My Sweet Dangerous Cat

Chapitre 07


NdA : Bonjour, vous vous attendiez pas à me revoir un jour, pas vrai ? :D

Rho, me tapez pas, j'avais mes raisons...

En tout cas, voilà le chapitre 7. Il est un peu plus court que les autres, désolée, mais je n'ai rien pu faire pour le rallonger.

Merci à tous pour vos reviews, même si parfois j'oublie de répondre, je les garde toutes, c'est grâce à elles que je peux continuer, même si c'est longtemps après.

Allez, sur ce, bonne lecture !


.oOo.

Roxas se réveilla. Il faisait sombre, une nuit sans lune apparemment… Seule la lumière d'un réverbère éclairait les alentours. Il eut envie de refermer les yeux et de se rendormir, mais il résista et se redressa. Il avait mal au dos… Pourquoi déjà ? Ah oui, il dormait sur la banquette arrière. Disons qu'il y avait plus confortable…

La voiture s'était arrêtée, et la place du conducteur était vide. En revanche, Axel était assis à sa place, et Roxas ne savait pas vraiment s'il dormait ou s'il était éveillé.

« Pourquoi on s'arrête ? » Tenta-t-il.

Aucune réponse ne lui vint au début, mais Axel finit par répondre d'une voix parfaitement réveillée.

« Parti s'acheter des cigarettes. On est à une station service.

- Ah… » Fut tout ce que Roxas répondit.

Et le silence se réinstalla, mais alors que Riku ne revenait toujours pas, Axel se tourna vers Roxas.

« Q- Quoi ? Demanda le blond.

- Rien. J'ai pas le droit de te regarder ?

- Hein ? T'es cinglé… »

Et il se rallongea, fermant les yeux.

« Roxas…

- La ferme, j'essaye de dormir. »

Le blond entendit l'autre soupirer, et soudain un poids s'abattit sur son épaule. Il se redressa d'un coup et sa tête heurta celle d'Axel de plein fouet.

« Waouh, Roxas, fais gaffe un peu !

- L- La ferme ! Qu'est-ce que tu fous là ? »

En effet, Axel avait allongé son siège pour pouvoir passer et était à présent à moitié allongé sur le blond. Celui-ci, une fois ses esprits retrouvés après s'être cogné si fort, se mit d'ailleurs à repousser Axel de toutes ses forces mais le rouquin résistait.

Au final, Roxas n'ayant pas assez de forces au réveil, c'était bien connu, Axel prit l'avantage et se retrouva carrément à quatre pattes au dessus du blond, qui était toujours allongé sur la banquette arrière.

« Dégage, Axel ! J'ai pas le temps pour tes conneries ! Lâche-moi ! » Hurla Roxas.

Axel prit un air énervé, ce qui surprit grandement Roxas. Il ne réagissait pas comme ça, d'habitude, qu'est-ce qu'il avait ?

« Arrête de déconner, Axel, dit-il plus calmement cette fois. C'est sérieux comme situation !

- Qui te dis que je ne le suis pas ? »

Roxas cligna plusieurs fois des yeux, d'incompréhension. Il regarda le visage du roux, attendant un sourire, un « Nan, je déconne ! », mais rien. Axel avait une tête on ne peut plus sérieuse.

« L- Lâche-moi. » Dit à nouveau Roxas, doucement.

Il tourna son regard ailleurs, fixant le siège devant lui, faisant tout pour éviter le regard d'Axel. Pendant un moment, rien ne se passa, mais soudain il entendit Axel soupirer doucement.

« N'y va pas… »

Roxas écarquilla les yeux sans pourtant se retourner.

« Qu… ?

- Tu n'es pas obligé d'y aller. »

Roxas ne dit rien pendant quelques secondes.

« Qu'est-ce que tu en sais ? Murmura-t-il.

- Je sais qu'on peut toujours choisir ! Ça te servirait à quoi d'aller risquer ta vie comme ça ?

- Tu ne sais rien, alors ferme-la ! Cria Roxas.

- Bien sûr, puisque tu ne me dis rien ! »

Roxas serra les dents et se tourna vers Axel, prêt à lui hurler dessus. Mais soudain il s'arrêta. Pourquoi… Pourquoi Axel faisait-il une tête pareille ? Pourquoi avait-il l'air si… inquiet ? Roxas le fixa, sans comprendre, et légèrement sous le choc, aussi.

