Bonjour à toutes !
Toutes mes excuses pour ce retard mais ce chapitre m'a donné un peu de mal.
Comme toujours je remercie celles qui me suivent, apparemment le chapitre précédent ne vous a pas laissé indifférentes !
J'admets que c'est toujours un peu dur de voir Edward dans le mauvais rôle mais bon…
Le chapitre 7 arrivera (peut-être) lui aussi avec du retard (plus gros cette fois), mes vacances débutent en fin de semaine et je ne serais pas chez moi ce week end donc voilà… Je pense quand même être plus productive pendant ces vacances (même si je suis sensée bosser…)
Voilà donc ce « fameux-spécial » chapitre !
.
.
.
Il est temps d'y aller.
Ou alors j'attends encore quelques minutes histoire d'être vraiment prêt…
Putain, non ! Bouge ton cul et sors une bonne fois pour toute d'ici ! A force d'attendre tu vas te dégonfler !
Pff… De toute façon c'est pas grave si j'attends ne serait ce que 5 minutes...
Et les 5 minutes vont être suivies de 5 autres minutes et ainsi de suite ! T'es venu ici pour arrêter de jouer les cons alors lève toi une bonne fois pour toute !
Je soupire, irrité.
Je me donne mal à la tête avec cette putain de conversation intérieure.
Je ne sais même plus depuis combien de temps je suis ici, allongé sur ce lit étroit et inconfortable dans cet hôtel plus que minable.
Quand je suis arrivé je n'ai pas vraiment cherché de lieu précis, et puis Forks n'est pas vraiment une ville touristique peuplée d'hôtels.
Et je ne suis pas là en touriste.
En quittant Chicago j'étais serein et déterminé, maintenant arrivé à destination je suis fébrile et je mesure l'ampleur de ce qui va suivre.
D'un élan soudain je me redresse et reste assis au bord du lit quelques secondes pour reprendre mes esprits après être resté un bon moment allongé.
Je me penche vers la petite table de nuit à ma droite pour attraper mon téléphone. Il est bientôt 12h, presque 2h que je suis ici. Je ne constate aucun message ou appel en absence.
Jay a apparemment décidé de me laisser un peu tranquille. Je l'appellerais quand même ce soir.
Je me lève un peu chancelant, attrape mon gros blouson et mon écharpe -c'est qu'il caille encore plus qu'à Chicago ici !- et sors enfin de la chambre.
Bravo Edward, c'est un grand pas que tu viens d'faire !
Presque à reculons je retrouve ma jolie compagne de route.
A une allure plus lente que d'habitude je parcoure le centre de la ville et observe le paysage si familier. Sans surprise rien n'a changé, je reconnais certaines boutiques comme le magasin de sport des Newton, la fleuriste ou encore le Pub irlandais ou j'avais mes habitudes. Au loin j'aperçois aussi le restaurant de Rosalie…
Ma gorge se sert face à l'impression de déjà vu, c'est comme si je revenais quelques années en arrière. Même si Forks n'a rien d'attractif je suis content de retrouver cette ville d'où je ne suis pourtant pas originaire.
Je suis arrivé la première fois dans le but de prendre un nouveau départ, c'est une nouvelle fois ce que je compte faire aujourd'hui.
Je me stationne enfin devant la maison du shérif. Celle qui avait été la mienne à une époque.
Je reste un moment immobile derrière le volant alors qu'un flot de souvenirs me viennent en tête.
Le long trajet que j'ai effectué de Chicago à bord de ma vieille mustang pour arriver ici m'a donné le temps de réfléchir et mettre mon esprit au clair. Cette soi-disant préparation ne m'empêche pourtant pas d'être affreusement angoissé et effrayé.
Mes retrouvailles avec Charlie sont plus qu'imminentes et j'appréhende de plus en plus sa réaction.
Même si nos rares conversations téléphoniques ce sont dans l'ensemble bien passées, il pourrait très bien me claquer la porte au nez, ou encore me foutre son poing dans la gueule !
Je décide de ne pas attendre plus et, la tête rentré dans mon col, je sors de la voiture et m'avance jusqu'au porche.
