xo Under The Gun ox

Inspiration : Twilight par S. Meyer & A Friendly Game Of Poker par Mrs Witter

Création de Lex Lina

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Chapitre Sept.

Dead Man's Hand (A8)

« On peut en savoir plus sur une personne en une heure de jeu, plutôt qu'en une année de conversation. ». Platon.

Chansons choisies pour ce chapitre :

Brother – Stuck in the Sound

I'm a Lady – Shaka Ponk

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Bella sursaute en reconnaissant le timbre de cette voix, mais ne pouvant pas encore se retourner, elle émet un grondement sourd. Le feu dans ses pupilles montre qu'elle est un rien... Et c'est peu de le dire... sur les nerfs. « Cullen ! CULLEN ! ».

Le jeune homme se rapproche et franchit la distance qui les sépare, s'arrêtant juste à côté d'elle. Il se penche au point que ses lèvres effleurent l'oreille de Bella. « Chut ! Tu te défends encore comme une tigresse. Je suis ravi de voir que tu ne t'es pas empâtée durant ton séjour ici. ».

Elle gronde, une nouvelle fois, et tente de se retourner mais la main d'Edward la retient fermement. Loin d'être idiot, il sait qu'elle risque de lui arracher les yeux s'il ne prend pas ses précautions. Au lieu de cela, Bella ne peut que faire pivoter sa tête vers lui, exposant ainsi son cou, qu'Edward a toujours trouvé gracieux, telle une invitation à le gouter. Il passe doucement sa main sur la nuque ainsi offerte. Elle fait mine d'apprécier sa caresse, mais avant qu'elle ne parvienne à l'attraper, le Delta a déjà reculé hors de son atteinte. « Tut tut tut tut ! Bella ! Enfin ! Où sont tes manières ? ».

Elle gronde, rangeant son arme dans son étui. « Tu vas voir où je compte te les carrer mes manières ! ». Mais, comme d'habitude, Edward ne peut s'empêcher de revenir vers elle et une fois qu'il est à une bonne distance, Bella lève son poing et lui colle une belle raclée. « T'es vraiment un con, Cullen. ». La tête d'Edward part sur le côté et Bella s'empresse de trouver un des ordinateurs pour y insérer la clé USB contenant son virus bouffeur de vidéos. N'oublions pas qu'elle était venue jusque-là pour ça. Et ce con qui en profite pour lui foutre une crise cardiaque !

Une fois que ses yeux finissent d'afficher des étoiles, vu qu'elle vient de lui décrocher la mâchoire, Edward cherche la jeune femme du regard et lui fait un petit sourire. « Bon… Je crois que celui-là, je le mérite… ». Bien que son ton reste amusé, son regard émeraude s'assombrit rapidement. « Qu'est-ce qu'il y a entre toi et ce type ? ».

Bella pose ses mains sur ses hanches et demande, la colère teintant clairement sa voix. « Si c'est le moment pour poser des questions existentielles, alors réponds à celle-ci. Qu'est-ce qui me retient de sortir une de mes dagues, de te couper les couilles et de te les faire manger en salade ? ».

Même sous la menace, il ne peut s'empêcher de sourire. « Mmmm… Je dirais… Le fait que tu veuilles des tas de petits Cullen dans un avenir proche ? ».

Pour éviter de montrer sa frustration sur un tel sujet, Bella lève sa main droite et fait semblant de regarder l'état de ses ongles. « Quelle idée ! J'espère que tu n'auras jamais d'enfant Cullen. Ils seraient les êtres les plus proches de Satan que le monde n'aurait jamais porté. ».

Il sourit et se rapproche d'un pas. « En parlant du diable… Tu devrais vraiment vendre lui vendre ton âme histoire d'être meilleure, car je te maitrise encore au combat rapproché et je pense que passer une éternité à t'entrainer dans la souffrance ne suffirait pas à me battre. ».

La jeune femme recule, voulant garder un espace de sécurité entre eux. « Vraiment ? Alors… Dis-moi quand est-ce que tu es disponible pour un rendez-vous 'Oh Seigneur des Ténèbres' et on en reparlera... Bon, c'est pas que je m'ennuie, mais là je file ! ». Elle s'empresse de rejoindre la porte mais il lui saisit le poignet avant qu'elle n'y parvienne.

« Je n'en ai pas fini avec toi, Bella. ». Il l'attire contre lui et ne peut s'empêcher de respirer son parfum. « Dis-moi ce qu'il y a entre vous… ».

Elle cherche à se dégager de son emprise et le repousse violemment. « Est-ce vraiment le moment pour poser une telle question ? ». Bella lève un sourcil comprenant à présent d'où lui vient toute cette agressivité. « Pourquoi Cullen ? En quoi ma relation avec Demetri te regarde ? ».

La colère d'Edward ne fait qu'empirer. Comment ces jolies petites lèvres roses peuvent si facilement dire le prénom de ce mec qui semble tout droit sorti d'un mauvais James bond alors qu'elle ne m'appelle jamais Edward ? Enfin sauf sous la contrainte ! Il s'emporte donc un peu plus. « Ta… Ta relation ? De quelle relation tu parles ? Je suis juste outré de cette façon que vous avez de vous affichez ensemble ! Tu sais ce que ça me fait de te voir en train de te pavaner avec ce gorille ? ».

Bella lui fait un sourire narquois. « Me pavaner ? Maintenant, tu sais ce que je peux ressentir… Tu connais l'expression qui utilise les mots hôpital et charité dans la même phrase ? Tu devrais y réfléchir avant d'oser me parler. ». Les bras croisés et la tête tournée vers le côté car elle refuse de croiser son regard, Bella semble presque être en train de bouder.

Edward attrape une des longues mèches de la jeune femme et tire dessus, afin qu'elle retourne son attention vers lui. « Ne crois pas que je sois jaloux. Je ne te pensais pas du genre à t'impliquer autant dans une mission, c'est tout. Est-ce qu'il sait que tu ne seras jamais sérieuse avec lui ? Que tu le mèneras par le bout du nez avant de piétiner ses espoirs ? ».

Bella se tourne vers la porte, ne voulant même pas affronter son regard sur un tel sujet. « Tu te fous de moi ? ». Non… Non… Ce n'est pas bon. Bella, tu n'as pas le droit d'être jalouse ! N'oublies pas qu'Ed… Que Cullen n'est rien pour toi ! Rien du tout ! Profites du temps passé avec lui mais rien de plus ! Elle expire profondément, imaginant sa colère qui s'échappe autant que l'air dans ses poumons et affiche un petit sourire. « Et toi Red ? Quand comptes-tu te caser ? Ne me dis pas qu'aucune de tes pouffes blondes, brunes et rousses n'a jamais tenté de te mettre le grappin dessus ? ».

L'empêchant toujours de sortir, Edward clôt la distance entre eux. Posant une de ses mains à plat contre la porte, il inhale, une nouvelle fois, l'odeur de la jeune femme. Même après si longtemps, Bella le captive toujours autant. « J'ai… J'ai déjà promis mon cœur à une autre, Bella… Mais elle me rejette constamment. ». Il repousse ses cheveux et de la pointe de son nez effleure sa nuque, résistant, tant bien que mal, à l'envie d'embrasser la peau douce et velouté. « Puis… Ces filles… ne sont que de simples distractions sans conséquences… Tu sais qu'on a du mal à me résister. ».

Bella se tourne enfin pour lui faire face. Avec un ton enjoué, elle essaie de prendre la situation à la légère. « C'est une façon assez malsaine de compenser, tu sais ? Je pourrais tenter d'être polie et tout… Mais sérieusement, je préfère vraiment en rester à mon adage habituel…. T'es un con, Cullen. ».

Edward lui offre son sourire en coin, riant doucement. « Je sais. ». Il en profite pour se coller un peu plus contre elle, plaçant habilement son genou entre les jambes de sa prisonnière, ce qui fait que sa minijupe se relève, dévoilant le seul endroit où il meurt d'envie d'être et faisant directement glisser sa main entre ses cuisses fuselées. Bella demande, surprise. « Mais, qui t'autorise à faire une chose pareille ? ».