« Pourquoi est-ce que je ne peux pas t'aider ? Dit Axel. Pourquoi est-ce que tu refuses de me dire quoi que ce soit ? Quand est-ce que tu saisiras que tu peux me faire confiance ? Est-ce que je ne compte pas du tout pour toi ? »

Roxas ne savait pas quoi répondre. Il ouvrit les lèvres, mais aucun son ne voulait sortir de sa bouche. Il sentit qu'il commençait à rougir, mais n'arrivait pas à reprendre ses esprits, les paroles d'Axel tournant et retournant dans sa tête. N'arrivant pas à se détourner du regard insistant du rouquin, il ferma les yeux, mais les rouvrit soudain lorsqu'il sentit la main d'Axel se poser sur sa joue, pour le voir se rapprocher de plus en plus de lui, jusqu'à ce que leurs lèvres se frôlent.

« P- Pourquoi… Pourquoi mon cœur bat si fort ?... »

Il ferma les yeux, ne faisant rien pour repousser Axel. Son cœur battait de plus en plus fort, tandis que les lèvres d'Axel n'étaient plus qu'à quelques millimètres des siennes…

« Hé. Pas de cochonneries dans ma voiture. »

Axel resta immobile quelques secondes, mais finalement se retourna vers Riku avec une mine boudeuse.

« Rho, tu gâches toute l'ambiance ! Casse-toi !

- Pardon ? Tu veux que je te rappelle qui a la gentillesse de bien vouloir passer la nuit à conduire pour vous ?

- Tch'. »

Axel se releva et sortit par la portière que Riku avait ouverte, avant de revenir à l'avant de la voiture et de remonter son siège. Riku rentra également, et ne tarda pas à redémarrer.

Roxas ne dit rien, et les autres firent de même. Finalement, il se tourna sur le côté, tournant le dos aux deux autres passagers. Il passa sa main sur son cœur, choqué de sentir les pulsations si rapides tandis qu'il se repassait l'instant d'avant en tête.

« J- Je suis pas bien, moi… Se dit-il. Ça doit être le choc, ouais c'est ça, voir Axel sérieux comme ça, ça m'a perturbé… Peut-être le stress aussi un peu, ouais… Y'a que ça, rien d'autre, c'est évident. C- Comme si j'avais voulu qu'il m'embrasse, jamais je… »

Le blond passa sa main dans ses cheveux en soupirant. Pourquoi est-ce que tout ce qu'il pensait semblait si faux ?

Roxas n'arriva plus à fermer l'œil de toute la nuit.

.oOo.

Lorsque la voiture se gara près du tas de débris qu'était devenu l'ancien réacteur Mako de Nibelheim, le soleil venait à peine de se lever. Un épais brouillard cachait la plupart de ses rayons, aussi le paysage abordait une teinte grisée. Roxas sortit de la voiture, et le contact de la neige sur ses chaussures lui rappela quelques souvenirs d'enfance – un bonhomme de neige fait avec son père, une tasse de chocolat chaud servie par sa mère... – qui lui serrèrent le cœur. Il fit quelques pas et regarda autour de lui. Tout n'était que neige, collines, et débris métalliques.

« Pourquoi tu t'es garé si loin du village ? Demanda-t-il à Riku.

- Tu penses vraiment que le grand Séphiroth, recherché activement dans tout le pays, irait tranquillement réserver une chambre à l'hôtel du coin ? Demanda ironiquement Axel.

- Ça va, pas la peine de le dire comme ça… » Bougonna Roxas.

Le jeune garçon mit son sac sur ses épaules et commença à avancer dans la neige, en direction des ruines du réacteur. Axel n'avait pas tort, et s'il y avait bien un endroit où le plus grand ennemi de la Shinra irait, ce serait sûrement vers cet ancien réacteur. Il espérait seulement qu'il n'avait pas fait qu'une visite éclair, et qu'il se trouvait toujours quelque part dans le coin. Tout en traversant les débris, il se rappela rapidement du jour où on avait annoncé la destruction du réacteur Mako de Nibelheim. Il n'était plus utilisé depuis longtemps, aussi ça avait choqué tout le monde qu'il soit anéanti par une explosion. Quel intérêt à faire sauter un vieux réacteur désert ? Roxas aussi s'était posé la question, mais n'avais jamais eu de réponse. A présent, il pouvait voir de ses yeux l'étendue des dégâts : du réacteur, il ne restait que de minces fondations, le toit n'existait plus, et l'explosion avait envoyé des débris un peu partout. Personne n'avait pris la peine de nettoyer, à quoi bon ?

