Auteur : Smirnov
Base : Saint Seiya
Genre : sérieux, yaoi.
Couples : Ca se complique….
Disclaimer : Même pas le petit, là, qui a l'air malade ? Non ? Bon.
Dry yours eyes
Chapitre 7
- Tttt….Pas assez froid. Non, mauvais, mauvais…Oui…dans les rayons surgelés, ça peut se faire…plutôt médiocre…Ah !
Camus releva sa main du bloc de glace qu'il venait de toucher, le cinquième depuis le début de son passage en revue. Il eut une grimace de douleur puis déclara.
- Ca brûle !
Puis, prenant un air las, il remonta les rangs et se posta devant, prenant bien soin de faire voltiger sa cape sur toute son étendue.
- Non…ça ne va pas ! Ca ne va pas du tout ! C'est mauvais ! Vous n'arriverez à rien en produisant un froid de cette nature ! Tous juste à recouvrir d'une légère glace l'armure d'un ennemi ! Mais ça ne suffit pas ! Ah, non, ça ne suffit pas ! Entraînez vous, bon dieu, entraînez vous, tous les jours, toutes les nuits, inlassablement, pendant des jours et des jours, jusqu'à mourir d'épuisement s'il le faut ! Tous les jours ! Et là peut-être que l'on arrivera à faire quelque chose ! C'est bon pour aujourd'hui, rentrez au village… dit le respecté chevalier du Verseau, essayant malgré ses propos de garder un semblant de calme.
Finalement énervé, Camus en oublia même de faire planer sa cape en tourna les talons vers l'Isba. Non, décidément, cela ne pouvait pas continuer comme cela ! Cela faisait presque un mois que lui et Milo étaient terrés ici, le Pope ne s'était pas manifesté, et ces fichus disciples qui ne valaient rien ! Non, non et non ! Il débarqua en ouvrant brusquement la porte, et fit sursauter Milo qui somnolait à moitié sur la table. Si Camus, malgré ses pensées, pouvaient en effet paraître si ce n'est indispensable, au moins à sa place ici, ce n'était pas le cas du chevalier du scorpion, qui lui, s'ennuyait ferme.
- Des incapables ! Voilà ce que l'on me donne à « encadrer », à moi, chevalier d'Or, des incapables ! siffla-t-il en déposant quelques affaires sur la table.
- C'est bien pour cela que l'on t'envoie, s'ils étaient doués, notre présence ici n'aurait aucune utilité, répondit Milo, encore dans les vapes, en pensant tout de même que leur présence, en tout cas la sienne, n'avait effectivement aucune utilité.
Camus ne répondit pas, se saisit d'un chiffon, et commença à nettoyer les étagères de la petite bibliothèque, qui n'en avait aucun besoin, le chevalier du Verseau le faisant environ trois fois par jour.
- Vas-tu laisser deux minutes cette étagère en paix ?
- Ca me détend, de nettoyer.
- Je ne sais pas comment tu fais….
- Quand les mains sont occupées, la tête ne pense pas…
- …A son disciple établi à des milliers de kilomètres d'ici, seul avec un garçon dont il semble être épris ?
Camus arrêta son cirque un instant. Puis laissant le silence s'installer, reprit en se déplaçant légèrement sur le côté.
- Camus…souffla Milo, pris entre la lassitude et la réprobation. A un moment ou à un autre, il faudra bien que ça sorte…
- Mêle-toi de tes affaires.
- Mais ce sont mes affaires, rétorqua le chevalier du Scorpion en haussant la voix.
- Occupe-toi de ton gosse, et après tu pourras venir me faire la leçon, je te promets que je t'écouterais ! lança Camus agacé par le ton d'abord condescendent, puis ensuite agressif de son ex-amant.
- Mais ça n'a rien à voir ! Tu mélanges tout !
- Au contraire, je crois moi, que c'est intimement lié…répondit le chevalier du Verseau en se retournant vers son interlocuteur.
