Posté le : 4 Mars 2011. Hier soir, vers deux heures du matin, je me suis prise pour Kurt Cobain. J'ai sauté sur ma chaise Ikéa et j'ai chanté Polly. Poooooollyyyyy... Ma réputation n'est plus à refaire chez moi. J'ai souvent des sursauts de folie. Sursaut ou état permanent ?
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IL N'Y A QUE LES CHIHUAHUA QUI NE CHANGENT PAS D'AVIS.
Note déluré délurante turlupinante : Je suis vexée. Vous attendez autant ma note de début de chapitre que le chapitre en soi. Et on m'a conseillé de faire une fic où je blablate sur ma vie. Autant faire un blog. Je vois d'ici le délire : Dairy c'est faite choper en train de se gratter les fesses dans le train. Dairy a prit du popper. Dairy aime ses pieds. Dairy se voit conseiller un joint par sa génitrice. Dairy a retrouvé de vieux dossiers à elle sur Youtube. Dairy... Dairy, what ? On s'en triple fout ! Moi je suis à genoux, à écrire dès que vous me l'ordonnez. Je suis votre Dobby de la fanfiction. Votre Wally West de la vanne foireuse. Votre Catwoman du lemon. Bref, à votre service quoi. Cette semaine... que s'est-il passé ? Eh bien, j'ai dormi comme une femme enceinte et j'ai raté mon cours de math (oui, j'ai appris que je faisais math obligatoire ce semestre alors que je suis en cursus Histoire - premier cours : "Bon, nous allons revoir les logarithmes à puissance cubique" [Dairy : Ké ki dit le Monsieur ?]). J'ai rédigé un exposé pour la science politique et relations internationales. C'était tellement passionnant que je me suis endormie sur le petit B de mon grand A du petit 3 du grand 2. Tu me suis ? Ensuite, je me suis mariée avec Sebarrya. Enfin, non... Nous étions déjà mariées. Nous avons juste officialisé sur FB. J'ai reçu des cadeaux d'une marque de produits de beauté. Du coup, j'ai tracé un Moonwalk sur la table de la salle à manger (mon père m'a regardé bizarrement). J'ai réussi à écrire quelques lignes pour mon roman - le tome 2 de Jean-Michel prend le métro, dixit Netellafim. J'ai rêvé que mon amie d'enfance et moi-même devenions mecs et ça donnait Draco (elle) et Blaise (moi) : "Tu sais ce que j'aime le plus chez toi ? Tes pieds. Ils sont trop beaux tes pieds." Ehum, à part ça... (checke son agenda) :
Lundi, fin des tragnagnas. Mardi, cours avec mon prof d'anglais gay et démonstration de l'inéfficacité des autorités internationales en amphi. Mercredi, loupage du cours de math en question et glandouillage sur Internet. Jeudi, glandouillage et révision de psychologie sociale et doigt dans le nez. Vendredi, examens, oral de science politique où j'ai cartonné (sauf que j'ai failli rater à cause du Blaise Zabini de mon cours qui a tiré les oreilles de lapin au prof pendant mon oral et je me suis étouffée. Je crois que c'était sa manière de me draguer... Vive l'évolution mentale de la fac. * silence * Mais il est trooooooop sexy * yeux brillants *. J'ai aussi vu le sosie de mon père : son frère que je n'ai pas vu depuis 14 ans. Et... oh, tiens ! Entouré en rouge : postage ! Donc je poste ce chapitre qui m'a été inspirée par une chanson magique... (c'est le cas de le dire). Je ne sais pas : on dit que j'ai des goûts de chiotte (mes parents ne sont pas des fins connaisseurs du Velvet Underground à 7H locale du matin). Sinon, j'avais un truc à dire. Je vous propose le deal suivant :
Pour ceux et celles vivant en région parisienne, vous pouvez toujours venir me rencontrer. Vous me payez une conso au Starbucks Coffee et en échange je parle de moi pendant une heure (oh, joie) et je vous fait lire un chapitre de Baba O'Riley en exclu depuis mon notebook ou... un passage de mon roman, au choix. Mais je veux mon Starbucks ! * pointe un flingue sur l'assistance *
PROMIS, JE NE MORDS PAS ENCORE LA CHAIR HUMAINE. PAS ENCORE...
