Coucou ! J'espère que vous avez eu une chouette semaine. La mienne était assez mouvementée, et ce n'est pas fini puisque je dois m'inscrire à l'université, mais j'ai quand même continué de prendre de l'avance sur la rédaction de cette fanfiction. En fait, je n'ai jamais été autant à l'avance, puisque j'ai huit chapitres de plus terminés et un en cours au moment où je vous parle. J'ai également, désormais, l'aide d'un très chouette bêta pour traquer les vilaines incohérences qui échapperaient à ma vigilance, ce qui est un risque quand on s'engage dans un tel projet. C'est à partir de ce chapitre que nous allons commencer la reconquête du lore perdu de Naruto. Vous verrez donc régulièrement apparaître des informations sur les personnages, situations, lieux, mécaniques, qui ne sont jamais abordées dans l'œuvre originale. J'espère que vous apprécierez tout ça !
Je voulais également vous remercier car cette fiction a dépassé les 15 reviews et les 900 vues cette semaine. C'est plus que je n'en ai jamais eu et je tenais donc à vous en faire part. Merci, vous êtes géniaux !
Fouh : Pas de précipitation mon jeune ami, les chapitres arriveront toujours en temps et en heure ! Voici donc celui que tu avais réclamé.
Guest : Merci beaucoup pour tes compliments ! Le rythme est d'un chapitre par semaine, mais il y aura parfois des chapitres bonus qui seront postés le vendredi en plus des chapitres réguliers le mardi. Ravie que les changements par rapport au canon te plaisent !
Finalement, il fut décidé que je m'entraînerais avec Gai les samedis matins où il était disponible. Étant un Jônin pour l'instant sans élève, il était sans aucun doute très occupé. Il mettait mon corps à rude épreuve, me faisant courir, soulever, lancer, encore et encore, jusqu'à ce que le moindre de mes muscles crie grâce. Ensuite, il me faisait m'étirer même si je le suppliais de me laisser du répit, et quand ce moment était passé, je lui étais reconnaissante de ne pas me laisser flancher.
La seule chose qu'il refusait de me faire pratiquer, c'était les katas de poings. Pour cela, il fallait frapper un tronçon de bois encore et encore, jusqu'à en avoir les mains en sang, et recommencer. Cela permettait de durcir les membres au point de pouvoir traverser d'un seul coup des plaques d'acier de plusieurs centimètres d'épaisseur. Cet entraînement en particulier était purement et simplement interdit aux kunoichis avant qu'elles connaissent leur spécialisation, car une femme spécialisée en infiltration ne pouvait pas avoir les mains calleuses, dans le cas où elle devrait figurer une femme noble, par exemple. C'était sexiste, mais je n'étais pas mécontente d'y échapper. Je préférais fendre l'acier à la manière de Tsunade, même si je ne savais pas si je pourrais l'apprendre un jour.
Je conquis définitivement la première place en classe de taijutsu, mais Sasuke le prit très bien. Nous nous entraînions toujours entre nous, et lui aussi progressait remarquablement bien. Désormais, toutes les finales sans exception se jouaient entre nous et je n'avais plus peur d'affronter Hinata. Bientôt, lassée de se faire botter les fesses, elle me demanda à s'entraîner contre moi en-dehors des cours également. Elle venait à la maison le mardi après l'école, nous nous battions encore et encore, et puis, le plus souvent, elle dormait à la maison, dans ma chambre.
J'aimais au-delà de toute conception la relation que nous entretenions, Hinata et moi. Au fil des ans, elle était devenue, de loin, ma plus proche amie. Je savais qu'elle aimait être chez moi, loin de sa famille qui la comparait sans cesse à sa sœur plus puissante. Une fois, une seule, son cousin vint la chercher le mercredi matin, et il y avait tant de mépris dans ses yeux que plus jamais je ne la laissai repartir avec lui, quitte à arriver bien plus tôt à l'Académie. Je savais que Neji avait des raisons d'être amer, qu'il avait souffert au-delà du compréhensible, mais à mes yeux ce n'était pas une raison pour faire souffrir Hinata – et je ne pouvais oublier ce qu'il lui infligerait dans quelques années. Son seul tort dans cette histoire était d'être née dans la branche principale, et il n'avait pas le droit de le lui reprocher.
Puisque j'étais si proche d'elle, je passais également énormément de temps avec Shino. Je trouvais que, dans le canon, c'était celui des ninjas de notre génération à être le moins développé, mais il m'était d'une simplicité incroyable de passer du temps avec lui. Il aimait lire, tout comme moi, même si nous n'appréciions pas les mêmes sujets : il passait notre temps ensemble à dévorer des traités d'entomologie, tandis que je me plongeais dans des manuels de stratégie. De temps à autres, j'étais invitée chez lui. Son père était gentil. Je ne demandai pas pourquoi sa mère n'était nulle part, ni en personne ni sur les quelques photos que j'avais pu voir dans les pièces à vivre. Cela ne me regardait pas.
