Bonsoir! Bon, je ne publie qu'un chapitre cette fois(le suivant arrivera dans la semaine). Bien sûr, j'aurais pu attendre et vous mettre les deux en même temps mais... non. (comment ça, je suis sadique?)

Par contre, je voulais faire une petite pub pour ahotep84 qui écrit la fic "un long chemin" qui appartient également à la section Sherlock bbc. C'est une histoire toute simple mais qui semble prometteuse, et je trouve dommage qu'elle ait si peu de reviews. Alors si vous allez la lire ou si vous l'avez déjà lue, n'hésitez pas à encourager l'auteur: ça lui fera plaisir et ça l'encouragera à continuer. :)

Bon, j'arrête ma pub et je vous laisse profiter du chapitre.

Chapitre 7 :

Sherlock se détendit sous le ronronnement profond du léopard couché contre lui : depuis quelques jours, le blond était vraiment câlin sous ses formes animales, ce qui l'avait surpris un peu au début mais il s'en était rapidement accommodé. Par contre, sous son apparence habituelle, donc humaine, John était semblait un peu plus froid et distant, comme si quelque chose le gênait. Dans ce cas, c'était le détective qui devait agir pour avoir de l'attention de la part du médecin, à peu près comme il le faisait d'habitude.

Il décida alors de profiter de ce moment avant qu'il ne s'éclipse à nouveau ou que son portable ne sonne pour une nouvelle affaire. Avec le retour du beau temps, les criminels sortaient et faisaient leur travail de criminel plus souvent, ce qui mettait réellement la police sur les nerfs certains jours, mais c'était amusant pour le détective alors il ne s'en plaignait pas. La seule chose qui le dérangeait, c'était quand Lestrade l'appelait alors qu'il était déjà occupé soit à une expérience ou une dissection, soit avec John qui se collait à lui sous une forme féline pour réclamer de l'affection. Surtout qu'il avait la nette impression que son colocataire se métamorphosait plus souvent ces derniers temps, et que quelque chose semblait le gêner au point d'en rester dans son coin à l'éviter ou à l'ignorer.

« Tout va bien John ? Avait demandé Sherlock dès qu'il avait constaté ce comportement assez inhabituel (surtout qu'il n'avait laissé aucune tête dans le frigo depuis un bon mois si ce n'est plus).

-Ce n'est rien, ça va passer, avait répondu rapidement l'intéressé en se dirigeant vers sa chambre. Ça va passer. »

Qu'est ce qui allait passer ? Les câlins où le fait de l'ignorer ? Le brun voulait savoir, afin de se préparer mentalement pour la suite. Si John ne passait plus son temps à l'éviter, c'était parfait. Si c'était les câlins qui s'arrêtaient, là ça n'allait pas lui plaire, et il irait les réclamer de son droit !

Un soir, il fronça les sourcils : son colocataire n'était pas encore rentré du travail, il allait être 19h30. Il aurait pu prévenir qu'il faisait des heures supplémentaires ! Un sms, c'était simple à envoyer pourtant !

De son côté, le médecin était debout sur le toit de l'hôpital où il travaillait, laissant le vent glisser sur lui et ses vêtements. Depuis deux semaines, il se sentait incomplet lorsqu'il changeait de forme, comme si quelque chose lui manquait. Et il retrouvait cette sensation à chaque fois, le plongeant dans de sacrées réflexions afin de comprendre ce phénomène. C'est pourquoi il se tenait là, sur ce toit, car il se sentait bien en hauteur. Lentement, il s'approcha du bord, se pencha légèrement en avant, presque à sentir un léger déséquilibre et se laissa tomber en avant. Immédiatement, un merle s'échappa des vêtement pour prendre l'apparence d'un hiboux grand duc et les rattraper en vol, lançant un cri sauvage. Le rapace nocturne se redressa et vola rapidement dans le centre de Londres, parcourant les rues à toute vitesse. Sherlock devait certainement l'attendre, et même commencer à s'impatienter.