- Pff…c'est toujours la même chose, avec toi ! Tu fais l'autruche ! Tu aimes passer pour le martyr, et même si tu le nie, moi je vois comment tu es, je sais que c'est vrai.
- De quoi tu parles ? Qui « fait l'autruche » comme tu dis, ici ? Je te parle de tes erreurs et tu me charges ! Qui de nous deux aime réellement passer pour le martyr, ici ? Qui ? rétorqua Camus, glacial.
- Mais, tu vois ! tu recommences ! lança Milo avec un ton d'évidence.
Un silence pesant s'installa mais celui-ci n'eut pas l'air de refroidir les ardeurs des deux hommes qui se dévisagèrent en chiens de faïence. Puis, Milo, semblant prendre conscience de l'infantilisme de leur réaction, reprit plus calmement :
- T'es-tu au moins une fois, un jour, demandé pourquoi ? Pourquoi j'avais été voir ailleurs ? Pourquoi c'est moi qui t'avais trompé, alors que c'est moi qui t'avais avoué mes sentiments, moi qui étais venu te chercher….Te l'es-tu ne serait-ce qu'un instant demandé ? répéta-t-il.
Silence.
- Non, reprit-il, non tu ne te l'es jamais demandé. Jamais. Jamais, parce que tu n'en as jamais eu besoin. Parce que tu le savais trop bien, pourquoi. Parce que ça t'arrangeais bien de me faire porter le chapeau ! Parce que ça te fournissait une excuse, parce que…Oh oui, ça t'arrangeais bien que je me sois faite une fille ! Que je l'ai engrossée ! Tu es un lâche, Camus. Tu fuis la réalité. Parce qu'elle te fait horreur. Parce qu'elle te dit que…
- Arrête ! l'interrompis Camus, sèchement, les membres tendus par une colère froide. Je sais ce que tu vas me dire, termina-t-il avant de sortir s'aérer dehors.
Milo, bouillonnant d'une colère mal retenue, enfonça son poing sur la table.
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Plus que la lumière matinale qui pénétrait la pièce à travers les volets, c'est une migraine aiguë qui tira Hyoga de sa somnolence. Maugréant et soupirant, il se redressa en s'étirant mollement, et regarda la pièce autour de lui. L'alcool n'ayant pas un effet amnésique sur lui, il n'eut pas besoin de se tourner vers sa gauche pour savoir que Shun s'y trouvait. Nu. Il soupira encore, et se leva, attrapant son caleçon au passage, avant de se diriger vers la salle de bain. Allumant la lumière surplombant le lavabo, il se dévisagea dans le miroir. Il avait rêvé d'Ikky, cette nuit.
Se donnant un bref coup sur la tempe, il ouvrit le robinet et plongea sa tête dessous. Et maintenant ? Que devait-il faire ? Il se demanda durant un bref instant s'il ne s'était pas reporté sur Shun uniquement parce qu'il était le frère d'Ikky, histoire de rester dans la famille. Mais ce n'était pas la ressemblance frappante qui étouffait les deux frères…Il était seul, pubère, homosexuel, et cela consistaient peut-être des raisons suffisantes pour désirer la première personne avec qui il se trouverait dans une certaine promiscuité. Mais ce n'était pas Shun qu'il désirait. Il n'était même pas sûr que celui-ci lui plaise physiquement, ce qui devrait être après tout le seul critère pour une union purement sexuel. Hyoga arrêta ici son raisonnement. Ce n'était pas un acte purement sexuel. Car Shun l'aimait. Il le lui avait avoué. Mais Shun aussi, était jeune. Peut-être confondait-il l'amour avec l'éveil sexuel….Non. Comment pouvait-il imaginer cela de Shun, la douceur et l'innocence personnifiée ?
Hyoga soupira une nouvelle fois et se trouva bien idiot à rester prostré devant le lavabo comme ça.
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- Tu y vas ?
- Où ?
- Et bien…à la soirée de l'anniversaire de Mû, dans deux semaines, mais chut, hein, c'est une surprise !