La main tremblante, aussi bien par le froid que par mon anxiété, j'enclenche la sonnette.
Après une autre tentative Charlie ne vient toujours pas m'ouvrir. Je tourne la tête et remarque enfin l'absence de son véhicule. Par réflexe je sors mon porte clé de ma poche, j'ai bien fait finalement de garder la clé qu'il m'avait donné.
Je pénètre alors à l'intérieur, il ne travaille qu'en début de soirée aujourd'hui alors je pense qu'il ne tardera pas à rentrer.
J'en profite alors pour parcourir les pièces, avec une grande émotion je l'avoue. Comme pour l'extérieur presque aucune modification n'a été faite.
Pas étonnant venant de Charlie !
J'entre d'abord dans la cuisine à gauche de l'entrée, n'y reste que quelques secondes afin de me servir un verre d'eau pour ma gorge sèche.
Je me déplace ensuite jusqu'au salon. Avec un petit sourire je contemple le vieux canapé fétiche de Charlie ainsi que son cher écran plat. Je m'assois un peu. L'odeur propre au foyer me rend nostalgique, les souvenirs sont plus ancrés dans mon esprit.
C'est tellement bon d'être enfin de retour à la maison.
Des cadres sur le mur à ma gauche attirent alors mon attention. Je m'approche pour les voir de plus près.
J'aperçois Charlie avec quelques uns des ses amis et collègues, des photos de Bella enfant et adolescente que j'avais déjà vu mais je m'arrête sur d'autres plus récentes.
Au centre de toutes ces photos il en a une. Prise à l'extérieur on y voit Bella assise sur un banc portant dans ses bras un bébé emmitouflé dans une couverture, Charlie est debout derrière elle une main sur chacune de ses épaules. Tous les deux sont souriants, une lueur de joie dans leur regard.
La boule dans ma gorge double de volume.
Il y en a plusieurs autres de Leah à différents âges. Une, sûrement prise par un photographe, où elle ne doit être âgée que de quelques semaines, une autre où elle tient à peine debout alors que sa mère la tient par les mains et enfin une dernière où elle est avec son grand père sur un petit bateau habillée d'un gros imper rouge.
J'examine de près celles-ci et remarque la ressemblance flagrante avec Bella mais aussi quelques traits m'appartenant.
Putain, j'en ai presque les larmes aux yeux de voir toutes ces photos.
C'est la première fois que je vois vraiment la petite, il m'est arrivé d'imaginer à quoi elle pourrait ressembler mais je n'ai jamais osé demander à Charlie de m'envoyer une photo. A chaque fois l'image de Bella enfant me venait en tête, je n'avais même pas pensé qu'elle me ressemblerait ne serait-ce qu'un peu.
Quelque part c'est mieux pour Bella qu'elle lui ressemble plus qu'à moi.
Plongé dans mes réflexions je n'entends pas l'arrivée du propriétaire des lieux.
« E-Edward ? »
Son bégaiement pourtant faible me fait presque sursauter.
Je tourne craintivement la tête vers lui. Figé près de la porte d'entrée il me regarde l'air ébahit.
Vêtu de son éternel uniforme, Charlie me renvoie la même image qu'il y a 8 ans quand je l'ai rencontré pour la première fois. Un homme, aujourd'hui âgé d'une quarantaine d'année, ayant un léger embonpoint tout en gardant sa posture imposante, les cheveux noirs grisonnant à certains endroits et arborant fidèlement son épaisse moustache le vieillissant de quelques années.
Heureux mais appréhensif je m'approche de celui qui en a tant fait pour moi dans le passé.
Et envers qui j'ai été tellement con et ingrat.
Il m'observe faire, le choc imprimé sur son visage.
Je ne peux plus attendre pour lui parler. « Bonjour Charlie. »
Je ne vois pour l'instant aucune trace de colère, simplement l'effet de la surprise.
Il tente d'articuler des mots. « Euh… B-bonjour. »
« J'aurai peut-être dû te prévenir, désolé. » Pitoyablement je m'excuse.
Délibérément je n'ai prévenu personne de ma venue, j'ai simplement contacté Charlie après des mois de silence.