Les années passèrent. La sixième année, la dernière, arriva si vite que j'en fus moi-même surprise. Je faisais toujours des cauchemars, malgré l'aide d'Inoichi Yamanaka, qui tentait de m'en détourner à l'aide de plusieurs de ses connaissances accrues sur l'âme humaine. Shikamaru s'y mit lui aussi, convaincant sa mère d'essayer de concocter un médicament qui m'aiderait à dormir en paix. Mais les cauchemars restaient, comme pour me contraindre à ne pas oublier la raison de ma présence en ce monde.
J'étais fatiguée, bien sûr, mais pas au point où mon corps commençait à en pâtir. Je dormais assez, une fois le cauchemar de la nuit passé, pour maintenir ma forme physique. Gai-sensei était fier de moi, mais avait dû mettre mon entraînement en pause pour s'occuper de son équipe nouvellement formée. Nous avions déjà établi que je ne serais jamais une spécialiste du taijutsu. Je n'avais tout simplement pas cela en moi. Mais ce n'était pas grave et ça ne m'empêcherait pas de travailler sur cette compétence. À mes yeux elle était indispensable, c'était le dernier rempart de protection, que l'on soit médic, soutien ou attaquant de front.
L'Académie demandait, entre autres, que ses élèves maîtrisent au moins une arme de jet pour être diplômés. J'avais appris auprès de Kiba à perfectionner mon lancer de kunai, mes armes préférées. Désormais, j'apprenais à maîtriser les shuriken avec Sasuke. C'était bien plus compliqué pour moi car la prise était moins bonne, ce qui rendait la visée plus difficile. Mais je ne voulais pas abandonner. Il était essentiel de maîtriser cette arme avant de passer aux aiguilles, bien plus complexes du fait de leur petite taille et de leur poids quasiment inexistant. Les aiguilles étaient de loin ce qui m'intéressait le plus. Elles étaient les meilleures armes quand il s'agissait d'empoisonner.
Ce fut au cours de la sixième année que j'appris également mon type de chakra principal : le vent. C'était rare dans le monde ninja, en particulier à Konoha, qui affectionnait les types terre et feu. Les archives du village contenaient néanmoins un nombre important de rouleaux de techniques de cette discipline. Ma mère en emprunta certains, ceux des plus faibles niveaux, mais ce fut mon grand-père qui m'aida à les apprendre. Pour mon anniversaire, je reçus ma première lame de chakra, un tantô court et léger que je pouvais manipuler soit d'une main, soit des deux. Il me faudrait donc apprendre le kenjutsu. Pour cela, je m'entraînais avec Naruto : j'avais réussi à l'intéresser à ce domaine et même si lui n'envoyait pas son chakra dans son arme comme je le faisais, il devint plutôt doué avec sa lame, exacte réplique de la mienne si ce n'était son acier plus commun. Et par tous les dieux, ce que ce garçon avait comme énergie ! Il était presque pire que Gai, et je pesais mes mots en songeant cela.
Un matin, Sakura ne vint pas en classe. Elle ne ratait jamais un cours. Ce ne fut qu'à la fin de la journée, quand je me précipitai chez elle, persuadée qu'il lui était arrivé quelque chose de grave, que j'appris ce qu'il se passait en réalité : elle avait été repérée par l'une de mes tantes du côté Nara et commençait immédiatement des études pour devenir ninja médecin.
C'était la première fois que je vivais une perturbation du canon sur laquelle je n'avais pas agi directement. C'était… Perturbant. Mais en même temps, dans ce cas précis, je ne voyais pas comment cette déviation pourrait mal tourner : dans le canon, les talents de Sakura avaient été gâchés au sein de l'équipe sept, et puisqu'elle était extrêmement douée en contrôle de chakra, elle allait s'épanouir à l'hôpital et se démarquer quand Tsunade viendrait inspecter ses troupes. Par ailleurs, si tout se passait comme je le prévoyais à ce point de l'histoire, je pourrais sans doute les aider à se rencontrer.
Ce fut avec les méninges douloureuses à force de tourner encore et encore que je rentrai chez moi ce jour-là. Je m'attendais à pouvoir tranquillement me détendre avant de m'entraîner à marcher sur l'eau avec Maman – nous nous rendions dans un onsen réservé aux ninjas afin de ne pas perturber les civils. Le fait que l'eau soit si chaude ne me donnait pas vraiment envie de tomber dedans, mais marcher sur l'eau était compliqué quand on n'avait pas dans ce domaine le même contrôle instinctif et parfait que Sakura. Je n'osais imaginer ce dont elle aurait été capable avec le chakra de Naruto.