Post-it placé sur le nez de Dobby : J'ai posté la séquelle de ROCKRITIC finalement. Je suis amoureuse du groupe Guns N Roses. Je jouis à chaque fois que la guitare s'affole. Le Blaise Zabini de mon cours de Science Politique est décidément trop canon (non, je ne bavais pas devant tout le monde durant mon oral * slurp *). La machine a café m'a offert un thé au citron gratuit. Le monde est rose. Tout va pour le mieux.
Petit à petit, le lecteur fait son nid - réponse aux reviews anonymes :
Mily9712 [Réponse : J'entends parfaitement ton argumentation sur les histoires et l'emploie des reviews. A mon sens, une review se doit d'être constructive - dans un sens comme dans un autre. Mais descendre gratuitement n'est pas... foncièrement utile (pour celui qui dépose la review et celui qui la reçoit). Il est préférable - et de loin - de prendre son temps d'écrire une review du style "oui mais" ou "non mais" que de tout généraliser. Je respecte chaque personne prenant le courage d'écrire une histoire, et encore plus de la finir. Il y en a des bonnes et des moins bonnes - c'est sûr. Mais on doit bien commencer quelque part, non ? Je ne doute pas un seul instant que là-dedans, il y en a des très bons ou des futurs très bons. Le temps le prouvera. C'est juste que le dernier mot de ma part était rédigé sur le tas, j'étais blasée par tout. J'avais envie d'un truc qui sorte du commun (en ce moment, je commence à être lassée de travailler non-stop). Mais une fanfiction ne se fait pas en un jour ! Bref, j'essaierai d'être plus nuancée et tolérante par la suite. Je suis très fière - c'est le cas de le dire - d'être la première personne à qui tu déposes une review. En plus, c'est une excellente review ! J'étais vraiment sur mon petit nuage et il a fallu qu'on me frappe avec un balai pour que je redescende enfin. Cela fait toujours étrange d'être apprécié par des gens qu'on ne connaît pas. Mais je ne m'en plains pas une seule seconde ! Merci d'être là, de me lire tout simplement.]
Lenalee [Réponse : D'abord, merci de ton commentaire. Il me faut chaud au coeur. Ce n'est pas grave de ne poster qu'un commentaire maintenant. Je ne demande pas une review à chaque chapitre. Mais de montrer par moment que la personne est là. Après, si tu mets des messages le plus souvent possible pour me donner tes impressions, j'en serai purement ravie. Pour cette histoire, j'essaie de développer aussi des sous-intrigues, de m'amuser avec les personnages secondaires - dont Luna (Luna qui est complètement déjantée). Pour les fanfictions que tu m'as conseillée, je les connaissais toutes sauf celle de Mila LaChose (enfin, j'avais lu le premier chapitre en diagonal lorsqu'il avait été posté sans être séduit). Donc j'ai relu cette histoire et j'ai abandonné au bout de 5 chapitres : ça ne me plaisait pas. Pas parce que c'était mal écrit ou je ne sais quoi. Ce n'est pas mon monde. Voilà tout. Merci d'avoir pris la peine de me donner quelques "adresses" et à bientôt j'espère.]
Luka [Réponse : Je déteste quand les lecteurs me font chialer ! Voilà que j'ai le nez qui coule maintenant. Bon, d'abord, merci pour ton petit mot qui a su me toucher. Je ne sais pas... C'est bizarre comme sensation de se dire "Putain, on ne se connaît pas et on a des points communs". Bref, j'espère que le Baba O'Riley continuera d'être un refuge pour toi, pour tous ceux qui lisent cette histoire. Pour le créer, je me suis inspirer de divers endroits que j'ai fréquenté. C'est un mixe, un melting-pot, un fourre-tout. Pour moi, le Baba O'Riley n'est pas qu'un lieu mais également une idée au sens propre du terme. C'est l'allégorie d'un petit quelque chose que je ne parviens pas encore à qualifier. On verra au fil des chapitres comment cela s'annonce. Dans l'espoir d'avoir bientôt de tes nouvelles.]
