Merci encore de toutes vos reviews! :) Je n'arrive toujours pas à y répondre, par contre :( Mais je vous assure que je les lis toutes et qu'elles me font immensément plaisir! Et voilà le nouveau chapitre!

-Severus?

L'interpellé sursauta si fort qu'il en échappa son sac. Il porta la main à son cœur pour en calmer les battements, honteux.

-Oui, maman?

-Où vas-tu? Murmura Eileen d'un ton égal en levant la main comme pour toucher son fils, mais se reprenant au dernier moment.

-Je… voir une amie.

-Tu reviendras, hein? Dis-moi que tu reviendras, Severus.

Pourquoi posait-elle cette question? Severus dut se retenir de grimacer et il lui fallut de la volonté pour ne pas abandonner son projet de fuite. Il se força à sourire.

-Bien sûr que je reviendrai, maman. Ne sois pas stupide.

-Désolée, glapit la femme avec un mouvement de recul. Severus poussa un soupir sonore.

-Au revoir, maman.

-A plus tard. Ne vas pas jouer dans la rue.

Secouant la tête, Severus ramassa son sac par terre et quitta rapidement l'appartement, avant de changer d'avis. Il descendit les marches quatre à quatre et sauta les deux dernières, les sachant vermoulues. Il prit une grande respiration qui goûtait le smog et l'humidité, et se mit en marche jusqu'à la rue.

À peine fut-il sur le trottoir que la boule dans son ventre sembla disparaître. Liberté. L'idée de fuir sa famille ne lui était, fort étrangement, jamais venue à l'esprit. Mais maintenant que Black l'avait mentionnée, cela lui semblait affreusement logique. Comment se faisait-il que lui, un idiot de Gryffondor, y ait pensé et pas Severus? Peut-être parce que lui-même avait déserté sa demeure…

Il semblait tellement étrange de se comparer à Sirius Black! Mais pourtant, plus il y pensait, plus il se trouvait de points communs avec le Gryffondor. Et commençait même à l'apprécier. Au fond, pourquoi haïssait-il l'autre élève? se demanda-t-il en se mettant en marche. La réponse ne se fit pas attendre; en dehors du fait de se moquer de toi depuis le début de ta scolarité, il a essayé de te tuer. Ça nuisait légèrement a leurs relations, effectivement…

Mais… Black ne semblait plus avoir envie de lui faire des blagues douteuses… encore moins de le tuer, en fait. En réalité, le Gryffondor semblait au contraire tenir à ce qu'il soit en sécurité… il avait même proposé de faire intervenir les Potter si besoin était, mais s'était rangé à l'avis de Severus quand celui-ci s'était opposé à l'idée…

Les Gryffondors étaient définitivement des créatures bien étranges, soupira-t-il en tournant à l'angle de la rue Lamberth. Le quartier se fit plus agréable, les immeubles moins sales, l'air moins lourd. Par habitude, il bifurqua dans plusieurs raccourcis plus ou moins sordides, se tenant tout de même sur ses gardes. Cependant, il n'eut aucun problème pour se rendre jusqu'au bloc appartement du numéro 754. Il pénétra dans l'immeuble et descendit jusqu'au deuxième sous-sol. Il s'arrêta finalement devant une porte de faux bois marquée d'un grand X fait à la peinture rouge, ainsi que d'un « 12 » argenté. Une musique sonore, voire violente, s'en élevait. Il appuya timidement sur la sonnette.

Après quelques minutes, il déduisit qu'elle était cassée et cogna à la porte, le plus fort possible pour être entendu malgré le volume élevé de la musique (when all around me's burned, and you'll still see me there!) et à peine quelques secondes plus tard, un grand type à la peau basanée et aux cheveux sombres lui ouvrit.

-T'es pas le copain un peu bizarre de Lara, toi? Demanda-t-il avant que Severus ait pu dire quoi que ce soit. Le fils de Snape, non?

-Ce… c'est bien moi, oui, marmonna-t-il, un peu agacé d'être à nouveau catalogué comme le « fils de Snape, le malade de Spinner's End ».

-Oh, je vois. HEY, TRACY! Lança-t-il par-dessus son épaule.

La blonde apparut à coté de lui, l'air perplexe.

-Qu'est-ce qui… Sev? Qu'est-ce que tu fais ici?