Je ne pus donc pas me reposer une fois rentrée car mon grand-père m'attendait. Ce n'était pourtant pas aujourd'hui qu'il devait m'apprendre des choses à propos de notre clan : j'avais déjà eu ma leçon ce mois-ci, qui concernait les manières d'augmenter ses réserves de chakra. Il existait des exercices utiles en ce sens, dont certains qui étaient des connaissances secrètes de mon clan, mais le sommet de la puissance d'un ninja serait toujours limitée par la taille de ses réserves à la base. C'était toute la différence entre quelqu'un qui entrait chez les ANBU et quelqu'un qui restait Genin toute sa vie.
— Hitomi, j'ai reçu un rapport de la part d'Iruka-sensei concernant tes performances dans sa classe. Le conseil des clans a décidé que, bien que tu ne sois pas encore diplômée, il est temps pour toi d'en apprendre plus sur les secrets des Yûhi, tout comme certains de tes camarades les plus prometteurs vont aujourd'hui se voir enseigner des secrets de leurs propres clans.
Je ne pus m'empêcher de me raidir, stupéfiée par l'honneur que l'on me faisait. Je ne venais peut-être pas de ce monde mais j'avais appris à en maîtriser les codes. J'étais intensément consciente du fait qu'Hiruzen, Hokage Troisième du Nom, avait gelé l'accélération des apprentissages sauf exception depuis le désastre Kakashi, que ma mère n'évoquait qu'à demi-mot. Depuis la mort de son maître, le ninja qui deviendrait le chef de l'équipe 7 avait perdu une part de lui-même. Il s'était totalement enfoncé dans son identité de l'ANBU, jusqu'à ce que Maman elle-même se décide à intervenir, soutenue par Asuma-san et Gai-sensei : elle avait harcelé Hiruzen jusqu'à ce qu'il soit retiré des forces spéciales.
Que je sois choisie ainsi que mes pairs pour avancer sur la voie des shinobis avant même de sortir de l'Académie était la preuve de nos qualités. Bien sûr, nous étions la génération des enfants des clans, presque tous mes amis étaient les héritiers de leur famille, avec les exceptions notables de Sakura, désormais apprentie médecin, et Naruto, jinchuuriki et héritier du Quatrième. Notre génération représenterait mieux que toute autre la Volonté du Feu .
— Je suis prête.
J'avais parlé d'une voix ferme et claire, mais je m'étais inclinée profondément devant mon grand-père afin de lui montrer mon respect. J'avais beau savoir qu'il m'aimait tendrement, il n'était pas homme avec lequel on s'amuse. Lentement, prenant garde au moindre de mes gestes comme il me l'avait appris, je m'agenouillai en seiza, les genoux pliés et les fesses sur les talons. Je pris bien garde à ce que mes chevilles soient tournées vers l'extérieur, les pieds bien à plat. Mes mains trouvèrent leur place sur mes genoux, légèrement repliées, mon dos se redressa jusqu'à former une ligne mince, souple et étendue à la fois. Au début, j'avais trouvé cette position raide et inconfortable mais, désormais, je me voyais l'adopter par réflexe même quand ce n'était pas une obligation, pour étudier ou boire mon thé du matin.
À ma grande stupéfaction, je vis mon grand-père mordre son pouce et plaquer sa main ensanglantée au sol. Les sceaux qui apparurent sous sa peau me fascinèrent immédiatement : ni le manga ni l'anime n'avaient rendu justice à leurs ondulations gracieuses, à la manière dont les lignes de mots sacrés s'enlaçaient les unes et les autres, mais moi, je pouvais les voir, incapable d'empêcher l'accélération des battements de mon cœur et la fascination intense qui me traversait en vagues. Inspirant profondément, je refoulai ce sentiment pour me pencher sur lui plus tard.
Quand le nuage de fumée provoqué par le sceau se dissipa, un immense chat écaille-de-tortue se tenait sous la main de mon grand-père, ses grands yeux verts tournés vers moi. Je voyais dans ces prunelles une tendresse infinie qui me rappelait le regard de ma mère. Je ne bougeai pas, ma posture restant respectueuse et soumise. Ainsi donc, mon clan détenait l'un des précieux contrats d'invocation.
— Hitomi, je te présente Chiisanaha, médic-nin de la forêt Nekomadake. Elle est également chargée du contrat d'invocation de notre clan.
Chiisanaha, petite feuille… Cela appelait quelque chose dans ma mémoire, sans que je parvienne réellement à établir un lien avec mes souvenirs de l'avant. C'était de plus en plus difficile pour moi de me souvenir de détails de mon ancienne vie. Était-ce les années qui passaient, ou mon esprit qui s'adaptait à son nouveau monde ? Je n'aurais su le dire.