« Mmm… Heu, excuse moi mais j'ai besoin de m'assoir là. »
Je le suis alors, qu'un peu perdu, il s'installe dans le salon. Moi je préfère rester debout.
J'attends qu'il reprenne un peu ses esprits et prenne la parole, il vaut mieux ne pas le brusquer davantage.
Il lève enfin les yeux vers moi. « Tu es là depuis quand ? »
Ma voix de petit garçon lui répond « Je suis arrivé en ville en fin de matinée et j'ai pris une chambre d'hôtel. Ca fait environ une demi-heure que je t'attends ici. »
Il acquiesce de la tête les yeux dans le vague.
Il se lève soudainement et me fait signe de le suivre. On s'installe à la table de la cuisine et Charlie sort deux bières de son réfrigérateur.
Même la marque de sa bière n'a pas changé.
Le silence règne entre nous pendant un certain temps, Charlie observe absent le paysage par la fenêtre alors qu'il médite intensément.
Alors que ses yeux ne quittent pas l'extérieur je l'entends enfin. « Tu vas mieux ? »
Même s'il semble inquiet la dureté dans son ton se fait sentir.
« Oui, sinon je n'serais pas ici. »
Son regard rencontre le mien. « Pourquoi tu es venu ? »
La colère que je guette chez lui ne se manifeste pas encore mais son trouble semble dissipé au profit d'une certaine contenue.
« Parce que justement je vais mieux et j'en ai définitivement fini avec tout ça. »
Un éclair de raillerie brise sa posture raide.
J'anticipe sa prochaine réplique. « Cette fois-ci c'est vraiment fini. » J'appuie ma phrase de mon regard le plus sérieux.
Il semble tout de même sceptique. « Quand tu m'as appelé la dernière fois tu avais déjà tout prévu ? »
« Oui. »
Il ne dit rien pendant un temps.
« J'imagine que tu compte rester ? »
« Evidemment. » Ma réponse fuse.
Il soupire et passe ses mains sur son visage. « Tu crois que c'est aussi simple ? Tu as pensé à ce qu'il va se passer ? »
« Je le sais très bien crois moi. C'est fini l'époque où je déconnais, j'ai travaillé dur et réfléchis à toutes les conséquences. J'ai changé Charlie, tu l'sais très bien. »
« J'ose même pas imaginer la réaction de Bella. Tout ça va lui exploser en pleine figure : ton retour, ce que moi et Emmett lui avons caché pour la protéger et tout le reste ! »
Penser à sa fille lui fait sortir de sa réserve, je me sens encore plus mal alors qu'il m'expose tous ces faits.
Il me regarde presque suppliant, comme s'il voulait que je retourne d'où je viens. Mais c'est malheureusement impossible.
« Je sais que ça va être dur pour elle mais je vais faire les choses doucement ok ? Tu savais très bien que j'allais revenir un jour, même si j'ai vraiment merdé la première année ensuite j'me suis ressaisi et c'est pour elles que j'me suis battu! »
Charlie resta calme alors que je lui exposais ma détermination. Il doit comprendre à quel point je veux faire les choses bien maintenant.
Il ne dit rien alors j'ajoute plus calmement. « J'vous ai fait du mal à tous et je sais que j'mérite que vous me laissiez dans ma merde mais j'veux vraiment rattraper toutes mes conneries. T'imagine même pas à quel point j'me sens mal. Surtout quand j'vois à quel point je t'ai déçu. »
Il me fixe avec de la peine dans les yeux et ça me fout en rage contre moi-même. Après tout ce que je lui ai fait à lui et sa fille il arrive encore à avoir pitié de moi.
Il s'appuie contre le dossier de sa chaise son regard toujours encré dans le mien, un regard montrant sa fatigue non apparente.