Et là, encore cette sensation... Mais que lui fallait-il pour s'en débarrasser ? Il reconnut Baker Street et poussa un nouveau cri qui fit sursauter le détective dans son canapé. Ce dernier se leva précipitamment et se dirigea vers la fenêtre pour voir un hibou de grande envergure faire un looping dans le ciel et redescendre droit vers la vitre en collant ses ailes contre son corps. L'oiseau portait des vêtements roulés en boule entre ses pattes, lui permettant de reconnaître John et d'ouvrir la fenêtre sans pour autant s'écarter.

John écarquilla les yeux : il n'avait plus le temps de faire demi-tour à la vitesse à laquelle il allait ! Il se redressa donc brusquement, étendit ses longues ailes dans un cri pour offrir plus de résistance à l'air, les serres tenant ses affaires plongées vers l'avant, et amena ses ailes le plus possible en arrière pour éviter de se faire des fractures en se cognant contre les rebords de la fenêtre ouverte. Sherloch ne bougea pas le regardant approcher de plus en plus et...

POUF !

John percuta son colocataire à la poitrine dans un ululement aigu, ses ailes passèrent le contour de l'ouverture et se replièrent vers l'avant. Sherlock tomba en arrière sous le choc de la réception du volatile, finissant par terre sur le dos avec des plumes qui recouvraient son visage. Une des deux ailes du hibou devait en être l'origine. Il leva une main pour la soulever et vit John qui le regardait d'un air inquiet en poussant un petit piaillement. Pourtant, il n'avait pas lieu d'être inquiet : il ne s'était pas fait mal. Même si réceptionner un oiseau qui se prenait pour un missile n'avait pas été prévu au programme. Il avait juste été surpris, tout simplement.

John se releva et prit les vêtements dans son bec pour rejoindre la salle de bain dans un mélange de course à pied et de battements d'ailes, égarant une plume sur son passage. Le détective la vit et la ramassa : elle avait l'odeur de son colocataire. Il décida donc de la garder et alla la mettre dans sa chambre. Dommage qu'elle soit si petite : c'était une plume de duvet, il aurait préféré une plume d'aile, surtout les plus longues et les plus rigides, car elles étaient plus belles que celle qu'il tenait entre ses doigts. Et s'il demandait à John de lui en donner une ? Ou alors il attendrait un peu, le temps de voir si une autre forme d'oiseau lui plairait plus que celle d'un hibou. Peut être un faucon ou un aigle...

Il se dépêcha de ranger la plume avant que le médecin ne sorte sous son apparence humaine et habillé, et se réinstalla dans son canapé comme il faisait d'habitude lorsqu'il l'attendait le soir. Deux minutes plus tard, le blond entra dans la pièce et se laissa tomber dans son fauteuil en soupirant.

« Tu es en retard, reprocha Sherlock sans bouger de sa positon actuelle.

-J'avais besoin de réfléchir, justifia John d'un ton fatigué.

-Sur quoi ?

-Rien de très important. »

Le brun ouvrit les yeux et braqua son regard métallique sur lui, le mettant presque mal-à-l'aise. Il haïssait ce regard : c'était celui qu'il utilisait pour faire avouer ceux qu'il interrogeait. Il allait passer à l'interrogatoire dès qu'il montrerait le moindre instant de faiblesse. Il allait devoir se méfier et prendre ses distances le temps de régler son problème. Il se ferma pour faire comprendre à son ami que la discussion était close, du moins pour le moment et préféra s'isoler pour le reste de la soirée.