— Chiisanaha-sama, je vous présente ma petite-fille, Hitomi. Elle est le chaton dont je vous avais parlé, la fille de Kurenai qui est déjà capable d'animer des objets avec des fils de chakra. J'aimerais qu'elle signe le contrat de Nekomadake, comme c'est la coutume, et apprenne auprès d'un chat que vous désignerez à compter sur vous en combat.
Le regard de la chatte, si grande que son épaule effleurait celle de mon grand-père, pesait sur moi dans toute sa douceur et son acuité. Elle avança d'une démarche plus fluide encore que l'eau, inclinant son cou presqu'aussi large qu'un tronc d'arbre et pourtant incroyablement gracieux jusqu'à ce que son museau effleure mes cheveux, son souffle les soulevant comme le ferait une bourrasque de vent.
— Tu sens bon, toi, comme l'ombre sous un arbre et le soleil sur les pierres. Et ce chakra… C'est le vent et la foudre, n'est-ce pas ?
La foudre ? J'écarquillai les yeux, incapable de répondre. Sa voix était incroyablement douce. Lorsque sa joue caressa la mienne, je m'appuyai sur cette chaleur et cette douceur. Cela me rappelait des souvenirs infiniment anciens, ceux d'animaux que j'avais aimés, de leur poids sur mes genoux et ma main sur leur dos alangui. Je me ressaisis. Me perdre dans mes pensées ne serait sans doute pas le meilleur choix à cet instant.
Ainsi donc, la foudre était mon affinité secondaire. Peut-être la maîtriserais-je un jour… Je me demandais ce qu'on pouvait faire avec du vent et de la foudre. En attendant, je me concentrerais sur le premier. Asuma avait commencé à m'apprendre comment envoyer son chakra dans une arme, comment l'affûter pour le rendre terriblement tranchant, mais j'étais loin de maîtriser la technique.
— Chiisanaha-sama, acceptez-vous de faire de ce chaton l'une des apprenties de Nekomadate ?
La voix de mon grand-père, toujours aussi respectueuse et solennelle, me sortit de mes pensées. Je me redressai fièrement, alerte. Je savais que le représentant d'une famille d'invocations pouvait refuser un aspirant au contrat. Grand-père verrait cela comme une honte, une déchéance, si cela m'arrivait. Les contrats possédés par les clans étaient une fierté pour eux, une marque de leur pouvoir et d'un lien de confiance si profond qu'il s'étalait sur les générations passées et futures.
— Comme si je pouvais te refuser quoi que ce soit, Shinku-kun. Bien sûr qu'on va prendre le chaton. Fais-lui signer le contrat, je vais demander à Aostuki de lui composer une équipe avec les apprentis que nous entrainons en ce moment. En attendant, elle travaillera avec Kibaki pour apprendre comment se battre avec nous. Cela te convient, petite ?
Je fus surprise qu'elle me demande mon avis. Après tout, dans un monde de ninjas, les enfants qui n'avaient même pas encore gagné leur bandeau n'étaient pas considérés comme assez matures pour prendre leurs propres décisions. Mais puisqu'elle, elle me demandait, je hochai la tête avant d'incliner profondément le buste. Je crus décerner un sourire sur son visage félin, et puis elle disparut après avoir pressé son museau contre mon épaule, laissant derrière elle une odeur légère, un peu fleurie.
— Eh bien, on dirait que tu lui as plu, Hitomi. Je suis fier de toi. Tu peux te relever. Ce soir, je vous emmène au restaurant, Kurenai et toi, pour fêter ça, mais d'abord, il faut signer le contrat.
Je hochai la tête et m'avançai vers le rouleau qu'il ouvrait devant nous. C'était un vieux contrat : je voyais déjà six noms devant moi, et il n'était même pas encore ouvert à moitié. Je pris le kunai de mon grand-père me tendait et m'entaillai la main droite, à l'intérieur de la paume, là où la peau était tendre, pour pouvoir écrire mon nom avec le sang. Je signai ensuite en appliquant mes empreintes sous ce que j'avais écrit. C'était fait : je ne me sentais pas différente, mais je savais que je disposais désormais d'un atout, d'une nouvelle voie dans laquelle m'engager.
— Les chats ninjas sont extrêmement fidèles : tu fais désormais partie de leur famille tout comme tu fais partie de notre clan. Puisque tu as été acceptée comme apprentie par Chiisanaha-sama, tous les habitants de la forêt Nekomadake te verront désormais comme l'une des leurs, l'un de leurs chatons.
Des créatures qui élevaient la fidélité au rang d'absolu ? Je ne pus m'empêcher de sourire. Cela m'allait bien, en un sens.
Voilà, ce long chapitre est terminé ! N'oubliez pas que les reviews c'est vraiment très chou, et à la semaine prochaine !