Yamia [Réponse : Muhahahaha, je sais, c'était cruel. En fait, le chapitre a été cousu pour que cette réplique tombe à la fin. Je m'imaginais bien la tête du petit lecteur cogner son bureau en gueulant " La Pute ! Elle nous a fait ça ! " et moi, toute mielleuse " Oui, j'ai fait ça et c'était jouissif. " Je sais qu'avec moi, ce style de fin, marche plutôt pas mal. J'y pense longtemps en m'inventant la suite. Il y a une période où je lisais plus que je n'écrivais - là, on va dire que c'est fifty-fifty. Mais bon, quand je lis autre chose qu'un OS, il y a beaucoup de frustration. J'espère que cette suite t'apaisera. Sinon, pour le personnage de Lithium, j'ai été inspiré par un numéro de magie que j'ai vu à Paris en pleine rue (j'ai râté dix minutes de mon cours d'Histoire de l'Afrique d'ailleurs) mais c'était tellement... fascinant, vivant. J'ai alors compris que les gens, quelque soit leur âge, se réunissait autour de la magie. Donc j'ai griffonné l'idée sur mon calepin dans le métro, le soir en rentrant. Draco DEVAIT être magicien.]
Maeena [Réponse : Oui, j'ai joué la carte de la frustration. J'aime bien cette carte dans un jeu moi... Je trouve cela tellement diabolique de laisser le lecteur sur le bord de la route et de le récupérer une semaine plus tard. Après, rien ne dit qu'il aimera la suite. Mais je fais tout pour que l'histoire continue de plaire. Et puis, si un jour ça ne plaît pas, je me casserai le cul pour les chapitres à venir pour recoller les morceaux. Merci pour les histoires que tu m'as conseillé. Je les connais déjà toutes pour les avoir lues ou commencées. A très vite j'espère et passe une bonne semaine !]
On veut de la coke [Réponse : Déjà, ton pseudo est excellent. Y'a pas à dire ! J'étais morte de rire devant mon notebook en voyant le nom de l'expéditeur. J'ai aussi apprécié ton évaluation du marché de la fanfiction. Bref, très bonne review qui remet du punch (surtout quand je suis citée comme super auteuz de la mort qui tue) * sors les lunettes de soleil. Bon, sur ce, je vais te laisser profiter de ce nouveau chapitre et écouter du Little Richard en me dandinant dans ma piaule.]
Mot de la Bêta - Eve JHoang : Une Margarita, du Tchaïkovski, des clopes et un chapitre du Baba à corriger… que demande le peuple ?
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~ Le profil de La Beuglante est enfin disponible. Tout est encore en construction.
Baba O'Riley
Chapitre 7 : « Song Of The Magician »
"Song Of The Magician" – Tim Buckley. 1966. Piste de 3 min 4. La magie d'une voix douce qui transporte par salve. Une mélodie tranquille, presque enfantine. C'est un manège. Cela devient de plus en plus intense et inexplicable. Pris dans le tumulte des notes, nous écoutons la magie puisque cette dernière ne peut pas se voir.
When I smile I beguile all the while every mile
As I walk across the sky
of the clockwork of your eye
You will be love and your love will live
Casting spells from the well I can tell you the bells
listen to my magic voice
Learn the tune of children's toys
« Je suis né d'une mélodie triste, une petite chanson que me chantait ma mère », Tim Buckley.
« Le génie est une forme de magie, et le propre de la magie c'est qu'on ne peut l'expliquer », Margot Fonteyn.
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Le tic-tac de l'horloge de la cuisine ponctua les gestes de Mel.
C'était une horloge effrayante, ressemblant à un chat tigré aux énormes yeux globuleux qui se balançaient de gauche à droite, simultanément avec sa queue touffue.
Harry se laissa tomber sur la chaise d'en face. Mel le regarda longuement, dodelinant parfois de son énorme tête chevelue.
Aujourd'hui, il les avait attachés en catogan avec une barrette en forme du symbole « Peace and Love ». Ses oreilles un peu décollées avaient été percées quelques jours plus tôt par Tonks grâce à une aiguille chauffée à blanc. Ses pavillons semblaient être des boutonnières, sur lesquelles se succédaient des boucles d'oreille rondes bleu-marine.
Machinalement, Harry ouvrit un bocal à friandises et mordit dans un réglisse rouge. Mel passa son pouce sur son menton, puis sortit deux immenses tasses jaune poussin de nulle-part, et se leva pour y verser de l'eau chaude.
