. Derek releva les yeux de son bouquin pour lui lancer un regard bref.
« Je ne sais pas, avoua t-il. La quitter..., je crois. »
Derek hocha la tête, comme s'il n'avait rien dit de grave. Stiles avait l'impression d'avoir lâcher une bombe nucléaire, il n'arrivait pas à se faire à l'idée, à s'imaginer entrain de quitter Malia, il se sentait détruit d'avance. Il aurait aimé que Derek le prenne différemment, peut-être qu'il lui dise qu'il était dingue, qu'il faisait une bêtise. Qu'il se contente de hocher la tête de cette façon, comme si c'était normal... Ça le chamboulait. Stiles se rendit compte que ce qu'il aurait voulu que Derek dise... c'était ce que lui même voulait entendre. Il voulait une excuse pour rester avec Malia, le changement lui faisait peur. La solitude lui faisait peur. Stiles sortit son portable de sa poche et l'alluma pour consulter ses messages. Il en avait dix-huit et quatre appels en absence.
22:28 / Tu reviens quand ?
08:59 / Je suis désolée Stiles, j'aurais pas du faire ça...
09:35 / Je ne sais pas ce qui m'a pris, je te jure que je vais changer, reviens.
10:02 / Tu me pardonnes, pas vrai ? C'était juste une dispute de rien du tout, on va pas être en froid à cause de ça !
Stiles déglutit, ses doigts se crispèrent sur le téléphone en voyant le dernier message qu'elle lui avait envoyé :
11:04 / Je t'aime.
Malia ne l'aimait pas, pas vrai ? Stiles ferma son téléphone et le posa sur la table. En levant la tête, il se rendit compte que Derek le dévisageait, ses yeux bleus/gris fixés sur lui, les sourcils froncés en son habituelle moue renfrognée. Stiles passa sa langue sur ses lèvres sèches et hocha la tête.
« Je vais la quitter, dit-il plus fermement. »
L'assurance qu'il affichait n'était pas la sienne. Il ne se sentait pas aussi fort qu'il le prétendait, mais il le faudrait pourtant. Il faudrait qu'il affronte la situation, qu'il arrête de se voiler la face. Sa relation avec Malia n'était pas saine, il ne pouvait pas continuer comme ça, à se demander si son père allait retrouver son cadavre un jour en rentrant à la maison au lieu de son fils, bien vivant. Derek acquiesça à nouveau d'un grognement:
« Pourquoi tu ne le fais pas maintenant ?
- Main... Maintenant ? Balbutia Stiles.
- Ouais, affirma Derek. T'as un téléphone, un texto et c'est fait, reprit-il en haussant les épaules.
- On quitte pas quelqu'un par sms, c'est nul. C'est les looser qui font ça, protesta Stiles. »
Derek retourna à son livre après un dernier haussement d'épaule et Stiles regarda son portable avec hésitation. D'un coté, il avait peur d'affronter Malia et un sms paraissait plus facile. De l'autre, il n'y avait pas le coté définitif que Stiles attendait. Il voulait pouvoir se dire que... que quelque chose s'était réellement produit. Il avait déjà assez mal comme cela, il avait besoin de terminer cette histoire, pour de bon. Il le fallait.
« Je vais aller la voir, décida t-il.
- Maintenant ?
- Ouais, acquiesça t-il. Sinon je ne vais plus avoir le courage, ajouta t-il en un murmure. »
Si Derek avait entendu ce qu'il avait dit – et il l'avait entendu, super-ouië oblige – il n'en montra rien. Stiles se passa une main dans les cheveux avec incertitude, il se sentait encore perdu. Derek ferma son livre et soupira, se pinçant l'arrête du nez en serrant les dents avec une frustration qu'il ne comprit pas. Le loup-garou se leva finalement et jeta son bouquin sur le canapé:
« Je vais te conduire.
- T'as pas besoin. Je peux prendre le bus.
- Tu peux, mais ce sera plus rapide si je te conduis... »
Stiles pesa ses paroles un moment, les retournant avec attention dans sa tête, cherchant par habitude où se trouvait le piège. Il n'était pas habitué à un geste de gentillesse sans motivation derrière, c'était difficile de croire que Derek faisait cela tout simplement parce que ce serait plus rapide pour Stiles. Pourquoi se soucier de lui ? La réponse lui échappait encore. Ne voyant pas où cela allait le mener, il ne put s'empêcher de hocher prudemment la tête, surveillant Derek du regard pour voir comment il allait réagir. Le loup-garou se contenta d'acquiescer et d'aller chercher ses clefs et sa veste. Stiles ne prit pas ses affaires, les laissant sur le planché du studio de Derek. Il ne savait pas pourquoi il les abandonnait derrière lui, juste que cela lui paraissait... mieux. Logique.