Edward sourit, sentant venir un nouveau défi. Ses yeux verts se font plus sombres, et soudainement plus intenses. « D'une, je fais généralement ce que je veux. Et ensuite, j'ai cette remarquable envie de te voir jouir pour moi. Ça me travaille depuis un certain temps et je compte y remédier dès maintenant. ». Sa langue passe doucement sur sa lèvre inférieure avant que ses dents ne mordent la chair humide. Bella reste hypnotisée par le geste anodin.

Contre toute attente, les joues de la jeune femme prennent une subtile couleur coquelicot. Elle hésite puis se met à rire doucement. « Mais, pourquoi une telle idée ? Donnes moi une bonne raison et je le ferais. ».

Edward se fait plus insistant entre ses jambes et sourit quand il remarque qu'elle commence à fondre sous ses doigts. « J'ai vu comme tu me regardais durant la réunion. Et je ne t'ai jamais donné le droit de fantasmer sur moi. ».

Les orbes dorés de Bella s'écarquillent. Pardon ? Quoi ? Pour qui est ce qu'il se prend ? Oui… Bon en y réfléchissant…. Comment a-t-il deviné ?

Puis, il n'en reste pas là. « Donc, on peut dire que ce sont des royalties. Se servir de mon image pour un tel sacrilège… Tu imagines comme ma mère va être déçue qu'on puisse ainsi salir l'image angélique de son fils ? ». Le va-et-vient de ses doigts se fait plus insistant et la bouche d'Edward pose des baisers et mordille le creux de son cou au même rythme.

Entre un soupir et un gémissement, la jeune femme parvient à marmonner. « Oh… Cullen…. Oh… Promis, je lui fais envoyer des fleurs… Oh mon dieu, oui… Dès demain matin… ». Elle ferme les yeux et s'accroche à lui comme s'il était la seule raison qui la tienne encore debout.

Edward accélère la cadence, luttant pour ne pas craquer et tenter de la prendre ainsi, tant il désespère d'être profondément enfoui en son intimité. Il manque de jouir dans son pantalon, tel un ado en chaleur, quand il sent les parois veloutées qui se contractent et se détendent autour de ses doigts. La paume de sa main tape durement contre la porte quand Bella lui mord l'épaule, pour réprimer l'envie de vocaliser son orgasme. Puis, un simple soupir s'échappe de la poitrine de sa partenaire qui pose sur lui un regard voilé et teinté d'un fébrile contentement. Sa main se lève doucement, effleurant la joue endolorie d'Edward puis telle une chatte, Bella fait de même, en se frottant avec sa propre joue puis l'embrasse doucement, la passion prenant aisément le contrôle de leurs langues et de leurs lèvres quand ils explorent et tentent de dominer l'autre.

Cette intimité, cette douceur, ce côté câlin et affectueux qu'elle lui offre sont aussi ce que le jeune homme recherche. Edward sourit devant cette facette qu'elle ne voulait surement pas exposer. Il sait que la jeune femme a des sentiments pour lui. Pourquoi elle se refuse de les avouer et comment réussir à la faire craquer sont les deux questions qui restent sans réponse. Mais, il compte mener cette quête à terme.

Bella se remet doucement de l'orgasme qu'il vient de lui donner et, réprimant un frisson, elle se demande si Cullen entend les battements affolés de son cœur alors qu'il se redresse brutalement pour écouter à la porte. Un nouveau frisson la parcoure, au point que le fin duvet de ses bras se soulève, annonçant la venue d'un danger imminent.

Des bruits de pas ! Quelqu'un se rapproche de la porte et vient de s'arrêter à moins de deux mètres d'eux. Edward relâche la jeune femme rapidement et retire sa main qui était si aimablement dans sa petite culotte avant de se lécher les doigts. A cette vision, Bella ne peut s'empêcher de se mordre la lèvre pour éviter le soupir qui tente de franchir sa gorge. Seul le risque imminent l'empêche de sauter sur le soldat qui se tient en face d'elle telle une tigresse sur sa proie.

Leurs regards se croisent et chacun sourit à l'image de l'autre. Les cheveux en bataille, les vêtements froissés, les lèvres presque contusionnées par leurs baisers mais surtout leurs yeux brillants et leurs joues rouges montrent clairement qu'il y a eu quelque chose entre eux. Comme dirait Emmett dans une telle occasion 'ça transpire le sexe, ici non ?'. Le pire est que Bella a, à peine, le temps de reprendre son souffle que la porte s'ouvre brutalement laissant apparaître Demetri et Jasper.

Ce dernier est, comme d'habitude, le premier à se remettre du spectacle qui fige les trois autres. Il croise ses bras et demande, affichant un sourire plus grand que l'état du Texas. « Ah tiens… Edward ! Toi aussi, tu as le droit à une visite du château ? ».

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Une fois devant ses quartiers, Bella invite Demetri à la suivre à l'intérieur. Leur relation est peut-être devenue plus qu'intime due au temps passé ensemble mais alors qu'elle n'est rien de plus, une certaine gêne est présente.

Encore troublé par la vue de sa collègue avec ses anciens compagnons d'armes, Demetri demande tout simplement. « Alors ? ». Il se sert un verre de vin et fait de même pour la jeune femme.

Portant le verre à ses lèvres, Bella ne le repose qu'une fois vidé de son contenu et soupire. On peut aisément dire que cet homme ne se perd pas en propos inutiles. Un simple 'alors ?' et c'est à elle de tout déballer. L'alcool parcoure son corps en laissant une trace chaude dans son système. Glissant son disque dur dans un tiroir, elle balance ensuite sa veste sur une chaise et s'installe sur le lit pour se débarrasser de ses bottes. « C'est exactement ce que j'ai dit tout à l'heure. J'ai reçu l'appel disant que le pc avait des difficultés et je suis descendue voir quel était le problème… ». La première botte retirée, elle l'envoie rejoindre les escarpins vertigineux qui trainent déjà dans un coin de la pièce, avant de faire de même avec la suivante. « … Cullen m'a vu et a décidé de me suivre. C'est tout. ».

Demetri s'assoit sur un fauteuil à proximité du lit et desserre sa cravate. « La marque de ta main sur sa joue ? ». Il boit une gorgée de vin et regrette de n'avoir pris quelque chose de plus fort vu la conversation déplaisante qu'il partage avec la jeune femme.

Alors qu'elle ouvrait sa chemise, Bella interrompt son geste et esquisse un sourire. « Tu sais que je n'aime pas qu'on me surprenne. ». Demetri se redresse, posant son verre brutalement sur la table à proximité et se poste devant elle. Sa stature imposante perturbe, un instant, la jeune femme mais elle se reprend. « Pourquoi ces questions, Demetri ? ».

Il s'agenouille et lui saisit la tête, déclarant froidement, son haleine chauffée par l'alcool. « Ne commets pas d'erreur, Isabella. ». Ses yeux noirs tentent de déchiffrer ceux de sa partenaire mais il relâche à peine son étreinte quand il n'y parvient pas. Sa voix se fait plus tendre. « Tu sais qu'Aro s'en servira contre toi, s'il découvre que tu as une faiblesse. Je t'ai choisie Isabella… ». Il écrase ses lèvres contre celles de Bella qui reste interloquée. « Ne me déçois pas. Tu es ma rédemption. ».

« Justement, pourquoi m'as-tu choisie ? Quelle rédemption ? De quoi parles-tu ? ». Elle sait qu'il parlera quand il en estimera le moment le plus juste, mais elle ne peut retenir cette question.

Le reste des boutons nacrés tombent sur le lit et sur le sol, quand il finit par arracher la chemise de sa partenaire. Sans répondre à la question de Bella, la voix de Demetri se fait plus rauque, voilée de désir et de jalousie. « Il y a de l'amour entre vous ? ».