« Honnêtement Edward, je sais vraiment pas quoi penser. En temps normal je t'aurai déjà jeté de chez moi après t'avoir massacré pour ce que tu as fait à ma fille, et à ma petite-fille par la même occasion. Tu ne m'as pas déçu mais tu m'as mis hors de moi quand tu as été un putain de lâche en abonnant Bella enceinte jusqu'au cou. J'te croyais plus fort que ça, merde ! Y'a que les putains de lâches qui fuient les responsabilités en se trouvant des soi-disant excuses ! T'as replongé dans tes conneries plutôt que de te comporter en homme ! »
Ses reproches d'un ton des plus sévères me font sentir encore plus petit que je ne le suis sur ma chaise.
Mais il reprend d'une voix plus calme. « Mais bon… D'un autre côté je sais que tu as tout fait sauf t'amuser pendant ton absence, tu as vécu l'enfer et j'te crois quand tu dis que tu as changé. Y'a qu'à te regarder ça crève les yeux ! Et puis en sachant toutes ces choses sur toi je ne peux pas éprouver que de la colère. J'espère juste que tout ce que tu m'as dis est vrai, de toute façon je pourrais pas t'empêcher pas de revoir Bella, et Leah a besoin d'un père, autant que ce soit son géniteur. »
Je le regarde extrêmement reconnaissant pour sa sagesse. Je ne peux qu'être davantage respectueux envers l'homme qu'il est.
J'ai tout de même besoin qu'il me rassure. « Ca veut dire que tu m'laisse une seconde chance ?»
« J'te laisse la possibilité de te rattraper, oui et de nous monter que tu as changé. »
A l'entente de ces mots je pensais ironiquement qu'il doit parler de la même manière aux petits délinquants avec qui il a affaire.
« Mais, je te mets en garde Edward. » Sa voix se durcit à l'instar de son regard sur moi. « C'est la seule chance que je te donne, si je vois que tu repars en vrille je te dégage définitivement de nos vies a tous, compris ? »
J'acquiesce docilement de la tête.
« Bien. » Il s'adoucit. « Maintenant, avant d'aller voir Bella, tu vas me raconter ce que je n'sais pas sur ces 4 dernières années. »
Aïe !
Je me retrouve à présent face au respecté et intransigeant flic.
Pendant un temps indéfiniment long je réponds à son interrogatoire tout en parvenant moi aussi à lui poser quelques questions.
A certains moments de la conversation nous parvenons à retrouver notre relation passée si particulière et je me sens beaucoup plus léger.
Le fait qu'il accepte mon retour me rend plus confiant pour la suite.
Même si c'est le plus dur…
Il me quitte ensuite pour le commissariat et je décide de partir également.
La boule refait surface dans mon estomac.
.
Trop vite à mon goût je me retrouve face à la porte de l'appartement de Bella.
Allez, courage mec !
Je prends une grande inspiration et donne quelques coups à la porte. Ma main est tellement engourdie que je ne suis même pas sûr qu'elle ait entendu.
J'attends effrayé qu'elle m'ouvre la porte, si ça se trouve elle n'est même pas chez elle.
Le lâche en moi s'en réjouit.
Les quelques secondes de torture se terminent lorsqu'elle ouvre enfin la porte.
Ma respiration se coupe à sa vue.
Bella.
Comme je l'imaginais elle reste statique devant moi, sans doute secouée.
Pour ne pas la brusquer davantage je lui laisse le temps de se remettre du choc, j'en profite pour l'examiner.
L'impression de revenir des années en arrière s'amplifie en la voyant. Putain ! Je suis content de voir qu'elle n'a pas énormément changé.
En même temps tu t'attendais à quoi !
Je retrouve avec émotion ses grands yeux noisette de biche, ses longs cheveux bruns ondulés et ses lèvres pleines rosées.
Cependant, son visage est plus anguleux, ses traits enfantins ont presque totalement disparus.
Mon regard descend pour admirer les formes charnues de son corps qu'un simple chemisier et une paire de jeans mettent en valeur.
J'ai devant moi une jeune femme. Il n'y a, à l'évidence, plus de trace de l'adolescente de 17 ans.
Son regard ne rencontre jamais le mien, sans doute la peur, mais je peux voir sans problème son bouleversement, mais aussi de la tristesse.
La voir ainsi me fait me sentir encore plus salop.
Bien fait pour ta gueule Masen !
Après je ne sais combien de temps de silence j'engage doucement la conversation.