- Ton ex t'a laissé ça, grogna-t-il en tendant à Harry un petit paquet. Je l'ai ouvert pour vérifier si ce n'était pas de la coke.
- Et c'est quoi ? demanda Harry sans l'ouvrir.
- Une gourmette avec une inscription stupide à l'intérieur : « Reviens-moi ».
Subitement, Harry se leva dans le but de jeter l'écrin à la poubelle. Mel l'arrêta dans son geste, son énorme tête au-dessus de la théière fumante.
- Si tu n'en veux pas, tu n'as qu'à me la donner : elle doit valoir pas mal, précisa le propriétaire du Baba O'Riley en lorgnant sur le boîtier. Comme ça, pas besoin de payer ton loyer ce mois-ci.
Harry déposa l'écrin sur la table de la cuisine et dit :
- Que vouliez-vous me dire, Mel ?
- Assieds-toi. Je vais faire passer la pilule avec un bon thé au citron. Je suis complètement accro à cette connerie. Tu vas voir comme c'est bon…
Une fois le thé prêt, Harry attendit que Mel prenne la parole en premier :
- Aujourd'hui, tu as foutu le bordel au Baba O'Riley. Je n'ai jamais vu quelqu'un réussir à foutre tout le monde en rogne en si peu de temps…
- De quoi vous…
- Ne me coupe pas la parole, mon garçon. Je parle : tu écoutes. Bon, pour commencer, la première fois que je t'ai vu, tu ressemblais à un chien mouillé. One Gramme n'a pas aboyé en te voyant : bon signe. Alors je ne me suis pas méfié. Tu as à peine posé tes petites fesses sur le sofa du living-room que tu tapais dans l'œil de Bill Weasley. Vous êtes montés. Vous avez baisé. J'ai fermé ma grande gueule. Tu ne donnes pas de nouvelles à ce pauvre Bill. Je l'ai eu sur les bras tout un week-end, à déprimer au coin du feu. Sa mère m'a harcelé au téléphone : j'ai loupé une commande tant elle me bombardait de messages « Où est mon Bill ? » « Pourquoi ne rentre-t-il pas à la maison ? », rapporta Mel en imitant une voix de femme suraiguë. Tu sais, j'en étais presque venu au point de prier pour que tu reviennes. En tout cas, je crois que Dieu exécute mes prières en priorité car le lendemain même, tu débarques, comme par magie. Tu viens, tu butines, tu discutailles, tu t'informes, tu t'installes. Ouais, tu t'installes pour de bon. Tu vis ici maintenant, hein ?
Harry acquiesça, ne sachant où Mel voulait en venir.
- Je t'ai donné une chambre et une chance de te reconstruire ailleurs. Tu es adulte, mais je suis encore plus adulte que toi : je t'ouvre ma porte, tu dois respecter mon domicile. Ici, ce n'est pas un hôtel ou une maison close. Je ne veux pas que tu te tapes tous les mecs du Baba O'Riley ou que tu ramènes tous tes amants ici. Fais-toi discret là-dessus, car ça m'exaspère plus qu'autre chose. Tu as le droit, bien entendu, d'avoir quelqu'un dans ta vie : je ne te l'interdis aucunement. Mais si tu l'amènes ici, soit sûr que ce soit le bon.
- Je n'ai pas ramené Blaise – mon ex, ici ! s'écria-t-il. Il a suivi quelqu'un : je ne lui avais pas laissé d'adresse. Je ne savais pas qu'un jour il…
- Il te retrouverait ? devina Mel avec un sourire aimable. Mon garçon, sois vif d'esprit : quand on veut quelque chose, on peut abattre des montagnes. Avec tous les moyens technologiques disponibles, de nos jours, une adresse à trouver ce n'est pas la mer à boire. En un clic et on trouve ça, photo satellite à l'appui. Si un vieux réfractaire comme moi le sait, je pense que ton ex l'a deviné également. Enfin, moi, ton ex, je m'en fiche comme de la saga Artemis Fowl. Tu peux avoir tout un harem à tes pieds que ça ne changerait en rien ma p'tite vie. Ce qui m'exaspère, c'est que tout le monde toque à ma porte pour baiser avec toi.