Bella le regarde, intriguée par une telle démonstration possessive. « N'utilise pas de mot que je ne saisis pas. ». Elle desserre ses holsters avant de les retirer et de les poser délicatement près d'elle.

L'homme sourit devant une telle réponse sachant qu'elle correspond exactement à ce qu'il voulait entendre. Il attrape la jeune femme et l'embrasse doucement sur le front avant de clamer sa bouche fougueusement. Au point qu'elle ne réalise qu'au dernier moment qu'une main glisse autour de sa taille. La jeune femme expire brutalement et essaie de croiser le regard de celui qui est un tel mystère. Mais, des lèvres l'assaillent commençant par sa joue, sa nuque et continuant sur son épaule et une langue chaude suit le même parcours, laissant délibérément une trace brulante sur sa peau. Pourtant, son esprit reste obnubilé par… Edward. Comme après chacune de leurs entrevues, Bella a encore du mal à se remettre du fait qu'ils ne soient pas ensemble.

La voix qui soupire à son oreille n'est pas celle qu'elle désire. « Isabella… Tu sais ce que j'attends de toi. Ne te laisses plus portée par tes émotions… ».

Alors que Demetri lui saisit la nuque d'une main, l'obligeant à se concentrer sur lui, Bella soupire profondément, ressentant une pointe de tristesse quand l'homme qui l'embrasse avec tant de passion n'est pas celui qu'elle désire. Son esprit reprend le dessus et elle demande. « Dis-moi Demetri ! Qu'est-ce que tu me caches ? ».

Il pose sa tête contre l'épaule de la jeune femme et soupire entre deux baisers. « Tu vas me haïr quand tu apprendras toute la vérité. Quand tu sauras qui je suis réellement. ». Sa main glisse sur la cuisse de Bella cherchant à l'attirer un peu plus contre lui.

Mais, avant que Demetri ne puisse être plus entreprenant, Bella se redresse et retire le reste de ses affaires. « Je veux des réponses, Demetri. ». Dans un silence lourd de conséquences et de non-dits, et sans un regard pour l'homme encore agenouillé devant le lit, elle se dirige vers sa salle de bains et ferme la porte derrière elle.

Son poing tape brutalement contre le lavabo tandis que son regard furieux croise son double, dans le miroir situé en face d'elle. Bella marmonne. « Putain ! Reprends-toi Bella ! ». Ses yeux, dont le maquillage charbonneux montre des signes de fatigue, luisent d'une colère contenue. Pourquoi, après tout ce temps, Cullen peut-il lui faire encore autant d'effet ? Pourquoi les remparts, si solidement dressés autour de son cœur et de son esprit, sont-ils si faibles face à lui ? Pourquoi est-ce que Demetri la laisse libre alors qu'il sait qu'elle désire arracher la tête de son patron, de son Maître ? Sachant que ce n'est pas en restant plantée là, qu'elle trouvera une quelconque solution, Bella attrape son nécessaire de toilettes et entre dans la vapeur provoquée par la cascade de sa douche italienne.

Fermant les yeux, son front posé contre le carrelage tiède de la douche, Bella tente d'évacuer ses idées noires avec l'eau qui s'écoule. Frottant son corps, elle ne peut s'empêcher de tourner ses pensées et ses fantasmes vers le Delta qui hante son esprit.

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Deux jours plus tard, l'humeur de Bella est morose. Malgré le fait que les informations recueillies aideront grandement la mission qu'elle est censée mener, rien dans ces données ne lui permettent de mener sa quête personnelle. Il lui faut des preuves bien plus convaincantes pour faire tomber la tête du Général Denali, surtout que sa fille, Tanya, fait rempart devant lui. Avec ce qu'elle a déjà recueilli, seule la blonde serait coffrée alors que l'instinct de Bella la persuade qu'Éléazar trempe tout autant dans le coup. Sans oublier le fait que régler le compte d'Aro Volturi est toujours en première place dans ses priorités.

La garde soupire et frotte sa main sur son visage fatigué. Elle vient de rentrer d'une mission d'exploration qui a commencé à l'aube et bien que divertissante, la jeune femme est sur les rotules ainsi que dans un état déplorable. Sans même avoir le temps de se changer ou de prendre une douche, elle entre dans la grande cafétéria.

Son plateau en main, elle retrouve son équipe, tout autant qu'elle, couverte de poussière et de boue, en plein débriefing avec Demetri. Installée près d'eux, Bella picore sa salade et coupe son morceau de poulet comme s'il représentait tout ce qu'elle déteste chez les gallinacés, tandis que les autres rient et mangent de bon cœur.

Elle remarque, quelques tables plus loin, l'équipe américaine accompagnée de Rosalie, qui semble sur un petit nuage au côté d'Emmett. Bella ne peut s'empêcher de sourire en voyant son amie mais elle perd le fil de ses pensées quand elle croise le regard émeraude de Cullen. Ils restent ainsi, immobiles, comme si le temps s'était arrêté autour d'eux mais les doigts du jeune homme battent une mesure qui démontre cette théorie. Leur contact est interrompu par l'arrivée de Tanya Denali, ambassadrice extraordinaire, qui impose sa présence à côté du Delta. Bella regarde les interactions du couple, ne sachant comment les interpréter.

C'est peut être une des dernières fois que je le vois et il est encore avec une autre.

Bien que la jolie blonde lui parle sans arrêt et tente de capter son attention, Edward ne cesse de regarder devant lui. Le fourmillement de ses doigts ne fait que s'accroitre, lui suppliant de céder à son envie de franchir les quelques mètres qui les séparent et de toucher Bella. Est-ce vraiment un risque à prendre ? Déjà qu'il a reçu une leçon de morale pas possible de la part de son père quand Esmée lui a dit qu'elle venait de recevoir un énorme bouquet de la part de Bella. Puis, le hochement de tête négatif et strict de Jasper le retient. Non… Il se doit de jouer le jeu. Réussir à soutirer des informations de la Denali qui se frotte contre lui pour que Bella puisse foutre le camp de ce nid de scorpions aussi rapidement que possible. Pourtant son regard retourne vers la femme qui détient son cœur… Malgré le fait qu'elle soit prête à danser le sirtaki dessus. Une main glaciale lui tourne la tête et il se retrouve, presque nez à nez, avec la diplomate. Tanya lui dit froidement. « Eddie, tu m'écoutes là ? ».

Edward sourit. « Oui, oui bien sûr. ». Mais trop tard, la jeune femme tourne sa tête en direction de l'endroit qui captivait tant le soldat et sa lèvre supérieure remonte légèrement comme si elle était prête à montrer les crocs.

Bella ressent directement l'animosité de la blonde et détourne son regard, posant son attention vers sa propre équipe et observe les traits du numéro un. Bella sourit quand elle remarque qu'il a le visage aussi enfariné que les autres. Demetri tourne subrepticement son cou vers elle, semblant sentir le poids du regard de sa partenaire sur lui.

Pourquoi pense-t-il que notre relation subira les conséquences de ses actes passés ? Pourquoi aurait-il besoin d'une rédemption ? Je sais qu'il a dû faire des choses plus ou moins brutales voire meurtrières mais c'est notre métier. Je sais qu'il est loin d'être un saint.

Un sourire discret apparaît, l'espace d'un instant, sur le visage du russe. C'est assez rare pour qu'elle en soit surprise et qu'elle lève un sourcil perplexe. Il ne se détend que rarement et généralement c'est quand il est en privé, et en sa compagnie. Bella grimace… Malgré toutes leurs aventures… Et, aussi intense soient leurs vies… Ce n'est pas le russe qu'elle voit, qu'elle ressent. Toute son imagination, tout son être sont dirigés vers Edward. Ses yeux verts qui la brulent, ses mains qui la pétrissent, ses lèvres qui la dévorent alors qu'elle l'enserre de ses cuisses ou simplement dans ses bras. Au point qu'il lui faut un énorme effort de concentration pour qu'elle évite de murmurer le nom du soldat qui la hante tant.