Roxas enjamba ce qui ressemblait à un morceau de toit et se retrouva devant les restes du bâtiment. L'intérieur était vide, complètement carbonisé.

« Personne… » Murmura-t-il, la déception se lisant sur son visage.

Evidemment qu'il n'y avait personne, à quoi est-ce qu'il s'attendait ? A ce que Séphiroth l'attende gentiment pendant deux jours ? Et pourquoi pas avec un bouquet de fleurs, tant qu'on y est ?

« Alors, pas trop… déçu ? »

Roxas mit un peu de temps à comprendre ce qu'on venait de lui dire. Et quelques secondes de plus pour réaliser que cette voix n'appartenait ni à Riku, ni à Axel. Il leva soudain la tête, et ses yeux s'écarquillèrent d'horreur.

« Ben quoi, Roxas, tu dis plus bonjour à tes vieux potes ? » Demanda Reno en levant les bras au ciel.

A côté de lui, Rude, Tseng, et Elena sortirent de derrière un tas de débris.

« C- Comment vous… ?

- Allons, Roxas, continua le roux, Séphiroth qui passe à la télé et tu penses qu'on n'allait pas deviner où tu t'empresserais d'aller ? »

Roxas serra les dents, évidemment, il aurait dû y penser ! Les Turks n'étaient pas idiots, et s'il n'avait pas été aussi obnubilé par l'idée de retrouver Séphiroth, il s'en serait sûrement rappelé. Il sentit soudain la main d'Axel se poser sur son épaule.

« Ah, fit Rude, c'est le livreur de pizzas.

- Je suis en congé, là, répondit Axel d'un ton sec.

- Alors quoi, c'est chez lui que tu te planquais ? Fit Reno en le pointant du doigt. Tu t'es bien foutu de nous, tout ce temps !

- Qu'est-ce que vous voulez ? » L'interrompit Riku.

Reno se tourna vers l'argenté, l'air agacé.

« Tu t'es fait de nouveaux amis, on dirait. T'as vite fait de nous oublier.

- Impossible que je t'oublie toi, répliqua Roxas. Un tel niveau de connerie, ça s'oublie pas.

- Très drôle, tu as toujours autant d'humour. Et tes amis, ils savent qui tu es vraiment ? »

Roxas le regarda, l'air menaçant et légèrement paniqué. Si Reno balançait maintenant qu'il faisait partie des Turks…Est-ce qu'Axel continuerait à vouloir l'aider ? Et pire, pourrait-il toujours le regarder en face ?

« Tu sais, que tu travailles pour…

- La ferme ! Cria Roxas.

- Attends, me dites pas que vous l'avez protégé tout ce temps sans même savoir ? Dit Reno en riant.

- Je t'ai dit de la FERMER !

- Allons, Roxas, je suis sûr que tes amis ont super envie de savoir. En même temps, je comprends que tu ne leur ait rien dit, ça sonne pas super bien, toutou de la Shinra. »

C'en était trop. Immédiatement, Roxas sortit son arme et la braqua sur Reno. La seconde d'après, celles des trois autres Turks le visaient lui, et leurs regards laissaient clairement deviner ce qui se passerait s'il approchait seulement son doigt de la détente.

« Ben alors, poursuivis Reno, qu'est-ce que tu attends pour tirer ?

- Crois-moi, c'est pas l'envie qui manque, répondit Roxas plus glacial qu'un iceberg.

- Range ton arme, Roxas. On n'est pas venus pour ça. »

Cette fois, c'était Tseng qui avait parlé. Le blond hésita un instant, mais finalement s'exécuta. Tseng n'aurait jamais recours à des ruses aussi basses que le mensonge, pour ça au moins il l'admirait.

« Ah ouais, et pourquoi alors ?

- Tu pourrais être plus aimable, continua Reno, dire qu'on est gentiment venus de notre plein gré pour te filer un coup de main…

- Tu penses peut-être que je vais te croire ?

- Haha, je te reconnais bien là. Mais cette fois tu dois nous croire, enfin, sauf peut-être pour le 'de notre plein gré'.

- …Explique.

- On t'a pas pardonné ta trahison, dit Rude. Mais le Patron a dit de ne pas t'éliminer.

