Chapitre 6

Harry arriva à la gare de King Cross en avance et avait beaucoup de temps à perdre. Son oncle avait découvert le Magicobus, et avait refusé de lui servir de transport, sachant que son neveu pouvait y arriver tout seul. Harry n'y réfléchit pas particulièrement ce n'était qu'un rappel de plus comme quoi ses relatifs ne lui donnerais rien de plus que l'indispensable. Alors qu'il s'approchait de la plateforme 9 ¾, il repéra les tresses noires de Daphnée Greengrass qui marchait devant lui.

« Hey, Greengrass, » l'appela-t-il.

Bien sûr, elle reconnut immédiatement la voix. Luttant pour maintenir une expression stoïque, elle se retourna pour le saluer.

« Tu sembles avoir un talent pour te retrouver dans le même endroit que moi, Potter. »

Elle ne bougea pas lorsqu'Harry se dirigea vers elle. Il sourit.

« Eh bien, vois-tu, il y a un train ici que plusieurs d'entre nous sommes destinés à prendre. Si je ne me trompe pas, nous faisons tous deux partis de ce groupe, donc il va de soi que nous nous retrouverions au même endroit. »

Daphnée fronça les sourcils.

« Une tentative de la part d'un Serdaigle de faire de l'esprit ? »

Il tenta d'avoir l'air innocent.

« De l'esprit ? Moi, je ne crois pas. »

Il la rattrapa et ils commencèrent à marcher en direction de la plateforme côte à côte.

« Les dames d'abord. » dit Harry en lui faisant le geste de passer la barrière.

Elle leva un sourcil ? « Après toi alors.

Harry sourit brièvement avant de se diriger vers la barrière à un rythme soutenu. Il accéléra alors qu'il approchait de l'illusion du mur de brique, en essayant de traverser le plus rapidement possible. Même après un an dans le monde magique, la perspective de passer à travers un mur en apparence solide n'était pas séduisante.

Crash !

Le charriot de Harry entra en collision avec le mur de brique et retomba en arrière. L'absurdité de la situation le fit sourire alors qu'il tombait. Il s'imagina essayant d'expliquer cette situation aux Moldus. Je suis tombé parce que je suis rentré dans un mur. Ne me regardez pas comme ça ! Le mur était censé être une illusion. Il se prépara à l'impact, mais fut rattrapé par une paire de bras frêles.

Il sourit et attendit un peu avant de dire « Merci Greengrass, mais tu peux me lâcher maintenant. »

Elle obéit immédiatement et il se retourna à temps pour voir son haussement d'épaules. Il l'entendit murmurer quelque chose qui ressemblait à « aurait dû le laisser tomber. »

« Pourquoi pensait tu qu'il ne me laisserais pas passer ? »

« Peut-être as-tu été expulsé pour avoir été un tel connard.» murmura-t-elle alors qu'elle s'approchait de la barrière. Elle tendit une main et sentit la brique et le mortier solide. Quelqu'un à sceller la plateforme. Ceci est un impressionnant travail de sortilèges. »

Aucuns des deux ne remarqua les deux Gryffondor approchants.

« Oi ! Greengrass, dit, quelqu'un a scellé la plateforme ? » Hurla Ron Weasley alors qu'i approchait de la barrière, Seamus Finnigan traînant derrière lui.

« Elle ment, mec, c'est une Serpentard. » répondit l'Irlandais.

« Une seule façon de le savoir, hein Seamus ? »

Seamus haussa évasivement les épaules, mais Ron avait déjà commencé à sprinter vers le mur. Harry commença à se demander s'il l'avait regardé quand il est entré en collision avec le mur, mais fut interrompu par un écœurant bruit métallique lorsque Ron frappa les briques. Il regarda en bas et vit Ron Weasley allongé sur le sol, se tenant le ventre ou le manche métallique de son charriot l'avait frappé. Seamus rit à gorge déployée tandis que Daphnée regardait avec dégoût.

Après quelques instants, Ron était en mesure de se tenir debout.

« Où est le reste de la progéniture des Weasley ? » demanda Daphnée.

« Déjà, il haletait, le souffle en lambeaux. Sur la plateforme. »

« Comment allons-nous faire pour aller là-bas, mon vieux ? » demanda Seamus.

Le visage peiné de Ron s'éclaira.

« Nous allons prendre la voiture. Maman et papa pourront transplaner à la maison. »

Seamus écarquilla des yeux. « L'as-tu déjà fait voler ? »

« Nah. Mais ça ne doit pas être dur ? » Il regarda Harry et Daphnée. « Avez-vous envie d'une ballade en voiture volante ? »

« Qu'en penses- tu Harry ? » Demanda Daphnée, le regardant d'un air espiègle.

Harry fut momentanément surpris par l'utilisation de son prénom, mais décida de jouer le jeu.

« Cela ne me semble pas être une idée terriblement stupide. Veux-tu essayer Daphnée ? »

Daphnée avait un air de fausse excitation collé au visage. « Nous allons le faire » Ses yeux durcirent « Quand Voldemort reviendra et commencera à demander aux gens de l'appeler Keisha. Tu ne peux pas être assez grand pour piloter une voiture enchantée sur tout le chemin jusqu'en Ecosse. » Dit-elle avec une voix véritablement incrédule.

Le visage de Ron rougit et il grommela quelque chose à propos de « leur montrer » et « être un vrai Gryffondor ». Il se tourna vers Seamus et demanda « Es-tu avec moi, mon pote ? »

« Tu peux compter sur moi ! »

Les deux hochèrent la tête alors qu'ils sortaient de la station.