La jeune femme rougit à l'idée et se mord la lèvre en tentant de calmer son cœur. Subrepticement, son regard repart vers le Delta qui l'observe avec intensité mais une main la détourne.

Demetri passe son pouce sur la pommette de sa partenaire, retirant de la poussière. « On rentre. ». Bella acquiesce, se rendant compte que les autres membres de l'équipe se sont déjà levés et tournés vers elle, ils l'attendent pour se diriger vers la sortie.

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Les gardes d'élite marchent tranquillement le long des couloirs du building, imposant le respect et la crainte aux personnes qui croisent leur route. Demetri et Bella sont en tête, leurs capes noires aux armoiries étincelantes malgré la poussière, et se dirigent vers leurs quartiers. Les deux élites se séparent de leur équipe, leur souhaitant un repos bien mérité avant la reprise des festivités du soir.

Une fois qu'ils sont seuls, Demetri se tourne vers elle. « Sois prudente Isabella. Il semblerait qu'Aro ne soit pas le seul ennemi que tu ais ici. ».

Le russe continue ensuite de marcher comme s'il ne lui avait que, simplement, souhaité une bonne journée. Mais Bella ne compte pas en rester là et elle le suit jusqu'à l'entrée des quartiers privés du numéro un. « Quand vas-tu te décider à me parler, Demetri ? ».

Il retire sa cape et la secoue faisant tomber un peu de la poussière accumulée. « Qu'ai-je de plus à ajouter ? ».

Les yeux dorés s'écarquillent en entendant ces propos. « Aro… ? ». Avant de se plisser par suspicion. « Si tu sais pourquoi je suis ici… Pourquoi est-ce que tu ne fais rien pour m'arrêter ? N'es-tu pas censé protéger ton Maître à tout prix ? ».

Demetri surveille encore les alentours avant de continuer. « N'oublies pas que c'est grâce à moi que tu es entrée. Tu dois te rendre compte de la puissance de ton adversaire. Aro a ce sixième sens… Comme une sorte de don… Qui lui permet de savoir ce que l'on pense. Il est impossible de lui mentir. Même si je voulais lui prendre la vie, il le sentirait dès mon approche. ». Il se tourne vers elle, une lueur d'espoir dans le regard. « Alors que toi Isabella. Il sait déjà que tu lui voues une haine sans nom. Il ne te tient pas comme il possède tout le monde ici. ».

Bella reste pensive alors qu'il commence à retirer ses affaires. Demetri se tourne vers elle et dit en souriant. « A part si tu comptes prendre ta douche avec moi, je te conseille d'aller te détendre avant qu'on reprenne notre service. ». Contemplant un moment le corps magnifiquement sculpté et brut de l'homme nu en face d'elle, les joues de Bella prennent une couleur coquelicot du plus bel effet. Il penche un peu sa tête. « Je vois que je te plais ! ».

Elle secoue sa tête, honteuse d'être surprise ainsi et pousse un dramatique « Aaargh ! Arrêtes de me tenter Demetri ! », avant de partir en claquant la porte.

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Une demi-heure plus tard, Bella se rend dans l'espace aquatique de la Tour Volturi. Posant sa serviette de bain, près du bord de la piscine olympique, elle installe ses lunettes de protection avant de sauter dans l'eau.

La jeune femme profite quelques instants de la sensation agréable de l'eau et commence une série de longueurs. Alternant différentes nages, le temps passe sans qu'elle s'en rende vraiment compte et quand Bella finit par sortir la tête de l'eau, il fait déjà presque nuit.

Ses mains agrippent fermement le rebord de la piscine et d'un mouvement puissant, elle relève tout son corps. Elle se rend vers la pièce adjacente, resserrant sa serviette autour d'elle, pour réprimer un frisson.

A l'extérieur, deux silhouettes vêtues de couleur sombre et masquées, tentent de se fondre dans le décor. Aidées par les arbustes et les haies décoratives, elles observent le numéro deux de la garde d'élite Volturi qui sort de l'eau.

La première, visiblement une femme, fait un petit signe montrant Bella. « Elle est là. Dépêchons-nous et finissons-en. ». L'autre hoche la tête et avance tout en restant accroupie. « Je passe par devant et tu prends l'arrière. Tu sais qu'elle est douée alors, on attaque en même temps. ».

Toujours sans bruit, l'autre acquiesce et réajuste son masque. « D'accord. Heidi, soit prudente. ». Les deux personnes savent qu'il ne faut pas prendre leur victime à la légère. Chacune de leur coté, elles avancent prudemment jusque dans la petite salle où se détend Bella.

Cette dernière se prélasse dans un bain, presque bouillonnant tant il est chaud, qui lui sert principalement à forcer la détente de ses muscles endoloris. Ses mains entament une série de clapotis et ses yeux sont presque clos, montrant que le bain aux huiles essentielles fonctionne parfaitement.

La silhouette, qui passe par l'extérieur, sourit devant la décontraction de sa victime. Cela n'en sera que plus facile. Il semblerait que les rumeurs qui circulaient au sujet de cette garde d'élite ne soient que cela, de simples rumeurs. Elle n'est plus qu'à quelques mètres mais disciplinée, elle attend le signal de sa partenaire.

Quelques minutes plus tard, évoluant silencieusement dans le vestiaire, Bella enfile, avec précaution, un de ses bas avant d'enchainer avec sa jupe. Une fois, qu'elle a passé sa veste, elle s'installe tranquillement devant une des coiffeuses à disposition et s'inspecte avec minutie.

Alors qu'elle enfile les perles, offertes par la sœur de Jake, dans les mèches qui encadrent son visage, l'une d'entre elles lui file entre les doigts et tombe au sol. Bella s'apprête à la ramasser quand elle interrompt son mouvement. La perle avance d'elle-même, prise dans un léger courant d'air. Cela fait un moment qu'elle sait qu'elle n'est pas seule mais là, il semblerait que ses deux assaillants soient prêts à attaquer. L'un est derrière la vitre teintée qui est face aux casiers et penche la tête régulièrement pour vérifier son emplacement, bonne planque sauf quand la lumière extérieure dénonce sa présence, comme c'est le cas en ce moment. Tandis que l'autre se cache juste au niveau de l'entrée du vestiaire, trahi par l'ouverture de la porte et le courant d'air qui a suivi.

Sans un mot, les doigts de Bella récupèrent sa perle et font mine de l'accrocher à la mèche de cheveux. Enfin, c'est ce que croit sa première victime car en réalité Bella récupère une de ses dagues et la fait tourner prestement dans sa main. Son regard doré se détourne à peine quand, d'un geste brusque et calculé, la dague part exécuter son œuvre.

CRITCH !

La lame reste plantée dans la vitre, sans même la briser. De l'autre côté du verre, Heidi a tout juste le temps de souffler « Quoi ? Mais comment ? », que ses yeux s'écarquillent, son esprit comprenant enfin qu'elle est en train de mourir.

A l'intérieur du building, Bella sait très bien qu'elle a eu sa cible. Un léger pschiit ! se fait entendre au niveau de la dague et un liquide sombre s'échappe de l'éclat fait dans la vitre. La jeune femme se redresse et avance tranquillement pour récupérer son arme.

Retirant la Charlie's Angel de son emplacement, Bella soupire, visiblement contrariée par le fait d'avoir taché son visage et sa tenue avec le sang qui s'écoule encore de sa lame. « Et merde ! ». De l'autre côté, le corps sans vie de son assaillant, tombe lourdement au sol, laissant une trainée ensanglantée sur la vitre.

Respirant fortement, l'autre silhouette, retire son masque, dévoilant un visage féminin. De grosses gouttes de sueurs perlent sur son visage et elle comprend vite que sa partenaire s'est fait surprendre et que cela lui a été fatal. Décidant d'affronter directement celle qu'elle est venue dégommer, la jeune femme sort son arme, dont le canon luise sous la lumière des néons.