- Je suis sincèrement désolé, Mel. Je sais que c'était grossier de ma part que de... baiser sur de la techno chez toi, alors que tu es juste en-dessous. J'ai… j'ai juste un énorme problème à régler avec ma sexualité, plaida Harry. Je vais faire quelque chose pour résoudre ça. Il faut d'abord que je comprenne pourquoi je fais ça.
- Tu veux que je te dise pourquoi tu fais ça ? argua Mel. Tu fais ça parce que t'as la putain de trouille de te retrouver seul un jour. Pas besoin de dépenser une fortune chez un psy véreux. Je sais bien que tu te dis « J'ai atteint la vingtaine, en un éternuement, j'aurais déjà trente ans, et à peine je me serai retourné, j'en aurais quarante. » Ouais, c'est ça la vie : elle t'appartient mais elle te file aussi entre les doigts. Tu as envie de profiter de chaque instant présent ? Tu as le goût du risque ? Très bien, mais fait tout cela sainement. Fais du sport, participe à des clubs, j'en sais rien… trouves ton truc ! Baiser, c'est cool, je le concède. Mais tout le temps, pour rien, et sans sentiment, ça en devient vomitif.
- Je ne m'en étais pas rendu compte, souffla Harry. Je ferais des efforts pour ne pas craquer. Ce qu'il s'est passé tout à l'heure était un accident.
- Non, ce n'était pas un accident. C'est exactement ce qu'il se passe quand on ne gère pas convenablement sa vie privée : on est vite débordé. Tu as couché avec Bill, mais c'était juste pour « tirer un coup ». Je dis, OK. Tu te tapes le magicien dans ma salle de bain. Je dis, OK. Ton ex se ramène pour taper une crise chez moi. Je dis, OK. Mais les trois en même temps : ça ne je ne peux pas. A cause de ça, Bill était furieux. Quand il a su que c'était lui, ton ex, il est allé le voir et ils se sont battus. Battus, ici, chez moi, au Baba O'Riley, se révolta Mel en prenant un biscuit au gingembre infect préparé par Woodrow. Je ne tolère pas ce genre de… de manifestations. Réglez vos problèmes à l'extérieur. Je ne veux plus être pris dans ce genre de brasier. Le Baba O'Riley existe depuis plus de trente ans, peu après la naissance de mon fils Remus. Depuis trente ans, je tiens cette baraque debout, je laisse tout le monde entrer ici, j'héberge parfois des artistes ou des gens ordinaires, je gagne juste de quoi remplir le frigo et payer les factures, et je ne me plains jamais parce que c'est un choix de vie. J'en vois passer, des têtes. J'apprends que des gens deviennent célèbres, se marient, meurent, reçoivent des prix, ont des enfants ou disparaissent de la circulation. J'en ai vu, du beau monde : je me suis attaché à quelques personnes. En ce moment, il y a ma p'tite Luna, et ensuite toi…
- Moi ?
- Oui, toi. Je ne t'aurais pas hébergé si je ne t'aimais pas cela défierait toutes les lois de la logique. J'aimais bien ta petite bouille. Tu m'inspirerais confiance. Ça se sent, que tu es un homme de parole. J'aime ça.
Harry lui offrit un sourire de remerciement et rougit légèrement, touché par les mots de Mel.
- Alors je ferai tout pour ne plus te décevoir, annonça solennellement Harry. J'essaierai de ne plus t'importuner avec mes histoires.
Mel lui donna une tape sur l'épaule et grogna :
- Tu prendras encore un peu de thé au citron ?
- Oui, volontiers.
Ils discutèrent de beaucoup de choses, durant une heure : Harry découvrit que Mel était, au départ, un collectionneur. Puis l'idée de créer un eldorado culturel était née dans son esprit lorsqu'il s'était aperçu qu'aucune librairie londonienne ne pouvait couvrir toutes ses demandes.
Mel avait alors décidé de disposer, dans sa maison, des centaines d'ouvrages venant d'horizons différents, les rachetant à des particuliers ou dans des brocantes. Il voulait faire de sa maison un temple de la connaissance.
Harry en apprit aussi un peu plus au sujet de sa famille, de son fils.