- En fait, fit Reno, on est venus te donner pile ce que tu cherches : l'endroit où va se trouver Séphiroth pendant les prochaines six heures, on est sympa, hein ? »

Roxas le regarda avec étonnement.

« Pourquoi vous feriez ça ?

- Franchement, j'en ai aucune idée. Personnellement, je t'aurais bien collé une balle dans ta jolie petite tête d'ange, tu sais ? (Du coin de l'œil, il vit l'autre rouquin lui jeter un regard noir, mais il l'ignora.) Mais le Patron a l'air d'avoir quelque chose en tête, va savoir quoi.

- Voilà le deal, fit Elena qui prenait pour la première fois la parole. Tu nous débarrasses de Séphiroth, et en échange, on passe l'éponge sur ta petite trahison. Bien sûr, une fois que c'est fait, tu réintègres immédiatement l'équipe… ou alors tu crèves, c'est à toi de voir. »

Roxas médita quelques secondes. Il ne s'attendait pas du tout à une telle proposition. En fait, c'était même plutôt bizarre, mais il n'avait pas vraiment d'autre choix que d'accepter sans chercher à comprendre où était l'arnaque.

« D'accord, dit-il finalement. Dis-moi l'endroit.

- Parfait, fit Reno, c'est juste à quelques kilomètres d'ici. A l'Ouest, à environ quatre heures de route, il y a un vieux hangar déserté. Je sais pas ce que ce dingue de Séphiroth espère y trouver, et franchement je m'en fiche, mais il y sera, c'est sûr.

- Qui me dit que je peux te faire confiance ? Demanda Roxas.

- Eh bien… Est-ce que tu as le choix ? »

Le garçon serra son poing de toutes ses forces. Il détestait vraiment ce type.

« Allez, c'était un plaisir de parler avec toi, petit, mais faut qu'on se tire. On se reverra quand tu auras fini, enfin, si t'es toujours en vie. »

Sur ce, il se mit à rire et tous les quatre, ils s'en allèrent dans la direction opposée à celle de la voiture. Roxas et les deux autres les regardèrent partir, silencieux, jusqu'à ne plus les voir. Au bout d'un moment, un bruit d'hélicoptère se fit entendre, et s'évanouit rapidement au loin.

.oOo.

Le trajet suivant ce passa dans un silence total. Un moment, Axel avait proposé à Roxas de manger quelque chose, insistant sur le fait qu'il n'avait rien avalé depuis la veille, mais le blond refusa net. Il n'aurait de toute façon rien pu avaler. Presque vingt minutes s'écoulèrent ainsi, avec pour seule ambiance sonore le bruit de la neige écrasée par les roues de la voiture, quand Roxas se décida enfin à prendre la parole.

« Ça te fait rien, que je travaille pour la Shinra ? »

Axel n'eut pas à réfléchir longtemps pour comprendre à quoi il faisait référence, étant donné qu'il lui avait lui-même avoué détester la compagnie depuis la mort de Linoa.

« Pas particulièrement, répondit-il. »

Roxas sembla contrarié de la réponse, et fixa le dos du rouquin pendant un instant. Il n'avait en vérité pas la moindre envie de poser ces questions, mais quelque chose en lui le poussait malgré tout à le faire. Peut-être n'en pouvait-il simplement plus de tous ces mensonges, ou bien il n'en voyait plus l'utilité à présent.

« Ces types, c'étaient des Turks, tu sais ?

- Je m'en doutais. »

Cette fois, ce ne fut pas de la contrariété mais de la surprise qui se lut dans les yeux du blond. Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais un simple mot prononcé par Axel le fit s'arrêter.

« Sora. »

Evidemment. Il avait vraiment été naïf de croire que ce garçon si bien informé sur la cie Shinra ne connaissait pas depuis longtemps l'identité de ses membres. En fait, maintenant qu'il y réfléchissait, Sora l'avait à plusieurs reprises laissé entendre. Et réaliser ça l'agaçait plus que tout, pour la simple et bonne raison qu'il n'y avait pas prêté attention. Depuis qu'il vivait chez Axel, il avait passé son temps à se laisser aller, et sans s'en rendre compte, il avait fini par ne plus se méfier de tous les faits et gestes des personnes qui l'entouraient, une habitude qu'il avait pourtant appris à adopter, ces deux dernières années… Il avait vraiment envie de se frapper pour avoir été si imprudent tout ce temps.

« Alors tu détestes la Shinra, et tu aides un Turk à se cacher ?