Elle entre dans le vestiaire telle une furie et pointe son arme vers Bella qui est encore le dos tourné. Remarquant le corps sans vie d'Heidi, la jeune femme s'écrie. « Putain ! Tu vas mourir Swan ! ».

Bella reste stoïque, reconnaissant la voix qui l'interpelle et la menace de mort. Pliant son cou à gauche puis à droite, elle finit par se tourner vers celle qui est encore debout. La voix du numéro deux est calme et mortelle. « Sulpicia ? Tu es de l'équipe 4, c'est ça ? Sérieusement ? J'aimerais savoir comment tu t'es retrouvée dans une telle situation ? ».

La fameuse équipe 4 est connue pour être composée principalement de belles jeunes femmes, espionnes aguerries mais usant principalement de leurs charmes, de poison et de diplomatie. Il est incroyable de voir le nombre d'informations que l'on peut soutirer à un homme de pouvoir rien qu'en usant d'un oreiller. Ce qui fait que ces filles sont indispensables dans un gouvernement mais elles bénéficient généralement d'une équipe de protection car très peu sont capables de se servir d'une arme ou encore moins de gagner un combat au corps à corps.

La dite Sulpicia n'en mène pas large et sa main tremble alors qu'elle porte son pistolet les bras tendus. Elle bégaie. « Je… Je ne fais qu'obéir aux ordres ! Je n'ai rien contre toi ! ». Voir ainsi le numéro deux, si détendu malgré son visage tacheté de sang, a quelque chose d'effrayant. Bella acquiesce et sourit. Elle avance tranquillement vers un chariot et saisit une serviette propre pour essuyer son arme. Sulpicia tente d'être plus convaincante. « Ne bouges pas Swan ! Je suis sérieuse ! ».

Bang !

Un premier coup part mais il est loin d'atteindre sa cible et Sulpicia titube en arrière, surprise par le recul de son arme. Les gens pensent qu'il est facile de tirer à cause de l'image faite par la télévision alors que rien que le recul peut vous fouler aisément un poignet. Cela prouve bien qu'elle ne sait pas ce qu'elle fait.

Bella respire lentement, essayant de trouver de la compassion envers cette petite idiote qui tremble devant elle alors qu'elle ne sait pas qu'elle est déjà morte. « Alors dis-moi Sulpicia… Qui t'envoie ? ».

Les secondes suivantes s'égrènent dans un silence pesant. N'obtenant pas de réponse, Bella décide d'employer la force. Elle pousse le chariot vers la jeune femme qui tente de la tuer et bondit tout aussi prestement dans la même direction, posant un pied sur l'engin à roulettes pour décoller du sol et bondir sur sa proie.

Sulpicia encore surprise par l'arrivée du chariot, ne réalise à peine ce qui lui arrive. La main droite de Bella la maintient face contre terre alors que l'autre plante une de ses dagues à quelques centimètres de son œil. C'est alors qu'elle ressent une douleur intense qui s'étend dans tout son corps. Le poids de Bella qui la maintient au sol, les blessures créées par le choc entre son visage et le sol carrelé du vestiaire et la main de la jeune femme qui la presse contre le sol font qu'elle devrait hurler de douleur mais aucun son ne sort de sa gorge tant Bella est véloce dans ses mouvements. Le pistolet qu'elle tenait en main, glisse à quelques mètres de là, hors d'atteinte.

Il semblerait qu'elle mérite son titre… Quel genre de femme possède une telle force ?

Sulpicia n'a pas le temps de trouver la réponse que Bella lui redresse brutalement la tête, en la tirant par les cheveux. Un liquide chaud coule le long de sa joue et dans un dernier effort, celle qui est clairement battue, tente de se libérer de l'emprise du numéro deux.

Bella, située derrière, penche sa tête vers elle et lui parle à l'oreille. « Je ne ferais pas cela si j'étais toi. ». Le scintillement de sa lame est effectivement à proximité de son œil. Sulpicia déglutit et hoche doucement la tête. « Alors Bambi, où en étions-nous ? Ah oui ! ». Elle tire un peu plus le crane endolori, qui est dans sa main, vers elle. « Qui était-ce ? ».

Comprenant que sa vie est en jeu, Sulpicia déglutit, à nouveau, avant de répondre. « Denali… Tanya Denali. C'est elle qui nous a informées de notre mission... C'est un ordre qui vient tout droit d'Aro en personne. Le papier… Le papier avait le sceau officiel… ».

J'aimerais vraiment comprendre pourquoi tous les Denali sont sur mon dos ! Déjà qu'elle court après Edward, voilà qu'elle tente de me faire tuer entre midi et deux. Merde ! Mais pourquoi ?

Bella lui relâche brutalement la tête, en pleine réflexion. « Aro, tu dis… Comment avez-vous pu être aussi bêtes ? Sulpicia, réfléchis cinq minutes ! Jamais il n'aurait fait une chose pareille… ou du moins pas en lançant Heidi et toi à mes trousses ! ».

Maintenant que j'y pense… Comment Demetri pouvait-il être au courant ? Puis cela confirme les données que j'ai obtenu sur le fait que Tanya soit une vendue.

Sulpicia réalise, qu'en effet, elles se sont faites clairement manipulées par la diplomate. Elle jette un œil vers la silhouette du corps sans vie de sa partenaire. « Que… Que vas-tu faire de moi ? ».

Bella s'accroupie à côté d'elle. « Bambi, aujourd'hui je vais, peut-être, être sympa avec toi. Tout dépend de l'aide que tu vas m'apporter. Tiens, prends ça. ». La jeune femme dont le visage commence déjà à tuméfier, tente de se redresser et récupère la serviette tendue, écoutant attentivement. « Dis-moi la suite de la procédure. Heidi et toi, vous réussissez et ensuite ? ».

Sulpicia tousse et crachote ce qu'elle espère ne pas être des bouts de dents. « On doit lui envoyer un message et la rejoindre, une heure plus tard, dans la buanderie de son étage pour lui remettre l'arme qu'elle nous a prêté. ».

Bella tourne sa tête vers le pistolet. « Celle-là ? ». Sulpicia hoche la tête positivement, grimaçant de douleur. La garde d'élite se redresse et parcoure la distance qui la sépare de l'arme avant de s'en saisir. « OK… Alors, voilà ce qu'on va faire… Tu envoies le message, comme convenu et je vais me faire un plaisir de lui rendre son arme. Qu'est-ce que tu en penses, Bambi ? ». Elle se tourne vers Sulpicia et grimace en voyant les dégâts sur la tête de l'espionne. Faisant un mouvement du doigt pour montrer son visage tuméfié, Bella continue. « Vu que tu ne sembles pas en état de le faire, ça ne te dérange pas ? ».

Sulpicia, comprenant aisément l'ironie des propos de la garde, marmonne. « Nan, je crois que je vais, plutôt, passer par l'infirmerie et prendre quelques vacances. ». Elle se redresse avec difficulté, appréciant que Bella lui procure un minimum de dignité en ne l'aidant pas et surtout qu'elle lui laisse la vie sauve. Retirant son portable de sa poche, l'espionne tapote un instant sur son clavier et soupire. « Voilà c'est fait. Et surtout n'oublies pas d'ajouter nos remerciements. ».

Le sourire machiavélique de Swan ne laisse rien présager de bon. « Cela va de soi. ».

xoxo

Bella est dans un des ascenseurs réservés au personnel et remonte les étages jusqu'à ses quartiers. Son portable sonne. D'un coup de poignet, elle lit l'écran rétroéclairé. « Victoria… ». Se sachant autant surveillée par les caméras placées à l'intérieur de la cage, qu'écoutée par les employés qui voyagent avec elle, la conversation de la jeune femme se fait plus que brève. « La délégation part à midi. Je t'envoie toutes les infos par mail. ». Le clapet du téléphone se referme brutalement, faisant sursauter une jeune femme qui en fait tomber les documents qu'elle tenait en main. Elles se baissent en même temps pour les ramasser et bien que remerciant poliment la numéro deux, l'employée semble vraiment terrifiée, surtout que les documents, que Bella a en mains, sont maintenant tachés de sang.

