Je suis d'une distraction impardonnable et je me dois de corriger mon manque des précédents chapitres, à savoir vous remercier toutes pour vos superbes – que dis-je? – magnifiques reviews. J'ai eu beaucoup de plaisir à lire (et relire) vos commentaires et de savoir que vous appréciez ma fic. Merci! Merci! Merci! Merci à toutes celles qui n'ont pas été trop découragées ;-) de la longue période sans chapitre (j'ai finalement « squatté » l'ordi à mon chum en attendant de m'en procurer un nouveau. J'avais la gratouille de l'écriture, maladie fort contagieuse qui pousse l'écrivain en herbe à empoigner vaille que vaille un crayon (même un pauvre BIC, c'est bien pour dire). Merci aussi aux nouvelles revieweuses!s
Avis aux fans de Sirius : ce chapitre-ci lui est consacré. Vous l'avez sûrement compris, je ne vois pas Sirius comme étant un irréductible séducteur. Très beau, il attire les filles comme le miel les abeilles, mais ne s'en préoccupe pas beaucoup. Il peut être très secret à ce sujet et, à mon avis, il doit être aussi fidèle à ses amours qu'à ses amitiés. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'a peut-être pas brisé quelques cœurs…
Alors… Bonne lecture! Chapitre VII – Dans la tête de…Pour Sirius Black, la famille c'était James Potter, Remus Lupin et Peter Pettigrew. Il étendait même cette idée à la maison Gryffindor au grand complet. Aussi, s'il y songeait sérieusement, la famille de James pouvait y être incluse. Ses parents étaient chouettes, pas vantards ni extrémistes dans leurs opinions. Ils étaient relativement âgés, mais leur ouverture d'esprit était étonnante ainsi que leurs manières accueillantes et chaleureuses. Sirius n'avait jamais connu cela chez lui. Il se rappelait la commotion que sa répartition chez les Gryffindors avait causé dans sa famille. Ses parents avaient poussé les hauts cris et avaient demandé une nouvelle répartition, menaçant de retirer leur fils de l'école si cela ne se faisait pas. Dumbledore avait refusé, prétextant que la décision du Choixpeau était sans appel. Sirius, lui, avait été révolté de l'attitude de ses parents. Seulement, ses parents déduisirent quelque chose de cet étonnant état des faits : oui, n'est-ce pas, Sirius avait toujours été différent, voilà tout. Il répliquait à l'autorité parentale, refusait de porter tel chandail quand on le lui ordonnait, boudait leurs invités et exprimait sa pensée haut et fort. Et puis, il s'était toujours bien entendu avec cette nièce dont le nom n'avait plus franchi leurs lèvres depuis son mariage avec un moldu. Comment un tel enfant avait-il pu grandir dans son sein, c'était une question à laquelle Mrs. Black ne trouvait aucune réponse satisfaisante. Il y avait quelque chose de pourri chez Sirius et à chaque année, à son retour d'Hogwarts, ils faisaient tout pour le lui faire sentir et comprendre.
Mais ce n'était certes pas la pensée de sa famille qu'il voulait fuir ce jour-là. Pour une rare fois, Sirius alla à la bibliothèque, souhaitant échapper aux regards inquisiteurs de ses copains qui avaient l'air de se demander si Mrs. Pomfresh pourrait le guérir du mal qui le taraudait. Il n'avait pourtant rien perdu de son bel entrain ni de son humour corsé et faisait encore les quatre cent coups avec James avec la même ardeur qu'auparavant. Seulement, ce qu'on pensait pouvoir se camoufler à soi-même n'échappait pas à l'œil perçant de véritables amis, et James, Remus et Peter avaient bien senti que quelque chose n'allait pas chez lui.
Depuis avant Noël, Sirius s'efforçait de ne plus songer ni même de voir Dorcas Meadows. Il était assez honnête envers-lui même pour s'avouer qu'il échouait à cela avec brio.
Autant essayer de ne pas respirer, songeait-t-il, maussade.