« Bon, Fierté, j'ai été heureux de te connaître. Adieu. »

-C'est pire que l'Enfer à l'appart'… je pourrais squatter ici jusqu'à ce que mes cours reprennent?

-Pire que d'habitude? S'étonna la prostituée. Mon Dieu, je ne suis pas sure de vouloir savoir ce qui se passe… allez, entre, mon grand. Ethan, chasse le dernier client –même la musique d'Adrian arrive pas à le réveiller, faut s'en débarrasser, veux-tu?

Le dénommé Ethan hocha la tête, adressa un sourire encourageant à Severus puis disparut dans l'appartement. Lara ouvrit grand la porte, faisant entrer Severus.

-Bon, c'est le bordel, hein, mais, ça pourrait être pire… je m'arrangerai pour aller me taper mes clients chez Zoé, pour le temps que tu seras ici. Tu te souviens où se trouve la salle de bain, la cuisine, et cetera…

-Merci beaucoup, Lara, dit le Serpentard avec reconnaissance. Je me ferai discret, c'est promis.

-T'inquiète, trésor. Oh, et si ton géniteur se ramène ici, t'inquiète pas, Ethan ou Adrian s'arrangeront pour lui péter sa grande gueule… Tu dormiras dans le sofa, si ça te va. Mais le soir de Noël, Fiesta, donc tu prendras la chambre, d'accord?

-Pas de problème. Et, heum, si ça n'est pas indiscret… qui est Ethan, exactement?

-Le demi frère de la belle-sœur d'Adrian. T'inquiète, il est clean. Enfin, je crois.

Au même moment, un bruit d'eau qui se renverse attira leur attention, et il se tournèrent simultanément vers l'endroit où avait disparu Ethan. Il se tenait debout, un sourire au lèvre et un seau vide à la main, au dessus d'un matelas sur lequel un homme rachitique, avec une moustache en brosse à dents et des cheveux bien coiffés, actuellement trempé, venait de se réveiller en sursaut. Il regarda autour de lui avec incrédulité pendant un moment, puis son regard tomba sur Tracy, qui eut un ricanement.

-Eh ben, le vieux, le contrat était d'une demi-heure, alors tu s'rais gentil d'rentrer chez toi avant qu'ta femme réalise que t'es parti…

L'homme eut un instant l'air perplexe, puis il hocha la tête avec compréhension, se releva, réajusta sa cravate et quitta rapidement l'appartement sous les rires d'Ethan.

-Pitoyable, commenta-t-il. So, le mioche reste ici?

-Yep, et ne t'avise pas de le traiter de mioche, veux-tu? Ben, moi, j'vais aller aux courses –on a plus rien à bouffer et j'ai fini le rhum blanc hier. Sev', tu t'installes, fais comme chez toi.

Severus hocha la tête et regarda les deux autres s'éloigner. Il eut un petit sourire. Ce ne serait pas un problème; il s'était toujours senti bien plus à l'aise chez Tracy que dans son propre appartement…


Je me sentais stupide.

Oh, ça m'était déjà arrivé plusieurs fois, hein. Souvent, même.

Mais rarement à ce point.

Comment m'étais-je retrouvé, moi, Sirius Orion (beuark) Black, 17 ans, toute mes dents et beau gosse par excellence de la promotion 71 de Poudlard, devant la porte d'un appartement miteux au fond du sous-sol miteux d'un appartement miteux dans un quartier miteux des bas-fonds de Londres, pire, pour aller rendre visite à Severus Snape?

Non, pitié, ne me répondez pas.

Y'avait un grand X rouge sur la porte. C'était assez étrange. Non, attendez. C'était très étrange. Mais quand j'ai parlé à Snape, via le Miroir, il m'avait bien dit que c'était le numéro 12, du deuxième sous-sol… je n'en voyais pas beaucoup d'autres. Mais la musique qui sortait de l'appart' m'inquiètait. Beaucoup.

I WON'T BE A VICTIM, BUT THE FIRST TO CAST A STONE, SEDATED NIGHTS TO THE BAR ROOM FIGHTS AS METROPOLIS TAKES ITS ROLLS! AND…

Je secouai la tête et me forçai à ne pas écouter les paroles (plutôt troublantes) de la chanson. Allez, Sirius. T'es un Gryffondor ou pas? T'as pas fait tout le trajet en métro Moldu (c'que ça rend malade, ce truc!), été presque aggripé par un malade mental et mentit à James et ses parents pour rester bêtement devant une porte toute la soirée, non?