Tu parles d'une pression !

Bella soupire à l'idée d'infliger une telle terreur aux autres. Mais, en même temps, elle comprend qu'étant la remplaçante de Royce King, il y a de quoi se méfier d'elle. Puis, il faut reconnaitre que les compétences reconnues pour tenir son poste, et rester en vie assez longtemps pour s'en vanter, tiennent plus de la brutalité et de la violence dont elle est capable que de sa facilité à faire des cookies.

Bella passe sa carte d'accès dans la fente qui sécurise ses quartiers et entre. Retirant ses vêtements ensanglantés, la jeune femme se prépare à prendre une nouvelle douche. Il lui reste 45 minutes avant son entretien avec la Denali. Elle met en route ses robinets et prend le temps de passer un nouvel appel. « Rose ? C'est Bella… Oui… Oui, tout va bien. J'ai récupérer une partie des infos. Elles sont dans mon disque dur et seront placées aux endroits convenus. Mais… J'ai un problème à régler ce soir. Tout ce que je te demande c'est d'emmener personnellement les agents américains jusqu'à la passerelle du Falcon demain midi. Veilles à ce qu'ils montent dedans et qu'ils quittent Volterra le plus rapidement possible… Ok… D'accord. Et, n'oublies pas, tu disparais dès qu'ils sont partis ! Le mieux serait que tu montes aussi dans l'avion… Non écoutes Rose, tu sais que… Ouais ok, toi aussi, soit prudente… On se reverra. ». Balançant, sans ménagement, son téléphone sur une table, elle entre dans la salle de bains pour en ressortir que vingt minutes plus tard.

Une fois habillée, la jeune femme s'assoit ensuite en tailleur. Bella retire ses dagues du holster caché dans son dos et les pose près d'elle. Se penchant vers sa table de chevet, elle saisit une valise où est gravée une paire d'ailes argentée. Bella l'ouvre et tend son bras vers une des bouteilles d'eau qu'elle garde au sol, puis en boit quelques gorgées avant de verser le reste dans un récipient installé dans la valise. Celui-ci contenait déjà deux comprimés et quand la garde y plonge ses dagues, les lames argentées fument et semblent crépiter sous l'attaque du liquide, faisant que toutes les impuretés sanglantes s'y décollent aisément.

Bella patiente jusqu'à ce que le pétillement cesse, en s'habillant tranquillement. Elle se rapproche de la valise et retire, avec précaution, deux bracelets argentés. D'une main experte, elle relie ses dagues aux bracelets grâce à un fil quasi invisible à l'œil nu. Glissant les bijoux à ses poignets, ceux-ci tintent doucement. Ses préparatifs sont presque terminés quand elle s'empare de nouveaux chargeurs pour ses desert-eagles.

Lorsqu'elle remet les armes étincelantes dans leurs étuis, il est temps pour elle de régler ses comptes avec la blondasse qui lui pourrit la vie. Non point qu'elle n'apprécie pas les blondes, regardez Rosalie…

xoxo

L'ascenseur ouvre ses portes au niveau du quatrième étage et la garde Volturi réalise qu'elle va être pile à l'heure au rendez-vous. Elle franchit la distance qui la sépare de la buanderie avant d'entrer dans la pièce. La température est particulièrement élevée et une bonne odeur de linge propre embaume la salle.

Bella verrouille la porte quand elle aperçoit une tête blonde qui déambule entre les étagères.

Seuls son sens de la justice et une certaine morale l'empêchent de placer directement une balle dans la tête de la diplomate. Celle qui trahit le gouvernement américain en offrant des informations aux plus offrants… Celle qui a délibérément sacrifié Rosalie et Bree en pâture dans l'antre du monstre que pouvait être Royce King… Tout cela pour s'attirer les faveurs de quelques puissants ou peut être gagner quelques billets.

Bella lève les yeux au ciel tant cette femme n'a rien à faire de son temps que de lui faire perdre le sien. Elle demande, cynique. « Ne serait-ce pas Satanico Pandémonium que je vois là ? ».

Tanya ne comprenant pas l'allusion à la danseuse vampirique du film 'Une nuit en enfer', tente de répéter. « Satani... Sataniquoi ? ».

La garde soupire et explique. « Ce n'est rien… Juste une fille aux dents longues. ».

La blonde fait une moue boudeuse. « Alors, mes deux complices n'ont pas réussi à te tuer… Comme d'habitude, je vais devoir tout faire moi-même ! Tu as peut être sauvé cette putain de Hale mais tu n'en réchapperas pas et encore moins ce cher Edward. ».

Le cœur de Bella bat la chamade à l'entente du nom de Cullen. Ce n'est pas juste une simple broutille. Tanya a déjà planifié tout ce qu'il doit se passer. La garde d'élite tente de garder un ton neutre. « Alors, qu'est-ce que tu comptes faire ? ».

Tanya sourit, balançant ses longs cheveux dorés, suivant les mouvements chaotiques de sa tête. « En fait… Tu vois… l'équipe psychiatrique que j'ai été obligée de consulter, a sérieusement fait son boulot…. Détaillant ma vie comme si j'étais un oignon. Ces cons là, voulaient que je dévoile toute mon âme. Jusqu'aux profondeurs les plus intimes… Et sais-tu ce qu'ils y ont trouvé ? ».

Le duvet de Bella se redresse tant la lueur de folie dans le regard de Tanya ne fait que s'exacerber. Elle dit doucement. « Non. ».

Mais, je me doute que ça devait pas être glorieux…

Les dents d'une blancheur éblouissantes de la diplomate apparaissent quand elle sourit machiavéliquement. « Il semblerait que ce que je veux vraiment… Mais alors, vraiment, vraiment… C'est te tuer. ». Elle avance doucement entre les ilots, sa tête apparaissant et disparaissant selon le contenu des étagères.

OK Maintenant ça confirme vraiment qu'elle est malade !

Bella l'observe, tentant de voir si la blonde est sérieuse ou si elle a juste pété un câble. Quoiqu'elle parait vraiment sûre d'elle.

Ah les effets nocifs de la teinture !

« Mais pourquoi ? Dis-moi au moins ce que je t'ai fait ? ».

Un rire tonitruant s'échappe de la gorge de Tanya. « AH ! AH ! AH ! AH ! AH ! Ce que tu as fait ? Tu n'es qu'une petite pute ! Tout a commencé avec Laurent ! Tu te rappelles de lui, n'est-ce pas ? ».

Bella se renfrogne. Comment ne pas se rappeler du mec qui lui a tant gâché la vie ? Elle hoche simplement la tête, ne voulant pas attiser un peu plus la colère de son interlocutrice.

Tanya la menace de son arme une nouvelle fois. « Irina a pleuré des semaines entières quand il a fini par succomber à ses blessures… Et sur son lit de mort, le seul nom qu'il prononçait était le tien… Toussant et crachant, il ne pensait qu'à toi. Ensuite… Il y a eu Edward… Malgré tout ce que je lui offre, et le fait qu'on baise sans relâche, c'est toi qu'il espère. Sais-tu qu'une fois endormi, c'est pareil ! Il arrive qu'il soupire ton prénom dans son sommeil ? Le pire est que le lendemain, il ne s'en souvient même pas. Et malgré tout ce que je fais pour lui, il n'a d'yeux que pour toi. ».

Bella prend appui sur une étagère, croisant les bras de frustration. « Alors tu fais tout cela à cause d'un mec qui désirait me voir morte et un autre qui a le sommeil agité ? Faut te trouver des occupations ma grande. ».