Le lendemain, Sherlock reçut un message de Moriarty lui donnant rendez-vous en haut de la Tower Bridge. Et comme d'habitude, il ignora les avertissements de John et s'y précipita tête baissée. Sauf que cette fois, le métamorph n'avait pas eu le temps de camoufler sous les vêtements du détective. Mais ayant réussi à savoir le lieu de rendez-vous, il pourrait le rejoindre sous une forme d'oiseau. Il soupira donc, ayant déjà eu une longue journée de travail, et se dévêtit rapidement. Il ouvrit légèrement la fenêtre du salon et prit l'apparence d'un faucon aplomado, rapace de taille moyenne, de couleur gris ardoise. Pas très grand et assez discret, parfait pour une traque. Il avait un sociopathe de détective à retrouver et un psychopathe à éloigner !

Voler jusqu'au monument lui parut long et fastidieux : encore un problème de température trop froide. Il chercha donc une bulle d'air un peu plus chaud et l'utilisa pour prendre de l'altitude sans battre des ailes, juste en planant. D'aussi haut, il voyait très bien où se situait le lieu de sa destination et descendit en piqué.

« Alors, chéri, que penses-tu de ce lieu de rendez-vous ? Suffisamment romantique ? Ou peut être faut-il y ajouter quelques explosions pour que ce soit plus chaleureux ? »

Sherlock fronça les sourcils : si Tower Bridge explosait, John lui en voudrait certainement, surtout s'il en ressortait ne serait-ce qu'avec une seule égratignure. Donc minimiser les dégâts, et éviter un feu d'artifice.

« Kiak ! »

C'était un cri animal, mais aucun d'eux n'y prêta attention. Moriarty s'approchait du détective avec un sourire pervers.

« Kiak kiak ! »

Détective qui se mit instantanément sur ses gardes : il n'aimait pas cela. Surtout en remarquant les menottes dans la main du criminel-consultant.

« Johny-boy n'est pas là ?

-Non, je lui ai dit de ne pas venir.

-Vraiment ? Et il a obéi ? Quel chien-chien obéissant : tu l'as bien dressé ton animal de compagnie. Tu crois que je peux en trouver un identique pour me distraire ? »

John n'était pas un chien de compagnie, et Sherlock ne l'avait pas dressé. Quand au fait d'en trouver un aussi patient et compréhensif que le médecin militaire...

« Je pense que c'est possible. Répondit-il en surveillant attentivement son ennemi. Mais il faudra chercher. Longtemps. Peut être qu'en passant une annonce, tu en trouveras un... »

L'idée sembla plaire à Jim, qui la considéra un moment, puis il secoua la tête et ricana :

« Non trop long. »

Il n'était plus qu'à trois mètres et c'était déjà trop près pour notre ami sociopathe qui ne bougea pas. Deux mètres, un mètre 50, un mètre...

« Dommage que Johny-boy ne soit pas présent. Je me demande comment il réagirait en nous voyant unir nos corps avec passion...

-En effet, j'ignore comment je réagirais. »

Cette voix : c'était celle de John. Et vu comment son intonation était basse et froide, çà allait mal finir. Sherlock tourna la tête vers l'une des entrées pour voir son colocataire sous son apparence normale, une nappe blanche nouée à sa taille. Il se surprit à penser qu'il était vraiment beau comme ça, la lumière de la ville laissait voir sa musculature, héritage de l'armée, et sa cicatrice à l'épaule gauche. Il gardait un air calme mais son regard était froid comme la glace. Ce n'était John son colocataire, celui qui était gentil et facile à vivre, mais John le militaire, celui qui avait tué et qui avait connu la guerre. Le soldat se mit à marcher avec une lenteur calculée qui lui donnait une certaine dangerosité. Même Moriarty sembla surpris. Personne à Londres n'avait encore vu cette facette du médecin.

John grimaça intérieurement : son corps s'agitait en lui, voulant se métamorphoser, forçant la métamorphose. C'était différent des autres fois, plus violent, plus puissant que les autres fois. Son pouvoir se rebellait, échappait à son contrôle. Il se força à la contenir, mais son ami le remarqua sans trop de peines.