Il avait toujours été discret dans ses affections, mais son amitié avec les autres Maraudeurs avait permis de changer beaucoup de choses quant à cette espèce de pudeur qu'il avait. Son naturel exubérant et chaleureux avait pris le dessus, mais seulement en amitié. Il trouvait cela difficile d'avouer ses préférences pour une fille en particulier. Il avait appris très tôt la discrétion et la nécessité de taire certaines pensées et émotions : avec la famille qu'il avait, c'était simplement de l'instinct de survie. Quand on était Sirius Black; son frère Regulus semblait s'en sortir plutôt bien dans le rôle du garçon-fidèle-aux-traditions-et-valeurs-familiales.
Cela aurait pu être différent avec ses copains, mais une habitude bien ancrée est parfois dure à changer et quant à lui, c'était un trait de sa personnalité. Il ne leur en parlait donc pas, mais il était convaincu que Remus avait deviné son intérêt pour Dorcas. Il croyait aussi que James avait un doute là-dessus, mais ce dernier, respectueux de son silence, n'en montrait rien. Il y avait des petits indices qui le lui laissaient supposer, tels des coups d'œil significatifs quand Dorcas n'était pas loin et la façon dont il faisait valoir certaines des qualités de son meilleur pote quand il était sûr qu'elle pouvait l'entendre. Sirius songea affectueusement que le respect de James était parfois bien tonitruant.
Quant à Peter, Sirius était au regret d'admettre que celui-ci ne voyait rien qui n'était pas placé directement sous son nez. Et encore! Désolant, vraiment. Mais un bon ami tout de même.
Il voyait bien que Dorcas ne se préoccupait pas de lui – pour ne pas dire s'en foutait royalement – et il essayait encore de se défaire de cet amour. Sans succès. Mais le voulait-il vraiment? Il ne croyait pas être imbu de lui-même, mais il était conscient qu'il ne manquait pas de filles qui fussent intéressées à lui. Chaque semaine apportait au moins une nouvelle fille qui lui déclarait sa flamme. C'était très flatteur, mais il ne se laissait pas embarquer dans ces histoires. Il n'en avait tout simplement pas envie. En clair, pas mal de filles voulaient être sa copine, mais pas celle qui attirait son attention et toutes ses pensées. L'attrait de l'inaccessible peut-être?
Remus, en pote empathique, avait émis une théorie qui était, selon toute vraisemblance, destinée à expliquer le comportement de Dorcas. Il n'avait mentionné personne, mais Sirius connaissait bien la subtilité de Remus. Et puis Remus avait son entrée auprès de Lily, la meilleure amie de Dorcas. Peut-être avait-il entendu certaines petites choses. Il avait donc dit ceci :
« Il y a de ces filles qui croient qu'elles sont moches parce qu'elles ne correspondent pas aux canons de la mode actuelle. Elles le croient si bien et si fort qu'elles ne peuvent accepter l'idée, pourtant bien réelle, qu'un garçon puisse s'intéresser à elles. »
Comme c'était un beau discours et fort bien fait, James lui donna un 10/10 et lui suggéra de poursuivre en politique, ou en psychologie féminine, ce qui revenait peut-être au même à son avis. Il trouvait les filles dures à suivre – Lily Evans pour être exact – et il aurait bien aimé les comprendre. À vrai dire, pour la première fois depuis d'innombrables années, Evans lui avait adressé la parole ce jour-là sans lui tomber dessus ni lui sortir une insulte bien sentie, comme s'il était un être civilisé et doué d'intelligence. James avait envie de gémir en songeant que cette magnifique fille était avec un autre que lui!
Pourquoi tombait-on amoureux d'une fille plutôt que d'une autre? se demanda Sirius en parcourant d'un pas paresseux les étroites rangées entre les étagères, ses doigts effleurant le dos des livres au passage. Qu'est-ce qui fait qu'une fille est plus attirante qu'une autre à nos yeux? Qu'est-ce qu'elle a de plus que les autres pour que notre cœur s'agite ainsi? Il n'éprouvait aucune gêne devant une fille d'ordinaire et, selon toute logique, il n'avait qu'à aller la voir et lui demander de sortir avec lui. Il n'y avait pourtant rien de bien compliqué à cela.
Il se rappela avec un peu de retard qu'il le lui avait déjà demandé. M'enfin, pas de sortir avec lui, mais sa réponse avait été limpide et il n'avait pas besoin de savoir lire entre les lignes pour comprendre qu'elle n'était pas intéressée. Elle avait dit qu'il y avait quelqu'un dans sa vie. C'était l'argument pour écraser l'espoir de n'importe quel gars.