Harry et Daphnée marchaient d'un bout à l'autre de la station afin de trouver un banc vide. Après qu'ils se soient assis, Harry dit « Je suppose que je devrais envoyer un message à Dumbledore. »

Elle sourit d'un sourire sincère pour la première fois en présence d'Harry.

« Ou bien enchanter un camion. Si nous nous dépêchons, nous pouvons encore rattraper Weasley. »

Harry rit alors qu'il trouva un morceau de parchemin et une plume. Il commença à écrire.

Professeur Dumbledore,

Votre aide est nécessaire à la gare de King Cross. La barrière menant à la plateforme 9 ¾ a été scellée, nous empêchant de monter à bord du Poudlard Express.

Cordialement,

Harry Potter et Daphnée Greengrass.

Post scriptum : Faites attention à Ron Weasley et Seamus Finnigan, ils ont l'intention de faire une entrée impressionnante.

Harry relu la lettre avant de la donner à Hedwige. Il tourna la tête pour regarder Daphnée qui était assise à côté de lui sur le banc.

« Ne t'habitue pas trop à ma compagnie, Potter. » Harry ne put dire si elle plaisantait.

« Tu m'as appelé Harry. Quand Ron et Seamus étaient là. »Dit-il, se demandant si cela avait été un lapsus.

« Bien sûr je l'ai fait. T'appeler Potter en face d'eux aurait été vous mettre au même niveau. Cela aurait suggérer que je te tiens autant d'estime qu'à eux. Je ne sais pas. »

« Tu ne le fais pas ? » Demanda-t-il, haïssant le fait que la réponse à cette simple question ai le pouvoir de lui faire tellement de mal.

« Non, » dit-elle sincèrement, ses yeux s'adoucissant. « Même pas un peu. »

Il sourit. « C'est un soulagement, » plaisanta-t-il, essayant de masquer combien il était soulagé. Elle sourit. « Tu devrais savoir, dit-elle, que ma compagnie n'est pas gratuite. Ça va te coûter cher. »

Harry lui rendit son sourire, vraiment reconnaissant pour cette conversation agréable. « Donnes ton prix, milady »

« Que dirais tu d'une histoire ? »

« Une histoire en particulier ? »

Son sourire se fit timide. « L'histoire de ce qui s'est passé entre toi et Quirell l'année dernière. Oui, cela devrais faire l'affaire. »

Harry soupira et se passa une main dans les cheveux. Il n'avait parlé à personne à ce sujet, depuis qu'il en avait parlé avec Dumbledore. « As-tu déjà entendu parler de la pierre philosophale ? »

Il passa les minutes suivantes à raconter ce qu'il c'était passé durant son aventure de l'année passée, en lui disant la vérité, sans fioritures. Daphnée était d'une très bonne écoute. Elle était attentive, avait posé les questions au bon moment. Harry était content de pouvoir enfin partager son histoire avec quelqu'un.

Alors qu'Harry lui racontait ses exploits, aucun d'entre eux ne remarqua que les accompagnants des jeunes sorciers et sorcières passaient avec succès la barrière. Au moment où il terminait, le train était partit, et ils étaient les seuls à attendre.

Albus Dumbledore arriva à la gare de King Cross avec une forte détonation, et se dirigea résolument vers ses deux élèves. Il avait jeté des charmes repousse Moldus sur lui-même avant de transplaner à la gare il avait été dit à plusieurs reprises qu'il était incapable de se fondre dans la population non magique, et ne voyait aucune raison d'attirer l'attention sur la situation.

Il avait déjà examiné la barrière, et avait été capable de passer à travers elle, bien qu'il fût en mesure de détecter une perturbation magique. Il savait que tous les élèves étaient montés avec succès dans le train, à l'exception d'Harry, Daphné, et deux Gryffondor de deuxième année.

Il avait une théorie sur la magie entourant la barrière, et ses théories se révélaient généralement exactes.

« Harry, mon garçon » dit-il en souriant avec jovialité, « et miss Greengrass. C'est un plaisir de vous voir tous les deux. »

« Directeur » répondirent-ils.

« Je crois que je sais quel est le problème. Si vous pouviez me suivre, » il fit une pause, et leur permis de rassembler leurs affaires avant de marcher vers la barrière. « Nous pouvons aller au fond du problème. Harry, pourriez-vous, s'il vous plait, vous tenir debout derrière moi ? » Harry hocha la tête et se plaça derrière son directeur. Dumbledore tendis son bras et toucha une brique solide. « C'est ce que je soupçonnait. Le passage est scellé uniquement lorsque vous êtes à proximité, mon garçon. »

« Pouvez-vous le réparer ? » Demanda Harry.

Dumbledore sourit sagement alors qu'il agitait sa baguette dans un schéma complexe. Un flot de lumière bleu fut émis par la pointe, et Dumbledore abaissa son bras. « C'était un très beau sortilège de fonte-magie, par un elfe de maison je crois. »

Donc, cet elfe de malheur est en train d'essayer de me tenir loin de Poudlard, pensa Harry. Insupportable, celui-là.

Dumbledore les conduisit vers la plateforme, ou Harry remarqua immédiatement l'absence de la machine à vapeur écarlate. « Professeur, le train n'est plus là ? »

« Le train est parti depuis un certain temps déjà. Je vais vous emmener à Poudlard, moi-même. »

« Allons-nous faire un transplanage longue distance, monsieur ? » Demanda Daphnée, avec appréhension.

Dumbledore rit, « en effet. Tenez-vous à mon bras, » dit-il en étendant le bras gauche.

Harry et Daphné échangèrent un regard, avant d'attraper le bras du vieil homme et disparurent de la plateforme dans un pop sonore.