Shaka s'était levé tôt, comme à son habitude, mais n'était guère surpris de trouver Ikky déjà debout, celui-ci étant insomniaque, et passant la majorité de ses nuits à roder dehors.
- Qui organise ça ? Tout le monde est au courant ?
- C'est Aldébaran et Shion. Et non, tout le monde n'est pas au courant, seuls les chevaliers d'or le sont, c'est une surprise, je t'ai dit.
- Si Aphrodite le sait, ça n'en restera pas une longtemps…
- Il a promis de garder le secret ! Tu viens, alors ?
- Que veux tu que j'y fasse ? Moi et Mû, on a pas gardé les moutons ensemble, à ce que je sache…
Shaka allait rétorquer quelque chose, quand il entendit des pas brefs, venant de l'entrée de la maison. Shiryu débarqua quelques secondes après, et salua les deux occupants, avant de demander :
- Dites, vous êtes au courant qu'il y une fête pour Mû, à la fin du mois ? C'est son anniversaire.
- On en parlait, justement, Ikky était en train de dire qu'il n'irait pas.
- Ah bon ? Pourquoi ?
Phoenix haussa mollement les épaules, peu enclin à répondre.
- Tu y vas, toi ? demanda Shaka à Shiryu.
- Oui, normalement.
- Mais le grand Pope veut qu'on s'habille tous « à la mode grecque », je ne sais pas trop ce qu'il entend par là…
- Ah, ah, il veut qu'on viennent avec des toges longues et des couronnes d'olivier sur la tête ? plaisanta Ikky.
L'air arrêté des ses deux confrères lui fit ravaler son sourire.
- Ce type est fou !
- Mais je n'ai rien de tout ça, moi…dit Shiryu l'air contrit.
- Faut que chacun s'amène avec son mignon, aussi ? demanda Phoenix inexplicablement contrarié.
- Oui, c'est une idée étrange…D'autant plus que Mû est Tibétain…tout comme le grand Pope, d'ailleurs. Oh, moi je n'aurais qu'à recycler l'un de mes saris, mais…
Shaka ne termina pas sa phrase et prit un air pensif. Décidément, le grand Pope avait de drôles d'idées ces temps-ci !
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- Ah ! Enfin !
Hyoga avait laissé Shun dormir et était descendu prendre son petit déjeuner. Par la suite, il s'était rendu à la réception voir si sa lettre avait reçu une réponse, et avait eu le plaisir de constater qu'en effet, Shion avait répondu…par un bout de nappe déchirée sur lequel était calligraphié quelques mots leur accordant le droit de rentrer. Hyoga pensa un instant qu'il y avait quelques chose d'exagéré dans cette grande et opulente écriture, puis se ravisa en songeant que ce n'était qu'une preuve de plus de l'exubérance de Shion. Il était amusant de constater à quel point leur Grand Pope pouvait être différent quand le Sanctuaire n'était plus en guerre…
Un coup d'œil vers la salle de déjeuner lui apprit que Shun était levé et qu'il semblait le chercher du regard. Hyoga soupira un bon coup puis se décida à aller le rejoindre. Il avait décidé de laisser couler pour l'instant car il ne savait pas encore quelle décision prendre, et aborda Shun en commençant immédiatement.
- Ca y est ! On peut repartir ! Le grand Pope nous a envoyé ça. Dit-il en tendant le bout de nappe à son compagnon d'armes.
Shun allait dire quelque chose puis se reprit en prenant et lisant la « missive ».
- Tu es sûr que c'est de lui ? Il n'y a pas appliqué son sceau…
De qui ça peut être d'autre ? Non, et puis regarde, ces grandes lettres, très magistrales, et tout ce tralala qui entoure son epsilon (en convenant que tout le monde au Sanctuaire parle et écrit grec), ça peut n'être que de lui ! Ou d'Aphrodite à la rigueur, mais ça aurait moins de panache…
- Tu dois avoir raison.
Un silence s'établit.
- Shun…
- Non. Inutile. Je sais ce que tu vas me dire…
- Non, ça m'étonnerait. Tu ne peux pas savoir, parce que moi-même, je ne sais pas. Il faut que je réfléchisse…Mais au calme. Au Sanctuaire.