Tanya écarquille ses grands yeux. « Et Demetri hein ? DEMETRI ! Jamais il n'a été intéressé par quelqu'un puis maintenant il ne regarde que toi ! Tu expliques cela comment ? ».

« Qu'est ce… Ne me dis pas que tu fantasmes sur mon patron aussi ? Faut consulter car tu as un sérieux problème. ».

Tanya rit encore, ce même rire machiavélique et un peu fou qui la caractérise. Sa voix se fait profonde et grave. « Mouah ! Ah ! Ah ! C'est aussi ce que pensait mon médecin. Il semblerait que mon intérêt te concernant tournerait à l'obsession paranoïaque. Cette envie de te tuer… ». Elle tourne son visage angélique, bordé par ses cheveux blonds, vers la garde Volturi. « Le psy pense que ce n'est pas un fantasme acceptable. Il pense même que c'est un frein à mon bien être et que… Pfff… soit disant c'est dangereux pour la sécurité de mes semblables. ».

Bella se demande comment cette fille fait pour encore être en liberté à l'heure qu'il est, alors qu'elle devrait être dans une jolie chambre aux murs capitonnés et dotée d'une chemise fashion dont les bras s'attachent dans le dos par de jolis liens en coton surtissés.

La jolie blonde prend appui contre une étagère et s'y tient telle une danseuse de pole dance. « J'ai dû raconter un bobard à la con sur le fait que ce désir n'était que pour surmonter le fait que je veuille tant plaire à mon Général de père… Que tu représentais tout ce qu'il voulait obtenir de moi, bla, bla, bla, bla… J'ai versé ma larme et laissé mon charme agir face à cette bande de vieux cons. Et TADA ! Me voilà, prête à réintégrer la société et à te trouer la peau avec ce qui me passera sous la main. ».

Bella sourit. De toutes les façons, c'est ça ou pleurer devant l'incapacité des médecins à gérer une folle quand elle se pavane devant eux avec un écriteau indiquant qu'elle est légèrement psychopathe. « C'est vrai que tu respires la santé ! Alors, c'est ton plan ? Tu vas juste me tuer ? Comme ça ? ». Elle se rapproche un peu plus de la diplomate avant qu'un frisson ne l'incite à ne pas avancer plus.

Bang !

Bella ne s'attendait pas au fait que la diplomate puisse posséder une arme à feu supplémentaire. Alors que la blonde débite ses conneries sur le fait que la voir morte serait une bonne thérapie, la garde Volturi évite de justesse une nouvelle balle qui fuse tout près de son visage, coupant quelques cheveux de son carré au passage.

Bang !

Malgré son déséquilibre, Bella saisit une de ses Angel et lance la lame vers son adversaire. Celle-ci hurle quand la dague reste plantée dans son bras et une nouvelle fois quand elle la retire.

Bella retombe lourdement sur le sol, tenant toujours en main le fil arachnide qui la relie à sa lame. Elle soupire. « Putain c'est qu'elle est vraiment timbrée ! ». Comprenant qu'elle ne pourra plus rien tirer de Tanya, elle se relève en silence.

« Oui ! D'ailleurs, passons aux choses sérieuses ! ».

Il n'y a plus aucun bruit dans la buanderie, mais elle sait que la blonde rode dans les parages. L'ancien soldat d'élite ressent la pression massive qui force sa concentration. Ses paupières se ferment et son attention se porte sur tous les sens à sa disposition. Tanya est loin d'être un soldat mais ce n'est pas une raison de la sous-estimer. Quand Bella rouvre ses yeux, elle a pris en compte tout son environnement. Elle force son pas à être plus rapide et fait le tour d'un premier ilot, formé par des étagères emplies de draps, d'oreillers et de couettes.

Je suis sûre qu'elle est là…

Elle sort son autre dague de son étui et prépare sa rencontre avec Tanya au détour suivant. Personne. Bella récupère la dague trempée du sang de la diplomate et la plante dans une des étagères. Sa main déroule un peu plus du fil arachnide de son poignet avant que la jeune femme ne reparte à la recherche de celle qui tente de la tuer.

Où est-ce que tu te caches ?

Bella avance encore et encore, toujours prudemment, d'un ilot à un autre, s'évertuant à retrouver Tanya. Elle entremêle son fil entre les étagères, tissant une toile de fil arachnide dont la blonde serait la proie. Quelques gouttes de sang disséminées, ici et là, montrent le passage de la blonde mais rien de plus.

Quelques minutes plus tard, la garde se retrouve, encore une fois, devant l'entrée de la buanderie… Putain… La porte est toujours verrouillée ! Comment est-ce qu'elle a pu disparaître ainsi ?

La jeune femme commence à s'affoler. Aurait-elle une adversaire plus rude que prévu ? Peut-être la fille du Général Denali a-t-elle suivi un entrainement digne du sien ? Bella inspire profondément. Non, il n'y a que Charlie Swan qui pensait qu'une petite fille de dix ans pouvait supporter un entrainement intensif digne des commandos. Son poignet fait un mouvement circulaire afin que ses doigts tirent un peu plus le fil arachnide qu'ils détiennent.

Aucune vibration… Elle se cache la garce.

Bella avance de quelques pas, doucement avant de prendre appui contre le dernier ilot. Soudain, le déclic. Une goutte de sang retient son attention sur une des étagères situées à côté d'elle. Au lieu de couler en arabesque, comme lorsque quelqu'un fuit en courant, la goutte vermillon épaisse glisse verticalement vers le sol, arrêtée dans sa course par la coagulation.

Sa poitrine se gonfle tant elle tente de ne pas laisser échapper un éclat de rire. Elle peut la chercher longtemps au sol, vu que la blonde démoniaque se planque en hauteur, habilement cachée sur un des ilots.

Bella se décolle de l'étagère sur laquelle elle se tenait et saisit sa Charlie's Angel par la pointe acérée. D'un geste fluide, son épaule, son coude puis son poignet partent en arrière juste avant que ses doigts de relâchent la dague. Celle-ci file jusqu'au fond de la buanderie. « Denali ! Si je ne te tue pas, c'est parce que tu as un compte à régler avec Rosalie et Sulpicia. Ne m'obliges pas à te faire plus de mal que nécessaire. ».

Est-ce que la dague a vraiment raté sa cible ou est-ce une chance laissée par la jeune femme ? Bella semble hésitante et Tanya plisse les yeux en remarquant cela. Elle se redresse et pointe son arme vers la garde Volturi. Souriant en voyant sa victime ainsi acculée, elle s'esclaffe. « Loupé ! Je te croyais plus talentueuse… Tu parles d'un numéro deux. ». La blonde fait un pas en avant. « Et moi qui pensais que… ». Ses propos s'évanouissent dans sa poitrine. Son pied est comme retenu par un fil… invisible. Elle tente un second pas en avant et en perd presque l'équilibre. Sans que cela soit volontaire de sa part, sa gorge recrache une écume sanglante. Ses yeux s'écarquillent de surprise et elle tente encore d'avancer mais cela lui arrache un cri de douleur. « QU'EST-CE QUE… ! ». Déstabilisée, son poids l'entraine vers le sol, situé au moins deux mètres plus bas.

Bella se permet enfin un mouvement. Ses bras se soulèvent, les poings serrés devant elle, avant qu'elle ne les écarte brutalement, comme si elle se retrouvait soudainement écartelée, faisant tinter furieusement ses bracelets.

Le corps de Tanya, tel une marionnette, interrompt sa chute, à une vingtaine de centimètres du sol et sa gorge émet un cri déchirant. Les deux lames plantées dans son dos et reliées par le fil arachnide tenu par Bella lui évitent de tomber brutalement. Bien que dans un état critique, la brune ne veut pas qu'elle meurt. D'autres personnes ont des comptes à régler avec Denali et la garde ne compte pas leur retirer ce plaisir. Elle s'approche de la diplomate, qui tombe face contre terre, et retire ses dagues. Sans même les essuyer, elle les pose à terre avant de déclencher l'enrouleur automatique situé sur chacun de ses bracelets.