Il suivit Derek à sa voiture et s'installa sur le siège passager, croisant les bras sur sa poitrine en un geste de repli, inconsciemment. Le trajet fut silencieux, le loup-garou n'était pas d'un naturel bavard et il n'avait pas grand chose à dire, les nerfs rongeaient sa patience et son calme au fil du temps qui s'égrainait. La détermination qui était la sienne au studio de Derek commença à s'évaporer peu à peu, ses mains se mirent à trembler lorsqu'ils se garèrent dans son allée, il les cacha sous ses bras.
Stiles avait l'impression que le monde s'écroulait sous ses pieds. Il allait réellement le faire, il allait quitter Malia. Et plus cette intention prenait de la place dans sa tête, plus il paniquait. Comment allait-il vivre sans elle ? Il l'aimait bien trop, il était trop amoureux d'elle, il avait la sensation qu'il ne pourrait pas continuer après, qu'il n'y aurait plus rien après ça. Il était terrifié.
« On est arrivé, lui fit remarquer Derek. »
Stiles sentit le sang se retirer de son visage. Bien sûr, il le savait, ils étaient garés devant chez lui. Il prit une inspiration tremblante et tourna la tête vers Derek sans le regarder vraiment:
« Elle est là ? Demanda t-il, la voix vacillante et enrouée. »
Derek hocha la tête et fit un bruit de gorge, ses doigts jouant avec le volant. Stiles imita son geste en opinant du chef nerveusement, il ouvrit la portière et sortit, adressant un coup d'œil reconnaissant à Derek:
« Merci de m'avoir conduit. »
Derek haussa les épaules, ne le quittant pas des yeux, le moteur tournant encore. Stiles tenta un sourire qui se transforma rapidement en grimace. Il abandonna. Il claqua la portière et essuya ses paumes moites sur son jean. La maison qui l'avait vu grandir semblait énorme, imposante, effrayante. Stiles faillit se laisser submerger par la panique. Il avait mal au cœur et il avait envie de vomir. Il prit une inspiration et avança, ses pas faisant crisser les cailloux de l'allée d'une façon familière. Il ouvrit la porte, son cœur battait trop fort dans sa poitrine, comme s'il allait en sortir violemment. La tête lui tourna un instant et il dut s'arrêter, posant une main contre le mur du couloir pour reprendre son équilibre et son souffle.
Comment allait-il bien pouvoir quitter Malia ? Il l'aimait trop, il était fou, il ne pourrait jamais... Ses pieds le portèrent dans le salon, il ne l'y vit pas. Elle était sûrement dans sa chambre. Stiles déglutit, sa gorge était sèche, il avait besoin d'eau, il avait besoin de se passer quelque chose sur le visage avant. Conscient de repousser le moment encore, il trébucha jusqu'à la cuisine.
Stiles leva les yeux qu'il avait gardé collé au sol depuis qu'il était entré dans sa maison et son cœur fit un arrêt. Dos à lui, les mains appuyées contre le plan de travail, Malia l'attendait, les doigts tapotant contre le bois en un rythme vif et endiablé.
« Derek te raccompagne maintenant ? Demanda t-elle sur un ton léger. »
Malia tourna uniquement la tête vers lui, le regardant de biais, comme s'il ne valait même pas la peine qu'elle lui prête toute son attention. Stiles déglutit, se tordant les mains l'une contre l'autre. Son cœur lui faisait l'effet d'un oiseau pris au piège, il battait des ailes avec fureur pour tenter de s'échapper mais se cognait à chaque fois contre sa prison de verre, captif.
« Il m'a... Il me l'a proposé.