- J'ai mit ma maison en libre-service à temps complet quand mon fils a quitté la maison, raconta Mel en tournant le contenu de sa tasse avec une petite cuillère creuse. Je me sentais un peu seul. Ma femme est morte. Mon garçon parti, il ne me restait plus que mes livres et mon hard rock. J'avais besoin de présence humaine autre qu'ACDC ou les Stones. J'avais besoin de sentir un cœur battre entre ces murs. Avant, ma maison n'était en libre-accès que le samedi. Puis, du jour au lendemain, j'ai prit la décision radicale que de laisser tout le monde entrer – sans présélection. La culture pour tous et gratuitement. Je sais que c'est pas mon boulot, mais celui de l'état mais… mais je sentais que c'était de mon devoir que d'éveiller les esprits.
- Je trouve ça beau, souffla Harry tandis que Mel feuilletait une brochure d'un restaurant japonais. Beaucoup de personnes manquent de passer à côté d'une révélation en fermant les yeux sur la connaissance, l'art, la création. Renier tout ça, c'est renier notre qualité d'homme. Nous sommes les seuls êtres à pouvoir créer, alors autant en abuser. Après, se connaître soi-même est le summum de la connaissance. L'art sert à trouver des réponses. Enfin, c'est ce que je pense…
- Mel, je m'en vais, interrompit Tonks, qui venait d'apparaître dans la cuisine. J'ai trouvé l'information que je cherchais sur les lycanthropes. Je ne reviendrais pas avant cinq jours : je fais un voyage en Roumanie avec Charlie, le frère de Bill. Tu te souviens ?
- Ouais ouais, grogna Mel. Bon voyage et à la revoyure.
- A bientôt, Tonks, salua Harry avec un léger sourire.
La jeune femme sortit du Baba O'Riley et Harry se rendit compte qu'il était seul avec Mel.
Il devrait s'y habituer puisque cela arriverait de temps à autre. Harry décida de laver les quelques vaisselles et d'aller prendre sa douche. Aujourd'hui encore, il avait séché les cours : Hermione allait lui ouvrir le ventre sur une table si elle l'apprenait…
Pour ne plus culpabiliser et penser à autre chose qu'à Blaise, Bill ou Lithium le magicien, Harry se plongea dans un livre traitant des artistes italiens de la Renaissance.
Il s'allongea sous la couette de son lit et lut des pages et des pages. Il ajouta de nombreux post-its et rédigea quelques notes sur une fiche Bristol. Michel-Ange aussi avait taggué dans la chapelle Sixtine, pensa Harry avec un sourire en observant une double-page représentant le fameux plafond vouté.
Deux heures d'études plus tard, Harry décida d'uniquement regarder les illustrations et d'en tirer les idées principales et son ressenti, plutôt que de lire les analyses entières écrites en tout petit dans la marge.
Vers vingt-deux heures, il alluma son notebook vert pomme que lui avait offert Blaise pour son anniversaire. Il pianota sur le clavier et lança la musique en lecture aléatoire.
Il tomba sur un morceau de rap italien dont il ne cessait de fredonner la mélodie [1] – bien qu'il ne parlât pas un traître mot de cette langue. Il vogua sur deux ou trois sites Internet, se renseignant des démarches à suivre pour les piercings. Il alla sur un forum spécialisé dans les graffitis dans lequel il était modérateur, répondit à quelques topics, et s'amusa à poster un pixie sur le graff d'aujourd'hui.
Sa messagerie instantanée explosa : Blaise était connecté. Il fixa longtemps son écran en murmurant par moment des bribes de paroles.
Soudain, une main froide glissa au bas de son dos.
- Mais vous êtes malade ! cria Harry en ôtant son casque audio en forme des oreilles du Capitain Spok de Startrek. Qui vous a permit d'entrer ?
- Cette maison est ouverte à tout le monde - hormis de deux heures à sept heures du matin. J'ai encore un peu de temps avant d'être chassé.
- Les chambres ne font pas partie du Baba O'Riley, dit froidement Harry en fermant son ordinateur portable. Dégagez en bas.
Le magicien, Lithium, venait bel et bien d'apparaître au milieu de sa chambre.
Il était debout, près de son lit, et affichait un air suffisant. Il puait la baise et le tabac consumé.
Harry lui jeta un regard empli de dédain et se leva pour ranger ses livres de cours. Lithium se laissa tomber sur le matelas, les bras en croix.
- Il n'y a personne en bas. Je suis venu ici pour voir, dit-il d'une voix lointaine en prenant le notebook d'Harry sur ses abdominaux. Je vais te laisser ma fan page Facebook. Je suis trop beau sur mon profil.