Distraitement, il tira à lui un gros livre couvert d'enluminures et le parcourut sans vraiment y prêter attention. L'espace dégagé par le livre donnait sur une table où s'empilaient des dizaines de volumes, tous aussi poussiéreux les uns que les autres. Il leva la tête quand une silhouette familière passa devant l'étagère et prit place à la table.
Dorcas. Plus que jamais, il fut conscient du battement sourd de son cœur dans sa poitrine, conscient de l'espèce d'hébétude dans laquelle il venait de plonger, dans ce merveilleux engourdissement de la pensée…
À travers les étagères pleines à craquer de livres empoussiérés, Sirius observait avec délectation Dorcas absorbée dans sa lecture. Elle ne pouvait le voir et lui en profitait pour la détailler à son aise. Il ne pouvait dire avec précision ce qui lui plaisait le plus chez elle. Ses petits yeux perçants, la courbe de sa lèvre inférieure qui lui faisait penser à un fruit délicieux, ses rires si fréquents, sa hardiesse mélangée à de la timidité, sa réserve ou son dévouement pour ses amies? Ou la ténacité avec laquelle elle l'évitait constamment?
Le voilà réduit à espionner à la bibliothèque une fille pour qui il en pinçait gravement! Devenait-il comme James, à soupirer après une fille qui n'avait aucune considération pour lui? Au moins ne le criait-il pas sur tous les toits de l'école! À vrai dire, Sirius commençait à croire que James avait presque oublié Evans. Lily fréquentait quelqu'un sérieusement cette fois-ci et James semblait avoir compris qu'il n'y avait plus rien à faire. Il n'était pas jaloux, ce qui était très surprenant selon lui. Il ne croyait pas qu'il pourrait être aussi détaché – si James était détaché – face à une telle situation. Curieux comment deux amis peuvent vivre des situations relativement semblables en même temps.
Ses pensées s'enfilèrent comme des perles sur un fil. Dorcas lui avait bien dit qu'il y avait quelqu'un dans sa vie, seulement elle ne fréquentait personne, Alexandra le lui avait confirmé pour il ne savait quelle raison. Alex était très étourdie parfois et Sirius avait eu l'impression qu'elle n'était pas sensée dire cela. Il n'y avait donc personne dans la vie de Dorcas pouvait-il conclure avec certitude.
Le seul garçon dans son entourage – il n'était évidemment pas le seul et unique qu'elle côtoya, mais il était le plus singulier dans ses rapports avec elle – était Snape. La remarque que Peter avait faite le jour anniversaire de Dorcas concernant l'attitude de Snape à son égard n'était pas demeurée lettre morte dans son esprit. Il aurait bien aimé qu'elle prenne un autre chemin, mais c'était sans compter sur la pointe de jalousie qu'il sentait naître en lui.
Il prit une profonde inspiration, souhaitant chasser pour de bon les émotions néfastes qui l'assaillaient. Il n'avait aucun droit de penser ainsi. Dorcas était libre et pouvait choisir ses amis comme elle l'entendait.
Mais Snivellus. Tout de même.
Il était si pris dans ses pensées qu'il ne vit même pas que Dorcas avait quitté sa table et s'avançait dans la même rangée que lui. Elle marchait, le nez planté dans son livre et ils évitèrent la collision de justesse.
« Oh! s'exclama Dorcas en rougissant de confusion comme elle lui marchait sur les pieds. Je suis désolée, désolée! Je t'ai fait mal? » Mais bien sûr, elle ne savait pas que c'était Sirius avant de lever le nez de son bouquin ni avant de sentir que quelque chose poussait sous ses pieds. Elle était bien punie de sa distraction!
Il lui fit un sourire si désarmant que Dorcas rougit de plus belle et baissa les yeux derechef, gênée. Sirius en savait suffisamment sur les filles pour savoir qu'il venait de faire mouche. Peut-être que finalement…? S'il s'y prenait de la bonne façon… C'était quoi la bonne façon au fait?
« C'est moi qui ne faisais pas attention. J'étais absorbé par… »
Il ne pouvait décemment pas lui dire qu'il pensait à elle ou même qu'il l'espionnait.
« Par la poussière sur les livres! » ajouta-t-il très précipitamment, sentant que c'était là une bien piètre et bien mauvaise réponse.