Le fait de la saluer semble la faire réagir et sortir de son état, malheureusement pas comme je le voudrais.
Son regard se soude enfin au mien, la lueur désorientée le voilant s'évanouit. Elle me transperce presque littéralement avec une intensité froide.
Son corps se contracte à l'instar de son visage dégoulinant désormais de haine qu'elle semble retenir de me jeter à la figure.
Tout son être se tient sur la défensive comme menacé par un quelconque ennemi.
En l'occurrence moi.
Je ne sais vraiment pas quoi faire ou dire, mon assurance m'a complètement désertée.
Face à moi elle paraît minuscule mais la situation actuelle la rend nettement supérieure, je baisse les yeux intimidé.
Dire qu'en temps normal j'aurai trouvé son attitude vraiment attirante !
Je prends le peu de courage qu'il me reste et retente une approche pour qu'elle s'ouvre enfin.
Comme l'idiot que je suis je ne trouve rien de mieux qu'une putain de phrase bateau. « Tu vas bien ? »
Elle réplique d'une voix hostile au possible « Qu'est-ce que tu veux ? »
Evidemment elle n'allait pas me faire gentiment la conversation.
Mais je dois quand même avouer qu'entendre sa voix me fait quelque chose.
J'ai l'air à présent d'une putain de peureuse, je bredouille quelques phrases qui sortent de ma bouche sans mon autorisation. Je crois que je viens de lui demander d'entrer chez elle afin de d'avoir une conversation.
Bien sûr je ne me fait aucune illusion et, cette fois-ci, me prépare à un nouveau rejet.
Sa colère lui délie totalement les lèvres et du même ton sec et glacial elle m'envoie définitivement balader.
Avant de me claquer la porte au nez.
Qu'est-ce que je fais maintenant ?
Je reste comme un con devant la porte. Sa réaction ne me surprend pas -je reconnais là son caractère bouillant !- mais cela me fait quand même mal. Elle n'a jamais eu ce comportement envers moi.
Même lors de nos disputes pendant sa grossesse…
Mais même si cela m'atteint particulièrement il est hors de question que je fasse machine arrière. Je compte bien retrouver ma place auprès de toutes ces personnes que j'ai, pendant trop longtemps, laissé tomber.
Et aussi trouver ma place auprès de celle que j'ai laissé avant d'avoir pu m'en faire une.
Après ce début de retrouvailles mitigé, je les poursuis en prenant la route de Port Angeles. Avant de le quitter, Charlie m'a donné l'adresse de la future maison d'Emmett et Rose, apparemment ils y seraient en ce moment.
Les chamboulements émotionnels ne sont pas encore terminés pour la journée.
L'idée de revoir mon meilleur ami et sa femme me donne, comme pour Bella, un sacré coup au cœur.
Après les émotions de jeune fille hormonée, les réflexions gnangnan. Il manque plus que tu chiales bordel !
J'imagine que la réaction d'Emmett sera semblable à celle de Bella mais je pense qu'il sera plus « indulgent » envers moi.
A cause de son caractère mais aussi parce qu'il me connaît depuis plus de temps. Il m'a réellement connu.
C'est d'ailleurs faux de ma part de le qualifier de meilleur ami, Em' est un frère.
Mais j'ai peur que ce ne soit plus le cas pour lui.
J'ai raté tellement de choses que je ne sais pas s'il me pardonnera.
Les yeux rivés sur la route j'esquisse un petit sourire en pensant à ma prochaine destination.
Depuis l'temps qu'il rêvait de construire une jolie maison pour sa Rose. Son projet semble enfin aboutir on dirait.
J'aurai voulu être là dès le début et poser avec lui les premières briques.
Comme j'aurai voulu réaliser notre projet commun d'atelier mécanique.
Ce qui m'aurait permis d'aider Bella…
Si je continue cette liste merdique j'en ai pas fini.
Bref. Autant éviter de me foutre le cafard pour me concentrer sur le présent et ce qui va suivre.
Quand je me gare il n'y a personne dehors, juste une seule voiture présente. La jeep d'Emmett.