Avec une grande respiration, je frappai à la porte. Assez fort, pour avoir une chance d'être entendu malgré cette musique qui me perçait les tympans. Il fallut une dizaine de secondes pour que la porte s'ouvrit, non pas sur Snape, mais sur une jeune femme absolument magnifique (et je sais de quoi je parle), la peau dorée, les cheveux blonds, vêtue d'un décolleté couleur rubis, de gants en résille noire, d'un pantalon court, sombre avec une ceinture brillante et d'espadrilles du même rouge que sa camisole. Elle me contempla de haut en bas un instant, et juste comme je me demandai si j'avais frappé au bon appartement, elle lança par-dessus de son épaule un :

-Seeeev! Ton pote est arrivé! Lâche ça, j't'ai dit que je m'en occuperais, trésor!

Puis elle se tourna à nouveau vers moi, qui la contemplai d'un air incrédule, et un grand sourire étira ses lèvres roses.

-T'es plutôt mignon, dans ton genre… Fais attention quand tu partiras, tout à l'heure, y'a pas que des hétéros dans les bars du coin. Allez, entre, ajouta-t-elle en ouvrant grand la porte pour me laisser passer.

Je restai sans voix un moment, contemplant l'appartement devant moi. Un immense pilier se trouvait au centre de la pièce, reliant le plafond et le sol. Les murs étaient couverts de graffitis et d'affiches diverses, représentant pour la plupart des groupes de musiques ou des tags étranges. La pièce était immense mais se divisait en plusieurs parties; un bureau et une armoire, au fond, semblaient être la seule partie à peu près en ordre de l'appartement.

Un petit couloir s'ouvrait sur le fond de la pièce, donnant sur une salle de bain et une autre pièce, probablement une chambre. Une télévision, un jeu vidéo et un sofa occupaient un autre coin. Un matelas était posé à même le sol, à coté du pilier. Le sol était couvert d'un tas de choses plus ou moins identifiables -des magazines, des coussins, des bols et des tasses, des livres et des crayons, une vieille radio et des CDs, des accessoires de beauté de fille, des bouteilles d'alcool et de jus à moitié vides, des paquets de cigarettes entamés, une vieille calculatrice en morceaux, des photos, des vêtements.

Enfin, dissimulé derrière un pan de mur, une cuisine de petite taille, avec un four, un frigidaire et quelques armoires. Severus s'y trouvait, affairé devant une cafetière électrique. Il leva les yeux vers moi, mais ne répondit pas a mon sourire.

-Entre, bonhomme, ordonna la blonde avec un peu d'impatience. J'aime mieux pas laisser ça ouvert trop longtemps.

Je m'exécutai, un peu incertain. Suivant les indications de la fille, je lui tendis mon manteau –un manteau noir, descendant jusqu'au genoux- et mon foulard –aux couleurs de Gryffondor, le foulard- qu'elle rangea sur le dessus d'une grande armoire.

-Tracy, lança Severus en levant les yeux vers son amie, me permettant de mettre un nom sur son joli visage, tu pourrais nous laisser un moment, s'il te plait?

-Ouais, pas de problème, trésor. Mais traînez pas trop, hein. C'est Noël, j'ai pas trop envie de passer la soirée coincée dans ma chambre…

Elle s'éloigna en direction du couloir. Severus attendit que la porte du couloir ait claqué pour se tourner vers moi.

-Je ne pensais pas que tu serais vraiment venu, dit-il.

-Ben… je t'avais dit que je viendrais, répondis-je, un peu mal à l'aise. Quoique quand un grand type assez effrayant a essayé de m'embarquer dans son appart, j'ai faillit repartir, disons…

-Dans quel coin? Demanda-t-il en fronçant les sourcils.

-Euh… à quelques rues d'ici,… Quatre étages d'escaliers à monter, c'est d'ailleurs ça qui m'a sauvé –il m'a lâché par accident au deuxième palier, je l'ai mordu au bras. Il avait un tatouage assez récent dessus, « TS » en lettres gothiques, ça a du être spécialement douloureux. Un malade. Je crois qu'il m'a confondu avec quelqu'un d'autre, parce qu'il m'a dit que j'étais un sale môme ingrat et que j'allais lui payer ça, quoique je n'ai aucune idée de ce dont il-

-Black?