- Je m'en fous de ton Facebook.
- Mon Twitter alors ? proposa Lithium. J'actualise mon statut au moins quatre fois par jour. Tiens, je vais le changer là… « Je suis dans le pieu de l'ex de mon ex meilleur pote ». Ça va faire jaser, tiens. Posté ! s'écria-t-il en appuyant sur la touche Entrer. Bon, maintenant que la rumeur court qu'on couche ensemble en théorie, on pourrait repasser à la pratique…
Lithium défit sa braguette et glissa son pantalon noir sur ses cuisses. Sa main plongea dans son boxer gris, le regard planté dans celui d'Harry.
- Tout à l'heure, je n'ai pas su apprécier ce qui m'était offert. Nous étions pressés par le temps. Maintenant, je vais tout faire pour que le blond devienne votre genre.
Harry se retint pour ne pas laisser tomber son regard un peu plus bas. Il avait promit à Mel de ne plus coucher avec n'importe qui chez lui…
Lithium accéléra les mouvements sur sa verge, se mordant la lèvre inférieure. De temps à autre, il haletait de plaisir et gémissait. Son attitude provocante devait marcher en temps normal car Lithium fronça les sourcils lorsqu'il se rendit compte que cela allait rester un plaisir solitaire.
- Tu ne veux pas ? demanda-t-il, étonné sans pour autant arrêter ses va-et-vient. Tu avais l'air d'aimer ça tout à l'heure.
- Non, je ne veux plus. Tout cela me dégoûte un peu : je ne veux plus avoir besoin de cela pour me sentir mieux…
- Pourtant, le sexe est une des meilleures drogues, une des seules bonnes pour la santé. Une des rares à combiner la voltige et l'oubli de l'héroïne, l'euphorie et l'excitation de la cocaïne, la sérénité et l'appétit de la marijuana.
Harry se retourna et mis son ordinateur à charger.
- Je crois que vous pouvez vous payer des prostituées qui seront ravies d'arrondir leurs fins de mois.
- J'avais oublié à quel point la vie étudiante pouvait être difficile financièrement parlant. Si vous voulez, je vous…
- Je vous arrête tout de suite, s'insurgea Harry. Je ne suis pas à vendre, à louer ou à prêter. Si vous avez un problème d'égo à régler vis-à-vis de Blaise, faites-le. Mais je ne suis aucunement un objet de substitution pour… pour calmer vos ardeurs. Si ça vous démange tant que ça, allez coucher avec Blaise lui-même !
- Coucher avec Blaise ? répéta Lithium, incrédule. Je n'ai jamais entendu une aussi parfaite imbécilité : Blaise et moi, nous n'arriverons jamais à coucher ensemble, techniquement. Pas parce qu'on ne s'aime pas, mais parce que nous sommes tous les deux clairement actifs.
Le magicien poussa des râles de plus en plus profonds et Harry regarda par la fenêtre.
- Au moins, nous avons un point en commun : nous sommes des accros au sexe, dit-il, plus pour lui-même que pour le blond, à demi voix. J'ai dit à Mel que je ne savais pas pourquoi je faisais ça. Je lui ai menti : je sais très bien pourquoi… c'était juste trop dur de le dire à voix haute, d'admettre ce truc devant quelqu'un d'autre, de m'exposer avec mes faiblesses.
Harry pouvait deviner les bruits humides d'une main courant sur une érection.
Il s'en foutait, que Lithium fasse cela sur son lit. Il n'avait même plus la force de protester, du moment qu'on ne le touchait pas, lui. Il l'avait promit à Mel, après tout.
Il fallait être sûr que cela soit le « bon ».
- Je couche aussi facilement parce que j'ai peur qu'on ne m'aime plus, parce que je sais que je n'ai que ça… que ça à offrir. Concrètement, je n'ai pas d'autres atouts. Je ne suis pas exceptionnellement intelligent, drôle ou… je ne sais pas moi ! Mais je baise bien. Alors j'essaie de contrôler la situation depuis mon lit. Le sexe ça peut rapporter beaucoup, si on maîtrise. Je maîtrise ma vie avec ça. Quand je veux quelque chose, quand je veux me faire pardonner, quand je veux oublier, je baise.
