Merci à Snapinou pour le beta.
Epilogue. Résolution au Royaume-Uni
John Random, le vampire responsable de l'assassinat de la famille Courdubois il y a deux ans, a reçu son châtiment hier soir dans l'une des salles du Département des Mystères du Ministère. Cette affaire avait fait grand bruit tant le tableau qui avait accueilli les Aurors était horrifiant. Imaginez, chers lecteurs, une famille entière, depuis les grands-parents jusqu'au bébé encore nourri au sein maternel, vidée de son sang, les corps organisés en une parodie macabre de réunion familiale.
Il est réconfortant de savoir que ces créatures ne peuvent commettre leurs forfaits envers l'espèce humaine en toute impunité. John Random, maintenu prisonnier par un sortilège particulièrement complexe, a ingurgité une dose de Polynectar qui l'a transformé en Moldu définitivement. Nous, les journalistes de la Gazette du Sorcier, présentons nos plus sincères remerciements à monsieur Snape pour la mise au point du procédé trans-espèces en potions. Sans lui, nous serions à la merci de ces monstres sanguinaires que sont les vampires diurnes.
Maintenant que John Random est redevenu humain, il lui sera impossible de redevenir vampire comme l'ont prouvé diverses expériences menées ces dernières années. Il passera donc les années qui lui restent à vivre à Azkaban, sous la garde rapprochée du Détraqueur qui lui a été assigné.
Hermione jeta avec dédain le journal sur la table du petit déjeuner, manquant de quelques centimètres le pot de confiture. Ses cheveux grisonnants, qu'elle n'avait pas encore attachés, voletèrent autour de son visage. Severus, qui avait déjà lu l'article incriminé, adhérait à son point de vue. Ils avaient vaincu Voldemort et sa clique de bigots trente ans plus tôt, tout cela pour avoir l'impression de revenir à la case départ. Dire qu'Eileen, qui allait finir ses études à Poudlard dans quelques mois, allait devoir vivre dans un monde où avoir l'esprit fermé devenait la norme.
— C'est dégoûtant, s'exclama sa femme. Les vampires diurnes ne sont pas tous si mauvais. Ce John Random était un psychopathe. Ses actions n'ont rien à voir avec son espèce ! Et puis, ce n'est pas de leur faute s'ils ont besoin de sang pour vivre.
— Je sais, Hermione.
Severus répondit calmement, sans cesser de beurrer son toast, en contraste total avec l'indignation qui bouillonnait derrière ses yeux noirs.
— Ils sont de plus en plus nombreux à souhaiter embrasser le style de vie des Cullen et à se nourrir de sang animal. Et ceux qui ne sont pas assez forts pour cela proposent leurs services pour l'exécution de criminels. Mais ils font peur. Tu sais comment réagissent les gens qui ont peur ?
Elle hocha la tête. Elle ne le savait que trop bien.
— Oui. En tout cas, cette peur est réciproque, si j'en crois les rumeurs persistantes depuis des années au Ministère, selon lesquelles les Volturi voudraient arriver à un accord avec les autorités sorcières un peu partout dans le monde.
Severus soupira mais n'ajouta rien. Les Snape finirent leur petit déjeuner en silence. Chaque fois que les vampires diurnes faisaient l'actualité, Severus se remémorait les événements qui l'avaient amené sur le chemin des Cullen, maintenant des amis de la famille. Tout avait commencé lorsqu'un Auror (quel était son nom déjà ?) endetté envers la mafia avait surpris la conversation qu'Harry et Severus avaient eu sur le procédé de celui-ci. Avec le recul, il reconnaissait qu'ils avaient été imprudents d'en avoir discuté dans les locaux du Ministère. L'Auror en question, désireux de sauver sa misérable peau, avait vendu la mèche à son maître-chanteur. Il en était résulté une expédition en compagnie des vampires en Europe de l'Est.
Dès son retour de Moscou, Severus avait confié son procédé au Département des Mystères, où il avait été conservé en sécurité depuis lors. Par la suite, la science vétérinaire magique avait été révolutionnée grâce à sa découverte. Hélas, le Ministère de la Magie l'avait aussi utilisée pour ses propres buts, nommément le contrôle des créatures magiques telles que dragons, manticores et acromantules. Même les détraqueurs étaient sous contrôle maintenant. C'était loin d'être rassurant lorsqu'on savait qu'un lointain cousin des Malfoy occupait actuellement le poste de Ministre de la Magie. Au moins, il avait été autorisé à percevoir des dividendes pour l'utilisation de son procédé. Hermione et lui s'étaient accordés pour mettre cet argent de côté pour leur fille.
Côté mafia russe, la menace était éteinte depuis que Bouranov, trahi par un membre de son organisation, était interné en Sibérie. Severus et sa famille avait entre-temps échappé à quelques tentatives d'assassinat, mais rien de bien méchant en comparaison de Voldemort et de ses Mangemorts.
Hermione se leva de table, interrompant la promenade de Severus sur le chemin des souvenirs. Elle n'avait pas envie d'aller travailler, semblait-il. Il l'imita et l'attira à lui.
— Ce que nous avons fait, ce que nous avons subi n'a pas été en vain, lui murmura-t-il à l'oreille à travers sa chevelure. Nous ne pouvons empêcher l'étroitesse d'esprit d'exister, hélas. Mais si nous ne la combattions pas, elle s'étendrait comme une lèpre. Le monde a besoin de nous, Hermione. Nous devons croire cela.