-Oui?

-Mes félicitations, tu as échappé de très très peu à une mort certaine et très probablement douloureuse. Désolé du retard, mais je te présente mon père.

Je restai perplexe un moment et mon expression devait être comique car le Serpentard eut un rire.

-De loin, dit-il, tu avoueras qu'on peut vaguement se ressembler… Il doit avoir envie de m'éclater la gueule, à l'heure actuelle, donc il n'a même pas songé à vérifier que c'était bien moi…

-Charmant, marmonnai-je en retenant à grand peine un frisson. Ce type m'avait fichu la chair de poule… je ne veux même pas imaginer ce qu'il a pu faire subir à mon vis-à-vis.

-N'est-ce pas? Le tatouage a à peine une semaine –c'est le seul type assez imbu de lui-même que je connais pour se faire tatouer ses propres initiales…

-Super, je répondis d'une voix étranglée. Ton père m'est incroyablement sympathique.

-Pas tant qu'à moi, j'en suis sûr, marmonna le Serpentard en détournant le regard.

Il y eut là un moment, vous savez, ces longs moments de silence qui vous mettent mal à l'aise, au point de vous demander ce que vous fichiez là.

Oh et puis merde. J'avais affronté le -15 degré environnant, le métro moldu, le quartier le plus mal famé de Londres et son imbécile de paternel, tout ça la veille de Noël, et je serais resté là à fixer les chiffres lumineux sur le réveil électronique de la cuisine de ses amis jusqu'à ce qu'ils me chassent à coup de bâton? Pas question! Et puis, je m'étais fait un sang d'encre pour lui, moi!

Je fis un pas en avant et pose la main droite sur son épaule gauche. (C'est fou comme on prend note de détails inutiles, dans des cas pareils!) Il releva les yeux, l'air légèrement perplexe.

-Je…

Nouveau blanc. Oups. Note à moi-même : songer à ce que je vais dire avant d'ouvrir la bouche, la prochaine fois. Severus me fixa un moment, attendant une suite, avant de comprendre que je ne savais pas du tout quoi dire.

-Et qu'est-ce que tu as dit aux Potter, pour t'éclipser la veille de Noël dans un des bleds les plus mal famés de Londres?

Je rêve ou il essayait de meubler la discussion? Je finirais par y croire, tiens, à cette histoire de Magie de Noël qui agissait indépendamment…

-Oh, eh bien James est persuadé que je suis allé d'urgence acheter le cadeau de Noël de sa mère, et ses parents me croient parti pour acheter celui de James,… même s'ils se parlent, ils croiront simplement que je les ai tous oubliés.

-Oh.

Argh! Est-ce qu'un dieu quelconque avait quelque chose contre moi, ou quoi?! J'avais l'air spécialement stupide, à ne rien dire! D'ailleurs, je pouvais peut-être retirer mon bras de son épaule, maintenant…

J'hésitai encore un moment. Il me fixa dans les yeux, ce fut impossible de déterminer ce à quoi il pensait. Je me demandai combien de temps la fille nous laisserait avant de ressortir et de me renvoyer chez moi…

-C'est, heum, c'est bien que tu aies décidé de partir, je déclarai finalement. C'était vraiment la meilleure décision à prendre.

-Probable. Dire qu'il aura fallu l'intervention de Sirius Black pour que j'envisage enfin l'option la plus logique de ma situation, ajouta-t-il avec un sourire.

-Tu n'y avais jamais pensé? Dis-je, incrédule.

-Jamais, répèta-t-il. C'est juste… tout ça… ça me semblait… pénible, bien sûr, mais juste… naturel. Partir était plutôt comme… un rêve inaccessible.

Il rougit légèrement, comme s'il pensait en avoir trop dit. J'hésitai à nouveau. Ce devait être la conversation la plus stupide que j'aie jamais eue. Pourquoi étais-je si gêné, tout à coup?!

-Mais tu, euhm, tu vas bien, hein? Je veux dire… tu es OK?

-…Tracy a essayé de me soigner elle-même, mais elle n'est pas très calée, et comme c'est une moldue, elle est plutôt limitée… Mais ce n'est pas trop grave. J'aurai dix-sept ans le neuf, je m'en chargerai moi-même à ce moment-là.