Dans son dos, il entendit Lithium jouir dans un grognement.
Harry pouvait presque se reconnaître. On sous-estimait le nombre d'addict au sexe. Au moins, il n'était pas le seul au Baba O'Riley…
- Ma première branlette, ce n'est pas moi qui me la suis faite, persifla Lithium en s'essuyant rageusement. Tous les trucs immondes que j'ai apprit concernant l'amour physique, dit-il avec une ironie mordante, c'est un homme déjà formé qui me les a apprises. Un ami proche de mon père a abusé de moi pendant des années. Depuis, pas un jour ne passe sans que je ne… baise. Homme, femme, peu importe : il me faut juste ma dose dans la journée. C'est comme ça que je vais mieux, que j'arrive à l'oublier lui.
Harry se retourna et le dévisagea.
Il se demandait si Lithium avait déjà dit cela à quelqu'un auparavant : Blaise, Théodore ou qui que ce soit. Si ce n'était pas le cas, ils venaient tous deux de partager un secret de polichinelle.
Harry quitta l'ombre de la fenêtre pour s'approcher de la lumière de sa lampe de chevet. Il trouva des mouchoirs et les tendit au magicien, qui s'essuya le ventre et les mains. Harry s'assit en tailleur et fixa ses genoux.
- C'est aussi pour cela que tu fais de la magie, prononça-t-il après quelques longues minutes.
- La magie est l'un des rares moyens que j'ai trouvé pour évacuer : « sex, drug & magic » c'est mon credo à moi. Je ne fais rien d'autre de ma putain de vie. On fait comme on peut pour s'en sortir.
- Blaise dit que tu es un salopard fini.
- Blaise a raison, termina Lithium. Je ne sais pas être autre chose qu'un salopard damné qui se lamente sur son propre sort le jour et qui en rit la nuit – ou l'inverse, on s'en fout. Tu sais, ce n'est pas tant la dépendance qui est plus dure… c'est de savoir pourquoi tu fais ça, et de te rendre compte que ça n'en vaut pas la peine. Mais quand tu t'en rends compte, tu es déjà fini. Parfois, j'envie les amnésiques ou les gens tellement défoncés qu'ils en oublient leur prénom, ou où ils sont. J'aimerai être dans cet état en permanence. Parfois, j'ai envie d'effacer l'ardoise et d'être quelqu'un de neuf, qui ne connaît pas encore la vie, de m'éclater la tête contre un mur et de repartir à zéro. Je suis trop lâche pour me laisser crever, et pas assez courageux pour affronter la vie…
Il sortit de la poche intérieure de sa veste un sachet de cocaïne.
- Tu en veux ? Il paraît qu'elle est pure, celle-là.
- Non, je ne touche pas à ce genre de chose. Et puis, on n'est pas chez nous.
- Si, toi tu es chez toi. Tu as le droit, poursuivit Lithium. Tu peux… tu vas voir, c'est bon.
- Non, ça va. Merci, dit-il en repoussant le sachet. J'ai envie de rester clean. Je me suis assez bousillé comme ça. Tu n'es pas dans ton état normal. Mais, je ne dirai rien de ce que tu m'as confié. J'ignore seulement si demain tu te souviendras de tout ça…
- Je m'appelle Draco, chuchota le magicien en s'allongeant confortablement dans le lit, les yeux fermés. Je m'appelle Draco, ce sont les autres qui m'appellent Lithium.
Puis, dans la tranquille tiédeur de la chambre, le magicien s'endormit en fredonnant quelques notes de Tim Buckley.
A suivre
Mon Dieu, j'avais oublié de vous faire des notes de fin depuis tout ce temps ! (Je me disais bien que j'oubliais à chaque fois quelque chose)
[1] Un morceau de rap italien dont il ne cessait de fredonner la mélodie : Ici, je parle de In Italia de Fabri Fabra. Chanson qui descend les stéréotypes de l'Italie Bella vittà. Je l'apprécie pour son ironie mordante. Même si je ne suis pas très rap, il y a des chansons - tout genre confondu - qui sonne bien, qui transcende comme dirait un ami en Philo. Par contre, j'ai fait de l'Italien - contrairement à Harry - donc je comprends. Si vous voulez, je vous proposerai un chapitre avec du rock italien * bave *