« Oui j'avais remarqué aussi. Ils ne passent pas le plumeau souvent ici… »
Soulagé qu'elle accepte sa réplique, Sirius enchaîna sur d'autres sujets. Il sentait qu'il gagnait du terrain et n'avait pas envie de le perdre.
« Tu lisais quoi? »
Décidément, il avait le cerveau sec! C'était peut-être à cause de toute cette poussière d'ailleurs…
« Un Traité sur l'utilisation des cœurs de lune dans les cas d'empoisonnement animal », lut-elle à voix haute.
« Intéressant, commenta-t-il. On m'a dit que tu voulais devenir vetmage. Tu m'as l'air très douée avec les animaux. »
« J'ai passé mon enfance à prendre soin des animaux, expliqua-t-elle, comme si son don n'était rien. J'ai appris à les comprendre, à communiquer avec eux, à apprendre leur langage; enfin des bribes seulement de leur langage. »
« Quels langages tu peux décoder? Tu sais parler aux serpents! » Il était vraiment curieux et surtout, il souhaitait la faire parler. Il avait compris que Dorcas pouvait être intarissable sur ce sujet.
« Non, pas le Parseltongue tout de même, c'est inné ça, mais je peux décoder certains mouvements, sifflements par exemple. Je ne peux faire guère plus avec les serpents. Tu savais que les chats avec leurs seules moustaches ont 52 mouvements exprimant chacun une pensée différente? »
« Sérieux? Et avec leur queue? »
« La queue, c'est plus complexe encore. Il y a les émotions de base, la colère, la domination, la joie, le sentiment de propriété, l'irritation, la tristesse, le besoin de caresses, l'ennui, mais le nombre de courbes, la grosseur de ces courbes, tout cela indique bien davantage que des émotions. »
« Tu aimes les chats? » demanda-t-il, fasciné par le pli boudeur de sa lèvre inférieur qui ne disparaissait pas totalement quand elle parlait.
« Et les chiens, mais j'avoue avoir un faible pour les félins. J'ai dû vivre aux temps des Pharaons alors qu'ils étaient des dieux! » commenta-t-elle avec un petit rire.
Sirius songea qu'il l'imaginait très bien en jeune égyptienne aux yeux peints de khôl dont les mains caressaient de magnifiques chats au pelage soyeux.
« Tu es très belle quand tu ris tu sais. »
Du coup, le sourire de Dorcas se figea et se changea en un mince pli froid.
« Je dois y aller. »
Elle partit sans plus rien dire, laissant un Sirius dérouté à l'extrême. Il ne comprenait pas pourquoi elle avait réagi ainsi. Tout allait si bien et puis… il lui avait dit qu'il la trouvait belle. Il tenta de se rentrer dans le crâne que Dorcas ne s'intéressait pas à lui, mais rien à faire.
Puisqu'il ne renoncerait pas à cet amour facilement, mieux valait être un bon stratège et savoir placer ses cartes au bon moment.
Leçon numéro 1 : Ne pas adresser de compliments à Dorcas sur sa beauté (peut-être Remus pourrait lui donner quelques conseils, il semblait être un bon observateur de la gente féminine). Attendre le bon moment pour ce genre de chose.
Leçon numéro 2 : Le ton amical est de mise, mais les petits accents (œillade et sourire ravageur) étaient absolument à éviter.
Leçon numéro 3 : Éviter de faire le con devant elle à la façon James Potter devant Lily Evans. Perte de points assurée.
Leçon numéro 4 : Il n'y avait pas de leçon numéro 4 pour le moment. Il aviserait avec le temps.
Fier d'être aussi réfléchi pour une fois dans sa vie, Sirius sortit de la bibliothèque d'un pas triomphant. Il rencontra James qui commençait à s'inquiéter de son sort. Le sourire de Sirius le rassura. Quand, quelques détours plus loin, ils croisèrent Severus Snape, ils ne résistèrent pas à l'envie de taquiner le Snivellus. C'était leur jeu favori!
La retenue qu'ils récoltèrent de ce nouveau méfait ne fut rien comparée aux nombreuses heures que Snape dut passer à l'infirmerie pour soigner les verrues tentaculaires qui lui avaient poussé sur tout le corps.