-Tu voudrais que je m'en occupe? Proposai-je gentiment. J'ai eu dix-sept ans en novembre.

Il me regarda dans les yeux un long moment, méfiant. Je m'efforçai de sourire.

-Tu crois sincèrement que je te ferais quoi que ce soit de mal? Si j'avais voulu ta mort, je ne t'aurais pas dit de quitter ta famille…

Après un nouveau moment d'hésitation (Merlin!), il hocha la tête avec un sourire.

-LARA! Appella-t-il en direction du couloir. Il ne fallut que quelques secondes à la blonde de tout à l'heure (ne s'appelait-elle pas Tracy?) pour sortir de la chambre, tirant par la main un grand jeune homme brun avec une peau olivâtre et des yeux sombre. Je me demandai vaguement combien ils étaient à vivre dans cet appartement…

-Ouais, trésor?

-Je… on peut t'emprunter ta chambre dix minutes?

- Pas de problème, vous pouvez y aller. Dois-je comprendre quelque chose? Ajouta-t-elle en gloussant.

-Ne t'imagine rien, grommella-t-il en rougissant. Ad', je ne voudrais pas t'alarmer, mais tu portes le T-shirt de Lara.

Il passa devant eux deux alors que le type baissait les yeux vers le T-shirt (effectivement un T-shirt de fille) et attendit que je fusse à mon tour entré dans la pièce pour refermer la porte. La chambre était petite, et il n'y avait pas de fenêtre. Encore une fois, un matelas était posé directement sur le sol, ainsi qu'un foutoir atroce qui laissait à peine apercevoir le plancher.

-Ils sont toujours comme ça? Je demandai en gloussant.

-Ouais. Ils vivent selon leurs règles et font ce qu'ils veulent. Tracy m'a tiré de plusieurs mauvais pas en me cachant ici, je lui dois beaucoup. Ajouta-t-il d'un ton qui laissait clairement entendre que je n'avais pas le droit de critiquer son amie.

-Ils ont l'air sympa, dis-je pour le convaincre que ce n'était pas mon attention. Puis je tirai ma baguette magique de ma poche. Je ne suis pas spécialement calé dans les sorts de guérison, je te préviens… Je n'ai vraiment que la base.

-Ça ne peut toujours pas nuire… déclara Severus. Il hésita un moment, puis, tremblant, il retira son T-shirt noir.

Je dus retenir un sifflement. Les plaies sur son torse, et sur son dos, étaient bien pires que la dernière fois. Bien plus récentes… plusieurs d'entre elles saignaient encore et j'en aperçus une ou deux qui étaient infectées. Ça devait être spécialement douloureux.

-Allonge-toi, s'il te plaît.

Il n'osa pas lever les yeux vers moi en s'exécutant. Je remarquai que ses épaules étaient tendues. Je m'agenouillai à coté de lui, sur le matelas, et commençai à jeter des sorts de soins sur les blessures les plus vives. Il crispait les poings à chaque fois que l'une d'elles se refermait.

Le silence était complet. C'était atrocement gênant. J'entendais le bourdonnement indistinct de la voix de Tracy et de celle d'Adrian, dans la cuisine.

Quand j'eus terminé, il restait des cicatrices roses à la place des blessures, et plusieurs bleus, mais je n'aurais rien su y faire. Severus ne sembla pas réaliser que j'avais fini. Je ne pouvais pas voir son visage, tourné vers le mur. Après un moment où il ne se passa rien, je cèdai à la tentation et m'allongeai à coté de lui. Il ne réagit même pas.

-Severus?

-Oui?

Je fus presque soulagé qu'il ne fusse pas mort…Il n'esquissa cependant pas le moindre mouvement pour se relever. Après avoir légèrement hésité, je lèvai la main droite et la posa doucement sur son épaule. Lentement, je commençai à caresser son bras dans l'espoir de détendre ses muscles.

Inconsciemment, je me rapprochai de lui, jusqu'à être complètement collé à son corps. Il ne réagit toujours pas (ce qui n'était pas exactement mon cas…). Je passai un bras autour de son torse. Il était incroyablement étrange de sentir la rangée de côtes sous mes doigts. Doucement, je tendis la main vers le bas de son dos et commençai à faire descendre son pantalon.