Comme il y a quelques heures je prends un temps de me préparer et en profite pour examiner le chantier. Ce n'en est d'ailleurs plus tellement un puisque la maison semble complètement construite.
Le bruit derrière l'habitation m'alerte alors je ne me dirige pas vers la porte d'entrée.
Je ne vois alors qu'Emmett en plein bricolage. A l'inverse de Bella il est resté à l'identique. Excepté peut-être ses cheveux qui sont plus courts.
Quand il me voit il ne semble pas me reconnaître ou réaliser et reste pétrifié à l'instar de Bella plus tôt.
Puis les premières paroles s'échangent, dans un climat moins hostile qu'auparavant mais tout de même distant de sa part.
J'apprends que Rosalie n'est pas ici.
Après un premier quart d'heure tendu, Emmett reprend peu à peu son naturel léger et ose même un peu d'humour. Bien sûr notre complicité passée n'est pas de retour.
Il m'entraîne ensuite à l'intérieur et m'offre une bière tout en répondant à mes questions sur les travaux de la maison. J'essaie d'aborder des sujets plutôt légers.
Jusqu'à la nuit tombée il me parle aussi de son boulot, de Rose, des nouvelles de Forks. Nous venons ensuite à parler de moi et de ma venue ici.
Emmett connaît évidemment tous mes problèmes et la raison de mon départ il y a 4 ans et, comme Charlie, je ne lui donnais presque jamais de mes nouvelles. Il n'a donc aucune idée de tout ce que j'ai fait ces 4 putains d'années.
Alors je lui raconte ce que j'ai bien pu faire pendant tout ce temps passé, presque en détail parce que ce serait trop long.
Il m'écoute et m'interrompt peu. A la fin, je lui laisse le temps de tout digérer en espérant ne pas me faire une nouvelle fois rejeter.
Ce serait juste de sa part mais il en sait bien plus que Bella alors j'espère quand même qu'il me laisse une chance.
Après quelques minutes de silence Emmett se tourne vers moi, empoigne mon épaule de sa grosse paluche et me dit une seule phrase : « Si tu fous l'camp une nouvelle fois comme un gros mal propre j'te rattrape et te bote ton p'tit cul, compris Masen ? »
Bien qu'il soit en grande partie sérieux je souris soulagé et heureux de retrouver mon gaillard préféré.
Même si tout n'est pas encore gagné.
On quitte par la suite la maison en abordant le sujet le plus délicat : Bella.
Protecteur, il me fait la morale et prend sa défense mais il me conseille ensuite. En plus de Charlie je vais vraiment avoir besoin de l'aide du couple pour ouvrir le dialogue avec elle.
Surtout si elle est toujours aussi têtue !
Avant de regagner chacun notre véhicule il m'invite chez lui pour le diner mais je préfère passer ma première soirée ici avec Charlie.
Emmett est sûrement celui qui m'en veut le moins et puis j'ai vraiment envie de me retrouver avec Charlie.
Surtout que je suis crevé de cette journée plus que pénible pour mes nerfs, affronter la meilleure amie de Bella risquerait de causer ma mort cérébrale !
Je conduis tranquillement jusqu'à la maison avec une sensation de semi soulagement.
Le plus facile a été fait, j'ai renoué avec Charlie et Emmett.
Mais maintenant le plus dur arrive.
Il faut que Bella m'écoute et me laisse une chance de rattraper au mieux mes conneries et mon absence.
Et c'est là que cela se complique.
Elle pourrait accepter de me laisser m'expliquer et m'excuser et souhaiter malgré tout que je disparaisse complètement de sa vie.
Mon absence a été trop longue pour être pardonnée et elle ne veut probablement pas de quelqu'un comme moi auprès de Leah.
Leah… Ma fille.
Là encore énormément de choses à rattraper et à me faire pardonner…
Mais je ne laisserais pas tomber, je compte bien me comporter en homme et me guérir de cette maladie atroce qu'on appelle la lâcheté.
.
.
Alors ?
Vu l'avancée de l'histoire je pense que ce ne sera pas le seul chapitre du PDV d'Edward donc j'attends votre avis !
A la prochaine pour le retour de notre desperate housewife !