- Pourquoi pas ? Et puis, tu n'en es plus vraiment un.

- Ça ne change rien. »

Le blond hésita un instant, et finalement lança, froidement :

« Ça aurait pu être moi, celui qui a tué ta copine. »

Il regrettait légèrement d'avoir eu à dire ça, mais il fallait qu'il soit sûr.

« Mais je sais que c'est pas toi, répondit Axel.

- Comment tu peux en être sûr ?

- Je le sais, c'est tout. Parce que je te connais.

- …N'importe quoi. Tu ne sais rien de moi. »

Roxas dit cela en croisant les bras, contrarié et boudeur. Contre toute attente, Axel se mit soudainement à rire. Roxas ne comprit pas pourquoi, et fit bien comprendre son agacement à l'autre en criant.

« J'peux savoir ce qui te fait rire ?

- Ta tête. On dirait vraiment un gamin !

- P- Pardon ? Cria Roxas. »

Le rouquin se mit à rire de plus belle, et Riku ne tarda pas à l'accompagner, devant l'incompréhension totale de Roxas. Il se jura de mettre une baffe à Axel dès que l'occasion se présenterait. Franchement, même dans ce genre de situation, qu'est-ce qu'il pouvait l'exaspérer !

Et pourtant, le nœud dans son ventre s'était un peu desserré…

.oOo.

« C'est bon, fit Riku. On y est. »

Roxas se redressa et regarda par la fenêtre. Quelques dizaines de mètres devant, un bâtiment aux murs métalliques presque complètement rouillés leur faisait face. Il n'avait rien de particulièrement spécial, Roxas aurait pu passer devant sans le remarquer. Autour, le paysage n'était que collines enneigées et sapins frêles se balançant de gauche à droite, le vent glissant entre leurs branches provoquait un léger bruit angoissant.

« Tu es sûr que c'est celui-là ?

- C'est le seul hangar sur la carte à plusieurs kilomètres, répondit Riku.

- Pas étonnant, fit Axel, quel genre de tarés viendrait construire un hangar au milieu de nulle part et dans le coin de plus froid de la ville ?

- Le genre à ne pas vouloir qu'on découvre ce qu'il y a dedans, répondit Roxas. »

La voiture s'arrêta, et les trois garçons sortirent. Immédiatement, l'air glacé fit frissonner Roxas. Il faisait bien plus froid ici qu'au vieux réacteur Mako, peut-être à cause des nombreuses montagnes aux alentours qui amenaient le vent droit sur eux, ou de la couche de neige d'au moins cinq centimètres qui congelait ses pieds. Le blond plaqua ses mains sur ses bras et les frotta vigoureusement tout en avançant de quelques pas. Le hangar était assez grand, et disposait d'un étage. De plus près, on pouvait voir que les murs étaient sérieusement abîmés, sûrement à cause des mauvaises conditions météo de la région. Les chutes de neige ou de grêle n'étaient pas rares dans le coin. Le bâtiment était entouré d'un grillage, mais celui-ci était dans un état tout aussi mauvais, si bien qu'il serait facile de passer outre.

« Je ne vois pas d'autres voitures, dit Riku.

- Hé, c'est du 'One-winged Angel' dont on parle ! Il a pas besoin de caisse pour se déplacer ! »

Roxas et Riku ignorèrent complètement la blague d'Axel et commencèrent à faire le tour du bâtiment pour vérifier qu'il n'y ait rien de suspect.

« Il a peut-être déjà fichu le camp, dit Axel.

- Reno a dit qu'il resterait pendant environ six heures, fit Roxas.

- Ouais ben il s'est peut-être trompé…

- Les Turks ne se trompent pas, le coupa le blond. Reno a peut-être l'air stupide, mais c'est loin d'être un imbécile. Tais-toi, maintenant, j'ai pas envie de me faire repérer.

- D'accord, d'accord. »

Lorsqu'ils eurent vérifié les alentours, ils retournèrent vers l'entrée.

« Alors, Roxy, t'as un plan ? Dit Axel à voix basse.

- Déjà, arrête de m'appeler comme ça. Ensuite, ça ne te regarde pas. D'ailleurs vous n'avez même plus à être ici.

- Et comment tu comptes rentrer sans nous, Monsieur le grand garçon qui veut tout faire tout seul ?