-Black, murmura-t-il. Ne…

-Chhht…

Je fermai les yeux avec délice tout en tirant sur l'élastique de son jean. Il commença à s'agiter.

-Black… Sirius! Je…

-Tais-toi, Sev…

-Ne… pas… s'il te-

Je lui tournai suffisamment le visage que pour le faire taire d'un baiser. Sans lever les yeux pour croiser son regard, je fis glisser son pantalon plus bas, caressant toujours son torse de mon autre main.

-Sirius! Ne fais pas…

Je ne l'écoutais même plus, à peine conscient de ses protestations alors que je tentai de baisser son caleçon. Ce fut à ce moment précis qu'une vague de magie me catapulta directement contre un des murs de la pièce, me faisant reprendre conscience de la situation alors que mon dos heurta violemment le mur. Je clignai des yeux un moment, me demandant vaguement comment j'en étais arrivé là.

Severus s'était recroquevillé sur lui-même. Il avait les yeux fermés et secouait la tête avec une expression horrifiée, les jambes repliées sous lui et les bras au dessus de la tête pour se protéger.

-Severus, je suis désolé! Murmurai-je précipitamment. Je suis désolé, je ne sais pas ce qui m'a pris!

Mais le Serpentard ne m'écoutait pas. Il semblait contenir ses larmes et sa respiration était de plus en plus rapide.

Je ne comprenais plus rien. Comment en étais-je arrivé à… à ça?! Merlin, j'ai failli le blesser… je n'aurais jamais cru qu'il réagirait ainsi… mais oh bon sang, c'est tellement logique, à présent! Morgannah, comment avais-je pu oublier? Il s'était fait violer, au nom du ciel… et je m'attendais peut-être à pouvoir le prendre comme si de rien n'était?! Je ne m'étais jamais trouvé aussi stupide…

Un autre détail m'échappait. Il n'avait eu aucun problème à se débarrasser de moi et à m'envoyer valser à cinq mètres de lui… alors comment se faisait-il qu'il ne s'était pas défendu contre son père..?

Je m'interrompis dans mes réflexions. Ce n'était vraiment pas le moment. Je rampai prudemment jusqu'à Severus. Il avait cessé de s'agiter, mais il n'avait pas l'air plus conscient de l'endroit où il était que tout à l'heure et ses yeux étaient toujours fermés.

-Sev'? Appelai-je doucement.

Je me rapprochai et après une légère hésitation, je le pris dans mes bras. Il se calma lentement et, après quelques minutes pendant lesquels je le rassurais de mon mieux en lui murmurant des paroles réconfortantes –tout en étant persuadé qu'il me tuerais dès qu'il serait calmé-, il rouvrit les yeux, me fixant sans rien dire un long moment.

-Je suis désolé, murmura-t-il finalement. Ce n'était pas… c'était un accident…

-C'est moi qui suis désolé, Severus. Je… tu m'as dit de ne pas faire ça…

-Mais je ne t'ai pas prévenu… je n'aurais pas cru que ça ferait une chose pareille…

-Je dois dire que ça surprend, c'est le moins qu'on puisse dire! Pourquoi tu n'as pas fait une chose pareille quand…

Je m'interrompis, incertain de vouloir terminer cette phrase.

-Je… ma magie ne veut pas réagir face à lui. C'est juste… un blocage, si on veut.

-Un traumatisme, plutôt, soupirai-je en resserrant mon étreinte. Je suis vraiment désolé.

Il y eut de nouveau un long moment de silence. Mon cœur battait tellement vite qu'il devait l'entendre lui aussi. Et, comme si je l'avais toujours su sans en avoir conscience, la phrase que je prononçai juste après sembla sonner très longtemps dans la pièce.

-Je t'aime, Severus.

Il y eut un nouveau blanc et je fermai les yeux avec fatalisme alors que j'attendis qu'il se dégageât et me traitât de fou. Ce qu'il ne fit pas. Après quelques secondes, il répondit :

-Quelque chose comme ça, moi aussi…

Aheum. J'ai hésité à mettre cette fin, mais soit.Ça a le mérite d'être direct XD

Review, s'il vous plait! S'il vous plait, s'il vous plait, s'il vous plait, s'il vous plait! :D