- Bien. Tu es là à présent. Tu vas pouvoir m'expliquer pourquoi tu n'as pas répondu à mes messages, dit-elle froidement. Je me suis inquiétée je te signale, je ne savais pas où tu étais, ce qui t'étais arrivé... j'ai eut peur ! »
Stiles sentit sa résolution fondre légèrement. Malia se tourna enfin, lui révélant son visage, elle le fixait, elle le regardait enfin. Stiles se prit à croire que ce qu'elle disait était vrai, qu'elle s'était inquiétée et qu'elle avait eut peur pour lui. Sa détermination s'adoucit et ses épaules se détendirent légèrement. Elle regrettait ce qui s'était passé, pas vrai ? Les mains de Malia tapèrent brusquement contre le plan de travail, faisant chuter une boite de conserve au passage sous la violence de ses gestes et hurla:
« TU VAS ME RÉPONDRE, OUI ?! »
Stiles sursauta et rentra la tête dans les épaules. Ses espoirs moururent aussitôt. Sa gorge était si serrée qu'elle en devenait douloureuse. Malia ne regrettait rien du tout. Elle ne changerait pas, Stiles ne pouvait rien faire pour la calmer parce qu'il n'y avait rien qui l'apaiserait. Malia n'était que colère et violence. Il déglutit une fois de plus et se mordit les lèvres:
« Je veux.. Je veux qu'on arrête.
- Qu'on arrête ? Railla Malia. Mais qu'on arrête quoi au juste, hm ?
- Qu'on arrête de se voir, dit-il rapidement, avant de ne plus avoir le courage. »
Malia ricana, se tourna de nouveau dos à lui et Stiles recula d'un pas. Des frissons incontrôlables le secouaient et il se sentait tellement mal, mal, mal... Tout son être lui disait qu'il aimait Malia et qu'il ne voulait pas la quitter, qu'il avait besoin d'elle, que sans elle, il n'était rien. La quitter, c'était agir contre ses sentiments, contre ce que sa tête lui hurlait de faire. Ce n'était même pas logique à son sens, son choix ne tenait pas de la raison, ni des sentiments. Il tenait de l'instinct de survie. Et dieu, ce qu'il en souffrait, il s'en mordait les doigts.
« J'aurais dû le savoir, railla Malia. T'es qu'un bon à rien. Tu veux que je te dise ? T'iras brûler en enfer, comme ta salope de mère. D'ailleurs, c'est peut-être mieux qu'elle ne soit plus là, au moins elle a pas eut à s'occuper de toi. »
Stiles sentit un élan de rage le traverser, remplaçant la peur. Il vit rouge. Personne ne parlait de sa mère de cette façon, personne n'avait le droit de salir sa mémoire. Il fit un pas en avant, prêt à la défendre, oubliant momentanément sa terreur. Malia sourit et sa main se tendit vers le set de couteau posé sur la table. Elle en retira un et le leva devant elle. La lame accrocha la lumière de la pièce, Stiles se figea.
« Alors Stiles ? Maintenant, qu'est-ce que tu vas faire ? Demanda calmement Malia. C'est stupide, non ? C'est juste une petite dispute, je suis sûre que tu vas vite t'en rendre compte et que tu vas t'excuser. Et comme je suis gentille, je vais te pardonner. »
Malia s'approcha, jouant avec le couteau sans le regarder, presque insouciante, avec désinvolture, comme si ce n'était pas grand chose. Stiles recula et ses yeux se mirent à piquer désagréablement. Qu'était devenue la fille amusante et amoureuse du début de leur relation ? Qui l'avait remplacé par ce... par ce monstre ? Stiles ne pouvait pas croire qu'elle avait toujours été comme cela. Il secoua la tête, la gorge trop serrée pour pouvoir parler. Il essaya malgré tout:
« C'est fini, Malia. Je ne veux p-plus être avec toi, bafouilla t-il. »
Les yeux de Malia prirent cette teinte bleue à laquelle il s'était tant habitué. Ses traits se déformèrent en une expression de pure colère, de haine, elle se précipita sur lui et leva le bras, brandissant le couteau au dessus de sa tête.
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A suivre...
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Source de l'extrait en italique et entre «...» :
(Remplacer les SLASH par des slash lool les POINT par des .)
http:SLASHSLASHwwwPOINTperversnarcissiquePOINTcomSLAHStest-pervers-narcissiqueSLASH
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MUHAHAHAHHAHAAHA CE QUE JE SUIS SADIQUE, JE M'AIME ! Mdr
J'espère que vous n'allez pas trop me haïr pour cette fin de chapitre qui s'achève assez brusquement, bon dieu ce que j'adore faire des fins comme ça XD Par contre je déteste en lire, donc je saiiiiis que vous allez me détester muhahahahaha.
Du coup, je suis sûre que je vais avoir pleins de reviews avec des menaces de lancée de tomate ou je ne sais quoi, pas vrai ? lol