- Je me débrouillerai. »

Roxas n'entra pas dans les détails. En vérité, il se fichait bien de la façon qu'il utiliserait pour rentrer, déjà parce qu'il n'avait pas tellement d'endroit où rentrer, ensuite parce qu'il n'était même pas sûr de sortir de là vivant. D'ailleurs, vivant ou pas, il se demanda un moment si rester ici et mourir gelé n'était pas une bien meilleure alternative que de retourner chez les Turks… Quoi qu'il en fût, pour l'instant, il s'en fichait.

« Si vous restez, vous ne ferez que me gêner. Dépêchez-vous de partir, j'ai pas toute la journée.

- J'aimerais bien voir comment tu te débrouillerais sans nous, fit Axel.

- Pour qui tu me prends ? »

Cette fois, Roxas commençait à s'énerver. Ils n'avaient donc rien dans la tête, ou quoi ? Qu'est-ce qu'ils pensaient que c'était, une blague ?

« Bon, très bien, vas-y, on te regarde. »

Axel croisa les bras, et Roxas le regarda un instant, se demandant ce que ça cachait, puis finalement décida qu'il s'en fichait et avança vers la porte. Il posa ses mains sur la poignée en métal froid et tira de toutes ses forces vers le côté pour la faire coulisser.

Elle ne bougea pas d'un centimètre. Roxas devint soudain tout rouge, et du coin de l'œil, se tourna vers Axel pour le voir se retenir de rire.

« Ben alors, Roxas, t'arrives même pas à ouvrir une porte et tu penses que tu peux aller là-dedans sans nous ? »

Il allait le tuer. Il allait vraiment le tuer !

.oOo.

Finalement, Roxas avait cédé. Lui, Axel et Riku passèrent la porte et avancèrent dans l'entrée du hangar. Tous les trois furent quelque peu surpris de ce qu'ils trouvèrent à l'intérieur. Vu l'extérieur, ils s'attendaient à voir une grande pièce pleine de caisses en vrac, d'outils usagés traînant un peu partout, bref, du grand bazar inutile laissé là depuis des années. Ce qu'ils avaient devant les yeux ne ressemblait en rien à tout ça. Et ce n'était pas étonnant, car la pièce était vide. Pas une caisse, pas un outil, pas même un paquet de chips abandonné là. Le sol semblait avoir été peint il y a très longtemps, mais la peinture s'écaillait à présent. Longeant les murs, de très nombreuses traces étaient pourtant toujours visibles, comme si des meubles avaient été entreposés là pendant longtemps, protégeant les murs des dégâts du temps.

« Dites-moi si j'ai tort, chuchota Axel, mais quand on abandonne un hangar, on est pas sensé laisser tout tel quel ? Pourquoi s'embêter à ranger tout le bazar et à tout nettoyer après ?

- J'en ai aucune idée, dit Riku, mais c'est pas très net. »

Roxas, lui, ne s'étendit pas plus que ça sur l'état des lieux. Sans perdre plus de temps, il avança jusqu'à un escalier en mauvais état, son flingue dans la main bien serré entre ses doigts. Son cœur battait plus vite que jamais. Juste quelques marches. Il n'avait qu'à grimper quelques marches, et il trouverait celui pour qui il a joué les chiens de garde pour la Shinra depuis deux ans. Celui qui lui avait tout enlevé. Celui qu'il avait juré de tuer. Et à présent, ça allait enfin être possible. Pas question de rater son coup.

Soudain, un bruit sourd siffla dans ses oreilles. Il regarda avec empressement autour de lui, et remarqua soudain, accroché à un mur à côté de l'escalier, un robot vieille génération ressemblant à une grosse caméra, au détail près que lui était capable de tirer. Le robot bougea vers lui dans un bruit d'engrenages rouillé et une lumière cligna sur lui, signe qu'il allait de nouveau tirer. Illico, Roxas se mit à courir vers l'escalier, évitant de justesse la plupart des balles. Avec tout ce boucan, si Séphiroth était en haut, il n'y resterait plus longtemps ! Il devait à tout prix se dépêcher. Une fois qu'il fut tout proche du robot, il pointa son arme sur lui, visa, et tira une seule et unique balle. Le robot explosa immédiatement. Ne prenant pas le temps de se remettre, Roxas plaqua sa main sur la rambarde, et grimpa l'escalier, ignorant Axel qui lui criait d'attendre.

Il arriva à l'étage.

Ouvrit la porte en la claquant.

Et il était là.