- Oui…Mais il y a mon frère au Sanctuaire, répondit Shun, amer.
- Justement. Ca me permettra de prendre une décision définitive, si il est là, et que je m'aperçois que sa présence ne me trouble plus…comme avant, et bien…Et puis il y a cette nuit, reprit Hyoga en pensant que sa tournure de phrase prenait un sens de « roue de secours », c'est quand même très important ce qui nous est arrivé.
Shun releva la tête en souriant :
- Ah, tu le penses aussi ?
- Bien sûr.
Shun se tut un instant en gardant son sourire puis reprit
- Hyoga…je suis sûr qu'on pourrait être heureux…tous les deux….et mon frère te pardonnera, tu sais…enfin…fera semblant, au moins, pour moi.
- Je sais, mais…
- Oui. Il faut que tu réfléchisses. Je ne veux pas te brusquer. Et si tu…ne veux pas…et bien, on essaiera quand même de rester amis, hein, l'interrompit Shun, tout en pensant qu'il ne le supporterait pas.
- Evidemment, répondit le chevalier du Cygne, convaincu au fond, que si « il ne voulait pas » comme le dit Shun, il répartirait à l'isba.
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Camus était sorti énervé après sa discussion avec Milo, et il marchait difficilement vers nulle part, en un glacier et deux conifères, en respirant fort. Il s'arrêta brusquement et s'assis par terre en adoptant une expression de douleur sur ses traits. Il en était malade, de s'entendre dire de telles choses, il le redoutait tant, que quand il sentait que le sujet allait être abordé, il se mettait invariablement à suer. Il se mit à observer les alentours et reconnu un glacier en forme de pic, sur sa gauche. Il avait entraîné Hyoga et Isaac, ici, il y avait quelques années de cela…Repenser à l'entraînement de ses disciples lui procurait toujours une désagréable sensation, et il se le reprochait immédiatement après, mais sa gêne demeurait…Quand Milo lui avait avoué ses sentiments, il avait sauté sur l'occasion, pensant que ce qu'il considérait comme des pulsions perverses allait s'évanouir par le début d'une vie sexuelle, mais même le jeune grec au corps d'éphèbe ne lui avait pas fait…oublier. Il se prit la tête entre les mains avec une grimace de souffrance. Un moment passa mais la bise glacée et le silence monastique des lieux, calmèrent un peu son état d'esprit. Milo n'avait pas complètement réussi, mais lorsqu'il était avec lui, il y pensait quand même moins…mais ça ne sortait définitivement pas. Camus savait plus que quiconque retenir ce qu'il ressentait, mais cette situation ne pouvait durer indéfiniment.
Ce n'est pas comme ça qu'il voyait sa vie, en prêtre aux pensées impies…
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Grâce à la téléportation, Hyoga et Shun arrivèrent au sanctuaire en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, mais à peine commençaient-ils à gravir les marches qui devaient les mener au temple du grand Pope, que Shun, en levant la tête, aperçut son frère qui descendaient en sens inverse, sans les avoir remarqués.
A suivre…
Dragonna : Merci pour ta review, pour Shion et Doko, tu peux imaginer ce que tu veux (après tout c'est fait pour ça aussi, une fanfiction) mais je t'avoue que non, ce n'est pas dans le script original…Enfin, ils sont souvent ensemble, c'est vrai…
kitsune8 : Merci pour ta, on devrait dire tes reviews, vu que tu es l'une de nos plus fidèles revieweuses ! Je t'avoue qu'on s'amuse beaucoup à imaginer Shion plus…détendu, en période de paix ! Pour Camus et Milo, désolé mais c'est pas pour ce chapitre, non plus !
louwenn : la Sibérie n'est pas très croustillante, malheureusement ! Ca commence à prendre une drôle de tournure, cette fic ! C'est pas ce que j'avais imaginé au début, mais la voie que ça prend, me plait plus…Merci pour ta review !