Sherlock interrogea son ami du regard, laissant Jim sans surveillance. Ce dernier en profita pour sortir son arme et la pointa sur le détective.

« Ne jamais quitter son adversaire des yeux, Chéri. »

Il enleva la sécurité mais une masse le percuta avec violence, le plaquant au sol et un coup de feu partit.

« John ! »S'écria Sherlock.

Car c'était John qui avait bondi sur le criminel. Quand à la balle, elle était partie dans les airs, ne causant aucun dégât. Mais l'arme était toujours dans la main de Moriarty qui cherchait maintenant à le viser pour forcer le militaire à le libérer. Il devait tout de suite se mettre hors de la trajectoire du 9mm sinon John le lâcherait et se ferait tuer, et puis ce serait certainement son tour après.

La nappe qui était nouée autour de la taille du blond commença à se desserrer, mais ce n'était pas le plus inquiétant pour le détective. Non, ce qui l'inquiétait surtout, c'était la transformation plus lente que d'habitude de son ami et la souffrance qui en sortait.

Un élancement de douleur fit se cambrer John qui serra les dents. Ne rien montrer surtout, ne rien montrer. Néanmoins, il dut lâcher le criminel et s'en écarta pour ne pas le tuer d'un geste non contrôlé. Deux longues mains fines le saisirent aux épaules pour le retenir de tomber sur le sol de la passerelle.

« John. Dis-moi ce qu'il y a. »

Les ongles des mains du médecin s'étaient modifiés, formant de longues serres noires et acérées. Sa musculature changeait également, ainsi que son ossature qui se développait sans qu'il ne puisse l'arrêter.

Moriarty recula vivement, préférant s'éloigner au cas où, encore sous le choc de l'attaque surprise.

« John, regarde-moi. »

Ce fut au tour de Sherlock de reculer, les yeux de John avaient changé, et étaient identiques à ceux des aigles, d'une couleur légèrement ambrée. Ce dernier se rendit compte de la réaction et cacha son visage dans ses mains en gémissant brièvement. Ses mains se changeaient peu à peu en des pattes d'aigle, longues et épaisses. Son cou s'allongea en craquant ainsi que son crâne. Une fourrure épaisse le recouvrit, mêlées à des plumes sur le dos et se changeant en un véritable plumage sur les épaules, le cou et la tête dont on pouvait voir un bec noir et recourbé dépasser. Les jambes s'étaient également modifiées, prenant la forme de celles d'un gigantesque lion aux griffes meurtrières. Une longue queue poussait également, faisant tomber le tissu qui cachait sa nudité, laissant voir sa silhouette animale encore en pleine métamorphose. Des larmes coulaient le long des joues du médecin, mais le détective n'osait pas approcher les mains ne serait-ce que pour les essuyer. Un cri s'échappa, mais il n'avait rien d'humain : c'était comme le cri de l'aigle, mais en plus grave et plus profond. Un cri qui donnait des frissons à Sherlock.

Le thérianthrope se cambra en grognant : quelque chose le gênait horriblement dans le dos. Puis il hurla un grand coup à cause d'une paire d'ailes qui venait de jaillir, recouvertes de plumes encore humides. Et la créature s'écroula sur son flanc, harassée par cette transformation laborieuse qui l'avait vidée de ses forces.

« John ! »

Sherlock avait réussi à identifier la bête : il en avait vu sur certains emblèmes royaux, sauf que celui-là était un peu différent. Mais alors, est-ce que ça voulait dire que les pouvoirs de John s'étaient enfin stabilisés ?

« Tu es...

-Un griffon, acheva Moriarty en se relevant et en les menaçant de son arme. J'aurais dû me douter que ton animal de compagnie n'était pas un véritable humain. Cette transformation fut certes distrayante, mais elle n'a fait que retarder l'échéance. Je commence par qui ? Le monstre ou toi, Chéri ? »