Le même visage, les mêmes yeux que ceux qui l'avaient fixé pendant quelques secondes, entourés de flammes, alors que le sang de ses parents tachait le mur. Oui, il l'avait regardé ce jour-là, ses yeux ne reflétant rien, pas la moindre étincelle de regret, pas la moindre pitié. Juste de l'indifférence. A présent, il le regardait de ce même regard, sans réagir, sans rien dire. Il restait simplement là, à le fixer. Roxas soutenait ce regard, regardant à peine l'état misérable de la pièce, ne prêtant aucune attention au plafond déchiré qui s'était effondré en grande partie sur le sol, laissant entrer le vent glacé.

Le blond braqua son arme sur lui, et avança dans la pièce, sans le lâcher des yeux une seconde.

« Tu te souviens de moi ? » Demanda-t-il.

Il eut du mal à reconnaître sa propre voix, tordue par la haine et l'envie de vengeance. Devant lui, Séphiroth ne dit rien, toujours immobile.

« Tu as tué mes parents, tu m'as pris tout ce que j'avais. Tu t'en souviens ? »

Aucune réponse.

« Peu importe. Mais je vais te faire regretter de ne pas m'avoir tué, moi, quand tu en avais l'occasion. Maintenant répond, pourquoi as-tu tué mes parents ? »

L'homme resta silencieux. Il semblait l'observer, mais aucune émotion n'animait ses prunelles turquoise. Ni peur, ni tristesse, ni colère. Rien, rien, et encore rien. Roxas serra les dents.

« Quoi, je ne vaux même pas la peine que tu m'adresses la parole, c'est ça ? Hurla-t-il. Réponds-moi ! Pourquoi les as-tu tués, qu'est-ce qu'ils t'avaient fait ? »

Roxas commençait à paniquer. Ce n'était pas sensé être comme ça, il ne voulait pas le tuer sans obtenir de réponse ! Il voulait savoir, connaître la raison pour laquelle il menait cette vie, la raison pour laquelle il avait tué tous ces gens afin de retrouver cet homme, la raison pour laquelle il avait abandonné sa fierté, son sens de la justice, son bonheur, tout. Et lui n'allait rien lui dire ? Il sentit la colère s'élever en lui, son corps bouillait de rage, et sans attendre plus longtemps, il avança son doigt vers la détente.

Tan pis pour sa réponse. Il ne pouvait plus supporter d'attendre.

Mais soudain, un bruit retentit derrière Séphiroth. D'instinct, Roxas le quitta des yeux pour regarder derrière lui, cherchant l'origine du bruit, mais rien ne retint son attention, excepté un miroir sur lequel il aperçut rapidement son reflet. Il allait se retourner vers l'homme, mais soudain quelque chose tilta dans sa tête.

Ce n'était pas son reflet.

C'était son visage, ses cheveux, ses yeux, mais ce n'était pas lui.

Roxas baissa ses bras, lâchant presque son arme.

« Qu… Qu'est-ce que… ? »

Il n'arriva pas à terminer sa phrase. En face de lui, le garçon le regardait avec étonnement, immobile. Non, pas de l'étonnement… Ça ressemblait plus à de l'horreur. Roxas en avait presque oublié Séphiroth, il n'arrivait plus à bouger, ni à prononcer le moindre mot.

Soudain, le garçon d'en face courut jusqu'à lui, et lui attrapa le bras si fort que Roxas laissa échapper un cri.

« Ce n'est pas vrai ! Cria l'autre. Ce sont des mensonges, des mensonges !

- Qu'est-ce que tu… ?

- CE SONT DES MENSONGES !

- Roxas ! »

C'était Axel qui avait crié, et le blond l'entendit grimper précipitamment les marches. Roxas se tourna vers lui, lentement. Axel regarda la scène, un air choqué sur le visage. Puis il tourna son regard sur Roxas, et soudain reprit ses esprits.

« Roxas, y'a une bombe en dessous du hangar ! Faut qu'on se tire d'ici, tout de suite ! »

Le blond ne réagit pas, et se tourna vers l'autre. Vers le fond de la pièce, dans la pénombre, une autre voix, que Roxas ne reconnut pas, se mit à crier.

« Ven, vous avez plus le temps ! Dépêchez-vous de revenir ! »

L'autre se retourna rapidement, apparemment la voix s'adressait à lui. Puis il se tourna à nouveau vers Roxas. Derrière lui, Séphiroth jeta un dernier regard aux deux garçon, puis sans un mot, leur tourna le dos, et marcha lentement vers le fond de la pièce. Cette fois, Roxas réagit.