Comme prise de frénésie, les dagues se soulèvent et partent dans tous les sens. Des gouttes de sang sont projetées de part et d'autres de la buanderie, montrant le parcours sinueux que Bella a créé, tel une toile d'araignée dans toute la pièce jusqu'au moment où ses mains récupèrent prestement les lames qui reviennent vers elle furieusement.

Tanya, sans le savoir, était totalement prise au piège. En avançant vers Bella, elle a déclenché le mécanisme. Les fils arachnides n'attendaient qu'une simple erreur de sa part pour agir.

Bella saisit une serviette et la passe sur son visage. Du sang. Elle soupire se disant qu'elle doit encore prendre une douche. Des propos incompréhensibles se font entendre plus bas. Son pied retourne le corps secoué de spasmes de son ennemie. « Tu disais, Denali ? ».

La blonde sourit, du sang coulant abondamment de sa bouche. « Tu es un monstre Swan… Tu n'as aucune chance avec Edward… Pfff tu n'es même pas humaine… Juste… Juste une machine de guerre. Tu es incapable de sentiment. Pourquoi crois-tu qu'il passe son temps avec d'autres ? Hein Swan ? Si tu es si parfaite hein ? ». Elle essaie de se redresser mais échoue lamentablement et s'évertue à ramper jusqu'à un ilot pour s'y appuyer.

Les orbes dorés de Bella s'écarquillent. Son esprit tente de faire la part des choses, de ne pas laisser le venin de Tanya infiltrer ses pensées. Mais, même si elle ne le montre pas, ses paroles font mouche et sont plus que blessantes. Faisant preuve de sa froideur habituelle, Bella rétorque. « Et où veux-tu en venir exactement ? Qu'est-ce que tu me veux ? Tu ne te trouves pas pathétique à forcer Cullen ainsi ? Puis merde, qu'est-ce qu'il a de plus qu'un autre hein ? Il est coureur de jupons, égoïste, gamin et la plupart du temps tu n'arrives jamais à deviner ce qu'il pense ! Il a une des personnalités les plus dérangeantes que j'ai pu croiser durant toute ma carrière et tu crois que tu peux décider de sa vie ? ».

Cela fait bizarre de dire à haute voix, ce que je pense si souvent… Habituellement je réserve ce genre de discours à mon reflet dans le miroir.

Tanya gronde. « Je sais qu'il tient à moi ! Je sais qu'il est fait pour moi, tout comme je suis parfaite pour lui ! ».

Bella soupire, regardant ses ongles et affichant un sourire en coin machiavélique digne de Cullen. « Bla Bla Bla… C'est bon, laisses tomber. Mais, il faut que tu comprennes une chose, Denali. Quoi que tu imagines dans cette jolie tête vide, quoi que tu tentes dans ta misérable vie, rien ne fonctionnera car Cullen est toujours après moi. Qu'il soit en mission au bout du monde ou dans les bras d'une pouffiasse dans ton genre… Je sais que c'est toujours vers moi qu'il ira. ».

La garde Volturi recule de quelques pas avant de se retourner franchement vers la sortie.

Bien que son discours couillu soit sorti sans faillir ni même une hésitation, Bella est loin d'être aussi sûre d'elle quant à la relation qu'elle entretient avec le Delta. Mais bon… Tanya n'est pas obligée de le savoir, hein ? Elle regarde, un instant, par-dessus son épaule. « Alors, je n'ai aucune intention de te laisser gagner. Mais, si malgré cela, tu veux encore te mesurer à moi alors saches que je ne me défilerais pas.».

Elle entend la diplomate qui se redresse avant de l'interpeller. « Swan ! Tu aurais dû me tuer pouffiasse, car moi je ne joue pas dans les règles. ». Le raclement du métal sur le sol, provoqué dans son mouvement, prévient la garde quand Tanya porte son arme à feu en hauteur et lui permet de s'éloigner à temps pour éviter une nouvelle balle dans sa direction.

Bang !

Bang !

Bang !

Tanya tire sans discontinuer sur sa cible mais Bella la distrait en poussant des étagères emplies d'oreillers. Ceux-ci s'éventrent quand ils sont touchés par les balles de la diplomate, expulsant des plumes blanches et brunes au travers de la pièce.

Bang !

Bang !

Bang !

Tchik… Tchik… Tchik !

Les plumes volètent dans la buanderie, donnant un caractère féerique à la scène. Le numéro deux des gardes d'élite reste droite et stoïque, un de ses desert-eagles sorti et pointé dans la bonne direction, attendant que la blonde finisse par comprendre qu'elle a épuisé son chargeur. « Pas de chance, ton chargeur est vide, ma grande… C'est à moi de jouer. Et… Tu ne me laisses pas d'autre choix, Denali. ». La blonde tente encore et encore de tirer sur la femme qui se tient à quelques mètres devant elle.

Tchik… Tchik…

La diplomate recule comme elle le peut, jetant rapidement son arme devenue inutile. Elle pousse un cri affolé, se rendant compte que sa fin est proche. Puis, réalisant soudain qu'elle ne peut échapper à une mort certaine, un sourire mauvais étire ses traits. « Même si je meure Swan… Mon père t'aura. Il te reste peu de temps à vivre. ».

Bla… Bla… Bla…

xoxo

Quelques minutes plus tard, Bella entre dans un des ascenseurs de la Tour Volturi. Malgré le bourdonnement dans ses oreilles dû au fait qu'elle se soit servi de son arme dans la buanderie, elle hoche la tête en direction des personnes présentes à l'intérieur. Les membres du personnel qui la saluent en retour, s'écartent vivement contre les parois de la cabine, pourtant d'un espace confortable, pour lui laisser de la place. Sortant son téléphone portable de sa poche, elle se rend compte qu'il n'a pas apprécié le moment passé en sa compagnie vu que l'écran est brisé. Des plumes volètent autour d'elle quand elle tend le bras vers la paroi de la cabine. Elle appuie sur le bouton d'appel de l'ascenseur et une voix hésitante répond dans la seconde. « Que… Hum… Que puis-je pour vous… Made… Mademoiselle Swan ? ».

Levant un œil vers la caméra qui surveille l'ascenseur, elle dit sérieusement. « Une équipe de nettoyage dans la buanderie numéro 4 et… ». Baissant les yeux vers sa tenue tachée de sang et dotée de plumes ensanglantées, la garde soupire. « … Et je retourne dans mes quartiers alors qu'on ne me dérange pas. ».

Un des employés commence à éternuer sans relâche. Il s'empresse de s'excuser, marmonnant quelque chose sur une allergie aux plumes d'oie. La jeune femme remarque encore qu'à chacun de ses mouvements, une nuée de plumes s'agitent autour d'elle. Ses joues prennent une couleur vermillon. « Manquait plus que ça… Hum, passez par une des infirmeries et mettez ça sur ma note… Je suis désolée. ».

Ce n'est pas comme ça qu'ils n'auront plus peur de moi…

Bella entre dans sa chambre et saisit son téléphone pour en retirer la puce qui conserve toutes ses données avant d'en prendre un nouveau parmi la dizaine qu'elle garde dans un tiroir de sa commode. Ses mains se posent sur le meuble et de grosses larmes tombent sur le bois brillant. Un cri rauque et désespéré s'échappe de sa gorge.

La jeune femme ferme les yeux tentant vainement d'arrêter le flot d'émotions qui la traverse. Jouer le rôle d'un soldat impitoyable est aisé en public ou quand son adrénaline est au maximum, mais difficile à supporter quand on se retrouve seul. Et là, Bella est seule. Seule avec sa conscience.

Elle retire ses vêtements qui vont s'ajouter à la pile déjà haute qu'elle a balancée depuis le matin et rentre encore une fois dans sa salle de bains, la porte se refermant doucement derrière elle.

xoxo

à bientôt !

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