« Séphiroth ! J'en ai pas terminé avec toi, je t'interdis de fuir ! » Hurla-t-il.

L'homme continuait d'avancer. Roxas sentit tous ses membres trembler, et lorsqu'il parvint enfin à bouger, l'autre garçon tira son bras pour l'empêcher de partir.

« Pourquoi tu ne m'as pas tué ? Hurla-t-il d'une voix désespérée. Pourquoi m'as-tu laissé en vie, moi et pas eux ?

- Non, non ! Cria le garçon. Tu te trompes, c'est faux !

- Lâche-moi ! Je ne comprends rien à ce que tu dis ! Cria Roxas.

- Réfléchis, y'a quelque chose qui cloche ! Faut que tu t'en rendes compte ! Continua Ven. Ce sont des mensonges, tout est un mensonge !

- VEN ! » Cria la voix.

Le garçon fixa Roxas dans les yeux, sembla hésiter, puis lâcha soudain son bras. Deux secondes plus tard, il avait disparu dans l'obscurité, et Roxas se retrouva seul.

« Roxas, fit Axel, il faut qu'on sorte ! »

Roxas ne l'entendit pas. Il ne comprenait plus rien. Qu'est-ce qui venait de se passer ? Pourquoi ce garçon avait le même visage que lui ? Et comment ça, des mensonges ? Qu'est-ce qui était un mensonge ?

Il sentit soudain un bras lui saisir la taille, le soulever, et l'entraîner vers les escaliers. Il eut à peine le temps de réaliser ce qui se passait qu'il se retrouva à l'extérieur du bâtiment, et le vent glacé lui fouetta le visage. Et soudain, un bruit immense, une lumière éclatante, et un choc violent contre le sol.

Non, Roxas ne comprenait plus rien. Il n'avait plus envie de comprendre. Il n'en pouvait plus, il ne voulait plus. Il aurait voulu mourir, toutes ces années, mourir avec ses parents. Tout aurait été plus simple. Il n'aurait pas eu à faire tout ça, tout ces efforts… Il était tellement fatigué, à présent… Alors qu'il sentit sa tête s'alourdir, et ses paupières se fermer, un nom s'échappa malgré lui de ses lèvres, doucement, comme un murmure.

« Axel… »

Roxas s'endormit sur la neige. Il n'y avait plus rien, à présent, rien que le bruit du vent soufflant doucement dans ses oreilles…


.oOo.

To be continued…


Nda : Alors ? Qu'est-ce que vous avez pensé de ce chapitre ? (pour être franche j'étais pas sûre qu'il allait plaire).

Je sais, c'est un peu cruel de finir comme ça, tellement de questions et aucune réponse... J'avais pas le choix, il fallait que ça finisse comme ça, sinon comment faire une belle fin ?

J'espère que vous me pardonnerez.

Bref, j'imagine qu'il y a une question que vous vous posez tous ! Non ? Mais si, voyons ! Vous vous demandez forcément si les Turks ont vraiment attendu Roxas pendant deux jours, dans le froid, non ?

Je vais de ce pas les interviewer pour connaître la réponse ! (quoi osef ?)

Reno, c'est à vous que je m'adresserai ce soir ! Qu'avez-vous à nous répondre ?

- C'est évident qu'on n'a pas attendu tout ce temps. Déjà, on savait que Roxas mettrait au moins une journée à arriver jusqu'ici, puisqu'on n'avait eu la confirmation qu'il était toujours en ville. Ensuite, on savait qu'il viendrait d'abord au réacteur, seul un idiot ne l'aurait pas fait. Et enfin, avec mon génie incomparable, je savais à l'avance à quelle heure de la journée arriverait Roxas. C'est très simple, il suffit d'analyser son comportement, pour...

- La ferme, Reno.

- Elena, ne m'interromps pas !

- En fait, il n'a pas du tout fait le calcul pour savoir combien de temps il mettrait en voiture, il est allé tout seul se geler dans la neige pendant toute une journée. Bien sûr, nous, on n'était pas assez bêtes, on est simplement restés dans l'hélicoptère avec le chauffage, et dès qu'on a vu une voiture arriver, on est sortis et on l'a rejoint.

Eh bien, cela répond à notre question !

Merci de nous avoir suivis tout le long de ce chapitre, et à l'année prochaine ! (non, non, je plaisante, me tapez pas !)